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Full text of "Dictionnaire des sciences médicales. Biographie médicale. Tome 6"

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DICTIONAIRE 

DES 

SCIENCES MÉDICALES. 


BIOGRAPHIE 

MÉDICALE. 




DICTIONAIRE 

DES 

SCIENCES MÉDICALES. 


BIOGRAPHIE 

MÉDICALE. 

TOME SIXIÈME. 



PARIS, 

C. L. F. PAICKOUCKE, EDITEUR. 



MDCCCXX1V. 



DICTIONAIRE 

des 4 7 Od 7 

SCIENCES MÉDICALES. 



BIOGRAPHIE MÉDICALE, 


LEMM 


LEMMENS ( Guillaume) , fils du suivant, naquit à Ziriezée 
vers l’an i53o, et s’appliqua de bonne heure à la me'decine. 
Marchant sur les traces de son père , il ne tarda pas à se distin¬ 
guer tellement, que le roi de Suède, Eric xiv, l’appela à sa 
cour, où il lui accorda toute sa confiance, et le combla de bon¬ 
tés. Tant de faveur devint fatale à Lemmens, qui fut jeté en 
prison et étrangle en i568, lorsque son protecteur lui-même fut 
précipité du trône par Jean ni. Nous n’avons de lui qu’un opus¬ 
cule tendant à prouver que l’éducation a plus d’influence que 
le climat sur le développement des facultés intellectuelles. 

Epistola quâ obiter docetur educalionem plus efficere in animis homi- 
num, quatn a'éris ambientis aut loci qualitatem. Anvers, i55A, in-8° 

- Leyae, i638, in-i6. ’ (j.y 

LEMMENS (Lievin) , plus connu sons le nom de Lemnius , 
vint au monde le 20 mai i5o5, a Ziriezée, dans la Zélande. Il 
commença ses humanités dans sa ville natale, les acheva à 
Gand , et se rendit ensuite à Louvain, pour s’y perfectionner 
dans les belles-lettrés; mais en même temps il s’appliqua à l’é¬ 
tude de la médecine et de la théologie. De retour à Ziriezée en 
1527 , il y pratiqua l’art de guérir avec tant de succès, que sa 
réputation ne tarda pas à s’étendre dans toute l’Europe. Cepen¬ 
dant il ne suivit pas celte carrière jusqu’à la fin de ses jours 
car ayant eu le chagrin de perdre une femme qu’il aimait beau- 




2 LEMO 

coup, il se fît prêtre, el fut pourvu d’un eanonicat. La mort 
l’enleva le x er juillet i568. Ses ouvrages, remarquables par un 
style qui ne manque ni de force ni d’élégance, ont jouh d’une 
grande vogue, mais sont aujourd’hui dépouillés de presque 
tout l’intérêt qu’ils pouvaient avoir aux yeux des contempo¬ 
rains de l’auteur. En voici les titres : 

De astrologid liber unus , in quo obiler indicntur quid ilia veri , quid 
‘ficli fnlsique kaleat, et quatenus arli sk lutlenda fides : in quo denique 
rnullœ reruni physicarum addilœ , amœnissinusque causes explicanlur ; 
tuin proverbii origo , qnnrlâ lunâ r.ati. De termino viles liber. De honesto 
unirai et corporis oblectarnenlo , el quœ exercilalio liomini libéra poiissi- 

Tuslicarum amoenitale. Anvers, 1554, in-8°.-Iéua, îêSr, in-8°.-Leyde, 
*638, in-16. 

De occullis natures miraculis libre duo. Anvers, i55o, in->2. - Ibid. 
2564, In-ta. - Gand, 1571, in-12. - Cologne, 1573 , in-12. - Heidelberg , 
i 573, in-12. -Trad. en français par Ant. Dupinet et Jean Gohorry, Paris, 
1667, in-S°. - Anvers, i58t, in-8°. - Cologne, i 58 i , in-8°.-Francfort, 
j5gt, in-16. - Ibid. i5o8 , in-12. - Ibid. 1604 , in-12. -Ibid. 1611, in-12. 

- Ibid. i655, in-16.- Leyde, 1666, in-12. 

On peut encore consulter ce livre, pourvu que ce soit avec circons¬ 
pection et critique. 

De habilu et conslilutione corporis , quant trivialis complexionem 
vacant, libri duo. Anvers, i58i, in-12. - Erford, i 582, in-8°.-Iéna, 
15S7 , in-8°. - Francfort, 1398, in-x6. -Ibid. 1604, in-12 .-Ibid. 1619, 
in-12. -Trad. en italien , Venise, 1567 , in-12. 

Similitudinum el parabolarum , e/uee in Bibliis et herbis atque arbori- 
lus desumwuur, elilucida explicaiio. Anvers, 156g, in-8°. - Ibid. i655 , 
in-4°.-Erford, i5Si, in-8°. - I,yon, 1588, in-12 .-Ibid. i5g5, in-12. 

- Ibid. 1622, in-8°. - Ibid. 1682^ in-12. - Francfort, i5t)i, in-12. -Ibid. 
1896, in-12. - Ibid. 1608, in-16. - Ibid. 1626, in-16. -Trad. en français, 
Paris, 1077, in-12. - en anglais, Oxford, 1587 , in-8°. 

C’est un des ouvrages les plus curieux de Lemmens, 

De vild anirni et corporis reclè instiluendd. Cologne, i58t, in-8°. 

De Zelandis suis Commenlariolus ; 

A la suite du Batavia illustra ta de Scriverius. 

Lemmcns a donné une traduction latine du poëme de Denys le périé- 
gète( Venise, i543, in-12.). 

Lemmens {André '), médecin du seizième siècle, né en Zélande, a 
écrit une lettre sur l’mililé qu’on peut tirer en médecine de l’examen des 
urines. Celle lettre a été imprimée en tête du traité De urinis d’Actua- 
rius (Paris, i548 , in-S°.-Lyon, i556, in-8°. ). (J.) 

LEMONNIER (Louis-Guillaume), frère du célèbre astro¬ 
nome, naquit en 1717, embrassa la profession de médecin, et 
fut attaché, dès 1738, à l'infirmerie de Saint-Germain-en-Laÿe. 
L’élude des végétaux avait beaucoup d’attraits pour lui, el Jes 
circonstances le mirent à même de rendre de grands services à 
celle branche de l’histoire naturelle. 11 était membre de l’Aca¬ 
démie des sciences et médecin en chef des armées , quand la 
chaire devenue vacante en 1758, par la mort d’Antoine de 
Jussieu,lui fut accordée. Comme il aimait la science pour elle- 



LEMO 3 

meme, il savait eu inspirer le goût à tous ceux qui s’entrete¬ 
naient avec lui. La charge de premier médecin ordinaire du 
roi- qu’il obtint en 1770, l’obligeant de résider à Versailles, 
il se fit suppléer au Jardin des plantes, par M. de Jussieu, 
qui y professe encore aujourd’hui. Ses relations et ses cor¬ 
respondances lui donnaient les moyens de satisfaire sa pas¬ 
sion pour la botanique, soit par les envois de graines ou de 
plantes qu’il recevait de l’étranger, soit par les plantations 
qu'il faisait faire à Trianon et dans le jardin de madame Elisa¬ 
beth, à Monlreuil-sons-Versailles. Lorsque, dans un âge 
avancé, la révolution lui enleva ses places et sa fortune, il se 
retira à Montreuil, où il trouva une source inépuisable de 
jouissances dans son occupation favorite, et' mourut le 7 
septembre 1799. Les botanistes ont consacré un genre de 
plantes ( monniera ) à sa mémoire. On a de lui, indépendam¬ 
ment de plusieurs mémoires insérés dans le recueil de l’Acadé¬ 
mie des sciences, d’articles fournis à l’Encyclopédie, d’une 
édition de la Pharmacopée de Charas, et d’une traduction du 
Traité sur l’équilibre des liqueurs, écrit en anglais par R. Cotes, 
les deux opuscules suivans : 

Ergo cancer ulceratus cicutam eludit. Paris, 1763, in-4°. 

Ee'tire sur la culture du café. Paris, 1773 , in-12. - (o.) 

LEMORT (Jacques), fils d’un pharmacien de Harlem, vint 
au monde en cette ville, le i3 octobre i65o. Comme son père 
désirait de lui voir embrasser l’état ecclésiastique, il étudia la 
théologie à Leyde, après avoir fini son Cours d’humanités et 
de philosophie; mais trois années de suite consacrées à la 
science divine, ne purent vaincre l’éloignement qu’il se sentait 
pour elle, de sorte qu’il prit enfin le parti d’y renoncer. S’é¬ 
tant alors mis en pension chez un habile chimiste d’Amster¬ 
dam, il fréquenta assidûment son laboratoire; mais cet homme 
mourut l’année suivante, et Lemort revint-à Leyde, où il con¬ 
tinua de se livrer à la chimie : il forma même, en 1692, un 
laboratoire, dans lequel affluèrent les curieux. Quelque temps 
après il ouvrit une boutique d’apothicaire, et se mil à donner 
des.leçons tant sur la pharmacie et la chimie que sur la méde¬ 
cine théorique et pratique. Ses cours attirèrent un assez grand 
concours d’élèves pour exciter la jalousie des professeurs de 
l’université, qui le firent interdire et condamner à une amende. 
Ce fut pour se soustraire à leurs persécutions, qu’il allaprendre 
le bonnet doctoral à Utreçht. La haine s’attacha encore à 
toutes ses démarches; cependant il parvint à en triompher, car 
il obtint, en 1702, une chaire de chimie qu’il conserva jusqu’à 
sa mort, arrivée le 1 er mars 1718. Ce médecin n’estimait que 
la chimie, condamnant hautement les mathématiques, comme 



4 LEMO 

inutiles, méprisant Hippocrate et Galien, et rejetant avec dé¬ 
dain tout ce qu’on avait tenté jusqu’à lui pour expliquer les 
phénomènes de la nature. Sa doctrine avait fait une telle im- 

F ression.sur l’esprit de ses élèves, qu’il ne fallut pas moins que 
autorité de son successeur, Boerhaave, pour la faire oublier. 
Il passe pour être le premier qui ait enseigné à préparer le pro-. 
tochlorure de mercure sans sublimé corrosif. Ses ouvrages ont 
pour litres : 

Chymia medico-physica, rationibus et experimentis superstrucla, brévi 
et jiicïli via processus spagyricos rite et artificiosè ad finem perducendi 
normam exhibens. Cui annexa est metaliurgia contracta succinctarrt 
metallovum tractationem demonstrans. Leyde, 1676, in-4 °.-Ibid. 1684, 

Compendium ckymicum. Leyde, 1682 , in-12. 

Pharmacia medico-pliysica, rationibus et experimentis instructa , nec- 
non observationibus medicis illustrata. Leyde, 1684, in-8°. - Ibid. i6S5, 
in-8°. - Ibid. 1688, in-8°. 

Chymia rationibus et experimentis auctioribus, iisque démonstratifs 
superstructa , in quâ maleaolnrum calumnias modestè simul diluuntur. 
Leyde , 1688, îd-8°. 

Idea actionis corporum, motum intestinum, prœsertim fermentationem, 
delintans. Leyde, i6g3 , in-12. 

Chymiæ verœ nobiiitas et utilitas in physicâ corpusculari, theoriâ 
medicâ, ejusque materie et signis. Leyde, 1696, in-4°. 

Oratio de concordantiâ operationum nalurœ, chymice et medicinœ. 
Leyde, 1702, in-12. 

Theoriœ medicinœ fundamenta novantiqua ad naturœ opéras revocata, 
superstructa fluido corporum exercitio humana.n machinam efficient!, 
chymiæ nobilioris , id est physicœ antiquœ experientia suffialla. Leyde, 
.1700, in-8°. - Ibid. 1718 , in-8°. 

Faciès et pulchritudo chymiæ ab adjictis maculis purificàta et ad 
veras naturœ et sui artis leges exornata.' Londres, 1700, in-8°. - Leyde , 
1712, in-8°. (j.) 

LEMOS (Louis de), médecin portugais du seizième siècle , 
remplit pendant quelque temps avec distinction la chaire de 
philosophie à l’Université de Salamanque, puis exçrça l’art de 
guérira Llenera, petite ville d’Espagne dans l’Estramadoure. 
Il passait, de son temps, pour le médecin le plus exercé et le plus 
habile dans l’art du diagnostic. On a de lui : 

Paradoxorum seu de erratis dialecticorum libri duo. Salamanque, i558, 
in-8°. 

In librum Aristotelis de interpretatione commentarius. Salamanque, 
1558, in-4». 

Commentaria in Galenum de facultatibus naturalibus. Salamanque, 
i58o , in-4°. - Ibid. i5g4, in-4°. 

In libros XII methcdi medendi Galeni commentaria. Salamanque , 
x582,in-fol. 

Indicis operum magni Hippocratis liber unus. Salamanque, i588, in-fol. 
-Venise, i5g2, in-8°. 

Libri FI de optimâ prœdicendi ratione. 

Avec le précédent. (o.) ' 




LENO 5 

LEMPRIÈRE (Guillaume) , né a l’île de Jersey, fut em¬ 
ployé, jeune encore, à Gibraltar, comme chirurgien. En 178g, 
il reçut l’ordre de se rendre à Maroc pour y soigner le fils ae 
l’empereur, qui était atteint d’une maladie grave. Le prince 
musulman l’accueillit honorablement, et, par une manière bar¬ 
bare de lui prouver l’estime qu’il faisait de ses talens, ne lui 
accorda aucune récompense, et multiplia les obstacles à son dé¬ 
part, afin de le déterminer à rester en Afrique. Lemprière par¬ 
vint cependant à retourner en Espagne. Il est aujourd’hui 
médecin des troupes anglaises dans l’île de Whight. En 1812 il 
a publié un rapport sur les effets médicinaux d’une source dé¬ 
découverte depuis peu à Sandrocks, dans cette île. On a aussi 
de lui : 

A tour from Gibraltar lo -Tangier, Sallee, Magodore , Santa-Cruz , 
Tarudant and thence over mount Atlas lo Marocco. Londres, 1791, in-8°: 
-Trad. en allemand par E.-A.-G. Zimmermann, Berlin, 1798, in-8°. 
- en français, Paris, i8or, in-8°. 

Practical observations on the diseuses oj'the army in Jamaica as they 
occurred letween the years 1792 and 1797 , on the situation , climat e 
and diseases ofthat island, and an the mosl probable means 0/ iessening 
mortality amông the troops and among the Europcans in tropical cli¬ 
mats Londres, 1799, 2 vol. in 8°. (i.) 

LENGSFELD (Joseph), me'decin de Vienne, né en 1765, 
mort le 5 décembre 1798, s’est livré particulièrement à l’étude 
des entozoaires, animaux singuliers et encore si peu connus, 
sur lesquels il a publié les deux ouvrages suivans : 

Beschreibung der Bandwuermer und deren Heilmitlel. Vienne , 1794, 
in-8°. 

Ueber die Krankheiten von Wuermern , und deren Kennzeichen* 
Vienne, 1795, in-8 e . 

Avec deux planches. ( J-,) 

LENQRMAND (Louis-Sébastien), né le s5 mai 1757, à 
Montpellier, suivit en cette ville les cours de Rerthollet et de 
M. Chaptal, et entra ensuite chez Lavoisier, dont il fut le pré¬ 
parateur pendant quatre années, qui furent employées par lui 
à se perfectionner dans les sciences physiques et la mécanique , 
notamment dans l’art de l’horlogerie, qu’il avait appris déjà. 
Pendant la révolution il fut appelé à remplir des fonctions pu¬ 
bliques à Toulouse. On le chargea ensuite de la fabrication dti 
salpêtre dans le département du Tarn. Cette opération ayant 
cessé, M. Lenormand se livra à l’instruction publique, et ob¬ 
tint au concours une place de professeur de physique et de 
chimie aux écoles centrales, qu’il.a conservée et remplie avec 
distinction jusqu’à l’établissement des lycées. D’un autre coté, 
il s’était fait une réputation d’homme de lettres par des mé¬ 
moires insérés dans divers recueils scientifiques. Personne, 
avant lui, n’avait exprimé l’idée que l’étude delà technologie,. 



6 LENT 

comme science, pût cire avantageuse à tout le monde : il 
prouva, dans un mémoire très-bien écrit,et fort de raisonne¬ 
ment, que toute personne qui exerce une profession quelconque 
ne peut s’abstenir de l’étude de cette science, à moins de se ré¬ 
soudre à ignorer les choses les plus indispensables. M. Lenor- 
mand a été destitué, en i8i5, d’une place supérieure qu’il 
occupait dans les droits-réunis; depuis lors il vit à Paris, loin 
des affaires, et livré sans entraves à son goût pour les sciences 
et les arts industriels, dans lesquels il a inventé plusieurs pro¬ 
cédés remarquables, tels que l’art de noter la musique en la 
composant, et celui de mouler le bois comme on moule le 
plâtre. Il est le premier qui ait fait les expériences du para- 
chûte, et c’est lui qui a donné ce nom à celle machine préser¬ 
vatrice. Parmi les machines de son invention, l’une des plus 
singulières est le chronomètre placé dans le foyer de l’Opéra. 
On a de lui : 

L'art du distillateur des eaux-de-vie et des esprits. Paris, 1810, 2 vol. 


Annales de l’industrie nationale et étrangère. 

Cet intéressant journal, dont il est le fondateur , a paru pour la pre¬ 


mière fois au mois de janvier 1820. Il se pubi 
Manuel de Part duJahricanl de vert-de-gris, et 
det cristallisé. Paris, , în-8°. 

L’art du dégraisseur d’étoffes. Paris, , in-15 
M. Lenormand est l’un des rédacteurs du Dictior 


°°TÎ 


LENTILIUS (Rosinus) , naquit le 3 février 1667, “ Wal- 
denbourg, dans le comté de Hohcnlohe, d’une famille qui 
portait autrefois le nom de Linsenbahrt. II avait déjà pris quel¬ 
que teinture des lettres à Greilsheim el b Anspach, lorsque ses 
parens lui firent commencer sérieusement à Heidelberg ses 
études, qu’il alla continuer à Iéna. Les rigueurs de la fortune 
ne lui permirent pas de rester plus d’un an dans cette dernière 
université, et il fut obligé, pour vivre, d’accepter une place de 
précepteur chez un particulier qui habitait les environs de 
Léipzick. Au bout de deux ou trois années, il se dégoûta de 
celte profession, qu’il fut Cependant encore obligé de reprendre 
à Millau, en Courlande, après avoir traîné péniblement son 
existence b Roslock, à Wismar, à Lubeck, à Dantzick et à 
Kœnigsberg. Voulant enfin sortir d’un état de dépendance que 
j’Itomme de mérite supporte si impatiemment, jl se donna à 
l’exercice de la médecine, et le fit avec tant de succès, que le 
margrave d’Anspach lui offrit une place de médecin pensionné 
à Greilsheim. Lentilius n’eut garde de refuser, et se rendit à son 
poste en 1680, après avoir pris le degré de la licence à Alldorf. 
11 passa cinq ans après à Nordlingen, puis à Stuttgard, el finit 
par devenir, en 1711, médecin du duc de Wurtemberg,.dont 




LENT 7 

il accompagna ie fils dans les voyages que ce prince fit en Es¬ 
pagne, en Hollande et enFrance. 11 mourut le 12 lévrier 1733. 
L’Académie des Curieux de la nature l’avait admis dans son 
sein en i6rf3, sous le nom d ’Oribase. O11 le compte parmi les 
plus ardens propagateurs du système iatrochimique. 11 se mon¬ 
trait l’ennemi déclaré de la saignée, qu’il fit tous ses efforts pour 
bannir de la pratique de la médecine, méprisait l’anatomie, 
comme inutile au médecin, regardait la matière médicale 
comme la principale partie de l'art de guérir, cjt avait la plus 
grande confiance dans les vertus des médicamens, notamment 
des absorbans, des aromates et des sudorifiques. N’esl-ce pas 
encore à peu près ainsi que pensent aujourd’hui les ennemis de 
l’application dé lu physiologie à la thérapeutique. Lentiüus 
ïecomm3ndait le vin comme le meilleur moyen à employer 
dans les fièvres malignes. Il paraît être le premier qui ait con¬ 
seillé l’arsenic contre les fièvres intermittentes. La seule idée 
profitable peut-être qu’on trouve dans ses écrits, c’cst celle que 
les médecins devraient éiudier dans une université voisine du. 
climat où ils ont l’intention de pratiquer; mais il a donné beau¬ 
coup trop d’extension a un précepte qui n’est lui-même qu’une 
exagération des principes tracés par Hippocrate dans son admi¬ 
rable Traité des eaux, des airs et des lieux. On a de lui : 

De febre terlianâ intermittente epidemicâ prœterito verè septentrion 
nem subque co Curlandiam infestante. AStdorf, 1680, in-12. 

Tf^ïitvt* irpsT/itov, tabula consultatoria medica, exhibais quœstiones 
per quarum responsiones in ntorbi geniiim penelrare indicanlium et coni- 
traindicanlium mornenta invenire et in medendi melhoda Indus prace- 
dere liceal. Ulm, 1696, in-S°. 

Miscellanea medico-praclicq triparti ta. Ulm, 1698, iïHj 0 . 

Collection utile de faits. On peut encore la consulter, mais avec dé¬ 
fiance, car Lentilius était crédule et sans critique. •. 

Uedenken ueberdie im Druehling und Ilerbslzeilen unzeilig angestellte 
Pracsen-iraderlaesse. Ulm, 1692 , in-S°. 

De liydrophobiœ causa et cura cpisiola. Uîm, 1 -00', in-8® . 

Eleodromus medico-practicus an ni r-oq Slullgard, 1711, in-4 0 . 

Iatromneniala thcoretico-praclica bipanita, quibus observaliones , res- 
ponsa, consiiia , casas , epislolcs , disqiûsitiones , medicaliones, selec- 
tiora omnia continentur. Stuttgard, 1712, in-8°. 

Consultalio medieg de quœstionibus cegrolis proponendis. Nordlingen> 
1718, in-8°. (a.-j.-l. s .) 

LENTIN (LEBREcaT-FBÉDKEic-BEifjAMin), né à Erfurt le 1* 
avril 1736, fréquenta, dès l’âge de quatorze ans, les cours de- 
l’Univcrsité de celle ville, et se rendit, en 1734, à Goetlingue 
où, après deux aunées d’études assidues,il obtint les honneurs 
du doctorat. Nommé presqu’aussilôt après médecin pensionné- 
à Diepholz, il s’occupa d’expériences physiques ayant princi¬ 
palement l’électricité peur objet-Quelque temps après il devint 
médecin à Glauslhai, puis a Lunébourg, Enfin le toi d’Angle- 



O LIS NT 

terre lui ayant accordé le titre de son médecin, il vint, en celt 
qualité, fixer sa résidence à Hanovre, où il mourut le 26 dé 
cembre 1804, après avoir pubiié les ouvrages suivans : 

Dissertatio de prœrogativâ venue sectionis in partïbus laborantibu. 
Gœttingue, 1756, in-4 0 . 

Observalionum medicarum fasciculus II. Léipzick et Wolfenbuttel 
1764;./“ c. II, Cell, iyjo-,Jasc. III, 1772,^1-8°. 

Beobaclitungen einiger Krankheilen. Gœttingue, 1772, in-8°. 
Grundsaelze zu der 1775 publicirten Vorbauungskur gegen die Horn 

vieliseuche. Gœttinr- - c 

Memoràbilia cire, 


is, sanitatem et morbos Claustha 


Le supplément a ete publie par G. Sacbse. 

Taxe der xipothekerwaaren fuer die Chur 
welcher eine Beschreibung einiger in der Tt 
Arzneymitlel, und ein ialeinisch-englisch-pl 
buch angehaengt ist. Hanovre, 1801 , in-4°. 

Nachricht von dem Gesvndbrunnen und d 
besonders von der neuen Schwefelquelle bey 


des enfans, qui a été couronné par cette compagnie. 

Lektin ( Augustin- Godefroy-Louis ) fils du précédent, né en 1760, 
fit ses études à Gœttingue; après y avoir pris le titre de maître-fs-arts, 
il commença, en 1795, à v donner des leçons particulières. 11 a été 
nommé en 1817 inspecteur des salines à Suelbeck. On a de lui : 

Ueber das Verkulken der Metalle , wenn sie in dephlogislisirter Luft 
der Wirkung des Feuers ausgesetzt werden. Gœttingue, 1795 , in-8°. 

Ankuendigung seiner Vàrlesungen ueber allgemeine Cïiemie. G œttin- 
gue, 1797, in-8°. 

Elwas ueber den Prozess der Destination. Gœttingue, 1799, in-8°. 

Briefe ueber die Insel Anglesea, vorzueglich ueber das dasige Kup- 
ferbergwerk und die dazu gehœrigen Schmelzwerk'e und Fabriken. Léip- 
zick, i8oo,in-8°. 

Lentin ( Jacques-Frédéric-Louis ) , frère du précédent, né à Clause 
thaï, et mort en i8o3 à Hanovre, où il exerçait la médecine, a écrit: 

'Momenta qucèdam generaliora circàjebris gastricœ distinctionem et 
medelam. Gœttingue, 1798, in-4°. 

Eeiscbemerkwigen in Hinsicht üuf die klinische Praxis in einigen 
ieutschen Uospitaelern. Berlin, 1800, in-8°. (o.) 


LENTULUS (Paul), fils d’un Napolitain réfugié en Suisse 
pour y embrasser la réforme, mourut de la peste, en i6i3, a 
Berne, où il jouissait des droits de bourgeoisie, et où il rem¬ 
plissait les fonctions de médecin pensionné,.depuis i 5 y 3 .Nous 




LÉON 9 

lui devons un ouvrage sur les absliuences prolongées, qui a 
pour litre : 

Historia admiranda de prodigiosâ Apolloniœ Schreierœ , virginis in 
agro Bernensi , inediâ , tribus narrationibus compréhensa. Cui abeodem 
complurium etiam alicnim , de ejusmctdi prodigiosis inediis , doctissimo- 
rum , necnon fide dignissimorum virorum narrationes , et ingeniosissimie 
commentationes adjunctœ sunt. Berne, x6o4, in-4°. (*•}' 

LENTNER (Charles-Frédéric)., de Breslau, né le 4 jan¬ 
vier 1746, moitié 11 mai 1776, reçu docteur à Halle et 
nommé ensuite médecin à Brieg, s’est moins fait connaître 
dans sa profession que dans la littérature , qu’il cultivait avec 
succès. Consacrant à la poésie tous les iustans dont sa pratique 
lui permettait de disposer, il publia diverses pièces de vers qui 
furent lues avec plaisir par ses compatriotes. Ceux-ci lui doi¬ 
vent VAnthologie sile'sienne (Breslau et Léipzick, 1773-17745 
in-B°.), qui contribua surtout à lui faire une certaine réputa¬ 
tion. 11 n’a laissé, sur la médecine, que des critiques d’ouvrages 
nouveaux, dans une gazette littéraire de Breslau, et les deux 
opuscules suivans : 

Dissertatio de nonnullis circà sudores frigides infebre acuta atlen- 
dendis. Halle, 1767, in-4°. 

Dissertatio de febris malignœ ex heclicâ ortu eiusque evenlu. Halle, 

*769, in-4°. (r.) 

LEON ( Ambroise) , médecin italien du seizième siècle, était 
de Noie, ville du royaume de Naples. Son habileté dans les 
langues grecque et latine lui procura une grande réputation 
parmi ses contemporains. On a de lui une histoire de sa ville 
natale , qui a paru dans le tome neuvième du Thésaurus anti- 
quitalum et hisLoriarum Italiæ , ainsi que dans Yllalia illustrata 
d’André Schott, des remarques critiques sur Averrhoès, im¬ 
primées (Venise , i 532, in-fol.) avec les œuvres de ce philo¬ 
sophe, une traduction latine du Traité des urines d’Actuarius 
( Venise,.i5i9, in-4°. — Bâle, i52g, in-8°., avec les remarques 
de J. Goupyl. — Paris y i 548, in-8°. —Utrecht, 1670, in-8 0 .), 
et l’ouvrage suivant : 

Opus quœstionum, tum aliis plerisque in rebus, tum vero maxime in 
philnsophiâ et medicinâ. Venise , i 523 , in-4°. 

Léon ( André de), de Grenade, pratiqua pendant long-temps la mé¬ 
decine et la chirurgie dans.cette ville, mais la quitta, en i53o, pour 
suivre la coür de Philippe ir, roi d’Espagoe, pendant l’expédition de 
Portugal, dont ce prince s’empara. Ses ouvrages sont: 

Definiciones de medicinâ ; différencias y virtudes del anima con dé¬ 
claration de los temperamentos, morbos, etc ., y déclaration de polsos 
y- orinas ; examen de cirurgia , avisos para sangrios y purgas, Vallado- 
lid, i5go, in-4°. - Ibid. i6o5, in-4°. 

Practica de morbo sallico en el quai se contiene el origen y conoti- 
mienlo desta enfermeaad, y el niejor modo de curarla. Valiadohd, i6o5. 



io LEON 

Léon {Dominique) , médecin de Luni, dans l’état de Gènes, praticrnatt 
son art à Bologne, vers le milieu du seizième siècle. Ii a publié dens 
compilations ayant pour titres : 

Methodus cürandi febres , tumorçsque preeter naturam, ex Greecorum 
placilis deprompta. Bologne, i562 , 

Ars medendi kumanos parlicularesque morbos à verlice usqae adpedes. 
Bologne, i583, in-4 0 .-Francfort, 1897, in-8°. -Ibid. 1627, in-8°. (o.) 

LEONHARDI (Jean-Godefroy), né à Léipzick le 18 juin 
1^46, éludia la médecineà l’Université de cette ville, et y 
prit le grade de docteur en 1771. Nommé, dix ans après , pro¬ 
fesseur extraordinaire, il ne conserva pas long-temps sa chaire, 
et ta cpiitta dès 1782 pour alier en remplir une à Witler.berg. 
Ea 1791, il obtint le titre de médecin de l’électeur de Saxe, et 
vint, en celte qualité, fixer sa résidence à Dresde. Nous con¬ 
naissons de lui : 

Programma de resorplione cutaneâ. Léipzick, 1768, in-4°- 

Vissertatio de frigoris atmospheerici ejfeclibus in corpus humanum 
Léipzick, 1771, in-4 0 . 

Disserlalio de resorptionis in corpore humano preeler naturam impe- 
ditee cousis alque noxis. Léipzick, 1771, in~4°. 

Programma observationes quasdam chemicas continens. Léipzick, 1778, 

in-4°. 

Ve salibus succineis. Léipzick, 1775, in-4 0 . 



LEON „ 

LEONICENO (Nicolas), médecin italien trop peu connu, 
quoiqu’il mérite certainement d’être mis au nombre des réfor¬ 
mateurs de l’art de guérir, et parmi ceux qui ont porté les pre¬ 
miers coups au despotisme médical des Arabes, naquit en 14.28 
à Lonigo, château du Vicenlin, dont, suivant l’usage des sa- 
vans de ce temps, il ajouta le nom (Leonicum) au sien propre. 
Le père Angiolgabriello prétend cependant qu’il était de Yi- 
cence. Quoi qu’il en soit,Brasavola, son disciple, nous apprend 
qu’il fil ses humanités eu cette ville, sous le grammairien Ogni- 
hene, de Lonigo, qui s’appliqua surtout à le familiariser avec 
les meilleurs auteurs grecs et latins. Leoniceno se rendit en¬ 
suite à Padoue, pour y étudier la philosophie et la médecine. 
Brasavola dit qu’après avoir reçu le grade de docteur, il lit un 
voyage en Angleterre. A son retour, il obtint, suivant toutes 
les apparences, à Padoue, une chaire qu’il quitta en pour 
aller en remplir une autre à Ferrare, où il enseigna successi¬ 
vement les mathématiques et la morale jusqu’en i5io. On ne 
sait pas bien précisément ce qu’il fit depuis cette époque jus¬ 
qu’à sa mort, arrivée en 1624. Àlidosi assure qu’en i5o8 il 
était professeur à Bologne; mais le fait ne parait pas certain, 
et la plupart des biographes pensent qu’après avoir renoncé à 
l’enseignement, Leoniceno passa le reste de ses jqurs à Fer- 
rare. Ce médecin fut un des premiers qui s’éloigna de la bar¬ 
barie des scolastiques, et qui remit en honneur les principes et 
surtout la méthode des anciens Grecs. Hippocrate, Pauld’Egine 
et Rhazès étaient ses auteurs favoris, ce qui témoigne assez de 
la pureté de son goût. Son estime pour les anciens ne l’aveu¬ 
glait cependant pas jusqu’à l’empêcher de reconnaître leurs er¬ 
reurs, et il fut assez sage pour se préserver de cette admiration 
servile, de cet enthousiasme irréfléchi, qui, plus tard, exerça 
une si pernicieuse influence sur la médecine. C’est ainsi, par 
exemple, qu’il consacra un ouvrage tout entier à relever les er¬ 
reurs de Pline et d’autres anciens écrivains, et qu’en plusieurs 
occasions il blâme assez vertement Celse de s’être écarté des au¬ 
teurs originaux, dont son élégant traité n’est qu’une compila¬ 
tion. Leoniceno possédait parfaitement la langue grecque; 
Borsetti nous apprend qu’il fut chargé en i 522 de traduire en 
latin les œuvres de Galien; mais sou âge avancé ne lui permit 
pas d’achever cette vaste entreprise, pour laquelle on lui avait 
assigné quatre cents livres de traitement annuel, somme assez 
considérable dans le temps. 11 a aussi traduit en italien l’histoire 
de Dion Cassius et les dialogues de Lucien. Celui qui se pro¬ 
pose de lire les ouvrages des médecins du moyen âge, doit s’y 
préparer en méditant ceux de Leoniceno, qui sont remplis 
d’excellentes vues et de remarques fines, dont plus d’un écri¬ 
vain moderne se ferait honneur. 






LÉPE i 3 

les apparences, après Galien, puisqu’il le cite , tandis que ce 
dernier ne parle pas de lui. Ses écrits sont perdus, et nous ne 
les connaissons que par quelques fragmens de sa doctrine épars 
dans les ouvrages de Cœlius-Aurelianus et surtout d’Aelius. Ce 
que nous signalerons de préférence, ce sont des remarques in¬ 
téressantes sur les ulcères et les excroissances des parties géni¬ 
tales , ainsi que sur le gonflement et l’inflammation du testicule ; 
elles prouveraient, si l’on pouvait encore en douter, que les 
maladies vénériennesrilatent d’aussi loin que le libertinage. 

(ï.) 

LEOPOLD (Jeait-Frédébic), médecin de Lubeck, né le 
2 février 1676, étudia l’art de guérir à Alldorf, Strasbourg et 
Zurich, fit ensuite un voyage en France, en Italie, en Angle¬ 
terre et dans les Pays-Bas, et finit par prendre le bonnet de 
docteur à Bâle, où ce grade lui fut conféré en 1700. S’étant 
ensuite établi dans sa ville natale, il s’y appliqua surtout à 
former une collection de curiosités et d’objets d’histoire natu¬ 
relle. Ce fut pour enrichir son cabinet, qu’il parcourut, en 
1706 et 1707 le Danemarck et la Suède, où il recueillit tout ce 
qui pouvait avoir rapport à la minéralogie. La mort le surprit 
le 4 niai 1711. Il a laissé une biographie des médecins les plus * 
célèbres de Lubeck, et un catalogue de ceux qui se sont le 
plus distingués par leurs écrits au dix-septième siècle. On a, en 
outre, de lui : 

Relatio epistolica de ilinere suo suevico 1707 facto , ad celeterrimum 
virum O.-Jo. Woodward , M. D. Londres, 1720, in-8“. - Ibid. 1727, 
in-8°. (a.) 

LEPECQ DE LA CLOTURE (Lotus), né à jCaen en 
1736, étudia dans cette ville, y prit le bonnet de docteur, y 
devint professeur de chirurgie, et alla ensuite se fixer à Rouen, 
où il fut anobli en 1781. Cette vaine récompense d’une ambi¬ 
tion puérile, si commune parmi Jes hommes du plus grand mé¬ 
rite, lui suscita des désagrémens qui le déterminèrent à quitter 
cette ville, et à se retirer dans une propriété qu’il avait à St.- 
Pierre des Asifs, où il est mort en 180j. Ce médecin, véritable¬ 
ment hippocratique, a été du nombre de ceux qui ont propagé 
le goût de la saine observation et l’éloignement pour la saignée. 
On a de lui : 

Observations sur les épidémiques , ouvrage rédigé d’après le tableau 
des épidémies d Hippocrate , et dans lequel on indique la meilleure ma¬ 
nière d’observer ce genre de maladie. Paris, 1776, in-4°- 

Cet ouvrage , qui fut imprimé aux frais du gouvernement, a été tra¬ 
duit en allemand ( Léipzick, 1785 , m-8°. ). 

Dans un disco-urs préliminaire étendu, l’auteur se montre profondé¬ 
ment imbu des principes d’Hippocrate : attention à donner à la consti¬ 
tution atmosphérique, à la constitution individuelle, à la marche, plus 
encore -qu’au caractère des symptômes , aux mouvemèns critiques ; con- 





LEPNER (Frédéric), de Kœnigsberg, fut reçu docteu 
médecine à Leyde, et devint, des l’année suivante, profesi 
à l’université de sa ville natale, où il mourut le n mai i' 
après avoir clé plusieurs fois honoré des hautes distinctions 
chimiques. Ses ouvrages, tous peu remarquables, ont pour tit 

Dissertalio de defînitione et divisione et elementis medicinœ. Leyde, 
1662, in-4°. 

Dissertalio de usu lienis. Kœnigsberg, i663, in-4 0 . 

Dissertalio de arthrilide ex Uipp. ‘nefi Kœnigsberg, i663, in-4°. 

Dissertalio de catarrho. Kœnigsberg , i665 , in*4°. 

De cujusdam ex insuetâ equitatione podagrâ correpti casus. Kœnigs¬ 
berg, 1669, in-4°. 

Compendiosa in medicinam introductio, conlinens doctrinam de par- 
tibus prœcipuis humani corporis regionum, earum morbis curandique 
ratinne. Kœnigsberg, 1669, in-4°. 

Dissertalio de adfeclu Alexandri M. ejusque curalione. Kœnigsberg , 
1670, in-4°. 

Dissertalio de arthritide. Kœnigsberg, 1673 , iri-4°. 

Dissertalio de syncope cardiacâ. Kœnigsberg, 1690, in-4°. (o.) 

LEPOIS (Charles), fils de Nicolas, naquit a Nancy en 
t563. Lorsqu’il eut atteint l’âge de treize ans, sou père le plaça 




LE PO r5 

att Collège de Navarre , à Paris, où il passa einq antlées, étu¬ 
diant avec succès les langues, les belles-iêtires et la philoso¬ 
phie. 11 prit le grade de maître ès-arts en i 58 i, et fréquenta 
aussitôt après les écoles de médecine, dont il suivit les cours 
pendant quatre ans. Jaloux alors de connaître les universités d’I¬ 
talie, ii se rendit en i585 à Padoue,et j passa deux années. Au, 
commencement de i588, il, se présenta devant la Faculté de 
médecine de Paris, pour y prendre ses degrés} reçu bachelier 
sur-le-champ, il fut admis à la licence en i5go, mais ne prit 
pas le bonnet de docteur, attendu que l’argent lui manquait 
pour faire la dépense dé celte cérémonie. 11 revint donc à 
Nancy, où le duc Charles ni lui conféra le litre de médecin- 
consultant, place qu’il conserva auprès de Henri n. Ce fut à sa 
sollicitation que ce dernier prince fonda l’université de Pont-à- 
Mousson. Lepois, qui en fut nommé doyen et premier profes¬ 
seur, s'empressa d’aller se faire recevoir à Paris, où le bonnet 
doctoral lui fut 'conféré en i5g8. Cette même année, au mois 
de novembre, il ouvrit les cours de médecine de la nouvelle 
université, aidé de son collègue Toussaint Fournier; et, jusqu’à 
la fin de ses jours, arrivée en i633, il s’acquitta de sa charge 
de professeur avec tout le zèle et toute l’exactitude qu’elle exi¬ 
geait. C’était un homme fort érudit, également habile dans les 
langues anciennes et modernes, instruit en mathématiques, et 
profondément versé dans la doctrine des anciens médecins de 
la Grèce, qui professait la plus haute estime pour Hippocrate, 
et qui recommandait sans cesse la méthode de ce grand 
Jiornme à ses élèves. Les ouvrages suivans sont sortis de sa 
plume. 

Caroli III macarismos , seu felicitalis et vïrtulum égregio principe 
dignarum coronce. Nanci, 1609, in-4°. 

Selebliorum observalionum et consiiiorum de prœteritis haclenùs mor- 
his , ejjecli'msnue preeter naturam ab aquâ , seu serosâ colluvie et diluvie., 
ortis, liber singularis. Pont-à-Mousson, 1618, io-4". -Leyde, 1639, 
in-12. - Ibid. i65o , in-8°. - Francfort et Léipzick , 1674, in-8°. - Leyde, 
1714, in-4“. - Ibid. 1733, in-4°. - Arnsleidam , 1768, in-4°. 

Quelques observations choisies ont éLé extraites de cet ouvrage, et 
publiées sous le titre de Piso enucleatus (Amsterdam, i63g, in-12). 

Physicum cometce spéculum. Pont-à-Mousson, 1619, in-8°. 

Discours de la nature, causes et remèdes , tant curatifs que préserva¬ 
tifs, des maladies populaires, accompagnées de dysenterie et autres 
flux de ventre. Pont-à-Meusson , 1023, in-12. (o.) 

LEPOIS (Nicolas ), fils d’un pharmacien de Nancy, vint au 
monde en 1527. Son père l’envoya de bonne heure à Paris, 
pour y étudier la médecine, qu’enseignait alors Jacques Syl- 
vius. Lepois ne prit aucun grade dans les écoles de la Faculté 
de cette ville, ce qui ne l’empêcha pas d’être mis au nombre 



x6 LERO 

des élèves les plus distingués, et de mériter l’estime de tous les 
professeurs. En 1678 il succéda à son frère aîné, Antoine, 
connu par uu discours sur les médailles (Paris, i 5 jg, in-4°.), 
dans l’emploi de premier médecin du duc Charles ni, de Lor¬ 
raine. Livré jusqu’à la fin de ses jours, survenue en 1690, à la 
pratique et au travail du cabinet, il lut avec atlenlipn tous les 
ouvrages publiés sur la médecine, depuis Hippocrate jusqu’à 
lui, et rédigea d’après eux une vaste compilation, qu’il mit au 
jour sous le titre suivant, après qu’elle eut été revue par son 
ami, le célèbre Foës. 

De cognoscendis et curandis prœcipuè inlérnis humani corporis morlis 
libri très , ex clarissimorum medicorum , tum veterum, tum recenliorum, 
monumentis , nonitè pridem collecti. Francfort, i58o, in-fol. -Ibid. i585, 
in-8°. - Leyde, 1736, in-4°. - Léipziek, 1766, in-8°. (o.) 

LEROUX (Antoine) , naquit à Dijon en 1730 , et y mourut 
le 23 octobre 1792, empoisonné par une dose trop forte d’o¬ 
pium, substance dont il faisait habituellement usage afin de 
calmer les intolérables douleurs que lui causait la gravelle. 
Comme chirurgien, Leroux s’était acquis la réputation d’un 
praticien sage, prudent et doué d’une instruction solide. Il se 
livra spécialement à l’exercice de l’art des accoucliemens, et 
devint chirurgien-major de l’hôpital général de Dijon. Dis¬ 
ciple de Levret, sa pratique, généralement heureuse, donna 
un grand poids à l’opinion qu’il émit relativement à l’efficacité 
du tampon contre les hémorragies utérines. Il a été, en effet, 
le plus ardent apologiste de ce moyen, qui lui paraissait devoir 
être employé dans tous les cas, et quel que fût l’étal de l’uté¬ 
rus, comme un véritable spécifique. On peut toutefois se con¬ 
vaincre, en lisant son ouvrage, qu’il n’était pas aussi exclusif 
au lit des malades que dans le cabinet; et sous ce rapport, les 
observations qu’il nous a laissées sont encore aujourd’hui con¬ 
sultées avec fruit. Ainsi que Levret, Leroux constata que la 
présence du placenta sur le col de la matrice est quelquefois la 
cause des hémorragies qui surviennent pendant le travail de la 
parturition, mais il n’avait pas tiré de ce fait les conclusions 
que l’on en a déduites depuis. On a de cet habile chirurgien 
les ouvrages suivans : 

Mémoire sur la taille latérale, in-8 0 . 

Observations sur les perles de sang chez les femmes en couche et sur 
le moyen de les guérir. Dijon, 1776, in-8°. - 2 e édition, 1810. 

Observations sur la rage , suivies de réflexions sur les spécifiques de 
celte maladie. Dijon , 1780, in-8°. 

Dissertation sur la rage , qui a remporté le premier prix de la So- 
cièté.royale de médecine. Paris, 1783, in-4°. 

Traitement local de la rage et de la morsure de la vipère. Edimbourg 
et Paris, 1785, in-8 °. ( l.-j. bégin) 



LERÛ i 7 

LEROUX ( Jean-Jacques ), naquit à Sèvres, département 
de Seine-et-Oise, le 17 avril 1749- H fut reçu bachelier à l’an¬ 
cienne Faculté de médecine de Paris en 1776, et docteur-régent 
en 1778. Fixé à Paris, où il exerçait sa profession avec succès, 
M. Leroux fut témoin des premiers événemens de notre révo¬ 
lution, et bientôt il joua un rôle assez remarquable dans le 
grand drame dont l’action se déroulait avec une effrayante ra¬ 
pidité. Nommé officier municipal, il était près du roi durant la 
nuit, désastreuse du 10 août 1792, et il suivit le monarque au 
sein de l’assemblée législative. Arrêté quelque temps avant les 
sanglantes journées du 2 et du 3 septembre, il échappa aux 
bourreaux; et des temps moins funestes ayant succédé à ces 
époques de terreur et de deuil, il devint président de la sec¬ 
tion de l’Unité. Après le i3 vendémiaire, il fut proscrit et con¬ 
damné à mort comme étant.un de ceux qui excitèrent les sec¬ 
tions à la révolte. Depuis lors, il cessa de participer aux af¬ 
faires publiques. Il devint professeur de l’Ecole de santé à 
l’époque où l’on créa cet établissement, qui prit successive- 
.ment le litre d’Ecole de médecine, et enfin de Faculté de 
médecine. En 1810, il succéda à Thouret dans les fonctions 
de doyen. Continuateur de l’enseignement clinique fondé par 
Desbois de Roche fort et porté par Corvisart à un si haut degré 
de splendeur , M. Leroux rendit d’importans services dans cette 
carrière, et régularisa, plus qu’on ne l’avait encore fait, les tra¬ 
vaux des élèves chargés de suivre les malades et d’en recueillir 
les observations. 11 cessa ces diverses fonctions, par suite de 
l’ordonnance qui supprima la Faculté de médecine , et il ne 
conserva que le titre de professeur honoraire de la Faculté 
nouvelle. Le roi lui accorda la décoration de la légion-d’hon- 
neur en 1814. Membre honoraire de l’Académie royale de mé¬ 
decine , il fait partie du conseil de salubrité et -d’un grand 
nombre de Sociétés savantes. 

Indépendamment d’un discours prononcé aux Ecoles de mé¬ 
decine en 1783, sous ce litre : De la nécessité de l’union entre 
les me'decins et les chirurgiens , et de l'avantage qui en résulte, 
ainsi que des éloges historiques de Bernard, Gautier, Pajon de 
Moucet,Brotome, Dupré, Lorry, Borie, Mac-Mahon, Tacher, 
Cotton, Lucas de Laurembert, Langlois et de la Planche; in¬ 
dépendamment, dis-je, de ces travaux, qui sont restés inédits, 
on doit à M. Leroux les ouvrages suivans : 

Discours prononcés sur la tombe de Leclerc , en 1808; sur la tombe de 
Baudelocque , en 1810; sur la tombe de Thouret, en 1810 ; sur le cercueil 
de Corvisart, en 1821 ; sur la tombe de Dallé , en 1822. 

Rapport fait à l’Ecole de médecine de Paris sur la clinique d'inocu¬ 
lation par MM. Pinel et Leroux. 1797. 



i8 LERO 

Discours prononcé le 3o juillet 1806 pour linauguration des salles de 
- clinique. in-4°- 

Compte rendu à P Ecole de médecine. Paris, 1807, in-4 0 . 

Discours prononcé à la séance publique de la Faculté de médecine de 
Paris, le 14 novembre 1810. in-4°. 

Instruction sur le typhus , fièvre des camps, fièvre des hôpitaux , fièvre 
■ des prisons. Paris. 1814. in-8°. 

Réflexions sur Vétablissement d'une société royale de médecine et de 
chirurgie. Paris, i8i5, jn-4°. 

Mémoire en réponse à un écrit anonyme intitulé : Observations pré¬ 
sentées au roi sur !a Faculté de médecine, par J.-J. Leroux, et Dësor- 
meaux. Paris, i8i5, in-S°. 

Mémoire, et plan cCorganisation pour la médecine et la chirurgie , par 
MM. Leruux et Dupuycren. Paris, 1816, in-4 0 . 

Réglement de la société d'instruction médicale. Paris, 1818. 

Rapport sur le cimetière de la ville de Lufertè-sous-Jouarre , par 
MM. le baron Desgeneltes et ‘Leroux. Paris, 1820. 

M. Leroux a été rédacteur principal pendant dix ans du Journal de 
médecine de Bâcher, et ensuite propriétaire éditeur de 3a continuation 
de ce journal sous le titre de Journal de médecine et de chirurgie, par 
MM. Corvisart, Leroux et Boyer. ( l.-j. bégin ) 

LEROY. ( Alphonse-Louis-Vincent) , né à Rouen, le 
août 1742, se livra d’abord à l’étude des lois, et voulut em¬ 
brasser la profession d’avocat. La réputation, alors gigantesque, 
du chirurgien Lecat, lui donna l’idée de cultiver la médecine. 
11 se consacra spécialement h cette partie des sciences médicales 
qui traite des maladies des femmes et des enfans , et fut reçu 
docteur-régent et professeur en l’ancienne Faculté de Paris. 
Plusieurs ouvrages publiés sur divers sujets, une élocutio* pure et 
facile, et peut-être aussi cette confiance en soi qui éloigne la mo¬ 
destie, et porte à se produire sans hésitation, telles sont les cir¬ 
constances auxquelles Alphonse Leroy dut son admission comme 
professeur d’accouchement à l’Ecole desanléde Paris.Ce médecin 
n’était pas, sans doute, dépourvu d’instruction, mais il réunis¬ 
sait la crédulité à l’enthousiasme , et son esprit paradoxal le 
portait fréquemment à soutenir des erreurs évidentes, ou à re¬ 
fuser son assentiment aux vérités les mieux démontrées. Il était 
remarquable par l’impatience, l’exagération et l’opiniâtreté 
qu’il apportait dans les discussions. Suivant lui, les substances 
animales, et en particulier la viande, constituent toujours les 
meilleurs alimens dont les plus jeunes enfans puissent faire 
usage. La vaccine trouva en lui un de ses plus obstinés antago¬ 
nistes. Dans l’histoire de la symphyséotomie, circonstance qui 
contribua le plus ale faire connaître, Alphonse Leroy ne fit 
que rendre publique et retracer les avantages d’une opération 
dont la découverte appartenait toute entière à Sigault, quoi¬ 
que, deux siècles auparavant, Séverin Pineau en eût déjà 
reconnu la possibilité, et que même il eût donné le conseil d’y 
recourir. 



LERO ig 

Alphonse Leroy n’avait ni la pratique étendue , ni le génie 
heureux de Lauverjat et de Baudelocque. Avec un jugement 
droit et un esprit calme il aurait pu occuper une place hono¬ 
rable parmi les médecins littérateurs de la fin du siècle dernier. 
Mais, privé de ces qualités fondamentales, il n’a rien produit 
qui puisse lui assurer une longue renommée. Sa mort fut le ré¬ 
sultat d’une horrible catastrophe : il périt, assassiné dans son 
lit, pendant la nuit du au i5 janvier 1816, par un domes¬ 
tique qu’il avait renvoyé quelques jours auparavant. 

On a d’Alphonse Leroy les ouvrages suivans : 

Maladies des femmes et des enfans, avec un traité des accouckemens, 
d'après les Aphorismes de Boerhaave, commentés par Van Swieten, 
le tout traduit et augmenté de notes et instructions. Paris . infiS . o vol. 




la goutte et le rhumatisme , est suivi de la traduction d’un écrit publié 
par le docteur ïavaret, ayant pour titre : Sur un art nouveau de guérir 
les paroxysmes de la goutte , et de la preuve qu’elle siège principalement 
dans les nerfs. 

La médecine maternelle, ou l'Art et élever et de conserver lesenfuns. 
Paris , i8o3 , in-8“. 

Manuel de la saignée ; utilité de celle du pied, danger de celle du bras. 

Delà conservation, des femmes. Paris, 1811, ip'-^ 3 . 

De la contagion régnante sur l’homme, les ■hachés et les boeufs, de 
ses moyens préservatifs et curatifs, avec des considérations sur les causes 
des maladies funestes à là suite des armées. Paris, 1814, in-8°. 

Alphonse Leroy a consigné divers mémoires dans plusieurs écrits pé¬ 
riodiques ; on trouve de lui une lettre sur les propriétés médicinales du 
phosphore, dans ie premier volume des Mémoires de la Société médicale 
d’émulation. (n.-r. bégin) 


LEROY (Charles), médecin et chimiste distingué, frère de 
l’habile mécanicien Pierre Leroy, vint au monde à Paris en 
1726, où il fit ses humanités avec éclat, et prit ensuite des ins¬ 
criptions en médecine j mais sa constitution délicate et l’état 
chancelant de sa santé le déterminèrent à se rendre à Mont¬ 
pellier , où la beauté du climat et la célébrité de l’école se réu¬ 
nissaient pour l’attirer. Voyant que sa santé renaissait sous le 
beau ciel du midi, il y resta le temps nécessaire pour prendre 
ses grades, et fit en 1780 un voyage en Italie, qui lui permit 
d’observer'une foule de phénomènes naturels curieux, tels que 
l’asphyxie produite dans la grotte du chien, près de Naples, 
par le dégagement du gaz acide carbonique, et la phosphores¬ 
cence des eaux de la Méditerranée, dont il essaya de donner 
une explication, après l’avoir décrite avec beaucoup de soin. 
De retour à Paris, au sein de sa famille, il fit part à l’Acadé¬ 
mie des sciences de plusieurs observations intéressantes. En 
1752, il retourna à Montpellier pour prendre le doctorat. 
Cinq ans après, il y obtint une chaire, qu’il remplit avec 
distinction. On trouvait, eu effet, dans ses leçons, des notions 
simples et élémentaires sur chaque sujet, une théorie appuyée 
sur des faits, et les règles qui doivent diriger une pratiqué 
éclairée. C’est à dater de celle époque qu’il s’occupa sérieuse¬ 
ment de travaux littéraires. Déjh il avait présenté à l’Académie 
des sciences, qui l’imprima dans le volume de 1761, une dis- 



LE RO 2i 

sertàlion fort intéressante sur la théorie de l’évaporation et de 
la formation de la rosée, théorie qui a été adoptée pendant 
long-temps “par les physiciens , .mais à laquelle on'a renoncé 
dans ces derniers temps. Nous devons citer aussi avec éloge ses 
observations sur les eaux deBalaruc, dont il a donné une bonne 
analyse, et le mémoire dans lequel, examinant par quel méca¬ 
nisme l’œil s’accommode aux différentes distances des objets, il 
établit que le cristallin n’est pas susceptible des mouvemens 
qu’on lui attribue, et que les divers degrés d’ouverture de la 
pupille suffisent pour rendre la v,ue distincte a différentes dis¬ 
tances. Deux mémoires lus en ij 5 i, par Leroy, à l’Académie, 
des sciences, l’un sur la respiration de la tortue, l’autre sur la 
structure de l’organe de l’ouïe, témoignent combien il était 
versé dans l’anatomie humaine et la zootomie. Ce médecin 
acquit de bonne heure la réputation d’un praticien habile. 
S’étant décidé, en 1777, sur les instances de sa famille, à venir 
à Paris, il ne tarda pas à être un des médecins les plus recher¬ 
chés , mais jouit peu de ses succès, car un engorgement squir- 
reux du pylore mit fin à sa carrière le 10 décembre 1779. On 
a de lui : 

Mémoires et observations île médecine, r re partie contenant deux mé¬ 
moires sur les fièvres aiguës. Montpellier, 1766, in-S 0 .- 

Mélanges de physique, de chimie et de médecine.. Paris1771, in-8°. 

On trouve dans ce recueil, outre les mémoires sur l’évaporation , les 
eaux de Balaruc, et la vision, un second mémoire sur les eaux de Bala- 
rue, un autre sur la vision, des observations sur les fièvres aiguës, des 
réflexions sur le scorbut, et un préeis sur les eaux minérales. 

Mélanges de médecine, 2 e partie. Paris, 1776, in-8“. (o.) 

LEROY ( Jacques-Agathange) , né à Maubeuge en 1734, 
annonça de bonne heure des dispositions toutes particulières 
pour l’art de guérir. Des chagrins qui exaltèrent son imagina¬ 
tion ardente, furent sur le point de l’enlever aux sciences, en 
le déterminant à aller s’ensevelir à la Trappe, où il resta une 
année-entière ; mais comme ses parens ne voulurent pas lui 
permettre de faire profession, il finit par céder à leurs instances, 
et revenir à ses-premières études. Dès l’âge de vingt-cinq ans , 
il fut nommé pharmacien-en chef dés armées, place qui lui 
fournit l’occasion d’appliquer ses connaissances théoriques. A 
son retour d’Allemagne, le désir de voyager pour acquérir uns 
instruction plus variée, le décida et faire partie d’une expédi¬ 
tion pour Cayenne; mais la colonie qu’il accompagna fut as¬ 
saillie , en arrivant, par les maladies qu’bccasione l’insalubrité 
du climat, et, seul parmi les médecins, il résista aux atteintes 
de l’infèction. Après s’être dévoué pendant un an aux soins des 
malades, il s’éloigna d’un pays où la nature se montre marâtre 
envers l’homme, et repassa en France, où il fixa son séjour à, 



22 LESK 

Parisi Durant la révolution, il se retira d’abord a Lille, puis à 
Dunkerque, où il mérita le surnom honorable de médecin des 
pauvres. Lorsque l’horizon politique s’éclaircit, il vint reprendre 
son ancienne profession dans la capitale, où il mourut le n fé¬ 
vrier 1812. On ne connaît de lui qu’un petit opuscule intitulé : 

Essai sur l’usage et les effets de Vecorce de garou. Paris, 1767 , in-ia. 
- Ibid. 1774, ia-12. (o.) 

LESKE ( Natan-ahel-Godefroi ), naturaliste distingué, na¬ 
quit lé 22 octobre 1707, à Muskau, dans la Haute-Lusace, où 
son' père prêchait alors l’Evangile. Etant allé faire ses éludes à 
Léipzick, les dispositions qu’il annonçait et son zèle peu com¬ 
mun lui méritèrent l’amitié de Ludwig, qui lui fournit des 
moyens d’existence, l’état de gêne dans lequel vivait sa famille 
ne lui permettant pas d’en tirer aucun secours. Il s’appliqua 
principalement à la philosophie, à l’histoire naturelle et à la 
médecine, mais ne prit pas le titre de docteur. L’Université le 
nomma en 1775 professeur extraordinaire d’histoùe naturelle, 
et trois ans après il devint secrétaire de la Société économique. 
Bientôt il fut pourvu aussi de la chaire d’économie, qui venait 
d’être instituée, et à la mort de son beau-père, il se trouva 
placé à la tête d’un commerce de librairie, qu’il conduisit avec 
beaucoup d’habileté. Le dépit de n’avoir pas obtenu la chaire 
de physique vacante par la mort de Funk, lui fit accepter celle 
d’économie qu’on lui offrit à Marbourg.il se renditsur le champ 
en cette ville; mais la rigueur de la saison influa tellement sur 
sa constitution délicate et faible, qu’il mourut quelques jours 
après y être arrivé , le 25 novembre 1786. Doué d’un esprit fin 
et observateur, il rehaussait encore ces heureuses qualités na¬ 
turelles par une érudition profonde, qù’il savait toujours ap¬ 
pliquer à propos, mérite assez rare, surtout parmi ses compa¬ 
triotes. Ses ouvrages ont pour titres : 



LESS ?3 

Leipziger Magazin zur Naturkunde , Mathematik und OEkonomie .. 
Léipzick, 1781 - 1788, 7 -vol. in-8°. 

Publié de concert avec Funke et Hindenburg. 

Reise durch Sachsen, in Ruecksicht der Nalurgesehichte und OEko¬ 
nomie uniernommen und heschrieben. Léipzick, 1780, in-4°. 

Avec 39 planches. C’est un composé de 38 lettres. Le voyage de Leske 
fut commencé le 29 mai 1782. Cette relation est fort estimée , et ren¬ 
ferme une foule d’observations piquantes et neuves. 

On doit à Leske une édition du Traité'des oursins de Klein (1778, 
in-4°.), augmentée d’additions, qui ont été publiées à part sous ce titre : 

Àdditumenta ad J.-T. Klein naturalem dispositionem echinoderma- 
tum et lucubratiùnculam de aculeis echinorum marinorum. Léipzick, 
1778, in-4°. 

Avec 18 planches. 

Après la mo,rt de Reichel, en 1783, il surveilla la publication des 
Comment, de rebus in scientiâ naturali et medicinâ gestis , depuis la 
4 e partie du 24 e volume jusqu’à la troisième du 28’ en 1786. 11 a traduit 
en allemand les Elemens de minéralogie de Sage (Léipzick , 1770, in-8°.j, 
la Minéralogie de Wallerins ( Berlin , 1781, in-8°. ), l’Histoire naturelle 
de la Sardaigne par Cettt( Léipzick, 1783-1784,3 vol. in-8°.), etc. 

Il était collaborateur de ia Gazette générale de littérature d’Iéna. Son, 
riche cabinet a été décrit par deux Allemands , sous ces titres: 

Muséum Leskeanum. Pars entomologica , ad systema entomologiœ 
Cl. Fabricii ordinata, cura II Zsachii. Léipzick, 1788 , m-S°. 

Avec trois planches. Ce catalogue contient. 2778 espèces. 

Muséum Leskeanum , regiûim animale , cjuod nrdine systemalico dis¬ 
posait algue descripsit .D.-L.-G. Karsten. Vol. 1. Mammalia, ares,, 
amphibia, pisces. Cum IX icon. pictis. Léipzick, 1789, in-8°. vol. Il; 
pl. I et II. Regnum minérale. Ibid. eod. -Trad. en allemand , Léipzick , 
1789, 2 vol. in-8°. (a.m.-l. j. ) 

. LESLIE (Jean), membre de la Société royale d’Edimbourg, 
et professeur de mathématiques en celté ville, où il cultive en¬ 
core d’une manière distinguée la chimie, la physique et lés 
-mathématiques, est autour dë plusieurs découvertes dans ces 
diverses sciences. Nous citerons, entre autres, celle du thermo¬ 
mètre différentiel, à l’aide duquel il est parvenu à vérifier les 
expériences de îLumford sur la chaleur, sujet qu’il a traité dans 
un Ouvrage ayant pour titre : Experimental inquiries into the 
nature and propagation ofheat ( Londres, 1804, in-8°. ). Il est 
âuteur.d’un autre ouvrage sur la géométrie, l’analyse géomé- * 
friqueet la trigonométrie plane (Londres, 1809, iü-8°. et 1811.)" 
Outre ces ouvrages et plusieurs mémoires insérés dans les jour¬ 
naux scientifiques anglais, tels que celui de Nicholsou, et le 
Magasin philosophique de Tilloch, M. Leslie a encore écrit : 

Account of experiments and instruments depending on the relations, 
of air lo heat and moisture. Londres, i 8 i 3, iri-8 °. ( lefèvre ) 

LESS ER (Frédéric-Chrétien) , théologien allemand, qui 
était très-versé dans l’histoire et les antiquités de son pays,, 
mais qui est plus connu comme naturaliste , naquit le 29 mai 
1692, à Nordhausen, où son père était diacre. Dès son plus 
jeune âge, U montra un penchant décidé pour l’observation de- 



la nature, et destiné en conséquence à la médecine, quil alla 
étudier à Halle en 1712. A peine y était-il depuis quatre mois, 
qu’un incendie consuma la plus grande partie de sa ville natale, 
et ruina safamilie.Ce malheur l’accabla pendant quelque temps, 
mais les bontés du grand Hoffmann parvinrent à diminuer l’a¬ 
mertume de ses chagrins 5 cependant il fut obligé de se rendre 
à Leipzick, puis à Berlin, pour se procurer des moyens d’exis¬ 
tence. Plusieurs années s’étaient écoulées ainsi, au milieu,d’un 
genre dé vie_très-précaire,etilsedi'sposaitàvoyagerenFrance, 
lorsque son père, devenu goutteux, le rappela pour l’aider dans 
la prédication. Lesser obéit sur le champ, et en 1716, il fut 
nommé desservant d’une église. Connu bientôt par son savoir 
et son érudition, il devint en 1743 administrateur de l’hospice 
des orphelins. La mort termina sa carrière le ^septembre 1 754 - 
Nous avons dû glisser rapidement sur l’histoire de ce théologien 
célèbre, qui ne nous intéresse qu’à raison de ses travaux en his¬ 
toire naturelle, qu’il eut le mérite de faire tourner au profit de 
l’économie domestique, et dont il contribua beaucoup aussi à 
répandre le goût par ses savantes compilations. Parmi les nom¬ 
breux écrits qu’il a publiés, ,nous négligerons tous ceux qui 
n’ont point trait aux sciences naturelles. 


h durât aufmerksame Betrach 
-M lebendiger Erkenntniss unà 
Guete und Gerechligkeil des g 
ei Leipzick, 1738', in-8°. - 1 
>d. en français, avec des notes 
iialien , Venise , içSi, in-8°. 
ïtheologia , oder gruendlicher 
nsten Eigenschafien eûtes gottli 





LEST û 5 

und geistlicher Betrachlung der Schnecken und Muscheln. Léipzick, 
1774? in-8°. -Ibid. 1759, in-8°. - Ibid. 1770, in-8°. - Trad. eu français, 
avec des remarques de Lyonnet, Paris, 1748,10-8°. 

Nue h rie h ( lie ne Beschreibung des bey Straussberg im Sochwarzburgis- 
chen neu entdeckten Muschelmarmors. Nordhausen, 1782, in-4 0 . 

Versuch einer Heliotheologiae oder einer natuerlichen und geisllichen 
Betrachlung der Sonne. Nordhausen , 1753 , in-8°. 

Nachricht. von natuerlichen Merhvmrdigkeiten der fuerstl. Rudo- 
staedtischen Unterherrschaft Frankenhausen. Nordhausen , 1754, in-8°. 

LESSER (Jean-Théophile), frère du précédent, naquit à 
Nordhausen le 10 mars 1699, étudia la médecine à léna, la 
pratiqua ensuite pendant quelque temps à Hambourg, et alla 
enfin se faire recevoir docteur à Utrecht. Etant revenu ensuite 
h Hambourg, il obtint, en 1735, le titre de médecin du prince 
de Holstéin-Ploen. L’époque de sa mort ne nous est pas connue. 
Il a enrichi de quelques notes les observations de son frère 
sur la caverne de Baumann, inséré divers articles dans les 
Hamburg. gelehrte Berichte, et publié en outre': 

Dissertatio de peripneumoniâ. Utrecht, 1726, in-4°. 

Ohhmasgebliche Gedanken von der Hornviehseuche, welche Anno 1745 
und 1746 in Holslein und vielen andern Orteil Teutschlands grassiret. 
Ploeu, 1746, in-4°. (o.) 


LESTIBOUDOIS (Jean-Baptiste), né à Douai en iji5 , 
s’appliqua principalement à la botanique, qu’il cultiva avec 
succès. Nommé professeur de botanique à Lille en 1770, il est 
mort dans cette ville le 20 mars 1804. En 1789, il remplissait 
la place de pharmacien en chef de l’armée française, qui lui 
fournit l’occasion de décrire les plantes des pays de Brunswick 
et de Cologne. Ce fut lui qui, le premier, indiqua tous les 
avantages qu’on peut tirer de la pomme de terre, sur laquelle 
il avait donné un mémoire en 1737, pour la venger des atta¬ 
ques de l’ignorance, qui attribuait une épidémie à l’usage de 
ce précieux végétal. Il coopéra en 1772 à la nouvelle Pharma¬ 
copée de Lille, dont il fut même le principal, rédacteur, et 
composa, deux ans après, une carte de botanique dans laquelle 
le système sexuel de Linné se trouve combiné avec la méthode 
de Tourne'fort. Cette carte est accompagnée d’un abrégé élé¬ 
mentaire de botanique. Elle a été fort utile à Valmont de Bo- 
mare pour la partie physiologique de son maigre Dietionaire 
d’histoire naturelle. Lestiboudois laissa un fils, nommé Fran¬ 
çois-Joseph , qui fut comme lui médecin et professeur de bota¬ 
nique à Lille, et qui a terminé sa carrière en i8i5, après avoir 
publié les deux ouvrages suivans : 


Botanographe belgique. Lille, 1781, 1 vol. in-8°. - Ibid. 1796, 4 vol. 


Abrégé élémentaire de l'histoire naturelle des animaux. Lille, 1782, 
1-8°. to.Y 



aG LETT 

LETTSOM (Jean-Coakley) naquit vers dans u “ e 

petite île de l’Océan atlantique, où sa famille, originaire du 
comté de Chester, et qui avait embrassé les principes des qua¬ 
kers, s’était réfugiée au temps des guerres civiles. 

Dès l’âge de six ans, Letlsom fut envoyé en Angleterre t 
sous la surveillance, en quelque sorte paternelle, du célèbre 
médecin et philantrope Fothergill. L’éducation de Letlsom 
embrassa l’étude des belles-lettres, celle de la physique , de 
quelques branches d’histoire naturelle et des élémens de la 
médecine. L’usage était alors, en Angleterre, d’associer aux 
institutions théoriques une pratique plus ou moins étendue de 
l’art; ainsi, les jeunes gens les mieux élevés, qui se destinaient 
à exercer la médeciné, commençaient par passer deux ou trois, 
ans dans une pharmacie accréditée, où ils voyaient exécuter, 
d’après l’avis des plus habiles médecins, les prescriptions des¬ 
tinées à soulager ou à guérir les malades. La pratique des opé¬ 
rations les plus faciles et les plus communes de la chirurgie se 
trouvait aussi réunie à celle de la pharmacie. 

Avant d’avoir vingt-trois ans accomplis, Lettsom fut obligé 
de retourner aux Indes-Occidentales, pour y recueillir la suc¬ 
cession paternelle. 

Au. sein de l’Angleterre proprement dite, tous les sentiment 
privés repoussaient alors l’esclavage que son gouvernement 
autorisait sans pitié comme sans remords. Le jeune Lettsom , 
obéissant aux émotions de son cœur, donna la liberté à ses es¬ 
claves en mettant le pied sur ses habitations, et se condamna 
de la sorte à une honorable pauvreté. I! ne se réserva que les 
moyens de revenir en Europe pour y achever ses éLudes et dé¬ 
buter avec décence dans l’exercice .de la médecine. 

Lettsom, avant de venir se fixer à Londres, comme il l’avait 
projeté depuis long-temps, visita la France, la Hollande et 
l’Ecosse; il obtint, à Leyde, le titre de docteur en médecine. 

L’âge, les talens, la bienfaisance généralement reconnue de 
Fothergill, l’environnaient de considération et de respect; mais 
son jeune pupille, en entrant dans le monde,.avait besoin de 
courage pour braver lès ridicules que cherchaient à déverser 
sur sa secte et jusque sur son costume, et l’intolérance angli¬ 
cane et les préjugés non moins dédaigneux de la haute société. 
Aussi Lettsom choisit presque constamment sa clientelle, et fit 
un riche mariage, dans la classe commerciale et industrielle, qui 
offre tant de perfections morales et sociales. Une grande for¬ 
tune fut sa récompense, et il en fit toute sa vie le plus noble 
et le plus généreux usage. 

Le caractère de son esprit consistait dans une finesse natu¬ 
relle, exercée toujours sous le voile d’une grande simplicité. 
On ne peut dire que Lettsom fut versé d’une manière remae- 



LETT 27 

quable, ui dans la lecture des classiques, ni même nourri de 
celle des ouvrages des plus grands médecins; mais sa sagacité, 
une grande expérience, la connaissance du cœur des hommes 
et ses sentimens toujours bienveillans, faisaient qu’il était bien 
placé partout et dans toutes les circonstances, soit auprès des 
malades, soit dans les cercles médicaux ou dans le monde. 

Ce naturel si bon et si paisible ne fut pourtant pas à l’abri 
de quelques contrariétés, et même de controverses assez vives, 
dans lesquelles ses co-religionnaires furent les agresseurs. 11 
est vrai qu’il ne tenait aux quakers que parleur doctrine évan¬ 
gélique, et qu’il ne dissimulait pas ce que leurs pratiques 
avaient d’étrange à la fin du dix-huitième siècle. r - 

Lettsom s’occupa beaucoup d’histoire naturelle , et plus spé¬ 
cialement des végétaux, sous les points de vue variés de la 
culture,de l’acclimatement, de l’alimentation, et de la matière 
médicale. \ ■ 

Il eut pour amis presqu’inséparables , parmi ses con¬ 
frères, les docteurs Sims , Woodvitîey Meyer, Hamilton, 
Norris,. et quelques autres. II les réunissait souvent avec sa 
nombreuse et intéressante famille , dans une délicieuse maison 
de campagne qu’il avait à Camberwcli, à quelques milles de 
Londres. 

Lettsom, mort en iBi5, a publié les écrits suivans : 

Observat.inn.es ad kistorlam thcce pertinentes. Leyde, 1769, in-4°. 

Thèse pour la réception au doctorat en médecine, 

The naturel history of t/ie thea-trec ; and effects of thea-drinhing. 
Londres, 1772, in-4». - Ibid. 1784, in-ij». - Ibid. 1800., in-4®. -Trad. en 
français, Paris ,1778, in-12. - en allemand, Nüremberg , 1802, in-8°. 

The naturalises and. traveller’s compüniim ; containing instructions 
for collecting and preserving objects of tialural history. Londres, 1772 , 
1774 et i8oo, in-8° -Trad. en français par le marquis de Lezaÿ-Marnesia, 
. Amsterdam ('Pàris)”,?iÿ75‘,oib-i2. 

• Réfections on the général treatement and cure of fevérs. Londres, 

'^Medical memoirs of the general dispensary in London. Londres, 
1774 , in-8°. -Trad. en français d’après une seconde édition , Paris, 1787, 

Itnprirvement of medecine in London, on the basis of public good. 
Londres, 1778, in-8°. 

Observations preparatory to the use of D. MayerbacKs médecines. 
Londres, IÜ776.'. 

Il y a eu deux éditions de ce pamphlet destiné à mettre le public en 
garde contre un remède dangereux. 

History of the origin of medicine ; an oràtion delivered àt the anni- 
versroy meeting of the medical society of London , january i'oj, 1778; 
10 which are sînce added various historical illustrations. Londres, 
1778, in-8». , 

L’auteur remonte, dans cet essai historique, aux temps qui ont pré¬ 
cédé la guerre de Troye. Cette production , d’ailleurs ingénieuse, ne 
peut offrir rien de positif, et il aurait fallu en conséquence lui donner 





LETT 

; proposedfor eslablishing a dispemary and 
ilce medicamentorum. Londres, 1779,-in-8°. 
arker, Bnt. F. R. S. and George Stacpoole, 
oculalion. Londres, 1779, in-8°. 
imsdalê's remarks on Dr. Leltsom’s letler 10 
orge Stacpoole, esq. réspectirig general ino- 
1-8°. 

isdale's Review ofDr. Leltsom’s observations 
spécting a letter upon general inoculation. 

"ior paris of norlh America, in the years 


o ns on the cowpox. Londres, 1S01, in-8°. 
g y for differing in opinion from the author’s of the 






LEUT 2g 

Lettsom entretenait une correspondance très étendue en Europe et en 
Amérique ; il prenait beaucoup de part aux recherches dans l’intérieur 
de l’Afrique, ainsi qu’à l’amélioration des établissemens des Européens 
dans l’Asie et au bonheur des indigènes. Il appartenait à un grand 
nombre de corporations savantes nationales et étrangères, ainsi qu’à 
presque toutes les institutions philantropiques. 

Maurice, ScoLt et Boswcll ont célébré Lettsom dans des vers estimés 
de leurs compatriotes, et qui conserveront avec le souvenir de son nom 
celui de ses vertus. (a. desgenettes) 


LEUNE ( Jean-Chap.i.es-Fbédéric) , né à Schladebach, près 
de Mersebourg , en 1757 , reçu docteur eu médecine à Lcipzick 
en 1797, a enrichi la littérature médicale allemande d’un grand 
nombre de traductions d’ouvrages français, anglais et italiens. 
Nous citerons, en outre, de lui : 


Gesundheilsalmanach, zum Gebrauclifier die aufgeklaerte Staende 
Teutschlands , uufdasJahr 1794. Léipzick, 179S , in-8". 

Dissertationes II de corports humani excrelionilus naturalibus. Léip- 
ziclc, 1797, in-4°. ... ' 


Neues Répertoriant chirurgischer und medieinischer Abhandlungcn. 
Léipzick, iSor, in-8°. 

EntwicMelungdev Gallisclien Théorie ueberdas Gehirn. Léipzick, i8o3, 


Realbibliothek der Heilhmst. 3 Léipzick, i8o3, in-8°. 

Publié en commun avec G .-F. Burdach. {s.) 


LEUTHNER ( Jean-Népomucène-Antoinede ), né le îo no¬ 
vembre 1740 k Weslerheim, bourgade de la Souabe, voisine de 
Wiesensleig, fit ses humanités à Elwangen, dans le collège des 
jésuites, et s’appliqua ensuite k des études supérieures dans le 
lycée de Munich. Ayant résolu de suivre la carrière de Ja mé¬ 
decine, il se rendit en-1762 k l’Université d’Ingolsladt, où Je 
doctorat lui fut accordé au bout de deux années. Dès qu’il eut 
obtenu ce grade , il s’empressa de se rendre k Munich, où la 
protection du premier médecin de l’électeur lui fit accorder les 
secours nécessaires pour aller se perfectionner en suivantJes 
cours de la célèbre école de Strasbourg. A son retour, il obtint 
plusieurs places honorables et lucratives, et le prince, en ré¬ 
compense des services qu’il avait rendus dans plusieurs épidé¬ 
mies , lui accorda des lettres de noblesse. On a de lui : 


DUserlatio de acidulis Disertbacensibus in comitato JVarlenbergico. 
Ingolstadt, 1764, in-4°. 

AbliandLiingen und Beobaclitungen von der Ruhr unter dem Volke 
in der Grafschaft Haag. Munich, 1767, in-8°. • 

Staiera physico-chymico-medica , quâ veritates et monila practica 
D. Oswald examinant. Munich, 1768, in-8°. 

Supplementum et judicium et decisio litis medicœ inter Leuthner et 
Oswald. Munich, 1768, in-8°. 

Urlheil eines altglaubigcn Philosophen ueber die neumodischen Ge- 
danhen van der wunderbaren Heilungsan des Herrn Gassners.. Augs- 
bourg , 1775, in-8°. 



3o LEVA 

Beobachtungcn und general-sowohl als spécial-JCurméthode hitziger 
Ga.U-u.nd Faulfieber , ueber deren wesentlichen Charahler, verschiedenen 
Symptomen , zufaelligen Nebenerscheinungen , voll-oder unvollkommen 
kritischen Abfaelle, kraenkliche Versetzungen o der Métastasés in epi- 
demischenjakrgaengen. Nuremberg, 1776, in-8°. 

■Neue praktische Fersuche ueber die besondere Heilkràefte des Berg- 
pechoels in Bungengeschwueren. Augsbourg et Munich, 1777, in-8°. 

Praktische Heilungsuersuche der Milz-und Mutterduenste durch zer- 
schiedenen Gebrauch des gemeinen JFassers. Ulm , 1779 , in-8°. 

Praktische Pastoralarzneykunde Jiier Seelsorger zu Hulise, in der 
Kirche , bey Leichenbegaengnissen, bey Kranken und Sterbenden. Nu¬ 
remberg, 1781, in-8“. 

Diaetedsche Pastoralarzneikunde fuer Seelsorger bey ihren Standes- 
und Amtsvenichtungen. Nuremberg, 1782, in-8°. 

Physisch-chemische Untersuchung des all-beruehmten Gesundbrunncns 
und mineralischen Seifinbads zu Maria-Brunn. Munich, 1790 , in-8°. 

Physisch-praktische Beschreibung des aügemeinen und sonderheitli- 
chen Gebrauchs des allberiiehmten Gesundbrunnens und mineralischen 
Seifenbads zu Maria-Brunn. Munich, 1790, in-4°. (j.) 

LEVACHER (Gilles), ne le 29 mars 1693, au cbâleau de 
Chaleuses, en Bourbonnais, fit d’abord d’excellentes études 
classiques, et se rendît ensuite à Paris, où il obtint bientôt une 
place d’élève à la Charité. SI se fit remarquer par Duverney, 
La Peyronie et Morand, dont il devint le disciple et le gendre. 
Le duc de Lévis-ayant été nommé, en 1719, commandant dè 
la Franche-Comté, La Peyronnie lui présenta Levacher comme 
un chirurgien dans les talens et l’habileté duquel il pouvait 
avoir toute confiance. Fixé dès-lors à Besançon, ce praticien, 
cédant au vœu de l’université, y fit des cours publics d’anato¬ 
mie. En 1723 , la place de chirurgien-major de l’hôpital Saint- 
Jacques de Besauçon lui fut conférée. Alors la réputation de 
Levacher s’étendit rapidement, et franchit en peu d’années les 
limites de sa province. En 1740, le roi le nomma chirurgien 
consultant des armées ; i’Académie de .Besançon le compta au 
nombre de ses premiers membres ; enfin l’Académie des sciences 
et l’Académie royale de chirurgie se l’attachèrent en qualité 
de correspondant. Il entretenait des relations fréquentes avec 
Mauperluis, Réaumur, Clairaut, Winslow, Juilien, et avec les 
chirurgiens illustres que la France possédait alors. C’est au mi¬ 
lieu de ses nombreux succès, que Levacher mourut le 18 oc¬ 
tobre *760. 

Ce praticien laborieux se distingua spécialement dans l’exé¬ 
cution de l’opération de la taille par la méthode latéralisée , 
et Morand rendit plusieurs fois compte à l’Académie des heu¬ 
reux résultats qui couronnèrent ses efforts. 11 recueillit plu¬ 
sieurs observations intéressantes, parmi lesquelles on distingue 
l’histoire d’un corps étranger arrêté dans la trachée-artère , et 
qui détermina des accidens mortels; une plaie de la matrice 
ainsi que des abcès du cerveau survenus à la suite des plaies de 




LÈVE 3t 

tèle, fixèrent son attention , et lui fournirent le sujet de remar¬ 
ques utiles. Levacher s’était assuré, par des dissections atten¬ 
tives, que l’ossification du périoste concourt puissamment à la 
consolidation des fractures. Il décrivit avec exactitude trois 
fongus cérébraux qui avaient déjà considérablement aminci les os 
du crâne, et fit connaître l’observation intéressante d’une her¬ 
nie intestinale suivie de gangrène. Indépendamment de ces tra¬ 
vaux, qui sont consignés dans les fastes de l’Académie des 
sciences, et dans le recueil de l’Académie royale de chirurgie, 
Levacher a publié les ouvrages suivans i 

Observation de chirurgie sur une espèce cfempyème au bas-ventre, 
Paris, 1737 , in-12. 

Dissertation sur le cancer des mamelles. Besançon , 1740, in-12. 

Dans cet ouvrage, Levacher établit qne l’extirpation est le seul moyen 
curatif efficace que l’on puisse opposer aux affections cancéreuses. Il con¬ 
seille l’extirpation des tumeurs, lors même qu’elles sont peu volumi¬ 
neuses, roulantes sous le doigt et non accompagnées de douleurs. Dans 
les cancers ulcérés, il veut que l’on emporte toute la peau qui recouvre 
l’engorgement, parce que, suivant lui, cette membrane conserve souvent 
le germe de la maladie, et contribue à sa reproduction. 

Histoire defrère Jacques, lithotomisle de la Franche-Comté. Paris, 
»75o, in-12. - (l.-*. eégin) 

LÉVEILLE ( Jean-Baptiste-François} naquit, le.25 août 
1769, à Ourouër, petite commune du Nivernais. Ses parens, 
qui faisaient un grand commerce de fer, donnèrent beaucoup 
de soin à son éducation : il fit ses humanités, avec distinction, 
à Nevers, et sa philosophie à Paris. En octobre 1790, M. Lé- 
veillé se fixa dans cette capitale, afin de se livrer à l’étude de 
la médecine. Deux ans après, la réquisition l’ayant frappé, ii 
se rendit à l’armée du Rhin, d’où il ne revint que l’année sui¬ 
vante reprendre ses premières occupations. Disciple de Desault, 
et honoré de sa bienveillance, il resta’à l’Hôtel-Dieu jusqu’en 
1799. Ayant alors acquis le droit d’exercer sa profession, il 
sollicita et obtint le grade de chirurgien de première classe à 
l’armée d’Italie, et après une campagne, durant laquelle il fut 
presque toujours aux avant-postes, le service sédentaire de 
l’hôpital de Pavie lui fut confié. C’est alors que, se livrant de 
nouveau à l’e'tude, il se concilia l’estime des professeurs les 
plus célèbres de l’Université de cette ville. Il se lia surtout 
d’intimité avec l’illustre professeur Scarpa, dont il a fait con¬ 
naître une partie des intéressantes recherches, et en particu¬ 
lier celles qui sont relatives aux maladies des yeux. De retour 
de l’armée en 1801, M. Réveillé a quitté le service de la chirurgie 
militaire, et s’est livré spécialement à l’étude et à la pratique 
de la médecine. Il est médecin des prisons du département de 
la Seine ; l’administration des hôpitaux et hospices civils de 
Paris lui a confié depuis plusieurs années une partie du ser- 



vice de la maison royale de santé. Ce médecin laborieux est 
membre des principales sociétés savantes de la France, et, eu 
dernier lieu, il a été appelé à l’Académie royale de médecine, 
lors de la création de cette compagnie. M. Léveillé s’est ins¬ 
crit depuis long-temps parmi les médecins littérateurs les plus 
distingués de notre époque. Indépendamment de plusieurs mé¬ 
moires intéressans, insérés, soit dans le Journal général de mé¬ 
decine, soit dans le Recueil de la Société médicale d’émula¬ 
tion, et dont les principaux sont relatifs à l’opération de la 
cataracte par abaissement, aux caries et aux maladies du bout 
des os après les amputations, ce praticien a composé les ou- 

Exposition d’un système plus simple de médecine , ou Eclaircissement 
et confirmation de la nouvelle doctrine médicale de Brown; traduite 
d'après Védition italienne et des notes du professeur J. Frank. Paris, 
1798, in-S°. 

Dissertation physiologique sur la nutrition du fœtus dans 'les mammi- 


ladies qui affectent ces organes; traduit de hti 
)2, 2 vol. in-8°. - Ibid. 1811, 2 vol. in-8°. 
es de physiologie et de chirurgie pratique. Pa 
it contient deux articles de M. Léveillé, l’un 
en avant, et l’autre sur les nécroses ; il rei 
traduits de Scarpa, sur la structure interni 

élémentaire d’anatomie et de physiologie. P 


myologie. On regrette que l’auteur n’ait pu commuer ce travail important. 

Nouvelle doctrine chirurgicale , ou Traité complet de pathologie. Paris, 
1811-1812, 4 vol. in-8°. 

M. Leveillé a consigné dans cet écrit, qui a obtenu les suffrages des 
maîtres de l’art et des praticiens éclairés, le résultat de vingt années 
d’études, de recherches et de pratique en chirurgie. 

Commentaires sur les Aphorismes d’Hippocrate. Paris, in-8°. 

(l.-j. bégin) 

LEVELING ( Henri-Palmaz de), né à Trêves le 28 sep¬ 
tembre 17^2 t étudia la médecine et prit le grade de docteur à 
Strasbourg; après avoir< exercé son art en différentes contrées 
de l’Allemagne, il mourut le 9 juillet 1798, à Ingolstadt, où il 
était professeur ordinaire d’anatomie et de chirurgie. On a 
de lui : 

Disserlatio : homo ut sanus in physiologiâ consideratus. Trêves, 1761, 

Dissertatio : homo ut cegrolus inpathologiâ consideratus. Trêves, 1762, 




U cher eine merkwuerdige Ersetzung mehrerer sowohl zur Sprache 
als zum Schlucken nothwendiger aber zerstoehrter fVerkzeuge. Heidel¬ 
berg, 1793, in-8 0 . (o.) 

LEVISON (Geobges) , mort le 10 février 1797 à Hambourg, 
où il exerçait la profession de médecin, était né à Berlin ; il 
avait rempli pendant quelque temps une place de professeur à 
Londres. Plusieurs ouvrages, dont voici les titres, sont sortis 
de sa plume. 

Beschreibung der Londonschen medicinischenPraxis. Berlin etStettin, 








34 LE VR 

Yersuch ueher das Blut. Berlin, 1782 , in-S”. 

Beschreibung (1er epidemischen Bracune , nebst ihrer Entstehungsurl 
•durck Beo&achtungen erlaeutert. Berlin , 1783 , in-8 0 . 

J Oie Acrzte : ein JYoçhenblatt. Laubeck , 1785, in-8°. 

Teutsclie Gedundheitszeibmg. Hambourg, 1786, in-8°. 

Dec Mensch, moralisch utul pkysisch dargeslellt. Bronswick, 1797 , 
40-8°. (o.) 

LEYRET (André) naquit à Paris, en i>jo 3. Après s’être 
livre à l’élude de toutes les parties de la chirurgie , il se con-- 
sacra spécialement à l’exercice de cette partie de l’art qui est 
relative.aux maladies des femmes et aux accouchemens. Sa ré¬ 
putation de prudence et d’habileté fit bientôt d’immenses pro¬ 
grès, et il fut nommé accoucheur de madame la dauphine, 
mère de Louis xvi. A la création de l’Académie royale de chi r 
rurgie, il se trouva'porté, comme membre titulaire) dans le 
sein de cette illustre compagnie, aux succès de laquelle il con¬ 
tribua par son zèle et par les travaux dont il lui fit hommage. 
Ce praticien mourut à Paris, le 22 janvier 1780. 

Levret est un des chirurgiens les plus célèbres dont la France 
s’honore. Il peut être opposé avec avantage à tous les accou¬ 
cheurs qui l’ont précédé, et ses. écrits sont demeurés classi¬ 
ques, non-seulement dans sa patrie, mais encore chez les na¬ 
tions étrangères, jusqu’aux temps les plus rapprochés de nous. 
Maintenant'même que des traités plus méthodiques et plus 
complets ont été composés sur l’art des accouchemens, les ou¬ 
vrages et les observations de Levret sont consultés et médités 
par tous les praticiens instruits. 11 avait proposé, pour la res¬ 
cision de la luette, des ciseaux à tranchans concaves, à l’ex¬ 
trémité desquels M. Percy conseilla, d’a jouter, sur l’une des 
branches, une languette transversale destinée à mieux retenir 
encore cct appendice, qui tend à glisser, et à fuir devant les 
tranchans de l’instrument. Le traitement des polypes des fosses 
nasales et de l’utérus avait été déjà l’objet d’un grand nom¬ 
bre de recherches, lorsque Levret, après avoir décrit avec 
exactitude ces excroissances, et noté les différences que l’on 
observe entre elles, proposa, pour leur ligature, un procédé 
èt des instrumens qui servirent de modèles à tout ce que l’on 
a fait depuis pour exécuter cette opération. Le forceps, qui a 
excité l’attention d’un si grand nombre d’accoucheurs, ne pou¬ 
vait échapper à l’oeil attentif de Levret. Ce praticien ne se borna 
pas à de stériles modifications sur les dimensions de cet instru¬ 
ment : ses corrections porLent l’empreinte du génie, etelles ontété. 
adoptées par tous les accoucheurs habiles. II.y ajouta en effet 
une seconde courbure dans le sens des bords de l’instrumentj 
courbure qui, permettant d’adapter la direction des cuillers à 
celle de l’axe de chaque détroit du bassin, rend leur action plus 
*ùre, plus facile, et prévient la distension ou même le déchi- 



35 


LEVR 

renient de la fourchette, que l’on produisait fréquemment avec 
le forceps droit, surtout lorsqu’on le portait un peu haut dans 
la cavité pelvienne. Il perfectionna tout ce qui’ est relatif à la 
manœuvre de cet instrument, et démontra que toujours les 
cuillers doivent être appliqués sur les côtés de la tête du fœtus, 
dans la direction du diamètre occipito-mentônnier. Ce forceps 
de Levret est encore celui dont oii fait généralement usage-, 
excepté que sa longueur a été augmentée, et que l’on a sup¬ 
primé la vive-arête qui entourait, en dedans, le rebord de 
ses cuillfers. Levret fut le premier, en France, qui fixa l’at¬ 
tention des praticiens sur l’implantation du placenta à l’orifice 
de l’utérus; il fit connaître la théorie des hémorragies pro¬ 
duites par cette cause, et démontra qu’aîors la méthode de 
Pùzos est souvent insuffisante. Si ses recherches à ce sujet lais¬ 
sent encore quelque chose à désirer, il approcha du moins 
beaucoup de la vérité, et prépara la voie à ceux qui, plus 
tard, la mirent dans tout-son jour. Ses réflexions.plus que ses 
lectures l’avaient conduit a faire usage d’injections irritantes 
pour obtenir la guérison de l’hydrocèle de la tunique vaginale. 
Jl indiqua rapidement, mais avec exactitude, les circonstances 
diverses qui favorisent ou qui entravent la délivrance, et les 
procédés opératoires dont il faut faire alors: usage. Tout le 
monde connaît la pince à faux germe qu’il avait imaginée pour 
retirer l’œuf ou l’arrière-faix de la matrice ou de son col, chez 
les femmes qui avortent pendant les premiers mois de la gros¬ 
sesse. Tels sont quelques-uns dès services les plus importans 
que Levret a. rendus à la chirurgie. Ce praticien était très-versé 
dans la connaissance de ce qui avait été fait avant lui ; ses ou¬ 
vrages, écrits avec une grande simplicité, portent l’empreinte 
d’un esprit exact, d’un observateur attentif, dépouillé de pré¬ 
vention. et d’un jugement droit, qui subordonne toujours la 
théorie aux faits bien observés. 

Malgré les travaux d’une pratique fort étendue, Levret a 
laissé un assez grand nombre d’ouvrages. On a de lui : 

Observations sur les causes et les accidens de plusieurs accouchemens 
laborieux. Paris, 1747 , in-8°. 

Suite des observations sur tes causes et les àccidens de plusieurs accou¬ 
chemens laborieux. Paris, ij5i, in-8°. 

Ces deux ouvrages ont été réimprimés et réunis en 1762 , in-8°. et 
1770, în-8°. Quels sont les moyens d’extraire la tête séparée du tronc et 
reLenue dans la matrice ? Que doit-on faire lorsque, le corps étant sorti 
en grande partie , la tête est retenue au passage ? Telles sont les deux 
principales questions qui sont approfondies dans cet, écrit. L'auteur y 
traite ensuite de l’insertion du placenta au col de l’utérus et de l’encla¬ 
vement de la tête. La suite de ces observations est spécjalement consacrée 
à répondre à la critique que l’on avait faite de l’ouvrage de Levret dans 
le Journal des savans, en 1749- 



Dons sur la hernie de la vessie, sur un accouchement difficile à cause 
de la dureté de l'orifice de la matrice , et, sur la cure de l'hydrocèle par 
la méthode de l’injection. Il a fait encore insérer dans le recueil de cette 
Société deux mémoires : l’un sur la méthode dé délivrer les femmes après 
Vaccouchement, et sur lès différentes précautions qu'exige celle opération 
suivant les circonstances ; l’antre sur les polypes de la matrice et du 
vagin. ( xi.-i. bégin ) 

L’HÉRITIER DE BRU T ELLE (Charles-Louis) , botaniste 


savant et célèbre, naquit à Paris, en f]^ 6 . Comme il apparte¬ 
nait à une famille assez riche, il acheta une charge de secré¬ 
taire, et,' en 1772, il fut reçu procureur du roi à la maîtrise 
des eaux et forêts de la généralité de Paris. Le hasard lui ayant 
inspiré le goût de la botanique, il ne tarda pas à se lier avec 
les naturalistes les plus célèbres, et, en peu de temps, à force 
de travail, il devint un excellent nomenclateur. Son entrée à la 
cour des aides, en 1775, lui donna des rapports avec Males- 
lierbes, qui accrurent encore sa passion pour l’histoire naturelle. 
Il publia même, sur les plantes dont il avait fait une étude par¬ 
ticulière, quelques essais , auxquels le public fit un accueil qui 
lui inspira le désir d’attacher son nom à des productions plus 
considérables. S’étant offert pour rédiger la partie botanique 
des observations recueillies par Dornbey au Pérou et au Chili, 
il se rendit à Londres, où il passa quinze mois dans la retraite, 
uniquement occupé de ce grand travail. Lorsqu’il revint en 
France , la révolution avait éclaté. Au mois d’octobre 1789, il 
était l’un des commandans de la garde nationale de Paris, poste 
dans lequel il eut occasion de se distinguer par quelques traits 
qui font honneur à son humanité. La diminution de sa fortune 
l’ayant mis dans la nécessité d’accepter les places que le gou¬ 
vernement lui offrit, il fut successivement employé au minis¬ 
tère de la justice , et juge au tribunal civil de Paris. Un hor¬ 
rible assassinat, dont les auteurs sont restés couverts d’un voile 
impénétrable, mit fin à sa vie, le x6 avril 1800. Ses ouvrages 




LIB A 3 7 

de botanique, dit M. Cuvier, sont estimés de toute l’Europe 
pour l’exactitude des descriptions, la minutieuse recherche des 
caractères, la grandeur et le fini des planches. Ses plus impor¬ 
tai sont : 

Stirpes novæ aut minàs cognitœ, descriptionilus illustrâtes . Paris, 

1784-1785, in-fol. 

Cornus, specimen botanicum sistens descriptiones et icônes specierum 
corni minùs cognilarum. Paris, 1788, in-fol. 

Avec six planches. 

Serlum anslicum , ssuplantes rariores quœ in hbrtis juxtà Londiiuim 
imprimis in horto regio kewensi excolunlur. Paris, 1788, in-foL 

Avec trente-quatre planches. (o.) 

LIBAVIUS (Audbé), célèbre chimiste allemand, naquit à 
Halle, dans la Saxe , on ignore en quelle année. Nommé en 
ï588 professeur d’histoire et de poésie à Iéna, il ne resta pas 
long-temps dans cette ville, qu’il quitta en i 5 qi pour aller 
remplir les fonctions de gymnasiarque et de médecin pensionné 
à Rotenbourg. En 1606, il obtint la place de directeur du 
gymnase de Cobourg, qu’il conserva jusqu’à sa mort, arrivée 
en 1616. Egalement éloigné de l’ignorance grossière des para- 
celsistes et de la ridicule suffisance des gale'nistes, qui, sem¬ 
blables à tant de gens qu’on voit de nos jours, se bornaient à 
nier les faits nouveaux que leurs adversaires alléguaient, sans 
prendre la peine de les examiner sérieusement et de sang-froid, 
Libavius rendit de grands services à la chimie, en mettant une 
égale ardeur à proclamer les avantages qu’elle procure, quand 
on sait l’appliquer à propos, et à combattre l’abus que des 
gens avides ou ignorans commençaient dès-lors à en faire, ainsi 
qu’on peut s’en convaincre par les disputes violentes qu’il eut 
à soutenir contre Amwald, Gramann, Michelius, Scheune- 
mann, Crell et Hartmann. S’il croyait à la transmutabilité des 
métaux, s’il soutenait avec véhémence cette doctrine absurde, 
s’il avait foi aux prétendues vertus médicamenteuses de l’or, 
potable, il eut du moins le mérite de renoncer au langage 
obscur et mystique des adeptes, celui surtout de publier le 
premier manuel de chimie générale qui eût encore paru, et 
d’offrir à ses contemporains un livre sans comparaison plus, 
régulier, plus clair et plus utile qu’aucun de ceux qui avaient- 
vu le jour jusqu’alors, un livre où ils trouvaient pour la pre¬ 
mière fois une idée de l’application de la chimie aux arts, idée 
qui devait donner de si beaux résultats. Quoiqu’il ait emprunté; 
presque tous ses matériaux k ceux qui avaient écrit avant lui, 
cependant il n’a pas laissé que de recueillir lui-même un cer¬ 
tain nombre de faits nouveaux, parmi lesquels nous citerons 
seulement la propriété qu’a l’oxide d’or de colorer le verre en, 
rouge, et la découverte du chlorure d’étain, êonau pendant si 



38 LIEA 

long-temps sous le nom de liqueur fumante de Libavius. D’ail¬ 
leurs, on ne peut douter qu’il n’ait connu la transfusion du 
sang,et qu’il né l’ait regardée comme un moyen de guérison ou 
de rajeunissement. Elle est décrite avec toute la clarté dési¬ 
rable, dans le passage suivant de son Appendice necessaria 
syn.tagnic.tis arcanorum chymicorum (Effort, 1.615, in-fol.) 
Adsit juvenis robustus , sanus , sanguine spirituoso plenus ; ad- 
sit et exhaustus viribus, tenais, macilentus, vix animum 
tràhens. Magister arlis habeat tubulos argenteos inter se con¬ 
gruentes ; aperiat arteriam robusti et lubulum insérât muniatque; 
mox et œgroti arteriam findat, et tubulunlfœmineum infigat:, et 
jam duos tubulos sibi mutuo applicet, et ex sano sanguis arte- 
rialis calidus et spiriluosus saliet, in œgrolum, unamque vitœ 
fontem afferret, omnemquelangorempellet. On prétend que ce 
..fut la fable du rajeunissement d’Eson qui lui en suggéra l’idée. 
Ses nombreux ouvrages ont pour .titres : 

Epistola de examine panaceœ Amwaldinœ , ut quisque jadîeare possit „ 
quâ artc Amwaldus usus sit. Francfort, j5gf, in-8°. 

Neo paracelsica , in. quibus vêtus rpedicina definditur adverses aspi- 
nnrpuma. tum G. Amwaid, eu jus liber deipanaceâ exçulilur, tum J. Gra- 
manni, servatd verâverœ ehimice laude. Francfort , l5g j, m-8°. 

Anatome tractatus neoparacelsici de pharmaco cathartico, sciiptî 
adverses Galenicos veteris verœaue médicinal professores. Francfort, 
15,94, in-8°. 

Tractatus duo physici, prior de imposturâ vulnerum per-unguentum 
armarium curatione, postèrior de cruentatione codavérum injustei code 
factorum, prœsenle qui occidisse creditur. Francfort, x5g4, in-8°. 

Antigramania secunda supplemcnto absurditanim et canviliorum in 
Gâter,i artem et professores ejus à J. Grumanno ejjfusorum opposita, 
Francfort, i5q5, in-8°. ' 

. Gegënbèrichi von. der Panacea Arnwaldina auf G. AmwalcTs aitsge- 
gangenen Bericht gestellt, samt einèr Widerant wortung auf die zwey 
Bogen, in.-welclien ersich z_u defendiren vevmeint. Francfort, i5g5, in-4°. 

Rerum chymicarum epistolicaforma ad philosophos et mediços scrip- 
tarum. Francfort , lib. I et. If, 15g5; III, i5gg, iri-8°. 

Alchymia e dispersis passim opiimorum auctorum, veterum et recen- 
tiorum exemplis potissimurn , tùih éliam prœceplis quibusdam operosè 
collecta, adhibjtisque ratione et experientiâ quanta potuit esse methodà 
qccurate explicata , etin integrumcçrpus redacta. Francfort, iég5, in-fol. 

Panacea ylmwaldina vicia et prostrata, oder wiederholler Gegen- 
berickl von der uebenvundenen panacea Arnwaldina , G. Amwaid ’< 
davon ausgégangenem dreifacherte Bericht tind angeheftetën Pasquille 
enlgegengesetzl. Francfort, j5.g6, in-4°: 

Schediasmatapro Galenicœ niedicinre dignitate. Francfort, 1696, in-8°. 

Schediqsmata medica et philosophica. Francfort, i5g6 , in-8°. 

Comme nialioiium melallicarùm libri IP, de. naturâ metallorum, mer- 
curio philosophorum, azotho et lapide seu tinciurâ physicôrum r.onfi- 
ciendâ, è rerum .naturâ, experientiâ.et autorum prœstantum fide, Franc¬ 
fort , 1597 , in-4 0 . 

Alchymia recognita , emendata et aucta, tum dogmatibus et experts 
mentis nonrtullis, tum commentario mèdico-physîco-chymico. Francfort r 
1597, in-4 0 . - Ibid. 1606, in-fol. - Ibid. i6i 5, in-fol. 

Epitome melaUica cum vàriis. tractaiibus nempe de arle probandi mi- 




4o LICE 

jusqu’à l’époque où il put suivre les cours de philosophie et dé 
médecine à Bologne. Il avait déjà passé quatre années dans 
cette Université, lorsqu’apprenant que son père venait de tom¬ 
ber malade, il s’empressa de revenir à Gênes en i5g’g; mais il 
eut le chagrin de n’y arriver qu’après l'enterrement de l’auteur 
de ses jours. L’année suivante, il se fit recevoir docteur, et alla 
prendre possession, à Pise, d’une chaire de logique qu’il oc¬ 
cupa pendant cinq ans, au bout desquels on le chargea d’expli¬ 
quer la philosophie d’Aristote. En 160g, il fut nommé profes¬ 
seur de philosophie à Padoue, où sa réputation attira un grand 
nombre d’élèves; mais ayant échoué deux fois dans la demande 
qu’il avait faite de la place de premier professeur, il en conçut 
tant de dépit qu’il accepta une chaire à Bologne. Cependant 
l’Université de Padoue, qui le regrettait vivement, finit par le 
ramener dans son sein, en lui offrant la place de premier pro¬ 
fesseur de médecine théorique, dont il prit possession en i645, 
et qu’il conserva jusqu’à sa mort,arrivée le 17 mai 1607. Liceti, 
malgré la réputation colossale dont il a joui, n’avait presque 
d’autre mérite que celui d’une érudition immense, mais qu’un 
goût fin et un tact délicat n’éclairàient ën aucune occasion. Son 
attachement aveugle aux opinions d’Aristote, qu’il vénérait 
presque à l’égal d’un dieu, l’empêcha de faire faire aucun pro¬ 
grès à la philosophie. Quant à la médecine, il n’a pas su s’y 
élever au-dessus des écrivains les plus médiocres, et presque 
partout il témoigne tant de crédulité pour les choses les moins 
probables, qu’on doit se défier de ce qu’il dit, même à l’égard 
des faits les plus simples. Il eut à soutenir beaucoup de dis¬ 
putes contre ses contemporains, et au défaut de raisons, il ne 
balançait pas à prodiguer l’injure. Ses nombreux écrits, dont 
nous allons indiquer les principaux , sont la plupart justement 
oubliés aujourd’hui : on n’y reconnaît en effet plus, lorsqu’on 
les lit, le grand homme que désignent les éloges qui lui sont 
prodigués par les historiens : 

De ortu animce humance libritres, Gênes, 1602, in-4». -Venise, i6o3, 
in-4°.-Francfort, 1606, in-8». - Genève, 1619, in-4°. 

De lucernis anticorum reconditis. Gênes, 1602, in-4 0 .-Venise, 1621, 
in-4». - Udine, i652 , in-fol. - Padoue, 1662 , in-4». 






mum et aliarum disciplinàrum arcana postulantium. Udine, 1646, in-4°. 

Recueil de seize lettres. 

De motu sanguinis, origine nervorum, cerebro leniente cordis œstum, 
imaginationis viribus , quarlo-quœsitis per epislolas clarorum■ viràrum 
responsa. Udine, i647> -in-4°. 

Recueil de trois lettres. 

De provideniiâ , nimbiferi grypho , terne motu , aliïsque pluribus ad- 
mirandis et arduis quinlo-qucesitis per epistolas à Claris viris responsa. 
Udine, 1648, in-4 0 . 

De sexto-quœsitis , resurrectione multiplici , œnigmate mirabili , mor- 
borum enormi catastrophe , diaria phlebotomiam renuente , muliebri com- 
plexione calidiore virili, responsa. Udine, 1648, in-4°- 

De seplimo - quœsitis , creatione fiiii dei ad inlra theologicè denuo 
controverse numinis cfficienliâ , sive concursu dei cum causis secundis ad 
effeclus producendos et pravos speciatim ...., responsa. Udine, i65o, in-4°. 

Celte collection de sept /volumes des lettres de Liceti est assez cu¬ 
rieuse et fort rare. 

Litheosphorus , sive de lapide Bononiensi, lucem in se conceptam ab 
ambiante claro mox in lenebris conservante liber. Udine, 1640, in-4°. 

De luminis naturâ et ejfficienlid, libri très. Udine, i 6 4 ô, in-4°- 

De terra unico centra mollis singularum cœli particularum disputa - 
tiones. Udine, 1640, in-4 0 . 

De cent.ro et circumferenfid , libri duo. Udine, 1640, in-4°. 

De regulari motu , rrdnimâque parallaxi cometarum ccelestium. Udine, 

1640, in-4°. 

De lunce subobscùrâ luce prope cüniunctiones et in deliqùiis observa- 
tiones. Udine, 1640, in-4 

De lucidis in sublimi , liber unus. Padoue, 1641, în-4°. 

De naturâ et arle libri duo. Udine, 1641', in-4°. 

De pietate Ârislotelis ergo deum et hermines, libri duo. Udine, i 645 , 

De annulis antiquis liber singularis. Udine, 164», in-4 0 .' ’ 

Ouvrage rare et plein d’érudition. 

Hieroglijica, sive antique schemmata gemmarum annulqrium diligenter 
explicata. Padoue, i653, in fol. 

Encyclopœdia ad syringem Theocrili. Udine , i555, in-4°. 

Hrdroloeia peripaietica, de maris trœnqmllilate, deque fluminum ortu 
et montibus. Udine , i655, in-4°. 

Encyclopœdia ad alalas amoris divini. Padoue , 1640, in-4 0 . 

LICETI (Joseph), habile médecin de ïtecco, dans l’état de 
Gênes, exerça d’abord son art dans cette ville, et finit par s’y 
établir définitivement après avoir pratiqué pendant quelque' 



LICIÎ 43 

temps a Rapallo. Il mourut en -iSgg, laissant les (leux ouvrages 
suivans, qui a’auraient pas suffi pour soustraire son nom a 
l’oubli, s’il n’avait donné naissance au célèbre Fortuné Liceti. 

La nobilitè de' principali membri delV uomo. Bologne, 1590, in-8°. 

Il ceva, avvero deW eccellenza ed uso de 1 genitali. Bologne, i598,in-8°. 

Ce sont des dialogues. (ï.j 

LIDDEL (Diincan) , d’Aberden, en Ecosse, fit ses études 
médicales à Francfort sur l’Oder et à Roslock.En 1587, il ob¬ 
tint une chaire d’astronomie à l’Université de Helmslaedt, où , 
neuf ans après, on lui confia l’enseignement de la médeciue.Cetie 
place, à laquelle il joignait celle de médecin du duc de Bruns¬ 
wick, ne put cependant pas le décider à se fixer en Allemagne, 
car l’amour de la patrie la lui fit abandonner, et en 1607, il 
retourna dans son pays natal. On a de lui quelques ouvrages, 
qui ne sont en grande partie que des compilations informes : 

De facultale végétante «jusque fiCnctiordbus. Helmslaedt, i5ga, in-4°. 

IIni vers œ médianes compendium. Helmslaedt, i6o5, in-4°. - Ibid. 

Ars médiat succincte et perspicuè bxplicata. Hambourg , 1S07 , in-8°. 
- Lyon, (624 , in-3".- Hambourg, 1628, in-8°. - Ibid. *65(5, in-8°. 

De J'ebribus libri 1res. Hambourg, 1610, in-8°. 

Louis Serranus a réuni ses écrits sous le titre de : 

Operùm iatrb-gulemcorum , ex intimis artis medicœ adylis et penetra- 
libus erutorum, tomus unicus. Lyon , 1624, in-4°. (o.) 

LICHTENSTEIN (Georges-Rodolphe) , né à Bronswick, 
en 1745, étudia J’art de guérir à l’Universitc de Helmslaedt, 
qui, après lui avoir conféré le grade d : e docteur, lui confia Une 
chaire extraordinaire. Sa mort eut lieu le 28 mai 1807. Trois 
ans auparavant il avait obtenu le titre de conseiller du duc de 
Bronswick; livré principalement à l’étüde de la chimie, il a 
inséré dans les Annales de Creii quelques mémoires sur la pré¬ 
paration de l’eau-de-vie de grain, l’éther nitrique, etc. On a 
aussi de lui plusieurs ouvrages publiés à part sous les titrés 
suivans : 

Dissertatio de dispositione salium imprimés simplicium atque mixtev- 
rum. Helmslaedt, 1769, in-4°. 

Abhandlung vom Milchzucker utidden verschiedenen Artendesselben. 
Bronswick, 1772 , in-8°. 

Zweifel und. Bedenklichkeiten hep der wichtigen Frage von derjrepen 
Ausjulir des Gclraides. Bronswick , 1772, in-8°. 

Dubia circà chenues in virtulilms medicamèntorùm entendis prœstan- 
tium. Helmslaedt, 1773, in-4°. 

Programma de rulione circuilûs sanguinis per cor et pulmonem. Helm- 
stacdt, 1777,(0-4°. 

Entdeckle Geheimnisse, oder Erklaerung atter Kuhstwoerter und 
Redensarlen bey Bergwerken und TIuetlcn Arbeilen , nach alphabeLischer 
Ordnung Helmslaedt, 1778, in-8°. 

Anleiiung zur medicinisclicn Kraeulerkundc fuèr Aèrztc und Apoltie- 
kcr. Helinstaedt, tome I, 1782- i;85; II, IIÏ , 1786, in-8°. 

P.’F. Fdbricii animadrersationes varii arguirienti méditas, ex scripüs 




44 lier 

ejus minoribus collent, nolisque ad/ectis edidit. Helmstaedt, 1783-1787 > 


LIEBAULT (Jean), médecin et agronome du seizième siècle, 
était de Dijon, et vint étudier l’art de guérir à Paris, où il prit 
ses grades, après avoir suivi pendant quelque temps les leçons 
de Duret. 11 pratiqua avec beaucoup de succès, épousa la cé¬ 
lèbre Nicola, fille de l’imprimeur Charles-Etienne, compléta le 
Traité d’agriculture de cfe dernier, et le traduisit en français. 
Les revers de fortune qu’éprouva son beau-père rejaillirent sur 
lui, en sorte qu’après avoir passé sa vie dans un état voisin de 
l’indigence, il la termina le 21 juin 15g6. Outre sa traduction 
de la Maison rustique d’Etienne, dont on fit une foule d’édi¬ 
tions successivement augmentées et perfectionnées, et qui a 
servi de modèle à toutes les compositions françaises du même 
genre , on a de lui : 


Thésaurus sanitatis paratu Jacilis, seleclus ex variis auctoribus. Paris., 
1577, in-16. - Francfort, 1578, in-8°., par A. Scribonins. 

Scholia in Jac. Hollerii commentaria in libr. VII udpkorismorum 
Hippocratis. Paris, 1679, in-8°. - Ibid. i583, in-8°. 

De sanitale ,Jbecunditate etmorbis mulierum. Paris, i582, in-8°.-Trad. 
en français, i582, in-8°. 

C’est à tort qu’on a donné ce traité pour une traduction de celui de 
Jean Marinello. 

De cosmeticâ seu ornatu et decoratione. Paris, i582, in-8°.-Trad. en 
français, Paris, 1682, in-8°. 

Le trésor et remède de la vraye guérison de la peste , avec plusieurs 
déclarations dont elle procède. 

Liébault a traduit les quatre livres des Secrets de médecine et de la 
Philosophie chimique de Gaspard Wolf (Paris, 1573, in-8°. - Ibid. 
1679, in-8 °.-Ibid. i582, in-8°.-Lyon, 1093, in-8°. - Rouen , 1628, 
ïn-8°.-Ibid. i645, in-8°.). (z.) 

LIEBERKUEHN ( Jean-Nathanaee) , célèbre anatomiste et 
micrographe allemand, vint au monde à Berlin, le 5 septembre 
1711. Son père le destinant à l’état ecclésiastique, il étudia 
durant trois années la théologie, tant à Halle qu’à Iéna; mais 
les leçons de Hamberger développèrent en lui un penchant se¬ 
cret pour les sciences physiques et mathématiques, qui n’atten¬ 
dait qu’une occasion pour se développer. Hamberger, surpris 
de l’adresse et de l’habileté qu’il lui voyait déployer dans ses 
observations,le prit en amitié, et se fit un plaisir de cultiver les 
tàlens que la nature lui avaient accordés. Lieberkuehn, livré 
décidément à l’étude de la médecine, consacra les deux der¬ 
nières années de son séjour à Iéna à suivre les leçons de We- 
del et de Teichméyer, recueillant partout des témoignages 
d’estime et des encouragemens qui redoublèrent encore son 
zèle. En 1^33, son père l’envoya à Rostock, pour qu’il s’y 
exerçât dans l’éloquence de la chaire, sous la direction d’un 
frère qui remplissait les fonctions de prédicateur en cette ville; 
mais, en continuant l'étude de la théologie, et se livrant même 



LIEB 45 

à la composition de quelques sermons, Ueberkuehn revenait 
toujours, malgré lui, aux sciences naturelles; d’anatomie, la 
physique et la mécanique pouvaient seules le délasser de ses 
travaux, et charmer ses loisirs. Il n’avait pas encore reçu les 
ordres, quand son père mourut. Libre alors de toute contrainte, 
il consacra tous ses momens à l’ohservation de la nature, fut 
admis en 1^35 dans le sein de l’Académie royale des sciences, 
se mit l’année suivante à voyager, et fut reçu à Erford, par 
Buchner, membre de l’Académie des Curieux de la nature, sous 
le nom de Dédale. D’Allemagne il passa en Hollande, où, après 
s’être mis sur les bancs avec les disciples de Boerhaave, d’Al- 
binus, de Van Swieten et de Gaubius, il fut créé docteur en 
i^3g. S’étant rendu ensuite à Londres, il y prépara diverses 
pièces anatomiques, dont la beauté excita l’admiration de la 
Société royale, qui s’empressa de l’adopter. Après six mois do 
séjour à Paris, il reprit, en i^4°s l a route de Berlin, où il se 
livra depuis lors à la pratique de l’art de guérir, et termina 
prématurément sa carrière le 7 octobre i<j 56 . Au talent d’ob¬ 
server, il joignait celui de faire lui-même les instrumens, et de 
les porter au plus haut point de perfection. Personne, peut-être, 
n’a su manier le microscope avec plus d’habileté que lui, ni 
mieux préparer et injecter lès diverses parties du corps humain. 
C’est lui qui a le plus complètement réussi à démontrer la struc¬ 
ture vasculaire de tous nos organes. L’étendue de sa pratique 
ne lui permit pas d’écrire beaucoup. Nous ne possédons de lui 
que deux mémoires insérés dans le recueil de l’Académie de 
Berlin, et deux petites dissertations ayant pour titres : 

Dissertaiio de valvidâ coli. Leyde, 1739, in-4». 

T)issertaüo de fabricâ et actione villorum intesünorum terudum. Levée, 
i 7 45, in-4». 

L’auteur prétend que la membrane interne des intestins est garnie de 
papilles ou mamelons, au centre de chacun desquels s’ouvre un vaisseau 
absorbant. Les observations récentes de M. le docteur A. Meckel, ont 
démontré qu’il n’y a rien de réel dans tout ce qu’il dit à cet égard. 

Lés deux mémoires et les deux dissertations de Lieberkuehn ont été 
réimprimés ensemble ( Londres, 1782, in-4 0 .). (1.) 

LIEBLE1 N ( Fbançois-Gaspard) , médecin allemand, né à 
Carlstadt sur leMein, dans la Franconie,le 15 septembre 1744, 
a rempli la place de professeur de botanique et de chimie à 
l’Université de Fulde. Apothicaire du prince, il a concouru 
avec F. A. Schlereth à la rédaction du Dispensatoriumfuldense 
(Fulde 1787, in-8°. ). On a aussi de lui : 

Animadverstones chemico-pharmaceutica. Fulde, 1782, in-8°. 

Flora fuldensis , oder Verzeiclmiss der in dem Fuerstpnthum Fulda 
wildwaeksenden Baeume, Straeuche uiid PJlanzcn. Jrancfort-sur-le- 

Mein, 1784, in-8 °. (q,) 



46 LIEU 

LIEUTAUD ( Joseph), anatomiste célèbre,naquit le ai jan¬ 
vier 1703 , à Aix, dans la Provence,. où il fit ses études, ainsi 
qu’a Montpellier ,, prit ensuite le titre de docteur, et acquit de 
la réputation avant de se produire dans la capitale. Il enseignait 
l’anatomie, la physiologie et la botanique à ses concitoyens , 
lorsqu’il fut appelé à Versailles en 1749» pour y remplir la 
place de médecin de l’infirmerie royale. Keçu à l’Académie des 
sciences en 1733 * il fut nommé médecin des enfans de France 
en 17^5, et premier médecin du roi à l’avènement de Louis xvi. 
Il mourut le 6 décembre 1780. Dans le cours de sa longue car¬ 
rière, ce laborieux médecin a ou vert un nombre prodigieux de 
cadavres, tantôt, pour examiner la structure normale des di¬ 
verses parties du corps, tantôt pour observer les lésions que la 
maladie y détermine. Ses ouvrages nesonïpas exempts d’inexac¬ 
titudes, de fautes même; mais on y trouve, en revanche, une- 
foule d’observations fines et délicates, parmi lesquelles on dis¬ 
tingue surtout un tableau méthodique, simple et clair des arti¬ 
culations, une description fort exacte de l’œil et du cerveau, et 
une exposition fort bien faite des muscles de la face, du pha¬ 
rynx et du dos. Ses remarques sur le cœur et la vessie ont con¬ 
tribué à faire mieux connaître la structure intime de ces deux 
organes. Un cas pathologique fort rare, celui d’une insensibilité 
de l’estomac qui avait empêché le sujet de vomir, malgré les 
diverses préparations anatomiques qu’on avait administrées, 
lui servit à établir que le vomissement s’opère par la* contrac¬ 
tion de l’estomac,,plutôt que par celle des muscles abdominaux, 
et moins encore par celle du diaphragme. Le premier, il a fixé 
l’opinion de nos compatriotes sur l’anatomie pathologique; il 
conçut le plan de réunir dans un cadre étroit toutes les altéra¬ 
tions morbides qu’on a observées dans les cadavres , et d’indi¬ 
quer rapidement. les symptômes qui caractérisent chacune 
d’elles ; l’idée était heureuse, mais Lieutaud n’était pas capable 
do la mettre convenablement à exécution, et son travail,'qui 
offre à peine la table des matières d’un traité complet d’anato¬ 
mie pathologique, n’a que mieux fait sentir toute l’étendue 
d’une lacune que personne n’a encore pu combler jusqu’ici. Ses 
ouvrages sont : 

Elementa pKysiolo^iæ fuxtà solcriiora, notissimaque physicorum ex¬ 
périmenta et accuratiores anatomicorum obseraationes concinnata. Ams¬ 
terdam , 1749, m-8". 

Ce manuel est rédigé en grande partie d’après les idées de Boerhaave. 

Essais anatomiques contenant l'Idsloire exacte de toutes les parties 
qui composent le corps humain. Aix , 1742, in-8°. - Paris, 1766, in-8°. 
- Ibid. 1772, 2vo!. in-8°. - Ibid . 177Ô , 2 vol. in-8°.-Trad. en allemand, 
Léipzick, 1782, in-8°. 

L’édition de 1766 a été enrichie d’additions par M. Portai. C’est peut- 
être le livre qui, sous le moindre volume, renferme le pins de décou¬ 
vertes et de bonnes descriptions. Il est le fruit de longs et pénibles 




LIGN 4 y 

Vavaux. Lieutaud y -a rectifié beaucoup d’erreurs de Winslow. Il y 
trace de fort bons préceptes snr l’art de disséquer. 

Précis de la médecine pratique. Paris, 1769, in-8°.- Ibid. 176a , 
iri-8°. -Ibid. 1769, in-8°. - Ihid. 1777, in-8°.-Trad. en latin, Amsterdam, 
1765,10-4°.; Paris, 1770, in-4 Ibid. 1777, in-8°. - en allemand, 
l.éipzick, 1777*1779, in-8°. 

Cullen a vivement critiqué cet écrit, qui contient l’histoire des ma¬ 
ladies, dans un ordre tiré de leur siège. 

Précis de la matière médicale. Paris, 1766, in-8°. - Ibid. 1770, in-8°. 
-Ibid 1777, in-8°. 

C’est la seconde partie de la traduction latine du traité précédent. 

Historia anatomico-medica , sistens numerosissima cadaveruiti huma- 
norurn exstipia. Paris, 1767,10-4°. - Gotha, 1796, in 8°. 

M. Portai a inséré beaucoup d’observations qui lui sont propres dans 
ce recueil, qui en contient quatre mille. L’édition de Gotha renferme 
des additions de F.-C.-T. Schlegel. 

Lieutaud a fourni plusieurs observations aux Mémoires de l’Académie 
des sciences. - (1.) 

L1GER (CaARLESeLauts.), né à Auxerre vers l’anaée igiS, 
fit ses études médicales à Paris, et fut reçu docteur en 1742. 
Ayant obtenu, peu de temps après, le titre, purement honori¬ 
fique , de médecin du roi, il se retira dans sa ville natale, où il 
mourut vers 1760, laissant : 

Traité de la goutte. Paris ,1753 , in-12. 

L’auteur attribue la goutte à l’usage immodéré des alimens et de» 
boissons riches en mucilage. Il conseille les excitons pour la guérir; On 
voit que sa théorie eL sa thérapeutique sont diamétralement opposées à 
ce qu’on enseigne aujourd’hui. - (o.) 

. LLGMTFOGT (Jean), curé à Gotham , et membre de la So¬ 
ciété royale de Londres, né en 1735 dans le comté de Glocester, 
mort à Üxbridge le 20 février 1788, accompagna Pennant dans 
son voyage en Ecosse', où il recueillit un grand nombre d’ob¬ 
servations intéressantes. Les botanistes ont donné sou nom 
( Idghtfootia ) à plusieurs genres de plantes, dont aucun n’a été 
généralement adopté. On lui doit une énumération des plantes 
de celte contrée, ayant pour titre : 

Flora scotica. Londres, 1777, 2 vol. in-8°. 

Cette flore, disposée d’après le système de Linné, contient J.3oo plantes, 
dont près de 45o cryptogames. Les descriptions sont en anglais, et la 
phrase botanique seule est en français. La synonymie manque, si ce n’est 
pour les algues et un petit nombre d’antres cryptogames. Aux noms 
classiques l’auteur a joint les noms vulgaires en langues erse et anglaise, 
avec l’indication des usages de chaque plante, surtout en Ecosse. Les 
planches, au nombre de 35, sont gravées sur cuivre ; les figures sont en 
général remarquables par l’exactitude et la finesse de l’exécution. Les 
premières.pages de l’ouvrage sont une esquisse de zoologie calédonienne, 
par Pennant. (j.) 

LIGN AMINE (Jean-Philippe de), médecin italien, était de 
Messine, en Sicile. La finesse et la pénétration de son esprit le 
rendirent célèbre pendant tout le temps qu’il fut- chargé de 




48 LIN A 

l’enseignement à l’Université de Pérouse. Sixte IV, qui avait 
étudié avec lui, le fit venir à Rome, après son exaltation , et le 
choisit pour son médecin particulier, suivant l’opinion géné¬ 
rale, que ne partage cependant pas Marini. Lignamine exerça 
dans cette ville la profession d’imprimeur. On lui attribua un 
traité intitulé : 

De conservatione sanitatis. Rome, ifoS. 
que le même Marini prétend être dû à Benoît de Norcie. (z.) 

LILLE ( Chrétien-Evrabd de ), né à La Haye en 17,24, fut 
reçu en 1756 docteur en médecine à Leyde , où il avait fait ses 
études. Quelque temps après il obtint la chaire de médecine et 
de chirurgie que Camper avait tant illustrée à Groningue, et il 
sut s’y distinguer par ses talens et son zèle. On a de lui : 

Tractatus de pqlpitatione cordis, quam prœcedit prœcisa cordis his- 
toria pkysiologica, cuique pro coronide addita .sunt monita qucedam 
generàlia de arteriarum pulsûs intermissione. Zwoll, i;55, in-8°. (z.) 

LIN ACRE (Thomas), que les auteurs qui écrivent en latiu 
nomment Linacere t Linacrius, naquit à Canlorbéry, en 1460 
ou 1461, et alla étudier à Oxford, en 1484. Au sortir de cette 
célèbre école, il se rendit en Italie, séjourna long-temps à Flo¬ 
rence, s’y livra à une étude approfondie de la littérature grec¬ 
que, sous Démétrius Chalcondyle, et dè la latine, sous Ange 
Poli tien 5 il fut accueilli avec intérêt à la cour de Laurent de 
Médicis, surnommé le père des lettres, qui l’admit à partager 
l’éducation soignée qu’il faisait donner à ses fils, Pierre, qui fut 
son successeur, et Jean, qui devint pape, sous le nom de Léon x. 

Linacre s’étant rendu à Rome, fit beaucoup de recherches 
dans la bibliothèque du Yalican, dont Ermolao Barbaro, pa¬ 
triarche d’Aquilée, lui facilita l’accès. 

On dit que ce fut la lecture d’Aristote qui' inspira à Linacre 
le goût des sciences naturelles, et celle de Galien qui lui fit 
aimer la médecine, à l’étude de laquelle il se livra avec beau¬ 
coup d’ardeur, au retour de ses voyages. Il fut reçu docteur, 
et devint peu après professeur en médecine dans l’Université 
d’Qxford. Son zèle pour l’instruction de ses disciples n’avait 
point de bornes, quand il leur reconnaissait des talens , de 
l’application et de la conduite, et il faisait même en leur fa¬ 
veur des sacrifices pécuniaires, lorsqu’ils étaient peu favorisés 
de la fortune. 

Henri vii, que son siècle appela le Salomon de l’Angleterre, 
nomma Linacre son médecin ordinaire, et Henri vin, son fils' 
et son successeur, prince qui eut plus de lumières que d’hu¬ 
manité et de droiture, lui conserva le même emploi près de sa 
personne. 

Jouissant d’une grande fortune et du plus haut crédit à la 
cour, Linacre parvint à soustraire la médecine à la juridiction 



LINA 4 9 

ecclésiastique, qui conférait alors fort inconsidérément les 
grades, et, ce qui est remarquable, il fut aidé, dans celte dif¬ 
ficile entreprise, par son condisciple, le cardinal Wolsey, en¬ 
core plus homme d’état qu’homme d’église. Linacre fonda des 
chaires de médecine dans les Universités d’Oxford et de Cam¬ 
bridge, mais il fit encore plus pour l’utilité publique et l’hon¬ 
neur de sa profession, en faisant créer et en dotant avec mu¬ 
nificence le Collège des médecins de Londres. Il obtint, à cet 
effet, des lettres-patentes du roi, qui furent confirmées par un 
acte du parlement. Cette savante corporation, difficile dans ses 
choix, et exerçant sur ses membres peu nombreux une surveil¬ 
lance et une censure paternelles, est une des plus belles insti¬ 
tutions de l’Europe. 

Linacre mourut à Londres , le 21 octobre i 5 a 4 , et fut en- 
terré avec beaucoup d’honneurs dans l’église cathédrale de 
Saint-Paul. . 

L’inscription suivante offre un abrégé de sa vie et l’indica¬ 
tion de ses principaux travaux : 

Thomas Linacrius 
Regis Henrici VIII medicus 
Vir griecè et latine 

Atque in re medicâ longé eruditissimus 
Multos cetate sua languentes, et qui jam vitam desponderant 
Vitœ restituit. 

Multa Galeni opéra 

In latinam linguam, mird etfacilifacundiâ vertit : 

Egregium opus de emendatâ structura latird sermonis, 
Amicorum rogatu, 

Paulo ante morteni edidit. 

Medicince studiosis Oxoniœ public as lectiones duas, 
Cantabrigiœ unaht 
In perpetuum stabilivit : 

Injiâc urbe 

Collegium medicorum fieri sud industriâ curavit , 

Cujus et prœsidens proximus eleçtus est. 

Fraudes , dolosque miré perosus; 

Fidus amicis; omnibus juxta charus : 

Aliquot annos antequam obivit prœsbiter factus, 

Plenus annis ex hdc vitd migravit , 

Multum desideratas 
Anno domini 1S24, déc . 2 1 octobris. 

Vivit postfunera virtus. 

Thomæ Linacrio clarissimo viro 
Joannes Cajus 
Posuit anno 


4 



5o LIND 

Freind a terminé son histoire de la médecine depuis Ga¬ 
lien jusqu’au seizième siècle, par un éloge de Linacre, qu’il 
peint comme un homme de.génie, d’un esprit très-juste, d’un 
savoir étendu dans des genres différens, et plein de libéralité. 

Linacre a laissé les ouvrages suivans : 

Siemens de grammaire. 

Ce travail en anglais est fort rare et n’est connu depuis long-temps 
■que par la traduction latine de Buchanan : Rudimenla grammatices 
{Paris, i533 et i55o, in-8°. ). 

Se emendandâ, structura latini sermonis libri VI. Paris , i 532 et t55o. 
-Léipzick, 154g.-Cologne, i555. - Revu par Joachim Camerarius, 
Léipzick, 1591 , in-8°. 

Linacre a traduit avec beaucoup de goût et d’érudition les ouvrages 
suivans de Galien : Interpretalio librorum III de temperamentis. — Se 
pulsuum usu. — Se naturalisas facultalibus. — Se sanitate tuendâ. — Se 
symplomatum differenliis et eorum causis. — Se inequali temperie. — Se 
methodo medendi. 

On doit encore aux veilles de Linacre l’ouvrage suivant : Procli Sia- 
dochi sphœra , traduit du grec, Venise, i5oo, in-fol. Les ouvrages ori¬ 
ginaux et les traductions de Linacre, écrits en latin, sont du style le 
plus élégant, sans être recherché ; c’est le jugement qu’en portait Erasme. 

(b., desgenettes) 

LINCK (Jean-Henri), pharmacien de Léipzick, né en 1674» 
le 17 décembre, mourut le 29 octobre 1734. Il passa quatre 
années à Copenhague, pour apprendre l’état auquel il se des¬ 
tinait, parcourut ensuite la Hollande et l’Angleterre, et revint 
ouvrir uue officine dans sa ville natale. Passionné pour l’his¬ 
toire naturelle, il se forma un riche cabinet, qui attirait chez 
lui l’affluence des çurieux. L’Académie des Curieux de là na¬ 
ture l’admit, en 1722, au nombre de ses membres. Il a fourni 
divers articles, tant aux mémoires de cette compagnie savante, 
qu’à la précieuse collection des médecins de Breslau, et pu¬ 
blia en outre un petit opuscule qui a pour titre : 

Se stellis mariais liber singularis. Léipzick, 1^33, in-fol. (1.) 

LIND (Jacques), médecin anglais, mort le 18 juillet 1794, 
à Gosport, est auteur de plusieurs ouvrages qui ont rendu son 
nom assez célèbre : 

Sissertatio de morbis venereis localibus. Edimbourg, 1748, in-4°. 

On thc scurvf in three parts , conlaining an inquiry into the nature , 
causes and cure of thaï aisease, together with a critical and ckronolo- 
gical view ofwhat has been published on the subject. Edimbourg, 1^53, 
in-8°. - Ibid. 1^56, in-8°. - Ibid. 1772, in-8°.-Trad. en français par 
Savary, Paris, 1756, 2 vol. in-i 2.-en allemand par J.-N. Petzold, 
Léipzick, 1775, in-8°. 

On a joint à la traduction française le Traité du scorbut de Boerhaave 
avec les Commentaires de Van Swieten. C’est une monographie encore 
classique du scorbut, qu’il serait important de remettre au courant de la 
science. 

Essay on the means qf préserving the Health ofseamen. Edimbourg, 




LIND 5r 

£n-8°. -Tiid. 1763, în-8°.- Ibid. 1771, in-8°. -Trac], en français. 

Opuscule qui a été plus utile qu’il n’est remarquable. 

Two papers onfevers and infections. Edimbourg, 1763, in-8°. 

j Bssay on the diseases incident to Europeans in hot climates wilh an 
appendix concerning intermitting fevers , and a simple and easy waY to 
render sait Xvater fresh and to prevent a scarcily of provisions in long 
voyages at sea. Edimbourg, 1768, in-8°. - Ibid. 1771, in-8 °i-Ibid. tyfi, 
in-8°. - Trad. en allemand par J.-N-. Petzold, Riga et Léipzick , 1778, 
in-8°. ; et arec des notes du traducteur français, Riga , 1792, in-8°. - en 
français par Tliion de la Chaume, Paris, 1785 , 2 vol. in-12. 

Ouvrage encore classique, mais vieilli, sur les maladies des pays 
chauds , analogue à celui de Pringle sur les maladies des armées. 

( F.-G. BOISSEAU ) 

LINDEN.. (Antoine-Henri), médecin hollandais, naquit 
vers l’an lù'jo, dans l’Ost-Frise, on ignore dans quel endroit 
précisément. A l’âge de dix-sept ans, il se fit inscrire au nom¬ 
bre des étudians à Franéquer, où il se proposait d’apprendre 
la théologie; mais, au bout de quelque temps, il changea 
d’avis, suivit la carrière de la médecine, et'oblint les honneurs 
du doctorat en 1608. Depuis lors il partagea son temps entre 
l’exercice de l’art de guérir et la direction du collège d’Enc- 
kuysen, dont il avait été nommé recteur. La réputation qu’il 
acquit bientôt comme praticien, le fit appeler à Amsterdam , 
où, après un séjour de huit années, il mourut en i633. Aucun 
des nombreux ouvrages qu’il avait composés n’a obtenu les 
honneurs de l’impression. (j.) 

LINDEN ( Jean-Antonide Van deb), fils du précédent,' 
naquit le i3 janvier 1609, à Enckhuysen, et fut élevé avec 
beaucoup de soin au collège de celte ville. Il alla ensuite étu¬ 
dier à Leyde, où, après avoir terminé ses cours de philoso¬ 
phie, il s’appliqua avec beaucoup d’ardeur à la médecine. Ce 
ne fut cependant pas dans cette université, mais bien à Fra- 
néquer, qu’il reçut le bonnet doctoral. Son père, qui résidait 
alors à Amsterdam, l’appela auprès de lui, et ce fut sous les 
yeux de ce guide éclairé, qu’Antonide débuta dans la pratique 
de l’art de guérir. Les succès qu’il obtint furent si remarqua¬ 
bles, qu’on lui offrit une chaire à Franéquer. Ayant accepté 
cet emploi, il le remplit honorablement pendant douze ans. II 
mourut le 5 mars i664i à Leyde, où il avait été nommé pro¬ 
fesseur en i 65 i. Gui Patin peint sa mort en termes trop re¬ 
marquables pour que nous ne les rapportions pas ici. <1 Cet 
auteur est mort d’une fièvre avec fluxion sur la poitrine, après 
avoir pris de l’antimoine, et sans s’être fait saigner. Quelle 
pitié! faire tant de livres, savoir tant de grec et de latin, et se 
laisser mourir de la fièvre et d’un catarrhe suffocant sans 
se faire, saigner : j’aime mieux être ignorant, et me faire 
saigner quelquefois. Voilà comme meurent les fous et les 

4 . 



LIN D 

chimistes. » Ne croirait-on pas entendre parler nn des parti¬ 
sans exclusifs du broussaisisme? Patin De pardonne pas à Lin¬ 
den son homophobie ; car, ailleurs, après l’avoir peint comme 
un homme entiché des rêveries de l’alchimie, et grand admi¬ 
rateur de Van Helmont et de Paracelse, il ajoute : « 11 voyait 
peu de malades, et ne faisait jamais saigner. 11 faisait profes¬ 
sion d’un métier qn’il n’entendait guère. 11 est mort deux jours 
avant que son livre eût paru, et sans l’antimoine, son Hippo¬ 
crate aurait été beaucoup meilleur. J’en suis pourtant fâché , 
le reconnaissant plus honnête homme qu’il n’était éclairé. » 
Ce portrait est outré sans doute, comme tous ceux que Patin 
trace des partisans de la chimie, mais le fond en est vrai, ainsi 
qu’on peut s’en convaincre par la lecture des ouvrages de 
Linden : 


TJniversœ medicinœ compendium , decem disputationibus propositum. 
Addha est centurie inaugura lis positionum medico-practicarum de viru- 
lentiâ venereâ. Franequer. i63o, in 4°- 

Recueil des thèses que Fauteur a soutenues pour parvenir au doctorat. 

Manuduçtio ad medicinam. Amsterdam , i63c , in-8°.-Louvain , 1709, 
jb-12.-Halle, 1726, in-12. 

' La première édition de ce traité parut en teLe de la première du suivant. 

De scriptis medicis libri duo. Amsterdam, 1637, in-8* 3 . - Ibid. i 65 i, 
in-S 0 . - Ibid. 1-G62 , in-8°. 

CetLe bibliographie est remplie de fautes et d’omissions. Mercklcin l’a 








LINK. 53 

3 vol. in-fbl. ), et une du traité Ve utiliiate ex adversh çaprendâ ds 
Cardan (Franequer, 1648, in-12). (a.-j.-l. j.) 

LIN.DEB.N (François-Balthasas de), médecin et botaniste 
allemand, vint au monde à Buchsweiler , dans l’Alsace, le i er 
mars 1682, étudia l’art de guérir à Iéna, sous le célèbre We- 
del, prit le titre de docteur à Strasbourg, et consacra le reste 
de sa vie à la pratique médicale, dans celte ville, où il mou¬ 
rut le 25 avril i^55. Quoiqu’il ait rendu peu de services à la 
botanique , Allioni lui a cependant consacré un genre de plantes 
( Linderriia) de la famille des personées. On a de lui : 

Dissertatio qùâ lheoremata quœdam medica miscsllaaea sislunlur. 
Strasbourg, 1708, in-4°. 

Osleologia purva, germanico idiomate constata. Strasbourg, 1710, 

Tourn.ejortius alsaticus cis et transrhenanus , sive opusculum lotaàîcum r 
ope cujus plantarum species, généra ac differentias , prœprimis eircà 
Argenloratum , locis in viciais cis et'trans Rhenum sponièin montibus , 
vatlibus, sylvis, gratis in et sub aquis nascentes , spatioque menstruo 
florentes tiro sub excursionibus botanicis facillintè dignoscere suœque 
memoriœ nominibus imprimendis, ex principiis Tourncjordi consulere 
possit, otio privato conscriptum ac aliquibus tabulis aeneis illustration , 
Strasbourg, 1728, in-8°. 

Une autre édition, augmentée, a paru sous le titre de Hortus Alsa¬ 
ticus (Strasbourg, 1747, in-8°.). Ce n’est qu'au simple catalogue des 
plantes de l’Alsace, disposées par mois, depuis l’époque de leur floraison, 
avec les noms de G. Bauhin, les phrases de Tournefort fit l’indication 
des figures de Tabernæmontanus, l’Eclnse, Morison, elc. 

Spéculum veneris not’iler polilum, dus ist , neu ausgeputzler Venus- 
Spiegel, oder Beschreibungdermeisten Fenus-Krankheiten. Strasbourg, 
1732, in-8°. - Ibid. 1736, in 8°. - Ibid. 1748, in-S Ibid. i75o,in-8°. 

Medicinischer Passe-partout, oder Hauptschluessel aller und jeder- 
Krankheiten des menschlichen Koerpers. Strasbourg, tome I., xo3a; 

11.. 1741.1n-8°. 

Lindern a inséré quelques observations dans le Commercium litterarium 
Noribergense. (1.) 

LINK. (Henri-Frédéric] , professeur de botanique et de 
matière médicale à Berlin, depuis 1807, est né le 2 février 
1767, à Hildesheim. Envoyé a Gœttingue, en 1787, il y prit 
le grade de docteur en médecine, au bout de trois ans, fit en¬ 
suite des cours pariiculiers pendant une année, et obtint, en 

1792.. une chaire d’histoire naturelle, de chimie et de botani¬ 
que à Rostock. Les ouvrages qu’il a publiés sont .; 

Commentatio de analysi urinœ et vesicœ urinariœ calculo. Gœttingue, 
1788 , in-8°. 

Florœ Gœttingensis specimina,. sistens vegetalilia, saxo calcareo pra- 
pria. Gœttingue, 1789, in-4°. 

Versuch einer Anleitung zur geologtschen Kennlniss. der. Mineralien. 
Gœttingue, 1790, in-8°. 

Bemerkungen ueber das Phlogiston. Gœttingue, 1790,1018°; 

Annalen aer NalurgeschiclUe. Gœttingue , 1791, iu-8". 




ben. Vienne, 1800, in-8°. 

Persuch einer Geschichte urid Physiologie der Thiere. Chemnitz, 
i8o5, 2 vol. in-8°. - Ibid. 1818, in-8". 

On ne confondra pas ces deux écrivains avec 

Liisckx (Jean-Guillaume), fils du suivant, médecin de Léipzick, né 
en 1760, le 25 décembre, auteur de 

Dissertalio de nonnullis chemicis instrumenlis. Léipzick, 1783, iu-4°. 

Historia naturalis castoris et moschi Léipzick, 1786, in-4°. 

Dissertalio de coccinellœ naturâ , yiribus et usu. Léipzick, 1787, in*4 e . 

Animadversiones medico-juridicce in C.-G. Ludwigii instilutiones me- 
dicinœ forensis. Léipzick, 1788, in-4 0 . 

Dissertalio de rajd torpedine. Léipzick, 1788, in-4 0 . 

Lincke {Jean-Henri) , apothicaire de Léipzick, né le 25 janvier 1734, 
mort le 23 mai 1807, a laissé : 

Ueber die VPirkimgen und Eigenschcçften verschiedener Arznermiltel. 
Léipzick, 1772, in-8°. 

Index musei Linckiani , oder Systematisch.es Perzeichniss der vor- 
nehmsten Stuecke der Linckischen Naturaliensammlung zu Léipzick. 
Léipzick, tome I, 1783; II, 1786; III, 1787, in-8°. (° ) 

LINNÉ (Charles de) , le savant le plus célèbre qu’ait pro¬ 
duit la Suède, en qui le titre de prince des naturalistes, que 
lui ont quelquefois donné ses disciples, ne peut êtré regardé 
comme une flatterie. 

§. 1. — Vie de Linné. — Il naquit le 24 niai 1707 , & Rœs- 
hult, dans la province de Sinoland. 

Linné offre un grand exemple de tout ce que peut le génie, 
aidé de la persévérance, contre les obstacles de toute espece 
qui s’opposent à son développement. Son penchant invincible 
vers l’étude de l’histoire naturelle se manifesta dès sa première 





LIN N 55 

jeunesse. Son père, pauvre ministre de campagne, le voyant 
négliger, pour recueillir des plantes et des insectes, les études 
qui pouvaient le mettre en état de lui succéder dans ses fonc¬ 
tions , voulut le forcer à apprendre une profession mécanique. 
Peu s’en fallut que l’homme , qui devait un jour faire la gloire 
de la Suède, ne fût réduit à faire des chaussures. Le docteur 
Rothmann, à qui H dut l’avantage de pouvoir suivre sa voca¬ 
tion , et qui lui fournit les premiers moyens' de s’instruire, 
mérite la reconnaissance de tous les amis des sciences. 

Envoyé à l’Université de Lund en 1727, les leçons et les 
encouragemens du professeur Stobée fortifièrent son goût pour 
la botanique. A. Upsal, où il se rendit l’année suivante, il 
trouva d’utiles protecteurs dans le théologien Olaiis Celsius et 
dans Rudbeck, professeur de botanique. Touché de son ardeur 
pour les sciences et de son extrême pauvreté, le premier lui 
offrit sa maison et sa table. Linné, dont la reconnaissance dura 
autant que sa vie , l’aida dans la composition de son Hierobo- 
tanieon. Rudbeck, après avoir confié au jeune Linné l’éduca¬ 
tion de son fils, eut bientôt assez de confiance en lui pour le 
charger souvent de le remplacer dans ses levons. 

L’étroite amitié dont il s’était lié avec Artédi, l’un de ses 
condisciples, et l’émulation qui s’établit entre eux, ajoutèrent à 
l’activité et au succès de leurs études communes. Déjà Linné 
jetait les fondemens de sa philosophie botanique et de son sys¬ 
tème. Dès 1731, il publia dans YHortus uplandicus un essai de 
classification des plantes d’après les étamines et les pistils. 

En 1732, Linné fit, aux frais de l’Académie d’Upsaf, un 
voyage en Laponie, dans le but de mieux faire connaît! e- 
qu’elles ne l’étaient encore les-productions naturelles de cette 
région glacée. Il s’acquitta de cette mission pénible avec un 
zèle et un courage qui devaient lui mériter la bienveillance. A 
son retour cependant, la jalousie, déjà éveillée par son mérite, 
réussit à lui faire refuser la permission de donner des leçons 
publiques. Un voyage en Dalécarlie, dont il fut chargé par le 
gouverneur de cette province, dissipa le chagrin que lui causa 
cette injustice. 

C’est dans le cours de ce voyage qu’il vit à Falhun la fille- 
du docteur More, dont il mérita l’amour, mais dont il ne put 
- alors obtenir la main, à cause de sa pauvreté. Elle lui fournit 
les moyens d’aller en,Hollande pour y obtenir le titre de doc¬ 
teur en médecine, qu’il reçut à Hardervick, en 1735. 

Il était parti de Suède avec trente-six écus d’or pour toute 
ressource. Etant demeuré en Hollande plus long-temps qu’il 
n’en avait le projet, il s’y vit bientôt pressé de nouveau par la 
misère. La protection de Boerhaave et de Burmann et les bien¬ 
faits de Clifford, qui le reçut chez lui et lui confia le soin 



m LI N N 

du riche jardin qu’il entretenait à Hartecamp, le tirèrent de 
celte position, et lui procurèrent un loisir dont il profita si 
bien, que, dans l’espace de deux ans, il publia successivement 
Systema natures , Fundamenta botanica, Bïbliolheca bolanica, 
Généra plantarum , Hortus cliffortianus et divers autres ou¬ 
vrages, par lesquels il se'plaça de suite au premier rang parmi 
les savans. 

Il passa alors en Angleterre. Le célèbre Boerhaave, qui avait 
l’un des premiers deviné le génie de Linné, le recommandait en 
ces termes à Hans-Sloane : Linnœus , qui tibi bas dabit lilteras , 
est unice dignus te videre , urdee dignus a te - videri. Qui vos 
videbit simul , videbit hominum par cui simile -vix dabit orbis. 
Il ne futpourtant reçu qu’avec beaucoup de froideur par Sloane,. 
et surtout par Dillen, qui ne voyaient sans doute qu’avec peine 
la réputation naissante d’un jeune homme qui, en donnant une 
face nouvelle à la science, menaçait toutes les anciennes. 

Tourmenté d’une affection hypochondriaque et du désir de 
revoir sa patrie, Linné résista aux propositions qui lui furent 
faites pour le fixer en Hollande. Avant de retourner en Suède, 
il voulut cependant voir Paris, où il fut honorablement accueilli 
par Bernard de Jussieu. 

De retour dans sa patrie, Linné n’y jouit pas d’abord de 
toute la considération qu’il avait droit d’espérer. A Stockholm, 
où il s’établit, la médiocrité toujours envieuse employa jus¬ 
qu’à sa réputation comme naturaliste pour nuire à ses succès 
comme médecin. Son mérite finit enfin par triompher : il fut 
nommé médecin de la marine. Presque entièrement occupé de 
la pratique de la médecine, il avait résolu d’abandonner l’his¬ 
toire naturelle, qui ne lui avait causé que des contradictions. 
Dat Esculapius bona omnia, disait-il, Flora vero solos Siges- 
beckios ! faisant allusion aux critiques grossières qu’il avait 
éprouvées de la part de Sigesbeck. Des amis puissans, et surtout 
le comte de Tessin, le rendirent à sa science favorite, en lui 
faisant obtenir le titre de botaniste du roi et de président de 
l’Académie de Stockholm (i^3g). 

Ce fut alors qu’il épousa la fille du docteur More, qu’il ai¬ 
mait depuis cinq ans. 

En 174° s il visita par ordre du gouvernement les îles 
d’OEland et de Gothland, dont il observa, avec le soin et la 
sagacité qui le caractérisaient, l’histoire natùrelle et même les 
antiquités. 

Nommé enfin l’année suivante professeur de botanique à Up- 
sal, et peu après directeur du jardin de botanique de celte 
ville, il ne la quitta plus que pour les voyages qu’il fit dans 
quelques parties de la Suède. Rendu à la botanique, il s’occupa 
particulièrement de la Flore suédoise, qu’il publia en 1 ql\ 5 . 



LINN 5 7 

Il professa aussi la médecine, quoique depuis son retour ài 
Upsal il se livrât peu à la pratique. 

La Philosophie botanique (i 7 5 i) et le Species plantarum 
{ i 7 53 ) mirent le dernier sceau à sa célébrité. 

Honoré des suffrages des savans de tous les pays, chéri au¬ 
tant qu’aimé de ses nombreux élèves, estimé de son souverain, 
l’ordre de l’étoile polaire et la noblesse qui lui furent accordés 
n’ajoutèrent que de vains titres à sa gloire. Ce fut alors qu’cn 
prenant la particule nobiliaire, il quitta le nom de Linnæus, 
qu’il avait porté jusqu’alors, pour celui de Linné (nobilis 
von Linné), suivant l’usage adopté dans sa patrie. 

La fortune, long-temps ingrate envers lui, l’avait aussi com¬ 
blé de ses faveurs. 

Le roi d’Espagne lui fit inutilement offrir, pour professer la 
botanique à Madrid, un traitement de deux mille piastres, et 
la liberté de suivre sa religion. Des propositions non moins 
brillantes de la part de l’impératrice de Russie et du roi d’An¬ 
gleterre furent également rejetées. 

Epuisé par une longue suite de travaux, il commença, dès 
1772., à s’apercevoir de l’affaiblissement de sa santé et de sa 
mémoire. Il passa la plus grande partie de ses dernières années 
dans la retraite, à sa maison de campagne d’Hammarby, où. il 
reçut la visite du roi. 

Etant resté hémiplégique en 1776, après deux attaques d’a¬ 
poplexie, il n’offrit plus que l’ombre de lui-même. Un ulcère 
de la vessie termina ses jours le 10 janvier 1778, dans sa 
soix,ante-onzième année. Il laissait à son épouse, qui lui survé¬ 
cut, un fils et quatre filles. 

La magnificence des obsèques de Linné, le tombeau que 
le roi lui fit ériger dans la cathédrale d’Upsal, la médaille 
qu’il fit frapper en son honneur, témoignèrent les justes 
regrets de la patrie qu’il avait illustrée. Un côté de cette mé¬ 
daille offre le portrait de Linné; sur l’autre, on voit la 
nature en deuil, avec la légende : Deam inclus augit amissi; 
et l’inscription : Post obitum , Upsaliæ, die 10 junii 1778. 
Rege jubente. 

Le roi de Suède se rendit à l’Académie de Stockholm quand 
on y lut l’éloge de Linné; lui-même, dans le discours qu’il 
prononça a l’ouverture des Etats du royaume, déplora la perte 
que la Suède venait de faire : hommage probablement unique 
de la grandeur au génie, qui n’honore pas moins le souverain 
capable dele rendre que le sujet auquel il s’adresse. 

Combien d’hommes célèbres perdent quelque chose de la 
haute opinion qu’on s’en est faite, dès qu’on observe en eux 
l’homme lui-même! Linné est du petit nombre de ceux qui ne 
font que gagner par un pareil examen, qu’on estime, qu’on 




53 L1NN 

aime encore davantage quand on les observe de plu* près , 
quand on les surprend. 

Il était d’assez petite stature, niais d’une excellente constitu¬ 
tion. Une aimable bonhomie se mêlait dans ses traits au carac¬ 
tère de la supériorité intellectuelle ; vif et susceptible , il sup¬ 
portait avec peine la contradiction, mais s’apaisait aussi 
facilement qu’il s’échauffait. 

Tous ses écrits sont empreints du sentiment profond_de la 
vertu et de la religion. Il connut trop bien la nature pour ne 
pas rendre hommage à son auteur. On lisait sur la porte de son 
cabinet la sentence : Innocue vivito , numen adest. Toujours 
reconnaissant envers ses.bienfaiteurs, toujours bon et officieux . 
pour ses amis, dont la société faisait ses délices, il ne répondit 
jamais à ses ennemis que par un noble silence. Ayant connu la 
pauvreté, il fut économe dans l’opulence ; mais ses secours ne 
manquèrent jamais au jeune homme studieux qui en eut besoin. 

Nul maître ne fut aussi respecté de ses disciples; nul maître- 
n’en fut plus chéri, parce que nul maître ne les aima plus ten¬ 
drement. Avec quelle touchante sensibilité, en publiant les 
ouvrages d’Artédi, son compagnon, son frère d’études , n’ex- 
prime-t-il pas les regrets que lui cause sa mort, occasionée par 
un accident funeste ! Le tribut de larmes qu’il paye au souvenir 
de son jeune ami Bartsch, en lui dédiant le genre bartsia , 
prouve également combien il connut l’amitié. 

Si quelque chose peut rehausser un mérite éminent, c’est la 
simplicité. Elle s’unissait dans Linné à ùa caractère franc et gai. 
On aime à voir, ainsi que nous le représente Fabricius , l’inter¬ 
prète de la nature, déjà vieux et couvert de gloire, vivant à la 
campagne dans la plus intime familiarité avec ses disciples, par¬ 
tager ainsi -qu’eux, en fumant sa pipe, les amusemens des vil¬ 
lageois, se livrer à de joyeuses saillies, et, malgré son âge, se 
mêler lui-même aux danses rustiques. Plus cette aimable naïveté 
est étrangère à la civilisation, peut-être excessive, de nos con¬ 
trées et de notre siècle , plus nous avons de plaisir à la retrou¬ 
ver dans les hommes célèbres. 

Malgré cette simplicité patriarchale, Linné aima passionné¬ 
ment la gloire et les louanges méritées, et sûrement ce n’est pas 
là une faiblesse. L’homme qui n’est pas sensible à la gloire 
fait-il jamais rien de grand? Il osa quelquefois être juste envers 
lui-même. Ailleurs, on serait tenté de lui reprocher trop de 
modestie. « Vile et négligée, elle passe promptement comme 
celui dont elle porte le nom » , dit-il en parlant de la linnæa , 
jolie plante des montagnes, que Gronovius, en \S lui dédiant, 
a rendue chère à tous les naturalistes. Il s’était plû à consacrer 
cet usage, introduit par Plumier et par Dillen, mais dont l’an¬ 
tiquité offrait déjà quelques exemples, de donner aux plantes- 



LINN 5g 

les noms des hommes qui se sont distingués dans la science; 
espèce d’apothéose botanique, récompense flatteuse des travaux 
utiles, mais qu’on a trop avilie de nos jours en la prodiguant 
à une foule d’hommes obscurs, ou tout à-fait étrangers à l’his¬ 
toire naturelle, étonnés sans doute de voir figurer leur nom 
dans le tableau du règne végétal. 

Les manuscrits, l’herbier et le cabinet entier de Linné furent, 
après la mort de son fils, achetés 20,000 livres par le botaniste 
anglais Smith. 

§. 11. —Travaux de Linné sur l'histoire naturelle .—La nature 
elle-même semblait avoir destiné Linné à embrasser,-à étendre , 
à éclairer toutes les parties de l’histoire naturelle, à y porter un 
ordre inconnu jusqu’à lui, à donner à cette science une face 
entièrement nouvelle. Mais la botanique fut l’objet le plus cons¬ 
tant de son amour et de ses veilles. C’est par le tableau de ce 
qu’elle était avant lui qu’on doit juger de ce qu’il a fait pour 
elle. 

Une nomenclature vague, point, de descriptions, quelques 
observations intéressantes mêlées à une foule de recettes sou¬ 
vent ridicules, telle fut la botanique des anciens. De lourds 
commentaires sur Théophraste, Dioscoride et Pline, de vains 
efforts pour reconnaître les plantes dont ils ont parlé, telle fut 
la botanique des rénovateurs, au commencement du seizième 
siècle. Bientôt un homme qui joignait à un vaste savoir une 
rare pénétration, découvre un point de vue dont les anciens ne 
paraissent pas s’être doutés. Conrad Gesner conçoit l’idée d’unè 
disposition méthodique fondée sur l’organisation. André Cesal- 
pino essaye de l’exécuter. Ciusius et les doctès frères Jean et 
Gaspard Bauhin débrouillent le chaos de la nomenclature, ob¬ 
servent et décrivent avec exactitude. Mais à Tournefort était 
réservé l’honneur de créer le premier une méthode sage , 
agréable et facile, et d’établir le premier des genres fondés sur 
les vrais principes. 11 fallait cependant encore, pour désigner 
exactement une plante, citer dans son entier une phrase longue 
et embarrassée. 

Voilà quel était l’état de la science des végétaux quand 
Linné parut. A peine sorti de l’adolescence, il ose former le 
projet de réformer la botanique, et se dévoue à celte entreprise 
avec une confiance qui naît du sentiment de ses forces, et que 
le succès ne tarde pas à justifier.- 

Le phénomène de la fécondation des plantes, entrevu par les 
anciens , reconnu par Zaluzian, confirmé par Camerarius, dé¬ 
veloppé par Geoffroy'et Vaillant, mais dont la réalité a été 
contestée de nos jours même, était encore rejeté par la plu¬ 
part des naturalistes* Le charme poétique de la doctrine des 
amours végétales convenait particulièrement à l’esprit de Linné. 



60 L1NN 

11 la met dans tout son jour, la présente avec un art tout nou¬ 
veau ■ il en fait la base d’une classification ingénieuse,^ où toutes 
les plantes connues trouvent facilement leur place,'et que les 
plus gracieuses allusions, la plus piquante originalité distin¬ 
guent de tout autre travail du même genre, dans quelque 
science que ce soit. Les considérations trop recherchées, les 
raffinemens même qui en sont le défaut, deviennent la cause 
du succès rapide.et de la. vogue de ce système, qui est certai¬ 
nement encore, pour la détermination, le plus commode qu’on 
ait imaginé, et qui joint au mérite de faciliter la science, celui 
de la faire aimer en la présentant partout sous les points de 
vue les plus séduisans. 

Quand même on parviendrait à désenchanter l’étude des 
fleurs, en prouvant que la doctrine des sexes et de la fé¬ 
condation n’est qu’une brillante chimère, le système linnéen 
n’en resterait pas moins une classification préférable à toutes 
celles qui ont le même but, et un monument unique en son 
genre. , 

Par un travail dont un botaniste seul peut concevoir toute 
l’étendue, tous les genres de plantes alors connus sont soumis 
par Linné à un nouvel examen, et entièrement refondus d’après 
des principes plus sévères ( Généra plantarum). Mais il est bien 
difficile, dans toute réforme, de s’arrêter au but précis. Dans 
cette révision, Linné subordonna plus d’une fois la nature à 
son système chéri. Il rejeta sans assez de motifs quelques genres 
fie Tournefort ; il changea trop légèrement des noms consacrés , 
fâcheux exemple qu’il était loin de penser, sans doute, que le 
plus vulgaire botaniste imiterait par la suite avec plus de har¬ 
diesse encore. 

Après avoir réformé les genres, Linné les proclama trop ab¬ 
solument l’ouyrage de la nature. Peut-être, en les faisant regar¬ 
der comme sacrés, comme inviolables dans toutes les méthodes, 
voulut-il prévenir les changemens, l’instabilité fâcheuse de la 
nomenclature que nous avons vu s’introduire depuis? Quelle 
loi eût été plus avantageuse à l’histoire naturelle, que celle qui 
eût sanctionné l’inviolabilité des genres! Quelques groupes plus 
ou moins irréguliers sont un bien faible inconvénient auprès-du 
défaut absolu d’accord. 

La révision des genres avait illustré la jeunesse de Linné, 
celle des espèces (Species plantarum ) fut un fruit plus tardif 
de son âge mur. 

Une profonde analyse- lui avait appris le secret des carac¬ 
tères essentiels , l’art de réduire les descriptions aux seules dif¬ 
férences. Des milliers de végétaux purent être caractérisés dans 
peu de pages avec assez d’exactitude pour qu’il soit facile de 
reconnaître à son signalement celui qu’on recherche, pour que, 




LINN 61 

suivant l’expression de Linné, la plante elle-même nous ap¬ 
prenne son nom et son histoire. Un langage technique simple, 
et qui doit à son énergique précision l’espèce d’élégance qui lui 
est propre, vint remplacer les phrases insuffisantes et souvent 
barbares des botanistes qui l’avaient précédé. Un seul nom, 
accompagné d’une simple épithète, suffit pour désigner sans 
équivoque quelque végétal que ce soit. • 

Dans les flores de Suède èt surtout de Laponie, Linné a 
offert les meilleurs modèles de celte espèce de travail. Le ta¬ 
bleau géographique et physique de cette contrée polaire, une 
foule d’observations sur les usages des plantes parmi les La¬ 
pons , mille détails curieux et nouveaux présentés avec une con¬ 
cision singulière, font de la flore de Laponie un ouvrage encore 
unique dans son genre. Sous le nom de Lachesis lapponica, il 
a fait un traité plus élendu de l’histoire naturelle et économi¬ 
que de ce pays presque sauvage. 

Embrassant de ses regards toute l’étendue de la science, 
Linné ne put considérer les plantes cryptogames, telles que les 
mousses, les algues, les champignons, avec un soin aussi mi¬ 
nutieux que quelques observateurs l’ont fait depuis. La justesse 
de son esprit et la sûreté de son goût lui inspirèrent celte ré¬ 
serve. L’importance réelle des êtres ne doit-elle pas être la me¬ 
sure de l’attention qu’on leur accorde? L’hsmme supérieur 
s’empare des grandes vues, fixe les points essentiels, s’attache 
aux objets principaux, et laisse le reste à celui qui n’est que 
laborieux ,et qui, malheureusement trop souvent, par d’énormes 
travaux sur les plus petits sujets, nuit à la véritable science, 
en croyant de bonne foi la servir. / 

Presque en entrant dans la carrièr e{Fundamenta botanica ), 
Linné avait osé dicter des lois à la botanique; ce fut aprèsl’a- 
voir éclairée par de nombreux ouvrages-, qu’il confirma , qu’il 
étendit cette espèce de code ( Philosophie/, botanica ). Aucune 
autre science, peut-être , ne peut se vanter d’un livre compa¬ 
rable à la Philosophie botanique. On sait qüfe Rousseau se plai¬ 
sait à dire qu’il n’en connaissait point de plus véritablement 
philosophique. Jamais tant de principes également nouveaux 
et profonds, tant d’aperçus ingénieux, tant de faits de toute 
espèce, ne furent pressés dans ;tn mince volume, avec une aussi 
piquante brièveté. Que de gros livres faits dans toutes les lan¬ 
gues seulement avec quelques lambeaux de celui-ci! Les imi¬ 
tations qu’en ont essayées pour d’autres sciences quelques 
hommes d’un grand savoir, n'ont servi qu’à en faire ressortir 
davantage tout le mérite, toute l’originalité. 

Les défauts même de Linné tenaient à ses hautes facultés. Il 
se hâta souvent trop de généraliser; mais il avait trop bien ob¬ 
servé la nature pour ne pas admettre toujours les exceptions. 



6a - LI N N 

S’il parla trop en législateur, l’assentiment de tous les savans 
justifia cette sorte d’usurpation. 

On a souvent reproché à Linné d’avoir sacrifié l’étude des 
rapports naturels à son système.' Mais l’a-t-il jamais présenté 
autrement que comme une méthode purement artificielle ? 
Se proposait-il autre chose que de conduire par un chemin aussi 
facile, aussi sûr qu’on peut l’espérer, à la connaissance de chaque 
végétal, à ce qu’il appelait le diagnostic de la plante? Quel¬ 
que cher que lui fût son système, il n’én sentit pas moins, n’en 
exprima pas moins avec plus d’énergie qu’aucun autre tous les 
avantages delà méthode naturelle, qu’il appelait primum etul- 
timum in botanicis desideratum. Mais il ne pensait pas que les 
bornes de l’esprit de l’homme pussent jamais lui permettre de 
Concevoir dans son ensemble le plan sublime de la nature. Il ne 
le 1 croyait propre qu’à en saisir quelques fragmens. L’essai de 
méthode naturelle qu’il a publié^ sous le titre de Fragmenta me- 
thodi naturalisé Phil. bot. Voyez aussi Prœlect. in ord. natur . 
plant.) , n’en est pas moins le premier travail important donné 
sur.cette, manière de considérer le règne végétal, et l’origine 
des progrès qu’elle à faits depuis, entre les mains des deux 
Jussieu, des Adanson', des Lamarck, desVentfenàt, des De- 
candolle, etc. Le système sexuel avait principalement occupé 
sa jeunesse, l’âge et la réflexion le ramenèrent à la méthode 
naturelle. 11 en sentit tout le charme, toute la supériorité, et 
l’étude des familles fut le délassement de sa vieillesse. Il se 
plaisait à faire sur cet,objet des leçons particulières à ses élèves 
les plus chers et les plus intimes. Empressons-nous de lui rendre 
une justice qu’on lui a trop souvent refusée, en affectant même 
d’oublier son nom parmi ceux des fondateurs de cette méthode, 
et reconnaissons qu’aucun point de vue essentiel en botanique 
ne lui avait entièrement échappé. 

Une seule réflexion suffit pour faire apprécier le point où 
Linné porta la botanique par ses travaux: c’est que la physio¬ 
logie végétale et la composition des familles sont les seules 
parties de la science qui ayent fait depuis lui des progrès réels. 
L’instabilité que des idées exagérées de précision ont fini par 
introduire dans la circonscription des genres et dès espèces et 
dans la langue descriptive, est la preuve incontestable que ces 
parties sont loin d’avoir rien gagné. La nomenclature linnéenne 
n’est-elle pas encore, en quelque sorte, le seul lien qui unit les 
nomenclatures sans accord des modernes? Dans les inutiles ét 
incohérentes additions faites chaque jour à la terminologie, 
presque rien n’est devenu d’un usage universel. On ne s’entend 
que sur les termes employés par Linné. Hors de là chacun a 
les siens. La langue d’un pays ne peut être que celle que tout 
le monde y parle. 



L1NN 63 

Si à certains e'gards nous avons vu plus loin que Linné, pro¬ 
fitons-en sans orgueil. N’avions-nous pas, comme il l’a dit éner¬ 
giquement lui-même (Syst. ndt. miner. Prœf. ) l’avantage d’être 
montés sur ses épaules ? 

Ce furent le système et les écrits de Linné bientôt traduits 
.ou imités dans toutes les langues , qui rendirent la botanique 
accessible, facile, aimable, et qui en répandirent si générale¬ 
ment le goût, même parmi le sexe que la nature semble avoir 
fait, bien moins pour étudier sérieusement les fleurs, que pour 
faire comme elles l’ornement de la terre. 

Dans cette longue série de travaux, il n’en est aucun qui, 
seul, n’eût suffi pour fonder une réputation durable; tous en¬ 
semble ne sont cependant qu’une partie des titres de Linné. 
Ce qu’il a fait pour les végétaux, il l’a fait également pour les 
deux autres règnes de la nature. Le premier, il conçut la vaste 
pensée d’enchaîner dans un ordre systématique toutes les par¬ 
ties de la création ; le premier, il osa entreprendre de classer, 
de décrire tous les êtres connus, d’en offrir un tableau métho¬ 
dique, où chacun, au milieu de cette multitude infinie, pût 
être reconnu à ses traits distinctifs {Systema natures ). 

Avant lui,, quelques parties du règne animal et le règne 
minéral tout entier n’avaient jamais été régulièrement distribués 
en genres fondés sur des caractères positifsi Si, par rapport au 
dernier, son travail laissa beaucoup à désirer, ses classifications 
zoologiques peuvent être considérées comme l’origine, et en 
grande partie la base de celles qu’on suit encore aujourd’hui. 
Plusieurs n’ont subi que peu de modifications importantes. Il 
créa la langue et la nomenclature de toutes les branches de 
l’histoire .naturelle. 

Dans divers autres ouvrages (Hortus cliffortianus, Hortus 
upsaliensis , Bibliotheca botanica , Critica botanica , Fauna. 
suecica , Amænitates academicœ, etc. ), tour h tour naturaliste, 
médecin, économiste, érudit, Linné se montre toujours éga¬ 
lement au-dessus de la foule des écrivains, toujours philoso¬ 
phe, toujours lui-même. 

L’histoire qu’il a publiée de plusieurs de ses voyages , par 
l’exactitude, par la variété des observations, par l’intérêt qu’il 
sait donner aux moindres événenjens, peut servir de modèle en 
ce genre. C’est surtout depuis lui que les voyages sont devenus 
savans et solidement instructifs; les conseils qu’il donne au 
voyageur, dans une dissertation des Aménités ( 1nstructio pere~ 
grinatoris) , peuvent être comptés au nombre des causes de ce 
changement. 

§. m. — Travaux de Linné sur la médecine. — Linné ne 
s’est point élevé comme médecin à la même hauteur que comme 
naturaliste. Ses ouvrages en ce genre portent néanmoins, comme 



6/ l I.1N N 

tout ce qu'il a produit, l’empreinte d’un esprit profond et ori¬ 
ginal, et n’ont pas été inutiles au progrès de la science. 

Appelé à professer la médecine à Upsal, il n’eût probable¬ 
ment pas manqué, guidé par l’esprit systématique qui lui était 
particulier, dé ranger les maladies d’ïuie manière analogue à 
celle qu’il avait suivie pour tous les corps naturels , quand 
même il n’eût pas été précédé dans cette entreprise par Sau¬ 
vages. 11 modifia ( Généra mcrborum ), il essaya de perfection¬ 
ner la classification du professeur de Montpellier. Sans doute, 
cette application de la méthode de l’histoire naturelle aux ma¬ 
ladies , est un moyen utile d’en faciliter la connaissance ; mais 
le médecin observateur se gardera d’attacher trop d’impor¬ 
tance à ces arrangemens, toujours plus ou moins artificiels. 
Peut-on espérer, d’après des caractères conslans, de distribuer 
jamais les maladies, qui ne sont que des modifications extrê¬ 
mement variables, et le plus souvent passagères, des corps, 
dans un ordre aussi sévère, aussi exact que les corps eux- 
mêmes ? 

Linné partage les maladies en onze classes : exanthematici, 
les fièvres éruptives; critici, les fièvres proprement dites; phlo- 
gistici, les inflammations; dolores, les douleurs; mentales , les 
maladies mentales ; quiètales , les maladies avec diminution du 
mouvement ou affaiblissement des sens; motorii , les maladies 
accompagnées de. mouVemens involontaires; suprèssorii, les 
maladies accompagnées de suffocation ou de la suppression de 
quelque sécrétion; evacuatorii , les flux; déformés , les mala¬ 
dies qui amènent la difformité du corps; -vicia , les maladies 
externes. 

Si quelques-unes de ces classes sont assez naturelles, plu¬ 
sieurs autres , et surtout la dernière, n’offrent qu’un assemblage 
d’affections sans rapports. 

Le nombre des genres de maladies admis par Linné, et qu’il 
caractérise par leurs symptômes les plus essentiels, s’élève à 
trois cent vingt cinq. Il mérite, comme Sauvages, le reproche 
d’avoir érigé en maladies une foule de symptômes, et c’est un 
des services rendus à la médecine- par Culien, que d’avoir ré¬ 
duit de plus de moitié le nombre de ces genres, a 

Sa théorie médicale est d’une singularité remarquable. [Ibid. 
et Clavis medicinæ ). 

Il conçoit le corps humain comme composé de deux parties: 
l’une cérébroso-medullaire , qui, par ses prolongemens, forme 
le système nerveux ; l’autre, corticale ou vitale , qui comprend 
le système vasculaire et contient les fluides. 

A la première de ces deux parties appartiennent essentielle¬ 
ment la vie et le sentiment. Elle tire sa nourriture de la partie 
la plus subtile des fluides que lui transmet le système vascu- 



LINJÏ 65 

laire. Un principe électrique, qu’elle puise par. la respiration , 
lui donne le mouvement. 

Les fluides peuvent être viciés par des principes acescens ou 
par des fermens putrides. Les premiers, agissant sur les fluides 
séreux , occasionent les fièvres critiques; les autres, agissant 
sur le sang, causent les maladies phlogisliques. 

Lés maladies exanthématiques proviennent d’une cause ex¬ 
terne, désignée sous le nom de contagion, et-qui ne consiste 
que dans des animalcules invisibles. Linné attribue à cette 
cause même la dysenterie. 

Les pertes qu’un mouvement continuel fait sans cesse éprou¬ 
ver à la partie corticale sont réparées par les alimens. Les dé¬ 
fauts de régime sont la principale cause des maladies de ce 
système. 

Les médicamens sapides agissent particulièrement sur la 
partie corticale; les médicamens odorans, sur la partie mé¬ 
dullaire; 

Dans la thèse qu’il soutint en prenant ses-degrés , il attribue 
la cause de ces maladies à l’usage des eaux stagnantes et 
imprégnées de parties argileuses. Il paraît qu’il ne tint pas 
dans la suiLe à cette opinion. 

Ses principes sur l’allaitement maternel se trouvent dans la 
dissertation intitulée : Nutrix noverca. Tous les argumens pro¬ 
pres à engager les mères à nourrir elles-mêmes leurs enfans y 
sont rassemblés, avec quelques observations sur les maladies 
du premier âge. 

Ses opinions sur diffe'rens sujets de médecine, toujours ingé¬ 
nieuses lors même qu’elles manquent d’exactitude, sont répan¬ 
dues dans plusieurs mémoires du précieux recueil des Aménités 
académiques. 

La méthode et la brièveté distinguent surtout la. matière 
médicale de Linné de toutes celles qoi existaient alors; mais 
la précision qu’il s’est trop imposée rend cet ouvrage moins 
instructif qu’il n’aurait pu l’être. L’article des propriétés et des 
usages des médicamens y est surtout traité d’une manière, trop 
vague et trop peu développée pour être d’une véritable utilité 
au praticien. Bergius et Peyrilhe, dans des ouvrages reçus de- 
puis avec faveur,-n’ont fait cependant qu’étendre le plan de 
celui de Linné. 

Plusieurs dissertations des Aménités offrent sur divers;points 
de matière médicale des notions plus détaillées, plus instruc¬ 
tives. 

Linné a surtout fait connaître aux médecins la nécessité de 
déterminer avec soin les substances qu’ils emploient, et en.a fait 
connaître exactement plusieurs nouvelles ou jusqu’alors mal 
déterminées.- 

vi. 5 ■ 



66 LINN 

Il sentit un des premiers la nécessite' de porter plus de cri¬ 
tique qu’on ne le faisait communément dans l’étude de la 
matière médicale. C’est l’objet du mémoire intitulé : Censura 
simplicium, où sont indiqués beaucoup de médicamens qu’il 
lui paraît convenable de bannir de la médecine, et d’autres 
qu’il juge mériter d’y être introduits. 

Il regardait la fraise comme un remède efficace contre la 
goutte, dont il prétendait s’être guéri plusieurs fois par l’usage 
presque exclusif de cet aliment. Il est probable que l’agrément 
du remède lui fit illusion sur ses effets. 

Il paraît qu’il avait écrit sur l’hygiène et la diététique quelques 
■ouvrages qui n’ont point été publiés. 11 s’était particulièrement 
attaché à cette partie de la médecine. In his meæ deliciæ , dit-il, 
in hisplura collegi, quant , quodnovi, aliusullus, Un assez grand 
nombre de dissertations des Aménités offrent la preuve de son 
goût pour les recherches de ce genre. 

§. iv. —» Caractère des écrits de Linné. — Aucun homme , 
peut-être ; n’offrit un plus heureux assemblage, un plus parfait 
accord de l’esprit des grandes vues et de celui des détails, de 
l’esprit d’observation qui recueille les faits, et de celui qui en 
saisit les rapports les plus déliés. En lui accordant au degré le 
plus éminent l’esprit d’ordre et de méthode, la nature ne lui 
refusa pas, comme cela arrive si souvent, les dons brillans de 
l’imagination. Cette dernière qualité étincelle à chaque instant 
dans ses écrits, au travers des entraves de la précision systéma¬ 
tique , et malgré le laconisme sévère dont il semble s’être fait 
la loi. Un mot, une idée gracieuse font sourire l’esprit là où 
l’on n’attendait qu’unefroide analyse, qu’une sèche description. 
Une allusion aimable et riante, rapidement indiquée, donné 
un charme imprévu aux détails qui en paraissaient le moins sus¬ 
ceptibles. Plus cet éclair est fugitif, plus l’effet en est piquant. 
Qu’il dise ou non des choses nouvelles , la forme sous laquelle 
il les présente est toujours neuve, originale ; c’est toujours la 
plus propre à frapper vivement l’esprit. 

Contemple-t-il l’empire de Flore ; il se plaît à en voir les 
princes dans les palmiers, fiers de leur couronne de feuillage ; 
les nobles, dans les lys décorés de si riches couleurs ; le peuple, 
qui fait la force des états, dans les graminées utiles, mais sans 
parure et sans gloire, et qui pullulent sous le pied qui les foule. 

' Semblable à l’insecte parfait, dont elle rappelle quelquefois 
la forme et les nuances, la fleur se dégage des vertes enveloppes 
qui lui servaient de lafve, pour célébrer la fête de l’hymen. 
La corolle est un lit nuptial brillant de pourpre, d’azur et d’or; 
l’étamine, un fidèle époux, et le pistil une pudique épouse, 
qu’o-n ne voit que rarement séparés. 



6 7 


L1NN 

Les végétaux, fatigués de l’ardeur du jour, s’abandonnent la 
nuit, en repliant diversement leurs feuilles, au sommeil, comme 
les animaux. 

Les campagnes et les jardins nous offrent l’horloge et le 
Calendrier de Flore; des fleurs, en s’ouvrant ou se fermant, 
nous annoncent les heures du jour; des fleurs, en s’épanouis¬ 
sant , indiquent au cultivateur actif l’époque de ses divers 
travaux. 

C’est sous l’emblème ingénieux du développement d’une plante, 
que Linné trace en racourci l’histoire des progrès de la bota¬ 
nique. 

Mais veut-il peindre à grands traits l’ensemble de la nature, 
le spectacle de l’univers, son style alors s’aggrandit, et de¬ 
vient sublime comme son sujet. En lisant l’introduction du 
Système de la nature, on se demande avec surprise comment 
un si vaste tableau peut être compris dans un cadre si étroit, 
tant de hautes pensées dans si peu de mots. 

Personne n’a mieux senti que Linné l’immensité de la science 
et la nécessité de la resserrer pour la rendre plus substantielle. 
Avec quel art,, avec quelle singulière précision il nous montre 
tout l’homme physique, tout l’homme moral en quelques pages. 
Il n’a laissé à personne ce secret de faire en peu de lignes des 
livres entiers. 

Il donna le premier modèle de cette perfection, de çette 
sorte d’élégance du style descriptif, qui consisté principalement 
dans la brièveté, et dans un arrangement dè mots tel que l’im¬ 
pression qui en résulte se rapproche autant qu’il se peut, par sa 
rapidité et sa netteté, de celle que produirait là présence de 
l’objet lui-même. 

Quoiqu’il se soit surtout appliqué à classer, à décrire les êtres, 
une foule de mémoires des Aménités prouvent que Linné n’eût 
pas été moins capable d’écrire leur histoire. U n’existe point 
d’ouvrage où les faits les plus curieux de l’histoire naturelle 
soient présentés avec plus d’intérêt, liés avec plus d’art, que 
dans la belle dissertation de ce recueil intitulée : OEcpnomia 
natures. 

M. Sprengel ne voit qu’Aristote à qui l’on puisse comparer 
Linné. S’il n’eutpasl’universalité du philosophe grec, il n’en eut 
pas non plus l’aride et invariable austérité. On l’a souvent aussi 
comparé à notre Buffou, rival d’un génie également puissant, 
mais d’une trempe toute différente, auquel on peut lui reprocher 
de n’avoir pas su rendre justice. Observateur plus attentif, 
Linné connut mieux la nature dans toutes ses parties, pénétra 
plus avant dans ses détails, lui déroba plus de secrets; mais 
pour en tracer le tableau, il n’eut ni le pineeau facile et 

5. 



68 LIN N" 

hardi, ni la manière en même temps simple et fière, ni les 
brillantes couleurs de Buffon. L’un fut l’interprète, l’autre le 
peintre de la nature. 

Au milieu des progrès incontestables que la botanique et 
l’histoire naturelle én général ont faits depuis Linné, osons re¬ 
connaître les abus qui s’y sont introduits sous plusieurs rapports, 
abus qu’il avait cherché à prévenir par des règles fondées sur 
la plus saine logique, et trop négligées par la plupart des na¬ 
turalistes modernes. Où s’arrêteront le goût des distinctions 
minutieuses et du néologisme, l’instabilité chaque jour crois¬ 
sante de la nomenclature et de la terminologie, et l’accumula¬ 
tion monstrueuse des synonymes, qui enest le résultatinévitable? 
Quand Linné entreprit de réformer la science, le défaut d’ac¬ 
cord n’était pas plus grand, et lé nombre infiniment moindre 
des êtres connus alors rendait ce défaut moins accablant. Si le 
travail de Linné sur les genres et les espèces demande, avec 
quelques resserremens, beaucoup d’additions exigées par les 
•découvertes postérieures, il n’en est pas moins encore le seul 
qui puisse être .choisi pour point de départ, qui puisse faire la 
hase d’une réforme, tacitement désirée par ceux même qui tra¬ 
vaillent chaque jour a la rendre plus nécessaire. 

■ Quel homme doué de l’ascendant du génie, investi de l’au¬ 
torité d’un grand nom, viendra fixer enfin un terme à ce dé¬ 
sordre trop réel, réunir en faisceau des traits épars de lumière, 
séparer avec un goût sûr les véritables acquisitions de celles qui 
ne sont qu’apparentes, simplifier la science, la rendre plus so¬ 
lide en lui traçant de sages limites? Je l’ignore. En attendant, 
étudions avec spin les écrits de celui qui déjà sut une fois por¬ 
ter la lumière, ramener l’ordre, commander l’accord, établir 
dans l’étude de la nature cette heureuse uniformité que nous 
osons à peine espérer de revoir. Souvenons-nous des sages prin¬ 
cipes qu’il.a posés sur tant de points; profitons même de ses 
erreurs; ne nous écartons pas de son admirable précision des- 
eriplive au moment où le nombre si multiplié des êtres la rend 
plus nécessaire que jamais; séduits par l’amour de nouveautés 
trop souvent vaines et illusoires, ne dédaignons pas de marcher 
sur ses traces, n’abandonnons pas légèrement la route qui l’a 
conduit si près du but; aggrandissons , perfectionnons, ne 
renversons pas. Pénétrons-nous surtout de cet esprit des sciences 
naturelles que nul homme ne posséda' daus un degré plus 
éminent. 

On a souvent répété, d’après Quintilien, que c’était avoir 
déjà profité dans l’étude de l’éloquence, que dé se plaire à la 
lecture de Cicéron. Je ne crains pas de dire de même que c’est 
beaucoup en histoire naturelle que de sentir le mérite des écrits 



LINff 69 

, de Linné , dont il nous reste a présenter l’énumération biblio¬ 
graphique. 

Systema natures, sire régna tria rezturœ systematici proposîta, per 
classes, ordines , généra et species. Leyde, 1735, in-fol. 

Cette première édition, aujourd’hui fort rare, n’a que douze pages, 
et n’est que l’esquisse des suivantes. Elle fut publiée par les soins de 
Jean-François Gronovius et d’Isaac Lawson. Jean Lange l’a réimprimée 
. ^ Halle, 174°) in-4 0 . oblongj, en y ajoutant les noms allemands aux 

On compte douze éditions successives du Systema naturœ, publiées 
du vivant de Linné , mais dans le nombre desquelles quatre seulement, . 
imprimées à Stockholm, ont subides changemens. Ce sont celle de 1740 
{seconde), in-8°. de quatre-vingts pages, donnant déjà les caractères gé¬ 
nériques des animaux; celle de 1748 ( sixième), in-8°. de deux cent trente- 
deux pages, avec huit planches, dans laquelle où trouve pour la pre¬ 
mière fois les caractères des genres de plantes et ceux des espèces ani¬ 
males et minérales ; celle de 1758-1759 {dixième), 3 vol. in-8 0 ., à laquelle 
sont ajoutés les synonymes dans le règne animal, et les espèces dans le 
règne végétal ; enfin celle de 1766-1768 {douzième) , 4 vol. in-8°. 

Les sept autres ne sont que des réimpressions de ces quatre dernières ; 
ainsi celle de 1740, l’a été par Bernard de Jussieu (Paris, 1744» 
in-8°.) et M.-G. Agnelhler (Halle, 1747 , in - 8°.), qui ont subs¬ 
titué aux noms suédois, le premier les noms français, et le second 
les noms allemands. Celle de 1748 l’a été ( Léipzick , “1748, in-8°) avec 
addition des noms allemands ; elle a été traduite en suédois ( Stockholm, 
!753 , in-8°. ) par J.-J. Harimann et H. Moeller ; Gronovius le jeune l’a 
aussi publiée, avec peu d’additions sur le règne animal, et les dénomi¬ 
nations françaises (Leyde-, 1786, in-8 0 .); son travail a été réimprimé- 
(Lucques, i758,in-8°.) avec les Fundamenta bota'nica et les Sponsalia 
plantarum .-Celle de 1758 l’a été à Halle (1760, 2 vol. in-8®. ) avec une 
préface de J.-J. Lange, puis à Léipzick (1762, in-8°. ) avec beaucoup 
de fautes, quoique Linné lui-même eomplât celte réimpression pour la 
onzième édition ; plus tard à La Haye (1765, in-fol.),'avec de mauvaises 
planches; enfin celle de 1766 l’a été à Vienne (1767-1770, 3vol. in-8 0 .),. 
et à Halle ( 1770, in-8°. ). . 

Cet ouvrage a été traduit en hollandais par F. Honttuvn, Amsterdam , 
P. I, vol. I-XVIII, 1761-1773; P. II, vol. I-XIII, 1774-1780, in-8°.. 
- en allemand par P.-L.-S. Mueller, Oelhafen et G.-G.-F. Panzer, Nu¬ 
remberg, 1773-1775, et 1796-1809, 11 vol in-8°.-en anglais par 
G. Turton, Londres, 1806, 7 vol. in-8°. 

La treizième édition est due à J.-F. Gmelin (Léipzick , 1788- 1793*, 
10 vol. in-8 0 .). Cette édition, réimprimée à Lyon ( 1789-1796, in-8°.) ,. 
et ailleurs , est considérablement augmentée, mais déparée par beaucoup 
d’inexacLitudes. Ce n’est plus en grande partie le travail de Linné : la- 
partie minéralogique est la plus estimée. 

La partie botanique du Systema naturœ compte aussi plusieurs édi¬ 
tions qui lui sont propres. Jean-André Murray en a donné deux à Geet- 
tingue, l’une en 1774, l’autre en 1784, toutes deux in-8°. sous le litre 
de : Systema vegetabilium, et avec la désignation de 13 e et de i4° édit-, 
Scannagata a réimprimé celle-ci à Parie, mais en négligeant les espèces;. 
La réimpression de Gœttingué (1797 , in-8°. ) , quoique portant le titra 
de i5 e édition, n’offre aucun changement. On en doit une édition à 
J.-J. Reichard ( Francfort-sur-le-Mein, 1779 1780, 4 vol. in-8°.). Il en a- 
paru une à Paris.( 1798, in-8°.); c’est le second volume dû Systema- 
naturœ , augmenté et corrigé d’après les notes de Linné confiées à Murray.- 



lantarum naturalibus. differ 
.-fol. 

Viiidarium Clifforlianum. A 
Flora lapponicd. Atnsterdar 


Strunipff (ioqo genres). - Stockb 
l. 1,64, in-8». (1289 genres ).-Vi 
; réimpression , aussi bien que la pri 
-Francfort, 1778, in-8°., par J. 
. in-8°.. par J.-C.-D. Schreber 
, par Th. Hacnke. - Trad. en aile 
1785, 2 vol. in-8°. 
ollarium generum plantarum • Ley 
thodus sexualis. Leyde, 1737 , in-{ 
ïc le précédent. 

'.ica bolanica in quâ nomina plant 
a examini subjiciuntur. Leyde, 1 ; 

sss plantarum , seu systemata pla 
pta , quorum XVI universalia , i. 
iita secundum classes , ordines , 
is methodi et synonymis generic; 


Arledi icluhyolut 







LINN 7 i 

theca ichthyologica , généra piscium , synonyma specierum. et Üescrip- 
tcones ; omnia in hoc généré perfèctiora quant anleà ulla. Leyde, 1738, 
in-8°.-Gripswald, 1788 -1791,3 yol. in-4°. par J.-J. Wablbaum. - 
Francfort et Léipzick, 1789, in-4°. par J.-G. Schneider. 

Tal om merhwaerdigheten uli Insecterne. Stockholm, 1739, in-8°. - 
Ibid. 1747, in-8 °.-Ibid. 1752, in-8°. -Trad. en hollandais, Leyde, 1741, 
in-8°.-en latin par Abraham Bueek, Paris, 1743, in-8°. 

Oratio quâ peregrinationum intrà patriam asseritur nécessitas. Upsal, 
1742, in-4°.-Leyde, 1743,10-8°. 

Betula nana : Resp. Laur.-M. Klase. Upsal, 1743, in-8°. 

Ficus , ejusque hisloria naturalisée medica : Resp. C. Hegardt. Upial, 

1744, in-8°. 

Peloria : Resp. D. Rudberg. üpsal, 1744, 

Oratio de, telluris habitahilis incrementa. Leyde, 1744, in-S°. 

Corallia baltica : Resp. H. Fougl. Upsal, 1745, in-8°. 

Amphibià gyllenborgiana : Resp. B.-R. Hast, üpsal, 1745 , in-8°. 
Planlœ Martine - Burserianœ explicatce : Resp. R. Martin. Upsal., 
i745,in-8 0 . 

Horcus Upsaliensis : Resp. S. Naucler. Upsal, !745, in-8°. 

Passiflora : Resp. J.-G. Hallman. Upsal, 1745 , in-8°. 

Anandria: Resp. E.-Z. Tursen. Upsal, 1745, in-8°. 

Acroslichum : Resp. J.-B. Heiligtag. Upsal, 1745, in-8°. 

Oelanska och Gothlanska Resa. Stockholm et Upsal, 1745, in-8°. - 
Trad. en allemand par J.-C.-O. Schreber, Halle, 1763., in-8°. 

Flora suecica exhibens plantas per regnum Sueciœ crescentes , syste- 
maticè cunîdijfferentiis specierum, synonymis auctorurn, nominibus in- 
colarum, solo locorum , usu pharmacopœorum. Leyde, 1745, in-8°. - 
Stockholm, 1755, in-8°. 

Fauna suecica , sistens animalia Sueciœ regni, mammalia, ânes , am- 
phibia , pisces, insecta , vermes , distribula per classes , ordines , généra 
et species. Stockholm, 1746, in-8°. - Ibid. 1761, in-8°.- Léipzick , 1800, 
in-8°. par A.-J. Retz. 

Musœum Adolpho-Fridericianum : Resp. L. Balk. Upsai, x74'i, in-8°. 
Sponsàlia plantarum : Resp. J.-G. Wahlbom. Upsal, I ni\C >, in-8°. 
TVastgœta resa af ricksens staenders besalningforraetad. Stockholm , 

1746, in-8°. -Trad. en allemand par J.-C.-D. Schreber, Halle, 1765, in-8°. 
Flora Zeylonica sistens plantas indiens Zeyloniæ insulte , quee olim 

.1740-1677 lectce fuere à Paulo Hermanno, demum posl 70 annos ab 
A. Gunthero orbi redditœ, Stockholm, 1747, in-8°. - Amsterdam: cl 
Léipzick, i748,in-8°. 

Vires plantarum : Resp. F. Hasselquist. Upsal, 1747 , in-8*. 

Nova plantarum généra : Resp. C.-M. Dassow. Upsal, 1747 , in-8°. 
Dissertatio de crystallorum générations : Resp. M. Koehler. Upsal,. 

1747, in-8°. 

Horlus Upsaliensis exhibens plantas exolicas , horto Upsaliensis Aca¬ 
démies à C. Linnceo illatas ab anno 1742 in annum 1748, additis diffe- 
rentiis , synonymis , habitationibus , hospitiis , rariorumque descriptioni- 
bus. Stockholm, 1748, in-8°. „ 

Surinamensia Grilliana : Resp. P. Sundius. Upsal, 1748, in.8°. 

Flora œconomica : Resp. E. Aspelin. Upsal, 1748, in-8°. 

Dissertatio de curiositate nalurali : Resp. O. Soederberg. Upsal, 1748 , 
in-8“. 

Dissertatio de teerââ : Resp. G. Dubois. Upsal, 1748, in-8°. 
ÙEconomia natures : Resp. J.-J. Biberg. Upsal, 1749, in-8°. 

Lignum cqlubrinum : Resp. J.-A. Darelius. Upsal, 1749, in-8". 
Dissertatio de générations calçùli . Resp. J.-O. Hagstroem. Upsal , 
1749, in-S°; 









LINN >j3 

Khabarbarum : Resp. S. Ziervogel. Upsal, 17S2, in-8°. 

Quœstio historico-naturalis : Cui bono? soluta : Resp. C. Gedner. Upsal, 
1702 , in-8°. 

Hospita insectorum flora : Resp. J.-G. Forsskahl. Upsal, 1752, in-8°. 
Nulrix noverca : Resp. F. Lindberg. Upsal, 1752, in-8°. 

Miracula insectorum : Resp. G.-E. Auelin. Upsal, 1752, in-8°. 

Noxa insectorum : Resp. M.-A. Eaechner. Upsal, 1752, in-8®. 
Fernàtio arborum : Resp. H. Burck. Upsal, 1753, in-8°. 

Incrementa bouinices proximè prœterlapsi semiseculi : Resp. J.Bjuur. 
Upsal, 1753, in-8». 

Demonstraliones plantarum in horto Upsaliensi MDCCLIII : Resp. 
J.-C. Hojer. Upsal, 1763, in-8°. 

Uerbaliones Upsalienses : Resp. A.-N. Fornander. Upsal, 1753, in-8». 
Instructiomusei rerum naluralium : Resp. D. Hultman. Upsal, 1753, 
in-8». 

Plantœ officinales : Resp. N. Gahn. Upsal , 1753, in-8". 

Censura medicamentorum simplicium vegetabilium ; Resp. G.-J. Carl- 
ioAnz. Upsal, 1753, in-8». 

Cynographia : Resp. E.-M. Lindecranlz. Upsal, 1703, in-8°. 

. Stationes plantarum : Resp. A. Hedenberg. Upsal, 1753 , in-8». 

Flora anglica : Resp. J.-O. Grufberg. Upsal, 1753 , in-8». 

Herbarium Amboinense : Resp. 0 . Stickrnan. Upsal, 1753 , in-8». 
Dissertatio de methodo investigandi vires medicamentorum chemica : 
Resp. L. Hjortzberg. Upsal, 1783, in-8». 

Consectaria electrico-medica ; Resp. P. Zetzell. Upsal, 1753, in-8». 
Cervus Rheno : Resp. C.-F. Hoffiberg. Upsal, 1753, in-8». 

Ovis : Resp. J. Palmaerus. Upsal, 1753, in-8». 

Dissertatio de mure indico : Resp. J.-J. Naumann. Upsal, 1753, in-8». 
HorLicultura academica : Resp. J.-G. Wollratb. Upsal, 1763, in-8». 
Chinensia Lagerstroemiana : Resp. J.-L. Odhelius. Upsal, 1753, in-8®. 
Species plantarum exhibens plantas rite cognitas, ad généra relatas , 
cum differentiis specificis , nominibus trivialibus ,■synonymis selectis, loris 
natalibus, secundum syslema sexuale digestas. Stockholm, 1753,2 vol. 
in-8». - Florence, 1756, in-8®. par L. Manetti. - Stockholm , 1762-1763, 
2 vol. in-8».-Vienne , 1764, 2 Vol. in-8». - Berlin, 1797-1810, 5 vol. 
in-8®. divisés en dix parties par C.-L. Willdenoiv. 

Muséum Tessinianum. Stockholm , 1753 , in-fol. 

Muséum regis Adolphi-Friderici ; in quo ariimalia rariora, imprimis 
exolica , quaarupedia , ares , amphibia , pisces ., insecta , vermes descri- 
luntur et delerminantur. Stockholm, 1754, in-fol. 

Centuria I plantarum : Resp. A.-D. Juslenius. Upsal, 1755 , in-8®. 
Cenluria II plantarum : Resp. E. Torner. Upsal, 1755, in-8®. 
Metamorphosis plantarum : Resp. N.-E. Dahlberg. Upsal, 1755, in-8®. 
' Somnus plantarum : Resp. P. Bremer. Upsal, 1755, in-8». 

Fungus melitensis : Resp. J. Pfeiffer. Upsal, 1755, in-8®. 

‘ Flora palestina : Resp. B.-J. Slrand. Upsal, 1766, in-8®. 

Flora alpina: Resp. N.-N. Amann. Upsal, 1756, in-8®. 

Elementa botanica. Upsal, 1766, in-8”. par Solander. 

Calendarium Florœ : Resp. A.-M. Berger. Upsal, 1756, in-8®. 
Dissertatio de pulsu intermittente: Resp. A. IFahlin. Upsal, 1756, 
in-8®. 

Flora Monspeliensis : Resp. T.-E. Natkhorst. Upsal, 1756, in-8®. 
Fundamenta valeludinis : Resp. P. Engslroem. Upsal, 1756, in-8®. 
Specifica Canadcnsium : Resp. J. von Cœlln. Upsal, 1756, in-8®. 
Dissertatio de acetariis : Resp. II. von der Burg. Upsal, 1766, in-8®, 
Dissertatio de pkalœnâbombyce : Resp. J. Lrman. Upsal, 1786, iri-8®. 
Migrationes avium : Resp. C.-D, Elmarck. Upsal, 1767, in-8®. ■ 





■j4 linn 

Morbi expeditioriis classicce MDCCLVI : Resp. P. Bierchen. Upsal , 
1757 , in-8°. 

Febris Dpsaliensis : Resp. A. Bostræm. Upsal, 1757 , in-8°. 
Prodromus Flores danicœ : Resp. G.-T. Holm. Upsal, 1757, in-8®. 
Dissertatio de peine dieetetico : Resp. J. Svensson. Upsal, 1767, in-8®. 
Dissertatio de naturâ petagi : Resp. J.-H. Hager. Upsal , 1757, in- 8 ®. 
nia ■ Resp. A.-R. Martin. Upsal, 1757, in-8°. 

•mata vira : Resp. J.-C. Myander. Upsal, 1757 , in-8®. 

•mentorum : Resp. F 


^Culina mutata: Resp. M.-G. Oesterman. Upsal, 1767, iu-8°. 
Hasselquistii iler Palœstimim , ella resa til heliga landet. Stockholm, 

1758,10-8°. 

Lœjfflingii iler Hispanicum, eller resa til Spansha leenderna. Stock¬ 
holm , 1758, in-8°. 

Spigelia anthelmia : Resp. J.-G. Colliander. Upsal, .1758, in-8°. 
Dissertatio decorticeperaviano : Resp. J.-C.-P. Petersen. P. I, Upsal, 
1758 ; II, Gripswald, i 7 63, in-8°. 

Frutetum suecicum : Resp. D-M. Virgander. Upsal, 1758 , in-8°. 
Médicamenta graveolentia : Resp. J.-T. Faeraeus. Upsal, 1758, in-8®» 
Pandora inseclorum : Resp. F.-O. Rydbeck. Upsal, 1758, in-8°-, 
Senium salomoneum : Resp. J. Pilgren. Upsal, 1759, in-8®. 

Auctores botanici: Resp. A. Loo. Upsal, 1769, io 8®. 

Instruclio peregrinatoris : Resp. R.-A. Nordblad. Upsal, ^Sg^dn-S®. 
Plantes tinctorial : Resp. R. Joerlin. Upsal, 1789, in-8°. 

Animalia composite : Resp. A. Baeck. Upsal, 1759 , in-8°. 

Flora capensis : Resp. C.-H. PFaennmann. Upsal, 1769, in-8®. 
Ambrosiaca : Resp. J. Hideen. Upsal, 1759, in-8°. 

Arboretum suecicum : Resp. D -D. Pantin. Upsal, 1759, in-8°. 


75g, il 


Flora Jamaicensis -.Resp. C.-G. Sandmark. Upsal, 

Air habitabilis : Resp. J.-V. Siefvert. Upsal. 1769, in-8°. 

Nomenclator botanicus : Resp. B. Berzelius. Upsal. 1769, in-8 c 

Dissertatio de pinguedine animali : Resp. J. Lindh. Upsal, i> ® 

Politia natures: hesp. H.-C.-D. JVilcke. Upsal, 1760 , in-8®. 

Theses medicee : Resp. J.-C.-D. Schreber. Upsal, 1760, in-8*. 

Anthropomorpha : Resp C.-R. Hoppius. Upsal, 1760, in-8°. 

Flora Belgica : Resp. C.-F. Rosenthal. Upsal, 1760, in-8°. 

Macellum olitorium : Resp. P. Jerlin. Upsal, 1760, in-8°. 

Prolepsis plantarum : Resp. H. Ullmark. Upsal, 1760, in-8°. 

Plantes rariores Africanee : Resp. J. Printz. Upsal, 1760 , in-8°. 

Disquisitio quæstionis ab academiâ imperiali scientiarum Petropoli- 
tanâ in annum iqSg pro prcemio proposilœ : se.xum plantarum arguments 
et experimenlis noms preeter adhuc jam cognita corroborare vcl impug- 
nare. St.-Pétersbourg, 1760, in-4 0 . -Trad. en anglais par J.-E. Smith, 
Londres, 1786, in-8®. 

Diœla acidularis : Resp. R. Figelius. Upsal, 1761 , in-8®. 

Inebriantia : Resp. O.-R. Alander. üpsal, 1761 , in-8°. 

Potus coffeœ : Resp. H. Sparschuck. Upsal, 1761, in-8°. 

Morsura serpenium : Resp. J.-G. Acrell. Upsal, 1762, in-8°. 

Termini botanici: Resp. j. Rlmgren. Upsal, 1762 , in 8°. -Edimbourg, 
1764 ,in-8 0 .-Léipiick, 1767, in-8®.- Hambourg, 1781, in-8®. -Erlanguo, 
1789, in-8®. . 

Planta alstrœmeria : Resp. J.-P. Falek. Upsal , 1762, in-8®. 





LINN 7 5 

i.-M. Hall. Dpsal, 176a, in-8°. 

’onis ; Resp. J.-M. Graeberg. Upsal, 1762, 

Disscrtalio de melo'è vesicatorio : Resp. C.-A.Lehaeus. Upsal, 1762, 

Refbrmatio botanices : Resp J.-M. Reftelius. Upsal, 1762, in 8°. 
Généra morborum. Upsal, iy 63 , in-8°. - Hambourg et-Gustrow, 1773, 
in-8°. par J.-C. Kersten. -Montpellier, 1787, in- 4 °. par Gonan. 
Dissertatio de raphaniâ : Resp. G. Rothman. Upsal, 1763, in-8°. 
Fructus esculénti : Resp. J. Salberg. Upsal, 1763, in-8°. 

Lignum quassiœ : Resf * 1 ‘ n - 

Centuria insectorum r 


x : Resp . C.-M. Blom. Upsal, 1763, in-8°. 
lorum rariorum : Resp. R. Johansson. Upsal, 1763, 

Dissertatio de prolepsi plantarum : Resp. J.-J. Ferber. Upsal, 1763, 

Motus polychrestus : Resp. C. Lado. Upsal, 1763, in-4°. 

Horlus culinaris : Resp. J.-C . Tengborg. Upsal, r764, in-4 0 .' 

Spiritus frumenti : Resp. F. Bergius. Upsal, 1764, in-8“. 

Dissertatio de dîœtâ per scalam celatis humante observandâ : Resp. 
D.-J. Ohrqvist. Upsal, 1764, in-8°. 

Opobalsamum declaratum in dissertalione medicâ : Resp. G. Lemoine. 
Upsal, 1764, in-8°. 

Muséum S. R. M. Ludovicœ Ulricce, Reginœ Suecorum , etc., in quo 
animalia rariora, exotica , imprimis inseeta et conchylia describuntur et 
determinanlur , prodromi instar editum. Stockholm , 1764 , in-8°. 
Dissertatio de hirudine : Resp. D. Weser. Upsal, 1765, in-8°. 
Fundamenta ornitkologica : Resp. A.-P. Bacekman. Upsal , 176b, 

Circâ fervidorum et gelidorum usum parœnesis : Resp. C. Ribe. Upsal, 
1765, in-8°. 

Morbi artifîcum : Resp. N Skragge. Upsal, 1765, in-8°. 

Dissertatio de leprâ : Resp. J. Ùddman. Upsal, 1765, in-8°. 
Dissertatio de polit chocolatæ : Resp A. Hoffman. Dpsal, 1765, in-8°. 
Potus iheœ : Resp. P.-C. Tillaeus. Upsal, 1765, in-8*. 

Purgantia indigena : Resp. P.Strandman. Upsal, 1766, in-8°. 
Dissertatio demonstrans necessilatem promovendœ historiée naluralis 
in Rossiâ : Resp. A. de Karamyschew. Upsal, 1766, in-8°. 

D'sus historiœ naturalis in vitâ commuai : Resp. M. Aphonin. Upsal, 
*766, in-8°. 

Siren lacerlina : Resp. A. Osterdam. Upsal, 1766, in-8°. 

Dissertatio de effeclu et cura vitiorum diœteticorum generali : Resp. 
J.-G. Bergman. Upsal, 1766, in-8°. 

Usus muscorum : Resp. A.-II. Berlin. Upsal, 1766, in-8°. 

Claris medicinœ. Upsal, 1766, in 8°_ 

Mundus invisibilis : Resp. J.-C. Roos. Upsal, 1767, ' 

Dissertatio de hœmoptysi ” ' " 

Dissertatio de % 

1767, in-8°. 

Fundamenta agrostographiœ : Resp. H. Gahn. Upsal , 1767 , in-8°. 
Menthæ usus : Resp. C.-G. Laurin. Upsal, 1767, in-8°. 

Fundamenta entomologiœ : Resp. A.-J. Bladh. Upsal, 1767, i 
Londres, 17.72, in-8°. par G. Cnrtis. 

norphosis ’ -”■ r * 


iptysi: Resp. J.-M. Graeberg. Upsal , 1767, in-8*. 
s resorbentibus : Resp. C.-P. Thunberg. Upsal, 


, in-8°. - 


Metamorphosis humana : Resp. J.-A. Wadstroem. Upsal, 1767 , in-8». 
Dissertatio de varietate ciborum : Resp. A.-F. JVedenberg. Upsal, 
1767,10-8°. 

Mantisse plantarilm. Stockholm, 1767, in-8°. 

Rariora Noruegiæ : Resp. H. Tonning. Upsal, 1768, in-8 0 . 



7 6 LINN 

Dissertatio de coloniis planlarum : Resp. J. Plygare. Upsal, 1768, 
in-8°. . 

Dissertatio de medico sui ipsius : Resp. J. Grysselius. üpsal, 1,768, 

Dissertatio de tnorbis nautarum Indice : Resp. C.-H. Waenman. üpsal, 
1768, in-8°. 

lier in Chinant : Resp. A. Sparrman. Upsal, 1768, in-8°. 

Flora Akeroensis : Resp. C.-J. Liait. Upsal, 1769, in-8°. 

Rrica : Resp. J.-A. Dahlgren. Upsal, 1770, in-S°. 

Mantissa altéra , cum appendice regni animalis. Stockholm, 1771, 

Dulcamara : Resp. G. Hallenberg. Upsal, 177X, in-8°. 

Pandora et jlora Rybyensis : Resp. D.-H, Soederberg. Upsal, 1771, 

Fundamenta testaceologiæ : Resp. A. Murray. Upsal, 1771, in-8°. 

Dissertatio de varia febrium intermittentium curalioné : Resp: P.-C. 
Tillaeus. Upsal, 177.1 ,in-8°. 

Respiratio diœtetica : Resp. J. Ullholm. Upsal, 1772, in-8°. 

Dissertatio de hœmorrhagiis ex plethorâ : Resp, R.-J.-M. ab Heiden- 
stam. Upsal, 1772, in-8°. 

Fraga vesca : Resp. S.-A. Hedin. Upsal, 1772, îd-8 0 . 

Observationes in materiam medicam : Resp. J. Lindwall. Upsal, 

Dissertatio de suiuris vulnerum in genere : Resp. C.-E. Boeder. Upsal, 

Planta cimicifiga : Resp. J. Hornborg. Upsal, 1774, in-8°. 

Esca avium domesticarum : Resp. P. Holrnberger. Upsal, 1774, in-8°. 

Dissertatio de maro : Resp. J.-A. Dahlgren. Üpsal, 1774 , in-8°. 

Viola ipecacuanha : Resp. D. Wickman. Upsal, 1774, in-8°. 

Plantœ Surinamenses : Resp. J. Alm. Upsal, 1776, in-8°. 

Dissertatio de ledo paluslri : Resp. J.-P. Westring. Upsal, '1775, 

Opium: Resp. G.-E. Georgii. Upsal, 1775, io-8°. 

Dissertatio de scorbuto : Resp. E.-D. Salomon. Upsal, 1776, in-8°. 

Médicamenta purgantia : Resp. J Rotheram. Upsal, 1778, in-8°. 

Dissertatio de perspiratione insensibili : Resp. N. Avellàn, Upsal, 
1775,111-8°. 

Canones medici : Resp. S.-A. Hedin. Upsal, 1778, in-8°. 

Dissertatio entomologica bigas insectorum sistens : Resp. A. Dahl. 
Upsal, 1775, inr8°. , 

Planta aphyteia : Resp. E. Acharius. Upsal, 1776, in-8°. 

Hypericum : Resp. C.-N. Hellenius. Upsal, 1776, in-8°. 

Prœlectiones in ordines naturales plantarum. Hambourg , 1792, iu-8°. 
par P.-D. Gisecke et Fabricius. 

Collectio epislolarum, quas ad viras ilbislres et clarissimos scripsit Car. 
a Linné. Accédant opuscula pro et contra virum immortalem scripta, 
extra Sueciam rarissima. Hambourg, 1792, in-8°. par H.-L. Stoever. 

Lachesis lapponica, or a tour in Lappland. Londres, 1811 , in-8°. 
par J.-E. Smith. , ( a.-'l. mauquis ) 

LINNÉ (Chasles de) , fils du. précédent, né en 1 j/\i, fut, 
très-jeune encore, adjoint,.pour la chaire de botaniqued’Upsal, 
h son père, qui lui confia le soin de publier la description , ac¬ 
compagnée de figures, de plusieurs plantes rares du jardin de 
cette ville. Après la mort du célèbre Linné, son fils lui succéda, 
ainsi que comme professeur de médecine, et obtint quelques 





autres emplois. Il résigna par la suite la chaire de botanique à 
Thunberg. Aux vertus de son père, Linné fils joignait une ins¬ 
truction solide et un esprit juste; mais il fut arrêté dans la 
carrière des sciences par la timidité de son caractère et par sa 
mauvaise santé. Il mourut en 1783. 

Élisabeth-Christine, l’une des filles de Linné, et sœur du 
précédent, est connue par l’observation des étincelles qu’on voit 
quelquefois, à l’entrée de la nuit, jaillir des fleurs du tropceo- 
lum majus, phénomène qu’elle fit remarquer à son père et au 
physicien Wilcke, qui l’attribua b l’électricité (Mém, de l’A¬ 
cadémie de Stockholm, 1772). 

Les ouvrages dé Linné fils sont : 


Plantarum rariorum horti Upsaliensis décos I. Stockholm, 1762, 
in-fol. - Decas U, Ibid. i 7 63. 

Plantarum rariorum horti Upsaliensis Jasciculus I. Léipzick , 1767, 
in-fol. 

Suvplementum plantarum. Bronswick, 1781, in T 8°. 

Dissertaliones botanicœ. Erlangne , 1790, in-8°. 

Dissertatio illustrons nova graminum généra. Upsal, 1779, in-4°. 

Dissertalio de lavandulâ. Upsal, 1780, in-4 0 . 

Methodus muscorum ilUistrata. Upsal, 1781, in-4 0 . (a.-l. marquis) 

LIPÀRI (Michel), médecin italien du dix-septième siècle, 
était de Messine, en Sicile. Quoique prêtre, il exerça l’art de 
guérir tant b Naples que dans sa ville natale^ où il remplit 
même une chaire de médecine théorique avec distinction , et 
mourut le 10 mars 1676, sur un échafaud, pour s’être impli¬ 
qué dans les troubles de la guerre qui désola le royaume de 
Sicile, quand Messine eut imploré la protection de la France 
contre le despotisme des vice-rois espagnols. L’ouvrage sui¬ 
vant, le seul qu’il ait publié, est dirigé, en grande partie, contre 
le célèbre Malpighi : 

Galenistarum triumphus novatorum medicorum insanius Junditùs era- 
dicans. Cosenza, i665, in-4°.-Venise, 1666, in-4°. (o.) 

LIPSIUS (David), médecin d’Iska, ville du Brabant, alla 
faire ses études médicales en Allemagne, et prit le grade de 
docteur b Heidelberg. 11 florissait b la fin du seizième et au 
commencement du dix-septième siècles. On lui doit, outre une 
édition augmentée du Diarium medicum, c’est-à-dire de la 
Bromatologie de Barth. Hubner (lé'na, 1607, in-8 0 .), les ou¬ 
vrages suivans : 

De hydropisis ejusque specierum cognitione et curatione galenieo- 
spagyrica. Léipzick, 1620 , in-4°. 

Dissertatio de antipathiis singularibus. Iéna, 1678, in-8°. 

Cette dissertation a été insérée dans les Miscellanea de Smetius. L’au¬ 
teur cherche à y prouver, par des faits, et plus encore par les raison- 



r -,8 LISC 

nemens, qu’un homme peut vivre sans manger, non-seulement quelques 
jours et quelques mois, mais même plusieurs années. (o.) 

LIPSTORP (Christophe), né à Lubeck, le 19 septembre 
i634, fit ses éludes à Rostock et à Iéua, parcourut ensuite 
l’Allemagne, l’Italie et la Hollande, et prit le grade de doc¬ 
teur à Padoue, en i656. De retour dans sa patrie, il obtint, à 
Stade, l’emploi de médecin pensionné, auquel il renonça, en 
i683, pour aller s’établir à Hambourg. C’est dans cette dernière 
ville qu’il termina sa carrière, le 17 août 1690, après avoir 
inséré une observation sur une vache à deux têtes, dans les 
Ephémérides des Curieux de la nature, et publié les opuscules 
suivans. 

Dissertatio de morbis mulierum. Iéna, i655, in-4®. 

Bedenken von der Pestilenz mit angefuegten Bericht wie man sick 
Jiier dersslben verwahren auch wenn man angesteckt curieren koenne 
auf Begehren des Rahtes zu Stade. Stade, 1664 , in-4”. 

Bedenken von der rothen Ruhr und giftigen hitzigen Fiebern. Stade , 
1676, in-4®. (o.) 

LIPSTORP (Gustave-Daniel), fils du précédent, vint au 
monde à Stade, le 7 décembre 1664. Après avoir étudié la 
médecine à Francfort-sur-l’Oder, il fit une excursion en Hol¬ 
lande, prit le bonnet doctoral à Leyde, et visita ensuite l’An¬ 
gleterre, la France et l’Italie. Lorsqu’il revint dans sa patrie, 
il y fut nommé- médecin pensionné. On a de. lui : 

Dissertatio de animalculis in humano çorpore genitis. Leyde, 1687, 
in-4°. (o.) 

LIPSTORP (Henri), fils d’un jurisconsulte assez célèbre , 
vit le jour à Rostock, en 1666. Il s’appliqua d’abord au droit; 
mais son goût l’ayant porté vers la médecine, il alla prendre 
le grade de docteur à Utrecht. Au retour d’un long voyage 
dans les principales contrées de l’Europe, il vint se fixer à Lu¬ 
beck, où il mourut le 9 février 1701, laissant : 

Dissertatio de venœsectionis usu et abusu. Utrecht, 1692, in-4°. 

(o) 

LISCHWITZ (Jean-Christophe), médecin allemand, né 
le 6 février i6g3, à Lauban, dans la Haute-Lusàce, fit ses 
études à Léipzick, y prit ses grades en philosophie et en méde¬ 
cine, obtint la place de médecin pensionné de la ville, et finit 
par être investi d’une chaire de botanique. Le duc de Holstein 
l’ayant nommé son premier médecin, en 1732, il se rendit à 
Kiel, où il remplit les fonctions de professeur jusqu’à sa mort, 
arrivée le 27 août 17^43. Parmi ses écrits, tous académiques, 
nous citerons les suivons, comme étant les plus remarquables : 



LISF 

. 7Q 

Dissertai!» de voce et loquelâi Léipzick, 17191 in-4®. 

Dissertatio de ortu et propagatione hominum. Léipzick, 1^53 j 
Oratio de veterum in re hcrbariâ diligenliâ, et ad nostrum ushü 
aevurn botanices incremento. Léipzick, 1724, in-4°. 9 e 

Dissertatio de maslicatione. Léipzick, 1725, in>4°. 

Dissertatio de virgis aureis. Léipzick, ij'Si, in-4 0 . 

Dissertatio de naturœ singularibus lusibus erroribusque circà varias 
eorporis humani solides partes. Kiel,l732, in-4°. 

Dissertatio de plantis diaphoreticis et sudoriferis charactere botanico 
diversis. Kiel, 1734, in-4°. 

Dissertatio : An aër ex pulmonibus substantialiter transeat ad sansui- 
nem. Kiel, i 7 35, in-4“. ^ 

Dissertatio de principio venarum. Kiel, 1736, in-4°. 

Sanguinis rerum injœtïbus urinœ secretionem declinans diverticulum. 
Kiel, 1 7 36, in-4<>. 

Dissertatio de omentijabricâ. Kiel, 1737 , in-4°. 

Dissertatio de plantis dolorosam D. Jesu passionem depîngentibus. 

Kiel, 1739, in-4°- 

Dissertatio de plantis anthelminticis habitu extemo et loto genere bo¬ 
tanico diversis. Kiel, 1742 , in-4 0 . (o.) 


LISFRANC (Jacques) , né le 2 avril 1790, à Saint-Paul, dé¬ 
partement de la Loire, fut reçu, au concours, élève interne des 
hôpitaux civils de Lyon, et ensuite de Paris. En i 8 i 3, il entraau 
service de santé militaire, en qualité de médecin-adjoint, et 
devint médecin ordinaire dans le cours de la même année. Li¬ 
cencié en 1814, M. Lisfranc se livra tout entier à l’exercice de 
la chirurgie, et s’occupa spécialement de la médecine opéra¬ 
toire, qu’il n’a cessé de professer avec le plus grand succès. Il 
est devenu successivement chirurgien-adjoint du premier dis¬ 
pensaire, chirurgien au bureau central d’admission des hôpitaux 
et hospices civils de Paris, membre titulaire de l’Académie 
royale de médecine, ainsi que de la Société du département 
de la Seine et de la Société médicale d’émulation. 

On doit à M. Lisfranc la découverte de plusieurs procédés 
nouveaux, relatifs à des opérations importantes et difficiles, 
qu’il a rendues plus simples et d’une exécution plus rapide. En 
i 8 i 5, il avait, de concert avec M. Champesme, décrit deux 
procédés pour l’amputation du bras dans son articulation sca¬ 
pulaire 5 mais il a récemment apporté de grandes modifications 
à ce travail, ou plutôt il a fait connaître d’autres procédés, 
supérieurs au premier, pour exécuter cette opération. M. Lis¬ 
franc a ensuite imaginé d’amputer partiellement le pied dans 
son articulation tarso-métatarsienne, méthode qui est pré¬ 
férable à celle de Ghopart, en ce qu’elle permet de conserver 
une plus grande étendue de l’organe. Entre l’urètre et la partie 
inférieure de l’arcade pubienne, chez la femme, existe un es¬ 
pace libre, à travers lequel M. Lisfranc pépètre dans la vessie, 
qu’il incise a la partie inférieure de sa face antérieure. 11 pense 



8o LIS F 

que cette méthode mettra sûrement à l’abri des fistules uri¬ 
naires et des incontinences d’urine, et permettra en même temps 
d’extraire avec facilité les calculs les plus volumineux. Lors¬ 
qu’il faut amputer les doigts dans leurs articulations phalan- 
giennes, et qu’il est impossible de fléchir ces organes, M. Lis- 
franc a proposé de faire pénétrer le bistouri par leur face pal¬ 
maire , et il trouve dans la disposition des plis que forment de 
ce côté les tégumens, un guide assuré pour ne jamais manquer 
les jointures. A la suite des écrasemens des doigts ou des orteils, 
il supplée à l’amputation isolée de chacun de ces organes, par 
une opération simple et facile , au moyen de laquelle on les 
emporte tous à la fois, en formant, aux dépens des tégumens 
des faces palmaire et plantaire, deux lambeaux qui recouvrent 
aisément les têtes des os du nie'tarcarpe ou du métatarse. Il a 
trouvé aussi le moyen d’amputer la cuisse à son articulation 
supérieure, sans recourir a la ligature préalable de l’artère, et 
de telle sorte que l’ablation du membre Jui paraît plus prompte 
que par les autres procédés. Presque tous les os du pied sont 
extirpés par M. Lisfranc au moyen de procédés ingénieux et 
d’une exécution assez simple. 11 a. fait à la chirurgie une ingé¬ 
nieuse application du stéthoscope, qu’il propose pour décou¬ 
vrir les fractures dont les- signes sont obscurs, à raison, soit de 
la profondeur des os, soit du gonflement qui est survenu au¬ 
tour d’eux. De l’anatomie chirurgicale des articulations, il a 
su déduire des préceptes, utiles pour l’exécution des amputa¬ 
tions chez les jeunes sujets. Bien que la critique puisse s’exer¬ 
cer avec avantage sur plusieurs de ses inventions, on doit ren¬ 
dre à ce chirurgien la justice de dire qù’il a établi un grand 
nombre de préceptes iraportans et très-utiles pour guider les 
instrumens tranchans à travers les articulations les plus pro¬ 
fondes ou les plus serrées. Il a composé, sur l’angine œdé¬ 
mateuse, un travail dans lequel il démontre l’efficacité des 
scarifications faites avec le bistouri à la partie supérieure du 
larynx. Enfin, il a présenté des considérations sur l’anatomie , 
les fonctions et les maladies de la luette, ainsi que sur les ré¬ 
sultats de son extirpation. 

Ces objets nombreux ont fourni la matière des mémoires qui 
ont été lus h l’Institut, à l’Académie de médecine ou à d’au¬ 
tres sociétés savantes, et qui se trouvent presque tous imprimés 
dans divers journaux. M. Lisfranc a cependant publié séparé¬ 
ment les opuscules suivans : 


Quelques propositions de pathologie. Paris, i8i3 , in-4° 
Dans cet écrit, qui forme sa dissertation inaugurale, 
de l’amputation de la mâchoire inférieure, suivant le proc 
pivytren, de quelques cas de coïncidence de la variole et 


l’auteur traite 
;édé de M. Du, 
de la vaccine, 



LIST 8t 

et enfin de l’emploi des injections irritantes contre les inflammations et 
les retréeissemens de l’urctre. 

Mémoire sur l'amputation du iras dans l’articulation de l'épaule, par 
MM. Lisfranc et Champesme. Paris, i8i5, in-8°. 

Mémoire sur U amputation du pied dans L'articulation tasto-métatar- 
sienne. Paris, i8i5, in-8°. avec une planche. (l.-j. bégin) 

LISTER (Mabtin) , médecin naturaliste, connu surtout par 
ses travaux sur les coquilles, naquit à Radcliffe, dans le comté 
dé Buckingham, vers i638. Elevé d’abord par les soins de son 
grand oncle, Mathieu Lister, médecin ordinaire de Charles i, 
qui mourut en 1657, à l’âge de quatre-vingt-douze ans, il alla 
terminer son éducation à Cambridge, où il obtint la maîtrise 
en x658, et devint membre du Collège de Saint-Jean, en 1660, 
par ordonnance de Charles n. Il voyagea ensuite en France, 
afin de se perfectionner dans la science médicale. Etant revenu 
dans sa patrie en ,1670, il se fixa dans le comté d’York, et y 
pratiqua l’art de guérir avec beaucoup de succès. Tous ses mo- 
mens de loisir étaient consacrés à l’étude de l’histoire naturelle 
et des antiquités. Son goût pour ces deux branches des con¬ 
naissances humaines devint une véritable passion ; et pour le 
satisfaire, il entreprit à plusieurs époques des voyages en di¬ 
verses contrées de l’Angleterre, notamment dans le nord. Ses 
travaux le mirent en rapport avec Llwyd, conservateur du 
musée d’Ashmole à Oxford, et il enrichit cette belle collection 
d’un grand nombre d’objets d’arts et de productions naturelles. 
Quelques mémoires qu’il avait remis entre les mains de Llwyd, 
ayant été communiqués par celui-ci à la Société royale de Lon¬ 
dres, elle en fut si satisfaite qu’elle le reçut au nombre de ses 
membres. Lister s’établît en 1704 dans la capitale de l’Angle¬ 
terre, et ne tarda pas à entrer dans le Collège des médecins de 
celte ville. Quatre ans après il accompagna le comte de Port- 
land, qui partait pour la France en qualité d’ambassadeur, et 
en 1709 la reine Anne lui donna la charge de médecin en se¬ 
cond. Il mourut le 2 février 17x1, après avoir’ publié divers 
ouvrages dans lesquels il se montre observateur exact et plein 
de sagacité, toutes les fois qu’il s’agit de décrire les êtres natu¬ 
rels, ou d’indiquer leurs rapports, mais mauvais logicien et 
absolument étranger aux principes de la saine physiologie et 
de la véritable médecine, lorsqu’il veut raisonner soit sur les 
fonctions des organes, soit sur la théorie ou le traitement des 
maladies. 

Historiœ animnlium Angliœ tractutus très. Londres, 1678, iu-4 0 .- 
Trad. en allemand parGœze, Quedlinbourg, 1778, in-8°.; Ibid. J792, 

Ces trois traités roulent sur les araignées, les coquilles terrestres et 
fluviatiies et les coquilles marines. Ils sont suivis d’un livre sur les co- 



82 LIT T 

- 'quilles fossiles. Le meilleur et le plus estimé est celui sur les araignées, 
qui a été inséré presqu’en entier dans le traité de Ray sur les insectes. 
Tous cependant sont fort bons : ils. annoncent que l'auteur possédait à 
un tr.'s-liaut degré le génie de l’observation. 

DeJdnlibus medicatis Anglice exercilalio nova et prior. York, i683, 

, . in-8°. - Francfort et Léipzick, 1684, in-S°. 

De fonlibus medicatis Anglice edeercilatio altéra. Londres, i684,in-8°. 

-Ces deux ouvrages ont été réimprimés ensemble (Leyde, 1686, in-8°.). 

Jokannis Gœdarlii de insectis opus in methodum redactum cum no- 
■tulis. Londres, i685, in-8°. 

Lister y a joint un appendice à son histoire des animaux d’Angleterre, 
dans lequel on trouve des corrections et des additions fort importantes. 

Historia conchyliorum. Londres, i685-i6g3 , 2 vol. in-fol.-Oxford , 

^Les planches ont été toutes dessinées, sous les yenx de l’auteur, par 
- ses deux filles. Elles sont d’une rare exactitude. Cet ouvrage était le plus 
riche de tous ceux que les conchyliogistes eussent encore publié. La 
première édition est fort rare. On estime peu la seconde , due à Huddes- 
ford , quoique l’éditeur y ait ajouté la synonymie de Linné. 

Exercilalio anatomica, in quâ de cockleis maxime terrestribus et li- 
macibus agilnr. Londres, 1794- 1796, in 8°. 

Sex exercitationes médicinales de quibusdam morlis clironicis. Lon¬ 
dres, 1694 , in-S°. - Francfort, 1696 . in-8°. - Londres , 1697 , in-8°. 

. Si Lister n’avait pas publié d’autres ouvrages , son nom n’auraiL point 
passé à la postérité. 11 vante les purgatifs les plus forts dans l’hydropisie, 
croit à la spécificité du mercure dans la vérole, et condamne le régime 
rafraîchissant dans la variole. 

Exercilalio anatomica altéra de buccinisfluvialilibus et mariais. Acce- 
-dit exercitatio medicinalis de variolis. Londres, 1795, in-S°. 

Conchyliàrum bivalvium ulriusque aquœ exercitatio anatomica lertia. 
Accedit dissertalio medicinalis de calculo hnmano. Londres, 1696, in-4°. 

A Jourriéy to Paris. Londres, 1699, in-8°. 

Celle relation, accompagnée de six planches, est remplie de détails 
minutieux, et d’anecdotes intéressantes sur l’état de la médecine et delà 
chirurgie en France, à l’époque où vivaiL l’auteur. 

Sanctorii de staticâ medicinâ aphorismorum sectiones septem, cum 
commentario Listeri. Londres, 1701, in-12. -Leyde, 1711 , in-12. 

Dissertalio de hnmanbus. Lyon, 1709, in-8°.-Amsterdam, 1711, in-8°. 

Lister se montre aussi mauvais physiologiste dans cet écrit, riu’il s’était 
montré mauvais médecin dans ses ouvrages sur la médecine. Entr’autres 
idées absurdes, quoique renouvelées des anciens, il n’attnbue au cerveau 
d’autres fonctions que celle de sécréter la pituite. 

• De scarabeis Britannicis appendix. Londres, 1710, in-4°. 

Avec l’Histoire des insectes de Jean Ray. 

On a encore de Lister un grand nombre de Mémoires insérés dans les 
Transactions philosophiques, et une bonne édition du Traité des con- 
dimens de Ccoliùs Apicius (Londres, 1705, in-8°. - Amsterdam, 1709, 

in-8°. ). ( A.-J.-L. JOURDAN ) 

LITTRE (Alexis) , de Cordes, dans l’Albigeois, naquit, le 
21 juillet i658, d’une famille que la fortune avait peu favorisée 
de ses dons. Livré presqu’entièrement à lui-même pour scs 
éludes, il u’apporla ennaissaut que le désir de s’instruire, qui 
ne fit que se développer avec l’âge. Tandis qu’il faisait ses hu¬ 
manités au college de Yillefranche, i} était.obligé, pour vivre, 



LITT " 83 

de répéter à d’autres e’coliers, plus riches et moins laborieux, 
ce qu’où venait de leur enseigner, moyennant une petite rétri¬ 
bution , léger travail dont il retirait le double avantage de vivre 
plus commodément et de savoir mieux. Le goût de la médecine 
se développa en lui dès cette'époque ; aussi, lorsqu’il eut fini 
ses cours, s’empressa-t-il d’aller a Montpellier, où il s’appliqua 
spécialement à l’anatomie, et, usant- du même moyen qu’à 
Villefranche, il parvint à économiser de quoi faire le voyage 
de Paris. Lié bientôt en cette ville avec un chirurgien de la 
Salpêtrière, il mit à profit les ressources que la place de ce 
dernier lui procurait, et, malgré la rigueur du froid, disséqua, 
durant l’hiver de 1684, plus de deux cents corps, nombre vrai¬ 
ment extraordinaire à une époque où la mutilation des cadavres 
passait encore pour une sorte ,de profanation. L’habileté qu’il 
acquit ainsi ne tarda pas à attirer un grand nombre d’étudians, 
qui s’adressèrent à lui pour en recevoir des leçons, qu’il ne crut 
pas devoir leur refuser; mais comme il exerçait sans titre, et 
que les seuls docteurs avaient droit de faire des cours publics, 
les chirurgiens de Paris lui intentèrent un procès par devant le 
lieutenant de police. Littré, pour se soustraire aux poursuites, 
prit le parti de se réfugier dans le Temple, oit le grand prieur 
l’accueillit, et lui accorda is licence de disséquer et d’enseigner. 
Cependant un officier subalterne du palais permit qu’on vînt 
l’inquiéter dans cet asile, et qu’on lui enlevât un cadavre qui 
l’occupait alors. Cet enlèvement, dit Fontenelle, se fit avec 
une pompe insultante : on triomphait d’avoir arrêté les progrès 
d’un jeune homme qui n’avait pas le droit de devenir si habile. 
Quelque temps après, il eut encore à essuyer un pareil affront, 
de sorte qu’il Se vit souvent réduit à se rabattre sur lés animaux. 
Tant de disgrâces et de contrariétés, qui ne parlent pas en 
l’honneur des lumières du temps, loin de le rebuter,ne firent 
qu’accroître le goût qu’il avait pour l’anatomie, et tous les 
élèves qu’une noble émulation excitait au travail, se firent un 
honneur de suivre ses leçons et d’y entraîner leurs camarades. 
Il y avait déjà quinze ans que Littré continuait ce genre d’exer¬ 
cice, lorsque ses parens le pressèrent de retourner à Cordes; 
mais il ne céda point à leurs sollicitations. En 1689, il entra 
dans la licence en médecine; deux ans après il fut reçu docteur 
régent, et en 1699, l’Académie royale des sciences l’admit au 
nombre de ses élèves. Successivement ensuite il devint associé 
et membre de cette compagnie. Il mourut le i er février 1725,. 
sans laisser aucun ouvrage publié à part; mais il a enrichi le 
recueil de l’Académie d’un grand nombre de mémoires, presque 
tous relatifs à l’anatomie pathologique. Nous citerons entre 
autres sa description de l’urètre, qui a passé pendant long¬ 
temps pour la plus exacte, le travail dans lequel il soutint, 
6 . 



84 LLWY 

contre Chirac et Duverney, que les contractions de l’estomac 
sont la principale cause du vomissement, ses observations sur 
les calculs chatonne'sde la vessie, sa description d’un fœtus hu¬ 
main trouvé dans une des trompes de Fallope, enfin l’histoire 
d’un autre fœtus qui fut tiré du ventre de la mère par le fon¬ 
dement, au moyen d’un procédé nouveau, à la suite duquel la 
fistule guérit. Malgré son coup d’œil observateur, il s’en est 
laissé quelquefois imposer par les apparences, comme lorsqu’il 
décrivit un cœur qu’il prétendait avoir trouvé absolument privé 
de péricarde. Ses remarques physiologiques sont dénuées de 
toute espèce d’intérêt, et celles qui ont trait à la médecine pro¬ 
prement dite, ne sont la plupart du temps qu’un tissu d’erreurs. 
Littré ne peut être honorablement cité que dans Thistoire de 
l’anatomie et dans celle de la chirurgie, encore même son nom 
n’y brille-t-il pas d’un bien vif éclat. (i.) 

LLWYD (Edocaüd), l’un des plus célèbres antiquaires du dix- 
septième siècle, fut aussi un très-habile naturaliste. Né en 1670 
à Kidwell , selon les uns, à Lanwordia, suivant les autres, il 
devint en 1687 étudiant du Collège de Jésus, et vers 1690, 
gardien du musée Ashmole. Il entreprit plusieurs voyages 
dans le pays de Galles, traversa le nord de l’Ecosse, visita 
l’Irlande , où il paraît avoir fait un assez long séjour, et passa 
quelque temps dans le comté de Cornouailles, ainsi que dans 
la Bretagne, en France,pour y chercher des antiquités. Partout 
il fit constamment attention aux objets d’histoire naturelle et à 
tous les phénomènes remarquables de la nature. Ce fut lui qui 
fit le premier connaître plusieurs des plantes rares du pays de 
Galles, dont beaucoup étaient regardées comme ne croissant 
spontanément dans aucune contrée de la Grande-Bretagne. Il 
en découvrit aussi plusieurs dans le comté de Cornouailles. B.ay, 
à qui il en fit part, les inséra dans les éditions de son Synopsis. 
Après avoir recueilli un nombre très-considérable d’antiquités, 
et formé de grands projets littéraires, il mourut en 1709, 
n’ayant pu mettre ses riches matériaux en état d’être publiés. 
Indépendamment de VArchéologie britannique , ouvrage par 
lequel son souvenir se conservera long-temps parmi les amis de 
l’antiquité, il a inséré, dans les Transactions philosophiques , 
une description de l’amiante trouvée dans l’île d’Anglesey, avec 
un procédé pour en faire du papier; une description de plusieurs 
fossiles portant des.empreintes régulières; un morceau sur un 
essaim de sauterelles qui parurent en i6g3 dans le pays de 
Galles; la relation d’une vapeur enflammée, qu’on vit à Har- 
leck dans le comté de Merionet, en 1693 et x6g4, qui mit le 
feu a plusieurs meules de foin, et qui fit périr un grand nombre 
de bestiaux, etc. On a aussi de lui : 



Litophylacii Britannici ichnographia. Londres, i6gg, in-8 Ibid 
E760, in-8 0 . 

Ouvrage orné de vingt-cinq planches. C’est un catalogne mêthodiqu 
des fossiles figurés du cabinet d’Ashmole. Le nombre des articles s’élèv 

à 1766. O-) 

LO BB ( Théophile ) parut avec éclat en Angleterre, ver 
le milieu du dernier siècle, et publia de nombreux ouvrages 
dont plusieurs, et en particulier son Traité de la petite-vérole 
sont encore fort estimés : 

A treatise of the small pox in two parts. Pan I. conlaining a dès 
cription of lhe distinct and conjluet kind; when they proceed regularly 
and of lhe curative indications in every period; and of the methods o 
menaging variolous patient as to heat and cold clothing and diet ; me 
decines, also an account of the incidental symptoms , as to thei 


dedùced fron 

t the structure oj 

.ondres, 1735 

, in-ô°. - Trad. en 

lifférent placé 

à la tête des deux 

<ers withsome 

effectuai methods 



86 LOBE 

An adress to thefaculty ofphysïh relatingto Miss Stephens médecine» 
Londres, 1739, in-8°. 

Letter relating to theplague and the contagious distempers. Londres, 

1745, in-4°. 

Compendium of practice ofphysich. Londres, 1747. 

( a. DESGENETTES J 


LOBEL (Mathieu de), médecin plus connu comme bota¬ 
niste, et généralement désigné sous son nom latinisé de Lohe- 
lius, vint au monde à Lille en i538. Ayant pris du goût pour 
la médecine, il vint l’étudier à Montpellier, où il fut reçu doc¬ 
teur au bout de trois années, durant le cours desquelles il fît 
plusieurs excursionsbolaniques. Il voyagea aussi eu Suisse, ert 
Allemagne et dans le nord de l’Italie j pratiqua ensuite la mé¬ 
decine à-Anvers et à Beift, fut nommé médecin du prince 
d’Orange, et après la mort du statbouder, passa au service des 
états-généraux. Plus tard il se rendit en Angleterre, dont il par¬ 
courut plusieurs comtés, où il recueillit un grand nombre de 
plantes. Le roi Jacques 1 se l’attacha en qualité de botaniste, 
et l’emmena en Danemarck. Lobel mourut le 2 mars 1616. à 
Highgate. Son nom a été imposé par Plumier à un genre de 
plantes (Lobelid) de la famille des campanulacées. Quoiqu’il ait 
beaucoup écrit sur la physiographie, ses ouvrages sont peu cités 
aujourd’hui, parce qu’en effet ils sont inférieurs, sous plusieurs 
rapports, à ceux de ses contemporains, et que d’ailieurs la lec¬ 
ture en est très - fatigante, les .descriptions étant peu caracté¬ 
ristiques, et le style sans élégance ni correction, défauts rares 
à cette époque brillante de la latinité moderne. A tous égards 
Lobel est resté en arrière de Dalechamp, de Dodoens et sur¬ 
tout de l’Ecluse, quoiqu’on ne puisse disconvenir qu’il a mon¬ 
tré quelquefois de la critique , et qu’en discutant la sjmonymie 
des anciens.et des modernes, il a relevé plusieurs erreurs dans 
lesquelles étaient tombés les commedtateurs de Dioscoride , en- 
tr’autres Mattioli. C’est à tort qu’on a voulu trouver dans ses 
écrits le germe des familles naturelles, car bien qu’il ait séparé, 
d’une manière mieux tranchée que personne avant lui, les mo- 
nocptylédones des dicotylédones, on s’aperçoit aisément qu’il 
n’a réuni que les végétaux dont l’analogie se présente à l’œil le 
moins exérce', et l’on reconnaît même que plusieurs de ces rap- 
prochemens avaient déjà été opérés par ses prédécesseurs. Ses 
ouvrages sont : 


Stirpium adversaria nova. Londres, 1570, in-fol. - Anvers, 1576, 
iri-fol. - Londres, i6o5 , in-fol. - Francfort, i65i , in-fol. 

On trouve dans ce traité la description de douze ou treize cenls plantes, 
avec deux cent soixante-douze figures, pour la plupart fort petites. Lobet 
et Pena y ont travaillé tous deux, sans qu’on puisse assigner à chacun 
la part qui lui revient 



LOBS 87 

Plantarum seu slirpium historia , cui annexum est. adversariorum 
volumen. Anvers , i5;6, in-fol. - Ibid. i5g5; in-fo!. - Trad. en hollan¬ 
dais, Anvers, i58i, in-fol. 

Les figures sont au nombre de i486, empruntées pour la plupart à 
Dodorns et surtout à l’Ecluse. On trouve à la fin un traité sur les suc¬ 
cédanées, tiré presqu’en entier des cours et des notes de Rondelet. Lobel 
est auteur de la traduction flamande, à laquelle il ajouta quelques plantes 
trouvées en Hollande. 

Icônes slirpium, seu plantarum tan exoticarum quam indigenarum , 
induas partes digeslœ. Anvers, i58t , in-4°. - Ibid. i5gr , in-4°. 

Recueil de 2116 figures, toutes déjà connues. Elles sont désignées par 
• les noms latins, et renvoyent, pour les descriptions, aux pages des Àd- 
versaria et des éditions latine et hollandaise de VHistoria. 

Balsami -, opobalsarni, carpobalsami et xylobalsami cum suo cortice 
explanatio. Londres, i5gS,in-4°. 

Slirpium illusLrationes plurimas élaborantes inauditas plantas , J.Par- 
hinsonii rapsodiis sparsim gravàtœ. Londres, i65u, in-4°. 

Fragment, publié par Guillaume How, d’un ouvrage plus vaste dont 
Lobel parai t avoir conçu le projet. ( j.) 

LOBSTEIN ( Jean-Frédéric), né en 1736, à Lampertheim, 
près de Strasbourg, où son père exerçait la profession de chi¬ 
rurgien, s’adonna de très-bonne heure à l'anatomie, pour la¬ 
quelle la nature l’avait gratifié de dispositions particulières. 
Bornant ses. vœux, dans le principe, à marcher honorablement 
sur les traces de son père, il ne .s’occupa d’abord que de la chi¬ 
rurgie; mais les conseils de Boeder le déterminèrent ensuite à 
faire entrer aussi la médecine dans le plan de ses études. Le 
bonnet doctoral lui fut accordé en 1760, après qu’il eut soutenu 
une thèse remarquable sur le nerf accessoire de Wiliis. A. la 
suite d’un voyage, dans le cours duquel il visita lés écoles de la 
Hollande et de la France, l’Université de Strasbourg lui donna- 
la licence de faire des cours publics d’anatomie et de physio¬ 
logie; plus tard, en 1764, elle le nomma démonstrateur d’ana¬ 
tomie ; enfin il devint eu 1768 professeur d’anatomie et de chi¬ 
rurgie, à la mort d’Eisemann. Cette place satisfit complètement 
son ambition, de sorte qu’il refusa des chaires plus avanta¬ 
geuses qu’on lui offrit à GœttÎDgue et à Berlin. Il mourut le 
11 octobre 1784. C’était un homme d’un caractère âpre, mais 
aussi sévère pour lui-même que pour les autres; il ne pouvait 
souffrir qu’on élevât le moindre doute sur la réalité des obser¬ 
vations qu’il disait avoir faites, et portait l’intolérance, sous ce 
rapport, presque aussi loin que Ruyscl). Chirurgien habile, il 
s’est surtout distingué par son habileté dans les opérations de la 
taille et de la cataracte; il a même inventé pour cette dernière 
un couteau particulier, dont J.-F. Henkel a donné la descrip¬ 
tion. Ses ouvrages sont : 

Dissertatio de nerao spinali ad par vagum accessorio. Strasbourg , 



88 LOBS 

Réimprimé dans les Script, nevrol. de Ludwig, et les Theses de San- 
difort. 

Dissertatio de hernia congenitâ, in quâ intestinum in contactu testis 
est. Strasbourg, 1771, 

Disserlatio de valvulâ Èustachii. Strasbourg, 1771, in-4°. 

Dissertatio de nervis durœ matris. Strasbourg, 1773 , in-4°. 

Réimprimé dans les Script, nevrol. de Ludwig. 

Dissertatio de calculis vesicœ urinarice cysticis. Strasbourg, 1774, 

Dissertatio de liene. Strasbourg, 1774, in-4°. 

Dissertatio de hepate. Strasbourg, 177& , in-4 0 . (j.) 

LO ESTE IN ( Jean-Frédéric J, professeur de chirurgie ex¬ 
terne et d’anatomie pathologique à la Faculté de médecine, mé¬ 
decin - accoucheur en chef à l’hôpital civil de Strasbourg , et 
professeur d’accouchemens à l’Ecole départementale du Bas- 
Rhin , est né en 1797 à Giessen, dans le grand-duché de Hesse. 
On a de lui les ouvrages suivans : 

Recherches et observations anatomico-physiologiques sur la positionnes 
testicules dans le bas-ventre duJbelus et leur descente dans le scrotum. 
Strasbourg, 1801, in-8°. 

Essai sur la nutrition du foetus. Strasbourg, 1802, in-4°. - Trad. en 
allemand, par T.-F.-A. Kastner, Halle, 1804, in-8°. 

Fragment d'anatomie physiologique ; de l'organisation de la matière 
dans l'espèce humaine. 

Observations anatomico-physiologiques sur la circulation du sang 
dans Venfant qui n’a pas respiré. 

Ces deux mémoires sont insérés dans le Magasin encyclopédique ré¬ 
digé et publié par Millin, années iSo3 et 1804. 

Rapport sur les travaux exécutés à l'amphithéâtre d'anatomie de 
Strasbourg. Strasbourg, i8o3, in-{ Q - 

Mémoires sur l'ossification des artères. 

Inséré dans les Mémoires de la Société des sciences, agriculture et 
arts de Strasbourg, 1811. 

Notice sur une espèce particulière déhémorragie qui succède quelquefois 
à Vaccouchement. 

Mémoire sur la première inspiration de l’enfant nouveau-né. 

Observations déaccouchemens recueillies à la salle des accouchées de 
l’hôpital civil de Strasbourg. 

Annales cliniques dé accouchemens , et maladies des femmes et des 
enfans. Première partie , comprenant les mémoires sur l’application du 
forceps au-dessus du détroit supérieur du bassin. 

Recherches dé anatomie comparée sur le phoque à ventre blanc. 

Ces cinq derniers mémoires se trouvent dans le Journal de médecine, 
•chirurgie et pharmacie, années 1816 et suivantes. 

Observations d'anatomie comparée sur un jeune sarigue. 

Observations et recherches sur le croup. 

Ces deux mémoires se trouvent parmi ceux de la Société médicale 
d’émulation , 8 e année. 

Compte, rendu à la Faculté de médecine de Strasbourg sur l'étal 
actuel de son Muséum anatomique. Strasbourg, 1820, in-8°. 

M. Lobslein a eu une grande part à la formation de ce muséum. 

Discours sur la prééminence du système nerveux dans Céftmomie 



LOCH 89 

animale , et l’importance d’une élude approfondie de ce système. Stras¬ 
bourg, 1821 , in-8°. 

De nervi sympalhetici humani fabricâ, usu et morhis , commentatio 
anatomico-physiologico-pathologica. Paris, 1823, iu-4°. 

M. Lobstein est auteur de l’excellent article sur le nerf trisplanch- 
nique dans le Dictionaire des sciences médicales. 

11 a aussi inséré quelque réflexions sur l’anatomie pathologique dans 
le Journal complémentaire. (a.-j.-l. J.) 

LOCATELLÏ ( Louis ), né a Bergame , acquit beaucoup de 
réputation à Miian, par la découverte de plusieurs nouveaux 
remèdes, au nombre desquels on doit probablement ranger la 
préparation qui porte encore son nom dans nos dispensaires 
(baume de Lucatel ).11 parcourut l’Italie toute entière, et fut 
empêché par la guerre d’exécuter le projet qu’il avait formé de 
visiter aussi la France et l’Allemagne, pour y voir opérer les 
médecins chimistes, à la secte desquels il appartenait. Les ha- 
bitans de Gênes l’ayant appelé à leur secours dans une mala¬ 
die contagieuse qui faisait beaucoup de ravages parmi eux, il ne 
put éviter les atteintes du mal, qui le fit périr en i63^, à la 
fleur de l’âge. On a de lui : 

Thealrum arcanorum chymicorum , sive de arte chemico-medicâ trac - 
talus exquisilissimus. Francfort, i656, in-8°. 

Cet ouvrage avait d’abord paru en italien (Milan, 1648, in-8°. - 
Venise, 1667, in-8°. ). - (o.) 

LOCHER (Jean-Georges), de Zurich, naquit dans cette 
ville en 1739, et y mourut en 1787. Il avait pris le grade de 
docteur en médecine à l’Université de Leyde, et était devenu 
membre du grand conseil. On a de lui deux opuscules intitulés: 

Dissertatio de secretione glandularum in genere. Leyde , 1761, in-4°. 

Verzeickniss einiger essbaren Pflanzen , die dem Landmann zur Nah- 
rung dienen. Zurich, 1771, in-8°. 

Loches. ( Maximilien), médecin d’un des hôpitaux de Vienne, a publié : 

Observationes practicœ circà luem veneream , epilepsiam et maniam , 
et circà cicutce usum. Vienne , 1762 , in-8°. 

Observationes practicœ circà inoculationem variolarum in neonatis 
inslitutam. Vienne, 1768, in-S”. (z.) 

LOCHNER (Michel-Frédéric), médecin et botaniste alle¬ 
mand , naquit à Furth, près de Nuremberg., le 28 février 1662. 
Aussitôt que ses cours d’humauités furent terminés, il se rendit 
à Altdorf, pour étudier la médecine, a laquelle il s’appliqua 
durant deux armées5 mais, avant de prendre ses grades, il en¬ 
treprit uu voyage en Suisse, en France, en Angleterre et en 
Hollande, dans l’unique dessein d’acquérir de nouvelles con¬ 
naissances. De retour à Altdorf, il y obtint le titre de docteur 
en 1684, et l’année suivante, il fut admis dans le sein du Col- 




go LODE 

lége .des médecins de Nuremberg. Chargé en 1712 du service 
médical à l’hôpital de la ville, il remplit cette place avec 
distinction jusqu’à sa mort, arrivée le i5 octobre 1720. Il était, 
sous le nom de Périandre , membre de l’Académie des Curieux 
de la nature, qui l’élut pour directeur en 1711, Ses compa¬ 
triotes l’ont surnommé M Escalope de Nuremberg , litre qu’il put 
mériter de son vivant, lorsqu’il se livrait avec ardeur à la pra¬ 
tique , niais qu’aucun de ses ouvrages ne justifie, car tous ceux 
qu’il a laissés roulent sur des sujets d’histoire naturelle. Son 
nom a été donné par Scopoli à un genre de plantes (Lochnerià) 
encore peu connues. 


Dissertalio de nymphomanie!. Altdorf, 1G84 , in-4 0 . 

Mémorial. Miçhaelis Fehr. Altdorf, 1690, in-4°. 

MuKOvo'Traryvio», seu papaver ex omni anliquitate erutum. Nuremberg , 
1713, in-4°. - Ibid. 1719 , in-4°. 

Mungos animalculum et radix. Nuremberg, 1715 , in-4°. 

Nerium , seu rhododapkne veterum et recentiorum, quo Amyci laurus, 
sccchtirum alhaschar , planta badsamur et daphne constantiniana expli- 
cantur. Nuremberg, 1716, in-4°. 

De'ananasâ, sire, nuce pineâ, indicâ, vulgo pinhas. Nuremberg, 
1716, in-4 0 . 

Dissertalio de novis et exoticis thece et caffeæ succedaneis. Nùrem- 

Belilli Indicum. Nuremberg, 1717 , in-4°. 

Heptas dissertaiionum variarum ad hisioriam naturalem illustrandam 
conscriptarum. Nuremberg, 1717, in-4 0 . 

Recueil des sept dissertations sur le mungos, le pareira, l’ananas, 
le belilli, le nerium et les succédanés du thé. Elles avaient déjà paru dans 
les Ephémcrides des Curieux de la nature. 

De pareira brava. Nuremberg , 1719, in-4°. 

Xochheh. (./ean- Henri ) , fils du précédent, moct le 2 janvier 1710 , 
avait laissé nn manuscrit que le père publia sous ce litre : 

Rariora musœi Besleriani. Nuremberg, 1716, in-fol. (j.) 


LODER (JtrsT-CnBETiEif), professeur actuel à l’Université de 
Moscou depuis i8og,estnéàRiga, en 1^53, le 28février.Reçu 
docteur en médecine à Groettingue, il a été chargé en 1778 
d’enseigner l’anatomie, la chirurgie et les accouchemensà léna. 
Les ouvrages qu’il a mis au jour portent les titres suivans : 


Dissertaüo synchondroseos ossium pubis sectionem in partu dijficili 
instituendam denuo expcndit. Gœttingue, 1778, in-4 0 . 

Primæ lineœ nevrologiœ corporis humani. léna , 1778, in-4°. 
Programma quô pulmonum aocimasia in dubium vocatur. léna, 1779, 

Observalio anatomica tumoris scirrkosi in basi cranii repenti. léna, 

Programmais Ut'dé vaginœ uteri procideniià. léna, 1781, in-4®. 
jtrteriàrum varietales nonhul'lœ. léna, 1781, ia-4 0 . 

Dissertalio de niusculosâ. uteri structura. léna, 1782, in-4 0 . 

Anzeigc cincs fuer die Licbhaber der Anthropologie su halte nda} 



LODGv 9* 

Collegiums ueber die Anatomie und Physiologie des menschlichen Kcer- 
'persflévisi. 1784. in-8°. 

Programmâtes VII de nova Alansonii amputationis methodo. Iéna , 

i 7 84, in-4». 

Anfaugsgruende der mediciniscken Anthropologie und der Staalsarz- 
neykunde.yV eimar, 1798, in-8°. - Ibid. 1800, in-8°. 

Programma, oui inest observatio herniœ diaphragmalis. Iéna, 1784, 

. 111-4° • 

Programma quo probatur ex anatomicis obseivationibus , circularem 
orificii uterini formam cerlum ineuntis graviditatis signum non esse. 
Iéna , 1785, in^4°. . .. 

' Zitholomiœ Lecatianœ emendatœ descriptio. Iéna, 1785, in-4°. 

De renum coalilione labulis œr.eis illuslraiâ. Iéna, 1786, in-4°. 

De succi gastrïci in chirurgiâ usa. Iéna, 1787, in-4°. 

Anatomisches Handbuch. Iéna, tome I, 1788, in-8°.- Ibid. 1800 , 

Historiée amputationum féliciter inslilutarum. Iéna, 1789-1793, in-4°. 
Observationis hypopyi et indè enatœ synizesèos pupilles particuliæ I 
et II. Iéna, 1791, in-4 0 . 

Paracenteseos sinus maxillaris historia. Iéna , 1793 , in-4 0 . 

Cancri labii inferioris féliciter extirpais historia. Iéna, 1794, in-4°. 
Digitipedis per amputationem curati historia. Iéna, 1794, in-4°, 
Chirurgisch-medicinische Beobachiungen ■ Weimar, 1794, in-8°. 
Tafeln zur Befoerderung der Kenntniss des menschlichen Kœrpers 
Weimar, 1794 - i8o3, in-fol. 

Historiée aneurysmatis spurii arteriœ brachialis féliciter curati. Iéna, 
partiel, i 79 5; II, III, 1796, in-4° . ' . . 

Observationis scroti per sphacelum destrueti et reproauctioms ope res- 
lituti particula I et II. Iéna , 1795 , in-/; 0 . 

Ôbservala quœdam circà strumam. Iéna , 1796, in-4°. 

Journal der Chirurgie, Geburtshuelfe und gerichtlichen Arzneyhunde. 
Iéna, ’i^97, in-8°. 

Meleteth'atAm ad medicinam forensem spectanlium partie. I et II. 
Iéna. 1797, io-8°. 

Descriptio calculi urinarii singularis. Iéna , 1798, in-4 0 . 

Descriptio calculi renalis conspicuœ magnitudinis, Iéna, 1801, in*4°. 
Observatio calculi vesicœ urinariœ fœmince spontè exCessi, Iéna, 1801, 
in-4°. 

Calculorum renalium ingens numerus in femineo cadavere observatus. 
Iéna, 1801, in-4°. 

ArLeriolarum corneœ brevis descriptio. Iéna, 1801, m-4°. 

Prima myologiœ elementa. Iéna , 1802, in-4 0 . 

Grundriss der Anatomie des menschlichen Kœrpers. Iéna , 1806, 
in-8°. (z.) 

LODGE (Thomas),. né dans le comté de Lincoln, en An¬ 
gleterre, vint à Oxford vers lAfi , pour y faire ses études. Il 
ne tarda pas à se rendre célèbre par ses talens poétiques, et 
surtout par les vers satyriques qu’il composait dans sa langue 
maternelle 5 mais ayant senti la nécessité d’une profession plus 
lucrative, il apprit la médecine, et se fil recevoir docteur A 
Avignon. De retour en Angleterre, il fut incorporé a l’Uni¬ 
versité de Cambridge en 1602, et s’établit ensuite à Londres , 
où il mourut en 162:), après avoir publié uu petit traité de lu 



gi LOEB 

peste, qui parut eu i6o3, et quelques pièces de théâtre, dont 
on découvrit seulement après sa mort qu’il était l’auteur. 

( z> ) 

LOEBER ( Emmanuel-Chrétien) né en 1696, à Orla- 
munda; fit ses premiers cours à Rudolstadt, et fréquenta en¬ 
suite l’Université d’Iéna, où il étudia la médecine sous Ham- 
berger, Teichmeyer et Slevogt. Après quatre ans de séjour 
dans cette école célèbre, il se rendit à Halle, qu’illustraient 
alors Stahl et le grand Hoffmann, y resta un an, et alla se ran¬ 
ger parmi les disciples de Boerhaave, dont les cours attiraient 
à Leyde presque tous les étudians en médecine un peu fortunés 
de l’Europe. Ce fut là qu’il prit le grade de docteur eu 
1722. Il se proposait de fixer son séjour en cette ville , lorsque 
celle de Cambourg lui offrit une place de médecin pensionné , 
qu’il accepta. Dans le même temps il, faisait des cours particu¬ 
liers à Iéna , où il finit par être nommé professeur extraordi¬ 
naire en iy3i , et où il termina sa carrière , dans un âge assez 
avancé, en ij 63. On a de lui : 





LOEF " 9 3 

Senrlsc'hreiben von elner gluecklich geheillen Lungenentzuenduns. 
Friedrichsstadt, 1777, in-8°. 

Belasligùngen in den Baedern vor Dresden. Dresde, 1778, in-8°. 

('•) 

LOEBER (Valentin), poète et médecin allemand, naquit 
à Erfurt en 1620. Après avoir fréquenté successivement les 
écoles de Kœnigsberg, de Léipzick et deRostock, il prit, en- 
i658, le grade de docteur dans cette dernière Université. L’an- 
iiée suivante , il devint médecin provincial des duchés de 
Blême et de Verden; mais il abandonna cet emploi, en 1684, 
pour retourner dans sa ville natale, où il mourut le 18 mars 
i685. Il a traduit en vers allemands les épigrammes latines de 
Jean Owen ( Hambourg, i 65 i, in-iï), et a publié un opuscule 
médical qui a pour litre : 

Anchora sanitatis, dialogicè fabricata , cui annexa est Manlissa de 
venenis et eorum antidolis. Francfort et Hambourg, 1671, in-8°. - Franc¬ 
fort, 1679, in-8°. (j.) 

LOEFLING ( Pierre ) , botaniste distingué, naquit le 3i 
janvier 1729 à Tollforsbruch, près de Walbo. Linné , dont il 
fut l’un des nombreux élèves, et qui en faisait beaucoup de 
cas, remplit pour lui l’office d’un père, dirigea ses études avec 
une rare sollicitude, et le logea même pendant plusieurs années 
dans sa propre maison , où il se servit de lui, en 1750, pour 
copier la Philosophie botanique, que la goutte ne lui permet¬ 
tait pas d’écrire. Loefling renonça dès-lors à la médècine, qu’il 
avait d’abord formé le projet d’étudier, et se consacra tout en¬ 
tier a la botanique, après toutefois avoir pris le titre de doc¬ 
teur en théologie. En 1749» l’ambassadeur d’Espagne à Stock¬ 
holm s’étant adressé à Linné pour le choix d’un botaniste que 
sa cour voulait engager au service d’Espagne, le grand homme 
désigna son élève favori, qu’il regardait comme plus capable 
que personne de mettre cette circonstance à profit pour les 
progrès de la botanique. Loefling partit de Stockholm en 1761, 
et mit à la voile pour le Portugal, d’où il se rendit à Madrid. 
Ortega , Minuart, Quer et Velez l’accueillirent avec bienveil¬ 
lance , et le mirent en état, par leurs conseils, de recueillir en 
peti de temps quatorze cents plantes des environs de Madrid. 
Bientôt il fut chargé par le ministère d’accompagner, comme 
naturaliste, les savans envoyés dans la nouvelle Andalousie pour 
étudier la géographie et les productions des colonies espagnoles. 
L’expédition partit de Cadix le i5 février 1754, et arriva le- 
11 avril à Cumana. Loefling, à peine débarqué, s’empressa de 
parcourir les divers districts de Cumana et de la Nouvelle Bar¬ 
celone, puis il se rendit à San-Thomé de Guyana, où une ma¬ 
ladie grave dérangea tellement sa santé , qu’il mourut peu de 



94 LOES 

temps après dans la mission de Marercari, le 22 janvier 1^56. 
Sa mort affligea profondément Linné, qui lui consacra un 
genre de plante ( Lceflingia ), de la famille des caryophyliées. 
Mort à la fleur de l’âge, Lœfling n’a laissé qu’un très-petit 
nombre de productions littéraires. 

Gemmes arborum. Upsal, 1749, in-4°. 

Descriplio monoculi caudâ joliaceâ plana; 

Dans les Actes de l’Académie d'Upsal. 

lier hispunicum , eller resa til spanska Laenderna uti Europa , och 
america gfœrraettad , ifran 1761 til 1756, met bescrifningar och Jtoen 
oefver de marhwaertgeste Waender. Stockholm, 1758, in-8°.-Trad. 
on allemand, par A.-B. Koelpin, Berlin-et Stralsund, 1766, in-8 0 .; 
Ibid. 1776, in-8°. 

Cet ouvrage a été publié par Linné. (j.) 

LOESERE ( Jean-Lotjis-Leberecht) , médecin allemand 
assez célèbre, mais sur lequel on n’a presque aucun renseigne¬ 
ment biographique, vint au monde en 1724* et mourut le 
9 avril 1757 , à Berlin, où , après avoir pris le doctoral à Halle, 
il était- venu pratiquer l’art de guérir, et avait obtenu une 
chaire extraordinaire au Collège médico-chirurgical. On a de 
lui divers ouvrages, dont la plupart, et ceux que l’on cite le 
plus souvent, n’ont paru qu’après sa mort. 

Disserlatio de motu sanguinis inteslino. Halle, 1745, in-4°. 

Observaliones anatomico-chirurgico-mèdicœ novee et rariores accuratè 
descriptce et iconibus illustrâtes. Berlin, 1754 > in-4°. -Trad. en allemand, 
Berlin et Stralsnnd, 1761 , in-8°. ; Ibid. 1767, in-8°. 

Abhandlung der auserlesensten Arzneymiltel, nach derselben Ur- 
sprung, Guete, Bestandtheilen , MaaseundArtzuwirken, ingleichen wie 
dieseilen aus der Apolheke zu verschreiberi sind. Berlin, i755,io-8°. 
- Ibid. 1763, in-8°. - Ibid. 177.), in-8°. - Ibid. 1785, in-8°. - Ibid. 1700, 
in-8°. -Ibid. 1800, in-8". 

Muteria medica concentrata, oder Verzeichr.iss von den vorzueglich- 
slen in-und aeusserlichen Arznermitteln. Dresde, 1758, in-8 - Ibid. 
1765, in-8°. 

Physiologie, oder Lehre vom gesunden Zustahde des menschliclien 
Kcerpers. Dresde et Varsovie, 1762, in-8 - Ibid. 1767, in-8 °.-Ibid. 

Tlierapia. specialis interna , oder gruendliche Anweisung zur Er- 
kenntniss und Car der innerlichen ICrankheilen des menschlichen Kœr- 
pers. Dresde et Léipzick , 1761-1766, 4 vol. in-8°. 

Semiotih , oder Lehre von den Zeichen der Kranklieiten. Dresde, 
1768, in-8°. 

Pathologie, oder Lehre von den. Krankheilen des menschliclien 
Kcerpers. Dxesie, 1775, in-8°. (o.) 

LOESEL (Jean) , médecin et naturaliste allemand, naquit 
le 26 août 1607 , à Brandebourg , lit ses études à Wirtemberg, 
ainsi qu’à Kœnigsberg, et après avoir visité la France, l’An¬ 
gleterre et la Hollande, revint prendre le titre de docteur dans 
cette dernière Université , où il fut inyésti d’une chaire d’ana- 



LOIS 96 

't onne et de botanique, el termina sa carrière le 3o mars 1655. 
W avait mis beaucoup de soin à recueillir les plantes qui crois¬ 
sent spontanément en Prusse, mais sa mauvaise santé l’empêcha 
de mettre att jour l’ouvrage qu’il se proposait de' donner sur 
ce sujet. Linné lui a consacré un genre de plantes ( loeselia) de 
la famille des convolvulacées. 

Depodagrâ tractatus , morbi hujus indolem el curant, diligenter expo- 
nens. Rostock, i636, ra.-T.fi. -?Ibid. i638, in-4 0 . - Leyde, 1639, in-12, 
avec ¥Encomiumpodagrœ de Cardan. 

Scrutinium renum. Kœnigsberg, 1642, in-4°. - Ibid. 1645 , in-4°. 
j. Cilrium prœgnàns. Kœnigsberg, 1645, in-4 0 . 

Dissertatio de opkthalmiâ verâ. Kœnigsberg, i653, in-4°. 

Pla.nta.rum rariorum spontè nascentium in Borussiâ catalogus. Kœnigs¬ 
berg, i 654 , in- 4 °. - Francfort, 1673, in.4 0 . - Kœnigsberg, 1703, in-4 0 . 

La dernière édition est de J. Gottsched, et intitulée Flora Prussica ; 
elle contient 761 plantes, avec les noms ou Ja phrase de G. Bauhin, 
et une synonymie assez complète. On est' toutefois surpris de n’y pas 
trouver la nomenclature de Tournefort, quoiqu’elle fût connue depuis 
dix ans. Le nombre des planches est de 83 ; elles sont gravées sur cuivre, 
et assez bien exécutées pour le temps. 

De theriacâ And.romachi. Kœnigsberg, i655 , in-4°. (o.) 

LOEW ( Jean-François), d’Erbsfeld, remplissait une chaire 
de médecine à l’Université de Prague pendant la seconde moi¬ 
tié du dix septième siècle. La cour de Vienne le combla de ses 
faveurs, car il devint comte palatin et médecin de l’empereur. 
Il entra aussi en 1717 dans l’Académie des Curieux dé la na¬ 
ture, sous le nom à'Aaron. Ses ouvrages sont : 

Trac talus de variolis et morbillis. Nuremberg, 1699, in-4°. 

Nova et vêtus Aphorismorum Hippocrutis inlerpretatio. Francfort et 
Léipzick, 1711, in-4°. - 

Univers a medicina, juxà mentem veterum et recenliorum efformata 
et aucta. Nuremberg, 1724 , 3 vol. in-4°. 

Theatrum medico-juridicum. Nuremberg, 1.725, in-4°. (o.) 

LOISELEUR-DESLONGCHAMPS (Jean-Louis-Auguste), 
docteur en médecine, membre honoraire de l’Académie royale 
de médecine, ainsi que de plusieurs Sociélés savantes, est né à 
Dreux le 24 mars 1775. Dès sa jeunesse il cultiva la botanique 
avec beaucoup d’ardeur; son goût décidé pour cette science lui 
fit entreprendre en. i8o3 un voyage dans le midi de la France, 
afin d’y étudier les plantes de celte contrée. Il parcourut les 
Pyrénées, et recueillit un grand nombre d’observaiions qui lui 
servirent plus lard pour sa Flore de France. Son zèle pour la 
botanique ne lui fit pourtant pas négliger la médecine; il a fait 
un'giand nombre d’expériences sur les plantes indigènes sus¬ 
ceptibles de remplacer comme médicamens les plantes exo¬ 
tiques, publié les ouvrages suivans : 



de six -volumes, et dont Mordant de Launay n’a fait que le premier. 

(a.-j.-l. iourdan) 

LOMBARD (Clatjde-Àntoine), né à Dole en rÿptffut confie, 
après avoir terminé ses études classiques, k un chirurgien de cette 


ville qui dirigea ses premiers pas dans la carrière qu’il devaii 
parcourir un jour avec distinction. Les talens dont il'commen¬ 
çait a donner des preuves, et peut-être aussi quelque disposi¬ 
tion qu’il avait à fronder ses confrères, firent craindre son in¬ 
fluence aux chirurgiens de Dole ; aussi entravèrent-ils sa récep¬ 
tion de tant d’obstacles que Lombard fut obligé de la récuseï 
et d’aller soutenir h Besançon les actes nécessaires pour obtenir 
la maîtrise. Quelque temps après , il devint cependant chirur¬ 
gien en chef de l’hôpital militaire et de l’hospice civil de sa 







LO MB 97 

ville natale. Des troupes ayant e'te' rassemblées sur les côtes de 
la Normandie, Lombard obtint le titre de chirurgien en chef de 
cette année ; et, k la paix , l’emploi de chirurgien en chef de 
l’hôpital militaire de Strasbourg lui fut conféré. En 1792, il 
partit pour l’armée du Rhin, où il servit en qualité de chir ur¬ 
gien en chef; mais le mauvais état de sa santé né lui permettant 
pas de supporter les fatigues delà guerre, il revint, après 
quelques campagnes, reprendre à Strasbourg la direction de 
son hôpital et ses travaux scientifiques- Il devint ensuite mem¬ 
bre correspoixdant de l’Institut. Après avoir éprouvé plusieurs 
attaques d’apoplexie, ne pouvant pins exercer ses fonctions, 
il se fixa dans une maison de campagne près de Paris, et y 
mourut le x5 avril 1811. 

Assez irascible et intolérant, ce chirurgien, sensible à l’excès 
!i la critique, se créa un graud nombre d’ennemis, et soutint des 
querelles de plus d’un genre, tant avec De Home, rédacteur des 
Mémoires de médecine militaire, qu’avecles chirurgiens et les 
médecins de Strasbourg. Quoiqu’il se soit acquis une réputation 
justement méritée, il ne doit cependant pas être placé au premier 
rang pai'mi les praticiens qui ont illustré la chirurgie française. 
Il s’exerça d’abord surdes objets d’hygiène chirurgicale ; ses pre¬ 
miers essais, qui furent heureux, décidèrent de sa vocation, et le 
portèrent à s’occuper presque toute sa vie de l’influence des objets 
extérieurs et des iraitemens médicinaux sur les maladies externes. 
Eu 1775, il obtint, a l’Académie de chirurgie, un accessit sur 
cette question : Quelle est, dans le traitement des maladies 
chirurgicales , l'influence des choses nommées non naturelles ? 
La même récompense et le titre de correspondant de l’Aca¬ 
démie lui furent accordés en 1776,; son Mémoûe qui avait pour 
objet de déterminer comment l’air,, par ses diverses qualités , 
peut influer dans les maladies chirurgicales, et quels sont les 
moyens de le rendre salutaire à leur traitement , fut imprimé 
à la suite de celui de Camper. Enfin, en 1780, Lombard par¬ 
tagea avec Rlieyne, alors élève en chirurgie, le prix double 
que l’Académie avait proposé sur cette question : Exposer les 
effets du mouvement et du repos, et les indications suivant les¬ 
quelles on doit en prescrire Vusage dans la cure des maladies . 
chirurgicales? Indépendamment de ces Mémoires, on a de lui 
les ouvrages suivans : 

Dissertation sur Vutilité des évacuons dans la cure des tumeurs, des 
plaies anciennes et des ulcères. Strasbourg, 1783, in-8°. 

Opuscules de chirurgie,sur C utilité et Valus de la compression, et les 
propriétés de Veau froide et chaude dans la cure des maladies chirurgi¬ 
cales. Strasbourg, 1786, iu-8°. 

Cours de chirurgie pratique sur les maladies vénériennes. Strasbourg, 
1790, 2 vol. in-8°. 


7 



LOMM (Josse de), plus connu sous le nom de Jodocus 
Lommius, était de Buren, bourg du duché de Gueldre , jet 
vivait au seizième siècle. Après avoir puisé une connaissance 
approfondie du latin et du grec dans les leçons de son père, 
qui remplissait les fonctions de greffier de ce bourg, il alla 
étudier la médecine à Paris , où bientôt il se fit remarquer par 
Fernel, qui lui accorda son amitié. En quittant la capitale de 
la France, il s’établit à Tournay , qu’il quitta en i55^ pour 
fixer définitivement son séjour à Bruxelles. L’année de sa mort 
n’est pas plus connue que celle de sa naissance ; on sait seule¬ 
ment qu’il vivait encore en r56a. Ses écrits sont remarquables 
par un style pur, élégant et précis. 



Opéra omnia. Amsterdam, 1745 , 2 vol. in-12. - Ibid. (Lyon ), 1761, 
3/roi. in-i2. (r.) 


LONICER (Adam) , était de Marbourg , où il vint au monde 
le 10 octobre iSzS. Son père lui enseigna les langues anciennes 
et la philosophie, et l’Université de sa ville natale lui conféra, 
en i545 , le titre dé maître ès-arts. 11 se rendit ensuite à Franc¬ 
fort , où il se proposait d’étudier la médecine ; mais les trou¬ 
bles religieux dont cette ville devint alors le théâtre, ne lui ayant 
pas permis d’y faire un long séjour, il alla passer quatre années 
aFreyberg, pour y remplir une chaire de belles-lettres qui lui 
avait été offerte en 1547 . Cependant son goûtpour l’art de guérir 





L O O S gg 

s’étant ranimé, il partit pour Mayence, y suivit avec assiduité les 
cours de la Faculté pendant deux ans, et revint ensuite à Mar- 
bourg pour y prendre le grade de docteur. Peu de temps après, 
l’Université de Mayence lui offrit une place de professeur, qu’il 
refusa pour celle de médecin pensionné à Francfort-sur-le- 
Mein, où il mourut le 19 mai i586. Ses travaux en histoire 
naturelle ont été plus utiles à lui-même qu’à la science, car ils 
ont déterminé Linné à; lui consacrer un genre de plantes ( lo- 
nicera ), qui sert de type à la famille des caprifoliacées. On a 
de lui : 

Methodus rei lierbariœ et animadversion.es in Galervum et Avicennam, 
Francfort, i54o, in-4°. 

Naturalis historiée opus novum quo Iractatur de naturâ arborum, 
Jruticum, lierbarum, etc. Francfort, tomeï,i55i; II, i555, in-fol. 
-Trad. en allemand, Francfort, 1546, in-fol.; Ibid. i56q, in-fol.; Ibid. - 
i5 7 3, in-fol.; Ibid. i5 77 , in-fol. ; Ibid. i58a, in-fol.; Ibid. i5 9 3, in-fol.;' 
Ibid. 1598, in-fol. ; Ibid. ï6o4, in-fol.; Ibid. 1609, in-fol.; Nuremberg -d 
1628, in-fol.; Francfort, i63o, in-fol. ; Ibid. i65o , in-fol. ; Uim, i 6 79 ’, 
in-fol.; Ibid. i 7 o 5, in-fol.; Ibid. i 7 i 3, in-fol.; Ibid. i 7 3 7 , in-fol. - 

Ce n’est qu’une compilation , pour laquelle Lonicer profita des travaux ' 
et des recherches de Chrétien Egenolphe, son beau père, célèbre imprimeur j 
.de Francfort, qui avait recueilli les faits les plus iniéressans épars dans 
les ouvrages de Rhodion , Dorsten et Cuba. On y trouve des détaiis 
curieux. L’ouvrage est rédigé avec assez d’ordre. La dernière édition , 
celle de r 7 3 7 , est due aux soins de Baltbasar-Jean Ehrhart. 

Reformation oder Ordnungfuer die Hcbammen. Francfort, i5 7 3, in-4°. 
-Ibid. i 7 o 3, in-4 0 . 

' Omnium corporis humani ajjfectuum explicalio. Francfort, i 5 9 4 , in-8°. 

TSe pürgaiionibus libri très, ex Hippocrate, Galeno, Aetio et Mesue 
deprompù. Francfort, i 5 9 6, in-8°. 

Lonicek. (Jean), père du précédent, célèbre littérateur et contro- 
versiste allemand, né en i 4 9 9 à Arthren, dans le comté de Mansfeîd , et 
mort le 20 juillet i 56 9 , à Marbourg, où il était professeur de belles- 
lettres , n’était pas médecin ; mais il a enrichi la littérature médicale de 
plusieurs ouvrages, que là profonde connaissance qu’il avait de la langue 
grecque lui suggéra l’idée de publier, savoir : 

Nicandri theriaca et alexipharmaca, cum scholiis et interptetatione 
lalinâ. Cologne, i53i , in-4°. 

Cette édition est estimée. 

In Dioscoridis Anazarbœi de re medicâ libros ci Marcello Virgilio 
versos scholia nova. Marbourg, i5j3, in-fol. 

Lonicer y a join t les notes de Ryf et les planches de Fuchs et Tragus. 

Erotemata in Galeni de usu partium in hominis corpore libros XVII. 
Francfort, i53o, in-8°. (1.) 

LOOS ( Jean-Jacqtjes), de Heidelberg, naquit en 1777', et 
devint, eu i8o5, professeur à l’Université de cette ville. On a 
de lui : 

Paihogeniœ fragmentum. Heidelberg , 1800, in-4°. 

Entwurf einer medicinischen Pharmabologie , nach den Principien 
der Erregungstheorie. Erlangue, 1802, in-8°. 


,7'f 




i58g, in-fol. 

Lofez de Leon ( Pierre ) , jchirurgiên à Cartbagène dans l’Amérique 
méridionale, a laissé : 


Practica y theorica de los apostemas en general , y panicular ; ques- 
tiones y practices de cirugia, y heridas, Uagas y otras cosas nuei-as y 
particular.es , primera parte : secundo pane ciel algregado de la cirugia 
théorisa y practica. Séville , 1628, .in-fol. 

Lofez de Zamora [Pierre), célèbre médecin vétérinaire du seizième 
siècle. On a de lui : 

Libro de aLbeiteriâ. Oviedo, i588, in-fol. (lefèvre) 

LORENTZ (Joseph-Adam), naquit à Ribeauvillé en Alsace, 
en 1 ^ 34 . Son père (Adam), docteur,en médecine et médecin- 
physicien du comté de Ribeaupiérre, jouissait, de beaucoup de 
considération dans sa province. Après que Joseph-Adam eut 
terminé ses premières éludes à Strasbourg, il partit pour Mont¬ 
pellier, où il entendit les leçons de Fizes, de Sauvages, de 
Lamure, et prit, au bout de trois ans, lé grade de docteur eu 
médecine. Lorentz se rendit ensuile dans la capitale, où il sui¬ 
vit assid.uement les cours d’Astruc, de Ferrein, d’Antoine 
Petit, de Levret et de Rouelle. Il suivit avec la même assiduité 
la pratique de l’Hôtel-Dieu et celle des hôpitaux et de la Sal- 



LO RE ioi 

pêtrière. De retour dans sa patrie, il accompagna son père chez 
les malades, où il commençait à être appelé lui-même , lors- 
qu’en. 1757 il entra dans la carrière militaire, comme médecin 
ordinaire de l’armée du Pihin qui occupait la Westphalîe; il 
y servit jusqu’en 1763. La pais ayant alors été conclue, Lorentz 
obtint la place de médecin titulaire de l’hôpital militaire de 
Neuf-Brisack, d’où il passa peu après a celui deSclielestatt Le 
professeur Starck, de Mayence, venait de critiquer avec fort 
peu de ménagement nos médecins français sur leur manière de 
traiter plusieurs maladies, et particulièrement la dysenterie; 
Lorentz riposta au médecin allemand avec chaleur,, mais avec 
décence, par un écrit plein de bons raisonnemens, et, ce qui 
vaut mieux, plein de bonnes observations. De Scheiestalt, Lorentz. 
passa à l’hôpital militaire de Strasbourg, fut professeur et rec¬ 
teur temporaire de l’Université, devint dans nos premières, 
guerres premier médecin de l’armée du Rhin, membre du con¬ 
seil de santé des armées, et se montra avec distinction dans 
toutes ces places.. Appelé dans l’hiver de 1801 pour donner des 
soins à Moreau, il contracta dans le voyage une hernie étran¬ 
glée, à lacàuite de laquelle il mourut à Satlzbourg. Le général 
eu chef, sensible à cette perte, fit rendre aux restes de Lorentz 
de très-grands honneurs. M. Percy, chirurgien en chef de l’ar¬ 
mée, prononça un discours touchant aux obsèqae de son col¬ 
lègue. Un hommage plus solennel fut rendu à Lorentz par le- 
conseil de santé des armées, au nom duquel M. Coste prononça 
publiquement son éloge à Paris..Le conseil ordonna, en outre-, 
que les procès-verbaux relatifs à la mort de Lorentz et aux 
honneurs qui lui avaient été rendus seraient envoyés-et lus aux 
armées. Cet ordre fut exécuté par les soins du médecin en chef 
de l’armée d’Orient à l’une des embouchures du Nil, dont les 
armées française, anglaise et ottomane couvraient alors les 
rives. Lorentz n’a laissé que l’estimable ouvrage suivant : 

Morbi detenorîs notœ Gallorum castra , trans. Rhenum sitaah anno- 
1757 ad 1762 infestantes. Selestadii .. 1765-, in-12, (a* desgenettes ) 

LORENTZ (Paul-Joseph-Adam), fils du précédent, élevé 
avec beaucoup de soins, donnait de graadesespéraneés. Il était 
déjà médecin ordinaire de la grande armée depuis quelques 
années, lorsqu’il partit précipitamment de Pbtzdam en 1808, 
et mourut peu de jours après à Strasbourg, de phthisie.pul¬ 
monaire. ( E. DESGENETTÉS ) 

LORENTZ ( Bernard), frète puîné de Joseph-Adam, fut 
élevé comme lui, et rcçji docteur en médecine dans l’Univer¬ 
sité de Montpellier. II. entra aussi de bcuina heure dans les hô- 




E itaux militaires, et parvint au grade de médecin en chef des 
ôpitaux de Corse, et ensuite de la première armée d’Italie. 
Il n’a guère donné qu’une formule pour le traitement des fièvres 
quartes, et qui consiste dans un mélange de bon quinquina en 
poudre très-fine et de magnésie blanche à parties égales. Un 
très-petit nombre d’observations, éparses également dans d’autres 
ouvrages périodiques, sauveront à peine son nom de l’oubli. 
Ses lalens éminens, considéré comme médecin militaire, et sur¬ 
tout comme praticien, l’auraient placé près de son frère , sans 
son insouciance pour la célébrité. Une mélancolie profonde le 
sa vie, à tous les regards. 


LOÏtïMER. ( Jean) , mort le i3 juillet 1795, était né en 1732. 
Membre du Collège royal des médecins d’Edimbourg, il avait 
été attaché en qualité de médecin au service des armées britan¬ 
nique^ en Amérique, et à celui de la compagnie des Indes. Il 
est auteur d’un mémoire inséré dans le recueil de Simmons, et 


d’un petit ouvrage intitulé : 


A concise essay on magnetism, witfi an account of the déclination 
and inclination of the magnelic needle and an aUempt io ascertain the 
cause of the variation thereof. Edimbourg, 1795, in-4°. (o.) 


LORRY (Afpe-Charles), né a Crosne, le 10 octobre 1726, 
était fils de François Lorry, célèbre professeur de la Faculté 
de droit en l’Université de Paris. Il eut pour proches païens 
l’ Argilliere et Lafosse, peintres distingués de l’école française, 
ainsi que l’auteur de Manlius, neveu de ce dernier. 



LORR jo3 

Le sage et savant Rollin dirigea l'éducation que Lorry reçut 
dans l’Université, où il se distingua par la vivacité de son esprit 
et la pureté de son goût. On a retenu ce distique heureux qu’il 
fil, encore très-jeune, sur un premier jour de l’an : 

llœ.c. est ilia dies quâ plebs vesana Jurensque 
Se fugiendo petit, seque petendo jugit. 

Dès que Lorry eut résolu de se livrer à l’étude de la méde¬ 
cine, il se mit à suivre les leçons d’Astruc et de Ferrein, ainsi 
que la pratique des hôpitaux. Le premier de ces deux célèbres 
professeurs était plus propre, par l’éclat de ses taleus, à ins¬ 
pirer le goût de la médecine, et à indiquer les sources du savoir, 
qu’à le répandre par ses doctrines. Le second, moins brillant, 
fut un esprit sévère qui n’enseignait que des choses positives et 
d’une utilité immédiate. Les hôpitaux étaient loin d’offrir alors 
une instruction facile et solide. Les étudians manquaient de 
guides clans l’art d’observer. Ceux qui n’ont reçu que ce genre 
d’enseignement, ont éprouvé, en commençant à traiter des 
maladies, le peu d’avantages qu’ils avaient retirés en suivant les 
pratiques, presque toutes routinières et jamais motivées , qui 
ont précédé l’établissement des cliniques régulières. 

La licence, qui était un temps d’épreuves, fut pour Lorry 
une source féconde de jouissances pures, car il brilla par des 
talens littéraires, des connaissanCces étendues et une aménité 
qui lui concilièrent autant d’admirateurs et d’amis qu’il eut 
de juges et de concurrens. Entr’autres avantages, il parlait la 
langue de l’ancienne Rome comme Sylvius, Fernel ou Astruc. 

A peine reçu docteur. Lorry fut porté, par d’heureuses cir¬ 
constances, dans la carrière de la pratique. Il suivit une route 
opposée à celle que prennent d’ordinaire les jeunes médecins , 
car il avait déjà acquis de la célébrité dans le grand monde 
et à la cour avant l’àge de trente ans. Voici presque tous ses 
momens pris par les devoirs qu’impose la confiance des ma¬ 
lades et de ceux qui croyent ou qui feignent de l’être. Cette 
sorte d’esclavage imposé aux praticiens , ne l’empêcha dans 
aucun temps de se livrer à des travaux qui contribueront 
plus à perpétuer son nom que l’admiration et la reconnaissance 
des contemporains, qui sont toujours fugitives et limitées, 
comme l’existence de l’homme. 

Lorry commença par s’occuper des importans sujets de 
l’irritabilité et de la sensibilité, ét consigna le résultat de ses 
nombreuses expériences dans les Mémoires de l’Académie des 
sciences et dans les journaux.de médecine. 

11 popularisa les ouvrages de Mead , fit.paraître peu après 
son propre Essai sur les alimens, et donna une édition des 



i <4 L O R R 

Aphorismes d’Hippocrate, qui f'utplus tard suivie d’une seconde. 

Dans son Traité de la mélancolie, dont les bases reposent 
sur l’anatomie, la physiologie et l’observation, il donna la 
théorie rationnelle et indiqua le traitement des affections ner¬ 
veuses, anciennes comme le monde, mais plus fréquentes au¬ 
jourd’hui par suite des progrès de la civilisation, de l’activité 
des passions et des plaisirs, comme des richesses factices. 

Lorry rassembla ensuite les matériaux destinés, par Astruc, 
à l’Histoire de la Faculté de Montpellier, et compléta ce qui 
leur manquait; il fît connaître, par une édition, un excellent 
ouvrage.de Barker, et donna aussi, avec des commentaires, 
une nouvelle édition dés Aphorismes statiques de Sanctorius. 

Le beau Traité des maladies de la peau parut en 1777. Exé-r 
cuté sur le même plan que le Traité de la mélancolie , il reçut 
le même accueil. 

Lorry donna encore, dans les Mémoires de la Société royale 
de médecine, les constitutions médicales de 1775 à 1777, di¬ 
visées , à la manière des anciens, en semestre vernal et autom¬ 
nal. Il publia, dans le même recueil, un Mémoire sur les maladies 
de la graisse, et des expériences multipliées sur lés propriétés 
de l’opium. On l’entendit aussi lire, dans des assemblées pu¬ 
bliques , des mémoires intéressans sur les crises apyrétiques ; 
sur la nature et les effets du frisson, comme symptôme général 
des fièvres; sur les aphthes épidémiques; sur les dangers de 
l’état comateux dans les maladies aiguës; enfin, il contribua à 
la rédaction de presque toutes les instructions que fit répandre 
Je gouvernement sur les épidémies, les épizooties et divers 
objets de salubrité publique. Un architecte distingué demanda 
à la Société royale si les plantes dont on reconnaît des par¬ 
ties sur les monumens des anciens, sont de la classe de celles- 
quel’on regarde comme salutaires? La solution de cette ques¬ 
tion fournit à Lorry l’occasion de déployer toutes les richesses 
de sa littérature et de son érudition. 11 conclut (ce sont les 
expressions de l’illustre secrétaire de la société) : « que rien 
n’annonce qu’au milieu de ce beau délire d’où naquirent tous 
les arts, on ait spécialement choisi les plantes salutaires pour, 
servir d’ornemens à l’architecture, qui semble plutôt les devoir 
aux brillantes inspirations de la poésie qu’aux sages conseils de 
la raison. » 

Lorry s’accupa d’aillenrs toute sa vie d’extraire des anciens, 
en critique habile et judicieux, tout ce qui avait quelque rap¬ 
port avec la médecine. C’était une des récréations qu’il plaçait 
à côté de la culture d’un beau jardin, où il se livra à de nom¬ 
breux essais d’agronomie et d’ingénieuses méthodes de classi¬ 
fication en matière médicale. 

Lorry fut très-long - temps l’un des trois médecins les plus 



LOB. R. io5 

renommés de la capitale; son nom venait à la suite de ceux 
de Bordeu et de Bouvard. S’il eut dans le public d’autres ri¬ 
vaux, Ce furent des hommes qui ne brillèrent que d’un éclat 
éphémère; ceci cependant ne peut s’appliquer a Charles Leroi, 
à Tronchin et à Barthez ; c’est avoir nommé toutes les grandes 
et justes célébrités contemporaines. L’époque actuelle présente 
un spectacle différent; deux ou trois noms ne couvrent plus 
tous les autres. Le savoir et l’habileté sont plus répandus, et 
c’est un grand bienfait pour l’humanité. La génération qui entre 
dans la carrière vaudra encore mieux. Adolescite , pourrait-1- 
on dire, avec Haller, à cette jeunesse méconnue et calomniée, 
adolescite in publicam felicitatem , cujus magna pars . sunt 
prudentes medici, inque veslram qnce parari omnino nequit , 
nisi conscieniiâ bene actorum paralur. ( Præfatio ad primam 
editiorientprimarum linearum physiologice). 

Les médecins célèbres ne donnaient point indistinctement 
leurs soins à toutes les classes de la société. Les uns étaient ré¬ 
pandus plus spécialement à la cour et dans la haute noblesse, 
tel était Bordeu ; lé haut clergé, la haute robe et la haute fi¬ 
nance formaient davantage la clientèle' de Bouvard; celle de 
Lorry était éparse dans les mêmes classes, et plus particulière¬ 
ment la magistrature, le barreau, le commerce, les arts, eide 
préférence les indigens, qui connaissaient assez son bon cœur 
pour réclamer ses soins. 

Lorry, qui avait été appelé plusieurs fois à la cour, le fut 
encore dans la dernière maladie de Louis xv. Ce pvincé n’avait 
point donné de successeur à Senac, son premier médecin. 
Bordeu était porté a cette place par son mérite médical, Pur-; 
banité de ses manières, la dignité-de sa représentation, soutenues 
de la confiance enthousiaste et des sollicitations'ardentes de 
la comtesse du Barry. Cela n’empêcha pas Louis xv de Jui 
diré un jour, en le recevant dans ses petits appârtemens : «Je 
suis entouré par vos admirateurs, vos- obligés et vos amis; 
ils m’ont appris, et le public avec eux, tout-ce que vous valez; 
c’est entre vos mains seules qu’il faut guérir ou mourir, car 
quand on meurt avec vous, c’est que l’on n’a pas pu guérir; 
mais vous avez eu des difficultés avec votre-compagnie ( la 
Faculté de médecine de Paris), qui ne me permettent pas de 
vous faire premiermédecin. » Tels étaient donc l'empire de l’opi¬ 
nion publique elle crédit des corporations qui s’étaient rendues 
respectables, que les rois eux-mêmes ne pouvaient se soustraire 
à leurs décisions. 

Bordeu était pourtant encore vivant, car il survécut deux 
ans à Louis xv, lorsque ce prince, dans sa dernière maladie,: 
fit appeler Lorry. Une foule de médecins assiègent d’ordinaire 
les cours; mais les princes, sans l’assistance de leurs conseils, 



io 6 LO RR 

ne sont pas moins avisés que le resté des hommes sur leur 
propre conservation. Quand ils sont malades , ils cherchent 
donc à se procurer l’assistance des plus habiles , sans égard 
pour des brevets que l’intrigue et l’importunité leur otft souvent 
arrachés ou fait souscrire pour'des inconnus. D’ailleurs, on a 
tout dit en rappelant que presque toutes les charges de méde¬ 
cin de la cour étaient vénales , et que les titulaires en étaient 
pourvus aux mêmes conditions que les officiers des greniers à 
sel. Cependant il se trouvait, comme premier médecin ordi¬ 
naire , auprès de Louis xv , un homme digne de toute sa con¬ 
fiance; c’était ce vénérable Lemonnier, qui a servi , comme 
premier médecin, Louis xti sur le trône et jusqu’au Temple. 
Fut-il épouvanté, en 1774, de sa responsabilité, cet homme 
si courageux en 1793? 11 aimait Lorry tendrement et le fit 
sans doute appeler exclusivement par Louis xv; il avait produit 
son ami, jeune encore, dans les maisons de Noailles et de 
Richelieu, et plus haut près de madame de Brienne. Pendant, 
3 a courte maladie à laquelle le roi succomba, Lorry reçut de 
lui des témoignages de la considération la plus affectueuse. Ces 
détails, que les médecins accueillirent avec une sorte d’orgueil, 
doivent être conservés pour l’honneur d’un prince naturellement 
bon, et qui sera toujours cher à l’humanité pour avoir créé 
l’Académie de chirurgie. 

Comme tous les praticiens fort occupés, Lorry fut accablé 
sous le fardeau. Des attaques réitérées de goutte irrégulière et 
la paralysie dont il fut atteint en 1780, le conduisirent à un 
repos forcé, position pénible dans laquelle il développa toutes 
les ressources de sa belle ame et de sa douce philosophie. On 
jugea que l’usage des eaux thermales de Bourbonne pourrait lui 
être utile. Louis xvi fut instruit de celte détermination, et 
apprit en même temps, avec surprise, l’honorable détresse de 
Lorry; il lui assigna à la fois une pension et une gratification 
pour ses frais de voyage. Lorry ne put profiter en entier de 
ces bontés , et mourut peu de jours après son arrivée à Bour¬ 
bonne, entre les bras de Hallé et de M. Tessier qui l’avaient 
accompagné. 

Quoiqu’on s’attendît à Paris à perdre Lorry, la douleur de 
sa famille et de ses amis n’èn fut pas moins vive. Vicq-d’Azyr 
fut chargé d’exprimer les regrets publics et ceux de la Société 
royale de médecine. Il a mis et a souvent eu besoin de plus 
d’art dans d’autres éloges ; jamais il q’ea écrivit aucun avec plus 
de justesse, de grâce et de sensibilité que celui de Lorry. C’est 
une des plus belles productions de son beau talent et de son 
génie médical. Ecoutons le parler : 

a Conduit par un cœur droit et généreux , M. Lorry ne ci¬ 
tait ses confrères, dans ses ouvrages, que pour leur rendre un 



LOB.B. 107 

tribut d’estime et d’admiration. Les jeunes médecins trouvaient 
dans ses avis, dans sa bibliothèque, dans- 6a fortune, tous les 
secours qu’il pouvait leur offrir : quelques-uns même de ceux 
que le sang ou Tamisé lui rendait plus chers ont contracté 
envers lui des obligations plus intimes ; il leur a communiqué 
les fruits de son expérience en leur donnant, près du lit des 
malades, des leçons, inapre'ciables.» 

« Dans quel temps, dit ailleurs Vicq-d’Azyr, M. Lorry, qui 
consacrait ses journées entières à la visite des malades, a-t-il 
pu se livrer à tant de recherches? Il ne lui restait que .la nuit, 
et il en employait une grande partie à l’étude. 11 a parlé, dans 
son Traité de la mélancolie, d’un homme qui dormait très- 
peu et se couchait rarement, c’était lui-même. A la manière 
dont il vivait, on aurait dit que son temps et sa santé n’étaient 
point à lui; chacun pouvait en disposer : l’heure était indiffé¬ 
rente, on le trouvait toujours prêt. Le soir, on le voyait entouré 
de personnes inquiètes ou malades qui lui demandaient des 
consultations ou des avis. Lorsqu’enfm il était seul, il écrivait 
ses observations et les réflexions que les circonstances lui 
avaient fait naître pendant la journée. Il se défendait contre 
le sommeil par des lectures agréables; il se livrait ensuite à de 
plus sérieuses : il s’abusait ainsi en croyant avoir trompé la 
nature, et il se flattait d’avoir doublé son existence lorsqu’il 
n’avait fait que se hâter de vivre, et se fatiguer en précipitant 
sa course. » 

Ce qui suit, et qui est toujours emprunté de Vicq-d’A.zyr, 
est applicable au moment où nous écrivons. « Une aca¬ 
démie naissante ne peut jeter aucun éclat sur ceux qui la 
composent; c’est de leurs efforts et de leur célébrité que doit ré¬ 
sulter sa gloire. Elle a surtout besoin de bons conseils et de 
bons exemples. Appelé parmi ceux qui ont jeté les premiers 
fondemens de nos travaux, M. Lorry ne se contenta pas de les 
encourager et d’y applaudir, il s’y associa, il y contribua lui- 
même; en nous indiquant les sources, il nous a appris à y 

puiser. Ces obligations, quelque grandes qu’elles soient, 

ne sont pas encore les plus importantes que la Société royale 
ait contractées envers Ms-Lorry. Qu’elle nous permette de lui 
rappeler le moment où, en 1778, elle fit des pertes imprévues, 
et qui causèrent ses regrets. Le souvenir des obstacles que Ton 
a surmontés porté avec lui quelque chose de doux et de con¬ 
solant. Cet homme vertueux et bon, que Ton avait tant accusé 
de manquer de caractère, se montra ferme et inébranlable 
dans ses principes comme dans sa conduite. Il excita le zèle 
par son exemple; il lut plusieurs mémoires, il proposa divers 
plans de travaux qui furent exécutés, et bientôt la compagnie 
publia des volumes qu’il avait enrichis de ses observations. » 





io8 LÔRR 

Ces dernières lignes vont achever de peindre toute la bonté 
de l’homme privé en donnant d’excellentes leçons : c’est tou¬ 
jours Vicq-d’Azyr qui parle. « Quelque bien accueilli que fût 
M. Lorry dans le grând monde, ce n’était que dans sa famille 
qu’il goûtait de véritables douceurs. Entouré des enfans d’un 
frère qu’une mort prématurée avait enlevé , il leur prodiguait 
ses soins, sa fortune et surtout sa tendresse. 11 vécut célibataire; 
mais la bienfaisance avait réuni sous ses yeux et placé dans son 
cœur toutes les jouissances paternelles. Combien il fut heureux, 
pendant ses dernières années, de s’être préparé d’agréables sou¬ 
venirs, d’avoir inspiré à ses pupilles de la reconnaissance et de 
l’amitié..... Ce fut alors que M. Lorry vécut entièrement de ses 
propres bienfaits. Ce fut alors que ses aimables nièces lui rendi¬ 
rent peut-être plus qu’elles n’en avaient reçu ; leurs mains ne 
cessaient de le servir , leurs yeux étaient ouverts lorsqu’il som¬ 
meillait, et leur vive sensibilité devint l’aliment de la sienne. 
Son frère, ses sœurs, son neveu, des confrères, des amis nom¬ 
breux se dévouèrent à ses besoins. Leurs empressemens, leur 
assiduité l’occupèrent, le ranimèrent, prolongèrent peut-être 
ses jours. Sait-on ce que peuvent sur nos organes les douces 
affections de l’ame et les battemens d’un cœur satisfait? » 

Les cendres de Lorry et celles de son éloquent panégyriste 
étaient refroidies depuis long-temps, lorsque Hallé, dans le 
discours de rentrée de l’Ecole de médecine pour l’an xi (x8o3), 
fut vivement applaudi, quand il termina l’énumération des mé¬ 
decins qui avaient le plus illustré l’ancienne Faculté de Paris, 
par ce nouvel éloge de Lorry : 

« Hésiterais-je de te nommer ici, moi qui eus l’avantage de 
te connaître mieux qu’aucun autre, Lorry ! qui nous peignis 
si bien les lourmens de la mélancolie ; qui débrouillas avec tant 
d’art le chaos désaffections cutanées; qui, d’après nature, 
traças, avec tant de vérité, les révolutions qui changent la face 
des maladies ; lu savais mieux que tout autre environner de 
grâces la sévérité de l’art; ton cœur généreux alliait h:la di¬ 
gnité de l’homme indépendant celte complaisance si douce à 
l’homme qui souffre; et ta tombe, ouverte avant le temps, en¬ 
tourée des hommes de tous les rangs et de toutes les fortunes, 
de ceux qui ont connu les angoisses de la souffrance, ou qui ont 
éprouvé le découragement du malheur, sera long-temps hono¬ 
rée des larmes de l’amitié et des regrets de la reconnaissance, a 

Lorry a publié les ouvrages suivans : 

Richardi Mead opéra ad editiones anglieas mipcrrimè typis mandata* 
De venenis. De pesté. De variolis et morbillis. De imperio solis et lunce 
in corpore humano. Oratio Harveiana. Vissertatio de nummis Smyrneis. 
Paris, 1701 , în-8°. 




la pratique de la médecine. 

De prœcipais morborum mutalionïbus et conversionïbus tentamen me- 
dicum, Paris, 1784, in-12. 

Cet essai, fait sur le plan de l’ouvrage dé Roderic de Castro qui a pour 
titre t Quœ ex quibus , est beaucoup plus étendu, car il renferme tout ce 
qui concerne les épigénèses, les métaptoses ou mutations, ainsi qüé les 
métastases, enfin les changemens et les différentes dégénérescences qui 
ont lieu dans les maladies. (b., desgenetiesJ 

LGSCHGE (Fbédéric-Henki), né à Ànspach, le 16 février 
1^55, a été reçu docteur à Gœttingue, puis nommé en 1784 
professeur d’anatomie à Erlangue, et en 1592 professeur ordi¬ 
naire de médecine dans cette même Université. Il a publié : 

Dissertatio de medicinâ obsletriciâ agente et exspectante. Erlangue, 
1780, in-4 0 . 

Programma de commodis quibusdam ex singulari infantum calvanœ 
Structura oriundis. Erlangue , lj/85, in-4°. 

Die Knochen des menschlichen Koerpers und ikre vorzueglichsten 
Baender, in Ahbildunsçn und hurzen Beschreibungen. Erlangue, 1789 
-1796, in-fol. - Ibid. 1804- 1807, in-fol. 

De symmetriâ humani^ corporis, imprimis sceleti, commentatio ana~ 
tomïca. Erlangue, 1798, in-8°. 

De sceleto hominis symmetrico , commentatio anatomica. Erlangue, 
1793, in-S°. _ . (o.) 




no LOSS 

LOSS ( Jérémie), fils d’un théologien assez obscur, vint au 
monde en x643 à Borne, dans la Misnie, et remplit une chaire 
de médecine à Wittemberg, où il mourut le 5 novembre 1684, 
laissant : 


Dissertatio de oscitalione. Léipziék, 1664, in-4°. 

Dissertalio de eructattone. W ntemborg , 1664, in-4°. 

Dissertatio de fermenlo ventriculi. Wittemberg, i665, in-4°. 
Dissertatio de diabete. Wittemberg, 1666, in-4 0 . 

Dissertalio de languore lymphalico. Wittemberg, 1673 , in-4 0 . 
Dissertalio de avaria humano. Wittemberg, 1674» in-4°. 

Dissertalio de asthmate convulsivo. Wittemberg, 1676, in-4°. 
Dissertatio de salivce naturâ et usu. Wittemberg, 1677 , in-4°. 
Dissertalio de œgrâ tertianâ continua malignâ laborante. Wittemberg, 

1681, in-4 0 . 

Frotomanice seu amoris insani theoria et praxis. Wittemberg, 1681, 

Dissertatio de morborum ab imaginatione ortorum alias idealium ideâ. 
Wittemberg, 1681, in-4°. 

Dissertatio de glandularum naturâ in genere. Wittemberg, 1682, 

Dissertatio de hydrophobiâ. Wittemberg, 1682, in-4°. 

Dissertatio de iliacâ passione. Wittemberg, 1682, in-4°- 
Dissertatio de lue epidemicâ seu peste. Wittemberg, 1682, in-4°- 
Dissertatio de arthritide. Wittemberg, 1.683, in-4°. 

Dissertatio de inflammatione. Wittemberg , i683, in*4°. 

Dissertalio de lue venereâ. Wittemberg, i683, in-4°- 
Dissertatio de nuce vomicâ. Wittemberg, i683,in-4°. 

Dissertatio de cancro mammarum. Wittemberg, 1684 , in-4°. 

n Alp. Dresde, 1801, in-8°. (o.) 


LOSS (Frédéric), plus souvent appelé Lossius , médecin du 
dix-septième siècle, vint au inonde à Heidelberg, et alla prati¬ 
quer l’art de guérir à Dorchester, dans la Grande Bretagne, où il 
termina ses jours. Nous avons de lui les deux ouvrages suivans : 


Observalionum medicinalium libri quatuor. Londres , 1672, in-8°. 
Consiliorum , sive de morborum curationibus, liber posthumus. Londres, 
1684, in-8°.- Léipzick, i685, in-8°. 

Ces deux ouvrages sont pleins de faits, dont plusieurs inléressans. 
L’auteur a marché sur les traces de Tulpius, mais a respecté davantage 
la vérité. Il était ami de Turquet de Mayerne. (o.) 


LOSSAU (Chrétien-Joachim), né àSchleswig, le 27 février 
i6q3, étudia la médecine successivement à Wittemberg, à Jéna, 
à Halle et à Leyde. Ce fut cependant à Kiel qu’il alla prendre 
ses grades, et il y obtint le litre de docteur après avoir sou¬ 
tenu les examens d’usage avec le plus grand éclat. S’étant en¬ 
suite établi à Hambourg, il devint médecin du duc de Hols- 
tein et du duc de Mecklenbourg-Strelitz. Sa mort eut lieu en 
1753. Entièrement livré à la pratique, il n’a publié que des 
opuscules obligés, et une observation bien peu remarquable de 
longue abstinence. 




LOTI , tI 

Vissertatio de vahre medidnce hodierrus. K kl, 1725 f fa, 4°. 

Vissertatio de valore cherr.iæ hodiernœ. Kiel, 1725, in-4 0 . 

Walirhaftige und ausfuehrliche Beschreibung eines besondem und 
merkwuerdigen .Casus inedice, welcher sich im Jahre 172S mit Maria. 
Jenfels zugetragen. Hambourg, 1729, in-4 0 . (o.) 

LOTH ( Georges) , médecin et littérateur allemand, né le 
juin i 5"9 à Verden, dans la Marche, fit toutes ses études à 
Kœnigsberg. Après avoir dirigé pendant quelque temps l’école 
de cette ville, il se rendit à Wittemberg pour y suivre lui- 
même les cours de la Faculté de médecine, et alla prendre le 
titre de docteur à Bâle en 1612. Au retour d’un voyage en Ita¬ 
lie, fait aux frais du gouvernement, il fut nommé médecin de 
l’électeur de Brandebourg, et bientôt après, en 1614, professéur 
extraordinaire de médecine à l’Université de Kœnigsberg, où il 
termina sa carrière le i 5 novembre i 635 . On a de lui plusieurs 
pièces de vers sur des sujets religieux ou mystiques, des épi- 
grammes latines, et quelques dissertations académiques, telles 
que les suivantes : 

Vissertatio de usu-partium nutritioni inservientium , in concoclionibus 
fdcultati cum liarum excrementis. Kœnigsberg, 1616, in-4 0 . 

Vissertatio de hominumgeneratione. Kœnigsberg, 1617, in-4°. 

Vissertatio de uririarum dijferentiis ecCrumque causis. Kœnigsberg, 
1623, in-4°. 

Kurze Relation von einem abgeschluckten und ausgesogenen Messer. 
Dantzick, i635, in-4". (o.) 

LOTH ( Georges) , fils du précédent, naquit à Kœnigsberg, 
le 2t janvier 1623. Ayant pris goût pour ia profession de sou 
père, il reçut le grade de docteur à Wittemberg, en 1648. Deux 
ans après son retour, l’Université de sa ville natale lui confia 
une chaire, qu’il remplit jusqu’à sa mort, arrivée le 22 février 
1684. I 1 a écrit : 

Vissertatio de hepatis stnicturâ. Kœnigsberg, i65o, in-4°. 

Vissertatio de contagio febrili et variolarum Regiomonti grassante. 
Kœnigsberg, i656,in-4°. , (o.) 

LOTIGHIUS ( Jean-Pierre), petit-neveu du suivant, vint 
an monde à Hanau, en i 5 g 8 . 11 fit de grands progrès dans l’é¬ 
tude des belles-lettres, mais exerça cependant plus, du moins 
à ce qu’il paraît, sa mémoiré que son goût et son jugement. Ce¬ 
pendant Guy Patin faisait cas de lui, et estimait même son 
commentaire sur Pétrone, qui n’est qu’une compilation indi¬ 
geste. Ses vers sont entièrement oubliés, et ils ne firent pas non 
plus beaucoup de senstion parmi Ses contemporains. 11 avait 
déjà exercé l’art de guérir à Minden et dans la Hesse, quand 
l’Université de Rinteln lui confia une chaire de médecine, 
dont la mort seule le priva eu i 65 a. Nous ne citerons que ceux 




ïi2 LOTI 

de ses ouvrages qui ont plus ou moins de rapport k la méde¬ 
cine. Ce sont : 

Vade mecum. Francfort, 1625, in-13. 

De gummi utvocant gotla , sive laxativo indico , discursus theoretico- 
practicus. Francfort, 1626, in-8°. 

Avec le Dispensatorium chymicum. 

Paradoxon, sive de Jebribus in généré, dissertatio theorico-practica, 
in quâ tctius velut medicinœ epitome, probabiliter adslruitur febrem 
omnium reliquorum morborum ideam esse. Accessit ejus disputatio phy- 
sica de dignilate et prœstanliâ scientiœ naturalisé Francfort, 1627, in- 4 °. 

ïn Petronii satyricon commentarii, sive excursus medico-pliilosophici. 
Francfort, 1629,10-4°. 

Gynoecologia , id est, de nobilitate et perfectione sexus fœminini. 
Rinteln , i63o, in-8°. 

Oratio super Jhtaiibus hoc lempore academiarum in Germaniâ peri- 
culis. Rinteln, i63r, in-4°. 

De casei nequitià , traclatus medico -philologicus. Francfort, 1643, 

De bond mente oratio. Francfort, i643 , in*4°. 

Consilioruru et observalionum medicinaïium libri quinque : in quibus 

euporista , ah ipsomel autore partim inventa , parlim ab aliis antè ex¬ 
perte et mutuata, luculenter et historicè , lanquam in diario -, pcpponun- 
tur. Dim, 1644, in-4°. - Ibid. iG58 , in-/j°. 

Oratio de opiniàne. Francfort, i645 , in-8°. - (z.) 

LOTICHIUS (Pierre), surnommé Secundus , pour le dis¬ 
tinguer de son oncle, naquit le 1 novembre i$ 28, à Scliiuch- 
tern, bourg du comté de Hanau, près de Fulde. Son oncle, 
abbé du couvent de bénédictins de cet endroit, qui aimait beau¬ 
coup les lettres, prit soin de l’élever, et le destina aux éludes, 
quoiqu’il ne fût que le fils d’un simple laboureur. Lolichius 
apprit les langues anciennes et la poésie k Francfort, où. il passa 
sept années, après quoi il alla se perfectionner dans la poésie 
et l’éloquence k Marbourg. Dans le même temps il s’appliqua 
aussi k l’étude de la philosophie, et dès qu’il se sentit assez 
fort, il s’empressa de se rendre aWittemberg, où lés leçons de 
Melanchlhon et de Camerarius attiraient alors toute l’Alle¬ 
magne. Lorsque la guerre força les professeurs de celte Uni¬ 
versité k quitter la ville, Lotichius accompagna. Melanchlhon k 
Magdebourg; mais celui-ci l’ayant quitté peu de temps après , 
il imita quelques-uns de ses condisciples, et prit parti dans les 
troupes de l’électeur de Saxe. 'Vers'la fin de la guerre, il obtint 
son congé, revint a Wittemberg entendre Melanchthon, et prit 
ses degrés en philosophie. Camerarius lui fit alors connaître le 
doyen du chapitre de Wurtzbourg, qui lui confia l’éducation 
de ses neveux. Lotichius accompagna les deux jeunes gens en 
France, et vint passer deux ans après k Montpellier, où l’im¬ 
prudence qu’il eut de manger de la viande en carême, malgré 
le privilège accordé aux étrangers, lui attira le courroux de 



LOUI n3 

l’inquisition, auquel l’amitié de Rondelet le fît heureusement 
échapper. Etant de retour en Allemagne, et voyant sa patrie 
désolée par la guerre, il entreprit un second voyage en Italie, 
et se fit recevoir docteur en médecine à Padoue. Rentré dans 
son pays, l’électeur palatin le fit venir à Heidelberg pour être 
son médecin, et pour enseigner la médecine. Lotichius se fit 
une grande réputation de savoir et d’habileté dans sa place de 
professeur, dont la mort le dépouilla en i56o, le 7 novembre, 
à la fleur de l’âge. Ce n’est pas comme mëdecinj mais comme 
poète, qu’il s’est rendu célèbre. Teissier, Bayle, Korlholl et 
Burmann, d’après ses plus fameux contemporains, ont exalté 
tour k tour, et comme à l’envi, le mérite de ses poésies, sur¬ 
tout de ses vers élégiaques , et Hagen a été plus loin qu’eux 
encore, puisqu’il n’a pas craint de l’élever même au-dessus de 
quelques anciens, en lui donnant le titre de prince des portes 
latins modernes. Cet éloge est exagéré sans doute ; mais on doit 
convenir que lés poésies de Lotichius brillent par l’éiégance de 
l’expression et la richesse des idées. Cet écrivain n’a rien laissé 
sur l’art de guérir. (6.); 

LOUIS (Antoine), né k Metz le i3 février 1723, fît de 
bonne heure d’excellentes études classiques au collège des Jé¬ 
suites de cette ville. Ses intituteurs avaient conçu le projet de 
l’agréger k leur ordre; mais il trompa leur espérance, et pré¬ 
féra la profession de son père, qui était chirurgien-major de 
l’hôpital militaire de Metz. Sous un maître aussi habile, et qui 
■dirigeait avec sollicitude ses premiers essais, Louis fit des pro¬ 
grès rapides , et acquit en peu de temps les connaissances ana¬ 
tomiques exactes qui servent de base k toutes les études chi¬ 
rurgicales. Entré au service k vingt-un ans, il devint bientôt 
chirurgien-major d’un régiment, et se distingua tellement que 
La Peyronie, soit qu’il eût été témoin de ses succès, soit que 
la réputation naissante du jeune adepte fût parvenue jusqu’à 
lui, le'fit venir à Paris, le prit sous sa protection spéciale, et 
se chargea du soin de son avancement et de sa fortune. Louis 
ne voulut rien devoir qu’à ses travaux. Peu de temps après 
son arrivée il disputa et obtint au concours la place de gagnant- 
maîtrise à la Salpêtrière. Désirant dès-lors faire partie de l’A¬ 
cadémie de chirurgie, il traita plusieurs des sujets de prix 
proposés par cette célèbre compagnie, et obtint, en 1744? le 
second accessit sur la question relative aux remèdes émolliens. 
11 fut plus heureux encore l’année suivante : son mémoire sur les 
remèdes anodins, réunit tous les suffrages, et il fut couronné. 
Les deux mémoires, dont l’un partagea le prix double en 1747 
sur les remèdes détersifs, et dont l’autre obtint, en ijH5, le 
premier accessit sur le feu ou le cautère actuel, ne sont pas 



n4 LOUI 

d’Antoine Louis, mais bien de son frère, chirurgien fort dis¬ 
tingué des armées, et qui mourut vers 1965. 

Des succès aussi brillans fixèrent Patleniion de l’Académie 
sur,celui qui les obtenait. En 1746, ii fut admis au nombre des 
membres associés de cette compagnie ; il était maître ès-arts, 
et six années d’exercice à la Salpêtrière le dispensaient de sou¬ 
tenir un acte public pour la réception. Mais refusant une faci¬ 
lité que lui accordaient l’usage et les réglemens, et dont il 
croyait indigne de lui de profiter, Louis sollicita et obtint, 
comme une faveur, la permission de subir sa dernière épreuve. 
Il eut, à cette occasion, l’honneur de composer la première 
dissertation latine qui ait été présentée dans nos modernes écoles 
de chirurgie, depuis l’extinction des chirurgiens à longue robe. 
Cet acte attira, par sa nouveauté et par la réputation de celui 
qui.le soutenait, une société brillante à Saint-Côme, où le can¬ 
didat obtint tous les honneurs de la séance. La Peyronie mou¬ 
rut au milieu des triomphes de son élève et de son protégé, 
qui trouva, dans Lamartinière, un nouveau Mentor, dont l’ami¬ 
tié et le zèle ne se démentirent jamais. Peu de temps après sa 
soutenance , Louis fut nommé professeur de physiologie et 
commissaire de l’Académie pour les extraits; il occupa la pre¬ 
mière de ces places pendant quarante ans, et la seconde jusqu’à 
sa nomination à la place de secrétaire. Comme professeur, il 
sut toujours présenter les objets dont il traitait de manière à 
exciter, à soutenir l’intérêt, et à faire naître le goût du travail 
parmi les élèves. Son plus ardent désir ayant toujours été de 
réunir l’exercice pratique aux travaux de la théorie, il solli¬ 
cita et obtint, en 1757, la place de substitut de Dufouart à la 
Charité. Mais les frères qui administraient cet hôpital, et dont 
il voulut réprimer les empiétemens sur les attributions du chi¬ 
rurgien en chef, l’entravèrent tellement dans son service, et le 
lui rendirent si pénible, que ne pouvant obtenir justice de leurs 
tracasseries, il abandonna son hôpital et se réfugia de nouveau 
dans les rangs de la chirurgie militaire. Il avait vu, l’année 
même de son entrée à la Charité , sa .réputation compromise 
par un libelle diffamatoire, auquel il répondit de manière à 
réduire ses calomniateurs au silence. Nommé, en 1761, chi- 
rurgien-major-consultant de l’armée du Haut-Rhin, il fit deux 
campagnes, et revenu à Paris après la paix, il y exerça les 
fonctions de prévôt de Saint-Côme dont, malgré son absence; 
on lui avait conféré le litre.11 était spécialement chargé,en cette 
qualité, d’examiner les candidats à la maîtrise, devoir dont il 
s’acquitta de manière à mériter d’être élu de nouveau en 1767. 

Morand s’était enfin retiré en 1764, et Louis fut nommé se¬ 
crétaire perpétuel de l’Académie. Il en remplissait les fonctions 



LOUI „5 

avec un zèle et une application dignes des plus grands éloges, 
et qui promettaient à celte illustre compagnie la plus brillante 
destinée, lorsque Valentin, à l’occasion d’un mémoire sur le 
bec-de-lièvre, fit de Louis la critique la plus amère. Celui-ci 
se plaignit à ses collègues et -voulut sé retirer; mais l’Acadé¬ 
mie étant parvenue a opérer une sorte de réconciliation entre 
les deux antagonistes, on croyait cette affaire terminée, lors¬ 
que Valentin renouvela les attaques avec plus de violence encore 
dans ses Recherches critiques sur la chirurgie moderne. Le sé- 
crétaire de l’Académie ne répondit point aux injurieuses dé¬ 
clamations de son adversaire; il affecta de les mépriser; mais 
elles produisirent sur lui une impression si profonde, qu’elles 
éteignirent toute son ardeur, et, que négligeant même le soin 
de sa propre gloire, il passa les dix-huit dernières années de sa 
vie sans publier le sixième volume des mémoires de l’Académie, 
que l’on attendait avec la plus grande impatience, et dont on 
savait qu’il possédait les matériaux. Quoique d’une constitu¬ 
tion robuste, Louis était atteint d’un hydrolhorax, dont la 
cause est demeurée inconnue, et qui le fit succomber le 20 
mai 1792. Il voulut être enterré à la Salpêtrière, établissement 
où il avait fait ses premiers essais, et qu’ilrvisitait souvent 
pendant les dernières années de sa vie. 

Louis portait au plus haut degré l’enthousiasme pour la 
chirurgie. Témoin de l'affranchissement de cette branche im¬ 
portante de ]a médecine, il se signala par des écrits pleins de 
force et de philosophie dans la grande querelle que fit naître 
la déclaration de 1749. Sur plusieurs des exemplaires de sa 
thèse, qu’il fit imprimer- in -folio , il plaça le serpent d’ai¬ 
rain, élevé par Moïse dans le désert, avec- cette heureuse 
inscription : Noxiics reptando , excelsus , spes certa salutis. 
Cet emblème, à la fois simple et sublime, fut adopté par tous 
les chirurgiens français; il forme, en quelque sorte, les armes 
de la chirurgie. Une logique sévère, une raison élevée, un 
style clair, facile et soutenu, brillent dans tous les ouvrages 
de Louis. Ce grand homme était, il faut le dire, plus littéra¬ 
teur que praticien; mais la justesse de son esprit suppléait 
presque toujours a ce que son expérience pouvait avoir d’im¬ 
parfait. Il ne négligeait d’ailleurs aucun moyen de connaître 
les objets dont il voulait traiter. Les essais sur lés animaux 
vivans et les opérations sur les cadavres étaient pour lui des 
Sources fécondes d’instruction. Il s’occupa beaucoup des instru- 
mens de chirurgie, èt y introduisit, un des premiers, cette ré¬ 
forme sage et salutaire qui les a, pour la plupart, rendu plus 
simples et mieux adaptés aux usages qu’ils sont destinés à rem¬ 
plir. Où lui doit les ciseaux courbes sur les faces des lames . 



ti6 LÔUI 

qu’il substitua pour l’extirpation de l’œil à la cuiller tranchante 
de Bartisch. Il proscrivit et fit abandonner les couteaux conca¬ 
ves dont on se servait encore de son temps pour les amputa¬ 
tions; Il proposa, enfin, pour la taille des femmes une sorte de 
double lithotome dont on trouve l’idée première dans Guy de 
Chauliac, et qui ne méritait en aucune manière l’importance 
que Lccat et lui y attachèrent , dans leur longue et scandaleuse 
querelle à ce sujet. L’instrument de frère Corne fixait l’attention 
de tous les chirurgiens de l’Europe ; des articles virulens étaient 
échangés à son occasion entre le litholomiste religieux et Lecat, 
dans le journal de Verdun, et comme il arrive ordinairement 
en pareil cas, la discussion s’échauffait de part et d’autre sans 
amener.aucun résultat. Alors Lamartinière provoqua une as¬ 
semblée des chirurgiens les plus célèbres de la capitale, afin 
d’examiner comparativement les différentes méthodes de tailler. 
Louis fut l’interprête de cette assemblée, et le travail qu’il com¬ 
posa sur les expériences auxquelles elle s’était livrée, renferme 
les objections les plus judicieuses que l’on ait faites contre les 
imperfections , et contre la manière peu sûre avec laquelle 
agit le lithotome caché. 

Secrétaire de i’Académie, Louis rassembla les matériaux et 
composa même la plus grande partie des tomes quatre et cinq 
des mémoires de celte illustre compagnie. 11 avait déjà co¬ 
opéré, pendant le secrétariat de Morand, à la rédaction du se. 
cond et du troisième volumes. La saillie de l’os après l’ampu¬ 
tation, le procédé suivant lequel on doit amputer les membres; 
l’opération de la fistule lacrymale, celle de la hernie; le bec- 
de-lièvre, la'bronchotomie et les corps étrangers arrêtés dans 
la trachée-artère ; la consolidation des plaies avec perle de 
substance; la fracture dn col de l’humérus et celle du col du 
fémur ; l’application dn trépan sur les sutures ; le renversement 
des paupières ; l’extirpaliou de l’œil et les maladies qui exigent 
cette opération; la nécrose de l’os maxillaire inférieur; les 
maladies de l’intérieur de la bouche et de la langue, tels sont 
quelques-uns des objets les plus importans sur lesquels Louis 
a porté l’esprit de critique et la justesse d’observation qui ca¬ 
ractérisaient son talent. Son exemple démontre combien un 
homme ; habile et laborieux peut être utile à la gloire d’une 
société savante. Cette foule de faits isolés qui viennent inces¬ 
samment se perdre dans les archives académiques, Louis les 
rassemblait, les coordonnait, et les ralliant à des principes de 
théorie et de pratique, il les présentait sous l’aspect le pins 
' propre à exciter l’intérêt et à propager le goût des bonnes 
doctrines chirurgicales. Comparé à vicq-d’Azyr, qui faisait 
alors brûler la Société royale de médecine du plus vif éclat, 



LOUi ti7 

Louis n’a point été un orateur aussi élégant, un écrivain aussi 
ingénieux que son émule ; mais ce désavantage était compensé 
par des connaissances scientifiques plus profondes, plus posi¬ 
tives; et ses ouvrages, s’ils sont moins agréablement écrits, 
ont plus de solidité que ceux de l’illustre auteur de tant de 
compositions historiques. 

Une des plus importantes attributions du secrétaire per¬ 
pétuel d’une académie est incontestablement celle qui a pour- 
objet l’éloge des membres que perd successivement la société; 
Louis sentit bientôt qu’il devait être l’historien et non le pané¬ 
gyriste complaisant des hommes sur lesquels il était appelé à 
fixer l’attention de ses collègues. Ses éloges, écrits avec pureté; 
ne ressemblent pas à ces amplifications ampoulées qui furent 
pendant si long-temps de mode, et dont l’exagération même 
détruisait l’effet. Il voulut être impartial, et-pour atteindre ce 
but, il signalait, avec une égale franchise, les succès et les 
revers, les grandes qualités et, les défauts des savaus dont il 
retraçait les actions. 11 apportait le soin le plus minutieux à ca¬ 
ractériser leur talent, à signaler leurs travaux, en un mot, a 
faire la juste part du blâme et de la louange.qu’ils méritaient. 
On a reproché à ces discours une excessive sévérité; mais ac¬ 
tuellement que les rivalités et les affections personnelles sont 
éteintes, et que les faits parlent seuls, on reconnaît que Louis 
a été seulement équitable ; il a parlé de la plupart des hommes 
dont il a entretenu l’académie comme en parie la postérité, qui 
est venue pour eux et pour lui. 

Avocat et docteur en droit, Louis éclaira péndant trente ans 
les tribunaux dans toutes les questions qui furent soumises à 
leur délibération. U composa, sur plusieurs des points les plus 
importans et les plus difficiles de la chirurgie légale, un grand 
nombre de dissertations, dont quelques-unes seulement ont été 
conservées : les autres, qui devaient paraître faire la base d’un 
traité spécial, semblent entièrement perdues. 

Louis unissait à de grands- talens,-à de rares vertus, des qua¬ 
lités moins recommandables, dont ses ennemis ont souvent 
profité. A un cœur excellent, à une générosité qui le portait à 
secourir tous les malheureux, il joignait la faiblesse d’attacher 
un très-grand prix aux témoignages extérieurs de considéra¬ 
tion et de respect qu’il croyait dus à la supériorité de son es¬ 
prit. Dans la discussion, il se laissait souvent emporter par la 
violence de son caractère, et se répandait bientôt contre ses. 
antagonistes en invectives et en sarcasmes dont rien ne pouvait 
justifier l’exagération. Vers là fin de sa vie, aigri par lés obs¬ 
tacles dont il était environné, accablé de tracasseries toujours 
renaissantes, son caractère s’altéra , sa. violence ne connut soti- 



u8 LOUI 

vent plus de bornes, et la moindre contrariété le jetait dans 
un état où il n’était plus le maître de ses discours. Mais ces 
orages, toujours passagers, étaient suivis de seutimens plus doux, 
et il oubliait aussi facilement les offenses des autres qu’il ré¬ 
parait avec abandon celles qa’il avait pu commettre. On lui a 
reproché, comme un acte d’insupportable vanité, d’avoir placé 
son portrait avec ceux de Paré, des deux Fabrice et de Marc- 
Aurèle Séverin. Louis était vain, sans doute; il aurait mieux 
fait d’attendre que la postérité lui assignât la place qu’il voulait 
occuper; mais on peut dire à sa justification qu’il a mérité 
d’être compté parmi les hommes qui, à diverses époques, ont 
imprimé une grande impulsion à la chirurgie, et qui, simpli¬ 
fiant ses procédés et ses moyens, l’ont ramenée à des principes 
plus rationels. 

On a de ce chirurgien célèbre un très-grand nombre d’écrits , 
dont les plus remarquables constituent les ouvrages suivans : 


Cours de chirurgie pratique sur les plaies d’armes à Jeu. Paris , 1746, 

é.e livre n’est qu’au programme raisonné, dans lequel Louis indiquait 
la méthode à suivre et les expériences à exécuter, afin d’initier les élèves 
à la théorie et à la pratique relatives aux plaies d’armes à feu. 

Réfutation du mémoire sur la subordination des chirurgiens aux méde¬ 
cins , démontrée par la nature des deux professions et pour le bien public. 
Paris, i 7 48, i°-4V 

Lettre dun chirurgien de Paris à un chirurgien de province , concer¬ 
nant un rêve singulier, eL quelques remarques sur V excellence de la mé - 
decine moderne. Paris, 1748 , in-4 0 . 

Examen des plaintes des médecins de province, présentées au roi par 
la Faculté de Paris. Paris, 1749, in-4°- 

Addition a l'examen des plaintes, etc. Paris, 1749, in-4°. 

Réfutation de divers mémoires , composés par M. Combalusier, au sujet 
du procès entre les médecins et les chirurgiens. Paris , 1749, in-4°. 

Ces écrits polémiques sont tous relatifs aux débats excités entre les 
médecins et les chirurgiens par la déclaration de 1749. Combalusier, le 
plus ardent ennemi des chirurgiens, est l’adversaire que Louis a le plus 
vivement combattu. 

Essai sur la nature de l’ame , où Von tâche d'expliquer son union 
avec le corps et les lois de cette union. Paris , 1746, in-8°. 

Cet ouvrage, auquel Louis ne mit pas son nom, et qu’il aurait mieux 
fait de ne point composer, est une analyse commentée de l’écrit publié 
en Angleterre par Themisail de Sainte-Hyacinthe, sous ce titre : Recher¬ 
ches sur les moyens de s'assurer par soi-méme de la vérité. Londres, 
1743, in-S°. 

Observations sur Vélectricité, où Von tâche d'expliquer son mécanisme 
et ses effets sur Véconomie animale, avec des remarques sur son usage. 
Paris, 1747 , in-12. 



violence par l’abbé Nollet au sujet de cet ouvrage, 
vec non moins de force que de dignité dans une lettre 
fesseur ( Paris , 1749, in-r2 ). 

tr la transmission des maladies héréditaires, composés 
de Dijon, ne fut pas 



i 7 52,in-i2. 
futer décrit eni 
ublic : Disserta 
enterremens p\ 




Traduits du latin, Paris, 1768,7 vol. in-12. 

De methodi Haxvkensianœ prœstantiâ in calcuLosorum sectione. Paris, 

Jiictionaire de chirurgie. Paris, 1772,2 vol. in-12. 

Ce livre, qu’il ne faut pas confondre avec quelques autres qui ont paru 
à la même époque et sous le même titre, se compose des articles .de 
chirurgie rédigés par Louis pour l’Encyclopédie méthodique. 

En 1758, Louis donna une cinquième édition du traité des maladies 
des os de J.-L. Petit, avec des observations et un discours historique 
et critique sur cet ouvrage, qui fut imprimé sans autre changement en 
1762. Il donna aussi ,-en 1777 , une cinquième édition du traité des ma¬ 
ladies vénériennes d’Astruc, avec des additions et des remarques qui ont 
pour quelque temps rajeuni ce livre. Enfin, Louis a composé, dans 
le Journal de médecine, des articles dont les plus imporlans sont relatifs 
à la castration, aux frictions et à leurs effets, et surtout à des questions 
de jurisprudence sur la grossesse , Je suicide, etc. (n.-j. bégin) . 


LOUREIRO (Jean de), ecclesiastique portugais, né vers 
l’an 1715, passa chez les Cochinchinois , dans l’intention de 
convertir à la foi chrétienne ce peuple qui interdisait l’entrée 
de son territoire à tous les Européens. La médecine, qu’il ayait 
étudiée, lui servit d’introducteur, et lui acquit en peu de temps 
une sorte de popularité , à la faveur de laquelle il obtint du roi 
la permission de résider dans le pays. Ce prince le chargea en 
même temps de diriger dans son palais tout ce qui avaiCrap- 
port aux sciences physiques et aux mathématiques. Loureiro , 
dont la provision de médicamens commençait à s’épuiser , ré¬ 
solut de remplacer ceux qu’il avait apportés par les substances 
que la Cochinchine même lui fournirait, et ce louable projet 
fit naître en lui le goût de la botanique. En peu de temps il 
apprit à connaître les plantes vulgaires qui pouvaient lui être 
de quelque utilité, et bientôt il s’occupa de dessécher des échan¬ 
tillons de toutes celles qu’il découvrit. Après avoir quitté Ja 
Cochinchine, il passa trois années à Canton, où, par l’entre¬ 
mise d’un Chinois, il se procura un grand nombre de végétaux. 
Dans la traversée de Canton en Europe, il visita les côtes de 
Camboge et de Tsiampa, le Malabar et l’île de Mozambique, 
faisant partout une ample moisson de plantes. De retour en 
Portugal, après une absence de trente-six années, il travailla 
sans relâche à mettre en ordre ses nombreux matériaux, et à 
rédiger la Flore des pays qu’il avait parcourus. La mort ter¬ 
mina sa carrière en 1796. L’ouvrage dont il a enrichi la bota¬ 
nique porte le titre de : 


Flora CoeJiincîitnehsis. Lisbonne, 1790, 2 vol. in-4°. - Berlin, 179S, 
vol. in-S°., par Wilideocw. 



«uStr LOV\ 

5 <JSt ,a description de ig-jg , 


de? c Wsé« J J?°°- appartiennent à la seule Cochmchrae. Les plantes 
? 8Cr i|>t;„ 6S et “, e< ; ntes “ après le système de Linné. 11 parait que lés 
3 Ü 0 ia„?T-u e men , t , ent P as > du mo > na toujours, une confiance-absolue, 
fo r , t~ e d ailleurs elles soient généralement bien rédigées, et dans un 
bal j n St ? le - Lonreiro y a joint des notes sur les propriétés médici- 
»i - s de chaque végétal, ainsi que sur les usages auxquels les indigènes 
èillployent dans l’économie domestique. • (1.) 

LOW (Georges), né en 1746, dans la paroisse écossaise 
d’Edzel, au comté de Forfar, fit ses études à l’Université d’A¬ 
berdeen. Il se livra ensuite pendant quelque temps à l’enseigne¬ 
ment particulier a Stromness. Banks et Solander l’ayant invité 
h les suivre dans une excursion aux îles Orcades et Shetland , 
ce voyage lui inspira, pour l’histoire naturelle, un goût qu’il 
conserva tout le reste de sa vie. Nommé en 1774 ministre de 
Birsa et Haray, dans l’île. de Pomona, l’une des Orcades, il 
mourut en 179$, après avoir compose' plusieurs ouvrages, dont 
un seul a été publié, par les soins du docteur Leach , sous le 
titre de : 

Fauna Orcadensis. Londres , i8i 3 , in-4°. 

On n’y trouve qae les quadrupèdes, oiseaux, reptiles et poissons- 
' (?*) 


LOWER (Richard), célèbre anatomiste anglais, naquit 
vers l’an i63i, à Tréméré, dans Je comté de Cornouailles, en 
Angleterre. Il étudia la médecine à Oxford, où il se lia d’une 
étroite amitié avec Willis, et prit le grade de docteur en i665. 
L’année suivante il se rendit à Londres, où les conseils et les 
lumières de son ami lui épargnèrent bien des désagrémens dans 
la carrière épineuse de la pratique. En 1667, il fut admis parmi 
les membres de la Société royale. Ses opinions politiques l’em¬ 
pêchèrent de réussir à la cour, mais la réputation dont il jouis¬ 
sait à la ville le dédommagea amplement de celte petite dis¬ 
grâce. Il mourut le 17 janvier 1601. Ce n’est pas lui qui aimaginé 
la transfusion du sang, comme l’ont dit quelques historiens mal 
informés, puisque Libavius avait déjà indiqué clairement cette 
opération; mais ii la présenta sous un nouveau jour, la tira de 
l’oubli, et fut peut-être le premier qui la pratiqua réellement. 
On peut lire le détail de ses expériences à ce sujet dans les 
Transactions philosophiques, pour les années 1666 et 1667. 
Les ouvrages de Lower sont : 

Diatribœ Thomœ Willisii de febrïbus vindicatio, adversus Edmun- 
dum de Mettra. Londres, i 665 , in-8°. - Amsterdam, 1666, in-12. 

Tractalus de corde; item de motu et colore sanguinis, et clyli in eum 
transita. Londres, 1669, in-8°. - Amsterdam , 1671, in-8°. - Londres, 
j68o, in-8°. -Leyde, 1708, in-8°. - Ibid. 1722, in-8°. - Ibid. 1740 , in B”. 
-Ibid. 1749, in- 8 °.-Trad. en français, Paris, 1679, in-8°. 




tails intéressans d’anatomie pathologie, qu’il avait la sagesse et le bon 
esprit de considérer comme le flambeau de la médecine. 

, Dissertâtio de origine catarrhi in quâ ostenditur illam non provenire 
à cerebro. Londres, 1671, in-8°. - Amsterdam, 1671', in-8°. - Leyde , 
1727, iu-8°. 

Lower démontre fort bien qu’il ne peut tomber aucun liquide du cer¬ 
veau dans le pharynx ou le nez. 

Bromographia. Amsterdam, 1669, in-8°. -Trad. en allemand, Dim, 
1718, in-8°.; Ibid. 1722, in-8°. ; Strasbourg, 1754, in-8°.- en suédois, 
Stockholm, 1724 , in-4°. 

Receipts. Londres, 1700, in-8°.-Trad. en allemand, Léipzick, 1701 , 
in-8 °.-Ibid. 1734, in-8 °.-Ibid. ij 53, in-8°. (1.) 

LOWITZ (Tobie ), fils d’an savant astronome, né à Gœt- 
tingue en 1757, devint professeur de chimie a St.-Pétersbourg , 
et l’un des membres les plus distingués de l’Académie impériale 
russe des sciences. 11 termina sa carrière le 4 décembre i8o4- 
Un voyage qu’il fit à pied en Italie, en France et en Angleterre, 
par la Suisse et la Hollande, lui permit de faire une foule 
d’observations d’histoire naturelle, et le guérit radicalement 
de l’épilepsie dont il était atteint. La chimie lui doit plusieurs 
découvertes, toutes dirigées sur des objets d’utilité pratique. 
C’est ainsi qu’il a trouvé, en 1790, le moyen de conserver 
l’eau douce en mer, par le moyen du charbon. Ses remarques 
sont éparses dans les Annales de Crell, le Journal de Troiums- 
dorf, et divers autres recueils scientifiques de 1 ? Allemagne et 
de la Russie. Il a publié, en outre lès ouvrages suivans : 

Anzeige eines neuen Mittels. Wasser auf Seereisen vor dem Verder- 
ben zu bewahren , und fautes Wasser wieder trinkbar zu machen. Saint- 
Pétersbourg, 1790, in-8°. 

Bemerkungen ueber die Reinigung des Kornbrandtweins durch Koh- 
len. Erfurt, 1794,10-4°. (j.) 

iyUC (Jean-André de), l’un des plus célèbres physiciens du 
sifëïe dernier , appartenait h une famille originaire de Gênes, 
qui s’était fixée depuis trois cents ans à Genève. Il naquit en 
cette ville le 8 février 1727. Sou éducation fut suivie avec le 


LUC iaS 

plus grand soin. Lorsqu’elle fut termine'e, sa famille témoigna 
le désir de le voir entrer dans le commerce ; mais un penchant 
décidé l’entraînait vers les sciences, auxquelles, durant qua¬ 
rante-six années, il consacra tous les momens dont ses propres 
affaires et celles de l’état lui permettaient de disposer, car 
ses concitoyens l’avaient nommé membre du conseil des deux 
cents. Pendant ce laps de temps, il ne sortit de Genève que 
pour faire quelques excursions scientifiques dans les Alpes. 
Cependant il avait déjà jeté les fondemens de sa réputation, 
en publiant d’importans ouvrages, et commencé ce beau cabinet 
d’histoire naturelle que les étrangers vont encore admirer au¬ 
jourd’hui chez son neveu. En 1773, un revers de fortune de¬ 
vint pour lui l’occasion de se livrer tout entier à sa véritable 
vocation. 11 passa en Angleterre, où il fut très-bien accueilli, 
devint lecteur de la reine, et y fixa sa résidence. Depuis cette 
époque, il fit divers voyages en Suisse, en Hollande, en France 
et en Allemagne. Etant à Gœttingue en 1798, il fut nommé 
professeur de philosophie et de géologie, mais il n’en remplit 
jamais les fonctions. La mort le frappa en 1817, le 7 novembre, 
à Windsor. La géologie et la météorologie lui sont redevables 
de plusieurs découvertes importantes. Ce fut lui qui contribua 
surtout à rendre familière la méthode de mesurer la hauteur 
des montagnes par le moyen d’un baromètre portatif de son 
invention. Ce fut lui aussi qui substitua le mercure à l’alcool 
dans la construction du thermomètre de Réaumur. Le but cons¬ 
tant de ses efforts fut de prouver que les récits de la Genèse, 
loin d’être en contradiction avec les phénomènes géologiques, 
sont, au contraire, en harmonie parfaite avec eux, hypothèse , 
que M. Cuvier a soutenue depuis avec chaleur, tandis qu’elle 
est attaquée en Allemagne par les naturalistes et même par les 
théologiens. Les ouvrages de De Luc sont fort nombreux : 

Recherches sur Us modifications de Vatmosphère, ou Théorie des 
baromètres et des thermomètres. Genève, 1772, 2 vol. in- 4 °. - Ibid. 
1784, 4 vol. in- 4 “. 

On trouve dans cet ouvrage une foule de recherches neuves et ingé¬ 
nieuses, entr’autres la découverte du rapport exact entre la hauteur des 
montagnes et celle du baromètre. 

Relation de diffèrens voyages dans les Jloes. Maestricht, 1776, in-12. 

C’est la relation des voyages faits par De Luc avec son frère Guil¬ 
laume-Antoine, et Pierre-Gedeon Denland. Ce dernier fut le principal , 
rédacteur. 

Lettres physiques et morales sur Us montagnes et sur l'histoire de la 
terre et de l'homme. Amsterdam, 1778-1780, 6 vol. in-8°.. 

De Luc cherche à mettre en harmonie la géologie et les récits de 
Moyse. Chacun des six jours de la création fut, suivant lui, une période 
de plusieurs siècles ou même de plusieurs milliers d’années. Son expli¬ 
cation du déluge rappelle un peu celle de Whislon. 



Paris, le Journal de physique, 


(O.) 


LUCAE ( Samuel-Chrétien ), né à Francfort-sur-le-Mein 
le 3o avril 1787, est mort dans cette même ville Iç 28 mai 
1821. Il était alors professeur ordinaire de médecine à Mar- 
bourg, et directeur de l’Institut médico-clinique et de l'hôpital 
de cette ville. Parmi ses ouvrages, les suivans sont parvenus h 
notre connaissance : 

Ohservationes anatomicœ circà nervos anerias adeuntes. Francfort, 

1810, in-4 0 . 

Anatamisclie Untersuchungen cLer Thymus in Menschen und Thiereii. 
Francfort, 1S11 , in- 4 °. 

C’est le meilleur travail que nous possédions encore sur le tliymus. 

Anatomische Bemeykungen ueber die Biverticida am Darnicanat, und 
ueler die Hàhlen der Thymus. Nuremberg, x 8 i 3 , in 4 °. 





LUDO Ï2λ 

Unlersuchungen ueber eitiige Gegenslaendc des Zeugungsgeschœffts. 
Francfort, i8i5, in-ia. 

Dissertatio de antiquissimo illo, omnia scire, nihil scire, quatenus 
medicum speclat. Marbourg, 1818, in-zj 0 . 

Dissertatio de ossescentiâ arteriarum senili. Marbourg, 1818, in- 4 °. 

(o.) 

LU CEN A (Louis de), né à Guadalaxara dans la Nouvelle- 
Castille, voyagea pour son instruction pendant plüsieurs_an- 
nées dans divers pays de l’Europe. De retour en Espagne, il 
en quitta bientôt après le séjour pour se rendre à Rome, que 
son amour pour la liberté et les sciences lui faisait regarder 
comme le lieu le plus propre à satisfaire ses goûts favoris. Lu- 
cena mourut en cette ville en i 55 a, âgé de soixante-un ans. 
C’était un médecin recommandable par ses lumières et ses ver¬ 
tus. Nous avons de lui : 

De luendâ , præsertim à peste , integra valetudinè , deque ciijus morlsi 
remediis. Tolosa , i52j, in- 4 °. (lefèveb) 

LUDOLFF (Jébôme), né à Erfurt le 3 oavril 1679, étudia 
la théologie et la jurisprudence avant de s’adonner à la mé¬ 
decine, que la faiblesse de sa constitution le décida seule à 
embrasser. Il suivit pendant quelque temps les cours de l’Uni¬ 
versité de sa ville natale , et alla ensuite entendre - lès leçons 
de Wedel et de Slevogt à Iéna. De retour h' Erfurt ên igo 3 , 
il y prit le grade de docteur, et trois ans après devint profes¬ 
seur de philosophie. En 1715, il obtint aussi une chaire ex¬ 
traordinaire dans la Facilité de médecine,’où il enseigna suc¬ 
cessivement la chimie, l’anatomie , la botanique et la chirurgie. 
Une mort prématurée mit fin à ses jours j le 27 février-1728. 
On ne lui doit qu’une série d’opuscules académiques ayant 
pour titres . 

J Dissertatio de letdialitaté vuînerum. Erfurt. 1712, in- 4 °. 

Dissertatio de purpura piierpeparum. Ërfurt, 1720, in- 4 °. 

Dissertatio de auditu'difficili. %eioxt, 1720, in- 4 p . • ... .. 

Dissertatio de fiiror e ruerûro. Ërfurt, 1726, in- 4 °., 

Dissertatio de therapid-anhelationis. Erfurt, 1720, in- 4 °. 

Dissertatio de medicamenlis lapidons., Erfurt, 1721, iu-4 0 . 

Dissertatio’de pléuropneurrtoniâ. Erfurt, 1721, in- 4 °. 
j Dissertatio de utililate flutcûs hœmorrkoïdalis. Erfurt , 1721, in- 4 °- 
, Dissertatio de ardore ventriculi. -Erfurt, 1722, ïn- 4 °. 

... Dissprlatio de mercurio viq o. Erfurt , 1722, ic- 4 °. 

Dissertatio de aegroto syncopali. Erfurt, .1722, in- 4 °. 

Dissertatio de gangrcenâ et sphàcelo. Erfurt, 1722, in- 4 °. 

Dissertatio de morbis gingivarum. Erfurt, 1722,10-4®. 

Dissertatio de apoplexiâ. Erfurt, 1722, in- 4 °. 

Dissertatio de sudore. Erfurt, 1722 , in- 4 °. r 

Dissertatio de eo : sui médiats qidlibet esse potest. Erfurt, 1723, in- 4 ®. 
- Dissertatio de tobaci no.râ pnst paslum. Erfurt, 1723, in- 4 °- 

Dissertatio de fàbis coffeœ, earumque sub infuso usu et abusu. Erfurt, 
I 724 ,iu- 4 °. 







LUDOLFF (Jérôme de) savant médecin allemand, petit 
fils du célèbre orientaliste Job Ludolff, vint an monde a Er- 
furt le ix décembre .1708. Ses premières études, dans l’Uni¬ 
versité de sa ville natale, furent consacrées à la jurisprudence, 
malgré le penchant naturel'qui l’entraînait vers la médecine. 
Aussi, tout en suivant les cours de la Faculté de droit, ne 
négligea-t-il point les leçons des professeurs de chimie et de 
chirurgie. Au bout d’un certain laps de temps, il se rendit à 
Iéna, où la mort inopinée de son père, qui le laissait à peu près 
sans ressources, Vint l’arrêter au milieu de la carrière qu’il 
commençait à parcourir , sinon avec satisfaction et éclat, du 
moins avec honneur et résignation. Il songea d’abord à. récla¬ 
mer 1’assistançe d’un grand oncle qu’il avait eu Danemark, et 
qui passait pour être fort riche -, mais le voyage qu’il fît à Co¬ 
penhague n’eut aucun résultat , son parent s’étant trouvé pos¬ 
sesseur d’une fortune bien moins considérable que celle qu’on 
lui supposait, Ludolff ne perdit pas courage5 se voyant hors 
d’état de suivre les Universités, il fit généreusement le sacri¬ 
fice de la profession libérale à laquelle il aspirait, et entra 
comme clerc chez un autre de ses oncles, procureur à la cour 
de Wetzlar. Au bout de dix huit mois, il quitta cette place, 
et alla reprendre l’étude du droit à léna. En 1734, il devint 



LUDO - 127 

précepteur d’un jeune homme fort riche, auprès duquel il vécut 
à Berlebourg jusqu’en 1787. Lorsque cette ressource vint à lui 
manquer, il se trouva réduit h exercer, pour vivre, l’art de 
l’horloger, qu’il avait appris autrefois pour s’amuser. Cepen¬ 
dant son ancien goût pour la médecine prit un tel ascendant 
sur lui, que ne pouvant plus résister, il retourna en 17^7 à 
ïc'na, et s’y consacra tout entier à l’art de guérir, mais plus 
particulièrement toutefois à la chimie. De retour à Erfurt en 
173g, il prit le grade de docteur , se mit à pratiquer avec beau¬ 
coup de succès, et fit même des cours. L’Université le nomma, 
en 1741, professeur de philosophie, et cinq ans après profes¬ 
seur de chimie. Dans la suite, il devint médecin pensionné de 
la ville, puis médecin de l’électeur de Mayence, auprès duquel 
il resta jusqu’en 1764, année où ce prince mourut, et où lui- 
même termina sa = carrière, le 7 novembre, à Erfurt, où il était 
venu reprendre ses fonctions dans l’enseignement public. On a 
de lui : 

Dissertaiio de acidi vitrioli prœstanliâ. Erfurt, 1739, in- 4 °. 

Dissertatio de sale non igné. Erfurt, 1741, in- 4 °. 

An et quomodo pharmacopœus vel eliam ckirurgusin arie sua peritus 
felicem in universâ medicinâ progressum Jacere possit. Erfurt, 1746 , 

Ve artes pharmaceutiçce ad studium medicum necessitate et ulilitale. 
Erfurt, 1746, in- 4 °. 

Die in der Medicin siegende Chymie , bestehend in uufnchtiger Mit - 
theilung derer in Bereitung der wichtigsten medicamentorum mit Nutzen 
gebrauchten chymischen Handgriffe. Erfurt, 1746-1749. in- 4 °. 

Dissertatio de mercurio per alcali soluto tutissimo specifico antivenereo. 

Erfurt, 1747, in- 4 °. 

Dissertatio sistens demonstrationem , quod alrocissima luis venerece 
symptomala non sint ejfectus morbi, sed curie mercurialibus institutœ. 
Erfurt, 1747 , in- 4 ». 

Dissertatio de olei ammalis Dippelii faciliori præparatione et modo 
agendi. Erfurt, 1748, in-4 0 . 

Dissertatio de hydrope a lier mi bus caussato. Erfurt, 1748 , in- 4 °. 

Dissertatio de clysterum 'tftsigni utïlitate et noxâ. Erfurt, 1748, in- 4 °. 

Programma de mirabili fabricâ arliculationis maxillœ injerioris cum 
ossibus temporum. Erfurt, 1749, in-4 0 . 

Zugabe su der in der Medicin noch immer und immer siegenden 
Chymie. Erfurt, 1750, in- 4 °. 

Dissertatio de sale ammoniacali à spiritu vini parato ejusque prœs- 
tantiâ. Erfurt, 1756 , in-4 0 . 

Dissertatio de alvi obstructione hypochondriacù. Erfurt, 1760, in- 4 °. 

Dissertatio de prœrogativâ remediorum pharmaceuticorum in affeclio- 
mbus oculorum. Erfurt, 1760, in-4 0 . 

Dissertatio de clavo hysterico. Erfurt, 1760, in- 4 °. 

Dissertatio docens methodum specialem lumores glandularum chroni- 
cos in scirrhos dégénérantes èJundamento curandi. Erfurt, 1761, in- 4 °. 

Dissertatio de gonorrhœâ. Erfurt, 1761, in- 4 °. 

Vollstaendige und gruendliche Einleitung in die Chymie. Erfurt, 1762, 





ia8 LUDW 

Disserlatio de anhrilide tanquaminflammationis specie. Erfurt, 1 ^ 52 , 

Disserlatio de catarrhis, tanquam caussis frequentissimis Jebris lentœ 
eorumque légitima cura. Erfurt, 1 ^ 52 , ih- 4 °. 

Dissertalio sistens generales deJebribus epidemicis conceplus. Erfurt, 
ry 53 , in- 4 °. 

Disserlatio de menstruorum ,/luxio nimio. Erfurt, 1753, in- 4 °. 

Dissertalio de hœmorrhoïdibus. Mayence, 1754, in- 4 °. 

Disserlatio de jebribus injlammatoriis. Erfurt, 1755, in-4 0 . 

Disserlatio de affectu spasmodico vago, maligno, epidemico , verna- 
cula Gruebelkrankheit. Erfurt, 1736, in- 4 °. 

Disserlatio de diuresi criticd. Erfurt, 175G, in- 4 °. 

Disserlatio: cur homines frequenti&s œgrqtent prœ brûlis , eatamen. 
longœvitàte superintP Erfurt ,'1757 , in-4 u . 

Disserlatio sistens incommoda placentœ à fundo uteri aberrantis. 
Mayence, 1757, in- 4 °. 

Disserlatio de medicamentorum suppurantium modo agendi et usu. Er- 

Disseriatio de generibus et speciebus lumorum. Erfurt, 1764, in- 4 °. 

LunÔLF ( Michel-Mathieu ) , né èn 1705, mort ie 3 o juillet 1756, à 
Berlin, où il était professeur de botanique , a laissé : 

Disserlatio de vô/nilu. Leyde, i72t, in- 4 °. 

Elementapharmaçologiœ universalis , oder Anfangsgruende der gan- 
zen Arzneywissenschafï. Berlin, 1734 , in- 8 °. ( j.) 

LUDWIG ( Chrétien ), fils du suivant, né à Léipzick le 17 
mai 1749, mourut, le 3 février 1784» dans celte ville, où il 
faisait depuis quelques anne'ès des cours publics de physique. 
Il y avait été reçu docteur en médecine en 1774* On a de lui 
une traduction allemande des recherches sur l’air par Priestley 
(Vienne et Léipzick, 1778-1780, in-8°. ) et du Traité des sons 
par Eiliot (Léipzick, 1786, in-8 0 , ). On lur doit aussi déus 
petits opuscules dénués de tout intérêt, et qui ont pour titres : 

DisseHatio de œihere varié moto , caussâ diversitalis luminum. Léip- 
ziçk, 1773, in-4°. 

Disserlatio de hydrope cerebripuerorum. Léipzick, 1774) i n "4°- 

■ . ' w~ : . 

LUDWIG (Daniel), célèbre médecin allemand, vint au 
monde à Weimar, le 5 octobre i6z5. Après avoir suivi les 
cours de diverses universités, il prit le grade de docteur dans' 
celle d’Ie'na, et pratiqua ensuite pendant quelque temps à 
Kœnigsberg, petite ville de la Franconie. Les succès qu’il y. 
obtint lui firent une réputation à laquelle il dut la place de 
médecin pensionné que lui offrit la ville de Saltzunden dans 
la principauté de Henneberg. En 1666, il devint premier mé-' 
decin du duc de Saxe-GoLha. Sa mort arriva le 11 septembre 
1680. Les Actes de l’Académie des Curieux de la nature con¬ 
tiennent un grand nombre de mémoires de sa façon. On a aussi - 
de lui : 





LU DW 129 


De volatililate salis tartari dissertatio. Gotha, 1667 , in-13. - Ibid. 
1674,10-12. 

De pharmaciâ moderno sceculo açcomodafa, dissertationes très. Gotha, 
1671, in-12 - Ibid. 1680, in-8°. - Amsterdam , 1688, in-8°. - Hambourg, 
1688, in-8°. -Copenhague, 1693,10-8°. - Hambourg, 1728, in-8°. -Trad. 
en français, Lyç>p , 1710, in-12. - en allemand, Léipzick, 1714, in-8“. 

Lodwig eut je mérite de débarrasser la pharmacie d’une foule de re¬ 
mèdes inutiles ; mais il s’est montré trop timidé encore. Son style est 
obscur et entortillé,. 

TractaetlèimvofijFeldkrnnkheiten. Gotha, 1664 , in-8°. 

Tractaeûeir. vàn der rathert dift/ir, Gotha, 1666, in-8“. 

. r- Léipzick, 


Compendium matepiee meshçœ.'Frnncfort, 1698 , in-S°. 

Ses observations.,pnl été réonies sons je titre de: 

Observationes physico-chymico-medicœ curiosœ. Francfort, 1712,10.4°: 

Par les soins de Jean-Conrad Michælis. ( j.) 

LUDWIG (Chrétien-Frédéric ), né à Léipzick le ig mai 
Vj&i , devint, en 1782, professeur d’histoire naturelle et de 
pathologie à l’Université de celte ville. Le nombre de ses ou¬ 
vrages est assez considérable : • 

Dissertatio de munitneniis plantarum. Léipzick, 1776 , in- 4 °. 

Dissertatio de sexu muscorum detecto. Léipzick, 1777, in-8°. 

Dissertatio de membranarum ortu. Léipzick, 1778, in- 4 °. 

Dissertatio de antennis. Léipzick, 1778, in- 4 °. 

Dissertatio de puluere antherarum. Léipzick, 177.8,tin, 4 ®• 

Dissertatio de cinered çerebri substantiel. Léipzick, 1779, m- 4 °- 

Programma de sujfusionis per acum curalione. Léipzick , *783, in- 4 °. 

Die neuere vÀlde Baumzucht in einem alphabetisclien und systematis- 
chen Verzeichnisse aujgestellt. Léipzick , 1783 , -in-8°. - Ibid. 1796, in-8°. 

Prîmes lineee anatomiœ pathologicœ , sire de hiorlosâ partiurn corporis 
Ifumani jabricâ libellas. Léipzick, 1785, in-8°. 

Historiée anatomiœ et physiolegiœ comparéntis breyis expositio, Léip¬ 
zick, 1787 , in-4°. 

Icônes caeitatum thoracis et abdominis , à tergo apertarum. Léipzick, 
1789, in-fol. 

Avec deux planches. 

Physiologorum atque pathologOrum de systemate absprbente recentis- 
simei quiedatn décréta. Léipzick, 1789, in- 4 °. 

Exercitaliones academicœ. Léipzick, 1790, in-8°. 

Dde dus opusculorum ad scientiam naluralem spectantium. Léipzick', 
1790 , in-8°, 

Scriptores neurologici minores seleçti, siye opéra minora ad anato- 
mîam , physiologiam et pathologiam nervorum spectantia. Léipzick, 
tome I, 1791; II, 1792; III, 1798; IV, 1795,10-4°. 

Tabellansche Uebprsicht der Gesehichle der Thierheilhunde. Léip¬ 
zick, 1794, in- 8 °. 

.. Çtundriss der Naturgeschichte der flfensçfienspecies, Léipzick, jjcjô, 

Ouvrage faible, quoigu’estimé et beaucoup trop vanté. 

. } i rsle slufzaehhmg der bis jetzt in JSaclisen entdeckten Inseklen. Léin- 
1799 ., in-8°. 1 

Handbuch der Botanik. Léipzick, 1800, in-8°. 


«eimprimé.avec;#’precodent ( Mnhlbauscn, 1683 , m-8° 
1702, ip-8°.j. ; 

Kurzer Unlerriclit von der Buhr. Chemnitz, 1601. in-8 1 




i-3o LUDW 

HandbucU der Tdineratosie, nach A.-A. Wemer. ~Lëm zick , i 8 o 3 - 
jSo 4 , 2 vol. in-S”._ 

Historiée insitionis variolarum humanarum et vaccinarum comparution 
Léipzick, i 8 o 3 -1808, in- 4 °. 

Diagnostices chirurgien: fragmenta. Léipzick, i 8 o 5 , in- 4 ”. 

Caialecta litleraria physica et médica. Léipzick, 1806-1808, in- 4 °. 

Einleitung in die Buecherkunde der praktiscken Medizin. Léipzick, 
1806, ia-8 0 ? 

Programma de mulomedicinâ in. civitate regendâ. Léipzick, 1807, 

Programma de venœsectione infelici. Léipzick, 1807,10-4”. 

Ludwig ( Jean-Frédéric) , né dans le pays de Wurtemberg, vers le 
milieu du dix-huitième siècle, passa quinze ans de sa -rie à Surinam, et 
mçurut le 17 janvier 1800 à Gueglingen. On a de lui: 

Neuesle Nachricht von Surinam. Iéna, 1789, in-8°. 

Publié, avec des notes, par Philippe-Frédéric Binden. (z.) 

LUDWIG (Chrétien-Théophile), médecin et botaniste al¬ 
lemand, naquit à Brieg, dans la Silésie, le 3o avril 1709. 
Quoique ses parens fussent peu favorisés du côté de la fortune, 
ils ne négligèrent rien pour son éducation, et l’envoyèrent à 
l’Université de Léipzick, où il suivit avec assiduité les cours 
de la Faculté de médecine. Comme il était sur le point, pour 
•se créer des ressources, de passer en Hollande, et qu’il médi¬ 
tait même de faire un voyage aux Indes orientales, Walther, 
qui connaissait son goût pour la botanique, l’emmena à Carls- 
bad, afin de lui faire étudier avec lui les plantes du pays. Vers 
le même temps, Ludwig fut admis dans le sein d’une société 
de naturalistes qu’Hebenstreit formait aux frais du roi de Po¬ 
logne, et dont la destination était d’aller faire des découvertes 
en Afrique. A son retour de ce voyage, dans lequel il recueillit 
beaucoup d’observations importantes, il termina ses études 
médicales à Léipzick ,%t prit le grade de docteur. La cour de 
Dresde lui ayant accordé une pension, et la mort de Walther, 
qui l’avait institué sou légataire universel, l’ayant mis en pos¬ 
session d’une fortune assez considérable, il n’eut plus d’inquié¬ 
tudes pour l’avenir, et put se livrer sans contrainte à ses goûts. 
L’Université lui confia, en 1747? une chaire qu’il occupa jus- 
. qu’à sa mort, arrivée le 7 mai 1773. Rousseau, qui sut bien 
l’apprécier, disait de lui qu’il était, avec Linné, le seul qui 
eût vu la botanique en naturaliste et en philosophe. Effective¬ 
ment il ne contribua guère moins à opérer une réforme salu¬ 
taire dans cette science que l’illustre Suédois, qui lui rendit un 
hommage mérité, en donnant son nom à un genre de ploutes 
( Ludwigia) de la famille des onagraires. Ses ouvrages, quoique 
fort estimables pour la plupart, n’ont cependant guère franchi 
les frontières de l’Allemagne. Ils portent pour titres : 

Dissertatfo de vegetalione plantarum marinarum. Léipzick, 1736, 



'e Domitu navigantium. Léipzick, 1738, m- 4 °. 

1 de cuticuld. Léipzick, 1739,111-4°. 

étend que l’épiderme est formé des extrémités des vai 

par la compression. ■ 

•a sistens observationes in melhodum plantmnm sea 
izick, 1739, in-4°. 

1 de arteriarum tunicii. Léipzick , 1739, in-4 0 . 
rouveque la tunique des artères, alors appelée tendi 
que par du tissu cellulaire. Cet opuscule est d’un h, 


stwnum medicarum , quœ sub eius moderamine vei 

k, 1740, in-4°. 

a de glandularum dijfeventiis. Léipzick, 1740, in- 4 °. 
historiæ physicœ regni vegetabilis. Léipzick , 1742 . 




i32 


LUDW 


Programma de ortu et structura unguium. Léipzick , 1548 , ifi-4 0 . 
L'auteur veut que ies ongles soient formés par les extrémités des nerfs 
et des vaisseaux, appliqués les uns sur les autres. 

Dissertatio de primqrum viarum de'oilitate. Léipzick, 1548, in- 4 °. 
Terra) Musei regii Dresdensis , quœ digessit, descripsit il Lustra vil D. 
C. G. Z. Léipzick , 1749, in-fol. 

Cet ouvrage est orné de douze planches. On y trouve les figui 
terres sigillées sur lesquelles Wmfbein et A.«Q. Rivintts a 
Dissertatio de victu animali. Léipzick, <748, in- 4 °. 

Dissertatio de terris medicis. Léipzick, 1762, in- 4 °. 

Institutiones physiolosiœ , cum pi cemissâ introductio, 


.fÜéjàé 


1 universam 


Institutiones therapiœ generalis. Léipzick , 1754 > in-8°. 

Dissertatio de diarrhoeâ in fehribus acutis. Léipzick, 1754 , in-S°. 
Programma de collo femoris ejusque fractura. Léipzick, 1755, in- 4 °. 
Programma de physiologiâ per phœnomena patholegico - tUerapeulica 
•illustrandâ. Léipzick, 1785, in-4 0 . 

Programma de situ viscerum in infimo ventre. Léipzick, 1755, in- 4 °. 
Programma de colore plantarum. Léipzick, 1756, in-4 0 . 

Observationes in sectione cadaverisJbeminœ , eu jus ossia emollita erant. 

Léipzick, 1767, in- 4 °. 

Dissertatio de vulnerum residuo. Léipzick, 1758, in- 4 °. 

Dissertatio de medicamentorum contrariorum compasilione. Léipzick , 

Programma de debilitate corporum , curationem morborum impediente. 
Léipzick, 1758, in- 4 °. 

Programma de abscessu latente. Léipzick , 1758, in- 4 °. 

Programma de usu roboranlium in cacochymid. Léipzick , 1758 , in- 4 °. 
Programma de vanis longœvitatem acquirendi prœsidiis. Léipzick, 

5758 , in-4 0 . 

Observationes quœ vicem bilis cysticœ déclarant. Léipzick, 1758, in- 4 °. 
Programma de colore plantarum mutabili. Léipzick, 1758, in- 4 °. 
Programma de finibus ojjîcii medentium. Léipzick, 1758, in- 4 °. 
Institutiones medicinœ clinicœ. Léipzick, 176s, m-ly.-lbid. 1769, in-8°. 
uîbhandlung, wiefèrne die pharmaceutische und çkirurgische Iliœljs- 
mittel und Diaet zur Verlaengerung des Lebens befbeiderlich seyn 
koennen. Léipzick, 1758, in- 4 °. 

Dissertatio de lœsâ ossium nutritionc. Léipzick, 1769, in- 4 °. 
Programma defallaci judicio vulgi super vi imaginalionïs maternas 
in fœtum. Léipzick, 1769, in- 4 °. 

Programma de sanitate senili. Léipzick , 1759, in- 4 °. 

Programma de situ prœternaüirali viscerum imi ventris. Léipzick, 

'Programma quô monita de exscindendis tumoribus tunicâ inclusis. Léip. 
zick, 1709, in-4°. 

Dissertatio de erudito medico, placidœ mords adjumento. Léipzick; 
1 Dissertatio de colore plantarum , species distinguent^. Léipzick, 1739, 

Dissertatio de caussi ; prœternaturalis viscerum abdominis silûs. Léip¬ 
zick, 1759, in-4°. 

Dissertatio de celeri corporum incremento , caussd debilitalis in morlis. 
Léipzick, 1760, in- 4 ". 

Programma de menibranâ epicraniâ et musculis in t 
zick, 1760, in-4 0 - 


r. Léip- 



LU DW ,33 

ta de celeri obesitate, caussd debililalis in mot-bis. Léipzick, 


macopoUis ol 
,1760 - i765.y~in-.1u*. 

Get ouvrage , écrit en latin et en allemand „ est composé de huit fasci¬ 
cules. Il a été publié par Georges-Godefroi Tranipe. On y trouve deux 
cents planches. 

Programma de vitd molli, caussd debiiitatis in morbis. Léipzick, 1761,. 

Programma de lumbricis intestina perforantibus. Léipzick, 1761, in-ÿ*. 
Programma de aquceductu Cavthaginensi. Léipzick, 17&1, in- 4 °. 
Programma de aquarum puritute à magislratu curandâ. Léipzick y 

Programma de nimiâ animi dejàligalione , caussd debililalis in morbis . 
Léipzick , 1762, in- 4 °.. 

Dissertatio de conteniiotie studîorum ad sariitath normam. Léipzick, 

, 763 ^a- 4 °- 

Programma de immoderatis cxcrelionibus, caussd debililalis in morbis. 
Léipzick,. J763, in-4 0 . 

Instituiiones çhirurgicœ. Léipzick, 1764, in-8°. -Trad. en allemand par 
l’auteur même , avec des additions, Ibid. 1766; in-8?. ; 

Medicina cuUoribus exidosa. Léipzick, 1764, hh}?» • 

Observatiortes angiùtogicœ. Léipzick, 1764, in- 4 °. 

Programma de perd studîorum ratione ineundâ, Léipzick, 1763, iit-4®; 

- Programma de naturâ fibrœ animalis elasûcœ , Léipzick , 1760, in- 4 °. 
Programma de cauto usa exemplôrum prospéra; curetlionis, ad de- 
, finiondos lethalitalis gradus. Léipzick, 1765 , -in-é 0 . 

Insiitutiones medicinaeforensis. Léipzick, 1765, in-bg■- Ibid. 177,4., 

Dissertatio de plelhorice diffcrentiis. Léipzick, 1766,10-4°. 

Melhodus doctrines medicce. Léipzick, 1766,60-4°. 

Programma de cni'd oculorum in litterarum studiis. Léipzick y 1766-, 

Dissertatio de vemeseClione , drfferentiis plethqrœ accOmodanàâ. Léip¬ 
zick , 1767, in-4". 

Dissertatio de morbi nolione. Léipzick, 1767, in-d®. 

Programma de nutrilione puerperarum non lactanlium. Léipzick, 1767-, 

Programma de variantibus arteriæ brachialis riants,,in aneurysmatis- 
operatione atlendendis. Léipzick, vj&jj in- 4 °.i 
Adversaria de conlagioso varioloso. Léipzick, 1767 ,• in- 4 °. 

' Programma de ischuriâ à lumoribus vesicœ. Léipzick, 1767, iu- 4 ?. 


Programma de paraplegiâ ex jracli 
in-4°. 

Programma de luxutione vertebraru 
spectè dis qui rendâ* Léipzick, 1-767 , ir 

Programma, de contentione sludioru, 
zick, 1767 , in*4°. 

Programma de crùorè post venœseç 
zick, 1768in-zf°. 


■ 7 6 7 -, 

1 càüi à thèdîcô forensi circum~ 
. in atate puerili cavendâ. Léjp- 
bncm nucto vel imminuto. Léip- 


Programma de suctione vulncrum pectoris.Lc ipziek, 176S, iri- 4 ®. , 

■ Programma de rei herbariœ studio et usu. Léipzick, 1768, in- 4 ^. 

Programma de elaboratione succorum plantarum in uuiversum. Léip¬ 
zick , 1768-1772, 10-4®. • 

Programma de lucnbrationis damtlis. Léipzick, 1769, in- 4 ®; 

1 Adversaria mcdico-praclica. Léipzick, 1769-1773, 3 vol. in-8®. 





LUNDEL (André) , médecin suédois, né à Skara , le 17 
juin i65g, fit 'ses études à Upsal et à Lund. Ayant obtenu le 
grade de docteur à Leyde en 1696, il fut nommé deux ans 
après médecin pensionné à Junekœping, d’où il passa plus tard 
à Gothenbourg. La mort le frappa en 1720, le 8 octobre. Outre 
la médecine, il cultivait l’astronomie, la gnomonique et la 
■chronologie. 11 a publié quelques petits traités sur cette der¬ 
nière science. Le seul ouvrage de sa façon qui ait rapport à 
la médecine, est sa thèse, intitulée : 


\Disserlatio de verce médicinal ccgnitione. Leyde, 1696, in-Zf- (o.) 

LUTIÏER (Paul), fils du fameux réformateur Martin et de 
Catherine de Bore, naquit à Wittèmberg, le 28 janvier i533. 
Après avoir fait beaucoup de progrès dans les langues grecque 
et latine, qu’il apprit sous Vite Winsemius et Philippe Me- 
lanchthon , il s’appliqua à l’étude de la médecine, et fut reçu 
docteur en cette Faculté, le 29 juillet 1557. 

Il fut bientôt nommé professeur à l’Université d’Iéna, puis 
médecin du duc Jean de Weimar, ensuite de Joachim 11, élec¬ 
teur de Brandebourg, près duquel il'restà jusqu’à la mort de 
ceprînce en 1571. Luther fut alors appelé à la cour d’Auguste, 
électeur de Saxe, qui le consultait sur liaccomplissement de la 
réformation des églises de ses états, et avec lequel il s’occupa 
utilement de la chimie et de là prépa'ratiôn de divers'médica- 
mens, tirés principalement du règne minéral. Ce prince éclairé 
étant mort en i586, Luther fut conservé dans ses emplois par 
Christian i er , fils et successeur de l’électeur Auguste. Malheu¬ 
reusement pour lui, il se trouva entraîné par piété filiale et 
par conviction dans une discussion qui le força à se retirer de 
la cour de Saxe en i58g. 

Paul n’avait que treize ans quand son père expira dans ses 
Bras. Martin, après quatre mois de souffrances patiemment sup¬ 
portées, voyant approcher l’heure fatale, manifesta, jusqu’au 
dernier soupir, le calme d’une conscience pure et la confiance 
la plus entière dans les miséricordes ineffables de Dieu. Frappé, 
le reste de ses jours, de cet imposant spectacle, Paul, qui em¬ 
brassa les dogmes de son père, soutint sa prééminence, et voulut 
réduire au simple rôle de l’un de ses nombreux disciples Me- 
lanchthon qu’il jugea que l’on élevait trop haut. Sortant de son 
caractère habituel, il porta,, dans cette discussion, la chaleur 



LYON 1535 

et l'exagération qui avaient signalé les discours et les écrits de 
Martin. Le temps avait déjà amorti la violence des passions, 
et les mêmes hommes blâmèrent dans le fils ce qu’ils avaient 
admiré ou toléré dans le père. JL’hisloire, au reste, a marqué 
la place de l’aiiteur plus modéré de la confession d’Augsbourg. 
Paul, .après sa disgrâce., ne s’occupa plus, dans sa retraite, 
que de la médecine; mais il fut rappelé à la cour avec beau¬ 
coup de distinction par Guillaume-Frédéric, administrateur 
de l’électorat, qui le nomma son médecin, 11 mourut, fort 
regretté, à Léipzick le 8 mars i5g3..'.On ne connaît de lui 
qu’un ouvrage, écrit en allemand, sur le régime à observer en 
temps de peste. Ce livre a été publié par Jean Weber, à Erfurt, 
en 1626. ( R. DESGENEfTES ) 

LUVIGINI (Louis), ou Luisinus, médecin d’Udine, au sei¬ 
zième siècle, s’appliqua dans sa jeunesse Ma. littérature , qu’il 
cultiva avec beaucoup de succès. S’étant appliqué ensuite à 
l’art de guérir, il l’exerça d’une manière distinguée à Venise, 
où il mourut dans un âge fort avancé, après avoir publié : 

Aphorismi Hippocratis hexamelro carminé conscripli. Venise, i 552 . 

De compescendis animi affectilus per moralem philosophiam et me- 
dencLi arlem, Iraclatus in très libres divisus. Venise , Î 56 l ,in-8°. - Bâle ; 
i 562 , in-8°. -Strasbourg, 1710, in-8°. 

: De confessione œgrolanlum à die dëcübitus institiiendâ. Venise, i 563 , 



LYONNET (Piebre), avocat par-devant les cours de jus¬ 
tice, interprète , maître des patentes et décïiiffreur de leurs 
hautes puissances, titres qu’on lit au frontispice de son Traité 
de la chenille, mérite de nous arrêter, parce, qu’il ne s’est pas 
moins rendu célèbre comme naturaliste, que comme anato- 
miste et comme graveur. Issu d’une famille: lorraine que l’in¬ 
tolérance religieuse avait forcé de s’expatrier, il naquit le 2.1 
juillet 1707 , àMaestricht, où son père exerçait lés fonctions 
de pasteur a l’église française de Hensden. Comme on le des¬ 
tinait au ministère évangélique , son éducation fut dirigée dans 
cette vue; mais quand il eut à faire lui-même un choix, il 
préféra l’étude de la jurisprudence à celle de la théologie. 
Après avoir pris ses grades à Ulrecht, et suivi pendant quelque 
’emps le barreau à La Haye, il obtint, auprès des Etats géné- 
Juix des.provinces unies , la ptace indiquée au commencement, 
de article. Comme cette place lui donnait peu d’occupation, 
jl etmloyait ses loisirs à dessiner des objets naturels; c’est 



i36 LYON 

ainsi qu’il parvint à former un recueil dé dessiüs coloriés des 
insectes des environs de La Haye, qui n’a malheureusement 
pas été publié; car on le dit admirable. Sa première publica» 
lion consista en remarques sur ces animaux dont il enrichit, 
en 1^42, la traduction française de la Théologie des insectes 
de Lesser, ouvrage dont le but est de rassembler les preuves 
nombreuses de la sagesse et de là puissance du Créateur qu’offre 
cette classe d’animaux, et qui devait ainsi plaire h Lyonnet, 
-doué d’un caractère éminemment religieux. Il y joignit même 
quelques dessins de sa façon, et enrichit tellement lé livre,- que 
Êéaumur le jugea digne d’être.réimprimé (Paris, 1^45, 2 vol. 
in-8°i). Vers la même époque, après avoir dessine' les figures 
de l’ouvrage que son ami Trembley devait publier sur le po¬ 
lype a bras, il entreprit de les graver lui-même, et, pour son 
coup d’essai, produisit les huit dernières planches, qui ne sont 
pas moins remarquables par leur délicatesse que par leur exac¬ 
titude; elles parurent, aveG le traité, en 1744.- Ûii essai aqssi 
heureux encouragea Lyonnet, qui résolut d’appliqUer son nou¬ 
veau talent à perpétuer ses propres observations, et qui, après 
bien des incertitudes, se fixa enfin à l’anatomie de la chenille 
qui ronge le bois du saule ( phcilœna cossus ), sujet qu’il jugea 
capable de lasser toute autre patience que la sienne. L’ouvrage 
qui fut.le .fruit.de ses travaux immenses sur un animal aussi 
petit, a mérité d’être mis au nombre des chefs-d’œuvre les plus 
étonnans de l’industrie humaine ; mais" ce' qui ne l’est pas moins , 
et fait honneur à la sensibilité, de Lyonnet, c’est que, malgré 
le nombre prodigieux d’observations qu’il a faites dans ses 
dissections, et le temps qu’exigeait la confection deses dessins, 
il assure n’avoir fait périr que huit ou neuf chenilles, et cela 
en raison de la répugnance qu’il avait à faire souffrir et à dé¬ 
truire des animaux. Ses observations sont si délicates qu’on 
refusa d’abord d’y ajouter foi , et que, pour gagner là confiance 
du public, il fut obligé d’en rendre témoins des hommes d’uné 
probité et d’une habileté connues, comme Aibinus et Allamatid. 
Uii accident tqui lut; affaiblit la vue vers'l’âge dé soixante ans, 
11e lui permit pas de suivre la chenille du saule dans son état 
de chrysalide et dans celui de papillon : Cependant- ilàvait-assez 
avancé ce travail pour qu’on regrette que ses héritiers ne l’aient 
point rendu public. Il mourut le 10 janvier 1789; L’ouvrage 
qui a rëndu son nom immortel, est intitulé : 












a/fô LYTE 

LYONNET (Robert), médecin - consultant de Louis xtii , 
était fie' à Puy éri Velâÿ. Ayant eu occasion de faire des ob¬ 
servations sur la peste qui désola sa patrie en 1629 01-1630, 
il publia,quelques anoe'es après, l’ouvrage suivant, dans lequel 
on les trouve consignées: 

Aoiy.oypa<pnt , jeu rccondilarum pestls et contagïi causarum curiosa 
disquisilio, ejusdemque nièthodica euratio. Lyon, i 63 g, in-8°. 

jDissertatio do morbis hœrgditarits. Paris, 1647 , in-4°- (o.) 

, LYSER (Michel), médecin du seizième siècle, était; de- 
Léipzick , où il commença ses éludes,: qu’il termina ensuite à- 
Copenhague, sous Thomas Bai-ihôlin, dont il devint bientôt 
l’ami et le préparateur. En quittant ce maître célèbre , il passa 
en Italie, et prit le bonnet de docteur à l’université de Padoue. 
S’étant ensuite établi à Nikoping, dans.file de Fais ter, en Da- 
neæarck,il mounit prématurément le Zo décembre,16(30. Lyser 
a partagé avec Bartholin la gloire de la découvertedes vaisseaux 
lymphatiques. Ses ouvrages sont : 

Dissei'talio de audita. Léipziek, i 653 ,in- 4 °. 

Dissertalio de spliacelo cerebri. Léipzick, i 656 , in-8°. 

Cultér anatômicus , lion est methodus brevis, facilis ac persptcua, ar- 
lificiosè humaria corppra incidendi, cum nonnullorum instrumentorum 
iconibus. Copenhague - i 653 , in-8°. - Ibid., i 665 , in-8°; - Francfort,. 
167g, in-8°.-Utrecht, 1706, in-8°. - Leyds , 1726, ih-8°. - Ibid. I73i, 
in- 8 °.-Trad. en allemand, Brême, 1735, in- 8 °, - en anglais, Londres, 
1740, in-8°. 

C’est «a excellent manuel de l’art de l’anatomie , dans lequel on re¬ 
connaît un homme exercé, et parlant d’après, sa propre expérience. 
Lyser entre dans les moindres détails Sur le choix des sujets, les instru- 
rnens de dissection, la construction des amphithéâtres, la disposition- 
de 3 fables, cto. (j.) 

LYSONS (Daniel), médecin anglais, né en 1726, mort le 
2<J mars iSôo, pratiqua successivement à Gloceslcr et à Bath, 
et fut l’un des médecins de l’hôpital général de cette dernière 
ville. On a de lui les ouvrages suivans : 

jln essay upon the effets qf campher and calomel in continuai fevers.. 
Londres,-177a, in-:8?, j 

Practical essays upon intcrmitting fevers. dropsies, diseases of the 
liver , tlie epilepsy, the colic , dpsentcrical flisxes and the operation of 
calomel. Bath, 1777 , in-8 8 . - Oxford, 1783 , in-8°. (o.) 

LYTE (Henri), gentilhomme anglais, né en 1629 à Lytes- 
Carey, dans le Comté de Sommerset, fil ses éludes à Oxford, 
parcourut diverses contrées de l’Europe, et revint ensuite dans 
sa patrie, où il s’appliqua spécialement à la botanique, ainsi 
qu’à l’histoire et aux autiquités de l'Angleterre, et mourut en 



„ • ' MA CB i 4 i 

^1607. Il avait composé plusieurs ouvrages, dont un seul a été 
iipprimé : c’est une traduction anglaise de l’Histoire des plantes 
de Dodoens, faite sur la version française (Londres, 1578, 
in-fol, ). On j trouve la description de mille cinquante espèces, 
dont huit cent quatre-vingt sont figurées, La plupart des plan¬ 
ches ont été tirées de Dodoens et de Léçluse. Lyte en a seule- 
rpenf ajouté trente-neuf,.dont plusieurs sont mieux gravées que 
celles de ses prédécesseurs, et parmi lesquelles on en distingue' 
qui représentent des plantes jusqu’alors inédites, Yerica tetra- 
Ux entr’autres. Ce livre, qui contient peu d’observations nou¬ 
velles, ïttaisrqni a du moins l’avantage d’une meilleure classi¬ 
fication sur ceux qui l’avaient précédé, a été réimprimé plu¬ 
sieurs fois (Londres, i586, in-4 °.—Jbid. 1589, in-4°-■— Ibid. 
fSgS, in-4°. — Ibid. 1600, in-fol. — -Ibid. 1719, in-fol. — Ibid. 
1678, iu-fo!.). (J.) 

M' 


MACASIUS (.Tean-Geobges) , né à Egra, dans la Bohême, 
prit le grade de docteur en médecine à l’Université d’Iéna en 
1644, et pratiqua ensuite l’art de guérir dans la petiLe ville de 
Zwickau, où il mourut en i653, laissant : 

Promptuarium materiœ medicœ, sive apparalus ad praxin medicam 
libris duobus adomatus. Francfort, i 654 , in-8°.-UJm , 1676, in- 4 °. - 
Bayreuth, 1676, in-12. - Léipzick , 1677, in-12. 

Macasics (Jean-Centurio), fils du suivant, était aussi d’Egra, et vi¬ 
vait à la fin du dix-septième siècle. Il avait pris ses grades à Léipzick, 
où il fit paraître ( 1669, in-4°. ) la collection des Miscellanea curiaso- 
medica de Chrétien Lange, qui avait autrefois été publiée séparément. 

Macasius (Paul) , d’Egra, florissait au commencement du dix-sep¬ 
tième siècle à Zwickau, où il s’était fixé pour pratiquer l’art de guérir. 

De, acidularum Egranarum usualium , seu fordiculi crystallini , nalurâ, 
viribus et adminislratione. Nuremberg, t 6 i 3 , in-4 0 . (o.) 

MACBR1DE (David) , célèbre chirurgien anglais, né a Bal- 
lymoni, dans le comté d’Antrim, en Irlande, le 26 avril 1726, 
mourut à Dublin le 28-décembre 1778. Lorsqu’il eut terminé- 
ses humanités à l’Université de Glasgow, il se rendit en An¬ 
gleterre, où, durant plusieurs années, il se livra assidûment 
à l’étude de la chirurgie. Etant entré ensuite au serviee de la 
marine royale, il fit, à bord d’un vaisseau de guerre , une cam¬ 
pagne de courte durée, mais dans le cours de laquelle il eut 
occasion de déployer à la fois s®n habileté, en soignant les 
blesses, et sou courage, en se mêlant aux cornbattaus. La paix 



i4* MACÊ 

ayant été conclue, il quitta l’état militaire, et se mit à étudier, 
sous Smellie, l’art des accouchemens, à la pratique duquel il 
avait résolu de se consacrer plus particulièrement. Dublin fut 
lé lieu qu’il choisit, en 1^49» P oül ’ sa résidence. L’anatomie et 
la chimie furent les deux sciences qui, dès-lors, occupèrent 
tous ses momens 'de loisir. 11 s’attacha particulièrement à dé¬ 
terminer la nature des gaz produits par la putréfaction, et à 
rechercher quelles sont les substances qui peuvent l’accélérer 
ou la retarder. Ses expériences sur ce sujet le conduisirent à 
conseiller l’emploi de la drèche pour prévenir ou guérir le 
scorbut chez les gens de mer. L’utilité des travaux dont il en¬ 
richit l’art de guérir, détermina l’Université de Glasgow a lui 
conférer lé titre de docteur, sans qu’il l’eut sollicité. On a de lui : 

Experimental essays on ihe folio wing s ubjects : on the fermentation of 
alimentares mixlury ; on ihe nature and properties offixed air; on the 
respective powers and. manner of acling of ihe different kinds of anti- 
septics; on the scurvy, with a proposai for trying new methods topre- 
veret or cure the same at sea ; on the dissolvent power of quick-lime ; 
illustrated with copper-plates. Londres, 1764, in-8°. - Ibid. 1767 , in-8°. 
-Trad. en allemand par C. Rahn, Zurick, 1770, in-8°. - en français par 
Abbadie, Paris, 1766, in-8°. 

Account of a new methàd of lanning. Londres, 1769, in-8°. 

L’auteur préconise l’acide sulfurique , et prétend qu’il donne une qua¬ 
lité supérieure au cuir. Cette méthode a été suivie et perfectionnée chez 
nous par M. Séguin. 

Methodical introduction to ihe theoty and practice of the art of me- 
dicine. Londres, 1777, m-8°.-Trad. en latin par Closs, ü trecht, 1774, 
2 vol. in-8°.- en français par Petit-Radel, Paris, 1787, 2 vol. in-8°.^ 

MA-CER (Æmilius), dé Yérone, était contemporain de Vir¬ 
gile. Quoiqu’il ne fût pas médecin, il avait, au rapport d’Ovide, 
écrit en vers latins sur les propriétés des animaux venimeux, 
et sur les herbes qui ont la vertu d’en guérir les atteintes. Cet 
ouvrage est perdu. Il paraît qu’on doit attribuer à un autre 
Macer, médecin, et postérieur à Galien, ou même, suivant un 
manuscrit sur parchemin, du quatorzième siècle, que l’on con¬ 
serve dans la Bibliothèque de Dresde, à un certain Odo Mag- 
dunensis, un petit traité, également envers, sifr les vertus des 
plantes, dont, malgré son peu d’importance , on a fait des édi¬ 
tions nombreuses (Naples, 1477, in-fol.—Milan, 1482, in-4°. 
—Sans date ni lieu d’impression, in-4°. goth.—Venise, i5o6, 
in-4°.— Jbïd. i5og, in-8°.—Paris, i5n, in-8°.—Lyon, iai5, 
iu-8°.— Paris, i522,in-8°.—Bâle, 1627, in-8°.—Fribourg, 
i53o, in-8°.—Cracovie, 1537, in-8°.—Francfort, i54o, in-8°. 
— Bâle, i55g, in-8°. — Ibid. i58i,in-8°.— Léipzick, i5go, 
in-8°. — Hambourg, i5g6, in-8°.), et dont nous avons une tra¬ 
duction française (Rouen, i588, in-8°.) par Lucas Tremblay^ 




MACK i43 

A i’edilion de 16965 qui est la meilleure, il faut joindre les 
deux dissertations philologiques et critiques de F. Boerner et 
de C.-G. Gruncr. (a.-j.-l. j.) 

MACHAON, l’un des fils d’Esculape, et frère aîné de Po- 
dalire, est placé par Homère au nombre des héros qui se dis¬ 
tinguèrent le plus devant Troye , car sa vaillance égalait le 
savoir qu’il avait puisé dans les leçons et les exemples çlu cen¬ 
taure Chiron, et l’on peut même croire qu’elle le surpassait, 
puisque l’art de guérir ne se composait alors que d’un petit 
nombre de formules empiriques, ou de pratiques superstitieuses. 
Ce fut Machaon qui pansa Ménélas blessé par Tindare, et qui 
guérit Philoctèle de la blessure que ce héros s’était faite en se 
laissant tomber sur le pied une des flèches empoisonnées d’Her- 
cule. Après la prise de Troye, il se retira auprès de Nestor, 
dans la Messénie, où il fonda les deux villes de Tricca et d’Oc- 
chalia^ et fut tué par Euripyle. Ses fils, Alexanor, Sphirus, 
Polémocrate, Gorgasus et Nicomaque, exercèrent également 
la médecine. (z.) . 

MACK (Jean-Chrétien), fils du suivant, naquit à Cobourg 
le 24 juin i634, fréquenta la 'plupart des Universités d’Alle¬ 
magne, prit Je titre de docteur en i663 à Strasbourg, et devint 
ensuite membre de l’Académie des Curieux de la nature sous 
le nom de Pégase II. S’étant établi à Schneeberg, il acquit 
bientôt la confiance des habîtans de cette ville, qui lui témoi¬ 
gnèrent leur estime en lui conférant la dignité de bourguemes- 
tre. Il mourut le 6 mars 1701, laissant quelques lettres dont 
on trouve une parmi celles de Garmann, et de plus les ouvrages 
suivans : 

Dissertatio de calido innato. Strasbourg, i663, in-4°. 

Der Obererzgebuergischen Kreise Schntz-und Nolhwehr, das Ut nîe- 
dicinischer Bericht wie bey den einbrechenden peslilerizischen Seuchen 
sich zu verhallen. Schleusingen , 1680, in-4°. 

Parentalia. Schneeberg, 1702, in-fol. , 

Ce médecin a inséré diverses observations dans les Actes de l’Acadé¬ 
mie des Carieux de la nature. 

Mack (André), mort le 21 mars i683, à l’àge de soixante et dix- 
sept ans, était d’Oberlauringen, en Franconie. Il fut d’abord médecin 
du duc de Saxe - Cobourg, pratiqua ensuite l’art de guérir en différens 
endroits, et devint enfin médecin de la cour de Schwartzbourg à Rudol- 
stadt, où il termina sa carrière. On a de liai : 

Anlidotarium prwatum. Cobourg, 1647, in-8°. 

T/nterricht wie die ungariscke Krankheit zu erlosnnen. Rudolstadt, 
i665,in-4°. 

Mack ( Etienne ), médecin d’une archiduchesse à Vienne, mort en 
175., s’est fait connaître par une édition des Œuvres d’Hippocrate 
intitulée : 

Ta eou 'Iimox.pa.TOV! arravra. Hippocratis opéra omnia, cum variis 
lectionibus, non modo hue usque vulgatis, verurn ineditis potissimum, 
partim depromtis ex Cornarii et Sambuci codd. in Cœsareâ Vindobonensi 
bibliotliecâ hactonus observatis et üieditis , partim ex. aliis ejusdem bi- 



*44 macq 

lliothecce manuscrtplis libris, ac denique ex Mediceis Laurentianis ma- 
nuscriptis libris colleclis. Accessit index Pini cum tractatu de mensuris 
et ponderibus. Vienne, tome I, , 7 43; II, 1749, in-fol. 

-C’est la plus belle des éditions d’Hippocrate ; mais elle n’a pas été 
terminée. Elle ne contient que les livres qui forment les-cinq premières 
sections de focs. Mack a été moins timide que Foes elditlercnriali dans 
la correction des erreurs qui déparent le texte ; mais il h’a pas non plus 
été toujours heureux. (j.) 

M-4 C-NEVEN OKELLY D’AGHRIM ( Guilt.aume )né 
en 1714 à Aghrim, dans l’Irlande, d’une famille noble, prit le 
grade de docteur a Prague, où il devint professeur, et mourut 
le 9 féÿrier 1787, après avoir rempli pendant long-temps la 
place de directeur et de président de la Faculté de médecine. 
Il est auteur de trois opuscules intitulés : 

Specimen sislens expérimenta quœdam, quïbus conslitit, cas partes 
esse sensu præditas , qidbus Hallerus cum aiiis quibusdam omnem sen¬ 
ti'adi facuitalem cum initabilitale denegat. Prague, j 7 56 , in-4°. 

Dissertalio de raro ventriculi casu cum verâ movbi diagnosi. Prague, 
1760, in-8°. 

Problema semeioticum , utrum in diagnosticis et prognosticis certiora 
sunt, quœ à pulsu , quamquœ à respiràlione desumuntur, signa? Prague, 

l78o,in-4°- - r (z.) ; 

MACQUART (Jacques-Henri ) naquit à Reims en 1726, 
d’une famille peu fortunée. 11 dut à la libéralité de Levesque 
de Pouilly les moyen de terminer ses études, et par reconnais¬ 
sance d’un si grand bienfait, il se chargea de diriger l’éducation 
du fils de son bienfaiteur. S’étam rendu ensuite à Paris , il ob¬ 
tint, à l’hôpital de la Charité, une place dont il remplit les 
fonctions avec beaucoup de zèle. Il succéda, en 1760, à Barthez, 
pour la rédaction du Journal des savans, dans lequel il inséra, 
pendant sept ou huit ans, des extraits et des analyses qui donv 
nèrent une idée avantageuse de ses talens et de ses connais¬ 
sances. Il mourut le 9 avril 1768. On lui a reproché de s’être 
montré tour a tour dans les rangs des apologistes et des détrac¬ 
teurs de l’inoculation. On a de lui : 

La taille latérale s'exécute-t-elle plus sûrement et plus facilement avec 
l’instrument connu sous le nom de Jithotome caché ? Paris, 1/755, in-S°. 

C’est une traduction d’une thèse qne Macquart avait soutenue, eu 1734, 
sous la présidence de Préval, Ii conclut pour l’affirmative. 

Collection de thèses médico-chirurgicales sur les points les plus impor¬ 
tons de la chirurgie théorique et pratique. Paris, 1767 , 5 vol. in-12. ' 

Traduction libre, ou plutôt extrait de la collection de Haller , avee 
des tables fort exactes. (#.) 

MACQUART (Louis-Charues-Réne), fils du précédent, 
vint au monde â Reims le 5 décembre igjfô- 11 était encore 
fort jeune^ lorsque sou père l’amena à Paris, où il fit 4e~brü- 



. M A-CQ .45 

lanles études, et prit ses grades à la Faculté.de médecine en 
1770. Quelque temps après le gouvernement lui donna la mis¬ 
sion de faire un voyage minéralogique dans le nord de l’Eu¬ 
rope. Macquart rapporta de cetle excursion un grand nombre 
de beaux morceaux , dont il enrichit,le Muséum d’histoire na¬ 
turelle. La révolution le priva d’une pensipn qui lui avait été 
accordée. À l’époque de l’établissement des écoles centrales, il 
fut nommé professeur d’histoire! naturelle à celle du départe¬ 
ment de Seine et Marne, et chargé de la conservation du ca¬ 
binet de Fontainebleau. 11 mourut à Paris, le 12 juillet 1818. 
Indépendamment de divers mémoires et articles plus ou moins 
intéressans, qui ont paru dans le recueil de Ja Société de mé¬ 
decine, dont il était membre, ainsi que dans les journaux de 
médecine, de physique et des minés, il a rédigé la plupart des 
articles relatifs à l’hygiène dans le Dictionaire de médecine de 
l’Encyclopédie méthodique. On a .aussi de lui : 

Ergo inler ossa capitis varii nisus absumuntur communicatione, vl- 
' bratione , oppositione. Paris, 1770 , 111-4°. 

Manuel sur les propriétés de l'eau , particulièrement dans Part de 
guérir. Paris, 1783, in-8°. 

Essais ou Recueils de mémoires sur plusieurs points de minéralogie , 
avec la description des pièces déposées chez le roi, la figure et l’analyse 
chimique de celles qui sont les plus intéressantes , et la topographie de 
Moscou , après un voyage fait au nord par ordre du gouvernement. Paris, 
1783, in-8°. -Trad. en allemand, Francfort, 1790, in-8°. 

Dictionnaire de la conservation de l'homme et d'hygiène. Paris, 1799, 
2 vol. in-8°. - Ibid. 1800, 2 vol. in-8°. (o.) 

MA.CQUER (Pierre-Joseph), médecin et pharmacien qui 
s’est fait un grand nom en chimie, naquit à Paris, le 9 octobre 
1718. Sa famille, originaire de l’Ecosse, avait sacrifié honneurs 
et fortune par attachement pour le catholicisme et la dynastie 
de ses anciens rois. Lorsque l’âge fut venu de faire choix d’une 
profession, Macquer se décida sans hésiter pour la médecine, 
qui s’accordait mieux que toute autre avec son goût naissant 
pour les sciences physiqnes. Mais la chimie eut bientôt tant d’at¬ 
traits pour lui, qu’il lui sacrifia presqu’entièrement les autres 
branches de ses études, et que les travaux dont il ne tarda pas 
à l’enrichir, lui ouvrirent les portes de l’Académie dès 1745. 
Il devint associé en 1766, et pensionnaire en 1772. Ses pre¬ 
mières recherches eurent pour objet la cause de la solubilité 
des huiles essentielles dans l’esprit de vin. Il s’occupa ensuite 
de l’arsenic, fît voir, que c’était un véritable métal, différent 
de tous les autres, démontra qu’on avait eu tort jusque-là de 
le considérer comme un simple minéralisateur, et fraya de 
cette manière la route à Scheele. 11 reconnut le premier les 
combinaisons de l’acide arsenique, dont l’une, le surarseniate 
de potasse, porta pendant quelque temps le nom de sel arserti~ 




i/j 6 MACQ 

cal de Macquer. Il développa la composition du sulfate de 
chaux, sel sur l’histoire chimique duquel ses travaux, joints à 
çeux de Bergmann, ne laissent rien à désirer. Avant lui on 
connaissait mal le sulfate d’ammoniâque, dont il décrivit les 
principales propriétés. Il compléta aussi les recherches de 
Black sur le sulfate de magnésie, constata l’infusibilité de cette 
terre , indiqua divers procédés pour faire les préparations an¬ 
timoniales usitées en médecine, décrivit avec exactitude les 
phénomènes de l’oxidatioa de i’étain, quand ôn chauffe ce 
métal avec le contact de l’air, reconnut la volatilité de l’or 
exposé au foyer d’une forte lentille, détermina les proportions 
de cuivre et de zinc propres à faire le meilleur potin, fil l’ana¬ 
lyse du lait, tenta celle des matières excrémentitielles, et dé¬ 
couvrit la décoloration du bleu de Prusse par les alcalis. Un 
des premiers, il examina le platine, mais il était réservé aux 
chimistes modernes de débarrasser ce métal précieux des nom¬ 
breux métaux avec lesquels la nature nous l’offre combiné. 
Macquer trouva le moyen de dissoudre la gomme élastique 
dans l’éther sulfurique, reconnut que les substances salines se 
dissolvent d’autant plus facilement dans l’alcool, que l’acide 
y adhère moins à la base, et fut le premier qui, en 1771, ex- 

E érimenta la combustibilité du diamant. Son génie lui avait 
lit sentir la nécessité de reformer la théorie générale de la 
chimie, mais le guida mal dans les innovations qu’il essaya 
d’introduire • car il' se contenta de chercher à lier les nouvelles 
découvertes avec les anciennes et avec la doctrine de Stalil, en 
substituant la lumière au phlogistique, et la considérant comme 
précipitant de l’air. Ce fut le i5 février 1784 qu’il termina sa 
laborieuse carrière. Il a inséré une quinzaine de mémoires ou 
d’observations importantes dans le recueil de l’Académie des 
sciences, composé l’Art du teinturier (1763, in-fol. -Trad. erï 
allemand, Léipzick, 1779, in-8°.) dans la Collection des arts 
et métiers, rédigé la partie du Journal des savans relative aux 
sciences physiques et médicales , depuis 1768 jusqu’en 1776, 
et publié en outre les ouvrages suivans : 


Dictionaire de chimie, contenant la théorie et la pratique de cette 
science , son application à la physique , à l’histoire naturelle , a la mé¬ 
decine , etc. Paris, 1766,, 2 vol. in-8°. - Ibid. 1776 , 2 vol. m-4°. ou 
4 vol. in-8°. - Ibid. 1778, in-8°. -Trad. en allemand par C.-G. Poerner, 
Léipzick, 1768, 3 vol. in-8°. - et par J.-G. Leonhardi, Léipzick , 1781 
- 1783, 6 vol. in-8°. ; Ibid. 1806, 7 vol. in-8°., avec des additions de 
J,-B. Richter et de S. F. Hennbstaedt. - en anglais par Keir, Londres, 



»■ ih-4°*; 1777 , in-8°.-en danois, Copenhague, 1771-1772, in-8°. 
-en italien par J.-A. Scopoli, Parie, 1783-1784, 9 vol. in-8 . 

Les additions des traducteurs et éditeurs italiens et allemands ont 
fait en quelque sorte un livre tout nouveau de ce dictionaire, qui, bien 
que vieilli, n’a encore été surpassé ni par Klaproth, ni par M. John, 
m par M. Dre. (a.-j.-l. j.) 

MAD AI (David-Samuel de ) , savant médecin et grand nu-, 
mismalé, naquit le 4 janvier 1709, à Chemnitz, dans la Basse- 
Hongrie. Son père, qui était médecin, le destina de bonne 
heure a la même profession, et ne négligea rien pour lui pro¬ 
curer toutes les connaissances préliminaires qui servent comme 
d’introduction à l’art de guérir. Madai n’eut pas plutôt terminé 
ses humanités, qu’il se rendit à Halle, ou il étudia la méde¬ 


cine, aussi bien qu’a Wittemberg, et où il se fit recevoir doc¬ 
teur à la fin de ses cours. Ayant épousé la fille de Ri ch ter, mé¬ 
decin de l’hospice de Enfans-Trouvés de cette ville, il obtint 
la survivance de son beau-père, auquel il succéda réellement 
en 173g. L’année précédente la princesse de Saxe-Mersebourg- 
Zoerbig l’avait choisi pour médecin, et , en 1740, ü fit ap¬ 
pelé à remplir la même charge auprès du prince à’Anhalt-Coe- 
then. L’Académie des Curieux de la nature l’adopta, en 1745* 
sous le nom d 'Hermès V. Il mourut le 2 juillet 1780. L’éten¬ 
due de sa pratique et de sa correspondance ne lui permit pas 
de prendre rang parmi les laborieux écrivains que l’Allemagne 
à produits en si grand nombre. Une fortune considérable lui 
permettait de se livrer au goût dispendieux de la numismati¬ 
que , à laquelle il consacrait tous ses instans de loisir, et qui lui 
valut la noblesse du Saint-Empire, dont Joseph 11 le décora , 
lui et ses descendans, en reconnaissance de l’hommage qu’il 
lui avait fait de la troisième partie de sa grande histoire des 
lhalers, ouvrage auquel il doit sa célébrité (Kœnigsberg, 1765 
-1767,3 vol. in-8°. avec des supplémens publiés en 1768, 
1769 et 1774 ), Il a inséré quelques observations dans les Actes 
de l’Académie des Curieux de la nature, donné une édition des 
Aphorismes de Guillaume Battie (Halle, 1780, in-8 0 .), traduit 
en hongrois l’ouvrage de C.-S. Richter sur la peste (Halle, 
1738, in-8°.) et publié en outre : 

' Dissertatio de morhis occullis. Halle, 1782,' in-4°. 

Abhandlung von den sogenannlen kalteri oder wechsel-Fiebern. Halle, 

Nachricht von dem Nulzen und Gebrauch einiger bewaehrten 
Medicamente, welche zu Halle im Magdeburgischen in dem Waisen- 
hause dispensiret vjerden. Halle, 1764, in-8°. (1.) 


MAETS (Charles-Louis de), fils d’un théologien d’Utrecht, 
naquit en celte ville, où il s’adonna tout entier a la chimie. 
Ayant obtenu, en 1668, la permission d’ouvrir un cours sur 



x48 MAGA 

cctle science, il se fit connaître si avantageusement, qu’au bout 
de deux années rUniversilé l'admit pânni ses professeurs. On 
ignore l’époque de sa naissance et celle de sa moi - !. Attribuant 
toutes les maladies à des changemens survenus dans la figure, 
la grandeur et la situation des particules, ainsi que dans la dis¬ 
position des pores ou des vaisseaux destinés a les transmettre, 
il les faisait dépendre d’une ôbstruciion ou d’une compression -, 
et ne voyait rien de plus propre à les guérir que les prépara¬ 
tions ehimiquis. Ses ouvrages, dans lesquels on trouve un mé¬ 
lange bizarre des doctrines mécaniques et cbémiatriques , ont 
pour litres : 

J Prodromus chemiœ rationalis, ratioci niis philosophieis . observationibus 
medicisetc., illustrâtes. Accedunt animadversion.es in li bru ni cui titulus : 
Collectanea chymica. Leidensia. Leyde, 1684, in-8°. 

Ckemia rationalis, nec non praxis chymiatrica rationalis. Leyde, 
1687, ia-4°. * . ■ (°.) 

M AG ATI ( César ), l’un des plus célèbres et des plus Iiabiles 
chirurgiens du seizième siècle, vint au monde en 1 5 gg à Scan- 
diano, dans le duché de Reggio. L’Université de Bologne le 
compta daus les rangs de ses élèves, et lui accorda le bonnet 
doctoral en i5g7- Cette même année, il se rendit à Rome, où 
il continua d’étudier la médecine pratique, en même temps 
qu’il s’appliquait à l’anatomie et à la chirurgie. De retour dans 
sa patrie, il ne tarda pas à y gagner la confiance des habitans , 
et à se rendre tellement célèbre que le marquis de Benlivo- 
glioerut procurer un.grand avantage à l’Université de Ferrare 
en le faisant consentir à y occuper une chaire, dont il prit pos¬ 
session en ifit2. Magati enseigna pendant plusieurs années, à 
la grande satisfaction des élèves, dont la foule se pressait au¬ 
tour de lui; mais une maladie grave, qui fut sur le point de 
l’enlever, ayant dérangé sa santé et affaibli ses organes, il prit 
le parti de renoncer au monde et d’aller chercher le repos dans 
l’ordre des capucins, où on lui do.nna le nom de P. Libérât 
de Scandiano. Mais, malgré la résolution qu’il avait prise, il 
ne lui fut pas possible d’ensevelir .ses talens dans la retraite. 
Réclamé de toutes parts, il céda enfin au vœu public, et ob¬ 
tint de ses supérieurs la permission d’aller portée les secours 
de son art dans les principales villes d’Italie. Les vives dou¬ 
leurs de la pierre l’ayant déterminé à réclamer pour lui-même 
l’assistance qu’il avait donnée jusqu’alors aux autres, il se 
rendit à Bologne, où il subit l’opération, à la suite de laquelle 
il succomba en 1647- L’ UI1 des premiers il essaya de simplifier 
la chirurgie, qu’on avait surchargée d’une foule de pratiques 
au moins inutiles, et pour la plupart même nuisibles aux 
blessés. S’il exagéra les mauvais effets du contact de l’air sur 



MAGE I zjg 

les plaies, à l'influence duquel on attribue peut-être encore au¬ 
jourd’hui trop d’importance, il s’éleva avec force contre l’abus 
des pansemens trop fréquens, et fit voir que la cicatrisation 
n’est pas l’ouvrage de l’art, mais bien celui de la nature. IL 
condamna en même temps l’usage des tentes et des plumasseaux 
dont on était dans l’usage de bourrer les plaies, et contribua 
plus que personne à déraciner l’ancien préjugé de la vénénosité 
des plaies d’armes à feu. Ses préceptes chirurgicaux feraient 
honneur, pour le plus grand nombre, aux praticiens les plus 
recommandables de nos jours, ils furent vivement attaqués, 
parce que c’est le sort de la raison et de la vérité de rencontrer 
toujours des obstacles suc leur passage; mais ils finirent par 
triompher des préjugés de l’ignorance et de la routine. L’ou- 




45 ç MAGE 

laquelle il exécuta les préparations anatomiques et les opérai 
tions les plus difficiles. 

Au goût décidé qu’il avait pour les recherches cadavériques, 
s’unit bientôt, chez M. Magendie, une véritable passion pour 
les expériences sur les animaux vivans.' Cette carrière expéri-, 
mentale, ouverte et parcourue avec tant de succès par Haller, 
était alors presque abandonnée ; Bichat, spécialement livré a 
l'analyse des fonctions et à l’examen des propriétés des tissus 
vivans, ne considérait les expériences que comme des moyens 
secondaires d’atteindre a son but, M. Magendie en fit, au con¬ 
traire, l’objet principal de ses occupations; il surmonta, pour 
les exécuter, elles obstacles dont il était environné, et les cla¬ 
meurs presque générales dont il devint l’objet. Sa persévérance 
fut enfin couronnée de succès-; il donna une impulsion nouvelle 
à la physiologie en -France, et parvint à répandre tellement 
le goût des vivisections, que ses adversaires eux-mêmes furent 
plus d’une fois obligés d’employer, pour le combattre, les armes 
dont il avait enseigné l’usage et démontré la puissance. En¬ 
traîné ainsi vers la physiologie,, il fit, sur celle science, des 
cours suivis avec ardeur par la foule des élèves, et qu’il n’a¬ 
bandonna qu’en 1816, pour se livrer exclusivement a l’enseigne¬ 
ment de la physiologie expérimentale. Tous les travaux exé¬ 
cutés par M. Magendie sur le mécanisme des fonctjons chez 
les .êtres organisés, portent l’empreinte d’un esprit séyère et 
hardi, qui fait plier, sans hésiter, devant l’autorité des faits, 
les théories les plus séduisantes et les plus généralement ad¬ 
mises. On peut dire que rien n’est sacré pour lui parmi les 
hypothèses qui ont composé jusqu’ici la plus' grande partie 
du domaine de la physiologie. C’est en suivant cette voie qu’il 
s’est placé au rang des premiers physiologistes de l’Europe. 
Il est médecin du bureau central d’admission des hôpitaux ci¬ 
vils de Paris, membre de l’Académie des sciences de’ l’Institnt, 
et d’un très-grand nombre d’autres Sociétés savantes nationales 
et étrangères. On a de lui les ouvrages suivans : 


Sur les usages du voile du palais et la fracture des côtes. Paris, 1808, 


Examen del'action de quelques végétaux sur la moelle épinière. Paris, 
1809, in-8°. 

Ce travail, exécuté de concert avec M. Delille, a pour objet de dé¬ 
terminer les effets de Yupas tieutè , qui sert aux Japonais à empoisonner 
leurs armes, et dont M. Léchenault avait rapporté en France une assez 
grande quantité. Il est trOs-remarquable que ces effets spécialement di¬ 
rigés sur là moelle épinière soient absolument identiques avec ceux que 
produisent la fève de Saint-Ignace et la noix vomique. Ce sont les expé¬ 
riences rapportées dans ce mémoire qui ont servi de base à l’emploi de 
l’extrait de noix vomique en médecine. 

Mémoire sur les organes de l'absorption chez les mammifères. Paris; 





MAGGI (Barthélémy), né à Bologne en 1477, s’appliqua 
avec beaucoup de succès à l’étude de la chirurgie, qu’il en¬ 
seigna ensuite d’une manière très-distinguée dans sa ville na¬ 
tale. Henri a lui donna des marques de sa satisfaction pour le 
zèle et l’empressement qu’il avait montrés en soignant les blessés 
français. On assure que le pape, Jules in, l’ayant fait venir à 
Rome, le nomma son médecin, ou plutôt son chirurgien ; mais 
Marini n’a pu découvrir aucun document authentique qui vînt 
à l’appui de cette assertion. Quoi qu’il en soit, Maggi, trouvant 
l’air de Rome nuisible à sa santé, sollicita et obtint la permis¬ 
sion de revenir dans sa patrie , où il mourut le 26 mars i 552. 
Il était oncle du célèbre anatomiste Aranzi. Il laissa un opus¬ 
cule sur la maladie vénérienne, qu’il avait écrit en i55o, et un 
autre ouvrage, plus célèbre, qui a pour titre : 


De vulnerum bombardarum et sclopetorum globulis illatorum. et de 
eorum symplomaium curatio ne tracta tus. Bologne, i55a, in-4 0 .-Zurich, 
i55ü, in-fol., dans la collection de Gesner. -Venise, i56&, in 8°. 

Ce livre est assez curieux à lire. Maggi,y prouve très-bien que les pro¬ 
jectiles lancés par la poudre à canon ne brûlent pas, comme op le croyait, 
le trajet des plaies qu’ils produisent, et que l’escarre dont celles-ci sont 
garnies est le produit de la contusion excessive des parties. Le pansement 
«qu’il conseille, sansêLre parfait, vaut mieux cependant que celui auquel 
011 avait recours de son temps, car il blâme l’emplui des tentes, et veut 
qu’on ait recours, autant que possible, auxadoueissans, aux émolliens. 
Il indique fort bien les cas où les contr’ouvertures sont nécessaires. Il 
amputait dans le vif, relevait les parties molles avant de les couper, et 
arrêtait l’hémorragie en appliquant un bouton de feu sur les orifices des 
vaisseaux. Le pansement auquel il soumettait la plaie résultante de l’opé¬ 
ration, se sent encore de là harbarie du moyen âge. (1.) 



MAGN 135 

MAGINI (Jean-Antoine), laborieux astronome italien, né 
à Padoue, le 13 juin i555, y étudia la médecine, et prit même 
le grade de docteur, mais négligea ensuite totalement l’art de 
guérir pour les mathématiques, vers lesquelles son goût particu¬ 
lier l'entraînait. En t588, l’Université de Bologne lui confia une 
chaire qu’il re-nplit avec distinction pendant plus de trente ans, 
jusqu’à sa mort arrivée le u février 1617. L’astronomie, la 
géographie et l’optique lui sont redevables de plusieurs travaux 
qui ont garanti son nom de l’oubli, mais sur lesquels nous ne 
devons pas nous apçsantir ici. Magini ne mérite une place 
dans cette Biographie que parce qu’il voulut appliquer à la 
médecine les rêveries de l’astrologie, en faveur de laquelle il 
publia l’ouvrage suivant : 


Nous citerons encore un ouvrage qui a paru sous le nom de Çiro 
Spontini, quoiqu’il soit de Magini : 

La metoposcopia , o vero commensuratione delle linee délia Jronte. 
Venise, i654, in-12. (o.) 

MAGIRI (Jean), deFritzlar, suivant les uns, et de Coblentz, 


selon les autres, fut destiné par ses parens au commerce; mais, 
n’ayant aucun goût pour cette profession, il étudia la méde¬ 
cine, se fit recevoir docteur à Marbourg, et devint professeur 
à l’Universilé en i5g6, année où il succomba, le 28 août, 
laissant les Ouvrages suivans : 


Anthropolcgia , hoc est commentanus in Philippi Melanchthonis li- 
hellum de animâ. Francfort, i6o3, in-8°. 

Physiologies peripateticœ libri VI. Francfort, i6o5, in-8°. - Ibid. 

. 1629', in-8°. 

Pathologia , id est, morborum et affectuum omnium prceternaturalium, 
qui corpus humanum invadere soient, ehumeratio. Francfort, i6i5, 
in-8°. (o.) 


MAGNEN ( Jean-Ghrysostome), de Luxeuil, dans la Bour¬ 
gogne, fit ses éLudes à l’Université de Dole, et passa ensuite 
en Italie, où il pratiqua l’art de guérir avec tant de succès et 
•de réputation que l’Université de Pavie lui confia une chaire 
de médecine, qui fut bientôt suivie de celle de philosophie. En 
1660, il vint à Paris avec le comte de Fuensaldagne, ambas¬ 
sadeur extraordinaire à la cour de France. L’époque de sa 
mort n’est pas connue. Ses ouvrages annoncent une grande pré¬ 
dilection pour l’astrologie, qu’il regardait comme la première 
des sciences, mais dont au moins il'avait la bonne foi de con¬ 
venir que peu de personnes sont capables de connaître et d’ap¬ 
précier l’utilité : 




,54 MAGN 

Democritus reriuiscens, sire de atomis : additd Democriti vitâ et phi- 
losophiâ. Pâvie, 16^6, jn-4°. - Leyde, 1648, in-12. - La Haye et Londres, 
i658, in-12. -Ibid. 1688, in-12. 

De tabaco exercitationes quaVuordecim. Pavie, 1648, in-4°. * Ibid. 
,658, in-12. - Amsterdam, 1669, in-12. 

j Oemannâ, liber singularis, Payie, 1648, in-8°. - La Haye, i658 , 
in-12. (o.) 


MAGNINUS, nom sous lequel est désigné un prétendu mé¬ 
decin de Milan, au quatorzième siècle, mais qui paraît n’être 
que celui sous lequel Arnauld de Villeneuve se cacha, lors¬ 
qu’il fut obligé de quitter la France. Quoi qu’il en soit, nous 
avons sous ce nom un Regimen sardtatis , qui a été publié, avec 
d’autres pièces, à Strasbourg ( i5o3, in-4 0 .), et ensuite à Lyon. 

(i 5 i 7 , in-4 0 .). (z-) 

MAGNOL (Antoine), fils du suivant, naquit à Montpel¬ 
lier en 1676, et fut reçu docteur en médecine en 1696. Très- 
peu de temps après, il embrassa' la carrière des armes, et ne 
reparut dans la Faculté qu’en 1706, comme survivancier de son 
père; il devint professeur titulaire en 1715, et ne parut point 
au-dessous de cette place, qu’il occupa fort long-temps, puis¬ 
qu’il vécut jusqu’en 175g. 11 n’a composé que des dissertations 
soutenues sous sa présidence. 


Dissertatio de naturali secretione bilis in jecore. Montpellier, 1719, 

Novus characterplantarum. Montpellier, 1720, in-4 0 . -Montbelliard, 
T725,in-4°. 

Cette production appartient à Pierre Magnol, et fut trouvée dans ses' 
manuscrits. Comme le publie ne la jugea pas digne de lui, le fils s’em¬ 
pressa d’en retirer les exemplairesce qui rend cet opuscule rare. 

Dissértalio physiologica de respiralione. Montpellier, 1729, in-4°- 

Quœstio an cataractœ confirmâtes operalïo chirurgica unicum remedium? 
Montpellier, 1731, in-8°. 

De nalurâ et causis fluiditatis sanguitiis naluralis et deperditœ. Mont¬ 
pellier, 1741, in-8°. ( R. UESOENETTES ) 

, MAGNOL (Pieere) naquit à Montpellier le 8 juin i638, 
et fut reçu docteur en médecine le 4 janvier i65g. 11 montra 
dès-lors le goût le plus décidé pour la botanique, fixa les re¬ 
gards et obtint l’amitié de Tournefort. Celui-ci lui procura, 
en i663, un brevet de médecin ordinaire du roi, et plus tard 
une commission pour suppléer, pendant trois ans, dans l’inten¬ 
dance du Jardin des plantes et renseignement de la botanique, 
un jeune chevalier que la faveur avait élevé à cette place avant 
qu’il eût les connaissances nécessaires pour la remplir. 

Lorsque Fagon présenta le nom de Magnol à Louis xiv 
pour remplir ces fonctions temporaires, le monarque lui dit : 
M, Magnol, dont vous me parlez, n’esi-il pas, de la religion? 
.(ce qui voulait dire réformée) hé! vraiment oui, sire, répondit 
le premier médecin, aussi sera-t-on sûr qu’il en a une. 



MAGN i55 

Magnol qui avait paru, en 1667, dans un concours ouvert 
pour une chaire de médecine, et qui fut alors inutilement pré¬ 
senté à la cour comme le premier des candidats, devint pro¬ 
fesseur titulaire en i6g4, et succéda à Aimé Durant, mort 
doyen des professeurs. Magnol abjura pour pouvoir prendre 
possession de sa chaire. 

Les leçons faites à la Faculté et au Jardin du Roi, les her¬ 
borisations dans les riches environs de Montpellier, des excur¬ 
sions dans les Cévènes, des voyages dans Jes Alpes et les Py¬ 
rénées procurèrent à Magnol une grande et juste réputation, 
même avant la publication de ses ouvrages. 

Ce médecin lut souvent, dans les assemblées de la Société 
royale des sciences dont il était membre dès la création en 
1706 , divers Mémoires, deux entr’autres sur les soins de la vé¬ 
gétation et sur la circulation de la sève. 

En 1709, Magnol fut, au grand regret de ses concitoyens, 
appelé à Paris pour remplacer Tournefort dans' l’Académie 
royale des sciences. Mais bientôt son âge avancé et des infir¬ 
mités , suites des fatigues de sa vie laborieuse, le ramenèrent 
dans sa patrie, où il mourut le 21 mai 1715. On a de lui les 
ouvrages suivans : 

Botarticon Monspeliense , sive plantarum circà Wonspelium nascentium 
index. Montpellier , 1670, in-8". - Avec nn appendix, 1686, in-8°. 

Cet ouvrage, qui contient l’indication de i 354 espèces de plantes, est 
la production la plus estimée qui soit sortie de la plume de Magnol. 

Prodromus historiée generalis plantarum , in, quo Jamiliœ per tabulas 
disponunlur. Montpellier, 1689, in-8°. 

Hortus regius Monspeliensis , sive catalogue plantarum quœ in horto 
regio Monspeliensidemonstrantur. Montpellier, 1697, in-8°., avec figures, 
et d’après la méthode de Tournefort. ( a. eesgbhettes ) 

MAGNUS, d’Ephèse, contemporain de Galien, et médecin 
des empereurs Antonin le pieux et Marc-Aurèle, professait en 
grande partie les principes de la secte pneumatique. Il avait 
écrit un ouvrage, aujourd’hui perdu, sur les découvertes faites 
depuis Thémison. 

On ne le confondra pas avec Magnus, d’Antioche, surnommé 
T Ialrosophiste , qui était disciple de Zénon de Chypre, et qui 
enseignait la médecine à Alexandrie, au quatrième siècle. 
Théophile lui attribue un Traité des urines, qui ne nous est 
pas parvenu. (z.) 

MAGNUS (Olaus), en suédois Store , né à Lincopen, était 
prévôt de la cathédrale de Strengues, lorsque la réformation 
fut prêchée en Suède. Non moins fidèle à l’ancienne croyance 
que son frère Jean, qui suscita de si grands obstacles à l’entre¬ 
prise formée par Gustave Wasa, il prit le parti, lorsqu’il vit 
tous ses efforts inutiles pour triompher de la prudence et de la 



i56 MAHO 

fermeté du monarque, de résigner sa place, et de se retirer k 
Rome. Après la mort de son frère, en 1544-? I e pape Paul ni 
lui conféra l’archevêché d’Upsal, dignité dont il ne put jamais 
prendre possession. En i546, il assista au concile de Trente. 
La mort l’enleva en i568 k Rome. Nous lui avons donné place 
dans ce Dictionaire parce qu’il a publié une histoire des peuples 
du nord, qui est fort mauvaise k la vérité, sans jugement, sans 
critique, sans érudition, mais dans laquelle il traite aussi des 
productions naturelles de son pays. Cette partie n’est pas mieux 
soignée que les autres; cependant elle a beaucoup influé sur les siè¬ 
cles suivans, car c’est là par exemple qu’on a puisé tous les récits 
fabuleux dont les livres sont remplis sur la voracité effrayante 
du glouton et sur le kraken, espèce de polype d’une taille assez 
gigantesque pour avaler des vaisseaux tout entiers. Cet ouvrage, 
qui a été traduit en plusieurs langues, mais qui, chose remar¬ 
quable, ne l’a jamais été en suédois, se compose de vingt-deux 
livres , et porte pour titre : 

Historia de gentibus scpientrionalibus, earumqüe diversis statibus , con- 
ditionibus. moribus, itidem superstilionibus , disciplinis, exercitiis, bellis, 
rebus mirabilibus. Rome , i555, in-fol. - Anvers, i558 , in-8°. - Bâle , 
1567, in-fol.- Francfort, 1618, in-8°. -Trad. en allemand par J. Acha- 
tins, Strasbourg, 1567 , in-8“, ; et par J.-B. Fickler, Bâle, 1567, in-fol. 
- en hollandais, Amsterdam, i665, in-8°.-en anglais, Londres, i658 , 
in-8°.- en italien, Menise, i56i , in-8°.; Ibid. i56q, in-fol. (j.) 

MAGON, de Carthage, où il revêtit des charges impor¬ 
tantes durant la paix et durant la guerre, avait écrit, en langue 
punique, vingt-huit livres sur l’agriculture, que Denys d’Uti- 
quc traduisit en grec, et dont Diophanes de Bithynie fit un 
extrait en six livres , mais qui sont perdus aujourd’hui. 

On trouve, sous le même nom, quelques articles de vétéri¬ 
naire dans l’ouvragé intitulé : Tw i’Z'jux.Tfuâv [ïi&hici <f va. 

(*•)- 

MAHON (Paue-Augustin-Oliviee), né k Chartres le 6 
avril 1762, d’un médecin très-lettré, vint k Paris se faire 
agréger k la Faculté de cette ville, après avoir étudié sous son 
père. La Société royale' de médecine l’admit dans son sein. 
Après la révolution, il fut nommé médecin en chef de l’hospice 
des Vénériens, puis professeur de médecine légale et d’histoire de 
lamédecinek l’Ecole de santé ent794.0n cherche en vain parmi 
les sciences innombrables qui sont professées aux écoles de mé¬ 
decine de France, la science si importante de l’histoire de la 
médecine , dont la propagation pourrait seule faire naître dans 
notre pays le goût de l’érudition médicale qui s’y est éteint 
sous le règne absurde de l’ancienne Faculté de médecine de 
Paris, Faculté bien singulière, puisqu’en quelque sorte elle 
était sans professeurs. Le 16 mars 1801, Mahon mourut d’une 




Mail i 5 7 - 

inflammation de poitrine, h peine âgé de quarante-liùit ans. Ses 
ouvrages, assez peu estimés, quoiqu’ils ne soient pas dépour¬ 
vus de philosophie, sont : 

Médecine légale et police médicale. Paris, 1802 ,3 vol. in-8°. 

Ouvrage posthume, publié avec quelques notes par M. Fautrel; il a 
été long-temps le seul manuel des élèves qui, après l’avoir lu, atten¬ 
daient avec plus d’impatience l’ouvrage depuis trop long-temps promis 
par le professeur Chaussier. La médecine légale de M. Fodéré et celle 
de M. Orfila dispensent complètement aujourd’hui déliré celle de Mahon,, 
qui est à la fois prolixe et trop courte. 

Histoire de la médecine clinique depuis son origine jusqu'à nos jours , 
et recherches sur L’existence, la nature et la communication des maladies 
syphilitiques dans les femmes enceintes, les nouveau-nés et les nourrices. 
Paris, 1804, in-8°. 

Ouvrage posthume, publié avec des additions par Lamauve. On y voit 
que l’auteur avait conçu les obligations d’ùn professeur qui n’est pas seu¬ 
lement appelé à faire des cours, et d’un médecin d’hôpital qui n’est pas 
seulement appelé à faire chaque matin des prescriptions banales avec 
la routine d’un infirmier. 

Mahon a traduit de l’anglais les Observations médicales et politiques. 
sur la petite-vérole, et sur les avantages et les inconvéniens d'une ino¬ 
culation générale de G. Black (Paris, 178S, in-12) ; il a traduit du 
latin, ou plutôt il a mis son nom en tête d’une mauvaise traduction du 
Ratio médendi, des Aphorismes et d’une Dissertation de Stoll sur la 
matière medicale (Paris, 1801 ,4 vol, in-8°. ). Il était collaborateur de 
l’Encyclopédie par ordre de matières. ■ ( f.-g. boisseau ) 

MAILLET (Benoît de), né à Saint-Mihiel, le i2avril i656, 
et mort à Marseille le 3o janvier iq38, s’est fait connaître par 
une Description de l’Egypte qu’on lit encore avec plaisir, mal¬ 
gré les précieux documens recueillis par la commission fran¬ 
çaise et les voyageurs modernes. Il mérite une petite place dans 
ce Dictionaire, comme inventeur d’un système dé cosmologie, 
dontBuffon a adopté quelques parties, en les étayant de nou¬ 
velles preuves. Maillet suppose que lé globe fut d’abord cou¬ 
vert d’eau en totalité, que le liquide diminua peu à peu, la 
terre s’étant rapprochée du soleil , que toutes les espèces d’ani¬ 
maux qui la couvrent sont sorties du sein de la mer, et qu’il 
viendra une époque où les eaux étant tout à fait évaporées, le 
globe sera détruit par un embrasement universel. Il ÿ a du 
vrai dans ce système, mais l’ensemble en est absurde. Maillet 
s’étaya sans critique de tous les faits, vrais ou supposés, de 
tous les récils, fabuleux ou véridiques, qu’il put recueillir dans 
les compilateurs anciens et modernes. Voltaire l’a tourné plus 
d’une fois en ridicule ; mais, pour être plaisantes, ses attaques 
ne portent pas toujours juste; car, dans la géologie, comme en 
général dans toute la physique, il n’a su mettre que de l’esprit, 
qui perd tout son piquant lorsqu’il n’a pas pour appui une 
connaissance exacte et positive des choses. L’ouvrage de Mail¬ 
let est intitulé : 



rS8 MA IM 

Telliamed, on entretiens d'un philosophe indien avec un missionnaire: 
Amsterdam, 1748, in-8°. - Paris, 1768, 2 vol. in-12. 

II est divisé en six dialogues, et dédié à Cyrano de Bergerac. Tellia¬ 
med est L’anagramme du nom de l’auteur. (i.) 

MAIMONIDE, ou Moïse fils de Maimon, le plus célèbre 
rabbin qu’aient eu les Juifs, qui le regardent avec raison comme 
le premier écrivain de leur nation, et qui ne parlent de lui qu’avec 
enthousiasme, en lui donnant les surnoms de lampe d’Israël, 
lumière de l’orient et de F occident, grand aigle , docteur de justice, 
sage accompli, etc., naquit k Cordoue, en ii3i, n36 ou n3g, 
car les avis sont partagés à cet égard. Il étudia sous les plus 
habiles maîtres, en particulier sous Ibn Tophail et Averrhoës, 
à qui ses heureuses dispositions le rendirent cher, et qui l’ini¬ 
tièrent dans tous les mystères de la philosophie et de la méde¬ 
cine. Lorsqu’Averrhoës, disgrâcié par le souverain de-Cordoüe, 
fut réduit à se cacher, Maimonide, qui seul était dans le secret 
de sa retraite, quitta l’Espagne pour ne pas succomber à la ten¬ 
tation de le révéler, donnant en cela une preuve, sinon de ca-, 
ractère et de force d’ame, au moins de prudence et de sagesse. 
Il se rendit en Egypté, où, après avoir fait le commerce pen¬ 
dant quelque temps, il exerça l’art de guérir avec tant de ré¬ 
putation, qu’il parvint à la place de premier médecin du sultan 
Saladin, à la cour des deux successeurs duquel il sut conserver 
ce poste. Sa mort eut lieu en 120g, année qui fut nommée, 
dans les annales hébraïques, une année de lamentation. L’exer¬ 
cice de la médecine ne l’empêcha pas de cultiver les autres 
sciences, en particulier les mathématiques, la philosophie et 
la théologie. On le trouve souvent désigné sous les.noms de 
Moïse l’Egyptien, Moïse de Cordoue et Rambam : ce dernier 
mot est composé des lettres initiales de son nom entier, Rabbi 
Moïse, fils de Maimon. Nous passons sous silence tous ceux de 
ses écrits qui n’ont pas rapport* a l’art de guérir, quoique ce 
soient précisément les plus célèbres, notamment son abrégé du 
Talmud, et un autre Traité destiné k expliquer comment on 
doit entendre les locutions de l’Ecriture-Sainte qui s’éloignent 
de l’usage ordinaire, et qui ne sont pas susceptibles du sens lit¬ 
téral. Ce dernier alluma le feu de' la discorde entre les syna¬ 
gogues de France, et fit naître uu schisme qui dura quarante 
ans. Les ouvrages de Maimonide sur la médecine furent com¬ 
posés en arabe et traduits ensuite en hébreu , mais ils n’ont été 
publiés dans aucune de ces deux langues ; on n’en connaît que 
des versions latines, intitulées : 

Aphorismi secundum doctrinam Galeni, medicorum principes. Bo¬ 
logne, 1489 , in-4°.-Bâle , 1679, in-8°. 

Tractatus de regimine sanitatis ad Saldanum regem. Venise , i 5 i 4 , 
in-fbl. - Augsbourg, i5i8, in-4°. - Venise , i52t, jn-fol.-Lyon, i535. 



MA IR i 5 g 

MAIOLO (Laurent), né à Asti, exerçait la médecine avec 
succès à Gênes, où il termina sa carrière en i 5 og, après avoir 
enseigné à Padoue, Pavie et Ferrare. Il fut l’un des maîtres du 
célèbre Jean Pic de la Mirandole. La langue grecque lui était 
très-familière. On a de lui : 

Êpifilides, hoc est opusculum deformâ syllogisticâ antiquorum, et de 
conversione propositionum secundum peripateticos. Venise, 1697 , in-4 0 . 

De gradibus medicinarum. Venise, i 497 1 i n ' 4 °- (z.) 

MAIRAN ( Jean-Jacques-Dortous de), physicien distingué', 
naquit à Béziers en 1678, et fit ses étudesà Toulouse. Au sortir 
du collège, il vint passer quatre ans à Paris, où il s’appliqua 
spécialement aux mathématiques et à la physique. De retour 
dans sa ville natale, il continua de se consacrer à ces deux; 
sciences. L’Académie l’admit parmi ses membres en 1718. Après' 
avoir visité les principaux ports de là Méditerranée, afin de' 
remplir la mission qu’on lui avait confiée en iy*i de donner 
une nouvelle méthode, pour le jaugeage des navires', qui pré¬ 
vînt les plaintes des marchands, il s’arrêta quelque temps dans 
sa patrie, et y jeta les fondemens d’une académie dont le rof 
approuva les statuts. Prévenu à Paris , il reprit ses travaux avec 
une nouvelle ardeur, et prouva l’étendue etia variété de ses con¬ 
naissances, en publiant de nombreux mémoires sur diverses ques¬ 
tions d’astronomie, de géométrie, de physique et d’histoire 
naturelle. A la mort de Fontenelle en 17/jo, il fut nommé 
secrétaire de l’Académie ; dans cette place, dont il Se démit au 
bout de trois ans, il sut se distinguer sans copier son prédéces¬ 
seurs, et les éloges historiques qu’il a composés se font remar¬ 
quer par un grand talent pour caractériser chaque personnage, 
apprécier son mérite,, et le faire valoir sans dissimuler ses dé¬ 
fauts. Un rhume qui dégénéra en fluxion dé poitrine , l’enïevk 
le 10 février 1771. Parmi ses nombreuses productions, nous niés 
citérons qu’un mémoire sur la cause du froid et du chaud, in¬ 
séré dans le recueil de l’Académie, et les opuscules qui ont 
pour litres : 

Dissertation sur les variations du baromètre. Béziers, 1715 , in-8°. 

Mairan les attribue aux vents, dont la vitesse et la direction/ font va¬ 
rier la pesanteur relative de l’atmosphère. C’était la théorie de Halley. 
Hartsoeker attaqua l’auteur , qui lui répondit dans le Journal des sarans. 
t Dissertation sur la glace , ou Explication physique dé là formation de 
la glace et dé ses divers phénomènes. Bordeaux , 1716, in-8°. - Béziers , 
1717 , in-8°. - Paris, 1787, ia-8°. - Ibid. 1749,in-8 , .-Trad. en allemand, 
LéipzicK, 175?, in-8°. 

Mairan décrit parfaitement bien les phénomènes dé la congélation de 
l'eau, mais il les explique par les principes du cartésianisme, qui domi¬ 
naient alors en France. 

Traité physique et historique de Vaurore boréale. Paris, *7$.1, in- 4 °. 

-Ibid. 1754, in- 4 °. 


ifîo MA JO 

Çe phénomène, regardé aujourd’hui comme électrique, était attribué 
par Mairan à une atmosphère lumineuse par elle-même, ou éclairée par 
le soleil, qui entoure cet astre en manière de sphéroïde lenticulaire aplati. 

Eloges des académiciens de VAcadémie royale des sciences. Paris, 

^Les médecins distingueront dans ce recueil les éloges de Petit, Halley, 
Boulduo et Lernéry. " ( J.), 

MAITREJEAN (Antoine), célèbre oculiste, naquit àMéry-- 
Sur-Seine, vers le milieu du dix-septième siecle. Il suivit pen¬ 
dant plusieurs années les cours, de Dionis et la pratique du 
savant Me'rj, avec lequel il conserva une correspondance fort, 
active et des relations d’amitié. Retiré dans sa province, Maître- 
jean y acquit bientôt la réputation d'un chirurgien habile et 
surtout d’un oculiste, fort exercé j il envoya plusieurs observa¬ 
tions à l’Académie dés sciences de Paris, dont il fut nommé 
correspondant. Il obtint aussi le titre de chirurgien du roi. Ce. 
praticien laborieux doit être considéré comme un des fonda¬ 
teurs de la chirurgie oculaire en France. Observateur exact 
autant qu’éclairé, il ne se borna pas à décrire les maladies des 
yeux comme on l’avait fait avant lui, il introduisit un ordre 
plus méthodique dans la classification de ces maladies, et en. 
distingua plusieurs que l’on avait jusque-là confondues avec 
d’autres. Ses observations sur le véritable siège delà cataracte 
datent de 1682. Maîtrejean a, le premier, traité de la cataracte, 
laiteuse et de la manière de diriger l’aiguille pour l’abaisser. 
Il introduisit un esprit de critique inconnu jusque-là dans l’ex¬ 
position des opérations que l’on peut pratiquer sur l'oeil, et 
bien qu’il n’ait pas toujours raison dans les objections opposées 
à plusieurs d’entre elles, les discussions auxquelles il s’es't 
livré à ce sujet ne sont jamais dépourvues d’intérêt. Enfin, on 
lui doit une description fort bonne, pour l’époque, des diverses 
parties qui composent l’organe de la vision. 

Indépendamment de l’Histoire d’un monstre fort singulier, 
et de l’Observation d’un polype volumineux des fosses nasales, 
qui sont insérées dans les Mémoires de l’Académie des sciences 
pour 1703 et 1704, on a de Maîtrejean les ouvrages suivans : 


Trahi des maladies de T œil et des remèdes propres pour leur guérison. 
Troye, 1707, in-4°. - Paris , 1722, in-12. - Ibid. 174* , in-12. 

Cet ouvrage a été traduit en flamand, I.eyde, 1714, in-4°. ; et de là en 
allemand, Nuremberg, 1725 , in.8°. 

Observations sur la formation du poulet. Paris, 1722, in-12, avec un 
grand nombre de figures dessinées par l’auteur. 

Ce livre contient une description fort exacte des transformations que 
subissent graduellement toutes les parties de l’œuf, pendant la durée de 
l’incubation . ( l.-j. bégin) 


MAJOR (Jean-Daniel), habile médecin et savant anti¬ 
quaire, naquit à Breslau le 16 août 1634. Il fit ses premières 



JVL A! JO 161 

études à Wittemberg, passa ensuite à Léipzick, et fit un 
voyage en Italie, où il prit le grade de docteur, en 1660, à 
l’Université de Padoue. De retour en Allemagne, il se fixa 
d’abord à Wittemberg, et y épousa la fille de Sennert; mais 
ayant perdu sa femme après quelques mois de mariage, le cha¬ 
grin qu’il en conçut lui rendit le séjour de cette ville odieux, 
en sorte qu’il se rendit à Hambourg, où il fut nommé médecin 
des épidémies. Les succès de sa pratique ne tardèrent pas à lui 
procurer une réputation fort étendue; car, dès l’année suivante, 
l’Université nouvellement établie à Kiel lui confia la chaire 
de médecine, avec l’inspection du jardiu de botanique. Ayant 
été appelé en 1693 à Stockholm pour donner des soins à la 
reine de Suède, il tomba malade en arrivant dans cette ville, 
et succomba le 3 juillet. L’Académie des Curieux de la nature 
l’avait admis parmi ses membres, sous le nom d ’Hesperus. 
Il a laissé un grand nombre d’ouvrages , quoiqu’il n’ait pas pu¬ 
blié à beaucoup près tous ceux qu’il avait annoncés. Ces ou¬ 
vrages dénotent un homme plus habile à se vanter que savant, 
et aucun ne justifie la réputation dont il a joui. Nous ne cite¬ 
rons que ceux qui ont trait à la médecine, laissant de côté 
tous les écrits qui se rapportent à l’archéologie ou à la numis¬ 
matique : 



Dissertatio deforlunâ medici. Kiel, 1666, in-4°. 

Dissertatio de dysenteriâ. Kiel, 1666, in-4°. 

Jiissertatio defebre arûficiali. Kiel, i666,in-4°. 

Historia anatomes Kiloniensis primœ. Kiel, i6()6, in-fol. 

Programma quo anatomen cygni indicat. Kiel, 1666, in-4 0 . 
Programma quo ad oculi declarationem atiatomicam invitât. Kiel, 1667, 

Programma ad rei herbarice cupidos. Accessere Theophili Kcntmanni 
tabuler locum et tempus colligendarum stirpium exprimantes. Kiel, 1667, 

Occasus et regressus chirurgiœ infusoriœ. Gotha, 1667 , in-4°. 
Appendix zum scripto: Occasus et regressus chirurgiœ infusoriœ. Kiel, 
1667, in-4°. 

Chirurgia infusoria placidis cl. virorum dubiis impugnata cum modestcl 
ad eadem responsione. Kiel, 1667, in-4 0 . 

Disserlatio de cancris et setpentibus petrefaclis. Iéna, 1667, in-8°. 


Âmerikanische Schulpe ïn Brasilien, Coati, ein sehr artiges Thier 
zur kuenfùgen Anatomie willen beschrieben. Kiel, 1668, in-4°* ' 

Memoria initiati horli medici. Kiel, 1669, in-4°. 

On y trouve une courte histoire des autres jardins de botanique de 

Memoriale anatomicum. Kiel, 1669, ' n " 4 °- 

Deliciœ hybernœ sive inventa tria nova medica. Kiel, 1669, in-fol. 

Cet opuscule roule sur la transplantation des maladies, la transfusion, 
et l’application du feu sur la tête pour la guérison de plusieurs maladies. 

Memoriale anatomico-miscellaneum. Kiel, 1669, in-4°. 

Consideratio physiologica occurrentium quorumdam in nuper editis 
■ epistolis daabus F.-J. Burrhi de cerebro et oculis. Kiel, 166g , in-4°. 

Collegium medicüm curiosum. Kiel, 1670, in-4°. 

Dissertatio de clysteribus veterum et novis. Kiel,.1670, in-4°. 

Disserlatio de ultimo totius medicinœ ejjicacis termino. Kiel, 1670, in-4°. 

Dissertatio de moderamine conspiralionis summo ac ultimo totius effi- 
cacis medicinœ termino. Kiel, 1671 , in-4°. 

Medicinœ biblicœ à se duobus voluminibus tabularum edendœ summa- 
rium. Kiel, 1672, in-4». 

Dissertatio de purpura. Kiel, 1673, in-4°. 

Dissertatio de usu et abusu mercurii in lue venereâ. Kiel, 1673, in-4°. 

Dissertatio de amaurosi vel guttâ serenâ. Kiel, 1673, in-4°. 

Dissertatio de tactis fulmine. Kiel, 1673, in-4 0 . 

Dissertatio ad locum Hippocratis l. de ajfcctionibus, de interrogandis 
œgris. Kiel, 1673, in-4 0 . 

De sanguine prodromus. Kiel, i6^3 , in-4°. 

Catalogue planlarum quorum menlio fit in VF. Rolfink. I. 2. de vege- 
tabilibus in gratiam prœlectionum. Kiel, 1673, in-4°. s 

Fabii Coîumnœ opusculum de purpura. Kiel, 1675, in-4°. 

Scholion anatomicum in textum quemdam Justiniani in prodromo Ins- 
litutionum. Kiel, 1675, in-4°. 

Dissertatio de œrumnis gigantum in negotio sanitatis. Kiel, 1676, in-4». 
-Ibid. 1G89, in-4». 

Genius èrrans , sert deingeniorum in scientiis abusu, Kiel, 1677,50-4°. 

Dissertatio de malaciâ. Kiel, 1677 , in-4°. 


MALA 


i63 


Medicinœ practicœ tabules sciagraphicœ XXVII. Kiel, 1677, m-4°. 
De concipiendâ anatome nova Ireve consilium. Kiel, 1677, in-4 0 . 
Quœsiiones varice , imprimis de podagrâ . Kiel, 1679, i n "4°- 
Gratulalio ad Sebastianum Schefferum cum adhortatione ad Conrin- 
gianam artis medicœ introductionem iterato edendam. Kiel, 1679, in-4°* 
Memoria Sachsiana. Kiel, 1679, in-4°. 

Disserlatio de investis à se ïhermis artificialibus succinatis. Kiel, 1680, 

Dissertatio de mota et sensu abolito in qffectionibus soporosis. Kiel, 
ï68o, in-4 0 ' 

Dissertatio de petechiis. Kiel, 1781, in-4 0 ' 

Serapis radiatui œgyptiorum deus ex métallo et gemmâ. Kiel, i685, 

in-4°* 

Dissertatio de moribondorum regimine et de rectè fèrendis vulnerum 
judiciis. Kiel, i685, in-4°. 

Dissertatio de atrophiâ. Kiel, i685, in*4°. 

Aurea catena Homeri. Kiel, i685, in-4 0 . 

Programma ad collegium anatomicum de oculo humano, ckamœleontis, 
noctuœ et aliorum animalium. Kiel, 1690, in-4°- 

Thesium anatomicarum ex circulations sanguinis depromturum fasci- 
culi I et II. Kiel, 1691, in-4 0 . 

Dissertatio de catameniorum suppressions. Kiel* 1693, in-4°. 

(A.-J.-U J.) 


MALAVAL (Jean), né S Lezau le 1 mars 1669, et mort 
à Paris le 16 juillet 1758, était protestant. Arrivé dans la ca¬ 
pitale, afin d’y perfectionner les connaissances qu’il avait ac¬ 
quises dans la province, le hasard le fit loger près du médecin 
Hecquet. Celui-ci entreprit bientôt la conversion du jeune hé¬ 
rétique , et le fit renoncer enfin à la religion de ses pères. Placé 
chez le vieux Ledran, par son nouveau protecteur, Malaval se 
livra au travail avec persévérance, et fut reçu à Saint-Côme 
en 1701. Nommé chirurgien ordinaire du roi au parlement, 
en 1721, et, en 1724' UQ des cinq démonstrateurs royaux qui 
furent établis à Saiut-Gôme, il devint membre de l’Académie 
royale de chirurgie, et y remplit successivement les fonctions 
de vice-directeur, de directeur et de trésorier. Cette dernière 
place lui fut conférée parce qu’il venait d’être pourvu du titre ■ 
de lieutenant du premier chirurgien du roi. Sans mériter d’être 
placé sur la première ligne parmi les chirurgiens célèbres qui 
honoraient la France à l’époque où il vécut, Malaval peut être 
considéré comme un praticien sage et judicieux, qui observait 
avec attention et ne se dirigeait que d’après les faits. 11 avait 
excellé dans l’exécution des opérations qui forment le domaine 
de la petite chirurgie. Personne ne saignait aussi bien que lui, 
et à Saint-Côme, il était chargé de la démonstration des opé¬ 
rations de ce genre. 11 est difficile de découvrir, dans ces lalens, 
des titres suffisans pour expliquer la haute fortune chirurgicale 
à laquelleilparvint. il se distingua toutefois par un zèle ardent 
pour l’art qu’il cultivait. Ce chirurgien n’a laissé aucun ou- - 1 
vrage; ou trouve seulement de lui, dans les Mémoires de l’Aca- 



*64 MALO 

demie royale de chirurgie, plusieurs Observations sur les plaies 
de la tête avec dénudation des os du crâne 5 il décrivit aussi avec 
exactitude une hernie du trou ovalaire, et une hydropisie ab¬ 
dominale compliquée de squirres énormes aux deux ovaires ; 
enfin, il démontra, par des faits assez intéressans, que le mer¬ 
cure ne convient presque jamais dans le traitement des affec¬ 
tions cancéreuses. (l.-j, bégih) 

MALOET (Pierre), né à Clermont , en Auvergne, fut reçu 
•docteur à la Faculté de médecine de Paris en 1720. Nommé 
médecin des Invalides et membre de l’Académie des sciences 
•en 17125, il acquit bientôt la réputation d’un praticien habile 
et d’un observateur judicieux. Sa mort eut lieu en 1742. On a 
de lui t 

Explication du mouvement des lèvres; 

Dans les Mémoires de l’Académie des sciences de Paris pour 1727. 

Sur une espèce d’ankylosé accompagnée de circonstances singulières ; 

Dans les Mémoires <ïe l’Académie des sciences de Paris pour 1728. 

Observations sur deux hydropisies enkystées du poumon accompagnées 
de celle du foie ; 

Dans les Mémoires de l’Académie des sciences de Paris pour 1732. 

Sur un anévrisme dé l’artère sous-clavière droite vidé par la louche ; 

Dans les Mémoires de l’Académie des sciences de Paris pour 1733. 

Sur laction par laquelle les en/ans tètent ; 

Dans les Mémoires de l’Académie des sciences de Paris pour 1733. 

Ce praticien prit part, dans l’écrit suivant, à la querelle scandaleuse 
-qui s’était élevée entre les médecins et les chirurgiens. 

Chirurgia non est medicinâ certior. Paris, 1736, in-4°. 

(l.-j. bégin) 

MALOET (Pierre-Louis-Marie), fils du précédent, naquit 
k Paris en 1780, et fut reçu docteur en médecine à la Faculté 
de cette ville en 175a. Une épidémie ravageait la marine de 
Brest, en 17585 Maloet y fut envoyé, et y déploya ce zèle, 
ces talens et ce courage dont tant de médecins Irançais ont 
donné des preuves dans des circonstances semblables. Au retour 
de sa mission, il fut nommé professeur de physiologie et de 
matière médicale à Paris, et médecin de la Charité. Il devint, 
en 1773, inspecteur des hôpitaux militaires, conseiller du roi, 
et médecin de mesdames Adélaïde et Victoire, qu’il accom¬ 
pagna k Rome en 1795. Maloet fut porté sur la liste des- émi¬ 
grés, et perdit ses biens. Rentré pauvre en France, après 
avoir secouru Gênes, que désolait une épidémie meurtrière, il 
reçut de ses confrères les marques du plus vif intérêt, Bergeret 
surtout, qui avait contribué k sauver sa bibliothèque, lui céda 
son logement, et ne cessa de lui prodiguer les témoignages 
de la plus tendre amitié. Maloet avait été nommé l’un des 
quatre médecins consultans de Napoléon, et il se livrait avec 
ardeur k l’exercice de la médecine, lorsqu’il fut frappé, le 22 




MALO i65 

août 1810, d’une attaque d’apoplexie qui le fit rapidement 
succomber. Bergeret ne cessa de le pleurer, et l’auteur de cet 
article, à qui ce chirurgien habile accordait quelque amitié, 
lui entendait parler chaque jour des talens et des excellentes 
qualités de Maloet. Qu’il nie soit permis d’ajouter que Berge¬ 
ret était auteur d’un système nouveau de nomenclature botani¬ 
que, fort ingénieux, quoique assez bizarre dans les résultats. 
Il mourut, en 1812, à la suite d’une opération de la taille 
qu’on lui pratiquait pour la seconde fois. On a de Maloet les 
ouvrages suivans : 



MALOUIN (Chables), né à Caen, en 1695, fit de très- 
bonnes études dans celle ville, et, après avoir terminé son- 
cours de philosophie, s’adonna entièrement à la médecine, 
vers laquelle l’entraînait un goût décidé. A peine eut-il obtenu 
le bonnet doctoral, qu’il vint à Paris dans le dessein de se 
perfectionner, mais une mort prématurée l’enleva, en 1718, 

- au moment où il allait se mettre sur les rangs pour disputer une 
chaire de langue grecque vacante à Caen. On a de lui : 

De vero et inaudùo arti/ïcio quo moveritur solidà, unaque de cardis 
et cerebri motu. Caen , 1715, m-4'’.-Trad. en français par l’auteur, et 
publié par Jacques-Laurent Malouin, Paris, 1718, in-13; Ibid. 17.5&, 
in-12. ' (oO 

MALOUIN ( Paul - Jacques ) , professeur de médecine au 
College royal de France et de chimie au Jardin du roi, naquit 
à Caen en 1701. Son père, qui lui destinait sa charge de con¬ 
seiller au présidial de cette ville , l’envoya k Paris peur étudier 
la jurisprudence ; mais le jeune Malouin, qu’un penchant irré¬ 
sistible entraînait vers l’étude de la médecine, prit, à l’insu de 
ses parens, le bonnet de docteur au lieu du grade de licencié. 
Après avoir passé quelques années dans sa ville natale, il re¬ 
vint à Paris, où ses talens comme médecin et ses connaissances 
comme chimiste ne tardèrent pas à lui acquérir une grande 
réputation. C’est en celte dernière qualité qu’en 1742 il’ fut reçu 
de l’Académie royale des sciences. En 1753, il fut chargé de 
déterminer les moyens à opposer à une épizootie qui régnait 
alors aux environs de Paris; les conseils qu’il donna- et le zèl'e 
qu’il déploya dans cette circonstance, eurent tout le succès 
qu’on pouvait en attendre; en peu de temps les progrès-de la 
maladie avaient cessé..Malouin était instruit, laborieux, doué 
d’un cœur excellent, il exerçait sa profession avec conscience 
et ne pouvait souffrir qu’on se permit de plaisanteries sur la- 



166 MA LP 

médecine et' les médecins, il était intraitable sur ce point; on 
rapporte qu’une personne avec laquelle il s’était fâché à ce 
sujet tomba malade, il fut la trouver et lui dit ; Je sais que 
vous êtes malade et que Von vous traite mal , je suis venu , je 
vous hais , je vous guérirai et je ne vous verrai plus. Ce qu’il 
fit en effet. 11 pensait que c’était le propre d’un esprit élevé 
de ne jamais mal parler de la médecine, il 6e plaisait à citer 
Fontanelle et Voltaire, comme ayant toujours eu du respect 
pour cet art; et quand on lui opposait l’exemple de Molière, 
il répondait, voyez aussi comme il est mort. Malouin aimait à 
retrouver dans ses malades cette confiance sans borne qu’il 
avait en la médecine , et l’obéissance qu’ils montraient à suivre 
ses ordonnances, leur gagnait toute son estime. Ce médecin 
avait.très-bien senti l’importance de-l’hygiène, lui-même en 
observait rigoureusement les préceptes, et parvint à l’âge de 
soixante et aix^sept ans sans aucune infirmité. 11 mourut, le 3 
janvier 1778, d’une attaque d’apoplexie. On a de lui : 



MALPIGH1 (Marcel), un des hommes qui ont contribué 
le plus à illustrer l’Italie moderne, naquit à Crevalcuore, dans 
le Bolonais sur les confins du Modénois, le 10 mars 1628. A 
peine ayait-il terminé ses premières études, dans le cours des^ 
quelles ii s’était distingué, qu’il perdit ses parens. Incertain 
d’abord sur la carrière qu’il devait embrasser, il se décida pour 
la médecine, d’après les conseils de Natalis, son, maître de phi¬ 
losophie. Il suivit donc les cours de la Faculté de Bologne, 
notamment ceux de Massaria et de Santo, et fit de si grands 
et si rapides progrès qu’il obtint le grade de docteur en i653. 
Sa thèse fut remarquable en ce que, bravant le respect servile 
qu’on portait encore aux Arabes , il qsa s’y montrer grand, part 




BJA.LP i&] 

lisan d’Hippocrate. Nommé professeur en 165(5, il fut appelé 
à Pise, la même année, par le grand-duc de Toscane, Ferdi- 
nant n, pour y enseigner la médecine théorique. Dans cette 
ville, il se lia d’une étroite amitié avec Borelli, aux sages con¬ 
seils duquel il avoue modestement devoir tout ce qu’il a fait 
d’utile et d’honorable en physique. Ce futen effet, Borelli, 
qui le dégoûta des subtilités de la scolastique-, et qui lui fit 
sentir l’immense supériorité de la méthode expérimentale sur 
le dogmatisme pur et exclusif, au-dessus duquel peu d’esprits 
savaient alors s’élever. 

La reconnaissance et l’amitié attachaient Malpighi à Pise; 
mais l’air de celle ville était contraire à sa santé, et il fut-con¬ 
traint de- retourner à Bologne en 1660. Là, il s’appliqua en¬ 
tièrement à l’anatomie. L’une de ses premières découvertes fut 
que la structure des poumons différait beaucoup de la descrip¬ 
tion qu’on en donnait. Au lieu d’un simple parenchyme, ou 
tissu particulier, il crut voir dans ces organes un assemblage 
de membranes qui forment, parleur réunion, différentes loges 
semblables aux rayons d’une ruche, communiquant entr’elles , 
se terminant à Une membrane commune, dans l’intérieur des¬ 
quelles s’ouvrent les extrémités des bronches, et dont la sur¬ 
face est couverte par un lacis des veines et des artères du pou¬ 
mon, Quoique grossières encore, ces observations étaient exactes, 
quant au fond; cependant elles furent négligées par les anato¬ 
mistes jusqu’à des temps très-rapprochés de nous, où M. Reis- 
seisen, détruisant l’hypothèse d’Helvétius, établît irrévocable¬ 
ment que les poumons ne sont autre chose qu’une extension de 
la trachée artère, laquelle se partage en branches, dont le ca¬ 
libre diminue à mesure que leur nombre augmente, et qui, 
après s’être dépouillées par degrés de leur enveloppe cartilagi¬ 
neuse, deviennent de simples canaux membraneux terminés 
en cul-de-sac, sans se renfler, comme le croyait Malpighi, 
ni se convertir en tissu cellulaire, comme on l’avait admis, 
ensuite. 

Malpighi publia ses recherches sur le poumon en 1661. Elles, 
furent reçues avec applaudissement. Cependant quelques ana ¬ 
tomistes, par une jalousie maligue, tentèrent de lui en ravii- 
l’honneur, et d’en attribuer la gloire à d’autres. Malpighi, dans 
ses œuvres posthumes, répond à leurs objections, et ajoute 
qu’on peut comparer les inventeurs des choses aux fondateurs 
des vilîes;à proprement parler, ce n’est pas celui' qui a ramassé 
au hasard quelques misérables habitans, qui doit passer poul¬ 
ie fondateur d’une cité, c’est plutôt celui qui a dicté des lois à 
ces mêmes hommes, et qui les a réduits sous une certaine forme- 
de gouvernement. 11 en est de m me dans les arts et les sciences; 
une seule observation, faite à l'aventure-, ne- suffit pas pour 



iG8 MAL P 

immortaliser le nom de celui qui s’y est trouve' conduit à l’im- 
proviste ; mais il faut des recherches positives et approfondies, 
sur lesquelles on puisse établir une série de raisonnemens et de 
conséquences, autrement Harvey ne serait pas l’inventeur de 
la circulation du sang, parce que ce grand phénomène avait 
été entrevu ou soupçonné avant lpi. 

Au reste , Malpighi ne se borna pas à l’anatomie du poumon; 
il rechercha aussi les usages de cet organe, qui sert, suivant 
lui, à assimiler certaines parties du sang entr’elles et à diviser 
celles qui sont trop réunies ; il comparait les effets de l’air sur 
le sang à l’action des mains d’un boulanger, qui pétrit la fa¬ 
rine et en forme une masse de pâte homogène ; cet air pénètre 
dans les vésicules du poumon, il les dilate, et les vaisseaux 
qui rampent sur leur surface extérieure sont agités, d’où s’en¬ 
suit un mélange plus exact du sang qu’ils contiennent. Quelque 
mécanique que soit celte théorie, elle ne plut pas à Borelli, 
qui la réfuta. Cependant Malpighi y demeura fidèle. Dans une 
seconde lettre à son ami, il décrivit l’anastomose des veines 
avec les artères pulmonaires, qu’il avait cru entrevoir, et d’après 
laquelle il admit, par analogie, une connexion semblable entre 
les deux ordres de vaisseaux, dans toutes les autres parties du 
corps. M. Reisseisen admet aussi cette anastomose, qui nous 
paraît loin d’être démontrée, puisqu’on,avoue que les injec¬ 
tions passent plus facilement des vaisseaux artériels ou vei¬ 
neux dans les bronches, que d’un ordre de vaisseaux dans 
l’autre, et que les fluides colorés se dépouillent de leur matière 
colorante dans ce passage. 

En 1662, Malpighi accepta la chaire que la mort de Pierre 
Castelli laissait vacante à Messine. Après l’avoir remplie pen¬ 
dant quatre ans, fatigué des persécutions que lui suscitaient les 
partisans des Arabes et du galénisme, il résista à toutes les ins¬ 
tances quele sénat lui fit pour l’engager à prolonger son séjour en 
Sicile, et revint à Bologne, dans l’intention de continuer ses 
recherches et ses expériences anatomiques. Depuis lors, chaque 
année de sa vie fut marquée par quelque découverte dans les 
secrets de la nature. L’ostéogénie, la texture interne du cer¬ 
veau, du rein et de la rate, la disposition du tissu adipeux, 
celle des fibres de la substance médullaire du cerveau, la for¬ 
mation du poulet dans l’oeuf, et autres objets importans, tels 
furent les principaux points qui fixèrent son attention. 11 eut 
bien des contradictions à essuyer, et il fut cruellement déchiré 
par ses adversaires ; quelques-uns même se moquèrent de ses 
spéculations, comme de vains amusemens plus propres à délasser 
les oisifs qu’à contribuer aux progrès de la pratique ; c’est en¬ 
core ainsi que raisonnent aujourd’hui ces pauvres esprits qui 
ne voient dans la médecine que l’art d’augmenter quelqu’une 



MA LP 16g 

des excrétions naturelles de l’homme, vrais Purgons, opprobres 
de leur robe, dont il faut désespérer de voir la race s’anéantir, 
puisque le génie de Molière n’a pu leur porter de coup mortel. 
Malpighi, s’il eût vécu de nos jours, n’eût opposé à d’aussi 
faibles adversaires qu’un silence méprisant} mais son siècle lui 
commandait de répondre. On avait été jusqu’à prétendre qu’il 
fallait renoncer à toute tentative pour pénétrer les secrets de 
la nature. Malpighi releva l’absurdité de cette assertion, et fit 
voir que l’anatomie est la pierre fondamentale de la médecine, 
qu’on ne peut sans elle exercer l’art de guérir qu’en aveugle et 
en empirique. 

Malgré ses détracteurs, Malpighi fut apprécié, et son mérite 
recompensé. La Société royale de Londres l’admit au nombre 
de ses membres en 1669, et le cardinal Pignatelli, qui l’avait 
connu à Bologne, pendant sa légation, étant devenu pape, sous 
le nom d’innocent xn, l’appela à Rome en 1691, et le fit son 
premier médecin. Malpighi ne jouit pas long-temps de cette 
place; il mourut le 29 novembre i6g4, d’une attaque d’apo¬ 
plexie. 

Malpighi continua les recherches microscopiques commen¬ 
cées par l’Académie des Lyncées, et les appliqua surtout à 
l’étude de la texture interne des corps organisés. Nous avons 
déjà parlé de quelques-uns de ses plus importans travaux ; nous 
devons encore citer ses observations sur la peau, dont il fit 
bien connaître la structure et la division en plusieurs tuniques ; 
l’une de ces tuniques porte même encore son nom, c’est le 
réseau muqueux de Malpighi, dont le premier il a donné une 
description soignée. Mais, dans la plupart de ses recherches, 
il crut voir de petites glandes, formant en quelque sorte la 
trame des organes, de manière que la théorie qui règne dans 
ses ouvrages et dans les écrits des auteurs qui ont adopté ses 
opinions, est celle que les vaisseaux, dans les organes sécré¬ 
toires, aboutissent tous à une petite vessie ou glande, autour 
de laquelle ils rampent, pour y répandre la liqueur qui y est 
sécrétée, et que de ces glandes naissent de petits vaisseaux ex¬ 
créteurs qui vont porter le liquide au dehors. Çela tenait à ce 
que Malpighi, qui avait fait un si bon usage du microscope, 
ne connaissait pas les injections, ou du moins celles qu’on peut 
faire avec les liqueurs pénétrantes, ce qui l’empêcha de scru¬ 
ter assez avant la structure intime des organes. Sa théorie 
qui fut soutenue par Boerhaave, régna pendant un long espace 
de temps; cependant Ruysch, qui n’avait pas un talent aussi 
remarquable que le sien, l’attaqua presqu’aussitôt qu’elle fut 
née, et réussit à la renverser, parce que celle qu’il y substituait 
avait la vérité pour elle. 

Malpighi doit être considéré, avec Grew, comme le fonda- 



I7 o MALP 

leur de l’anatomie végétale. Il a enrichi cette science d’impor¬ 
tantes observations et découvertes.; mais son faible pour les 
analogies l’entraîna aussi à des erreurs qui se propagèrent sous 
l’aütorité de son nom. C’est ainsi que la comparaison si vicieuse 
entre les trachées des insectes et les vaisseaux spiraux des 
plantes remonte jusqu’à lui. Quoi qu’il en soit, ces defauts 
n’empêchent pas que son traité d’anatomie végétale ne soit 
encore un des meilleurs ouvrages que nous possédions sur cette 
partie si obscure et si difficile de l’histoire des corps organisés. 
Plumier a payé la dette des naturalistes, en lui dédiant un genre 
de plantes ( Malpighia ) de la famille des érables. Les ouvrages 
de ce grand homme ont pour litres ; 


De pulmonibus duce episiolœ, Bologne, ï66i, in-£oL 

Çes lettres, adressées à Borelli, ont été réimprimées par Bartholin. 
avec son traité du poumon (Copenhague, i663, in-8°.). Elles l’ont été 
aussi à Leyde ( 1672 , in-ia) et à Francfort (1678, in-12). On les trouve 
également dans la Bihliothèque de Manget. Les figures sont grossières, 
mais assez exactes. Malpighi fut le premier qui employa le microscope 
pour observer le phénomène de la circulation du sang. 

Exercitatio de çmento, pinguédine et adiposis ductibus, Bologne, 
1661, in-12. 

Cet opuscnle ne renferme que des faits connus, pins quelques erreurs, 
entr’autres celle que les vaisseaux de l’épiploon sont comparables aux 
canaux-excréteurs de Ja salive, et qu’ils portent la graisse daDs les vé- 


Cette lettre est adressée à Fracassati. On y trouve quelques faits que 
les travaux des modernes ont constatés. 

Epistola de linguâ. Bologne, i665 , in-£2. 

Cette lettre est adressée à Borelli-. On connaissait très-mal la langue, 
avant Malpighi, qui décrivit très-bien les papilles de cet organe, mais 
qui ne fut pas aussi heureux pour le tissu charnu. 

Epistola de exlerno tactus organo. Naples, 1664 , in-12. 


MANiA ini 

.( Londres; 1686, 2 vol. in-fol.-Leyde, 1687, a vol. ior 4 9 - )- Il faut 
joindre à cette collection les Opéra posthuma, publiés par Regis (Londres, 
1697, jn-fol.-Venise, 1698, in-fol. - Amsterdam , 1698, in-4 °.-Ibid. 
1700,-in-.j 0 - -Venise, 1743, in-fol. ). ( a.-j.-l. Jourdan ) 

MALUS (Ëtienne-Loijis), né à Paris le 23 juin 1775, fut 
admis par examen, à l’âge dë dix-sept ans , au nombre des élè¬ 
ves de l’école du génie militaire, où il ne tarda pas à être re¬ 
marqué, à cause de ses dispositions peu ordinaires pour les 
mathématiques. Il était sur le point de recevoir uu brevet d’of¬ 
ficier, lorsqu’un ordre ministériel le fit renvoyer comme sus¬ 
pect. Voyant alors la carrière du génie se fermer devant lui, 
et craignant de compromettre sa famille, il entra dans le quin¬ 
zième bataillon de Paris, et fut employé pendant quelque 
temps , comme simple soldat, aux réparations du port de Dun¬ 
kerque j mais l’ingénieur qui dirigeait ces travaux le distingua 
bientôt, et le fit comprendre, en 1793, parmi les jeunes gens 
que le gouvernement avait ordonné de rassembler pour former 
l’école polytechnique. Dans ce bel établissement, qui en France 
sauva les sciences d’une ruine totale, rendue imminente par les 
troubles et les désordres de l’anarchie, Malus se montra le pre¬ 
mier pour l’application, l’intelligence et les connaissances ac¬ 
quises." Peu favorisé du côté de la fortune, il né put se consacrer 
entièrement aux sciences, et rentra dans la carrière du génie. 
D’abord employé à l’armée de Sambre et Meuse , il se trouva 
au passage du Rhin en 1797; ensuite il fit partie de l’expédi¬ 
tion d’Egypte, d’où il revint en 1801. Depuis lors, tout son 
temps fut partagé entre l’inspection des constructions impor¬ 
tantes que le gouvernement lui avait confiées à Anyers et à 
Strasbourg, et la culture des sciences physiques et mathéma¬ 
tiques.. La mort termina prématurément la carrière brillante 
et glorieuse qui s’ouvrait devant lui, le 23 février 1812. La 
plupart des travaux qu’il a exécutés étant étrangers à notre 
objet, nous les passons sous silence : le même motif a dû nous 
faire glisser rapidement sur l’histoire d’un des physiciens dont 
la France moderne s’enorgueillit, mais on eût été en droit de 
nous blâmer, si nous n’eussions au moins rappelé au lecteur les 
principaux traits de la vie de l’homme à qui l’on doit l’une des 
plus importantes découvertes de la physique, celle de la po¬ 
larisation de la lumière, qui lui ouvrit les portes de l’Institut, 
Ct répandit aussitôt son nom dans toute l’Europe. (j.) 

MANARA (Camille), né à Milan le 10 janvier 1602, étu¬ 
dia la médecine à Pavie. Après avoir reçu le bonnet de docteur, 
il revint dans sa ville natale , où il acquit bientôt la réputation 
d’un praticien habile , et mourut le 10 octobre 170g, laissant : 

Pharmacouûci Returliani ad mentem Gabriells Frascati exlraclum, in 



MANARDI (Jean), né àFerrare le 24 juillet 1462, s’appli¬ 
qua de bonne heure à la médecine, et l’enseigna dans sa ville 
natale depuis i43a jusque vers i4g5. A cette époque, il se 
rendit à Mirandole, auprès du célèbre Pic, qu’il aida dans la 
rédaction de son Traité contre l’astrologie judiciaire. En i5o2 , 
il revint à Fer rare, où il passa onze années, au bout desquelles 
Ladislas vx, roi de Hongrie, l’appela à sa cour. Ce prince étant 
mort en i5x6, Manardi, qui ne se vit pas aussi bien accueilli 
par sou successeur, repassa en Italie. A la mort de Leoniceno, 
en 1525, lui seul fut jugé capable de remplir la chaire de ce 
grand praticien, qu’il occupa jusqu’à sa mort, arrivée le 8 
mars i536. Ses contemporains le regardèrent comme un des 
restaurateurs de l’art de guérir. On a de lui : 


_ nne n est pas épidémique, ce qui prouve seulement 
que l’exanthème épidémique appelé mal français avait alors changé de 
nature. Manardi soutient déjà que les anciens avaient connu quelques 
symptômes du mal, mais qu’ils en avaient ignoré l’enchaînement, asser¬ 
tion qui n’a commencé à faire sensation qu’après avoir été émise par 
Freind. Du reste, il dit encore que l’exanthème est le premier accident, 
et constitue, à proprement parler, le mal, quoique celui-ci se commu-. 
nique par le coït. Il parle déjà de l’origine américaine et de l’origine es¬ 
pagnole, ttiais sans paraître croire à l’une plutôt qu’à l’autre. 

In primum artis parias Galeni librum commentarius. Rome, i52& 

in-4 0 . - Bâle, i 536 , in- 4 °. (1.) 

MANCUSI (Joseph), de Palerme, né en i5g8, mort le 9 
mai 1671, enseigna la médecine dans sa ville natale, et fut 
très-recherché comme praticien. Les ouvrages qu’il a publiés- 
ne méritent pas d’être arrachés à l’oubli : 

De secundâ cubiti sectione in omnibus febribus pulridis et malignis et 
verè pestilentialibus. Palerme, i65o, in-4®. 

De colomborum altractione. Palerme, i65o, in-4°. 

De partudierum 238 , quod non sit novimestris legilimus, sedoctimes- 
tris aut ad octimestrem spectans. Palerme , i65i , in-4°. (z.) 

MANELFI (Jean), ou Manelphus , de Monterotondo, dans- 
les états de l’Eglise , vivait à Rome vers le milieu du dix-sep- 





MANG i 7 3 

-tième siècle. Il enseignait publiquement la médecine dans cette 
ville, où ses ouvrages et son habileté pratique le firent estimer 
et rechercher. 


Tractatus de flelu et lacrymis. Rome, 1618, in-8°. 

Responsio breuis ad annotaliones Prosperi Martiani in commentatio- 
nem Marsilii Cagnati super aphorismo Concocte XXII libri primi Hip¬ 
pocratis. Rome, 1621, in-8°. 

Disceptatio de helleboro. Rome, 1622, in-8°. 

Prognostica infebribus in communi et ad mentent Hippocratis édita. 
Rome, 1623 , in-8". 

Annotationes quœdam et circà textum prcecipuè , unâ cum versione 
Aphorismorum Hippocratis, N. Leoniceno interprète. Rome, 1623, in-i6- 

Theoria de febribus. Rome, 1625, in-4°. 

Urbanœ disputationes in primant problematum Aristotelis seclionem. 
Rome, i63o, in-8°. 

Ve parte affecta pleuritidis, disserlatio. Rome, 1642, in-8°. 

Mensa Romana, sive urbana victûs ratio. Rome , i65o, in-4°. 

(o.) 

MÀNFBEDI (Jérôme) , médecin italien du quinzième siè¬ 
cle, habitait Bologne, où il enseigna jusqu’en 1492, et termina 
sa carrière. Il était fort attaché aux chimères de l’astrologie , 
et s’attachait surtout k démontrer la nécessité des recherches 
astronomiques pour assurer le traitement des maladies. Aussi 
publiait-il chaque année une espèce de calendrier dans lequel 
il signalait, pour chaque mois, les jours favorables et défavo¬ 
rables k l’administration des remèdes. On a de lui : 


Centiloquium de medicis et infirmis. Bologne, i483, in-4°. - Ibid. 1489, 
in-4°.-Venise, i5oo , in-fol.-Nuremberg, i53o , in-8°. 

Mahfredj {Paul), autre. médecin italien de Lucques, vivait plus 
tard, au dix-septième siècle. Partisan de la transfusion du sang , il rap¬ 
porte un exemple heureux de cette opération pratiquée sur un vieillard, 
et donne les résultats de plusieurs expériences faites sur des chiens. 

Ve nova et inauditâ medico-chirurgicâ observalione, sauguinem trans- 
fundente de individuo in individmim , priùs in brutis et deinde in ho- 
mine expertâ. Rome, 1668, in-4°. 

Novœ observationes circà uveam oculi et aurem. Rome, 1668, in-4°. 

- Ibid. 1674, in-4°. 

Ces observations ont été insérées dans la Bibliothèque anatomique de 
Manget. (o.) 


MANGET (Jean-Jacques), laborieux compilateur, naquit 
à Genève, le 19 juin i 652 . Au sortir du collège, il étudia la 
théologie, pour repondre aux vues de ses parens, qui le desti¬ 
naient k l’état ecclésiastique; mais, au bout de cinq années, il 
obtint la permission de s’abandonner k ses goûts, apprit la mé¬ 
decine, sans autre secours que des livres, et vint, en 1678, 
prendre le grade de docteur k Valence, dans le Dauphiné. 
Immédiatement après il se mit k exercer Part de guérir dans 
sa ville natale, et acquit en peu de temps une telle réputation , 
que l’électeur de Brandebourg le nomma médecin honoraire de 



*74 MANG' 

sa personne, en 169g, deux ans avant de prendre le titre de 
roi de Prusse. Manget termina sa carrière fe i5 août 1742. Il 
a publié un grand nombre d’ouvrages, pour la compilation 
desquels Daniel Leclerc l’aida beaucoup. 

Messis medico-spagyrica , quâ aîundantissima seges pharmaceutica è 
Seleclissimis quibusqùe, tum pharmacologie et chvmiatris, tum celeberri- 
mis inter recenliores practicis, tum variis operibus mïscellaneis , necnon 
curiosioribus rerum naluralium scriploribtis resccta, compositissimo ordine 
cumulatur. Genève, i683, in-fol. 

Bibliotheca anatomica, sire recens in anatomiâ inveniorum thésaurus 
locupletissimus. Genève, i685 , 2 vol. in-fol. - Ibid. 1699, 2 vol. in-fol. 

Recueil des meilleurs ouvrages publiés dans le cours du dix-septième 
siècle. On n’en trouve aucun du seizième. Les Anglais ont donné un ex¬ 
trait de cette compilation ( Londres, 1711, 3 vol. in-4°.). 

Bibliotheca medico-practica , quâ omnes humani corporis morbosæ 
qffecliones, artem tnedicam propius spectantes explicantur, et per cura- 
tiones, consilia, observationes et cadaverum inspectiones anatomicas 
traclanlur. Genève, 1695-1698, 4 vol. in-fol. - Ibid. 1739 , 4 vol. in-fol. 

Bibliotheca chemica curiosa , sire rerum ad alchimiarn pertinentium 
thésaurus. Genève, 1702, 2 vol. in-fol. - Extrait en allemand par C. Hor- 
1 lâcher, Francfort, 1707 , in 8°. 

Bibliotheca pharmaceulico-medica , seu rerum adpliarmaciam galenico- 
chymicam spectantium thésaurus refertissimus. Genève, 1703-1704, 
2 vol. in-fol. 

Observations sur la maladie qui a commencé depuis quelques années à 
attaquer le gros bétail en divers endroits de l’Murope. Genève, 1716, 
in-12..-Paris, 1745, in-12. 

Theatrum anatomicum, quâ corporis humani fabrica et quœstiones sub- 
liliores conûnenlur. Genève, 1717, 2 vol. in-fol. 

Avec quatre planches d’Eustachi. 

Bibliotheca chirurgien , quâ omnes morbi chirurgici à capite ad calcem 
recensentur , cum suis remediis et curationibus. Genève, 1721, \ vol. 

Traité de la peste, recueilli des meilleurs auteurs anciens et modernes. 
Genève, 1721 , 2 vol. in-12. - Lyon, 1722, 2 vol. in-12. 

Ce n’est, à proprement parler, qu’une édition du livre de Maurice de 
Tolon, capucin. 

Nouvelles réflexions sur V origine , la cause, la préservation et la cure 
de la peste. Genève, 1722, in-12. 

Bibliotheca scriptorum medicorum veterurn et recentiorum, in quâ sub 
eorum omnium qui à mundi primordiis ad hune usque annum vixerunt, 
nominibus, ordine alphabetico adscriptis, vitee compendia enarrantur, 
opiniones et scripta, modestâ subinde adjectâ epicrisei, recensentur. Ge¬ 
nève, 1731, 4 vol. in-fol. 

Bibliographie médicale remplie d’erreurs,et de lacunes, qu’il ne faut 
consulter qu’avec défiance, parce que c’est une simple compilation. 

On doit A Manget de nouvelles éditions des Opéra medica de P. Bar¬ 
bette ( Genève,,i683, in-4 0 . - Ibid. 1688, in-4". - Ibid. 1704, in-4°.)> 
du Traité des fièvres de Fr. Piens (Genève, 1689, in-8°. ), de la Mé¬ 
decine pratique de J.-A. Schmitz (Genève, 1691, in-12 ), de la Phar- 
macopœa Schradero-Hqffmanniana (Genève, 1687, in-fol.), et du Se- 
pulchretum de Bonet ( Lyon, 1700 , in-foi. ). ( a.-j.-l. j . ) 

MANGOLD ( Christophe-André), né a Erfurt en 171g, 
commença ses études k l’Universilé de celle ville, et alla les 



MANI 175 

terminer a celle d’Ie'na. Après s’être fait recevoir docteur en 
médecine, il accompagna le célèbre comte Gotter en France , 
et profila de ce voyage pour acquérir une foule de connais¬ 
sances utiles. Devenu, en 1761, professeur d’anatomie, de 
chimie et de philosophie à Erfurt, il s’acquitta de son emploi 
avec tout le zèle qu’une santé faible et chancelante lui permet¬ 
tait de déployer, et succomba, le 4 juillet 1767, à l’excès du 
travail, après avoir publié : 

Proeramma de èeneratiane fossilium fimiralorum. Erfurt, 1745, in-4°'. 


Visserlatio sistens experientias quasdam physiologico -pathologicas , 
dccussationem nervorum et fluidi nervei naturam illustrantes. Erfurt, 

1766, in-4 0 . ( J ) 

MANGOLD (Pierre), de Moenchenstein, vint au monde 
le 26 décembre 1686. S’étant fait recevoir docteur en médecine 
à Bâle, il parcourut ensuite la Suisse, la France, la Belgique, 
la Hollande, l’Angleterre et l’Allemagne. A son retour dans sa 
patrie, il étudia la jurisprudence, et fut nommé conseiller du 
margrave de Bade-Durlach. Celte dignité, à laquelle il joignit 
celle de comte palatin, ne l’empêcha pas de suivre les cours 
de la Faculté de droit à Tubingue, où le titre de licencié lui 
fut accordé la même année. Depuis lors, il abandonna entière¬ 
ment l’art de guérir, et passa le reste de ses jours à Durlach, 
où il mourut le 11 mai 1758. Il n’a écrit, sur la médecine, 
que sâ thèse de réception, intitulée : 

Dissertatio de set rebus non naturalibus. Bâle, 1706, in-4 0 . ('•) 

MAN1TIUS (Samuel - Gotthilff), médecin allemand du 
dix - septième siècle, était né dans la Lusace. Il exerçait l’art 
de guérir à Dresde, où il mourut en 1698, le 22 septembre. 
L’Académie des Curieux de la nature l’avait admis parmi ses 
membres sous le nom de Macer. Il a publié, sous le pseudo¬ 
nyme de Sempronius Gracchus Massiliensis , un ouvrage ayant 



176 MÀPP 

MANN (Chrïstophé-David ), né à Reutlingen le 18 octobre 
1715, entra dans sa quinzième année chez un apothicaire de 
cette ville. Son apprentissage terminé, il ouvrit pour son pro¬ 
pre compte une officine à Heidenheim, et s’établit ensuite à 
Augsbourg, puis à Ratisbonne, et enfin à Ulm. Sa profession 
Payant mis à portée d’étudier un peu la medecine, il finit par 
éprouver le désir d’approfondir cet art. 'En conséquence, il se 
rendit à Halle, et, après quatre années d’études, prit le grade 
de do.cteur. Alors il vint fixer son séjour à Reutlingen , et s’y 
livra à la pratique. Peu de temps après, la ville de Pfullingen 
lui offrit la place de médecin pensionné, qu’il alla remplir 
plus tard à Biberach, où il mourut le ig février 1787, laissant 
les ouvrages suivans : 


Circà enchireses phlebotomiœ, observatlones et caul 

practicœ. Halle , 1744, in- 4 °. 

Vier seltene chirurgische Zufaelle und glueckliche Karen. landau, 

Nachiicht von Einpropfung der Kinderblatlem in Oberschwaben. 
Ulm, 1770, in-8°, 

Nachricht von dem sogenannten Jordanlad der freyen Reichstadt 
Biberach, Biberach, I777,in.8°. (o.) 


MANTIAS, disciple d’Hérophile, est loué par Galien de ce 
qu’il resta fidèle aux principes de son maître, et ne se laissa 
pas entraîner par le torrent de l’empirisme. Il fut le maître 
d’Héraclide de Tarente. G alien lui attribue trois ouvrages, depuis 
long-temps perdus, sur la préparation des médicamens, les 
devoirs du médecin et les appareils chirurgicaux. (o.) 

MAPP (Marc) était de Strasbourg, où il naquit le 28 octo¬ 
bre i 632 . Il commença ses éludes médicales dans cette ville, 
alla les continuer a Padoue, et revint prendre le grade de doc¬ 
teur dans sa patrie, où il le reçut en i653. Quelques années 
après sa promotion, il fut nommé professeur de botanique et 
de pathologie, chaires dans lesquelles il montra le plus grand 
attachement à la doctrine d’Hippocrate et de Galien. 11 était 
chanoine de Saint-Thomas, lorsque la mort vint le frapper le 
g août 170t. Ses ouvrages sont : 


Thermoposia , seu dissertationes medicce très de potu calido. Stras¬ 
bourg, 1672, 1674, 1675, in-4°. 

Dissertatio de dolore nephritico. Strasbourg, 1672, in-4°. 

Dissertatio de lue venereâ. Strasbourg , 1673, in-4°. 

Dissertàtio de flalibus. Strasbourg, 1675, in- 4 °. 

Dissertatio de fistulâ genœ terminatâ acldentem canosum. Strasbourg, 

De febribus quœstiones X. Strasbourg, 1675, m-4 0 . 

Dissertatio de catameniorurn vitiis et suppressione. Strasbourg, 1676 , 
in-4°. 

Dissertatio de oculi humani partibus et usu. Strasbourg, 1677, in-4°- 



MARANTA ( Barthélemy ), médecin, botaniste et littéra¬ 
teur italien, était de Venosa, dans le royaume de Naples, et 
florissait au milieu du seizième siècle. Elève de Ghini, il se 
perfectionna à Naples, dans le jardin de botanique qu’y avait 
établi Pinelli. A en juger d’après une de ses lettres à Aldrovandi, 
datée de Naples 1561, il se proposait d’abandonner l’étude des 
plantes pour se consacrer à la littérature, et publier des dialo¬ 
gues sur Virgile. Janus Pelusius cite, en effet, son talent poé¬ 
tique avec éloge. Ses propres ouvrages, dont nous allons rap¬ 
porter les titres, l’ont moins fait connaître que la part qu’il 
prit à l’Histoire naturelle de Ferrante Imperato et au Commen¬ 
taire de Mattioli sur Dioscoride, auxquels il fournit des obser¬ 
vations importantes. 




i 7 8 MARC 

On a de Maranta plusieurs lettres latines parmi celles de Mattioîi, 
et d’autres italiennes à la suite de la vie d’Aldrovandi. (i.) 

MARBÀCH (Gotthelf-BenJamin) , né à Mertscbuelz, dans 
la principauté de Liegnitz, le 18 octobre 1725, étudia la mé¬ 
decine à Francfort-sur-l’Oder. Dès qu’il eut obtenu le grade 
de docteur, il revint dans sa patrie, où il remplit successive¬ 
ment divers emplois médicaux, civils et militaires, ainsi qu’à 
Javier et à Glogau, Il mourut dans la première de ces deux 
villes en 1776, après avoir pubiié : 

Dissertatio de dulcijicatione spirituum acidorurüi mineralium. Francfort- 
snr-l’Oder, 1743 ? in-4 0 - 

Dissertatio de dyscrasiâ humorum scorhutico-purpura tâ Francofurti et 
locis viciais endemiâ. Francfort-sur-I’Oder, it 44> in-4°* 

Abhandlung der Frueh-und Herbslcuren. Breslsu , 1753, ia-8°. 

(o.) 

MARC ( Ceables-Chhétien-Henîu }, membre de l’Académie 
royale de médecine et de la.Le'gion-d’Honneur, né au Havre- 
de-Grâce, le 4 novembre 1771,8, été reçu docteur eni médecine 
à Erlangue : il est membre du conseil de salubrité de Paris, et 
chargé de l’inspection des secours pour les noyés. Il a écrit 

Dissertatio sistens historiam morbi rarioris spasmodici cum brevi epi- 
crisi. Erlangue, 1792. 

Allgemeine Bemerkungen ueber die Gifle und ihre Ï-Virkungen im 
raenschlichcn Koerper, nach Brownischen Système dargeslellt. Erlan¬ 
gue, 1795,in-8°. 

Sur tes hèmorrhoides fermées. Traduit de l’allemand de Hildebrandt, 
Paris, x8o4, in-8°. 

Manuel d’autopsie cadavérique médico-légale. Traduit de l’allemand, 
Paris, 1808 , in 8°. 

Recherches sur remploi du sulfate de fer dans le traitement des fièvres 
■intermittentes. Paris, 1810, in-8°. 

Le docteur Marc a encore tracé des règles diététiques pour les voya¬ 
geurs dans le Taschenbuch fier Reisende de FicU (1797), et publié 
un mémoire sur la préparation du gaz azote en grand dans les Chemis- 
che Annalen de Crell ( 1795 ). Il est auteur de plusieurs articles fort 
importans de médecine légaie'dans le Dictionaire des sciences médicales. 

( LEFÈVRE ) 

MAR.CARD (Henri - Matthieu) , né à Waîsrods en 1747, 
étudia la médecine à Gœttingue, où il prit le grade de docteur. 
H pratiquait depuis quelque temps à Stade, lorsque le gouver¬ 
nement hanovrien lui confia la place de médecin de la garnison 
d’Hanovre. En 1788, il fut attaché à la personne du duc de 
Holstein-Oldenbourg, et obligé de fixer sa résidence à Olden¬ 
bourg. En 1809, il quitta la cour et la charge qu’il y remplis¬ 
sait pour se consacrer entièrement k la surveillance de l’éta¬ 
blissement sanitaire de Pyrmont, dont la direction lui était 
déjà confiée depuis longues années. Ses productions les plus 



MARC , :g 

remarquables, sans parler d’une foule d’articles insérés dans 
divers recueils scientifiques, sont : 

Examen rigorosum malignitalis febrilis. Gœttingue, 1771 ,in-4°. 

Von ciner der Kriebelkrankkeit aehnlichen Krampjsucht , die in Stade 
beobachtet ist. Hambourg et Stade, 1772 , in-8°. 

Medicinische Versuche. Léipzick, X777 , 2 vol. in-8°. 

Beschreibung von Pyrmont. Léipzick, 1784-1785 , 2 vol. in-8". 

Kurze Anleitung zum innerlichen Gebrauch des Pyrmonter Bmnnens 
zu Hanse und an der Quelle. Pyrmont et Hanovre, 1791, in-8°. 

Ueber die Natur und den Gebrauch der Boeder. Hanovre, 1 793, in-8 0 . 

Beytrag zur Biographie Zimmermann's. Hambourg, 1796,10-8°. 

Reise durck die Franzoesische Schweitz und Italien. Hambourg, 1798, 
in-8 0 . 

Zimmermann 1 s Verhaeltnisse mit der Kaiserin Kalharina II und mit 
Herrn Weïkard. Brême , i8o3, in-8°. 

On ne le confondra pas avec 

Marqoard l Jean ) , médecin de Vienne, qui florissait au seizième 
siècle, et qui a publié : _ 

Praclica theorica empiiica morborum interiorum à capite ad calcem. 
Spire, i583, in-8°. - Ibid. i58g, in-8°. -Ibid. 1692, ia-8°.-Heidelberg, 
1607, in 8°. - Francfort, 1610, in-8°. 

Marquart ( Lambert-Frédétic ), dont on a : 

Disseilatio de homine insano. Leyde, 1706, in-4 0 . (z.) 

MARCEL, surnommé VEmpirique, et généralement appelé 
Marcellus Empirions, était de Bordeaux; il vécut en Orient, 
b la cour de Théodose le Grand, d’Arcadius et de Théodose 
le Jeune, sur la fin du quatrième siècle' et au commencement 
du cinquième. On a de lui une compilation informe, écrite en 
style barbare, et composée en grande partie de recettes copiées 
à ses prédécesseurs, notamment à Scribonius Largus, qu’il ne 
cite toutefois jamais. Tout porte à croire qu’il n’avait pas fait 
une élude particulière de la médecine, et qu’il n’écrivit sur 
Cet art qu’en amateur, b la manière de Caton, pour donnera 
ses enfans les moyens de se passer de médecins : c’est ce que 
l’on conclut du passage suivant, qui ne serait pas sorti de la 
plume d’un médecin : SecMlus opéra studiosorum virorum, qui 
licet alieni fuerint ab institutione medicinœ , tamen ejusmodi 
causis curas nobiles intulerunt. Du, reste, il était chrétien, et 
magisler officiorum près de Théodose le Grand, place que 
Eutrope, favori d’Arcadius, lui ôta ensuite pour la donner à 
son favori Osius. Il n’était pas archiâtre de Théodose, comme 
l’ont dit quelques biographes. Son livre est rempli de formules 
superstitieuses, qui ne le cèdent pas en absurdité à celles de 
Caton. 11 a pour titre : 

De medicamenlis empiricis, physicis et rationalibus liber. Bâle, i536, 
in-fol., .par Janus Cornarins, avec neuf livres de Galien.-Venise, 1647, 
in-fol., dans les Medici antiqui. - Paris, i565, in-fol., avec les Medicœ 
arlis principes.- Bâle, 1567 , in-fol., avec le Tclrabibiion d’Aetius. 



iSo MARC 

MARCELLIN ( Jean -Philippe -Guillaume ), médecin à 
Nordhausen, et conseiller du roi de Prusse, né en 1729, mort 
le 3 octobre 1799, a publié une notice raisonnée sur les divers 
personnages qui ont porté les noms de Marcel, Marcellus, Mar¬ 
cellin ou Martel. 

Die Gruendiing,' Mitwirhung und Sefoerderung des bluehenden Zu- 
slandes in nerschiedenen Staaten von dem Juerstlichen , graèjlichen und 
adelichen Geschlecht Marcellus, Marcellinus und Martellus. Quedlin- 
•bourg, 1786, in-8°. (z.) 

MARCELLO, de Cumes, dans la Campanie, au royaume 
-deNaples, appelé partout Marcellus Cumanus, servit, en qua¬ 
lité de chirurgien, dans l’armée que les Vénitiens opposèrent 
à Charles vin, roi de France. Il assista au siège de Novara, 
qui eut lieu en août i4q5 , après la bataille de Fornuovo. On 
ne connaît de lui que des observations qu’il avait écrites en 
marge d’un exemplaire de la Chirurgie d’Argelata. Ces obser¬ 
vations furent copiées long-temps après par Rumler, et publiées 
par Welsch, en 1667 seulement. Hensler les a reproduites. 
Elles nous apprennent que les chancres, les bubons, les phi¬ 
mosis, le paraphimosis et la blennorhagie étaient des accidens 
fort communs à cette époque. Sous ce rapport, elles sont de la 
plus haute importance, puisqu’elles démontrent que les symp¬ 
tômes vénériens étaient connus avant l’expédition de Charles, 
et que la maladie dite alors morbus gallicus n’avait rien de ' 
commun avec eux. (j.) 

MARCELLUS, de Sida, ville de la Pamphylie, était mé¬ 
decin , suivant le témoignage de Suidas, et florissait sous Adrien 
et Marc-Aurèle. Il avait écrit quarante-deux livres en vers hé¬ 
roïques sur la médecine. Cet ouvrage est perdu, à l’exception 
d’un fragment conservé par Aétius, et d’un morceau sur les 
poissons, dont on trouve le texte, avec une version latine, 
dans la Bibliothèque grecque de Fabricius, et dont le même 
recueil offre aussi une traduction en vers latins par F. Morel. 
Ce morceau a été imprimé à part, sous le titre de : 

Remediorum ex piscibus fragmentant. Paris, i5gi, in-8°. 

En grec et en latin. Il y en a une antre édition, qui ne contient que 
le texte grec (Paris, 1698, in-8 0 .). (o.) 

MARCET ( Alexandre ), fils d’un marchand de Genève , 
naquit dans cette ville en 1770, et fut destiné par ses parens au 
commerce. Quoiqu’il ne se sentît pas le moindre vocation pour 
cet état , il essaya cependant de vaincre sa répugnance, et ce fut 
seulement au bout de deux années, lorsqu’on fut bien convaincu 
qu’elle était insurmontable, qu’il obtint la liberté de se livrer 
au penchant qui l’entraînait vers les science?. Mais les troubles 



politiques qui agitèrent la république de Genève dans les com- 
inencemens de la révolution française, dérangèrent encore ses 
nouveaux plans, et compromirent même sa sûreté personnelle. 
Sous prétexte qu’il avait servi dans la garde nationale, il fut 
mis en prison, et ce fut avec beaucoup de peine qu’à la mort 
de Robespierre il obtint, comme une laveur, d’être banni pour 
cinq ans. Obligé de quitter son pays natal, il forma la résolu¬ 
tion d’étudier la médecine, et se rendit à Edimbourg, où le 
bonnet doctoral lui fut conféré au bout de trois ans. Il choisit 
■pour sujet de sa thèse le diabètes, maladie dont la théorie oc¬ 
cupait alors beaucoup les esprits. S’étant déterminé ensuite à 
s’établir à Londres, il fut nommé médecin d’un des dispen¬ 
saires, et en 1800, par un acte spécial du parlement, naturalisé 
sujet de la Grande-Bretagne. En 18.02, il obtint, à l’hôpital de 
Guy, une place de médecin dans laquelle il fit preuve d’un 
zèle et d’une activité à toutes épreuves. Il fut, avec M. Yelloly, 
l’un des fondateurs de la Société médico-chirurgicale de Lon¬ 
dres. La mort de son père l’ayant mis en possession d’une grande 
fortune, il quitta sa place de l’hôpital de Guy, résolu de sé 
consacrer désormais tout entier à la chimie, qu’il aimait pas¬ 
sionnément, et pour les travaux de laquelle il s’e'tait associé à 
M. Guillaume Allen. Attiréen i8i5 à Genève, par le désir de 
voir sa patrie jouir de l’indépendance qu’elle venait de recou¬ 
vrer, il y accepta la place de membre du conseil représentatif, 
et celle de professeur de chimie à l’Uuiversité. Eh 1821, il re¬ 
tourna en Angleterre, fit l’année suivante un voyage en Ecosse,, 
qu’il projetait depuis long-temps, et mourut le 22 octobre 
d’une gastrite causée par la rétrocession de la goutte. Ses di¬ 
verses publications sont : 


Account of the history and dissection of a diabetic case ; 

Dans le London, medical and physical journal (1799). 

On the médicinal properties ofthe oxydof bismuth; 

Dans les Mémoires of the medical society of London (1801). Ce 11 
moire ne fut publié qu’en i8o5. 

On the hospice de la maternité at Paris ; 

Dans le Monthly magasine ( 1801). 

Account on the case and dissection of a blue girl; 

Dans VEdinburgh medical journal (iSo5). 

Analysis ofthe walers of the dead sea and of the river Jordan ; 
Dans les Philosophical Transactions (1807). 

An dccount ofthe effects produced by a large quantily of laudanu 
taken internally , and of the means used to counteract those effects; 
Dans les Médico-chirurgical Transactions (1809). 

A case of hydrophobia, with an account of the appearanccs aj 

Dans les Médico-chirurgical Transactions (1809). 

yl chemical account of an aluminous clialybeate sprmgjn the islè 

^Dausles Geological Transactions (i8u.). 



i8a MARC 

An account of a scvere case oferythema , not brougkt on by mercury ; 

Dans les Médico-chirurgical Transactions (1811). 

Expérimenta on the etppearance, in the urine, of certain subs tarâtes 
taken into the stomach ; 

Dans les Philosophical Transactions (1811). 

A Chemical account of varions dropsical Jluids, with remarks concer- 
tiing tire nature of the alkaline malter contained in these Jluids , and in 
the sérum of the blood; 

Dans les Médico-chirurgical Transactions (i8ii). 

On sulphuret of carbon; 

Dans les Philosophical Transactions (i 8 i 3). 

On the intense cold produced by the évaporation of sulphuret of carbon; 

Dans le même recueil. 

On the congélation of mercury by means of ether and the air-pump ; 

Dans le journal de Nicholson (i 8 i 3). 

Observations on Klaproth’s analysis of the waters of llte dead sea ; 

Dans les Annals of philosophy (i 8 i 3). 

An easy method of procuring an intense beat; 

Dans le même recueil. 

Account of the public schools at Genèva ; 

Dans le Monihly magazine (i 8 i 4). 

Some expérimenta on the Chemical nature of chyle, with a few obser- 

Dans les Médico-chirurgical Transactions (i 8 i 5). 

On the médicinal properti.es o f stramonium ; 

Dans le même recueil (1816). 

An essay on the Chemical hîstory and treatment of calculous disor- 
ders. Londres, 1817, in-8°. - Ibid. 1819, in-8°. -Trad. en français par 
J. Riffault, Paris, 1823, m-8°. 

Marcel doit principalement sa célébrité à cet ouvrage qui, sous le 
rapport chimique et médical, est néanmoins fort inférieur à celui du 
docteur Prout. 

Historyof a case of nephritis calculosa , in which the various période 
and symptoms of the disease are strikingly illustrated ; and an account 
of the operation oflithotomy, given by the patient kimself; 

Dans les Medico-ckirurgicàl Transactions (1819). 

On the spécifie gravity and température of sea-waters in different 
parts of the océan , and in particular sens; 

Dans les Philosophical Transactions (1819). 

Account of a singular variety of urine , which turned black soon afier 
being discharged ; 

Dans les Médico-chirurgical Transactions (1822). 

Account of a man who liven ten years afier having swallowed a 
number of clasp-knives , with a description of the appearances of the 
loly afier deatli ; 

Dans le même recueil. 

Sonie experiments and researches on the saline contents of sea-watér, 
andertaken with a view to correct and improve its Chemical analyse; 

Dans le même recueil. ( a.-j.-l. jouiudak) 

MAR.CH ( Gaspard ), né à Stettin, dans la Poméranie, en 
1629, obtint, à l’âge de vingt ans, une chaire de mathémati¬ 
ques et de chimie à Gripswald , et passa la même année à R.os- 
tock pour y enseigner la médecine. Appelé en i665 à Kiel, il 
remplit sa nouvelle place avec distinction, et mérita, en 1637, 
le titre de médecin de l’électeur de Brandebourg, à la cour 



publié quelques opuscules insigmfians . dont bous ne citerons qu’un seul : 

Dissertatio de motu et sensu abolitis in ajfectïbus soporosis. Kiel, 1680, 

March (Georges ), médecin allemand, est auteur d’un : 

Çatalogus aller galenischen und chyjnischén Arzneyen so in der Apo- 
itiék praeparirt werden. Dresde, i 652 , jn-4 0 , (o.) 

MARCHANT (Nicolas), médecin du duc d’Orléans et bo¬ 
taniste habile, mort en 1678, était entré à l’Académie des 
sciences en 1866, lors de la formation de cette société. Il avait 
pris le titre de docteur à l’Université de Padoue. On lui doit 
trois observations insérées dans les Mémoires de sa compagnie, 
et les descriptions des plantes, données par l’Académie (Paris, 
1676, in-fol. ). Son fils lui a dédié un genre de plantes ( Mar - 
: chantia ) de la famille des hépatiques. 

Marchant (Jean), fils du précédent, mort en i?38, futreçuà l’Aca¬ 
démie en 1678. Il était directeur de la culture des plantes au Jardiu du 
roi. Ou a de lui un grand nombre de descriptions de plantes et d’obser¬ 
vations , insérées ou mentionnées dans le recueil de l’Académie, depuis 
1G78 jusqu’en 1735, et dans le troisième volume des machines. 

, Marchant ( Jacques ), d’Orléans, mort le ?3 mai 1601, à Paris, où. 
il exerçait la chirurgie, a laissé, contre Rousset et l’opération césarienne, 
un opuscule intitulé: 

üèclamationes in Apologiam Franeisci Rosseti, Paris, 1598, in-8?. 

(°0 

MARCHETTI (Dominique), fils du suivant, né à Padoue 
en 1626, y mourut en 1688. Dans un âge peu avancé,il devint 
le coadjuteur de Vesling, à la mort duquel il remplit sa ehaire- 
d’anatomie avec autant de zèle que d’éclat. Très versé dans 
l’anatomie, il se montra fidèle à la méthode suivie par son pré¬ 
décesseur. Ce qu’il y a de plus remarquable dans ses écrits, ce 
sont les détails dans lesquels il entre sur la sympathie quir 




ïS 4 MARC 

existe entre l’estomac et le cerveau, et qu’il attribue aux nerfs 
pneumo-gastriques, alors de'signés sous le nom de sixième paire. 
On a de lui : 

Analomia , cui responsiones ad Riolanum anatomicum Parùiensem 
in ipsius animadversionibus contra PesUngium , additœ sunt. Padoue , 
i 652 , in-4 o.-Ibid. iG54, in-4 0 .-ïjardyerwick, i656 , in-12.-I.eyde, 
1688, in-12. (o.) 

MARCHETTI (Pierre), de Padoue, enseigna dans cette 
ville, d’abord la chirurgie, puis l’anatomie, il réunit ensuite les 
deux chaires, et mourut le. 16 avril 1673. Ses ouvrages de chi¬ 
rurgie sont encore consultés aujourd’hui. 

Sylloge observadonum medico-chirurgicarum rariorum. Padone, 1664, 
in-8°.-Amsterdam, i665 , ïn-vz. - Ibid. 1675 , in-8°.-Londres, 172g, 
in-S°.-Trad. en allemand, Nuremberg, 1673, in-8°. 

Recueil de cinquante-trois observations, avec trois traités sur la fistule 
à l’anus, les ulcères de l’anus et de l’urètre, et le spina -ventosa. 

Tendinis flexoris pollicis ab equo evulsi, observatio seorsim édita. 
Padoue, i658 , in-4 0 . (o.) 

MARCI DE KROÎÏLAND-( Jean-Marc), médecin de Bo¬ 
hême, vint au monde en i5g5, et obtint une chaire à l’Univer¬ 
sité de Prague, où il termina sa carrière le 3o octobre 1667. 
Il ne se distingua pas seulement par son savoir en médecine, 
mais encore par la connaissance profonde qu’il avait acquise 
des langues grecque, hébraïque et syriaque. En médecine, il 
hasarda de nombreux paradoxes, résultat de la fusion qu’il 
voulut opérer entre cette science et la doctrine de Platon. Parmi 
ses ouvrages, qui annoncent plus d’instruction que de goût., 
nous citerons les suivans : 

Idearum operatricium idea. Prague, i635, in-4°. - Francfort, 1676, 

De proportione molûs , seu régula sphygmica ad celeritatem et tardita- 
tem pulsuum, ex illius motu ponderibus geomeiricis librato, absque er¬ 
roné meliendum. Prague, i63g, in-4°. 

Philosophia vêtus reslituta , partibus quinque comprehensa. Francfort 
et Léipzick, 1676, 2 vol. in-4 0 . 

Lilwgia mentis , seu dissertatio medica , philosophica et optica de na- 
turd. epilepsiæ , illius orlu et causis , deque symplomalis quœ circa irna- 
ginationem et motum eveniunt. Ratisbonne, 1678 , in-4°. 

Othosophia, seu philosophia impulsas univevsalis. Prague, 1682, in-4°. 

MARCOT (Eustacre), docteur et professeur en médecine, 
premier médecin ordinaire du roi, et médecin des enfans de 
France, naquit à Montpellier en 1686. Son père, qui était un 
habile médecin, le destina de bonne heure à la même profession. 
Cet homme singulièrement bienfaisant donnait aux pauvres une 
partie de ses honoraires. Son fils hérita de ses senlimens géné- 



MARC i85 

reux, et il le surpassa par ses talens et la position qu’ils lui 
procurèrent dans le monde. 

En commençant à se livrer à l’étude de la médecine, Mar- 
cot s’appliqua avec ardeür à l’anatomie, comme base de la 
physiologie et de la pathologie , qui" devinrent à leur tour les 
bases principales de sa théorie et de sa pratique. 

Docteur dès 1712, il se présenta, en 1732, pour disputer 
la chàire'vacante par la démission d’Àstrac. Marcot eut deux 
concurrens redoutables, Fizès et Ferrein, devenus depuis si 
célèbres dans deux carrières différentes, la pratique et l’ensei¬ 
gnement. Plus médecin à cette époque que le premier, et moins 
anatomiste que le second , mais réunissant des connaissances 
qui manquaient à ses antagonistes, Marcot remporta la chaire 
mise au concours. Il eut occasion, dans cette dispute, de se 
prononcer très-positivement en faveur de l’inoculation, ques¬ 
tion alors presque neuve dans l’Europe entière. 

Marcot remplissait depuis peu de temps les fonctions de 
professeur quand il fut appelé k la cour. Homme de bien, il 
vécut dans cette atmosphère d’intrigues et de corruption, tout 
occupé de l’exercice de la médecine, dans lequel il eut beau- 
ccfttp de succès. On rapporta presqu’entièrement à lui seul, 
en 1744) guérison de Louis xv, prince alors si chéri de ses 
sujets. 

Marcot a laissé peu d’écrits, et il condamna même à l’oubli 
d’assez nombreux manuscrits, en les brûlant peu avant sa mort. 
Cependant on a de lui quelques mémoires, dont deux sont im¬ 
primés dans le recueil de l’Académie royale des sciences. Le 
premier renferme l’observation d’un enfant né sans cerveau et 
sans cervelet, ce qui a conduit à l’examen de la question dif¬ 
ficile et obscure de la génération des monstres. On était loin 
d’avoir réuni assez d’observations et d’avoir .fait les ingénieux 
rapprochemens qui prouvent aujourd’hui que ce que l’on con¬ 
sidérait comme des aberrations complètes de la nature se trouve 
aüssi soumis à des lois régulières. Le second mémoire a pour 
objet une tumeur anévrismale de l’artère aorte, et il offre 
plusieurs aperçus qui durent à cette époque inspirer beaucoup 
d’intérêt. 

Marcot songeait sérieusement k aller terminer sa carrière 
sous le beau ciel du Languedoc, où il était né, lorsqu’il mou¬ 
rut d’apoplexie, k Versailles, en 1755, à l’âge de soixanle-dix 
ans. (a. desgenettes ) 

MARCUS ( Adalbeht-Fbédébic ), l’un des plus célèbres mé¬ 
decins de l’Allemagne moderne, naquit en 1753 à Arolsen , 
dans le comté de Waldeck, d’une famille qui professait la re¬ 
ligion judaïque. Il annonça de bonne heure des dispositions 
heureuses, que ses parens eurent la sagesse de cultiver avec 



îSG MARC 

soin. Au sortir des écoles de Corbach et de Çasseî, il vint s% 
placer sur les bancs de l’Université de Gœttingue, où Baldin- 
ger, qui ne larda pas à l’apprécier, le prit err amitié, et lui 
conseilla de s’appliquer d’une manière spéciale à la lecture des 
ouvrages publiés par les praticiens anglais. Ce fut en 1795 que 
Marcus prit le grade de docteur. 11 passa ensuite une année à 
Arolsen, puis deux à Würzbourg, où il suivit avec fruit la pra¬ 
tique de Siebold, père. Enfin, en 1778, il s’établit à Bamberg. 
Quelques mois s’étalent à peine écoulés, qu’il comptait déjà 
une clientèle brillante, et qu’à peine pouvait-il suffire au grand 
nombre de malades qui réclamaient ses soins. Le commissaire 
impérial de Erthal, qu’il avait guéri' d’une affection légère, 
étant devenu prince-évêque de Wurzbourg et de Bamberg, le 
prit pour médecin, et lui accorda une confiance sans bornes. 
Marcus crut alors devoir renoncer à la religion de ses pères, 
et embrasser le christianisme ; il fut baptisé solennellement 
dans la chapelle de la cour, par le prince lui-même, sur l’esprit 
duquel il exerça depuis cette époque un grand empiré. Mais 
Marcus n’usa du crédit dont il jouissait que dans l’intérêt gé¬ 
néral. Ce fut à ses sollicitations que Bamberg obtint une chaire 
pour les élèves sages-femmes, et un bel hôpital de cent vingt 
lits, à la consécration duquel , en 1789, il prononça un 
discours destiné à faire ressortir les avantages qui découlent 
des établissemens publics d’hospitalité pour le bien général et 
pour l’instruction des élèves en médecine. Au bout de-quatre 
ans, il commença des cours de clinique, qu’il continua depuis 
jusqu’à la fin de scs jours. Les bains de Kissingeu lui durent 
une nouvelle splendeur, et il créa pour ainsi dire ceux de 
Bocklet. Sa destinée changea ,beaucoup, en 1794, à la mort 
du prince, dont le successeur qui ne l’aimait point, lui fit 
perdre tout à coup sa place de premier médecin, avec la haute 
influence politique dont il avait joui jusqu’à ce moment. Marcus 
se consola en sage de celte disgrâce non méritée, et ne pouvant 
plus servir ses concitoyens en provoquant d’utiles institutions, 
il se renferma dans le domaine de la médecine pratique, con¬ 
sacrant à la littérature médicale tous les mornens dont elle lui 
permettait de disposer.^A peine eut-il connaissance du système 
de Brown, qu’il en devïrft enthousiaste, et qu’il s’empressa d’en 
faire Inapplication au lit des malades. L’ouvrage qu’il publia 
sur celte doctrine célèbre contribua beaucoup à la répandre en 
Allemagne. Il étendit aussi la réputation de Marcus, auprès 
de qui les jeunes médecins s’empressèrent d’accourir. En 1799, 
MM. Sdbielliug, Schîegel et Steffens vinrent à Bamberg, pour¬ 
suivre sa pratique, et juger le brownisme au lit des malades. 
La fréquentation de ces savaus opéra bientôt une nouvelle ré-* 
voiution dans les idées de Marcus ■ on le vit embrasser avide- 



MARC 187 

ment la théorie de l’excitement, que les travaux de Roeschlaub 
et de M. Schelling venaient d’établir sur les ruines de la doc¬ 
trine écossaise, et qui devait conduire ce dernier à renverser 
tout à fait le brownisme pour y substituer sa philosophie na¬ 
turelle. Toujours avide de nouveautés, Marcus se montra l’un 
des plus ardens propagateurs de la vaccine, et par ses soins 
Bamberg fut, après Hanovre, une des premières villes de l’Al¬ 
lemagne qui profita des bienfaits de la précieuse découverte de 
Jenner. 11 accueillit aussi tout ce qu’on proclamait des bons 
effets de l’électricité dans la paralysie, ainsi que de la puis¬ 
sance du magnétisme animal, et parut assez favorablement dis¬ 
posé'en faveur de la doctrine cranioscopique de M. Gall. 
Nommé en x8o3, par le roi de Bavière, directeur de toutes les 
affaires relatives à la médecine et aux hôpitaux dans les prin¬ 
cipautés de la Franconie, il se retrouva en situation de faire 
beaucoup de bien aux états de Bamberg et de Würzbourg. 
Aussi témoigna-t-il un dévouement absolu au nouveau gouver¬ 
nement, ce qui lui attira la haine, de tous les méconlens et dç 
tous les partisans de l’ancien état de choses. Mais ni les cla¬ 
meurs ni les intrigues ne purent !c détourner de ce qu’il croyait 
être utile à la chose publique. 11 commença par créer des places 
de médecins d’arrondissemens pensionnés, dont Bamberg fut 
la première province bavaroise qui obtint une, de sorte qu’on 
peut le considérer connue le fondateur de celte institution utile,, 
qui ne tarda pas à être imitée dans tout le royaume de Bavière. 
Des obstacles insurmontables ne lui permirent pas d’exécuter 
le projet qu’il avait conçu d’établir des places semblables de 
chirurgiens; mais il parvint à faire disparaître une partie des 
vices qu’offrait l’exercice de l’art des accoucbemens, en obli¬ 
geant les communes à pensionner des sages-femnies. Dans le 
même temps, il assainit les hôpitaux dè Bamberg, améliora 
la maison destinée aux aliénés, fonda un hospice pour les in¬ 
curables, établit enfin une .maison d’accouchemens, et, ce qui 
n’a été imité nulle part ailleurs, un institut destiné non-seule¬ 
ment a former de bonnes infirmières, mais encore à leur assurer 
une retraite quand l’âge les avait rendues impropres au service 
pénible des malades. Cependant l’Université de Bamberg avait 
été supprimée en i8o3, et Marcus avait vu détruire en elle un 
des établissemens dont il se trouvait le plus honoré d’avoir été 
l’instigateur. Ne pouvant renoncer entièrement à celle idée fa¬ 
vorite, il employa toute son influence afin de remplacer l’Uni¬ 
versité par une école médico-chirurgicale, qu’il proposait d’af¬ 
filier au lycée. Mais ce projet n’eut qu’un commencement d’exé¬ 
cution, et suscita même des désagrémens à Marcus, qui vit 
tomber un peu sou crédit public. Il se consola de cette nouvelle 
disgrâce, en publiant divers écrits, parmi lesquels on distingue 




[88 


MARC 

une petite brochure sur la fièvre jaune, dont on craignait alors 
l’invasion en Allemagne, et un journal* rédigé en commun avec 
M. Schelling. A cette époque Marcus avait encore modifié ses 
idées théoriques, et n’était plus, comme jadis, un des plus zélés 
défenseurs de la doctrine de Brown modifiée. La lecture des 
ouvrages de Bichat provoqua en lui cette révolution, depuis 
laquelle il n’étudia plus les maladies que d’après les altérations 
des tissus et des divers systèmes d’organes. Peut-être le Traité 
des phlegmasies chroniquës lui était-il tombé aussi entre les 
mains, car, sur les derniers temps de sa vie, il s’étonnait de ce 
que les médecins s’occupaient si peu des maladies chroniques, 
et il se proposait de remplir cette lacune, si la mort ne l’en 
eût empêché. Tout porte à croire qu’il eût rapporté la plupart 
de ces maladies à l’inflammation, dont il s’occupait alors beau¬ 
coup. En effet, il a démontré le caractère inflammatoire du 
croup, fait voir que le larynx et la trachée-artère sont le siège 
de cette affection, montré les inconve'niens et les dangers de 
l'ancienne distinction en croup inflammatoire, croup spasmo¬ 
dique et croup asthénique, et prouvé que le traitement anti¬ 
phlogistique est le seul sur lequel <m puisse compter; il a décrit 
la fièvre puerpérale sous le nom d’inflammation du péritoine, 
le rlnomatisme sous celui d’inflammation des muscles, le mé- 
laena comme une phlegmasie deda rate; il a traité de la car- 
dite et de beaucoup d’autres inflammations locales. Mais ses 
idées sur ia généralité de l’inflammation n’éclatèrent jamais 
autant qu’à l’occasion du typhus qui désola l’Allemagne après 
les campagnes de Prusse et de Pologne. Marcus, après avoir 
hésité s’il rangerait cette fièvre parmi les inflammations du 
système nerveux en général, se décida enfin à en fixer le siège 
Sur le cerveau, et à la regarder comme une encéphalite, sans 
toutefois spécifier d’une manière rigoureuse s’il entendait par¬ 
la une inflammation de la substance du cerveau lui-même ou 
de l’arachnoïde. Il soutint cette opinion, ainsi que la nécessité 
du traitement antiphlogistique, dans les journaux de médecine 
êt jusque dans les gazettes politiques, avec un entraînement 
et une chaleur, qu’il n’est pas ordinaire de rencontrer chez 
d’autres que ceux qui sont emportés par le fanatisme religieux. 
« Tout, dit M. Gasc, le ramenait à son idée favorite, et entre 
ses mains les théories les plus opposées se ployaient parfaite¬ 
ment à son système. S’il avait recours quelquefois, dans le 
typhus , à la méthode excitante , ce n’était que par un reste 
d’habitude, qu’il ne manquait jamais d’ailleurs de justifier. Il 
attribuait aux médicamens des vertus toutes contraires à celles 
qu’il leur reconnaissait autrefois; comme, selon lui, le calo- 
melas était un antiphlogistique, il croyait qu’il ne serait peut- 
être pas déraisonnable de penser que le musc jouît d’une pr&- 



MARC 189 

priélé semblable. D’après cela on n’est pas étonné de ce qu’il 
faisait marcher cette substance et d’autres analogues par leurs 
vertus, de front avec la saignée. D’ailleurs Marcus avait une 
manière à lui d’expliquer l’action des médicamens; je lui ai 
entendu dire, au sujet d’un malade atteint de typhus, auquel 
il avait prescrit le quinquina jet les trois-quarts de la portion 
d’alimens de nos hôpitaux, que si ce malade digérait les re¬ 
mèdes , il pouvait, à plus forte raison, digérer les aïimens. » 
Un formulaire de poche et un petit traité sur la coqueluche 
furent les dernières productions de Marcus, qui succomba en- 
1816; toute la ville de Bamberg l’accompagna, en pleurant, à 
sa dernière demeure; elle venait de perdre son bienfaiteur, 
celui dont toutes les pensées, toutes les actions n’avaient eu en 
vue que le bien de ses habitans. Considéré comme homme, 
Marcus se montra doué du plus beau, du plus noble caractère, 
et digne de l’estime générale. Comme médecin, il passait en 
Allemagne pour un des plus habiles praticiens et des plus cé¬ 
lèbres professeurs. Il fut le premier, dans cette contrée, qui 
sentit la nécessité d’établir la me'decine pratique sur les bases 
de l’anatomie pathologique qui reconnut l’importance de la 
méthode antiphlogistique dans lè traitement des maladies. Mais 
une physiologie rigoureuse ne le guida jamais, parce que le 
temps n’était pas encore venu où l’on sentirait que les maladies 
n’étant que des lésions des organes, il faut, avant de disserter 
s.ur leur nature et de chercher à les guérir, connaître les carac¬ 
tères et les résultats de l’action normale de chaque organe. 
S’il eût vécu quelques années de plus, il eût concouru puis¬ 
samment à une réforme qu’il pressentit, et dont il fut sans 
contredit l’un des principaux fauteurs, quoique son nom-ne 
soit jamais prononcé chez nous. Mais il eut le grand tort de 
vivre toujours sous l’empire de l’imagination, et de ne pouvoir 
modérer une étonnante activité d’esprit qui, si elle le conduisit 
souvent à des idées heureuses, l’entraîna plus fréquemment 
encore dans l’erreur. Ce u’est pas trahir la vérité que de dire 
qu’il fut pour la médecine pratique ce que Darwin avait été 
pour la physiologie. On condamnera son étonnante versatilité 
dans la théorie, et son enthousiasme extraordinaire pour toute 
idée nouvelle ; mais on n’oubliera pas qu’il entrevit les principes 
de la vraie doctrine médicale, et que les travers de son esprit 
étaient rachetés par les plus brillantes qualités du cœur, une 
inépuisable bonté et un patriotisme à toute épreuve. Ses ou¬ 
vrages sont : 

Alhandlung von den Vortheilen, welche oeffentliche Krankenhaeuser 
dem Staate und no ch insbesondere der Medicin sludirenden Jugend ge- 
waehren. Bamberg et Wurzbourg, 1789, in-8°. 

Fraenkische arzneykundige Annalen, groessCentheils aus den Tage- 



igo 


MARE 


luecherndes BambergerKrankenkauses gezogen. Bamberg, 1792 ,111-8". 

Anlritlsrede bey Ankuendigung der klinischen Varie sungen. Bam¬ 
berg, 1793, in-8°. 

Beschreibung der letzlen TCrankheit des hochw, des 71.-R.-R. Fuers- 
ten Franz Eudwis, Bischoffen su Bamberg und Wurtzburg. Wurta- 
bonrg, 1795, in-4". 

Pruefung des Brownischen Systems derffeilhunde dxirch Erfahrungen 
am Krankenbetle. Weimar, 1797-1799, in-8°. 

Kurze Beschreibung des allgemeinen Krankenhauses su Bamberg. 
Weimar, 1797, in-8". 

Magasin fuer specielle Thérapie, Klinik und Staatsarzneykunde , 
nach den Grundsaetzen der Erregungstheorie. Iéna, 1802 - i8o5, in-8". 

Die medicinisch-chirurgische Schule su Bamberg, dargestellt. Bam¬ 
berg, 1804, in-4°. 

iahrbuecher der Medlcin als Wissenschaft. Iéna, 1805-1807,10-8". 

; Beytraege zur Erkenntniss und Behandlurig des gelben Fiebers. Iéna, 
i8o5, in-8". 

Entwurf einer speciellen Thérapie. Nuremberg, 1807 , in-8°. 

Ephemeriden der tleilkunde. Bamberg , 1810 et suiv. 10 vol. in-8". 

( A.-J.-x. jourdan) 


MARESCHAL (Georges) naquit à Calais en i658. Son 
père, ancien officier en retraite, jouissait d’une fortune très- 
médiocre, et ne put subvenir aux frais de son éducation 
chirurgicale. Cette circonstance obligea le jeune Mareschal, 
qu’un penchant très-vif portait vers la chirurgie, et qui se 
rendit fort jeune à Paris, de se placer chez un maître chirur¬ 
gien. Il fit bientôt, en anatomie, de grands progrès, et son as¬ 
siduité à l’hôpital de la Charité lui concilia l’estime de Morel 
et de R.oger, l’un chirurgien en chef, l’autre gagnant-maîlrise 
de cet établissement. Il obtint quelque temps après cette der¬ 
nière place, et, devenu gendre de Roger, il se fit recevoir maître 
en 1688. Presqu’aussilôt il remplaça Morel, que ses infirmités 
obligèrent de se retirer. Appelé en consultation, en 1696, pour 
un abcès considérable que le roi avait à la nuque , Mareschal 
se conduisit avec tant de. modestie et de circonspection que 
Félix le désigna pour son successeur. En 1703, il obtint cette 
place, à laquelle le portaient la réputation et les succès écla- 
tans de sa pratique. Nommé maître d’hôtel du roi en 1706, 
et annobü en 1707, il se donna, en 17)9, pour adjoint La 
Peyronnie. Dès-lors il partagea son temps entre ses nom¬ 
breuses occupations et le séjour de la campagne, où il mourut, 
le i3 décembre 1736, à la suite d’une inflammation chronique 
du foie. 

On doit à Mareschal presque tous les établissemens fondés 
sous Louis xv pour les progrès de la chirurgie et le soulagement 
des pauvres de la capitale. En 1724* P ar son influence, deux 
maîtres chirurgiens furent nommés pour traiter les pauvres à 
la Charité -, les mêmes lettres ordonnaient la création de cinq 
démonstrateurs royaux à Saint-Côme, En 1730, des censeurs 



MARE 191 

.royaux, tirés de la compagnie des maîtres en chirurgie, furent 
chargés d’examiner tous les ouvrages relatifs a cet art. Enfin , 
en ij3i, réuni à La Peyronnie, il obtint l’organisation de 
cette Académie royale de chirurgie, qui, dans sa trop courte 
carrière, jeta tant d’éclat et accomplit tant de travaux. Mares- 
chal était surtout praticien. 11 exécutait toutes les opérations 
avec une dextérité peu commune, et se distinguait spécialement 
dans l’opération de la taille par lé haut appareil, qu’il rendit 
plus simple et plus sûr. Il était devenu J’oracie do ses confrères, 
et ses arrêts, dans les consultations, passaient pour irrévoca¬ 
bles. Ce grand chirurgien n’a composé aucun ouvrage 5 mais 
on trouve d’excellentes observations de lui dans les écrits de 
Dionis, de Brisseau, de Garengeot, et dans les deux premiers 
volumes des Mémoires de L’Académie royale de chirurgie. 

(L.-J. BÉGIN J 

MARET (Hugues), d’une famille qui exerçait la chirurgie 
depuis plus d’un siècle, vint au monde à Dijon, en 1726, et 
obtint très-jeune une assez grande réputation dans la pratique 
de l’art auquel il s’était consacré d’après l’exemple de ses an¬ 
cêtres. Quelques écrits de jcirconstance sur les avantages de 
l’inoculation et sur les daDgers des inhumations dans les églises, 
fixèrent l’attention des savans sur lui. En 1773, il fut Lun des 
trois professeurs qui se chargèrent d’ouvrir des cours gratuits 
de chimie et de botanique dans le Jardin des plantes établi 
nouvellement à Dijon par Legouz de^ Gerland. Plus tard, il 
s ? appliqua à la chimie, dans laquelle ses rapides progrès le mi¬ 
rent bientôt en état de se livrer à des expériences, qui n’eussent 
pas manqué d’ajouter beaucoup à sa réputation, s’il leur eût 
donné de la suite. Reçu à l’Académie de Dijon en 1766, il 
devint secrétaire perpétuel de celte compagnie, dont il écrivit 
l’histoire dans le premier volume du reciieil qu’elle publiait. 
La place de médecin des états de Bourgogne pour les épidémies, 
dont il était revêtu, lui ayant imposé l’obligation d’aller com¬ 
battre une fièvre pestilentielle qui ravageait le village de Fresne- 
Sairst-Mamez'; il parvint à arrêter ce fléau destructeur, mais en 
fut atteint lui-même, et succomba le 11 juin tyBS. On a de 
lui des mémoires sur l’inoculation et sur l’usage des eaux mi¬ 
nérales, ainsi que de nombreuses observations dans la gazette 
de santé et des articles dans l’ancienne Encyclopédie. Il est 
aussi l’auteur des ouvrages suivans : 

Mémoire sur les bains'd’eau douce et d’eau de mer. Paris, 1769,10-8°. 

Ce travail est refondu dans l’article bains de l’Encyclopédie. 

Mémoire sur l'influence des mœurs des Français sur leur santé. Dijon, 
1772,10-12. 

Mémoire sur l'usage denterrer les morts dans les églises et dans les 
enceintes des villes. Dijon, 1773, in-8°. 





MARGGRAF ( André -Si gismond ), célèbre chimiste alle¬ 
mand, naquit à Berlin le 3 mars 170g. Il commença par e'tu-. 
dier la pharmacie, et travailla pendant quelque temps dans 
l’officine de son père, ainsi que dans celles de divers apothi¬ 
caires de Francfort et de Strasbourg. En n33, il se rendit à 
Halle, où il suivit les cours du grand Hoffmann et ceux de 
Junker. En même temps il s’adonnait aux travaux de la mé¬ 
tallurgie. Au retour d’un voyage dans le Harz, il se chargea 
de diriger l’officine de son père, et consacra tous ses momens 
de loisir à des expériences de chimie. L’Académie des sciences 
de Berlin l’admit parmi ses membres en 1738, et lui conféra 
le titre de directeur de la classe de physique après la mort 
d’Eller, en 1760. Vingt ans après, celle de Paris le nomma 
’ l’un de ses associés étrangers. Il mourut le 7 août 1782. La 
chimie venait d’être créée par le génie de Stahl, lorsqu’il forma 
le projet d’y consacrer sa vie entière, et la noble émulation 
qu’excitèrent en lui les travaux de Kronstedt, de Wallerius et 
de Gellert, le conduisit aux découvertes précieuses dont il eut 
la gloire d’enrichir cette science. L’analyse de l’urine lui fit 
reconnaître les divers sels que contient cette humeur, dans la¬ 
quelle il découvrit la présence de l’acide phosphorique. On lui 
doit d’importantes recherches sur le phosphore, et il a donné 
un moyen facile pour obtenir ce corps au moyen de l’hydro- 
chlorate de plomb. Ce fut lui qui, le premier, en démontra 
l’existence dans les végétaux, et parvint à le combiner avec 
l’arsenic, le zinc et le platine. Il apprit à distinguer la magné¬ 
sie des autres terres avec lesquelles on la confondait, détermina 
les caractères qui lui sont propres, et fit connaître l’alumine 
pure, que personne n’avait encore obtenue. Avant lui on con¬ 
fondait souvent ensemble la potasse et la soude, et le sulfate 
de baryte n’avait pu être décomposé. Nous citerons aussi ses 
recherches sur l’étain, sur le platine et sur le zinc, mais sur¬ 
tout celles qu’il fil dans le dessein de retirer un véritable sucre 
de diverses plantes indigènes, et d’après lésquelles il constata 
que les navets, les panais, les oignons, les carottes et la bette¬ 
rave peuvent fournir des quantités notables de substance su¬ 
crée. Malheureusement cette belle découverte demeura stérile 
entre ses mains, tandis que M. Achard a su lui donner de si 
heureux développemens. Presque tous ses travaux sont insérés, 
sous la forme de mémoires isolés, dans le recueil de l’Acadé¬ 
mie des sciences de Berlin, et dans les Miscellanea Berolinen. 



MARG 193 

sia. La plupart ont été traduits en allemand, et publiés séparé¬ 
ment par J.-G. Lehmann* sous le titre de : 

Ckymische Schriflen. Berlin, tome 1, 1761 ; Il, 1676, in-8°. 

On a aussi de Marggraf un opuscule intitulé : 

Chymische Vntersuchuns' eines sehr merhwuérdigem Tlrinsalzes, wel- 
cites das Saure des Phosphorus in sich enthaelt. Léipzick, 1757, in-4°. 

r„ (Ai-J.-L. J.) 

MARGGRAF (Chrétien), de Liebstadt, dans la Misnie, 
obtint les honneurs du doctorat à Franéquer, en 1659. L’Uni¬ 
versité de Leyde lui confia ensuite une chaire de pathologie, 
qu’il remplit avec honneur jusqu’à sa mort, arrivée en 1687. 
Livré par goût à la chimie, il donna dans l’erreur de ceux qui 
croyaient expliquer les fonctions des corps viva«s par les lois 
de cette science. On a de lui : 

Prodromus medicince practicœ et ralionalis superstructus circulari san- 
guinis motui ac hypothesi Helmontianœ et Sylvianœ facile medendi pic- 
risque effectïbus ex acido'et alcali methodo. Leyde, 1672, in-4°. 

Malaria medica contracta continens simplicia et composita médica¬ 
menta officinalia. Leyde, 1674, iu-4°. - Ibid. 1716, in-4 0 ,-Amsterdam , 
1682, in-4 0 . 

Ces deux traités ont été réunis sous le titre de : 

Opéra medica duobus libris comprëhensa. Amsterdam. 1682, in-4°. 
-Ibid. 1715, in-4 °. (a.-i.-l. 1.) 

MARGGRAF ( Georges ) , frère du précédent, naquit aussi 
à Liebstadt, le 20 septembre 1610. Parti de la maison pater¬ 
nelle à l’âge de dix-sept ans, il en passa onze à voyager, durant 
lesquelles il étudia tour à tour les mathématiques, la botani¬ 
que, la médecine et la chimie. Un goût décidé pour la vie er¬ 
rante l’entraînant pour ainsi dire malgré lui, il se rendit, en 
i638, au Brésil, où le gouverneur l’accueillit avec bienveil¬ 
lance , et lui fournit les moyens de parcourir le pays. Marggraf 
employa six années à parcourir les contrées voisines des côtes, 
depuis Rio-Grande jusqu’au midi de Fernambouc, et recueillit 
ainsi une foule d’observations relatives à la géographie, à l’as¬ 
tronomie et à l’histoire naturelle. Son inquiétude naturelle le 
conduisit ensuite sur la cote de Guinée, où il mourut, en 1644, 
V victime de l’insalubrité du climat. Plumier a honoré sa mémoire, 

; en lui consacrant un genre de plantes ( Marcgravia ) de la fa¬ 
mille des guttifères, La mort, qui le surprit à la fleur de l’âge, 
ne lui permit pas de mettre là dernière main à ses observations. 
Jean de Laet fut chargé de revoir celles qui concernaient l’his¬ 
toire naturelle, et de les publier dans un même volume, mais 
séparément, avec celles de Pison. Il s’acquitta parfaitement de 
cette tâche difficile, ajouta des notes, compléta les lacunes par 
toutes les notions authentiques qu’il put recueillir, et fit pa¬ 
raître le travail des deux naturalistes sous ce titre : 


I 9 4 mari 

G. Pisonis , de medicinâ brasiliensi libri quatuor ; G. Maregravi His¬ 
toriée rerum naturalium Brasiliœ libriocto. Amsterdam, 1648, in-fol. 

De ces huit livres, trois sont consacrés anx plantes, un aux poissons, 
un aux oiseaux. Un aux quadrupèdes et serpens, un aux insectes, un, 
enfin, au pays et aux habitans. Jusqu’au voyage de M, le prince de 
Weuwied, c’est-à-dire jusqu’à ces derniers temps, cet ouvrage a été le 
plus important que nous eussions pour toute l’Amérique méridionale. 
On y trouve plus de cinq cents figures en bois, qui représentent des 
animaux et des plantes. La plupart sont fort exactes, quoiqu’un peu 
grossières, comme toutes celles de l’époque. Elles s’étendent sur toutes 
les classes. Les poissons sont très-nombreux et bien décrits. On y trouve 
beaucoup d’espèces rares. Parmi les quadrupèdes, plusieurs sont dé¬ 
crits pour la première fois, comme le tapir, les différens fourmiliers et 
paresseux, ainsi qne quelques rongeurs remarquables, tels que le cabiai 
et le porte-épic à queue préhensile. Marggraf a fait de même connaître 
une foule de plantes nouvelles, pour lesquelles il donne les noms que les 
Brésiliens lui avaient indiqués, et qu’on a depuis reconnues pour la plu¬ 
part. Son travail a plus servi l’histoire naturelle que celui d’Hernandez 
sur le Mexique, et par les matériaux qui ont été employés à la rédac¬ 
tion, et par la manière même dont cette rédaction a été faite. ^ 

MARHERR (Philippe-Ambroise), mort le 28 mars 1771, 
à Prague, où il était professeur de physiologie à l’Université, 
avait étudié la médecine à Vienne, et pris le grade de docteur 
sous, les auspices du célèbre Népomucène Cranz. On a de lui : 

Çhiœstio medica : quœ sint caussœ musculorum motrices. Vienne, 1761, 

Dissertatio chymica de ajfmilale corporum. Vienne, 1762, in-4°.-Trad. 
en allemand par E.-G-. Baldinger, Léipzick, 1764, in-8°. 

Programma de electricilatis aéreœ tn. corpus humaiium actione. Vienne, 
*766, in-4°. 

Prœlectiones in H. Boerhaavii institutiones medicas . Vienne et Léip¬ 
zick, 1772, 3 vol. in-8°. - Ibid. 1785, in-8°. (o.) 

MARIANO ( André ) , né à Bologne, enseigna la médecine 
avec distinction dans cette ville, ainsi que dans les écoles de 
Pise et de Mantoue. Après quarante ans dé professorat , il re¬ 
nonça à l’ensèignement public, et se retira dans sà patrie, où il 
mourut en 1661. On n’a de lui, sur l’art de guérir, qu’un traité 
de la peste qui désola Bologne en i63o, ayant pour titre: 

ï)e peste anni i63o, cujus generis fuerit,et an ab aère? Bologne, 
i63i , in-4°. ' (o.) 

MAR1NTJS, médecin qui vivait sous le règne de Néron, est 
cité avec de grands éloges par Galien, qui l’appelle même le 
restaurateur de l’anatomie. Aucun de ses écrits n’ëst arrivé jus¬ 
qu’à nous, mais le médecin de Pergame parait y avoir puisé 
libe'ralement. Cet anatomiste découvrit les glandes du mésen¬ 
tère , et enrichit la névrologie de plusieurs découverte ; il fixa 
le nombre des paires de nerfs à sept, aperçut le premier les 



MARJ i 9 5 

nerfs palatins, qu’on croyait alors être la quatrième paire, et 
* comprit, sous le nom de cinquième, les'nerfs auditif et facial, 
qu’il supposait n’en former qu’un seul. Il de'crivit également 
le grand hypoglosse, sous.le nom de nerf de la sixième paire, 
et indiqua les différences qu’il présente dans les animaux. 

(o.) 

MARIOTTE (Edme), physicien célèbre du dix-septième 
siècle, avait embrassé l’état ecclésiastique, et fut pourvu du 
prieuré dé Saint-Martin sous Beaune, où il mourut le 12 mai 
1684. Il avait été admis à l’Académie des sciences, lors de sa 
formation. Quoiqu’il n’ait pas fait de découvertes importantes, 
Ses expériences ont contribué à en confirmer plusieurs, entre 
autres la théorie du mouvement des corps trouvée par Galilée , 
celle de l’hydrostatique que Galilée et Pascal venaient de res¬ 
susciter, les lois du choc des corps découvertes par Wallis , 
Wren et Huygens, etc. L’honneur lui appartient. d’avoir dé¬ 
montré, le premier, que l’applicarion de la géométrie aux 
sciences physiques était le seul moyen d’arriver à des résultats 
vraiment importans. Chacun connaît l’expérience célèbre par 
laquelle il se convainquit que l’entrée du nerf optique n’est 
pas au milieu du fond de l’œil, observation que le jésuite 
Scheiner avait déjà faite avant lui. Cette expérience le condui¬ 
sit à prétendre que ce n’est pas la rétine, comme l’avait dit 
Kepler, mais bien la choroïde, qui est le siégé de la vision, 
erreur que Pecquet et Perrault attaquèrent, et qui donna lieu 
à des discussions assez animées et assez longues. Parmi ses 
ouvrages, qui ont été reunis ensemble (Leyde, 1717, in-4°. 
•—La Haye, 174°, in-4°. ), nous ne citerons que les suivans : 



MARJOLIN (Jean-Nicolas), né à Ray-sur-Saône, le6 dé¬ 
cembre 1780, embrassa, jeune encore, la carrière chirurgicale. 
Arrivé à Paris, il se fit bientôt remarquer par un jugement so¬ 
lide et par une infatigable application. Il est du petit nombre 
des hommes qui ont obtenu au concours toutes les distinctions 
et toutes les places que les Facultés de médecine peuvent ac¬ 
corder. C’est par cette voie que M. Marjolin remporta, en 1801, 
les deux premiers prix de cliniqué interne et externe ; les places 
d’aide d’anatomie et de prosecteur de la Faculté lui furent 
données" plus tard à la suüe de deux autres concours. Il dis¬ 
puta, en 1812, la chaire ae médecine opératoire devenue va¬ 
cante par la mort de Sabatier, et si, dans celte occasion, ses 
i3. 



196 MARQ 

efforts ne furent pas couronnés par le succès, ils suffirent du 
moins pour lui assurer une des premières places parmi les chi¬ 
rurgiens de la capitale. En 1818, un dernier concours, avec 
M. Béclard, lui fit obtenir la place de chirurgien en second de 
l’Hôiel-Dieu de Paris. Présenté en 1819 par la Faculté, il fut 
nommé professeur de pathologie externe, et devint membre de 
l’Académie royale de médecine, lorsque cette compagnie fut 
créée. M. Marjolin a fait, depuis 1809 jusqu’en 1819, des cours 
particuliers d’anatomie et de chirurgie, dont l’empressement 
des élèves attestait l’excellence. On a de lui les ouvrages suivans : 

Propositions de chirurgie et de médecine. Paris, 1808, in-4°. 

De P opération de la hernie inguinale étranglée. Paris, 1812, in-4°. 

Ce travail, composé pour le concours relatif à la chaire de médecine 
opératoire, est une des meilleures monographies que nous possédions sur 
la maladie qui en est l’objet. 

Manuel d'anatomie. Paris, 1810., 2 vol. in-8°. -Ibid. 1814 , in-8°. 

( L.-J. BÉGIN ) 

MARLIANO (Jean), philosophe, médecin et mathémati¬ 
cien de Milan, mort en i483, dans un âge très-avancé, en¬ 
seigna et pratiqua la médecine à Pavie avec beaucoup de ré¬ 
putation , et mérita l’estime des premiers ducs de 'Milan, dont 
il fut le médecin particulier.. On a de lui : 

Quœstiones de caliditate corporum humanorum , tempore hyemis et 
œstatis, et de antiperistasi. Venise, i5oi, in-fol. (z.) 

MARQUAIS (Jean-Théodore) , ancien chirurgien de l’hô¬ 
pital de la Charité, noâimé par ordonnance du roi, du g no¬ 
vembre i8i5, membre de la commission chargée d’examiner 
l’état de l’enseignement dans les écoles de médecine et de chi¬ 
rurgie , n’est guère connu que par ses opinions exagérées sur 
la nécessité de séparer l’étude de la médecine de celle de la 
chirurgie. Il a publié à ce sujet : 

Réponse au discours de M. lé professeur Hallé, et aux mémoires pu¬ 
bliés par la Faculté de médecine de Paris sur Vimportance de conserver 
la réunion de toutes les parties de’Part de guérir. Paris ,1816, in-8°. 

Réflexions sommaires sur un écrit ayant pour titre: Des études du 
médecin , par M. Prunelle. Paris, 1816, in-4 0 . 

Observations sur un écrit publié par M. Réveillé, ayant pour titre : 
Mémoire sur L’état actuel de l’enseignement de la médecine et delà chi¬ 
rurgie en France. Paris, 1817, in-4 0 . 

Adresse au roi et aux deux chambres sur là nécessité de réorganiser 
les écoles de médecine et de chirurgie en France. Paris, 1818, in-4 0 . 

« (LEFÈVREj 

MARQUE (Jacques de), chirurgien de Paris, naquit dans 
celte ville en i56g, et y mourut le 22 mai 1622. Il était doué 
d’un esprit lort judicieux, et versé en outre dans la lecture 




le citèrent pas. 

Traité des bandages. Paris, 1618, in-8°. -Ibid. i63i , in-8°. 

Ce traité était fort estimé, et l'on y trouverait encore aujourd’hui de 
bonnes choses. (a.) 

MAB.QUET ( Fa ançois-Nicolas ), né à Nancy-, en 1687 , 
étudia la médecine durant dix anne'es à l’Université de Pont-à- 
Mousson, d’où il se rendit à Montpellier, dans l’intention d’y 
étendre ses connaissances. Comme il était sans fortune, il fut 
obligé d’accepter l’emploi de précepteur pour enseigner la lan¬ 
gue latine à quelques jeunes gens. Cet emploi lui laissait assez 
de temps pour suivre les cours de la Faculté de médecine, 
qu’il fréquenta avec assiduité pendant quatre ans. Au bout de 
ce laps de temps, il retourna dans sa patrie, prit le grade de 
docteur à Pont-à-Mousson, et s’établit ensuite à Nancy, où il 
se livra à la pratique, sans toutefois négliger la botanique, 
pour laquelle il avait conçu une véritable passion à Montpel¬ 
lier. Le duc de Lorraine encouragea ses travaux, le nomma 
médecin de la cour, et lui accorda une pension, avec un ter¬ 
rain destiné à former un jardin de botanique. Marquet ne 
tarda pas à faire fleurir ce dernier établissement, qui flattait 
son goût favori, et dans le même temps il s’occupa de dresser 
le catalogue des plantes qui croissent en Lorraine. Malheureu¬ 
sement la mort du duc empêcha la publication de cette flore 
volumineuse, qui, après bien des vicissitudes, tomba entre les 
mains de Buc’hoz, geudrc de l’auteur, lequel s’en servit pour 




i9 8 MARQ 

composer sa description historique des plantes qui croissent 
dans la Lorraine et les trois évêchés. Quand la Lorraine passa 
sous la domination de la France, Marquet fut nommé doyen 
du College de médecine établi à Nancy. Il mourut le 29 mai 
i^ôg. Nous avons de lui divers ouvrages qui ont été publiés 
par son gendre, connu par le nombre prodigieux et l'excessive 
médiocrité des livres dont l’esprit mercantile lui a fait surchar¬ 
ger la littérature : 

Méthode pour apprendre , par les notes de la musique , à connaître 
le pouls de l'homme et les différens changemens qui lui arrivent depuis 
sa naissance jusqu' à sa mort. Nancy, 1747, m-4°. 

Marquet s’est abandonné à tout l’élan de son imagination, dans cet 
ouvrage dont la lecture est plus curieuse qu’instructive, et qui a pour 
but de reproduire les anciennes rêveries d’Héropkile, sur la prétendue 
possibilité de reconnaître l’état du pouls par une similitude avec les ' 
divers rhythmes de la musique. 

Observations sur la guérison de plusieurs maladies notables , aiguës et 
chroniques , auxquelles on a joint l’histoire de quelques maladies arri¬ 
vées à Nancy et dans les environs, avec la méthode employée pour les 
guérir. Paris, 1^50, in-12. -Ibid. 1770, in-12. 

Traité pratique de Vhydropisie et de la jaunissé. Paris, 1770, in-8°. 

Médecine moderne. Paris, 1777 , in-8°. (».) 

MARQUIS (Alexandre-L otus), professeur de botanique 
au jardin des plantes de Rouen, depuis 1811, secrétaire perpé¬ 
tuel, pour la classe des sciences, de l’Académie royale de la 
même ville, est né en 1777, à Dreux. Reçu docteur en méde¬ 
cine à Paris, en 1810, il a publié : 

Essai sur l'histoire naturelle et médicale des- gond mes. Paris, 1810 , 

10 Plan raisonné d'an cours de botanique spéciale et médicale. Rouen, 
ï 8 i 5, in-8°. 

Podalire, ou le premier âge de la médecine. Paris, i8i5, in-12. 

Tableau poétique, plein de grâce et de fraîcheur, de l’origine et des 
premiers progrès de l’art médical chez les Grecs, aux temps héroïques. 

Réflexions sur le népenlhès dHomère. Rouen , i 8 i 5, in-8°. 

Eloge de Linné. Rouen, 1817, in-8°. 

Les solanées , ou les plantes.vénéneuses : idylle. Rouen, 1817, in-8 < ’. 

Esquisse du règne végétal , ou Tableau caractéristique des familles 
des plantes , avec l’indication, des propriétés des plantes de chaque fa¬ 
mille , suivant la classification adoptée pour le cours de botanique du 
jardin de Rouen. Rouen , 1820 , in-8°. 

La classification est à peu près la même que celle quîavait déjà pro¬ 
posée l’auteur,conjointement avec M. Loiseleur-Deslongchamps , dans 
plusieurs ouvrages, et autr’autres dans l’article Méthode du Dictionaire 
des sciences medicales. C’est aussi celle qu’avec peu de modifications 
M. Mérat a suivie dans la seconde édition de sa Flore des environs de 
Paris. Un aperçu de physiologie végétale forme la première partie de 
cet ouvrage, qui est terminé par un essai de classification des médica- 
mens d’après leurs propriétés. 

Fragmens de philosophie botanique , ou de la Manière la plus conve¬ 
nable de voir et de travailler en histoire naturelle, et particulièrement 



MARSIGLI ( Louis -Ferdinand). Il est des hommes pour 
qui l’e'tude des sciences a un tel attrait, que les agitations d’une 
vie orageuse et les événemens les plus imprévus ne sauraient 
les empêcher de se livrer au penchant qui les entraîne : tel fut 
le comte Marsigli. Si au titre de savant il ne joignait pas celui 
de fondateur d’un établissement qui a rendu à la science des 
services signalés, nous pourrions balancer à inscrire son nom 
dans un ouvrage spécialement destiné à faire connaître les mé¬ 
decins célèbres ; mais ne serait-ce pas manquer à la reconnais¬ 
sance que de refuser quelques lignes à la mémoire de celui qui, 
après avoir consacré sa vie à cultiver les sciences, a voulu que 
sa fortune servît à les propager. 

Louis-Ferdinand Marsigli, né à Bologne, le io juillet i 658 , 
appartenait à l’une des premières maisons de cette ville. Lié 
de bonne heure avec la plupart des savans que possédait alors 
l’Italie, il acquit des connaissances supérieures a celles que sem¬ 
blait à cette époque exiger l’état auquel il se destinait. En 1679^ 


aoo MARS 

il accompagna l’ambassadeur de Venise à Constantinople, et 
quoique le but de ce voyage ne fût pas tout à fait scientifique, 
il en profita pour étudier le Bosphore de Thrace, sur lequel 
il publia, en 1681, un traité tout en italien, et dédié à la reine 
Christine de Suède.En 1680, il entra au service de l’empereur 
Léopold, qui était en guerre avec les Turcs, et il s’acquitta 
assez heureusement des fonctions qui lui furent confiées pour 
qu’à titre de récompense on lui donnât, en i 683 , une compa¬ 
gnie d’infanterie ; le 2 juillet de cette même année, au passage 
du Raab, il fut blessé et tomba outre les mains des Tartares 
qui, après lui avoir fait essuyer toutes sortes de mauvais traite- 
mens, le vendirent à deux Turcs avec lesquels il eut encore 
beaucoup à souffrir, plutôt à cause de leur misère qu’à raison 
de leur inhumanité : aussi regarda-t-il ce changement de con¬ 
dition comine une bonne fortune dont, par la suite, il së 
montra reconnaissant. Etant parvenu à donner de ses nouvelles 
en Italie, il fut racheté au mois de mars 1684, revint dans sa 
patrie , et bientôt après retourna à Vienne, fut employé à di¬ 
riger les fortifications de plusieurs places, et a ordonner les 
travaux relatifs au siège de Bude que méditaient alors les 
Impériaux,- enfin, il eut aussi part à la construction d’un pont 
élevé sur le Danube, et il est probable que cette circonstance" 
a contribué à lui faire entreprendre le grand ouvrage sur le 
cours de ce fleuve qu’il fit imprimer à La.Haye en 1726 en 
6 vol. in-fol. 

Le comte de Marsigli, élevé au grade de colonel en 1689, 
servit, comme négociateur, ie prince auquel, comme militaire, 
il avait déjà rendu d’importans services, ear il fut employé 
dans les négociations qui eurent lieu entre l’Autriche et la 
Porte-Ottomane, lorsque ces deux puissances songèrent à con¬ 
clure la paix. Se trouvant alors sur les confins de la Dalmatie 
vénitienne, dans'le voisinage du lieu où il avait été esclave 
quelques années auparavant, il s’informa de ses anciens maîtres, 
et ayant, appris qu’ils vivaient encore, il s’empressa de soula¬ 
ger leur misère, et obtint pour l’un d’eux un bénéfice militaire 
que lui accorda le grand visir, avec lequel il se trouvait alors 
en relation. 

En 1703, lors de la guerre de la succession, la place de 
Brissac se rendit au duc de Bourgogne, après treize jours de 
tranchée ouvérte : le comte Marsigli, parvenu au grade de 
général, y commandait en second.sous le comte d’Arco. Léo¬ 
pold, persuadé que.cette place aurait pu tenir plus long-temps, 
fil méttre en jugement deux officiers qui lui paraissaient avoir 
trahi leur devoir : le comte d’Arco fut condamné à avoir la 
tête tranchée, et subit son jugement; le comte Marsigli, déchu 
de ses honneurs et charges , eut son épée-brisée. Après avoir 



MARS 201 

Inutilement passé à Vienne huit mois sans pouvoir approcher 
l’empereur, dont il aurait voulu obtenir la révision de son 
jugement, il s’adressa aii public, et dans un mémoire justifi¬ 
catif, généralement accueilli, il fit voir que la place de Brissac 
ne pouvait opposer une plus vive résistance, et à cet égard 
l’opinion du maréchal de Vauban justifiait l’assertion du comte 
Marsigli, qui, d’ailleurs , ne commandait, pas en chef.'Si l’on 
en croit un biographe moderne, « Louis xiv lui-même rendit 
justice à cet homme injustement accusé, puisque l’ayant vu à 
sa cour sans épée, il lui donna la sienne, et l’assura de ses 
bonnes grâces. » On peut douter de la vérité de cette anecdote, 
qu’aurait dû connaître et que n’aurait pas manqué de citer 
Fontenelle, contemporain et confrère du comte Marsigli, dont 
il a fait l’éloge comme associé étranger de l’Académie des 
sciences; mais un fait tout aussi honorable et beaucoup plus 
certain, c’est qu’en 1715 l’Académie des sciences, selon la règle, 
proposa au roi, pour une place vacante d’associé étranger, le 
duc d’Escalonne, grand d’Espagne, et le comte Marsigli; le roi 
ne voulut pas choisir, les agréant l’un et l’autre, et ordonna que 
la première place d’associé étranger qui viendrait à vaquer ne 
serait pas remplie. 

Un homme qui, en suivant la carrière militaire et au milieu 
des occupations diplomatiques, n’avait jamais cessé de cultiver 
les sciences, ne devait pas y renoncer an moment où elles seules 
pouvaient le consoler de l’injustice des hommes: habitué àlever 
des plans, à déterminer la situation géographique des lieux 
qu’il parcourait, à mesurer la vitesse des rivières, et à rassem¬ 
bler les productions minérales, végétales ou animales qu’il 
pouvait découvrit, le comte Marsigli regardait avec raison les 
voyages comme une source féconde d’instruction : aussi il visita 
la Suisse,' parcourut toute la France, et s’arrêta à Marseille 
avec l’intention .d’y étudier la mer et ses productions. Là, il 
rencontra sur le pont un galérien.qui se jeta à ses pieds, et qui 
pour toute grâce semblait lui demander de ne pas aggraver sa 
misère. C’était un des Turcs dont le comte Marsigli avait eu le 
plus à se plaindre lors de son esclavage; il s’employa auprès 
du comte de Pontchartrain, et obtint du roi la liberté de ce 
misérable, qui fut renvoyé à Alger. • 

En 1709, le pape Clément si confia au comte Marsigli le 
commandement des troupes qu’il voulait opposer à celles de 
Joseph i er , nouvelle preuve que le jugement des commissaires 
impériaux n’avait porte" aucune atteinte à la réputation de cet 
officier. Les circonstances ayant changé, le pape s’efforça, mais 
inutilement, de retenir à son service un homme dont il appré¬ 
ciait le mérite, et en 1710, le comte Marsigli revint en Pro¬ 
vence se livrer à ses études favorites. Ayant déjà passé plus 



2 oa MÀRT 

de trente ans de sa vie à rassembler tout ce qui pouvait con¬ 
tribuer à l’avancement des sciences qu’il affectionnait, il pos¬ 
sédait une collection pre'cieuse, surtout à cette époque; il en fit 
présenta la ville de Bologne, et pour Utiliser ces richesses, 
il créa l'établissement si connu sous le nom d 'Institut des 
sciences et des arts de Bologne. Depuis cette époque jusqu’à 
sa mort, le comte Marsigli ne perdit jamais de vue l’école 
qu’il avait fondée, et dans un âge déjà fort avancé, il vint à 
Londres et à Amsterdam, uniquement pour acquérir les objets 
d’histoire naturelle dont manquait l’Institut. Ayant en quelque 
sorte rempli la tâche qu’il s’était imposée, Marsigli, en 1728, 
retourna en Provence afin de pouvoir, dans sa retraite, se 
livrer en liberté aux recherches qu’il avait entreprises. En 172g, 
il eut une légère attaque d’apoplexie; les médecins lui conseil¬ 
lèrent de retourner à Bologne, où il périt le i er novembre 
1730, victime d’une seconde attaque, et laissant à la postérité 
une nouvelle preuve que l’étude est toujours un réfuge assuré 
contre l’adversité. (thillaye aîné) 

MARTEL (François) , chirurgien habile qui florissait en 
1577, fut attaché, en qualité de chirurgien ordinaire, à la 
personne de Henri iv, qu’il suivit dans toutes ses expéditions , 
et à qui il sauva, dit-on, la vie par uDe saignée pratiquée à 
propos. A la mort de Duportail, il obtint le titre de premier 
médecin du roi. Op a de lui les deux ouvrages suivans : 

Apologie pour les chirurgiens contre ceux qui publient qu’ils ne doi¬ 
vent se mêler de remettre les os rompus et démis et plusieurs paradoxes y 
en forme d’aphorismes très-utiles pour la pratique delà chirurgie. Lyon, 

Discours sur la curation des arquebusades. 

Ces écrits sont publiés avec ceux de Philippe de Flesselles ( Paris, 
i635, in-12. . (t.-j. eégin) 

MARTIANO (Prospee), médecin italien du dix-septième 
siècle, était né à Sassuolo, dans le duché de Modène. Sa pra¬ 
tique heureuse lui acquit une grande réputation à Rome, où. 
il s’était établi. C’est là tout ce qu’on sait sur son compte. On 
lui doit des commentaires sur Hippocrate, dont Baglivi faisait 
le plus grand cas, et qu’il plaçait immédiatement après ceux 
de Duret. Cet ouvrage, écrit en latin, a pour titre : 

Magnus Hippocratis Cous explicatus , sive operum Hippocratis inler- 
pretatio. Rome, 1626, in-fol. - Ibid. 1628, in-fol.-Venise, i 652, in-fol. 
-Padoue, 1718, in-fol. (z.) 

MARTIANUS, disciple d’Erasistrate, vivait au second 
siècle de l’ère vulgaire, et enseignait l’anatomie à Rome. Il avait 
écrit deux livres, aujourd’hui perdus, sur la structure du corps 



MART ao3 

humain. Galien nous le dépeint comme un homme envieux et 
querelleur. Il eut même à soutenir contre lui une discussion, à 
raison de laquelle il écrivit ses trois livres De anatomiâ Era - 
sistrati, qui ne sont point non plus parvenus jusqu’à nous, au 
grand regret de tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de la 
science. (o.) 

MARTIN (Bernardin), fils de l’apothicaire de la reine 
Marie de Médicis, naquit à Paris le 8 janvier 1629; à l’âge de 
quarante ans, il entra au service du prince de Condé, en qua¬ 
lité de chimiste. Outre la relation des voyages qu’il avait faits 
en Espagne, en Portugal, en Allemagne et dans les Pays-Bas, 
il a publié : 

Dissertation sur les dents. Paris, 1679, 

Traité sur Pusage du lait. Paris , 1684, in-12. - Ibid. 1706, ïn-12. 

Martin ( Jean ), de Paris , fut professeur aux écoles de médecine de 
cette ville, et mourut en 160g, laissant des commentaires manuscrits 
sur Hippocrate , que René Moreau a fait paraître sous ces titres : 

Prœlectiones in librum Hippocralis Coï de morbis internis. Paris, iôSy, 

Prælectiones in librum Hippocralis Coi de aère, aquis et locis. Paris, 

1646, in-4 0 . „ (z.) 

MARTINEZ DE LEIYA (Michel) exerçait la profession 
de chirurgien vers la fin du seizième siècle. Il s’adonna surtout 
à la branche de la chirurgie consacrée aux maladies des 
dents; sa pratique offrait cela de particulier qu’il ne se servait 
jamais d’aucun instrument autre que ses doigts pour faire l’é¬ 
vulsion des dents, même des molaires. Mais ce qui lui gagna 
l’estime de ses concitoyens, ce fut le zèle qu’il mit à les secou¬ 
rir, lors de la peste qui se manifesta en i 58 i, et qui désola, 
pendant près de trois ans, l’Andalousie et surtout Séville, il a 
laissé : 

Remédias preservalivos y curativos para en tiempo de la peste y otras 
curiosas experiencas. Madrid, i597,in-8°. 

Martinez de Castrillo ( François ) , dont on a: 

Coloquio de la dentadura y ordeh de aderezar los diendes. Valladolid, 
i 557 et 1570, in-8 °. (lefèvre) 

MARTINI (Frédéric-Henri-Guillattme) , laborieux méde¬ 
cin et naturaliste, naquit le 3i août 1729 à Ohrdruf, dans le 
duché de Gotha. Il fut envoyé à Iéna pour y étudier la théo¬ 
logie , mais la faiblesse de sa constitution lui fit prendre le parti 
d’embrasser la carrière de la médecine, à,laquelle il se livra 
tant dans celte Université célèbre qu’a Berlin et à Francfort- 
sur-l’Oder. Ayant été admis, en i’jS'j, aux honneurs du doc- 
torat, il alla exercer son art à Artern, près de Mansfeld, où, 
pendant quatre années, il consacra tous les momens de loisir 
que lui laissait une pratique étendue, à l’élude de la nature, 



204 - M ART 

vers laquelle son penchant l’enthaînait. Mais comme cette petite 
ville ne lui offrait plus les ressources littéraires dont chaque 
jour il sentait de plus en plus le besoin, il prit le parti de venir 
s’établir'à Berlin. Les succès obtenus par les sociétés d’histoire 
naturelle de Dantzick, de Dronthein et de Cuneo, lui suggé¬ 
rèrent l’idée d’en établir une aussi dans cette ville. Telle fut 
l’origine de la Société des amis scrutateurs de la nature, ins¬ 
tituée en 1773, et dont il fut aussitôt nommé secrétaire per¬ 
pétuel, place dans laquelle il déploya une activité peu com¬ 
mune. L’ardeur qu’il mettait au travail lui devint funeste, et 
le fit descendre au tombeau le 17 juin 1778. La. minéralogie 
et la conchyliologie furent les branches qu’il cultiva plus par¬ 
ticulièrement. On est surpris du nombre prodigieux d’ouvrages 
qu’il fit paraître dans le cours de quatorze années seulement, 
mais tous portent le cachet de la précipitation, et sont surtout 
déparés par une prolixité qui en rend la lecture désagréable et 
fatigante. 


Dissertatio chymico-medica de chenopodio ambrosioi.de. Francfort-sur- 
l’Oder, .1757, in-4°. 

Etwasfuer meine Freunde und Freundinnen in vermischten Schrijien. 
Nuremberg, 1766, in-8°. 

Freundschaftliche Briefe, von unterschiedenen p’erjassern zur Ver- 
gnuegung des Herzens. Nuremberg, 1767, in-8°. 

Ahhandlung von der Unvoükommenheit der meisten teutschen pràk- 
tischen Handbuecher. Nuremberg, 1767, in-8°. 

Neues systematisches Conchyliencabinel. Nuremberg, 1768-1788, 
10 vol. in-4°. 

Magnifique ouvrage, orna «Fun grand nombre de planches coloriées 
et de vignettes. Martini n’a donné qüe lca trois premiers volumes; les 
autres sont de Jean-Jérôme Cheronitz , de Copenhague, qui en a publié 
un onzième en 1796. La table générale est de Jean-Samuel Schroeter. 

Jugendliche Unterredungen zum Unterricht lehrbegierigen Kinder. 
Berlin, 1770-1775, 2 vol. in8°. 





Iütjj, m-12. 

Anteambuio medicus , s. unwersitas arlis hebdomadali represenlanta, 
Btieg, 1681, in-12. 

Martini ( Mathieu ) médecin à Eisleben, a écrit : 

Commentatio de scorbulo. Iéna, 1624, in-8°. 

Affectionum hypochondriacarum historia et curatio. Halle, i643, in-8°. 
De morbis mesenterii abstrusioribus in scholis medicorum hactenus 
prœtermissis. Eisleben, 1616, in-8°. - Halle, 1625, in-8°. - Léipzick, 
i63o, in-8°. (z.) 


•wissenschaft , Naturgeschiclite und der 
eberhaupt. Berlin, 1765-1769, 4 T0 *- 


Neue Manni^faltigkeiten. Ber lin, 1778-1780, 4 vol. m-8°. 

Allerneueste Mannigfalligheiten. Berlin, 1781-1784,4 vol. in-S". 

Beschaeftigungen der Gesellschaft naturforschender Freunde. Berlin, 
1775-1779, 4 vol. in-8°. 

Il avait préparé une édition allemande de l’Histoire des araignées de 
Lister, que J.-A.-E. Goeze publia après sa mort ( Quedlinbourg el 
Blankenbourg, 1778, in-8°.}. ( a.-j.-l.i. ) 

MARTINI (Jean-Bernard) , né à Wunstorf en 1721, mort 
le 3o mai 1800 à Bronswick, était doyen du Collège des mé¬ 
decins de cette ville, et conseiller du duc. Il a publié le Dis- 
-pensatorium Bronsvicense (Bronswick, 1777, in-4°. ), inséré 
divers Mémoires dans la Gazette littéraire de Bronswick, el 
donné en outre : 

Dissertatio de tussi. Gœttingue, 1747, ™-4°- 

Dissertatio epistolaris de oleo Wittnébiano , vulgo dicta Kajoeput, 
revocalo in terras Brunsvicenses, saluberrimis effectibus pleno,. Brons¬ 
wick , 1751, in-4“. 

Martini ( Grégoire ), de Francfort-sur-l’Oder, a laissé : 

Commentaduncula in lïbri qui inscribuntur de chymicorum cum Aris- 
tolelicis et Galenicis consensu ac dissensu cap. XI. Francfort-sur-l’Oder, 
1621, in-8°. 

Martini (Henri), mort le 10 février 1676, était de Dantzick, et 
exerçait la médecine à Brieg, eh Silésie. On a de lui : 

Anatomia urinœ galeno - spagyrica, et ars pronuntiandi de urinis. 
Francfort, i65o, ia-12. -Ibid. 1658, iu-12. - Ibid. i 65 9 , in-12. -Ibid. 


MARTINIÉRE (Pierre-Martin de la), né à Rouen, sui¬ 
vant toutes les apparences, se laissa aller de bonne heure aux 
hasards de la mer, et fit divers voyages en Asie et en Afrique. 
Il se trouvait à Copenhague, lorsque la compagnie du Nord, 




ao6 MART 

appréciant les avantages du commerce de la Norwège, repré¬ 
senta au roi Frédéric ni que les bénéfices seraient encore plus 
considérables si l’on avançait plus loin. Le monarque, ayant 
prêté l’oreille à cet avis, autorisa la compagnie à équiper 
trois bâtimens. La Martinière s’embarqua sur l’un de ces na¬ 
vires, en qualité de chirurgien, mit à la voile vers la fin de 
février, en i653, et revint à Copenhague, après avoir visité 
les côtes de la Norwège, de la Laponie et de la Russie jusqu’à 
la Nouvelle-Zemble, ainsi que le Groenland et l’Islande. Quel¬ 
que temps après, il rentra en France, où il continua d’exercer 
l’art de guérir, et vécut jusque vers la fin du dix-septième 
siècle. Outre une mauvaise relation de son voyage, qui n’est 
remarquable qu’en ce que c’est la première qu’un Français ait 
donnée d’un voyage maritime le long des côtes septentrionales 
de l’Europe ( Paris, 1671, in-12.—Amsterdam, 1708, in-12), 
on a de lui les ouvrages sùivans, qui ne sont guère meilleurs : 

Traité de la maladie vénérienne , de ses causes et des accidens pro¬ 
venant du mercure. Paris, 1664, in-16. - Ibid. 1684, in-16. 

Ce traité ne renferme rien de neuf ; il témoigné de la crédulité de l’au¬ 
teur, qui paraît avoir ajouté une foi implicite aux rêveries de l’astrologie 
judiciaire. 

Le prince des opérateurs. Rouen , 1664, in-12. - Ibid. 1668, in-12. 

(o.) 

MARTIUS (Ernest-Guillaume), né à Weissenstadt dans 
le pays de Bayre.uth, le 10 septembre 1736, pharmacien, 
d’abord a Mayence,. puis a Erlangue, est auteur des ouvrages 
suivans : 

Neueste Anweisung, Pflanzen nach dem Leben abzudrucken. Wetz- 
lar, 1784» in-8°- 

Etwas ueber die Weine and ihre Verfaelschung. Ratisbonne, 1789 


Gesammelte Nachrichten ueben den macassarisclien Giftbaume. Er- 
langue, 1792, in-8°. 

îrdnderungen durch einen Theil von Franken und Thueringen. Er¬ 
langue, 1795, in-8°. 

Icônes plantarum, quas adjectâ Linnei nomenclalurâ ordine alpha - 
letico digessit. Ratisbonne, 1780, in-8°. 

Fin Wort zur Beherzigung an unser verehrliches Publikum. Erlan¬ 
gue, 1796, in-8°. 

Martitjs ( François-Henry ) a publié : 

Leichtfassliche Darstellung der Théorie des Gehirn-und Schaedel- 
birn.es , und der daraus entspringenden physionomischen und physiolo- 
gischen Folgeruhgen des Herrn Gall in Wien. Léipzick, i8o3, in-4°. 


MARTIUS (Jérôme) , médecin d’Augsbourg, mort en i585, 
devait le jour à des parens obscurs et pauvres ; mais il trouva 
des protecteurs qui voulurent bien cultiver scs talens naturels, 
et de la bienveillance desquels il sut tirer parti. Son goût l’ayant 



MAE. T ao 7 

porté vers la médecine, les Fugger, père et fils, favorisèrent son 
inclination, et lui fournirent les moyens d’aller suivre, hors 
de sa patrie, les leçons des plus habiles professeurs. En consé¬ 
quence il se rendit à Ingolstadt, où il passa une année entière. 
De là il se rendit à Montpellier, et y resta deux ans. Ce laps 
de temps écoulé, il retourna dans sa patrie, et prit ensuite le 
chemiu de l’Italie. Ce fut en 1566 seulement qu’il se fixa défi¬ 
nitivement à Augsbourg, où il ne tarda pas à être employé 
en qualité de premier médecin d’un des hôpitaux de la ville. 
Tous les momens qu’il put dès-lors dérober à la-pratique furent 
consacrés à la lecture et à la méditation des meilleurs ouvrages 
composés par les anciens et les modernes sür l’art de guérir et 
l’histoire naturelle. On a de lui plusieurs versions allemandes 
et latines, et un ouvrage de médecine populaire, en langue 
allemande (Augsbourg, 1761 , in-8°. ). (z.) 

MARTYN (Jean), né à Londres en 1699, était fils d’un 
marchand qui voulait lui faire suivre la carrière du commerce , 
mais qui ne put triompher de sa passion décidée pour les études 
littéraires. Le jeune Maftyn ne demeura pas long-temps in¬ 
décis sur le choix de la science à laquelle il devait se consacrer, 
car dès 1718 , Wilrner, Blair et Sherard développèrent en lui 
le goût de la botanique. Son premier essai fut une traduction 
anglaise, qu’il publia en 1720,de l’histoire desplanles qui crois¬ 
sent aux environs de Paris, par Tournefort. L’année suivante, 
il devint sécrétaire de la Société de botanique formée sous la 
présidence de Billenius, et qui subsista jusqu’en 1726. Dans 
Je même temps, il étudiait les insectes, et réunissait un grand 
nombre d’observations sur les feuilles séminales et sur les sexes 
des plantes. En 1726, il donna des leçons de botanique à 
Londres , ou Sherard l’avait recommandé à Sloane. Ce fut par 
la protection de ce dernier qu’a la mort de Bradley, il obtint 
une chaire de botanique à Cambridge, où il continua d’en¬ 
seigner jusqu’à ce que le manque de jardin et sa longue absence 
occasionée par la pratique de la médecine alâquelle il se livrait, 
lui eussent rendu incommode de le faire. En 1727, il fut ad¬ 
mis comme membre de la Société royale, et trois ans après 
il entra dans Je Collège Emmanuel, résolu d’y prendre régu¬ 
lièrement des degrés en médecine; mais son mariage et le soin 
qu’il donnait à la pratique de l’art de guérir ne lui permirent 
pas de suivre ce projet. Il fit en même temps des cours de bo¬ 
tanique et de matière médicale, tant à Cambridge qu’à Lon¬ 
dres, en i 7 3 o et 1731. L’Université l’élut professeur de bota¬ 
nique au commencement de l’année 1733. Un asthme, qui le 
-tourmentait, beaucoup lui fit prendre, en 1761, la résolution 
de quitter sa chaire, dont son fils hérita, et de se retirer à 
Chelsea , où il mourut le 29 janvier 1768. Son zèle et son ae- 



2o8 Marx 

livité lui firent prendre part à presque toutes les grandes en¬ 
treprises littéraires qui eurent lieu eu Angleterre, de son vivant. 
C’est ainsi qu’il fut un des principaux rédacteurs du journal de 
Grub-Street,-feuille satirique remplie de Sel et semée d’anec¬ 
dotes curieuse sur les auteurs vivans. Ses travaux en botanique 
ont déterminé Houston à lui dédier un genre de plantes 
( Martynia ) de la famille des bignonées. On a de lui : 


Tabulte synopticœ plantarum qfficinalium ad methodum Raianam dis- 
positœ. Londres, 1726, in-fol. 

Methodus plantarum circà Cantabrigiam nascentium. Londres, 1727 , 

Ce n’est qu’une édition nouvelle du catalogue alphabétique de Ray, 
mais corrigé avec soin, réduit à l’ordre du système de Ray, et aug¬ 
menté des caractères génériques. L’auteur y a joint les espèces comprises 
dans les appendices de i663 et i685. 

Hisloria plantarum rariorum. Londres, 1728-1732, in-fol,- Nurem¬ 
berg, 1752, in-fol. - Ibid. 1797, in-fol. 

C’était le plus bel ouvrage de ce genre qui eût encore paru en Angle¬ 
terre. Les plantes y sont endemi-teiDte, et imprimées dans leurs propres 
couleurs, mais les dessins ont peu de netteté, et les couleurs ne sont 
pas toujours très-vraies. Il n’y a pas de caractères anatomiques, et les 
synonymes sont peu nombreux. L’auteur décrit assez bien les végétaux , 
et indique leurs vertus. 

The first lecture of a course of botany. Londres, 1729, in-8°. 

Explication des termes techniques de la botanique, avec quatorze 
planches médiocres. 

Marlyn a inséré plusieurs morceaux dans les Transactions philosophi¬ 
ques, et traduit en anglais les gjéorgiques (Londres,1741 > ™-4°• ) et 
les bucoliques (Londres, 1749, in-4°.) de Virgile. C’est sur ces deux 
derniers ouvrages que: repose réellement sa réputation : personne n’a 
plus que lui contribué à rendre le lerœ du chantre de Mantoue intelli- 
gible sous le rapport de l’agriculLure et de la botanique. ^ 

MARX (Jacques), médecin juif, naquit à Bonn en 1743-, 
et mourut le 24 janvier 1789, à Hanovre , où il exerçait la 
médecine avec beaucoup de succès et d’éclat. Les voyàges qu’il 
fit, dans sa jeunesse, en Hollande et en Angleterre, lui pro¬ 
curèrent la connaissance du célèbre Fothergill, dont les conseils 
paraissent avoir contribué beaucoup à développer en lui les 
tnlens du praticien. 11 eut d’autant plus de mérite à se distin¬ 
guer, que la ville de Bonn ne lui offrait aucune ressource^, et 
que la nation dont il faisait partie n’avait pas encore reçu 
cette heureuse impulsion que le génie de Mendelssohn parvint 
à lui donner. Les ouvrages qu’il a. laissés témoignent que son 
but constant fut de concourir, d’une manière efficace, aux pro¬ 
grès de l’art de guérir. On peut cependant lui reprocher de 
n’avoir pas su secouer le joug des préjugés ■. et de s’être montré 
l’antagoniste de Herz, lorsque cet habile médecin s’éleva -, de 
tout le poids de la raison et de son autorité personnelle, contre 
les inhumations précipitées, alors en usage parmi les Israélites. 


MAS G 209 

Mars, contribua puissamment à répandre l’usage du gland de 
chêne torréfie', et à le faire employer, comme tonique, en guise 
de café, dans plusieurs affections des viscères du bas-ventre eit 
de la poitrine. ,Qn a de lui : 


Dissertatio de spasmis s. motiius eonvtilsivis optimâque iisdetn medendi 
ratio rtc. Halle, i;65, in-4°- 

Observata qpœdam medica. Berlin, 1.772 , in-8*. 

Observaiionum medicarumpars prima. Hanovre, 1774, in-8°. -Trad. 
en allemand par B. Boehm, Berlin et Hanovre-, i786,in-8°. 

Marx publia lni-même, en allemand (Hanovre, 1787, in-8°.) la se r 
conde et la troisème polies de ce recueil, dans lequel on trouve des 
faits inléressans. 

Bestaetigte Kraft der Eicheln. Hanovre, 1776 , in-8°. 

Anweisung , wie man Blatternpatienten auf eine einfache und wenige 
hostbare Art behandeln solle. Hanovre, 1784 , in-8°. x 

AbhandLung von der Schwind-Lungensucht und den Müteln y/ider 
dieselbe. Hanovre , 1784, jn-8?. 

Geschichte der Eicheln , nebst Erfahrung ueber den diaetetischen und 
medicinischen Gebrauch derselben. Dessau , 1784 , in-8°. - Léipzîck, 
1788, in-8°. 

Ueber die Beerdigung der Todten. Hanovre, 1787, in-8°. (j.) 


MASCAGNI (Paul) naquit en 1702 dans un hameau du 
Haut - Sienuois placé au miîieu.des bois et nommé le Çastellet. 
Sa famille jouissait de temps' immémorial, dans ces lieux 
agrestes, d’une propriété assez étendue, qu’il cultiva et amé¬ 
liora pendant de longdes années, ayec sçm frère, sous les yeux 
de leur vieille mère, restée veuve de bonne heure. 

Après de premières études, qui furent bornées ou mal diri¬ 
gées, Mascagni cultiva avec succès l’anatomie^ i*hîsïoire natu¬ 
relle et la chimie; enfin il se'livra en même temps à l’-étude 
des institutions de médecine, et eut pour maîtres Pierre'Ta- 
barani, Joseph Baldassari et .Octayien Heruci, professeurs en 
l’Université de Sienne. 

Le premier a attaché son. nom à l’histoire de l’anatomie et 
de la chirurgie par des recherches et des observations exactes 
et curieuses dont Haller a évalué le mérite ( Bibliotheça chirur- 
gfça, tontQ II r pagina 1^9 et sequenli). Le second s’est rendu 
recommandable par des analyses et la description de plusieurs 
objets intéressons, et un mémoire sur i’incombuslibilité de 
l’anaiante. Le .troisième, gui n’a laissé aucun .témoignage écrit 
de son sayoir,.était un homme d’une grande .urbanité, qui at¬ 
tirait à.ses leçons , par le charme de son élocution , jes esprits 
les plus cultivés* .Ceux qui .étaient en.état de le juger le consi¬ 
dérèrent comme un professeur plus brillantqtié solide, et un 
praticien plus recherché du public qu’il ne fat habile. 

Tabarani était, des trois professeurs dont nous venons de 
parler, celui dont le .caractère et les talens avaient le plus d’a¬ 
nalogie avec ceux de Mascagni; aussi accueillit-il celui-ci 

vi. *4 



ai o MASC 

d’alie manière toute paternelle. Avant qu’un âge avancé et l’af¬ 
faiblissement qui précéda la perte de la vue eussent déterminé 
Tabarani à solliciter sa retraite, il fit entrevoir à Mascagni l’es¬ 
pérance et lui facilita les moyens de lui succéder dans sa chaire 
■d’anatomie, ce qui eut effectivement lieu en 1774* Le nouveau 
professeur, qui n’avait alors que vingt-deux ans, s’élança avec 
toute l’ardeur de la jeunesse dans la carrière des recherches. 

Mascagni, dans ses leçons, occupa ses auditeurs de l’ostéo- 
géniej il leur communiqua ses observations microscopiques, et 
plaça sous leurs yeux ses belles injections, qui lui firent émettre 
des idées nouvelles sur la nature intime des divers tissus. 11 
se livrait en même temps à l’étude des vaisseaux absorbans, sur 
lesquels se fixait alors, presqu’exclusivement, l’attention des 
anatomistes de l’Angleterre, de l’Allemagne et de l’Italie. 

Avant de faire connaître en Europe ses travaux, déjà avan¬ 
cés , sur les vaisseaux lymphatiques, Mascagni publia un ou¬ 
vrage intéressant sur les lagoni, etc. Ce fruit de ses délassemens 
avait principalement rapport à l’histoire naturelle et à la chimie, 
sciences qui commençaient à être étroitement liées, et qui sont 
devenues depuis indivisibles. 

On a mal traduit en français par lacs le mot italien lagoni. 
Celui-ci doit être rendu par lagons ou lagunes. Cela signifie , 
au reste, un lac ou golfe fort peu étendu et peu profond, en¬ 
vironné d’un terrain sablonneux. Il est ici spécialement ques¬ 
tion de sources d’eaux thermales qui se trouvent dans les ter¬ 
rains anciennement vol canisés delà Toscane, et principalement 
dans les environs de Pise, de Yolterra et dans les Marennes 
du Haut-Siennois. Ces sources qui se font jour et quelquefois 
jaillissent de terre à travers les cendres, les scories et les tufs 
volcaniques, forment des mares ou amas d’eau d’où se dégagent, 
en grande quantité, des vapeurs d’hydrogène sulfuré portées 
souvent fort au loin par les vents dominans. Il est même dan¬ 
gereux de s’approcher de ces lagons. Le sol graveleux et sans 
consistance qui les environne, continuellement humecté par le 
jeu souterain des eaux, forme des fondrières où l’on a vu sou¬ 
vent s’enfoncer des bestiaux, surtout des moutons, et même quel¬ 
ques hommes imprudens, ou égarés dans l’obscurité de là nuit. 

En 1777, Hoefer, directeur des pharmacies du grand-duc 
de Toscane, avait composé, de toutes pièces, du borax artifi¬ 
ciel, en combinant l’acide boracique des lagons du Siennois 
avec la soude. Il détruisit l’opinion long-temps accréditée que 
l’acide boracique était formé par les acides que l’on employait 
pour l’extraire. Hoefer établit aussi que la soude boratée ne se 
trouve que dans les lacs et les marécages des terrains d’alluvîon, 
et qu’elle est associée à la soude muriatée. Ce que nous venons 
de rapporter et beauconp d’autres faits curieux furent exposés 
dans un opuscule publié sous ce titre : Memoria sopra il sale 



MASC 2 ii 

se.dativo naturale délia Toscana , e del lorace che con quello 
si comporte , scoperto da Uberto-Francésco Hoefer. Florence, 
1778, in-12. lien a paru, en 17/79, une traduction française, 
même ville et même format. 

Les lagons dont nous parlons plus spécialement ici, situés 
près des propriétés de Mascagni, étaient, en quelque sorte, 
comme un laboratoire placé sous sa main. Il y faisait des observa¬ 
tions journalières, dont le recueil, accompagné de vues commer¬ 
ciales très-étendues, forme le travail'que nous avons annoncé. 

L’anaLomie était cependant la principale occupation de Mas¬ 
cagni. Ses devoirs le rappelaient sans cesse à cette étude. 

L’Académie royale des sciences de Paris avait proposé, trois 
fois de suite, pour sujet de prix la question ou mieux l’expo¬ 
sition de l’ensemble des vaisseaux absorbans et de leurs fonc¬ 
tions. Depuis que ce concours prolongé était ouvert, Mascagni 
avait adressé à l’Académie, à des époques très-rapprochées, 
deux mémoires, quelques planches gravées et de nombreux 
dessins d’une grande perfection. Cela ne parut point suffisant 
pour valoir au professeur de Sienne des encouragémens. L’ana¬ 
tomie n’était pas la science qui avait alors le plus de faveur. 
Vicq-d’Azyr était le seul de nos académiciens qui en embras¬ 
sât le vaste ensemble avec l’œil du génie. Quelques hommes, 
estimables d’ailleurs, placés à. ses côtés, et auxquels on doit 
d’utiles travaux, professaient celte étrange doctrine, que l’ana¬ 
tomie, au moins celle de l’homme , était terminée par les ex¬ 
cellentes descriptions des organes que nous possédions, et que 
le reste, ou ce qui regardait leur structure intime ou leurs 
fonctions, était un travail Irop difficile ou superflu. On ne 
sentait point assez dans les Académies l’importance de l’ana¬ 
tomie pathologique ; on la reléguait dans les écoles pratiques 
de l’art de guérir, et en cela seul on avait raison. C’est là, en 
effet, qu’elle doit être étudiée, et qu’elle s’est perfectionnée de 
nos jours avec une rapidité toujours croissante. Enfin, ayant 
appris officiellement par Condorcet, secrétaire perpétuel, que 
l’Académie ajournait le prix jusqu’à 1789, Mascagni voulut 
constater la date et l’étendue de ses travaux qui remontaient 
à 1777, et il publia, en 1784, un prodrome ou prospectus, 
accompagné des quatre premières planches du grand ouvrage 
qui sera toujours le plus beau litre de sa gloire. 

Ce prodrome parut en français, et la vérité oblige d’avouer 
qu’il était mal écrit. Ce ne fut point de la France que partirent 
cette observation et ce reproche : on n’y vit que le mérite de l’ou¬ 
vrage annoncé. Gallini et Aglietti, auteurs d’un journal de mé¬ 
decine imprimé à Venise, se livrèrent à une critique amère du pro¬ 
drome, fondée, presque tout entière, sur l’incorrection du style. 
Mascagui répondit en italien, par un pamphlet assez virulent 

14. 



2KS . M À S G 

dans lequel on ne retrouva point non plus l’élégante pureté de 
langage et Fiùgéiniease malignité .qui ont toujours distingué la 
polémique des écrivains toscans. Quand la réputation de Mas- 
cagni fut établie, il riait souvent de la véhémence avec laquelle 
il avait défendu son prodrome, et il prétendait pourtant avoir 
mis plus de modération dans cette dispute que n’avaient fait, 
en pareilles circonstances, un grand nombre d’anatomistes du 
premier ordre, dont il citait les noms et les violentes contro¬ 
verses. S’il eût été moins modeste, il eût pu rappeler ces paroles 
de Guillaume Hanter : qu’il n’y avait point de grand anato¬ 
miste qui n’eût été engagé dans quelque grande querelle. 

Sur ces entrefaites, Mascagni avait fait, par ordre de Pierre 
Léopold, de fréquens voyages à Florence , et y avait passé, à 
plusieurs reprises, plusieurs mois pour y déposer ses belles 
préparations et y faire exécuter, en cire, une partie de ses tra¬ 
vaux sur les lymphatiques, entr’autres six statues de grandeur 
naturelle. Ce fut à cette occasion qu’il se lia étroitement avec 
le directeur du Musée royal de Florence, aux talens élevés du¬ 
quel nous croyons avoir rendu justice, comme nous croyons 
avoir fidèlement peint son caractère ( Voyez F. E’ontana). Il 
serait difficile de rencontrer deux hommes qui se ressemblas» 
sent moins que Fontana et Mascagni. Ils n’avaient de commun 
qu’un incroyable amour du travail et une persévérance à 
toute épreuve dans leurs recherches. Le premier, embrassant 
un horizon plus vaste, a laissé des traces plus multipliées de 
ses estimables travaux5 le second, quoique plus concentré dans 
ses études, a laissé des souvenirs aussi durables. Fontana ne vit 
long-temps, ci peut-être toujours, dans Mascagni qu’un anato¬ 
miste laborieux qui devait tousses succèsà desprocédés purement 
mécaniques. Mascagni, au contraire, admirait franchement 
Fontana , sans’Faimer plus qu’il n’en était aimé. Mais ils vécu¬ 
rent assez bien ensemble pour ne jamais donner le scandale 
d’aucune division, et leurs égards réciproques les honorèrent 
aux yeux du public et de ceux qui connaissaient leur manière 
de penser. 

Mascagni continuait ses travaux sur le système absorbant 
avec une telle activité, qu’il fut en état de publier, en 17874 
sa belle et magnifique histoire iconographique des vaisseaux 
lymphatiques du corps de l’homme. 

11 est vrai de dire que Mascagni, dans presque toutes les 
saisons, passait sur les cadavres les jours entiers et une partie 
des nuits; il n’épargna non plus aucune dépense pour atteindre 
son but. Un sort heureux lui avait fait rencontrer dans le même 
homme un dessinateur et un graveur exact, patient et habile, 
qu’il fixa à Sienne. Cyro Sancti, de Bologne, s’est fait, en exé¬ 
cutant les planches anatomiques de Mascagni, un nom qui ri¬ 
valisera avec celui des premiers maîtres dans ce genre. 



MA SC ,i3 

La typographie de Sienne n’avait encore rien publié d’aussi 
beau et d’une exécution aussi difficile, sous le triple rapport 
des caractères, du papier et du tirage des planches, c 

Une plume amie s’élait chargée, cette fois, d’éviter à Mas¬ 
cagni de nouveaux reproches, et l’histoire iconographique des 
vaisseaux absorbans est un des ouvrages d’anatomie des mieux 
écrits. La langue en est aussi pure que celle d’Aîbinus, et elle 
est plus ornée. 

Une élégante annonce du libraire Cappanani, écrite en latin, 
apprit la terminaison de ce grand travail, et le répandit bientôt 
en Europe. 

Mascagni avait dédié son ouvrage au grand-duc régnant. Cet 
hommage, rédigé en style lapidaire, et d’une beauté toute an¬ 
tique, rappelait les vertus publiques et les bienfaits récens de 
ce souverain, tels que la liberté donnée au commerce, l’admi¬ 
nistration des communes confiée à elles-mêmes, une meilleure 
direction imprimée a l’instruction publique, un code pénal 
plus équitable et plus humain. Voilà, en effet, et sans adula¬ 
tion, quels étaient les titres de Pierre Léopold à, la reconnais¬ 
sance de ses sujets et à l’admiration des autres peuples. 

Le grand-duc, qui n’était-pas resté jusque-là sans procurer 
à Mascagni quelques encciuragemens, le traita avec une muni¬ 
ficence vraiment royale. Il lui donna d ! abord une gratification 
très-honorable, et lui assigna un traitement double de celui 
dont il jouissait comme professeur. 

Mascagni se trouva tout à coup entouré de la considération 
attachée en Italie, pins que partout ailleurs, à la possession 
d’un beau talent, et il en recueillit des témoignages multipliés 
dans un voyage qu’il fit, en 1788, à Rome et à Naples. Sali- 
cetti, premier médecin de Pie vi, qui fit à Mascagni les hon¬ 
neurs de Rome, lai offrit de le présenter à S. S. Le professeur 
de Sienne eut la délicatesse de ne point accepter cette distinc¬ 
tion flatteuse. Comme il partageait ouvertement les opinions de 
Pierre Léopold sur les réformes religieuses, il ne voulut point 
porter aux pieds du pontife un hommage hypocrite. 

Mascagni publia, eu 1789, et pour la répandre davantage, 
vu le prix élevé de l’édition in-fol., une édition in-8°. de son 
histoire iconographique des vaisseaux absorbans. 

Pierre Léopold succéda bientôt à son frère Joseph u. L’his¬ 
toire politique a fait connaître les changemens qui s’opérèrent 
dans ses principes quand il fut monté sur le trône impérial, et 
elle a aussi indiqué quelle fut l’influence de cette conversion 
sur le gouvernement de la Toscane, 

Lorsque les armées françaises triomphèrent en Italie, nous 
ne dissimulerons point queMascagni ne put contenir l’explosion, 
de ses opinions toutes patriotiques, quelle que soit fa défaveur 
attachée aujourd'hui ’a ce nom. Tout a prouvé qu’il n’entrait 



ii4 MA SC 

aucune conbinaison ambitieuse dans l’attachement de Mas- 
cagni au.nouvel ordre de choses; Il ne déserta point, en effet, 
la carrière des'sciences pour courir inconsidérément les chances 
aventureuses d’une autre célébrité ; il ne s’exposa point à des¬ 
cendre des premières illustrations littéraires aux rangs secon¬ 
daires ou plus inférieurs de l’ordre politique; Mascagni resta 
professeur. Ce n’est pas qu’il fût étranger aux affaires, il en 
avait l’esprit, et en avait appris les détails et conti’acté l’habi¬ 
tude en présidant une de ces communautés civiques instituées 
par Pierre Léopold, lorsqu’il faisait cause avec lés peuples. 

Quand la valeur française fut trahie en Italie, Mascagni 
n’échappa que par prodige au bûcher qui dévora deux autres 
victimes des détestables fureurs d’une populace égarée ; ces 
scènes d’horreur se passèrent au milieu d’une cité sur les portes 
de laquelle l’hospitalité la plus affectueuse avait, deux siècles 
avant, gravé ces mots : Cor magis libi Sena pandit. 

Dans les vicissitudes connues du gouvernement de la Tos¬ 
cane, Mascagni a toujours été depuis protégé par l’autorité et 
respecté par l’opinion publique. D’ailleurs, il était porté sur 
cette liste imposante et si heureusement limitée des huit asso¬ 
ciés étrangers de l’Institut de France. Il avait* aussi reçu de 
l’Académie des sciences un prix de 1,200 francs en 1791. 

De même que Haller, Mascagni ne pratiqua la médecine 
qu’avec une réserve qui tenait de la répugnance. Le premier se 
borna rigoureusement à pratiquer, pendant ün an ou dix-huit 
mois, dans l’un des hôpitaux de Berne sa patrie. L’autre ne vit 
jamais d’autres malades que des paysans privés de secours ; lors¬ 
qu’on le consultait parfois, dans les villes, il renvoyait à ceux 
qui avaient fait, de l’exercice de l’art de guérir, l’occupation de 
leur vie, et il déclarait sans détour les motifs qui Ten avaient 
éloigné : E un mestiere troppo pericoloso. 

En iboo, Mascagni passa de l’Université de Sienne dans 
celle de Pise, et un an après il fut appelé à Florence pour en¬ 
seigner, dans le grand hôpital de Santa-Maria Nuova, l’ana¬ 
tomie , la physiologie et la chimie; Quelque vaste que soit cette 
dernière science, qui marche à pas de géans depuis un demi- 
siècle, Mascagni qui s’était toujours tenu au courant de ce qui 
se passait en Europe, répéta les expériences principales avec 
succès, et ne fut point au-dessous de sa réputation dans un 
autre genre. Les dignitaires qui présidaient à l’instruction dans 
le royaume l’Italie firent d’inutiles efforts pour attirer Mascagni 
à Bologne. Le gouvernement toscan, qui lui en sut gré, lui con¬ 
fia une inspection étendue sur l’admission à l’exercice de la mé¬ 
decine, sur la police médicale et les objets de salubrité publique. 

Le nom de Mascagni sera aussi long-temps cher aux Toscans 
pour ses travaux sur l’agriculture et particulièrement l’intro¬ 
duction et la culture d’une grande variété de pommes de terre. 



MA 5 C ai 5 . 

Mascagni, au sortir de son amphithéâtre et de son labora¬ 
toire, n’était bien qu’aux champs. La simplicité de ses mœurs,, 
et sa constitution athlétique qui le portait à des exercices pro¬ 
portionnés à ses forces, lui rendaient ce séjour indispensable.! 
Que l’on ne croie pas pour cela qu’il fût insociable ou in¬ 
sensible à ces arts qui font une si grande partie de la gloire de 
son pays. Il les aimait et en parlait bien ; mais il les redoutait, 
comme des sirènes, et répétait souvent, en les fuyant, qu’ils- 
n’étaient faits que pour les personnes oiseuses : Questo e bono- 
solamente per le persone oziose. S’il eût succombé à ce genre: 
de tentations, nous n’aurions-pas ses ouvrages. 

Mascagni mourut en i 8 i 5 ; il a laissé ; 


Dei Logoni dal Senese e del Vollerano. Sienne , 177g, in-8°. 

Prodrome d'un ouvrage sur le système des vaisseaux lymphatiques y 
contenant 24 planches in-folio. Sienne, 1784, in-4°., avec 4 planches, 
également in-folio. 

Lettera di Aletofïlo al Giomalisla medico- di Venezia. Misopolr. 
( Sienne ), 1788, in-12. 

Vasorum lymphaticorum corporis Immani historia et icnnographia. 
Sienne, 1787, in-fol. avec 4 1 planches, même format, dont 1-4, sim¬ 
plement au trait, sont devenues indispensables pour,l’explication d’autant 
de dessins achevés embrassant de nombreux objets de détail. 

Cet ouvrage est divisé en deux parties. La première expose l’histoire 
des vaisseaux lymphatiques,et la seconde met sous les yeux des lecteurs- 
les organes eux-mêmes, gravés dans une suite de planches, ainsi que leur 
explication. 

L’auteur, après des notions purement historiques, renfermées-sous le 









dé Conclu 


paràtions déposées ds 


ibliés d’abord 
en 1787 , par le 














220 MASS 

presse n’a produit qu’un seul ouvrage de sa façon, ayant pour 


De gelidi potâs abusii, libri très. Céscne, 1587 , in-4 0 . (o.) 

MASSA (Nicolas), médecin célèbre du seizième siècle, 
était né à Yenisê, on ignore en quelle année; il mourut en 
i 56 g, dans cette même ville, où il pratiqua l’art de guérir 
et enseigna l'anatomie avec éclat, après avoir obtenu les hon¬ 
neurs du doctorat à l’Université de Padoue. Sur la fin de ses 
jours, il perdit la vue, et supporta cette cruelle privation avec 
beaucoup de courage et de résignation. On a voulu lui faire 
honneur de découvertes qui ne lui appartiennent pas, et son 
traité d’anatomie contient, avec quelques observations neuves, 
une foule d’erreurs annonçant les unes qu’il avait mal vu, les 
autres qu’il appliquait à l’homme les résultats de la zootomie. 
Ainsi, par exemple, il admettait encore l’existence du panni- 
cule charnu sur toute la surface du corps. On lui doit une des¬ 
cription assez complète du péritoine, comme aussi des change- 
mens de situation que l’estomac et la vessie éprouvent dans 
l’état de plénitude. C’est lui qui a parlé le premier de la pros¬ 
tate. Il a décrit la première paire de nerfs clairement, et les 
muscles du bas-ventre avec plus d’exactitude que Berengario. 
Peut-être avait-il entrevu les lymphatiques, car il semble en 
parler, à la vérité d’une manière très-confuse. Son traité des 
maladies vénériennes a passé pendant long-temps pour être le 
meilleur qu’on possédât sur ces maladies, telles qu’elles se mon¬ 
trèrent au seizième siècle: suivant lui la maladie a son siège et 
son foyer dans le foie. C’est dans ses écrits qu’on commence à 
voir se développer le germe de cette théorie du virus vénérien 
qui devait prendre dans la suite tant d’extension. Du reste, il 
a parfaitement décrit les symptômes de la maladie, et parlé du 
traitement mercuriel, par les frictions ou les fumigations, sans 
prétendre toutefois que c’est le seul qui soit efficace, et que le 
mercure développe ici des vertus réellement spécifiques. Ses 
ouvrages portent pour titres : 

Liber de morbo gallico. Venise, l532, in-4 0 .-Bâle, *536, in-4°. - 
Lyon, i536, in-4°.-Venise, i563,in-4°. 

Luviginî l’a inséré dans sa précieuse collection, qui est dédiée à Massa 
Ini-même. 

Introductorius anatomice , sea dissectionis corporis humàni. Venise, 

i536, in-4°. - Ibid. i55g, in-4°. - Ibid. i5ç)4, in-4°. 

De fibre peslilentiali , petechiis, morbillis , variolis et apostemalïbus 
pestilentialibus, ac eorum omnium curatione ; necnon de modo quô cor¬ 
porel à peste prœservari debeant. Venise, i54o, in-4°. - Ibid. i556, in-4°. 

Epistolcé médicinales. Venise, tomel, i 542; II, i55o, in-4°.-Lyon, 
i 557, in-fol,-Venise, i558, in-4°. 



MASSARIA ( Alexandre ), savant médecin du seizième 
siècle , était de Viceuce, où il naquit vers i5io, d’une famille 
honnête. Après avoir étudié le latin et le grec sous l’habile 
grammairien Grifoli, qui lui fit faire de rapides progrès dans 
ces deux langues, il alla terminer ses cours de philosophie à 
Padoue, et s’appliqua ensuite tout entier à l’anatomie et à la 
médecine, sciences dans lesquelles il eut pour maîtres Fra- 
canziani et l’illustre Fallopio. Dès qu’il eut obtenu le grade 
de docteur, il revint à Vicence, où il pratiqua l’art de. guérir 
avec beaucoup de succès. Admis au nombre des membres de 
l’Académie olympique de cette ville, il se chargea d’y en¬ 
seigner 'l’anatomie, et en même temps d’expliquer le livre 
d’Aristote sur les météores. En 1576, il déploya beaucoup de 
zèle .et de courage pour secourir ses compatriotes durant l’épi¬ 
démie horrible qui en fit périr les deux tiers. Appelé deux ans 
après à Venise, il y vit bientôt ses talens récompensés par 
l’estime générale et par les faveurs de la fortune. La re'puta- 
tation méritée qu’il avait acquise lui fil conférer, en 1587, la 
chaire que la mort de Mercuriali venait de laisser vacante à 
l’-Université de Padoue, et qu’il remplit de manière à se mon¬ 
trer digne du savantmédecinauquelil succédait, jusqu’en i 5 e) 8 , 
année où il succomba lui-même, le 17 octobre. Son admiration 
pour Galien était si grande, qu’il aimait mieux, disait-il, avoir 
tort avec lui que d’avoir raison avec les modernes. Ce bizarre 
aveu annonce combien peu les hommes savaient alors ''faire 
usage de la précieuse faculté du jugement. Mais quoiqu’on ne, 
puisse s’empêcher de blâmer Massaria de cet attachement ser¬ 
vile aux décisions d’un chef de secte, qui a pour résultat immé¬ 
diat d’entraver la marche de la science, il fut cependant utile 
à l’art de guérir en contribuante, .renverser le système absurde 
des Arabes, et à remettre en honneur la méthode expérimen¬ 
tale, dont la tradition était à peu près perdue depuis tant de 
siècles. Le règne de l’érudition devait précéder celui de l’ob¬ 
servation, et c’était déjà beaucoup que de ramener la première 
aux bonnes sources; quand on renonce à des opinions absurdes 
pour en adopter de moins mauvaises, on n’est pas fort éloigné 
de secouer tout à fait le joug de l’autorité, et de comprendre 
enfin qu’il est de la dignité et de l’intérêt de l’homme de penser 
par spi-même. Nous avons de Massaria : 

De peste libri duo. Venise, 1579, in-4 0 . 

L’auteur décrit la peste qui a désolé l’Italie depuis 1575 jusqu’en i58o. 
Celte description est excellente, et mérite d’être consultée. Massaria 




MassAma {Jérôme), médecin de Vicence, qui fut obligé de passer 
en Suisse parce qu’il avait embrassé le protestantisme, qui enseigna en¬ 
suite à Strasbourg, et mourut en 1664, a laissé, outre plusieurs ouvrages 
philologiques, une traduction latine, accompagnée d’une paraphrase, 
du traité d’Hippocrate sur la nature de l’homme (Strasbourg, i564, 
in-8°. ). (a.-i.-l. j.) 

MASSON (François), né en 174.15 b Aberdeen, en Ecosse, 
exerça d’abord la modeste profession de jardinier ; mais son 
zèle pour la botanique rayant fait distinguer par le célèbre 
Aiton, il fut envoyé au cap de Bonne-Espérance, en 1772, 
pour y recueillir des plantes et des graines. Il revint en An¬ 
gleterre au bout de huit ans, après avoir parcouru les îles de 
là côte occidentale d’Afrique et quelques-unes des Antilles. Les 
nombreux végétaux qu’il rapporta contribuèrent beaucoup à 
enrichir le magnifique jardin de Kew. Quelque temps après 
il se rendit en Portugal, d’où il retourna au Cap, pour y con¬ 
tinuer ses observations. Etant revenu en Angleterre en 1795, 


MASS 

il entreprit, au bout de deux ans, un ' 


223- 


voyage au Canada, et 
mourut à Montréal, vers la fin de décembre i8o5. Thunberg 
lui a dédié un genre de plantes ( Massonia ) de la famille des 
asphodèles. On n’a de lui qu’un seul petit ouvrage, intitulé : 


Stapeliœ novœ. Londres, I7g6,in-fc.. 

Masson décrit et figure quarante et une espèce; 


.. -ç_---~es plantes singur 

lières. Sa monographie est une des plus remarquables de l’époque. Les 
descriptions y sont bonnes, et les planches d’one fort belle exécution; 
ces dernières ont l’avantage de faire connaître les stapélies dans leur état 


s piancnes a une tort nette execution ; 
ces dermeres ont t'avantage de faire connaître les stapélies dans leur état 
sauvage, mérite que n’ont pas celles, infiniment supérieures d’ailleurs, 
que Jacquin publia dix ans plus tard. (j.) 


MÀSSUET (Pierre), né en 1698 à Monzon - sur - Meuse, 
petite ville près de Sedan, fut obligé, pour se soustraire aux 
persécutions religieuses, de passer fort jeune en Hollande. Il 
fit ses études à Leyde, où il prit le grade de docteur en mé¬ 
decine. Dans la suite il fixa son séjour à Amsterdam, où ses 
instans étaient partagés entre la pratique de l’art de guérir et 
la rédaction ou la publication d’ouvrages utiles. L’année de sa 
mort ne nous esL pas connue. Indépendamment d’un grand 
nombre d’articles dans la Bibliothèque raisonnée , dont il fut 
coopérateur depuis 1741 jusqu’en iq53, époque où ce recpeil 
périodique cessa d’exister, on a de lui : 


Dissertatio medica de generalione ex animalculo in ovo. Leyde, 1729, 
Massuet adopte la théorie de Leeirwenhoek. 

Recherches intéressantes sur l'origine et la formation des vers à 
tuyaux qui infestent les vaisseaux et les digues des Provinces-Unies. 
Amsterdam , 1733 , i" 00 


Histoire des rois de Pologne et des révolutions c 






2^4 MâTT 

MATTIIIÆ (Georges) , né, le 20 mars 1708, àScliwesing, 
.près d’Husum, dans le duché de Sleswig, fit scs humanités au 
gymnase de Hambourg', et vint .ensuite étudier la médecine 
tant à Helmstaedt qu’à Berlin. Il pratiquait depuis un an dans 
sa patrie, lorsqu’eu 1736 il fut chargé du soin de la bibliothè¬ 
que de Gœttingue, place qui lui laissa la faculté de donner des 
cours publics de langues grecque et latine, L’Université lui 
conféra les grades de maître ès-arts et de docteur en 1741* 
Onze ans après, elle lui confia une chaire dont il demeura pos¬ 
sesseur jusqu’à sa mort, arrivée le g mai 1773. Ses goûts, le 
dirigèrent de préférence vers la partie historique de l’art de 
guérir, qui était alors singulièrement négligée, et sur laquelle 
il donna un ouvrage contenant une notice chronologique des 
auteurs et de leurs travaux qui, bien que superficielle et fort 
imparfaite, contribua cependant beaucoup à faire sentir l’uti¬ 
lité des recherches li ttéraires. On a de lui : 



n académies Georgeœ Au.ajJ.stce , quœ Gœttingue es 

n-4 0 . - Ibid. ij 38, in-4°. 

iœ minister : carmen immortalibus virtutibus i/lustri. 
Gerlaci Adolphi L,-B. de Munchhausen dicatun 

idum Ilippocralem. Gœttir 


simi herois logati 
Gœttingue, 1738, , . 

De habita medicinœ ad 


.Gœttingue, 1765, 
fis additiov.es ad B 
.-B. Morgagnum et 


ricum, J.-A. Fabr 
Gœttingue, 1766, 


MATTHAEUS (Philippe), né à Marbourg, le 11 cctobr 
1621, fit ses études à.Cassel, Gronjngue, Brème el.Franéquei 
et prit le bonnet doctoral dans cette ville , où il commença, ei 
i645 ,-à enseigner l’anatomie. Six ans après il devint profes 
seur de botanique. Sa mort eut lieu le 29 décembre 1700.1 




MATT 22 5 

- Mathaeus (Jean), né-à Marbourg, fut reçu docteur et devint pro¬ 
fesseur à Herborn. On a de lui : 

Discursus de Jébre pestilentiali , quce superioribus annis Germaniam 
perraguta en. Francfort, i6o3, in-8°. - Ihid. 1620, in-8°. 

Jtaiionalis et empirica ihermarum marchicarum budehsium descriplio, 
Ettlingen, 1606, in-8°. - Hanau, 1608, in-8°. 

Consilia medica diversorum authorum pro Ernesto-Friderico Marchione 
Eadensi conscripto. Francfort, 1608, in-8°. ' : 

Centuria dijfficultatum medicarum tam jucundarum quamulilium. Franc-* 
fort, i6o3 , in-8°. - Herborn, 1616, io-8®. 

Spéculum sanitxitis , rerum non naturalium , quas voçant, administra- 
tionem, pro bond, valeludine conservandâ canlinens. Francfort, 1620 , 

Mathaeus {Philippe) , né à Utrecht le 16 mars 1641, reçu docteur 
en médecine à Franéquer, y devint, en 1670, professeur d’anatomie et 
de médecine, après avoir rempli pendant sept ans l’emploi de médecin 
pensionné de sa ville natale. Il mourut le 16 octobre 1690, sans avoir 
rien écrit. (o.) 

MATTIOLI ( Pierre-Andbé ), appelé par corruption Mat- 
thiole , et dont le nom est moins célèbre en médecine, qu’en 
botanique, naquit à Sienne le 23 mars i5oi. Il passa ses nre- 
mières années à Venise-, où son père pratiquait l’art de guérir. 
Parvenu à un certain âge, il fut envoyé à Padoue pour y étu¬ 
dier le droit; mais la jurisprudence n’ayant aucun attrait pour 
lui, il la négligea entièrement, et suivit avec assiduité les cours 
de la Faculté de médecine. On ignore à quelle époque il prit 
le bonnet de docteur, mais on sait qu’il vint à Rome vers la 
fin du pontificat de Léonx, qu’il y resta jusqu’en 1527, et qu’à 
cette époque les malheurs dé la guerre le forcèrent de cher¬ 
cher un asile dans le Val Ananiaprès de'Trente, où il demeura 
treize années. Ge laps de temps écoulé, il alla s’établir à Go- 
rice, où il vivait depuis douze ans, estimé et chéri de tous les 
habitans, lorsque Ferdinand i er le fit venir à Prague, pour y 
remplir la charge de médecin auprès de son fils l’archiduc Fer¬ 
dinand. Mattioli ne tarda pas à être revêtu du titre de conseil¬ 
ler aulique. Il devint dans la suite premier médecin de l’empe¬ 
reur Maximilien it ; mais son âge avancé ne lui permit pas de 
conserver cette place éminente pendant long-temps : il quitta 
la cour, se retira à Trente pour y passer en repos les dernières 
années de sa vie, et y mourut de la peste, en iS'j'j. 

Mattioli fut un botaniste instruit, laborieux et plein de saga¬ 
cité. 11 a décrit un grand nombre de plantes nouvelles dont il 
devait la connaissance à Busbecq, ambassadeur d’.Autriche 
auprès de la Porte-Ottomane, à son médecin Quakelbeen, à 
Ghini, Çalcèolari, Aldrovandi, Corlusi et Gesner. Mais ce qui 
l’a surtout fait-connaître, c’est son Commentaire sur Diosco- 
ride, répertoire immense qui est d’un grand intérêt historique, 
puisqu’il renferme presque tout ce qu’on savait sur la bctani- 



?a6 M A TT 

que médicale, la feule que l’on cultivât à cette époque. Mat¬ 
tioli eut recours , comme Anguillara, aux manuscrits, pour ré¬ 
tablir le texte altéré de l’auteur grec, et tira principalement 
un grand secours de celui que Busbêcq avait rapporté de.Cons¬ 
tantinople. Du reste, il adopta la version de Ruelle, parce que 
les médecins la regardaient généralement comme la meilleure, 
et se contenta d’y faire quelques corrections utiles, disposant 
à part les nombreuses additions dont ses propres recherches et 
sa correspondance étendue lui permettaient de l’enrichir. Ce 
dernier travail, sur lequel seul repose sa célébrité, est déparé 
par beaucoup de taches; ou est choqué du défaut absolu de 
méthode qui y règne, de la crédulité puérile dont l’auteur fait 
preuve à chaque instant, lorsqu’il expose les propriétés médi¬ 
cinales des plantes, et du ton grossier qu’il prend en parlant 
de ceux dont il croyait avoir à sèplaindre. Cependant, tel qu’il 
est, le commentaire de Mattioli a été fort utile à la science; 
il a joui d’une grande vogue, et pendant long-temps on l’a 
consulté comme,1e meilleur traité de matière médicale. 

Les ouvrages de Mattioli sont : 

De morbo gallico liber unus. Venise, i535, in-8°. 

Réimprimé dans la collection de Luvigini. Mattioli est le premier dont 
on soit certain qu’il a donné le mércure à l’intérieur. Il assure qne la 
maladie est nouvelle, qu’on n’en avait jamais entendu parler jusqu’alors, 
et qu’elle diffère totalement de l’éléphantiasis. 

Il Dioscoride con gli suoi discorsi, aggiunlovi il sesto libro degli 
antidoti contra lutli i veleni. Venise, i544, in-fol .-Ibid. i548, in-4°. 
Mantoue, i 54 q , in-4°.-Venise, i55o, in-4°. - Ibid. i568, in-fol. - Ibid. 
1604, in-fol. - Ibid. 1645, in-fol. 

Les trois premières éditions originales du commentaire de Mattioli 
sont sans figures. L’auteur préféra la langue italienne, parce que la plu¬ 
part des pharmaciens, pour lesquels principalement il avait écrit, n’en¬ 
tendaient pas le latin. Mais il donna lui-même l’ouvrage dans ce dernier 
idiome, sons le titre suivant : 

Commentarii in sex libros Pedacii Dioscoridis, adjectis quant pluri~ 
mis plantarum ex animalium imaginibus. Venise, i5!>4, in-fol. 

Cette édition est accompagnée de petites planches, représentant des 
.plantes et des animaux. Il en a paru d’antres (Venise, i 55 7 , in-fol. - 
Ibid. i558, in-fol. - Ibid. i56o , in-fol. - Ibid. 1062 , in-fol. - Lyon, 1562, 
jn-4».-Venise, i563, in-fol. - Ibid. i565, in-fol. - Ibid. i583, in-fol. ). 
La "meilleure est celle de i565, qui contient un grand nombre d’objets 
nouveaux des trois règnes, et au-delà de trois cents figures de plus que 
les précédentes, ce qui en porte le nombre total à près de mille. On y 
trouve les figures d’une dimension pins grande, qui avaient paru pour 
la première fois en 1862, dans la version bohème. Ce sont les meilleures 
planches en bois qui eussent encore paru; elles représentent en général 
les objets avec beaucoup de fidélité, mais quelques-unes sont faites d'ima¬ 
gination, parce que, comme nous l’apprend Mattioli, le graveur ayant 
perdu les dessins , les remplaça par d’autres de son invention. 

Le commentaire a été traduit en français par Antoine du Pinet, Lyon, 
i56i, in-fol.; Ibid. i566, in-fol.; Ibid. 15 7 2, in-fol.; Ibid. i 5 7 3, in-fol.; 
Ibid. i58o, in-fol,; Ibid. 1619, in-fol. ; Ibid. t656, in-fol.; et par J- Des- 











228 M AUC 

dix ans ensuite, pour faire connaître la riche végétation de cette 
province des étals prussiens. Elle est intitulée : 

. Flora Silesiaca, oder Ferzeickniss der in Schlesien wild wachsenden 
Pflanzen, nebst einer umsiaendlicken Beschreibung derselben , ihres 
Nùlzens und Gèbrauchs , sowehl in Absicht duf die Arzney-als Daus- 
haltungswissenscliaft. Breslau, tome I, 1776 ; JT, 1777 ; III, 1779, in-8°. 

MAUCHARD (Burkhakd-David) naquit, le 19 avril 1696, 
à Marbach, où son père remplissait la place de médecin pen¬ 
sionné. Il fit ses premières études au gymnase de Stuttgard, et 
passa ensuite à l’Université de Tubingue, puis à celle d’Altdorf. 
De retour à Marbach, il commença presqu’aussitôt à pratiquer 
sèus les yeux de son père ; mais au bout de six mois, il résolut 
de voyager pour augmenter encore la masse de ses connais¬ 
sances. Strasbourg fut la première ville dans laquelle il s’arrêta ; 
puis il passa deux années entières à Paris, où il cultiva l’ana¬ 
tomie et la chirurgie avec ardeur, et s’appliqua surtout à l’ob¬ 
servation des maladies de l’oeil. L’Université de Tubingue 
l’admit au grade de licencié en 1722, et quatre ans après lui 
confia la chaire d’anatomie et de chirurgie dont il ne put prendre 
possession qu’en 1728, étant retenu à Stuttgard par la place de 
médecin de la cour. Ses cours furent deux fois interrompus par 
la nécessité ou il se trouva de diriger le service de santé de 
l’armée que le duc de Wurtemberg avait mise en campagne. Il 
mourut en iq5î ; l’étendue de sa pratique ne lui permit pas 
d’écrirè beaucoup, mais les opuscules qu’il a laissés se font re¬ 
marquer par la sagesse des préceptes qu’on y trouve, et surtout 
par l’élégance du style : cependant ils ne lui procureront pas 
dans l’histoire un degré de considération égal à celui dont il 
jouit parmi sës concitoyens. 

JDissertatio de verâ glandulœ àdpellatione. Altdorf, 1718, in-4°. 

Dissertatio de hernid incavceratâ. Tubingue, 1722, in-4°. 

Dissertatio de ophlhalmoxysi novanliquâ seu Woolhusiano - Hippo- 
_craticâ , nobUissitnâ operatione oçularià, e textu grœco erutâ , et bis 
mille annos neglectâ , nunc dernum emergente et defensâ. Tubingue, 1726, 

Dissertalio de injectionibus anatomicis. Tubingue, 1726,01-4°. 

Dissertatio de butyro cacao , r.ovo atque emendatissirno medicamento. 
Tubingue, i7B5,in-4°. 

Dissertatio de inspecticne et scclione leeali, harumque exemplo spé¬ 
ciali. Tubingue, i 7 36 , in- 4 °. 

Dissertatio de medicinâ in nuce, seu.: Idea compendii medici porta- 
tili. Tubingue, 1737 , in- 4 °. 

Dissertatio sistens caput obstipum, adfectum rariorem in Ubris et 
praxis. Tubingue , 1738, iu-4°.. 

Dissertalio de lumbrico terete in ductu pancreatico reperto. Tubingue , 

1738, in-4°- 

Dissertatio de injlammatione in genere. Tubingue, 174°, iu-4°. 



Dissertatio de resolutione 
imminulâ. Tubingue, 174°) 
Dissertatio de II 


MAUC 22g 

assæ sanguines prœlernaturaliter aucld et 

i- 4 °. 

hypopyo, gravi et intricato ocüli adjectu. Tubingue, 
turbidi clarifications. Tubingue, 1742, in-4°. 


■’&££. . . ... 

Dissertatio de strumâ cesopkagi huiusquecoalitu diffîciLis ac abolîtes 
deglutitioniS' singularibus caussis'. Tubingue, 1742, in- 4 °. 

Dissertatio de fislulà corneœ. Tubingue, 174.2, in- 4 °. 

Dissertatio de empyesîoculi, sive pure in secundâ oculi caméra stag¬ 
nante. Tubingue, 1742, in-4 0 . 

DisserLatio de setaceo nuchee, auricularum, ipsiusque oculi. Tubingue, 
1742, in-4°. 

Dissertatio de ulceribus corneœ. Tubingue, 1742, in- 4 °. 

Dissertatio de ungue oculi, sive pure inter corneœ lamellas collecta . 
Tubingue, 1742, in- 4 ”. 

Dissertatio sislens Tobiœ leucomata. Tubingue, 1743 , in- 4 °. 
Dissertatio sislens corneœ oculi tunicœ examen anatomico-physiologt- 
cum. Tubingue, 1743 , io- 4 °. 

Dissertatio de macutis corneœ, eorumque opérations , apotrypsi. Tu- 
bingue, 1743, in-4“. 

Dissertatio de hydropbthalmid , s. hydrope oculi. Tubingue, 1744 , 

in-4°. 

Dissertatio de paracenlesi oculi in hydrophthalmiâ et amblyopiâ senum. 

Tubingue, 1744, i n * 4 “' 

Dissertationes I et II de lue vaccarum Tubingensi. Tubmgue, 1745 ,. 

Dissertatio de mydriasi, pupillœ prœternaturalidilatatione.Tubingue, 
1745, in-4°. 

Dissertatio de pupillœ phihisi ac synezesi, sive angustid prœternatu¬ 
rali et concrétions. Tubingue, 1746, in- 4 °. 

Dissertatio de oleo animali Dippelii. Tubingue, 1745, in- 4 0 , 
Dissertatio de luxatione nuchœ. Tubingue, 1747 , in- 4 °. 

Dissertatio quâ capitis articulalio cum prima et secundâ verlelrâ. Tù- 
bingue, 1747, in- 4 °- 

Dissertatio quâ epiplo • enterocele ruralis incarcerata spliacelata cum. 
notabili deperdidone substanliœ intestini spontè separati féliciter curata 
alvusque naturaliter reslituta sistitur. Tubingue, 1748, in- 4 °. 

Dissertatio de syneckiâ, sive prœternaturali adhœsione corneœ cum- 
iride. Tubingue, 1748, in- 4 °. 

Dissertatio de indole vaiioque usu liquoris amniis. Tubingue, 1748,. 

in- 4 °- 

Dissertatio de confunctivœ et corneœ oculi tunicarum vesiculis et pus- 
tulis. Tubingue, 1748, in- 4 °. 

Dissertatio de staphylomatis , vexato nomine, affectuque oculi dijffi- 
cili et intricato. Tubingue, 1748, in- 4 °. 

Dissertatio de pulsu intermittente et decrepitante. Tubingue, 1748, in-4 0 . 
Dissertatio de oculo arlificiali. Tubingue, 1749, in- 4 °. 

Dissertatio de letkalitate per aceidens. Tubingue, 1750, in- 4 °. 
Dissertatio sislens pàlpebrarum tumores cysticos casumque specialem 
magni tumoris steatomali-scirrhosi e palpebrâ superiôri et orbitâ faciliter 
exstirpati. Tubingue, ij5o, in- 4 °. 

In J. Tayloris, Angli , méritaJamamque. Tubingue, 1752, in- 4 °. 

Les dissertations de Maucbart ont été réunies, par Chrétien-Frédéric ; 
Beuss, sous le titre de : 

Dissertationes medicœ selectœ Tubingenses, oculi humani ajfcotus me- 
dico-chirurgicœ coiuideratps sislen’.es. Tubingue, ijSS , 2 vol. in-8V 




336 MAUR 

MAUCHART (David), fils du précédent, né a Tubingue 
en 1735, y termina sa carrière en 1767, revêtu du titre de 
professeur extraordinaire et de celui de médecin pensionné. Il 
n’a publié que deux opuscules académiques : 

Dissertalio :■ novum probtema chirurgicum de extractions cataractes 
ultra perficiendâ. Tubingue, 1752, in-4°. 

Therapiapurpurcerecentiori tulior solidiorque. Tubingue, 1762, in-4°. 

(o.) 

MàUNOIR ( Jean-Pierre ), né à Genève vers l’année 1770, 
est professeur d’anatomie à l’Académie de cette ville, membre 
de la Société de médecine de Paris et de plusieurs autres com¬ 
pagnies savantes. Ce chirurgien a publié, sur plusieurs points 
de pratique, des observations dont l’expérience n’a pas toujours 
confirmé la justesse. Il prétendit, par exemple, qu’il existe 
dans l’iris de l’homme et des animaux deux ordres de fibres, 
les unes rayonnantes et les autres circulaires, qu’il faut diviser 
en travers, afin d’établir une pupille artificielle durable. Mais, 
d’une part, les anatomistes n’ont pas tous aperçu les deux mus^ 
clés dont il s’agit, et, de l’autre, les praticiens ont vu les inci¬ 
sions faites à l’iris, d’après le procédé du praticien genévois, 
se fermer aussi souvent que les autres. Le procédé quil a re¬ 
nouvelé de couper les artères entre deux ligatures, lorsque 
l’on veut oblitérer ces vaisseaux, n’ajoute rien à la sûreté de 
l’opération de l’anévrisme. Ses craintes de voir le lambeau de 
la cornée se gangrénér, lorsqu’on pratique, à cette membrane, 
une incision plus grande que la moitié de sa circonférence, ne 
se sont jamais réalisées. Les pinces déliées, à doubles airignes, 
qu’il a proposées pour extraire les lambeaux de la capsule cris¬ 
talline dans l’opération de la cataracte par extraction, sont 
fort utiles. Ces travaux, ainsi que plusieurs autres du même 
genre, ont placé M. Maunoir au rang des chirurgiens laborieux 
et distingués de notre époque. 

Indépendamment d’un grand nombre d’écrits publiés dans 
la Bibliothèque britannique et dans d’autres recueils périodi¬ 
ques , on a de lui les ouvrages sùivans : 

Mémoires physiologiques et pratiques sur C anévrisme et la ligature 
des artères. Genève, 1802, in-8°. fig. 

Eloge historique de J. Sennebier , pasteur et bibliothécaire de Genève. 
Genève, i8to, în-S°. 

Mémoires sur l’organisation de T iris et V opération de la pupille arti¬ 
ficielle. Paris et Genève, 1812 , in-8°. fig. 

Mémoire sur les fonsus médullaire et hématode, Paris et Genève, 
1820, in-8». ( L.-J, eégin ) 

MAURICE AU (François), naquit à Paris vers le milieu du 
dix-septième siècle. Il se livra long-temps à l’exercice de l’art des 
accouchemens à l’Hôtel-Dieu, avant de s’adonner a la pratique 



MAUR 2 3 l 

dans la ville. Bientôt il acquit la réputation- la plus brillante 
et la plus justement méritée. Aux travaux de la pratique, ib 
unit des recherches étendues et profondes sur ce qui avait été 
fait jusqu’alors relativement aux maladies des femmes, et aux 
obstacles que peut rencontrer l’exécution de la. parturition. 
C’est en comparant sans cesse les faits- recueillis par ses dé- 
vanciers, aux observations dont il avait lui-même été témoin , 
qu’il composa des ouvrages remarquables à la fois par une 
saine érudition et par les préceptes les plus judicieux. Ce pra¬ 
ticien célèbre se relira vers la fin de sa vie à la campagne, où, 
il mourut le 17 octobre 170g. 

Mauriceau peut être considéré eomme le premier chirurgien 
français dont les écritsportent l’empreinte d’un véritable accou¬ 
cheur. Jusqu’à lui On n’avait en quelque sorte présenté que des 
généralités sur les accouchemens ; peu d’écrivains étaient des¬ 
cendus jusqu’à l’histoire des cas particuliers ; Mauriceau , au; 
contraire, observa et nota tous l'es obstacles qui peuvent entra¬ 
ver la marche de la parturition ét nécessiter l’administration 
des secours de Fart. A. Paré et J. Guilîemeau furent, il est 
vrai, créateurs dans leurs ouvrages5 mais leurs travaux, en ex¬ 
citant le zèle et l’émulation de leurs compatriotes, n’avaient 
pas réellement ajouté beaucoup à ce que l’on savait avant eux.. 
Mauriceau, formé au lit des malades, a connu- et d'écrit le plus- 
grand nombre des difficultés que l’on rencontre dans la- prati¬ 
que. Il prit la nature pour guide, et devint son digne inter¬ 
prète. Il a en qnelque sorte ouvert cette immense carrière que- 
parcoururent depuis,avec tant de gloire, Viardeî, Pew, Portai', 
Devenler, Dèlamotte, et enfin Smellie, Lauverjat, Levret et 
Baudelocque. Confiant dans les forces de l’organisme,. il-atten- 
dait presque toujours Faccouchement spontané, et ne recou¬ 
rait aux opérations que quand l’indication en était évidente et 
précise. La gastro-hystérotomie, pratiquée sur la femme vi¬ 
vante, n’eut jamais son approbation; il doutait' de l’exactitude 
des récits de Rousset et de Bauhin , relativement aux heureux 
succès qui l’auraient souvent couronnée. Dans les cas d’hémor¬ 
ragie abondante survenue durant la grossesse, il' voulait, à 
l’exemple de Guilîemeau, que l’on procédât sansretard à l’ac¬ 
couchement. Des erreurs anatomiques plus ou moins graves 
existent dans les écrits de Mauriceau; mais ces taches légères 
ne les ont pas empêché d’être accueillis par d’universels ap- 
plandissemens, et d’être traduits dans presque toutes les lan¬ 
gues de l’Europe. 

On a de cet habile praticien les ouvrages suivans : 

Traité des maladies des femmes grosses et de celles qui sont accota 
ehces. Paris, 1668, m-4°. - i6~5, 1681, 1694 , in-4°> 



a3s MAUR 

Cet ouvrage fut traduit en iatin par l’auteur, en anglais par Cham- 
berleyne, et ensuite en flamand, en italien , et en allemand. 

Aphorismes touchant la grossesse , Vaccouchement, les maladies et les 
autres indispositions desfemmes. Paris, 1694, in-4°. - Amsterdam, 1701, 

Cet écrit, que les praticiens consultent encore aujourd’hui avec avan¬ 
tage , contient le résumé de la doctrine et les plus importans préceptes 
pratiques de Mauriceau. 

Observations sur la grossesse et sur l'accouchement. Paris, i695,in-4°. 
-I7i5, in-4°.-Trad. en allemand, Dresde, 1709, in-8°. 

Dernières observations sur les maladies des femmes grosses et accou- 
çhées. Paris,. 1708, in-4°- 

Ces écrits ont été réunis en un seul corps d’ouvrage, Paris, 1712, 
J724, 1738, 1740, in-4 û . avec figures. ( l.-j. eégin) 

MAUROCORDATO (Alexandre), fils d’un pauvre gentil¬ 
homme de l’île de Scio,qui vivait du commerce de la soie à 
Constantinople, naquit vers l’an i636, Ses parens l’envoyèrent 
d’abord à Rome, puis à Padoue, pour y faire ses études. 11 se 
distingua beaucoup dans cette dernière Université par les pro¬ 
grès rapides qu’il fit dans les sciences, et surtout par la grande 
facilité qu’il avait à parler en public -, mais son caractère tur¬ 
bulent et impétueux l’en fil bannir au moment où il allait ob¬ 
tenir les honneurs du doctorat. Ce contre-temps le fit passer à 
Bologne, où il prit le bonnet en 1664. Immédiatement après, 
il revint à Constantinople, où il pratiqua l’art de guérir avec 
tant de succès et de réputation qu’il finit par être nommé mé¬ 
decin du grand seigneur. Ce poste éminent le rendit ambitieux, 
et lui donna l’idée de mettre à profit .la connaissance appro¬ 
fondie qu’il avait de plusieurs langues et des intérêts de la plu¬ 
part des potentats de l’Europe. Une occasion favorable ne tarda 
pas à se présenter. Le premier drogmarj de la Porte étant venu 
à mourir, Maurocordato fut choisi pour lui succéder, et sut 
se maintenir dans cet emploi lucratif, mais dangereux, pen¬ 
dant trente-quatre années consécutives jusqu’à sa mort arrivée 
en 1711. Ses talens et sa prudence lui acquirent dans toute 
l’Europe la réputation d’un homme d’état aussi habile que 
profond,"àlaquelle il mit le sceau pendant les négociations de 
Carlowitz, où le traité de paix fut réellement son ouvragej 
mais dès qu’il se fut lancé dans la politique, il parut ne se 
rappeler son premier titre- de médecin que pour chercher à 
en effacer les traces, en supprimant, autant qu’il fut en son 
pouvoir, tous les exemplaires de sa thèse qu’il put se procurer. 
Cette dissertation, le seul dès ouvrages sortis de sa plume qui 
ait rapport aux sciences médicales, porte le litre de : 

Pneumaticum instrumentum circulandi sansuinis , sire de motu et usa 
pulmonum dissertatio philosophico-medica. Bologne, 1664 j in-12. -Franc¬ 
fort, tüfiS, in-12, - Léipzick , 1682, in-12. 



pathologiques de la circulation du sang dans les poumons. Quoiqu’il ne 
paraisse pas avoir été très-fort en anatomie, on peut juger toutefois 
que cette science ne lui était pas étrangère; nous citerons seulement en 
preuve ses remarques sur la structure du coeur et sur celle dès dernières 
extrémités des bronches. , y (j.) 

MAY (Fbajîçois-Antoike), né à Heidelberg, le 17 décem¬ 
bre 1742 sût ses études dans l’Université de cette ville, où il 
devint professeur, après avoir pratiqué pendant quelque temps 
l’art de guérir à Mannheim. Ses ouvrages sont : 

Die Ilaemorrhoiden. Mannheim, 1775, in-8°. 

Stolpertus , ein junger Arzt ani Kranhenbette. Mannheim, 1777-1778, 
in-8°. - Ibid. 1801,3 vol. in-8°. - Tome IV, 1802 ; V, 1807 , in-8°. 

Unterrichtjuer Hebammen. Mannheim, 1778, in-8°. 

Vorbeugungsmitiel wider den Kindermord. Mannheim, 1781, in-8°. 

.Untcnïcht fuer JCiankenwaerler. Mannheim, 1782, in-8°. -Ibid. 

1785,10-8°. 

Vermischte Schriften. Mannheim, 1786, in-8°. 

Facta et fanera puerperarum ex solutionè placentce artificiali oriunda. 
Heidelberg, 1780, in-4°. 

Crisium salutarium impedimenta. Heidelberg, 1786, in-4°. 

Auszug aus den Vorlesungen uéber die Lebensari der Studirenden, um 
bey ihren Beruf lang und gesund zu leben. Heidelberg, 1786, in-8°. 

Aphorismi circà sequelas ex prolàpsu uteri oriundas. Heidelberg, 
1786, in 4°. ' 

Medicinische Fastenprediglen , oder Vorlesungen uéber die Koerper- 
und Seèlendiaeletik. Mannheim, 1793-179:}, in-S°. 

Oratio , quœnam est genuina , décora neenon homine digna DD. Aca • 
demiœ civium libertas, œqualitas acfralernilas? Heidelberg, 1798, in-8°. 

Sendschreiben an die auf der Indien Schule zu Heidelberg studirende 
lugend. Heidelberg, 1798, in-8°. 

Bemerkungen ueber das Baden im Neckarslrom. Heidelberg;, 1798, 

Programma de variis ex paradoxâ Brunonis doctrinâ in praxin clii-r 
rurgicamcommodis. Heidelberg, 1799, in-4°- 

Programma de falis archiatri manus aggravantibits. Heidelberg, 179g, 

Palatini dispensatorii prototypum, climati, vitee generi, mortis , ac 
moderno medici studiigenio accomodatum , quod ad confectandos atrocis 
calumniœ bonam facultads medicœ J'amam obnubilantis, nisus delineavit 
aulhor lœsœque Jamœ defenscr. Heidelberg, 1802, in-4°. 

Heidelbergensis universitatis ab infelici bello Jata , neenon subsidia è 
pace nuta, fugitive depicta calarno. Heidelberg, 1&02, in-8°. 

Paradoxum asthma cum corde è situ naturali deturbato. Heidelberg, 
l8o3,in-4°. 

Mammalis cancri cura, sepulchrum œgrotanlis. Heidelberg, i8o3, 
in-4°. 

Ein Wort am rechten Ort, oder Beantworlung der Frage : Ist es ver- 
menfiig ifiid nuctzlicli , werin edelmuethige Fuersten den Lchreifer der 



234 MAYE 

Nailonadjugend , statt mit geschwind verschallendem Lob, mit wirMi - 
chéri una bleibenden Beloknung aufmuntern ? Heidelberg., i8o3 , in-8°. 

Religioeses wellbuergerliches und litterarisch.es Glaubensbekennlniss 
F-A. Maÿs. Heidelberg, i8o5, in-8°. 

Programma de influxu neo-chemice in oatkoloeiœ et thérapies sludium. 
Heidelberg , 1807 , in-4°. ° 

Ueber die Sittlichkeit und Gesundheitseejahren ley der aus dem ■vae- 
terlichen Bouse auswandernden maennliclien und weiblichen Jusend. 
Heidelberg , 1809, in-8°. 

May {Philippe), grand partisan des rêveries de la chiromancie, a 


Chiromancia et physiognomie medica. Dresde, 1639, in-8°. -Trad. 
allemand, Dresde, 1670, in-8 °.-Ibid. 1681, in-8°.-en français ( 


P.-H. Truchsess, La Haye , i665, in-8°. 
May ( Théodore ) a publié : 
Urinbuechlein. Magd^jourg, 1614, in-4°. 




MAYER (Godefroi-David) , né k Breslau, le 9 novembre 
1659, mort le 29 novembre 1719, fut reçu docteur en méde¬ 
cine à Léipzick, couronné poëte, et admis dans le sein de l’A¬ 
cadémie des Curieux de la nature, au recueil de laquelle il a 
fourni un certain nombre d’observations. On lui doit : 


Dissèrtatio de conütmaciâ morborum. Léipzick, 17.04, in-4"! 

Beschreibung des Sauerbrunhens zu Sharsin. Oels , 1716, in-8°. 

Die Apothekertaxe zu Strehlen. Brieg, 1717, in-8°. (z.) 

MAYER (Jean), savant et habile médecin allemand, vint 
au monde a Prague en 1762. Doué de dispositions remarqua¬ 
bles pour l’étude,il s’appliqua spécialement aux sciences phy¬ 
siques, et prit le grade de docteur en médecine après avoir 
terminé ses cours. La faiblesse de sa santé lui imposa l’obliga¬ 
tion de renoncer au projet qu’il avait d’abord formé de par¬ 
courir les contrées étrangères pour y observer k loisir les pro¬ 
ductions de la nature, et ne lui permit même pas d’accepter 
les offres avantageuses par lesquelles on essaya de l’attirer, 
soit en Pologne, soit en Russie. Livré a la pratique dans sa 
ville natale, il s’y fit connaître par des cures heureuses, et par 
des ouvrages qui lui valurent l’amitié de Haller, de Buffon, et 
de plusieurs autres des plus célèbres parmi ses contemporains. 
La mort l’enleva le 5 juin 1807. On a de lui : 


Dissèrtatio de iis , quœ generationem animaüs aut plantas concernant. 
Prague , 1775, in-8°. 

Vntersuchung des Liebwerder Sauerbrunnen in Boehmen. Prague , 
1786, in-8°. - Dresde , 1787 , in-8". -Ibid. 1791, in-8°. 

Beytrag zur Geschichte der meteorischen Steine in Boehmen. Dresde, 
i8o5 , in-8°. 

Il a publié quatre volumes de la Sammlung physikalischer Aufsaetze 
(Prague, 1791, 1794,-1793 , 1794, in-8°. ), due à la Société d’histoire 
naturelle de Prague. Les Allemands lui doivent un grand nombre dé 
traductions. II a inséré aussi beaucoup d’articles d’histoire naturelle et 



MA YE *35 

de médecine dans les Mémoires de la Société des sciences de Bohême, 
le Naturfoscher, la Bibliothèque de Richter, et une foule d’autres re¬ 
cueils scientifiques. On ne le confondra pas arec son homonyme 

Mayer (Jean), né à Smecznau , près de Prague, le 2 juillet 1737, 
mort le 25 juillet 1804, qui était jardinier à Wurtzbourg, et qui a écrit: 

Pomona Franconica , oder natuerliche /.Ibbildung und Beschreibung 
der Obstbaeume und Fruecïite , welche in dem hochfuerst Hofgarten zu 
ZFuerzburg gezogen werden. Nuremberg, tome I, 1776; II, 1779; III, 
1792-1801, in-4°. 

Mayer (Jean-Antoine) , médecin à Bronswick, né à Glogau, a publié : 

Ankuendigung einer vorzueglicher Mittel wider die Pest. Bronswick, 
1801, in-8°. 

Nachricht fier die Einwdhner Braunschweigs und der benachbarten 
Oerter , ueber die Badeanslalt zu warmen Eluss-und kuenstlichen Mine- 
ralbaedern, die am JVilhelmi Thor eingericlitet werden soll. Bronswick, 
1806, in-8°. (Z.) 

MAYER ( Jean-Christoehe-àndrk ), né à Gripswald, le 8 
décembre 1747, étudia la médecine en cette ville, et y fut 
reçu docteur en 1771. Au bout de quelques années, il obtint 
une place de professeur d’anatomie au College médico-chirur¬ 
gical de Berlin, passa ensuite à l’Université de Francfort-sur- 
l’Oder, et revint en 1787, à Berlin, où il enseigna la botanique 
et la matière médicale jusqu’à sa mort, qui eut lieu le 5 no¬ 
vembre 1801. Il était médecin ordinaire du roi de Prusse. On 
a de lui les ouvrages suivans : 

Dissertatio de calore naturali in febribus, vel aucto, vel itnminuto. 
Greifswald, i77i,in-4°. 

Examen quarumdam optimorum cataraclam extrahendi methodorum, 
imprimis Vrenzeliance. Greifswald, 1772, in-4°. 

Abhandlung von dem Nutzen der systematischen Botanïkund der Arz- 
ney-und Haiiskaliungskùnst. Greifswald , 1772, in-8°. 

Beschreibung' der Blutgefaesse den menschlichen Koerpers. Berlin , 
1777 , in-8°. - Ibid. 1788, in-8“. .. 

Avec seize planches. 

Dissertatio de debilitate symptomatefebrili. Francfort-sur-l’Oder, 1779, 

Anatomisch- physiologische Abhandlung vom Gehirn, Rueckehmark 
und Ursprung der Neri’en. Berlin, 1779, in-4°. 

Les planches sont estimées, mais les descriptions inexactes et d’une 
prolixité fatigante. 

Exemphim hydropis pectoris in feminâ LXX1 annorum, per ipsas 



Manuel complet, et naguère encore fort utile, de tout ce qu’on savait 
jusqu’alors de positif en anatomie. 

AnaLomische Kupjerlafeln. Berlin, 1783-1794, 6 cahiers jn-4°. 

Les figures sont trop petites. Du reste elles ont été faites sur de bons 
modèles et d’après nature. Le prix en est fort élevé. 

Dissertatio de glandulis suprà renalibus, Francfort-sur-l’Oder, 178ÎJ , 
in-4°. 

Ilypothesis nova de secundariâ quidam utilitale glandulœ ihyroïdeœ. 
Francfort-sur-l’Oder, 1785, in-4 0 . 

Animadversianes nonnullœ circà usum forcipis Levreliani. Francfort- 
sur-l’Oder, 1785, in-4°. 

Dissertatio de hydrocèles curatione chirurgicâ et prœserlim meihodo 
à celeb. Theden nuper propositâ. Francfort-sur-l’Oder,' 1786, in-4 0 . 

Dissertatio de variolis internis. Francfort-sur-l’Oder, 1786, in-/j°. 

Bemerkungen ueber die nuetzlichste Art des Studirens angehender 
Aerzte und IVundaerzte. Berlin , 1787 , in-8°. 

Thedeus Jubelfeyer. Berlin, 1788, in-8°. 

Nur ein Paar (Porte, teutsch gesprochene mit Hrn Prof. Waller , dem 
Sohn. Berlin, 1791, in-8°. 

Mayer a inséré divers articles dans les Mémoires de l’Académie de 
Berlin, dont il était membre, dans la Gazette littéraire d’Iéna, et dans 
quelques autres recueils scientifiques. (z.) 

MAYER (Michel), de Rensbourg, dans lë Holslein, vécut 
pendant quelque temps a Roslock, après y avoir pris le bonnet 
de docteur en 1597. L’empereur Rodolphe n le prit pour mé¬ 
decin , et l’éleva au rang de comte palatin. Après la mort de ce 
prince, il passa au service du landgrave de Hesse. En 1620, il 
fixa sa résidence à Magdebourg, où il mourut au bout de deux 
années, à l’âge de cinquante-quatre ans. Ses nombreux ouvrages 
sont recherchés, mais uniquement parce qu’ils sont rares, car 
on n’y trouve que des rêveries alchimiques, auxquelles Mayer 
sacrifia une grande partie de son temps et de sa fortune , sans 
profit ni pour lui, ni pour les autres. Ils ont pour titres : 

Arcana arcanissima, hoc est lderoglyphica Ægyptio-grœca , ad de- 
monslrandam falsorum apud antiquos deorum dearumque heroum am- 
manlium , et institutorum pro sacris receplorum originem ex uno Ægyp- 
tiorum artificio, quod aureum animi et corporis medicamenlum peregit , 
deductam. Londres, 1614 , in-4 0 . 

Lusus sérias, quo dermes seu Wercurius rex mundanorum omnium 
sub honiine exisienlium post longam disceptalionem in concilia oclovirali 












a38 


MAYE 


Sécréta ndturœ chimica, nova subtili methcdo indagata. Franefqrt» 

1687, *n-4°- 

Museum chimicum. Francfort, 1708, in-4°. 

Subtilis allegoria super sécréta chemice ; 

Dans le Muséum hermeticum. 

Encomium mercurîi; 

Dans Y Amphitheatr. sapient. et subtil, de G. Dornau. 

Mayer {Chrétien-Théophile) , né en 1746, mort le 24 jnillet 1773, 
à Iéna, où il était professeur extraordinaire, a publié : 

Dissertatio de tonsillis. Iéna. 176 in-4". 

Programma de rarâ atrophiœ caussâ. Iéna, 1768 , in-4°. 

Rede vondem Missbrauch des guten Geschmacks in der Medicin. Iéna, 
1768 , in-8°. 

Dissertatio de arte sphygmicâ nuperis ebservationibus illustratâ. Iéna, 

^IVIayer (Georges) , né en i533, à Würzbourg, devint premier mé¬ 
decin du landgrave de Hesse, après avoir enseigné successivement à Hei¬ 
delberg et à Marbourg. Devenu ensuite médecin de la ville de Nurem¬ 
berg , il finit par revenir occuper une chaire à Heidelberg, où il mourut 
en 1606. On trouve de lui, dans les œuvres de Mattioli (Lyon, i564, 
in-8°. ), une : Epistola quâ agitur de plantis nonnullis, nempè picœâ , 
chamœleontibus, pyrethro, saxifragâ, hermodactylo , et quibusdam alia- 

MayeC ( Martin ) , médecin à Eger en Bohême, gui florissait vers le 
milieu du dix-septième siècle, a donné une description des eaux miné¬ 
rales de cette ville , sous le titre suivant : 

Kurtze Beschreibung des Egerischen Sauerbrunnens. Nuremberg, 1671, 
in-12. (z.) 


MAYERNE (Théodore-Ttjrquet de), médecin assez célè¬ 
bre du seizième siècle, naquit à Genève le 28 septembre i5g3. 
Dès qu’il eut achevé son cours d’humanités dans sa patrie , il 
alla suivre les leçons de la Faculté de médecine à l’Université 
de Heidelberg 5 mais l’éclat dont jouissait alors l’école de Mont¬ 
pellier l’ayant attiré peu de temps après dans celte ville, il y 
prit le grade de docteur en 1597. Après sa promotion, il vint 
h Paris, où il ne tarda pas à être nommé médecin de l’ambas¬ 
sade que Henri iv envoyait à la diète de Spire. De retour dans 
la capitale, il se mit à faire des cours publics pour les jeunes 
chirurgiens et pharmaciens. La Faculté qui vit avec ombrage 
cet empiètement sur ses droits, profita, pour le réprimer, des 
éloges que Mayerne prodiguait aux remèdes chimiques pros¬ 
crits par elle comme des innovations dangereuses. En consé¬ 
quence, elle porta un décret, rendu dans les termes les plus 
injurieux, qui lui interdisait le droit de consulter. Cet éclat 
scandaleux ne fit point de tort à Mayerne, qui n’en vit pas 
moins croître sa réputation, et qui fut quitte pour renoncer à 
faire des leçons de chimie et de pharmacie. On assure qu’en 
1609, à la mort de Dulaurens, il aurait obtenu la charge de 
premier médecin, malgré son attachement à la religion réfor¬ 
mée, sans l’opposition de la reine, poussée par le cardinal du 
Perron 5 mais le fait n’est pas certain. Quoi qu’j} en soit 



MAYG 23g 

Mayerne ayant acquis une grande réputation dans la Grande- 
Bretagne par la guérison d’un seigneur anglais qu’il avait suivi à 
Londres, fut nommé, en 1611, premier médecin du roi Jac¬ 
ques 1 er , qui le combla d’honneurs et de dignités. 11 remplit la 
même charge soüs le règne de Charles i er , et après la fin tra¬ 
gique de ce prince, il se relira à Chelsea, où il mourut le i5 
mars i655. On a de lui : 

Apologia in quâ videre est , inviolatis Sippocratis et Galeni legibus , 
remedia chymicè prœparata tuto usurpari passe. Larochelle ( Paris ), 
ifio3, in-8°. 

Réponse anonyme à un écrit également anonyme qu’un membre de la 
Faculté avait publié contre lui, et dans lequel il était assez mal traité. 

De gonorrhece inveteratæ et carunculœ ac ulceris in mealu urinario 
curatione. Oppenheim, 1619, in-4 0 . - Francfort, 1627, in- 4 °. 

Médicinal counsels and advices. Londres, 1677, in-4°. -Trad. en latin, 
Genève, 1674, in-12; Londres, 1676, in-8°. 

De morlis inlernis , prœcipuè gravioribus et chronicis. Londres, 1690, 
in-8°.-Vienne, 1691, in-12. - Genève, 1692, in-12. 

Praxeos Mayerniauœ ex adversariis , cohsiliis ac epislolis ejus con- 
cinnatum syntagma. Londres, 1695, in-8°. 

Ses ouvrages ont été réunis sous ce titre : 

Opéra omnia, complecteniia consilia, epistolas et ohserwationes, phar- 
macopoeam , variasque medicamentorum Jbrmulas. Londres, 1700, in-fol. 

(o.) 

MAYGB.IER (Jacqües-Pierre ), né à Angoulème le 11 juin 
1771, se rendit à Brest en 1787, après avoir terminé ses études 
classiques, et y devint successivement élève entretenu de la 
marine, puis sous-aide, et enfin chirurgien de seconde classe. 
Il avait fait plusieurs campagnes en qualité de chirurgien-major 
sur les vaisseaux de l’état, lorsque, en 1797, il abandonna le 
service de la marine, et se rendit à Paris, afin de s’y livrer à 
des études plus sérieuses et plus approfondies sur les diverses 
parties de la médecine. Adressé au professeur Dubois, M. May- 
grier puisa, dans les excellentes'leçons de ce maître habile, 
des connaissances précieuses sur l’anatomie, la chirurgie et l’art 
des accouchemens. Il fut employé en qualité d’élève interne 
de l’hôpital Cochin, de 1800 à i8o3, et ensuite à l’Hôtel-Dieu, 
où la salle des accouchemens lui fut confiée. Prévôt de feu 
Plessmann, M. Maygrier, à la mort de ce praticien, entreprit 
des cours d’accouchemens, qu’il a continués avec une grande 
distinction depuis cette époque. Il entreprit alors aussi des cours 
d’anatomie et de physiologie qui ne furent interrompus qu’en 
i8i/[ , lorsque les amphithéâtres particuliers furent fermés. 
M. Maygrier a concouru,. en x 802, pour la place de chirurgien 
en second de Bicêtre; en 1806, pour la même place à l’Hôteî- 
Dieu de Paris; en 1811, pour la chaire d’accouchemens que 
la mort de Bàudelocque avait rendue vacante à la Faculté de 
médecine, et quoiqu’il n’ait pas été heureux dans ces diverses 


M A Y O 


épreuves, il s’y est acquis à juste titre la réputation d’un pra¬ 
ticien expérimenté et d’un professeur habile. Il est membre ho¬ 
noraire de la Société philantropique, aiusi que de plusieurs 
autres sociétés savantes, ét médecin du bureau de charité du 
dixième arrondissement. On a de M. Maygrier les ouvrages 



MAYNARD (Pierre), né à Vérone, fut appelé, en i5uo, 
à Padoue pour y enseigner la chirurgie. Il passa successivement 
ensuite aux chaires de médecine pratique et de médecine théo¬ 
rique. C’était un grand partisan de l’astrologie, dont il appli¬ 
qua les rêveries à l’histoire des maladies vénériennes. Déjà 
plusieurs écrivains avant lui avaient trouvé de l’analogie entre 
ces affections et la lèpre. Maynard soutint qu’il y a presqu’iden- 
tité entr’elles, et jeta ainsi les fondemens du système que 
l’anglais Beckelt défendit plus tard avec tant de chaleur. Ce 
qu’il y a de remarquable, c’est qu’en décrivant le morbus gal- 
ïicus de son temps, Maynard ne range pas le coït parmi les 
causes, et ne parle des symptômes aux parties génitales que 
comme d’un accident. Il représente encore la maladie comme 
une épidémie, et prétend l’avoir guérie par les saignées et les 
sangsues. Son traité fait partie du recueil de Luvigini. 

- MAYOW ( Jean), né à Londres en i645, étudia d’abord la 
jurisprudence, et obtint même le litre de docteur en droit à 
l’Université d’Oxford, mais s’appliqua ensuite à la médecine, 
qu’il exerça avec beaucoup de distinction, particulièrement à 
Bath, où il se rendait pendant la saison des eaux. La Société 
roÿale l’admit au nombre de ses membres en 1678; mais il/ne 
jouit pas long-temps de cet honneur, car la mort l’enleva le 
16 septembre de l’année suivante. Son nom est célèbre dans 
i’histoire de la physiologie, parce qu’il fut-rcéllcment l’inven- 



MEAD 241 

teur de la the'orie chimique'de la respiration qui se'duisit tant 
d’esprits au commencement du siècle, et qui alors passa pour 
nouvelle. En effet, Mayow, qui fut sur le point de découvrir 
là chimie pneumatique, établit qu’une partie de l’air, à laquelle 
il donnait Je nom de sel vital , sel igné, sel fermentatif , ou 
esprit nitro- aérien, s’unit aux molécules sulfureuses du sang 
pour en débarrasser ce liquide et lui fournir les molécules dont 
il a besoin afin de se mouvoir; il ajoutait que c’est cette combi¬ 
naison entre une portion de l’atmosphère et certaines particules' 
du sang veineux qui artérialise ce dernier, et que la respira¬ 
tion est çn outre la source de la chaleur animale. Traduisons 
les mots sel vital par oxigène , et parties sulfureuses du sang 
veineux par hydrogène et carbone , et nous aurons la célèbre 
théorie chimique, naguère encore si applaudie, mais qui voit 
diminuer chaque jour le nombre de ses partisans. Nous avons 
de Mayow l’ouvrage suivant : 

Tractatus quinque physicomedici, quorum primus agit de sale nitro 
et spiritu nitr o-aèreo , secundîis de respiratione, terlius de respiratione 
jfbetüs in utero et ovo, quartus de molu musculari et spirilibus ariimalibus , 
ultimusde rachitide. Oxford, 1669, in-8 °.-Ibid. 1674, in-8°. -La Haye, 
1681, in-8° -Trad. en hollandais, Amsterdam, i683 , in-8°. (1.) 

MAZINI (Jean-Baptiste), mort à Padoue le 20 mai.ig43, 
avait fait ses études dans cette école célèbre, qui lui avait 
même confié une chaire de médecine pratique. Partisan de la 
secte iatro-mathémalique, il souLint les paradoxes les plus ab¬ 
surdes pour expliquer les actions vitales et la cause des mala¬ 
dies les plus cachées par les principes de la mécanique. Ses ou¬ 
vrages sont oubliés aujourd’hui, et à juste raison, comme tous 
ceux de l’école à laquelle il appartenait. 

Mechanices morborum Pars I. Brescia, 1723; Pars II, 1725; Pars III 
1727, in- 4 °. - Paris, 1731, in-4 0 . - Offenbach , 1732, in- 4 °. 

Meclianica medicamenlorum. Brescia, 1734 , in-4 0 . 

Conjecturas de respiratione fœtus . Brescia , 1737% in- 4 °. 

Inûtilutiones medicinœ mechanicœ. Brescia, 1739, in-4 0 . 

Les œuvres de Mazini ont été réunies sous le titre d'opéra omnia 
(Brescia, 1743, in-4 0 .). (o.) 

MEAD (Richard), célébré médecin anglais, vint au monde, 
le 11 août 1673, à Stepney, petit village près de Londres. Son 
père, non conformiste, y remplissait alors les fonctions de mi¬ 
nistre, mais ayant été soupçonné de tremper dans quelque 
conspiration contre la cour, il fut obligé de s’expatrier, et passa 
en Hollande avec son fils. Le jeune Mead fit ses humanités à 
Utrecht, étudia ensuite la médecine à Leyde, et alla prendre 
le bonnet doctoral à Padoue en i6g5. De retour en Angleterre 
l’année suivante, il exerça l’art de guérir avec beaucoup de 
vi. ' 16 



MEAD 

succèsa Stepney.La Société royale l’accueillit au nombre 3e ses 
membres en 1704, et, en 1707, l’Université d’Oxford lui en¬ 
voya un diplôme de docteur. Admis en 1716 dans le sein du 
Collège des médecins de Londres, il fut nommé l’année sui¬ 
vante médecin de l’hôpital de Saint-Thomas, et en 1727 mé¬ 
decin du roi Georges 11, qui ne lui accorda cependant point, 
à ce qu’on assure, une confiance sans réserve. Après cinquante 
ans d’une pratique fort étendue et très-lucrative, il termina sa 
carrière le 16 février 1754» laissant une riche collection de 
livres, de médailles et d’antiquités. Le catalogue de ces der¬ 
niers objets a été imprimé ( Musœum sive catalogus nummorum, 
■veteris cevi monumentorum et gemniarum. Londres, 1705, 
in-8 0 .). Doué d’un caractère à la fois doux et noble, Mead se 
fit des amis dans tous les partis, sans jamais se ranger lui-même 
sous la bannière d’aucun. Sa courageuse amitié et son désin¬ 
téressement éclatèrent d’une manière honorable en faveur de 
Freind. Ce médecin célèbre ayant assisté au parlement, en 
1722, comme député du bourg de Launceston, s’éleva avec force 
contre le ministère : cette conduite le fit accuser de haute tra¬ 
hison et renfermer à la tour de Londres. Environ six mois 
après, le ministre tomba malade, et réclama l’assistancè dè 
Mead, intime ami de Freind. Mead refusa de lui donner aucun 
conseil avant qu’il n’eût accordé la liberté à son ami, ce qui 
fut fait sur-le-champ, et le soir même il remit à Freind près 
de cinq mille gainées qu’il avait reçues pour honoraires en 
traitant les malades de son ami pendant sa détention. En rap¬ 
portant cette anecdote, Eloy ajoute : « Quelle grandeur d’ame 
dans cette action pour obtenir la liberté de Freind ! mais il faut 
vivre dans un pays comme l’Angleterre pour oser l’entrepren¬ 
dre. Quelle confiance du ministre malade envers MeadI mais 
il fallait avoir les talens de ce médecin pour la mériter. Quel 
désintéressement de conduite envers un ami qu’on a rendu à 
lui-même et au public! mais c’est l’ouvrage du sentiment, et, 
par malheur, il est trop rare parmi les hommes de notre pro¬ 
fession. » 

Mead anima plusieurs de ses compatriotes du désir de s’illus¬ 
trer par d’utiles établissemens, et ce fut lui qui suggéra au li¬ 
braire Guy l’idée de fonder lé magnifique hôpital qui porte son 
nom. Lui-même fit exécuter en marbre la statue de Harvey, et 
la plaça dans la salle d’assemblée du Collège des médecins de 
Londres. Ses ouvrages sont: 

Mechanical account of poisons. Londres, 1702, in-8 0 .- Ibid. 1708, 
in-8 0 .- Ibid. 171 r, in-8°. - Dublin, 1729, in-8°. - Londres, , in-8°. 
- Ibid. 1745, in-8°. - Ibid. 1747, in-8°. -Trad. en latin par Josué Nelson , 
Leyde, 17B7, in-8°, - Londres, 1787, in-8 0 .-Naples, 1789, in-8°.- 
Londres, 1750, jn-4°. - Leyde, 1750, in-8°. - Amsterdam, 1749, in-8 0 .; 










Les œuvres de Mead ont été réunies en langue latine (Paris, I75r, 
in-8°.-Gœttingue, 1748-1749, in-8 0 .-Naples, 1752, in-4°.-Paris, 
1757 , in-8°.-Naples, 1758, in-4 0 . ), et en langue anglaise (Londres, 
1744) in-8°. - Ibid. 1762, in-4°.}. L’édition latine de Paris est due à 
Lorry, et celle de Gœttingue à Oedér. Coste en a donné une traduction 
-française ( Bouillon, 1774, 2 vol. in-8°. ). (a.-j.-l. j.) 


MECKEL (Jean-Frédéric), anatoiniste célèbre, naquit à 
Wetzlar, le 3i juillet 1714.Il était sur le point de se consacrer 
à la jurisprudence, lorsque les conseils de Moeller, son ayeul 
maternel, le déterminèrent à embrasser la carrière de la méde¬ 
cine. Ce fut à Gœttingue qu’il commença ses études, sous 
Haller, et qu’il prit le grade de docteur, après, avoir suivi avec 
beaucoup d’assiduité les cours de l’Université de Berlin. 
Nommé, en rj5i, démonstrateur à l’école des sages-femmes 
de cette dernière ville, il obtint au bout de deux ans la chaire 
devenue vacante par là mort de Buddeus, et put alors se livrer 
sans contrainte à son goût pour l’anatomie. Il résigna cette 
place en 1773, et mourut l’année suivante, le 18 septembre, 
avec le titre de chirurgien du roi de Prusse. Les anatomistes 
lui doivent la connaissance d’une foule de faits et de détails 
plus ou moins importans, ea reconnaissance desquels ils ont 
-donné son nom au ganglion sphéno-palatin, dont la découverte 
avait été faite par lui. On peut citer comme un chef-d’œuvre 
de précision anatomique, sa description des nerfs de la face. 
La plupart de ses travaux sont consignés dans les Mémoires 
de l’Académie de Berlin, dont il était membre. Cependant il 
en a publié séparément plusieurs qui ont pour fitre : 


Dissertatio de quinto pare nervorum cerebri. Gœttingue, 1748, in-4 0 . 

Avec deux planches. 

Physiologische und anatomische Abhandlung von einer ungewoehn- 
lichen Erweiterung des Herzens. Berlin, 1755, in-4 0 . 

Dissertatio epistolaris ad Halleram , de vasis lymphaticis glandulisque 
eonglobatis. Berlin, 1787, in-8°. 

Nova expérimenta et observationes de fînihu s venarum ac vasorum 
lymphaticorumin ductus visceraque excretoria corporis humani, ejusdem- 
que structurée ulilitate. Berlin , 1771 , in-8°. 

Tractatus de morbo hemioso congenilo singulariet complicato féliciter 
curato. Berlin, 1772, in-8°.-Trad. en allemand par Baldinger, Berlin, 
i772,in-8°. (o.) 



ME DI 245 

MECKEL (Puilippe-Frédéric-Théodore), fils du précé¬ 
dent, vint au monde à Berlin, le 3a avril i<j 56. Son père, 
après l’avoir initié dans les travaux anatomiques, l’envoya 
terminer ses études a Gœttingue et à Strasbourg , qui possé¬ 
daient alors les Universités les plus célèbres et les plus habiles 
professeurs de l’Allemagne. Le bonnet doctoral lui fut conféré 
en 1777. Il remplit encore pendant quelque temps les fonctions 
de prosecteur auprès de Lobstein,. parcourut la. France et l’An¬ 
gleterre,, et obtint, en 1779, à Halte, une-chaire d’anatomie et 
de chirurgie, qu'il dut à l'amitié de Schtnucker. L’Université- 
de Strasbourg le nomma professeur en 1783. Douze ans"après, 
il fut appelé en Russie par le czar Paul 1 er , qui lui confia i’ins- 
pection des hôpitaux de la capitale. Sa mort eut lieu le i& 
mars i8o3. Il est auteur des ouvrages suivans : 

Dissertalio de labyrinthi auris contenus. Strasbourg, 1777, in-4". 

Neues Archiv der praktischen Arzneykunst. Léipzick, tome I, 1789;,: 
II, 1790, in-8°. 

Meckel a publié une traduction allemande du Traité de Baudeloque , 
snr les aecouchemens, et fourni des notes à la traduction de la Physio¬ 
logie de Haller par Sœmmerring. (o.) 

MEDICUS (Frédéric-Casimir), médecin et botaniste alle¬ 
mand, né à Grumbach en 1736, et mort le i5 juillet 1808,, 
était directeur de l’Université de Heidelberg et du jardin des 
plantes de Mannheim. Il se consacra principalement à la bota¬ 
nique, et l’on a remarqué la critique, quelquefois heureuse,, 
qu’il a faite du système de Linné , ainsi que les modifications 
qufil y a apportées. Cependant il ne négligea pas entièrement 
la médecine, et se distingua surtout par les attaques qu’il di¬ 
rigea contre la méthode échauffante partout employée de son 
temps en Allemagne, dans la petite-vérole-Ses ouvrages,, peu, 
connus chez nous, ont pour titres : 


Sendschreiben von Ausrottung derer Kinderblaltern. Francfort et 
Léipzick , 1763, in-8°. 

Geschichte periodiseher Krankheiten. Garlsruhe, i764, in-8°. - Franc¬ 
fort, 1794, in-8°. 

Sammlung von Beobachlungen ans der Arzneywissenscltaft. Zurich, 
1764-1766, 2 vol. in-8 °.-Ibid. 1776, in-8°. 

Briefe an den Hrn. J.-G. Zimmermann, ueber einige Erfahrungen 
aus der Arzneywissenschaft. Mannhein, 1766, in-8°. 

Deux lettres à M. Petit sur les rechutes et sur la contagion de la petite- 
_ vérole. Mannheim, 1767 , in-8°. 

Von dem Bau auf Steinkohlen. Mannheim , 1768, in-8°. 

Von dem Bevoeikerungsstand in ICurpJ'alz , besonders in Mannheim, 

. Mannheim, 1769, in-8°. _ 

Index plantarum horli electoralis Manhemiensis. Mannheim, 1771, 


Von der Glueckseligkeit eines Staales, worinn dcr A'cherbau bluehet. 

Mannheim, 1774, in- 4 °* 


=46 


ME1B 


Vorlesung von der Lebenskraft. Mannhein, 1774» in-4°. 

Vorlesung ueber den Satz : nicht das Klima, sondera eine glueckli- 
che buergerliche Regierung ist die Mutler der TVissenschaften. Mann¬ 
heim, 1775, in-4°. 

Ueber die Art, Verbesserungsvorschlaège abzufassen. Mannheim, 

Programma ueber die Veredlungder Rosskastanie. Lautern, 1780, 

Programma ueber den Nutzen , den die Stadt Lautern -von der ka~ 
meral hoben Schule bat. Mannheim , 1780, in-8°. 

Programma dass die Kameralwissenschaflen aufciner besonders hierzu 
gestifieten hoben Schule vorgetragen werden muessen. Mannheim, 1780, 

Verzeicbmss der chymischen Versuche, so im Sommerbaïbsnjahr 1780 
auf der kameral hoben Schule zu Lautern angestellt worden. Lautern, 
l78i,.in-8°. 

Beylraege zur schœnen Gartenkunsl. Mannheim, 1782, in-8°- 

Ueber den merkwuerdigen Bau der Zengungsglieder einiger Geschlech- 
ter aus der Familie der Contorten. Mannieim, 1782,10-8°. 

Botanische Beobachtungen. Mannheim, 1782-1783, in-8°.- 

ÏVic. kann élender Ackerbau einer Gemarkung in einen bessem ver- 
wandelt werden? Mannhein, 1788, in-8°. 

Theodora speciosa, ein neues Pflanzengeschlecht. Mannhein , 1786, 


Ueber einige kuentliche Geschlechter 
heim, 1787, ' 


s der Malvenfamilie. Mann- 


Kurzer Utnriss einer systematischen Beschreibung der mannigfaltigen 
Umhuellung der Saamen. Mannheim , 1789,10-8°. 

PhilosophUche Bolanïk. Mannheim, tome I, 1789; II, 1789 , in-8°. 

Lettre à M. de la Mèthérie dans laquelle il répond à la réfutation 
que M. le baron de Bauvois a fait insérer dans le journal de physique 
du mois de février 1790, sur l'origine des champignons. Mannhein , 1790, 

Pflanzengattungen , nach dem Tnhegriff saemtlicher Fructifîcations- 
theile gebildet , and nach dem Sexualpflànzenregister geordnet. Mann¬ 
heim, 1792, in-8°. 

Ueber nordamerikanische Baeume und Straeuche , als Gegenstaende 
der teutschen Forstwissenschaft und der schoenen Gartenkunst. Mann¬ 
heim , 1792, in-8°. 

Kridsche Bemerkungen ueber Gegenstaende auf dem PJlanzenreiche. 
Mannheim, 1793 , in-8“. 

Geschichte der Botanik unsrer Zeiten. Mannheim, 1793, in-8°. 

Unaechter Acacienbaum. Léipzick, 1794-1803, 5 vol. in 8°. 

Beytraege zurForstwissenscha.fi. Mannhein, 1796, in-8°. 

Ueber die wahren Grundsaetze des Futterbaues. Mannhein ,' 1796, in-8°. 

Forsljournal. Mannheim, 1797-1800, in-8°., 

Beytraege zur Pflanzenanatomie. Mannheim, 1799, in-8°. 

Kleine œkonomische Aufsaetze. Mannheim, i8o4,in-i2. 

OEkonomische Abhandlungen. Léipzick, i8o5, in-16. ( A.-j.-n. j, ) 

; MEIBOM (Jean-Henri), dont le véritable nom était Mey- 
baum, mais qu’on désigne ordinairement sous celui de Meibo- 
mius , de même que les autres membres de sa famille, naquit à 
Helmstaedt, le 27 août 16905 il fît ses premières études dans 
cette ville, ainsi qu’à Wittemberg et Léipzick, visita ensuite 
l’Italie, et prit le grade de docteur à Bâle en ifîig. L’année 


, MEIB 247 

suivante il obtint, dans sa patrie, une chaire de médecine, 
qu’il garda jusqu’en 1626, époque où il se rendit à Lubeck, 
en qualité de médecin de celte ville et de son évêque. Ce fut 
là qu’il mourut le 16 mai i655, laissant les ouvrages suivans : 


Veflagrorum usu in re venereâ. Leyde, 1629, in-12 .-Ibid. i643, in-4 0 . 
-Londres, i655, in-32.-Copenhague, 1669, in-8°. - Londres, 1670, 
in-32. - Ibid. 1670, in-8°. -Trad. en français par C.-F.-X. Mercier, Paris, 
1792, in-18 ; Ibid. I7g5, in-18. ; Besançon , 1801, in-8 0 .; Imité par 
Doppet, Genève, 1788, in-18. 

Hippocratis jusjurandum cum commentario. Leyde, 1643 , in-4°- 

En grec et en latin. 

Epistola de cynqphoriâ, seu canis porlatione ignominiosâ. Helmstaedt, 
1645, in-i". - Nuremberg, i685, in-4°. 

Ve mithridalio et theriacâ discursus. Lubeck, i 652, in-4°. - Ibid. i65g, 
in-4°. 

Maecenas, sire de C. Cilnii Maecenatis vita, moribus et relus gestis 
commentarius ; accedit C. Pedonis Aibinovani Maecenati scriplum epi- 
cedium notis illustratum. Leyde, i653 , in-4 0 . 

A. Cassiodoriformula comitis archiatrorum. Helmstaedt, 1668, in-4°. 

Commentaire sur la dix-neuvième lettre du sixième livre de Cassiodore. 

Ve cererisiis potïbusque et ebriaminibus extra vinum aliis commenta¬ 
rius. Helmstaedt, 1668, in-4°• - Ibid. 1679, in-4°. 

Index scriptorum H. Meibomii senioris edilorum et ineditorum. Helm¬ 
staedt, i 65 i , in-4°. 

Meibom (Henri), fils du précédent, vint au monde à Lubeck, le 29 
juin i638; il étudia la médecine à Helmstaedt, parcourut ensuite l’Alle¬ 
magne, l’Italie, la France et l’Angleterre, prit le bonnet doctoral à 
Angers en i663, et fut revêtu l’année suivante d’nne chaire de médecine à 
l’Université de Helmstaedt, où plus tard il enseigna également l’histoire 
et la poésie. La mort l’enleva le 26 mars 1700. Les follicules sébacés des 
paupières portent son nom, non parce qu’il les a découverts, mais parce 
qu’il en a le premier donné une description exacte. Ses ouvrages sur’la 
médecine sont très-nombreux, indépendamment de ceux qu’il a publiés 
sur l’histoire. 

V issertatio de fundamentis peripateticorum , quibus Aristoleles doc tri- 
nam de moribus superstruxit , necnOn stoicorum et aliorum inter se 
collatis. Helmstaedt, 1657, in-4°. 

Exercitatio de incubatione in fanis deorum medicince causa olim factâ.. 
Helmstaedt, 165g, in-4 a . 

Opuscule intéressant sous le point de vue de l’histoire de la médecine. Les 
cérémonies religioso-médicales des payens y sont décrites dans tous leurs- 
détails et avec la plus grande exactitude. 

Vissertatio de hydrophobiâ. Helmsiaedt, i65g, in-4°.. 

Vissertatio de re physiologicâ. Helmstaedt, i65g , in-4°. 

Epistola de longœris. Helmstaedt, 1664, in-4°. 

Meibom y recherche les causes de la diminution de la vie humaine 
depuis le déluge ; il aurait dû commencer par constater le fait. 

Ve vasis palpebrarum novis epistola. Helmsiaedt, 1666, in-4°. 

Vissertatio de venceseclionis in vanolarui/i curatione usu. Helmstaedt, 
1666, in-4°. 

Vissertatio de motu sanguinis nalurali et prœternaturali. Helmstaedt 

Exercitatio medica de ossium conslitulione nalurali et pïœternalurali.. 
Helmstaedt, if.68, in-4°. 

Vissertatio de arlhritide vagâ scorbuticâ, Helmstaedt, 1668, in-4°. 





2/[3 MEIB 

Pathologicæ exercitationès undecim de morborum differenliis , cousis , 
syniptomatibus, signis , pulsibus , urinis , febribus , cephalalsiâ. Helm¬ 
staedt, 1668-1669, in-4°. 

Theses medicœ ex universâ arte depromptœ. Helmstaedt, 1668, in- 4 °. 
Vissertatio de molu vasorum. Helmstaedt, 1668, in-4 0 . 

Ve medicorum historid scribendâ epistola. Helmstaedt, 1669, in-4 0 . 
Vissertatio de sujfusione. Helmstaedt, 1670, in- 4 °. 

Vissertatio de oleorum slillatiliorum naturâ et usa in genere. Helm- 
slaedt, 1670, in-4°- 

Vissertatio de hœmorrhoïdihus. Helmstaedt, 1670, in- 4 °. . 

Vissertatio de paracentesiinhydrope. Helmstaedt, 1670, in- 4 °. 
Vissertatio de suffusione. Helmstaedt, 1670, in- 4 °. 

Vissertatio de lubonibus. Helmstaedt, 1671, in-4 0 . 

Vissertatio de chylificalione. Helmstaedt, 1671, in- 4 °. 

Exercitatio analomico-medica de valvulis seu membranulis vasorum, 
earumque structurâ et usu. Helmstaedt, 1672 , in-4, 0 . 

Vissertatio de cephalalgiâ. Helmstaedt, 1672 , in-4 0 . 

Vissertatio de atrophia. Helmstaedt, 1672, in-4 0 . 

Vissertatio de cancromammarum. Helmstaedt, 1673, in- 4 °. 
Vissertatio de respiratione, e/us difficultate, ejusque causis. Helmstaedt, 

1673, in-4 0 . 

Vissertatio de ulcerum naturâ et curalione in genere. Helmstaedt, 1674, 


ii à causa exlernâ violenta. Helmstaedt 


n- 4 °. 


Vissertatio de lœsionibus 

1674» in- 4 °- 

Vissertatio de colicâ. Helmstaedt, 1674, in- 4 °. 

Vissertatio de saneuinis eductione. Helmstaedt, .1674 , in-4 0 . 

Vissertatio de phihisi. Helmstaedt, 1675, in- 4 °. 

Vissertatio de suppressions urince. Helmstaedt, 1676, in- 4 °. 

Vissertatio de variolis et morbillis. Helmstaedt, 1676, in- 4 °. 

Morborumque vernqlium et medendi rationis isto tempore instituendce 
consideratia. Helmstaedt, 1677, in-4 0 . 

Vissertatio de febribus intermittenlibus epidemicis. Helmstaedt, 1678 , 
in-4°. 

Vissertatio de vomitu. Helmstaedt, 1678, in- 4 °. 

Vissertatio de febribus malignis. Helmstaedt, 1679, ™- 4 °- 

Vissertatio de tumoribus pedum, prœsertim œdematosis. Helmstaedt, 

'.^Vissertatio de calculo renum. Helmstaedt, 1679, in- 4 °. 

Vissertatio de cardialgiâ. Helmstaedt, 1679, in- 4 °. 

Vissertatio historica de metallifodinarum Éarlzicarum primâ origine 
et progressa. Helmstaedt, 1680 , in-4 0 . 

Exercitatio medica de consuetudims natura, vi et efficaciâ ad sani- 
tatem et morbum, ejusque in medendô observationis necessitate. Helm¬ 
staedt, 1681, in-4°. 

Vissertatio de lue venereâ. Helmstaedt, 1682, in-4 0 . 

Vissertatio de concoclione ventriculi lœsâ. Helmstaedt, 1682, in- 4 °. 

Vissertatio sde hœtnorriiagiâ. Helmstaedt, 1684, in-4 0 . 

Vissertatio de vulnerum naturâ et curalione in genere. Helmstaedt, 
i 685 ,in- 4 °. 

Vissertatio de hernià. Helmstaedt, 1686, in- 4 °. 

Exercitatio medica de fluxu humorum ad oculos naturali et prœterna- 
turali, hu/usque curatione. Helmstaedt, 1687, in- 4 °. 

Exercitatio medica de phthisis curalione per lac. Helmstaedt, 1687, 

Vissertatio de sujffbçatione hystericâ. Helmstaedt, 1688, in- 4 °. 




Dissertatio de vomilu agitai ex gulâ. Helmstaedt, 1688, in-4 0 . 
Dissertatio de cathelerismo. Helmstaedt, 1689 , in-j 0 . 
Dissertatio de aquœ calidœ polu. Helmstaedt, 1689, in- 4 °. 
Dissertatio de lenior ..... 


»49 


medicamentorum eximio usu. Helmstaedt, 1693, 

Dissertatio de hy drape ascitâ. Helmstaedt, i 6 g 5 , in- 4 °. 

Dissertatio de abscessuum interiorum naturâ et constitutione. Dresde 
et Léipzick, 1718, in-4 0 . 

Meibom [Brandanus) , fils du précédent, né le 14 janvier 1678 à 
Helmstaedt, prit le grade dé docteur à Utrecbt en 1701 , passa quelque 
temps en Angleterre, et fut revêtu en 1707 , dans sa ville natale, du titre 
de professeur, qu’il conserva jusqu’à sa mort, arrivée le 16 octobre 1740. 
Il n’a publié que des opuscules académiques, dont voici les principaux : 

Dissertatio de externorum medicamentorum operatione et in morbis 
internis usu. Utrecht, 1701, in- 4 °. 

Dissertatio de rei medicœ per observationes incremento , earumfalla- 
ciâ et recto usu. Helmstaedt, 1712, in.4 0 . 

Dissertatio de nalurœ in conseruandâ et reslituendâ salute viribus. 
Helmstaedt, 1714, in-4 0 . 

Dissertatio de lochiorum suppressione. Helmstaedt, 1717 , in-4 0 . 

Dissertatio de animœ ad restituendam sanitatem impotentiâ. Helm¬ 
staedt, 171g, in-4°. 

Dissertatio- de prôvido atque tempeslivo medicamentorum evacuantium 
usü pro diversitate tetnporum morborum prudenler instituendo. Helm¬ 
staedt, 1723, in-4°- 

Dissertatio de œgrâ paralysi laborante. Helmstaedt, 1720, in- 4 °. 

Dissertatio de apoplexie. Helmstaedt,, 1723, in- 4 °. 

Fundamenta brevioris vitœ quce in hujus œvi hominibus obseruatur. 
Helmstaedt, 1729, in- 4 °. 

Dissertatio de arsenico. Helmstaedt, 1729, in-4 0 . 

Dissertatio de Utendâ valetudine recens natorum. Helmstaedt, 1781, 

Dissertatio de usu vaporationum et suffituum in curatione morborum. 
Helmstaedt, 1734, in- 4 °. 

Dissertatio de cruditatïbus ventriculi. Helmstaedt, 1735, in-4 0 . 

Dissertatio de morbis ex viscido oriundis. Helmstaedt, 1737, in-4 0 . 

Dissertatio de epilepsiâ stomachicâ. Helmstaedt, 1740, in- 4 ". 

Dissertatio de pilis eorumque morbis. Helmstaedt, 1740, itf-j 0 . 

( A.-J.-L. JOURDAN ) 


MENA (Ferdinand) obtint le. grade de docteur en méde- 
cine à l’Université d’Alcala de Henarès, près laquelle il fut 
ensuite attache en qualité de professeur,- ses talens dans Part 
de guérir lui valurent l’honneur d’être appelé à la cour du roi 
Philippe 11, comme médecin de ce prince. On a de lui : 


CÏaudii Galeni de pulsibus liber. Alcala de Henarès, i 553 , in- 4 °. 

C’est la traduction dti grec avec des additions. 

Ejusdem liber de urinis cum interpretalione et commentariis locuple- 
tissimis. Alcala de Henarès, i 553 : 

Libellus utilissimus de rations permiscendi médicamenta , quœ passim 
in ususveniunt. Alcala de Henarès, i 555 et 1687. 

Melhodus Jebrium omnium, et earum symptomatum curatoria cui ac¬ 
cessit liber de septimestri parlu et purgantibus medicamentis. Anvers, 




a 5 o MENT 

MENJOT (Antoine), né à Paris, vers i6i5, d’une famille 
protestante, prit le titre de docteur en médecine à Montpel¬ 
lier, en i 636 . Quelque temps après, il revint dans la capitale, 
où il fut pourvu d’une charge de médecin du roi, et pratiqua 
l’art de guérir avec beaucoup de succès jusqu’à sa mort, qui 
eut lieu èn 1696. Les ouvrages qu’il a laissés sont assez bien 
écrits, mais fort peu remarquables sous le rapport de la doc¬ 
trine que l’auteur y professe. Ce qu’ils' offrent de plus piquant, 
c’est qu’ils servirent de justification à Bayle qui, voulant excu¬ 
ser les passages indécens par lesquels on lui reprochait d’avoir 
déparé plusieurs articles de son dictionaire, cite l’exemple de 
Menjot qui avait mis beaucoup de lasciveté dans sa disserta¬ 
tion sur la nymphomanie et la stérilité. Ces ouvrages ont pour 
titres : 

Historia et curatio febrium malignarum. Paris, 1662, in- 4 °. - Ibid. 
i 665 , in- 4 0 . - Ibid. 1674, in- 4 °. - Ibid. 1677, in- 4 °. 

On trouve à la suite un grand nombre de dissertations pathologiques, 
divisées en quatre parties. La théorie qui règne dans ce traité est pure¬ 
ment galénique. 

■Bpistola apolosetica de.variis sectis amplectandis advenus Hadriani 
Scauri ineptias aefensio. Paris, 1666, in-12.-Ulrecht, 1682, in-8°. 

Opuscules posthumes contenant des discours et des lettres sur divers 
sujets. Amsterdam, 1697 , in- 4 0 . (z.) 

MENTZEL ( Chrétien), né à Furstenwald, dans la Marche 
de Brandebourg, le i 5 juin 1622, suivit les cours de bo¬ 
tanique et de médecine aux Universités de Francfort-sur- 
l’Oder et de Kœnigsberg. Ayant accompagné l’ambassadeur de 
Prusse en Pologne, il profita de son séjour dans cette con¬ 
trée pour en étudier les productions naturelles. Après avoir 
quitté Varsovie, il passa un an à Dantzick, et s’embarqua en¬ 
suite pour la Hollande, d’où il voyagea en Espagne et en Italie. 
Le litre de docteur lui fut accordé à Padoue en i 654 * A son 
retour en Allemagne, il devint médecin de l’électeur de Bran¬ 
debourg , et pratiqua l’art de guérir avec tant de succès, que 
l’Académie impériale des Curieux de la nature le mit au nom¬ 
bre de ses membres, sous le nom d 'Apollon. En 1688, il de¬ 
manda et obtint la permission de quitter la cour. Depuis celle 
époque jusqu’à sa mort, arrivée le 17 janvier 1701, il s’adonna 
tout entier à l’étude de la langue chinoise, dans laquelle il fit 
des progrès remarquables pour le temps, principalement au 
moyeu des leçons qu’il reçut du missionaire Couplet. Nous ne 
citerons, parmi ses écrits, que ceux qui ont rapport à la 
médecine. 

Centurie plantarum circà nobile Cedanum spontè nascentium. Dantzick, 

i64 9 ,ia-4“. 



MENU 23 i 

lapis Bononiensis in obscuro lucens, collatus cum phosphoro herme- 
lico Chnsliani Adolphi Balduini. Bilefeld, 1675, in-12. 

Index nominum planiarum universalis multilinguis. Berlin, 1682, in-fol. 

- Ibid. 1696, in-fol. - Ibid. 1715 , in-fol. sous le titre de Lexicon plan- 

tarum polygloltum universale. (o.) 

MENURET DE CHAMBAUD (Jean-Jacques), né à Mon- 
telimart en 1^33, annonça de bonne heure les plus heureuses 
dispositions, et termina le cours de ses humanités avec dis¬ 
tinction. S’étant ensuite rendu à Montpellier, pour y étudier 
la médecine, il s’attacha de préférence aux leçons de Fizès, 
dont il adopta trop exclusivement les opinions bizarres. Après 
avoir obtenu les honneurs du doctorat, il fit marcher de front 
les travaux du cabinet et l’exercice de sa profession. D’Alem- 
bert et Diderot le choisirent pour travailler h l’Encyclopédie, 
et il se montra digne d’une aussi glorieuse distinction. Les ar¬ 
ticles qu’il fournil à ce beau monument, si honorable pour la 
France, sont écrits généralement avec pureté, parfois même 
avec élégance, mais parsemés d’idées paradoxales et de théories 
inadmissibles. On distingue dans le nombre les articles inflam¬ 
mation , mort , pouls et somnambulisme. Ménuret était médecin 
de Dumouriez lorsque les commissaires de la convention vin¬ 
rent signifier à ce général de se rendre à Paris pour y rendre 
compte de sa conduite. Dumouriez, embarrassé , demanda 
l’avis de son médecin, qui lui conseilla la désobéissance; mais 
l’anecdote ayant été divulguée, Menuret se trouva compromis, 
et obligé de chercher un asile en pays étranger. Il choisit la 
ville de Hambourg pour retraite, et profita de la première oc¬ 
casion favorable pour rentrer sans danger dans sa patrie, qu’il 
n’avait quittée qu’à regret. La mort termina, en i 8 i 5 , sa car¬ 
rière, qui avait été illustrée par des talens et surtout par une 
douce et active philanthropie. On a de lui : 

Nouveau traité du pouls. Paris, 1768, in-12. 

Menuret a reproduit les idées de Fizès dans cet ouvrage. Il y suppose, 
avec son maître, des cordes tendues des divers organes aux artères de la 
périphérie du corps, et communiquant à celles-ci les affections de ceux-là. 

Avis aux mères sur la petite-vérole et la rougeole'. Lyon, 1770, in-8°. 
-Trad. en allemand, Léipzick, 1772, in-8°. 

Eloge historique de M. Venel. Grenoble, 1777, in-8°. 

Essai sur Faction de l'air dans les maladies contagieuses. Paris, 1781, 
in-12.-Trad. en allemand, Léipzick, 1784, in- 4 °. 

Cet essai est rempli d’hypothèses qui annoncent seulement beaucoup 
d’imagination. 

Essaisur l'histoire médico-topographique de Paris. Paris, 1786, in-12. 

- Ibid. i 8 o 5 , in-12. 

Essai sur la ville de Hambourg, considérée.dans ses rapports avec la 
santé , ou Lettres sur l’histoire medico-topographique de cette ville. Ham¬ 
bourg,1797, in-8°. -Trad. en allemand par M.-G. Hermann, Hambourg, 







25: 


MERÀT (Fkauçois-Victor), membre honoraire de l’Aca¬ 
démie royale de médecine, né à Paris le 1650111611780, et reçu 
docteur en i8o3, fat deux ans après nommé au concours chef 
de clinique. Cette place, qu’il occupa dix ans , lui fournit de 
nombreuses occasions d’étudier l’anatomie pathologique, et lui 
fit diriger spécialement ses études vers cette partie, alors peu 
cultivée, del’art médical. Il a été à la tête de Journal de méde¬ 
cine pendant les années 1810 et 1811, rédigé les Bulletins de la 
Société de la Faculté de 1806 à 1810 , et dirigé le Dictionaire 
des sciences médicales depuis le tome XX. Outre un assez grand 
nombre d’articles répandus dans divers journaux, il a publié : 


chaque année au Jardin du roi. 

M. Mérat est éditeur de la seconde édition du Cours 
pharmacie chimique de Simon Morelet ( Paris, 1814 ,3 v 


MERCADO (Louis de), appelé en latin Mercatus , était nd 
à Valladolid dans la Vieille Castille, où il enseigna la méde¬ 
cine avec tant d’éclat, que Philippe 11 et son successeur Phi¬ 
lippe m le prirent pour premier médecin. Il mourut en i5gg, 
à l’âge de quatre-vingt-six ans , après avoir fourni une honora • 
ble carrière. C’est le plus célèbre de tous les médecins espagnols 
du seizième siècle, et celui que les étrangers connurent le plus. 
Ses ouvrages, quoique souvent cités, sont peu lus, et mérite¬ 
raient de l’être davantage. 

Methodus medendi. Valladolid, lùja, in-8°. 

De communi et peculiari prœsidiorum artis medicœ indicatione. Vai- 
ladolid, i57i, in-8°. - Cologne, i588, in-8°. 



Jnstitutiones chirurgicœ. Madrid, i 5 <} 4 , in-8°. - Francfort, 1619, in-fol. 

De jecoris , splenis, renum et vesicœ moriis, .eorumque curatione. 
Madrid , i 5 g 4 , in-fol. 

De moriis eorumque signis , causis et symptomatis d'Jferentiis ac cura- 
Üone. Valladolid, 1604', in-fol. 

De moriis hereditariis. Valladolid, i 6 o 5 , in-fol. 

De puerorum educatione , custodiâ et providenliâ. Valladolid, 1611, 

De moriis puerorum. Valladolid, 1611, in- 4 ®. 

Ces deux ouvrages ont élé réimprimés ensemble (Valladolid, i 6 i 3 , 
in-fol. - Francfort, 1654, in-fol. ). 

De essentiâ et nalurâ coloris febrilis. Valladolid, 1611, in-fol. 

Jnstitutiones ad usum et examen eorum qui luxatoriam artem exercent. 
Francfort, 1624, in-fol. 

C’est une traduction faite par Charles Lepois, d’après l’espagnol. 

La plupart des ouvrages de Mercado ont été réunis en trois volumes 
in-fol. (Valladolid, i 6 o 5 . - Francfort, 1608.-Venise, 1609.-Valladolid, 
1611,- Ibid.-i6i3. -Francfort, 1614. - Ibid. 1620 ). 

Mercado ( Pierre de ), médecin de Grenade, au seizième siècle, qu’il 
ne faut pas confondre avec Pierre Mercati, père de Michel, et mort à 
Home en i 5 S 5 , à l’âge de soixante et ODze ans, a laissé un ouvrage in- 

De feirium diffenentiis , eorumque causis , signis et medelâ , tam in 
unwersali, quant in particulari, et antiquorum et juniorum, tum Grœ- 
corum, tum Arahum authoritate. Grenade, i 583 , in-4 0 . - Ibid. i5q 2 , 
in- 4 ». (z.J 

MERCATI (Michel), né le 8 avril i 54 i, à San-Miniato, 
petite ville de la Toscane, s’appliqua, comme sou père, à 
l’étude de la médecine, dans laquelle il fit de grand progrès, 
et dont il obtint le doctorat à Pise. Son zèle et son aptitude au 
travail lui méritèrent l’amitié de Cesalpino, qui lui inspira le 
goût de l’histoire naturelle. Lorsque toutes ses études acadé¬ 
miques furent terminées, il se rendit à Rome, où Pie v lui 
confia l’intendance du jardin des plantes du Vatican, quoiqu’il 
n’eût encore que vingt ans. Mercati commença dès cette épo¬ 
que à former un cabinet d’histoire naturelle, et surtout à ras¬ 
sembler les productions du règne minéral, dont il eut bientôt 
une collection très-curieuse. Son zèle pour les progrès des 
sciences lui acquit l’estime générale, dont Ferdinand 1 et le 
sénat romain lui donnèrent une preuve en l’annoblissant. 
Sixte vie créa protonotaire apostolique, et le chargea d’accom- 




254 , MERC 

pagner le cardinal Aldobrandini, envoyé en Pologne pour tra¬ 
vailler à rétablir la paix entre le roi Sigismond ni et l’archiduc 
d’Autriche Maximilien. Mercati montra, en cette occasion, 
un esprit solide et beaucoup de pénétration dans les affaires ; 
mais il eut soin aussi de recueillir les plantes et. les minéraux 
des contrées qu’il parcourait. Le cardinal Aldobrandini étant 
devenu pape sous le nom de Clément vin, le choisit pour pre¬ 
mier médecin, et ne laissa échapper aucune occasion de lui 
témoigner la confiance qu’il avait en lui. Ce savant estimable 
mourut le 25 juin i5g3, laissant divers ouvrages, dont ceux 
qui sont relatifs à la médecine ont pour titre : 


Istruzione sopra la peste , nella quale si contengono i piu eletti e ap- 
propriati remedii, con multi ruiovi e potenli segreti, cosi da preservarsi, 
corne da ciirarsi. Aggiuntevi ire altre istruzioni sopra i veleni occulta- 
menle ministrati , podagra e paralisi. Rome , 1576, in- 4 °. 

Metallotecha opus posthumum, auctoritate et munijicentiâ démen¬ 
tis XI. P. Max. in lucem educlum; opéra autem et studio J.-A. Lan- 
cisii illustratum. Rome, 1717 , in-fol. 

Cet ouvrage contient la description du Muséum que Mercati avait 
fondé au V;.~ ’ ' — 


remit ce soin à Assalti, qui s’en acquitta fort bien. Au travi 
Mercati fut joint un appendice intitulé : 

Appendix ad'Métallolhecam Vaticanam. Rome, 171g, in-fol. 

Mercati [Pierre), père du précédent, né à San Miniatoy mourut 
le t 5 mai i 585 , à l’âge de soixante et onze ans. C’était un médecin ha¬ 
bile, que les souverains pontifes honorèrent de leur protection. 


MERCKLIN (Georges-Abraham), né en i6i 3, à Windsheirn 
dans la Franconie, était fils d’un chirurgien habile de cette 
ville.'-Il étudia la médecine àWittemberg, où il servit pendant 
quelque temps de secrétaire au célèbre Sennert, et alla prendre 
le bonnet doctoral a Altdorf, en 1640. Au sortir de l’Université, 
il obtint la place de médecin ordinaire de la ville de Weissen- 
bourg, qu’il remplit.pendant vingt ans, et qu’il quitta pour 
aller en occuper une semblable à Herspruck. En 1667, il se 
retira à Nuremberg, fut admis dans le Collège des médecins de 
cette ville, et j termina sa carrière en i683. On ne connaît de 
lui qu’une observation sur une perforation de l’estomac, qui a 
paru dans les Ephémérides des Curieux de la nature, et une 
description des eaux minérales de Weissenbourg. 

Mercklin [Georges-Abraham ), fils du précédent, et médecin dis¬ 
tingué, vint au monde à Weissenboürg en 1644, prit le grade de docteur 
à Altdorf, et s’établit à Nuremberg, où il mourut le 19 avril 1702, après 

Josephi Pandolphini à Monte Mardano tractatus de venlositalis spince 
sœpissimo morbo. Nuremberg, 1674, in-12. 




son prédécesseur, et qu’il ait rempli une foule de lacunes, son travail 
laisse encore beaucoup à désirer. Les ouvrages écrits en latin sont les 
seuls qni s’y trouvent énumérés, sèchement en outre, et sans aucune ré¬ 
flexion critique. Les noms propres sont souvent mutilés d'une étrange 

Sylloge casuum medicorum incantationi vulgo adscribi solitorum, niaxi- 
meque pree cœteris memorabilmm. Nuremberg, 1698, in- 4 °• - Ibid. 171 5 , 

~ Meb.cki.in [Jean-Abraham ), fils du précédent, né à Nuremberg le 9 
juillet 1674 > “tort le 28 septembre 1720, et membre de l’Académie im¬ 
périale des Curieux de la nature, sous le nom de Chiron III, a publié : 

Dissertatio deliydrope saccato. Altdorf, 1695, in- 4 ®. 

Dissertatio de dignitate medicorum. Padoue, 1696, in-4 0 . 

De filiciori nunc quam olim medicinâ diascepsis. Padoue, 1696, in- 4 °- 

Opusculum de morbis mulierum. Nuremberg, 1696, in- 4 °- 

Spolia Hippqcratica, sive , textus et sententiœ ex libris Aphorismorum, 
Prœnotionum, Prœdicliormm, de Judicationibus, coacis Prœnotionibus 
et Capitis vulneribus. Brunn, 1699, in-12. 

Tabula Smaragdini. 1699, in-12. 

Oniscographia seu de qseUis. Brunn, 1700, in- 4 °. ( I.) 

MERCURIALI (Jérôme), célébré médecin-italien, plus 
connu sous son nom latinisé de Mercurialis, naquit, à Forli, le 
3.0 septembre i53o, fit ses études a Bologne, et prit le grade.de 
docteur à Padoue. Ses compatriotes lui donnèrent une preuve 
signalée de l’estime qu’ils avaient pour ses talens, en l’envoyant 
à Rome, en i562 , pour traiter d’affaires importantes à la cour 
du pape Pie iv. Mercuriali céda aux sollicitations pressantes 
du cardinal Farnèse, et passa sept années, sauf quelques courtes 
absences, dans la capitale du monde chrétien. Ce laps de temps 
fut employé à la culture des lettres, à l’enseignement de la 
médecine, et surtout à la rédaction de son traité sur la gym¬ 
nastique des anciens, ouvrage qui lui procura une grande ré¬ 
putation, et le fit nommer, en i56g, professeur à Padoue, par¬ 
la république de Venise. L’empereur Maximilien n l’appela à 
Vienne, en 15 ^ 3 , pour le consulter sur sa santé, et lui donna 
en récompense le titre de comte palatin. Après avoir enseigné 
pendant dix-huit ans à Padoue, Mercuriali passa à Bologne, 
puis à Pise, où l’attira la générosité du grand-duc de Toscane. 
Enfin, il se retira dans sa patrie, où il mourut le x3 novembre 



25 6 MERG 

1606. Les habitans, voulant honorer solennellement sa mé¬ 
moire, lui élevèrent une statue sur la place publique. Mercu- 
riali brilla .comme professeur et comme praticien, parmi ses 
contemporains; les nombreux ouvragés qu’il a laissés, quoique 
n’ajant pas tous le même mérite, parce que tous n’ont pas été 
publiés par lui-même, attestent son grand savoir et sa profonde 
érudition. 




■ 4 °., publié par J. ZacGhi. 

lus de maculis pestiferis et hydrophobiâ. Padoue» il 


Francfort, i 5 j 8 , in-8°. - Veni: 


Prcelechones Bonomenses in Hippocralis secundum libmm Epidemico• 
rum. Forli, 1826, in-fol. 

De ratione discendi medicinam emypaÇ». Strasbourg , 1607 , in-12. 

Quelques-uns des opuscules de Mercuriali ont été réunis sous ce titre : 

Opuscula aurea et selectiora. Venise, 1644, in-fol. (j.) 

MERCURII (Jésôme), né à Rome dans le cours du seizième 
siècle, alla e'tudier la médecine à Bologne, où il fut disciple 
d’Âranzi, et fréquenta ensuite les cours de l’Université de Pa¬ 
doue. L’envie lui ayant pris de se retircr du monde, il fut reçu 
à Milan dans l’ordre des Dominicains. Mais la théologie ne le 
fit pas renoncer à l’art de guérir, et les succès qu’il obtint dans 
le traitement des maladies le décidèrent'enfin à se consacrer 
sans partage à la profession pour laquelle la nature semblait 
l’avoir fait naître. Bientôt les reproches que ses infractions con¬ 
tinuelles à la règle lui attiraient de la part de ses supérieurs le 
firent repentir d’avoir pris des engagemens au-dessus de ses 
forces, et les choses en vinrent au point qu’un jour il s’échappa 
de so,n couvent pour, suivre en France , comme médecin, et 





258 MERY 

sous le nom de Scipion, Jérôme Lodrone, commandant des 
troupes allemandes sous les ordres d’Anne de Joyeuse. Après 
avoir beaucoup voyage', il revint en Italie, parcourut les prin¬ 
cipales villes de cette contrée, et finit par fixer son séjour à 
Peschiera, où l’exercice de son art lui procura des sommes con¬ 
sidérables. Cependant l’idée d’avoir trahi ses sermens assié¬ 
geant sans cesse son esprit, il ne parvint à recouvrer quelque 
tranquillité qu’aprës avoir, en 1601, repris l’habit de saint Do¬ 
minique , et subi la pénitence qu’on voulut lui imposer pour le 
scandale dont il avait été l’occasion. Ses supérieurs lui permi¬ 
rent néanmoins de continuer l’exercice de l’art de guérir. 11 
mourut en i 6 i 5, à Rome, à Venise ou à Milan. Ses ouvrages 
ont joui d’une grande vogue , que leur contenu ne justifie 
guère; ils attestent qu’au temps de Mercurii le talent était moins 
encore qu’aujourd’hui une condition nécessaire pour arriver à 
la fortune et à la considération publique. 

ha commare o raccoslitrice. Venise, 1601, in-4° --Ibid. 1607, in-4 0 . 
- Milan , 1618, in-4°. -Venise, 1620, in-4°. - Ibid. 1642 , in-4°. - Vérone, 
r652, in-4°. - Ibid. 1662, in-4°. -Venise, 1676, in-4°. -Trad. en allemand, 
Léipzick, i 652, in-4°. ; Wittemberg, 1671, in-4°. 

Degli errori popolari cTItalia, libre sette. Venise, i6o3, in-4°- (r.) 

MERRET (Christophe), médecin et naturaliste anglais, né 
le 16 février 1614 à Winchcombe, dans le comté de Glocester, 
lit ses études à Oxford, et y prit le grade de docteur en 16<j3. 
Bientôt après il se fixa à Londres, où il acquit une réputation 
fort étendue, et devint membre de la Société royale. Mort le 
19 août 169b, il a publié : 

Collection of acts of parleament concerning the grants to the college 
of physicians. Londres, 1660 , in-4°. 

Frauds and abuses commitled by apothecaries. Londres , 16G7, in-8®. 

Pinax rerum naturalium britannicarum , continens vegetabilia , anima- 
lia et jossilîa. Londres, 1667, in-8°. 

Merret y indique, par ordre alphabétique, plus de quatorze cents 
plantes dont un grand nombre avaient échappé jusqu’alors aux recher¬ 
ches des naturalistes. On trouve quelques mémoires de sa façon dans les 
Transactions philosophiques. Les Anglais lui doivent une traduction , 
dans leur langue, du traité de Néri sur l’art de la verrerie (Londres, 
1662, in-8°.). . 

Selfconviction or an énumération ofthe ahsurdities andrailings against 
the college of physicians. Londres, 1671, in-4 0 . (z.) 

MERY (Jean), anatomiste célèbre, vint au monde à Vatan, 
dans le Berry, le 6 janvier i6|5, et reçut k l’Hôtel-Dieu de 
Paris les premiers élémens de l’art chirurgical, auquel il avait 
résolu de se consacrer. Nommé chirurgien de la reine en 1681, 
il devint deux ans après chirurgien-major des Invalides, et fut 
envoyé à Lisbonne en 1684 pour administrer les secours de son 



MESM 2 5 9 

art à la reine de Portugal, qu’il trouva morte à son arrivée. 
Etant revenu en France peu de temps après, il fut admis dans 
le sein de l’Académie des sciences. La cour le.chargea, en 1692, 
d’une mission auprès du gouvernement anglais, dont le motif 
a toujours été ignoré. En 1700, il fut fait premier chirurgien, 
de l’Hôtel-Dieu, et depuis cette époque il renonça entièrement 
à la pratique, partageant sa vie entière entre les malades de 
l’hôpital et les travaux du cabinet. La mort l’enleva le 5 sep¬ 
tembre 1722. Il se fît remarquer principalement par l’âpreté de 
ses formes, et par le ton peu mesuré qu’il apporta dans les 
discussions littéraires, notamment dans celle qu’il soutint contre 
Duvernej à l’occasion de la circulation du sang dans le fœtus, 
et dans laquelle la raison et l’évidence n’étaient point de son 
côté. Ce fut lui qui établit, contre l’opinion généralement ad¬ 
mise alors, qiie le péritoine ne se rompt pas dans les hernies, et 
qu’un prolongement de cette membrane accompagne toujours 
l’intestin sorti. Indépendamment de divers articles ou mémoires 
insérés dans le recueil de l’Académie, il a publié : 

Description exacte sur V oreille de l'homme. Paris, 1677, in-12 .-Ibid. 
1687, in-12. 

Observations sur la manière de tailler dans les deux sexes, pour l'ex¬ 
traction de la pierre, pratiquée par le frère Jacques. Paris, 1700, in-12. 

Nouveau système de la circulation du sang par le trou ovale, dans le 
jœtus humain. Paris , 1700 , in-12. 

Problèmes de physique. Paris, 1711, in- 4 °. (o.) 

MESMER (Antoine), né le 23 mai 1733, à Weil, près de 
Slein sur le Rhin, étudia la médecine à Vienne. Son début dans 
le monde fut une brochure dans laquelle il soutenait qu’en vertu 
de la force qui produit leurs mutuelles attractions, les astres 
exercent, sur les êtres vivans, principalement sur leur système 
nerveux, une influence spéciale qui n’est qu’une modification de 
l’attraction générale, et qui a lieu par l’intermédiaire d’un fluide 
subtil remplissant l’univers et pénétrant tous les corps. Cetledoc- 
trine, qui n’était qu’un mélange informe des grands principes dé¬ 
couverts par Newton avec les rêvenesde l’astrologie, fut à peine 
remarquée. En 1772, Mesmer essaya de la populariser en y as¬ 
sociant celle de l’action de l’aimant, à laquelle on attribuait alors 
des vertus curatives surprenantes, et deux ans après il adopta 
les aimans artificiels que préparait Pierre Hell, astronome de 
la cour, grand partisan de ce nouveau moyen de traitement. 
Mais bientôt, abandonnant son auxiliaire, il déclara que les 
effets magnétiques dépendaient moins de l’aimant que d’une 
faculté inhérente à sa propre personne, et qu’il pouvait guérir 
ses malades par la seule apposition des mains sur la partie souf¬ 
frante, ou même de loin et à distance. Ces assertions, émises 



26o - MESM 

en 1775, appelèrent l’attention sur le magnétiœe animal, au¬ 
quel Mesmer rapporta aussi les cures miraculeuses du curé 
Gassner, dont il assurait avoir e'té témoin oculaire. Elles furent 
communiquées aussi aux plus célèbres académies de l’Europe, 
qui ne répondirent pas à l’auteur, ou qui le traitèrent de vi¬ 
sionnaire. Mesmer ne réussit pas davantage auprès des savans 
et des médecins de Vienne, mais il séduisit quelques bourgeois 
crédules, un eutr’autrcs auquel il parvint, en 1777, à faire 
croire qu’il avait rendu la vue à sa fille,' aveugle de naissance. 
Cette prétendue cure , proclamée par quelques enthousiastes 
comme un miracle, démentie par des gens de bonne foi, et 
dont tout Paris put constater la fausseté, puisque la malade s’y 
montra encore aveugle sept ans après ; cette aventure fit tant 
de bruit que le gouvernement jugea prudent de faire intervenir 
son autorité. Mesmer, se voyant déjoué, prit le parti de quitter 
l’Autriche, et de se rendre à Paris, où il vint en 1778. A peine 
arrivé, il mit au jour un petit écrit fort obscur, dans lequel 
son système se trouvait exposé en vingt-quatre propositions. 
L’Académie des sciences et la Société de médecine, auxquelles 
il s’adressa d’abord, le repoussèrent. Voyant alors qu’il n’avait 
rien à attendre des savans, il se tourna vers le public, et trouva 
réunis de ce côté tous les élémens de succès, frivolité et passion 
pour toutes les nouveautés. Son ton d’inspiré le fit recevoir 
avec transport par un monde superficiel et oisif; l’enthousiasme 
qu’il excita n’eut bientôt plus de bornes, et il finit même par 
entraîner d’Eslon, médecin du comte d’Artois, qui devint son 
apôtre devant la Société de médecine. Mais ce corps repoussa 
les rêveries du médecin allemand par une décision solennelle 
et par la publication de plusieurs mémoires. Cependant Mes¬ 
mer avait acquis un crédit tel que le ministère crut devoir ou¬ 
vrir des négociations avec lui pour l’engager à publier sa doc¬ 
trine dans l’intérêt de l’humanité; quelque magnifiques que 
fussent les offres qu’on lui fit, il les trouva insuffisantes, et 
partit pour les eaux de Spa. Mais ayant appris que d’Eslon 
avait profité de son absence pour ouvrir chez lui un traitement 
public auquel les malades accouraient en foule, il s’empressa 
de revenir à Paris, où Bergasse, l’un de ses plus fougueux 
adeptes, ouvrit une souscription de cent actions, à cent louis 
chaque, dont le produit devait lui être remis sous la condition 
qu’il révélerait la doctrine du magnétisme animal aux souscrip¬ 
teurs. Celte souscription fut promptement remplie et au-delà, 
puisqu’elle rapporta plus de trois cent quarante mille francs à 
Mesmer. Celui-ci n’en continua pas moins de se renfermer dans 
une .mystérieuse réserve, et à exercer une influence très-lucra¬ 
tive pour lui sur le brillant cercle qui se rassemblait chaque 
jour autour de son baquet magique. L’enthousiasme général et, 



MESM 261 

à ce qu’on assure, les nombreux désordres qui accompagnaient 
ces réunions, déterminèrent enfin le gouvernement à faire exa¬ 
miner la doctrine et l’emploi du magnétisme animal par une 
commission composée de Majault, Sallin, Darcet, Guillotin, 
Franklin, Leroi, Bailly, Bory et Lavoisier. Des expériences 
furent faites avec le plus grand soin chez d’Eslon et chez Frank¬ 
lin. Après les avoir répétées plusieurs fois et variées de diverses 
manières, les commissaires demeurèrent convaincus que tous 
les effets attribués au magnétisme étaient le résultat de l’in¬ 
fluence morale que les hommes exercent toujours les uns sur 
les autres, quand ils ont la conscience de leur présence mu¬ 
tuelle. Le rapport de l’Académie, rédigé par Bailly, peut être 
considéré comme un chef-d’œuvre de raison et de philosophie, 
en même temps qu’il est un modèle d’élégance et de fermeté 
dans le style. La-Société-dé médecine prit les memes conclu¬ 
sions que l’Académie, et les deux rapports furent répandus avec 
profusion par le gouvernement. La publicité, cette ennémie si- 
dangereuse du charlatanisme, porta un coup mortel au mesmé¬ 
risme , que le talent même de Bergasse ne put relever dans 
l’opinion. Mesmer, se voyant démasqué, quitta la France, et 
après avoir passé quelque temps en Angleterre sous un nom- 
supposé, finit par se retirer en Allemagne, où il est mort tout 
à fait ignoré, à Mersebourg, le 5 mars iSx5. C’est en vain qüe- 
MM. de Puysegur ont essayé de ranimer l’enthousiasme pour 
le magnétisme animal, dans toute l’histoire duquel on ne voit, 
aujourd’hui comme autrefois, que des charlatans et des dupes. 
Cette bizarre doctrine n’a pu séduire un seul instant les Anglais; 
mais quelques Suédois ont essayé de la rattacher a l’obscur 
mysticisme de Swedenborg, et les Allemands, qui-l’avaient 
repoussée jusqu’en 1787, ont fini par s’enthousiasmer tellement 
pour elle que le gouvernement prussien fut obligé, il y a quel¬ 
ques années, de prendre des mesures sévères afin de réprimer 
les graves abus auxquels elle donnait lieu, qu’il y a des so¬ 
ciétés magnétiques sur divers points de l’Allemagne, et qu’on 
y publie chaque mois, sous la rubrique de médecine magique, le 
réciL des faitsplus ou moins extraordinaires, qui sont bien dignes- 
de figurer à côté de ceux dont Gassner, le prince de Hohenïbhe 
et autres thaumaturges semblables ont enrichi les annales du 
mysticisme, et qui fourniraient un curieux supplément.au trailé- 
des folies humaines par Adelung. Mesmer a publié : 


Dissertatio de planetarum infium ih corpus humanum. Vienne, 1766 


Sendschreilen an einen auswaertigen Arzt uéber die Magnelkur; 
Vienne, 1775, in-8°. 

. Zwejhes Sendschreiben ùeber die Magnetkur, an das Publihum . Vienne, 
»975, in- 4 °. 




Lettres à M. Vicq-cPAzyr et à MM. le 
Bruxelles, 1784, in-8°. 

Mémoire de Mesmer sur ses découverte 
Lettre au citoyen Baudin, capitaine d 
h faire au sujet et un moyen préservatif dt 
in-8°. 



MESSERSCHMIDT ( Daniel -Théophile ), né à Dantzick 
en i685, fut reçu docteur en médecine à Halle en 1707, et neuf 
ans après se rendit à Pétersbourg. Passionné pour les décou¬ 
vertes, il s’engagea, moyennant la faible somme de cinq cents 
roubles par an, à parcourir la Sibérie, et à' observer tout ce 
qui pouvait avoir rapport à la géographie, à l’histoire des dif- 
fe'rens peuples, et aux diverses branches de la médecine. Sept 
années furent employées à ce voyage, dont les sciences ne re¬ 
tirèrent pas beaucoup de profit, quoiqu’il ait fait connaître 
plusieurs particularités ignorées jusqu’alors, mais qui facilita 
les recherches plus productives de Salles, de Gmelin, de Georgi, 
et de M. Klaproth. A son retour à Pétersbourg en 1716, ]Vfes- 
serschmidt se voyant accueilli avec peu d’empressement, tomba 
dans une profonde mélancolie, et prit enfin le parti de revenir 
à Dantzick. Son dessein était d’offrir à sa ville natale les col¬ 
lections qu’il avait formées en Russie, mais il eut le malheur 
de les perdre toutes dans un naufrage qu’il fit auprès de Pillau. 
Etant retourné ensuite à Pétersbourg, il y mourut pauvre et 
ignoré en 1735. La presse n’a reproduit aucun ouvrage de sa 
façon, mais on trouve des extraits de son voyage dans les Neue 
nordischen Beytraege de Pallas. Linné, pour honorer sa mé¬ 
moire, lui consacra: un genre de plantes ( Messerschmidia) de 
la famille des sébesténiers. (o.) 

MÉSUÉ, médecin arabe, s’appelait Jean , ou JahiaTÎ ibn 
Masouiah , vivait au neuvième siècle, et appartenait à la secte 
chrétienne des nestoriens. Khouz, bourg situé au voisinage de 
l’ancienne Ninive, fut le lieu de sa naissance. Il vint fort jeune 
à Bagdad, dans l’intention d’embrasser l’état ecclésiastique; 
mais les facilités que cette ville lui offrait pour se livrer à tous 
les genres d’études, le firentchangerd’avis. Ayant pris goût pour 
la médecine, il l’étudia avec beaucoup d’ardeur sous £t:i mé¬ 
decin juif qui jouissait d’une grande célébrité. Bientôt sa pro- 



METH 263 

pre réputation effaça celle de son maître, et il ouvrit une école 
a où sortirent un grand nombre de médecins renommés parmi 
les Arabes. Les taïens de Mésué lui attirèrent la faveur d’Ha- 
roun-Al-Raschid, qui l’attacha à sa personne, et dont l’héritier . 
Al-Mamoun l’emmena avec lui dans le Khoraçan. 11 obtint 
également la confiance des successeurs de ce calife, à la cour 
desquels il resta jusqu’au règne de Motawakkel, sous lequel il 
mourut l’an 855 (24 1 de l’Hégyre), à l’âge d’environ quatre- 
vingts ans. Comme Mésué cultivait les belles-lettres en même 
temps que la médecine, et qu’il était fort habile en grec, en 
persan et en syriaque, les califes le chargèrent de surveiller et 
de diriger les nombreux traducteurs qu’ils entretenaient pour 
faire passer en arabe les ouvrages écrits dans ces trois langues, 
evparmi lesquels on doit surtout distinguer ses deux disciples 
Honaïn et Hobaïsch. Ce médecin écrivit en outre, sur l’art de 
guérir, beaucoup d’ouvrages qui sont fort estimés chez les Orien¬ 
taux, et qui l’ont même été pendant long-temps chez nous ■ 
tels sont ses démonstrations, en trente livres, ses traités sur les 
fièvres, lesalimens, la diarrhée, les bains, la céphalalgie, l’eau 
d’orge, etc. Plusieurs de ces ouvrages ont été traduits en hé¬ 
breu. On en connaît les éditions latines suivantes : 

Liber de complexionibus, proprietatibus, electionibus operadontbusr/ue 
medicinarum laxativarum. Practica de medicinis particulurium œsruu- 
dinum. Venise, i 4 7 i , in-fol. 

Liber de consolalione medicinarum simplicium solutiva.ni.nu Milan, 
i 4 ? 3 , in-fol.-Lyon, 1478, in-fol.-Tract, en italien, Venise, 1475 , in-fol. ; 
Ibid. 1487, in.fol,; Ibid. x 4 9 3 , in-fol. ; Ibid. i5,2i, in-fol.; Ibid. i 55 o, 
in-8°. ; Ibid. 1621, in- 4 “. 

De medicinis œgrituciinum liber. Naples, i 475 , in-fol. 

Opéra omnia, ex duplici translatione, allerâ anliquâ., altéra noua. 
Jac. Sylvii. Acc. annotationes J. Manardi, J. Sylvii et A. Marini. Om¬ 
nia ab eodem Marino casligata. Venise, i562, in-fol. - Ibid. i 58 q, in-fol. 

- Ibid. 1602, in-fol. 

Il ne faut pas confondre ce médecin avec un autre Mésué, surnommé 
le jeune , ou Jean, fils d’Hamech , qui professait la doctrine des Jaco- 
bites, et qui naquit à Mardin, dans la Mésopotamie. Ce Mésué était 
disciple d’Avicenne. II mourut eri Egypte, à l’âge de quatre-vingt-dix 
ans, vers l’an 1018 de notre ère. Il a écrit en arabe un traité des empl⬠
tres, des onguens et des syrops, dont on possède une traduction hébraïque. 

MÉTHÉRIE (Jean-Claude de la), né à Clayette, le 4 sep¬ 
tembre 1743, était fils d’un médecin qui le fit élever avec beau¬ 
coup de soin. Destiné à l’état ecclésiastique, il vint suivre les- 
cours de la Sorbonne, et reçut les quatre ordres mineurs au 
séminaire de Saint-Louis; mais son frère aîné étant venu à 
mourir, il obtint la permission de se livrer à la médecine, qu’il 
étudia pendant cinq années, et qu’il alla ensuite pratiquer dans 
sa ville natale jusqu’en 1780. Entraîné par la tournure parti¬ 
culière de ses idées, il publia une sorte de logique et de mêla- 



264 ETH 

physique, dans laquelle il se prononça déjà pour l’opinion que 
le mouvement est essentiel à la nature, et que tous les corps 
doivent leur origine à la cristallisation. 11 vint à Paris, et y dé¬ 
veloppa ses vues dans un nouvel ouvrage, qui fut à peine re¬ 
marqué ; puis il quitta momentanément cet objet de recherches 
pour écrire sur les différentes espèces de gaz que les travaux 
de Priestley venaient de signaler à l’attention publique,- ilsoutint 
que l’oxigène n’est pas le principe de tous les acides; cette idée, 
dont le temps a démontré la justesse, parut alors paradoxale, 
et disposa mal jusqu’à Lavoisier lui-même à l’égard de l’au¬ 
teur. La même année, en 1785, il fut associé à la rédaction du 
Journal de physique, travail dont il demeura seul chargé en 
1785, au départ de l’abbé Mongez le jeune pour l’expédition 
de Lapeyroüse, et qu’il continua sans interruption jusqu’à sa 
mort. En 1792, il donna une édition considérablement augmen¬ 
tée de la Sciàgraphie de Bergmann, le meilleur ou du moins le 
plus utile de tous ses ouvrages, celui qui décida'de sa voca¬ 
tion, et qui fit que la minéralogie devint le but décidé de ses 
travaux. Quelques années ensuite, il publia sa Théorie de la 
terre qui, outre un sorte de géologie et de minéralogie, con¬ 
tient encore une espèce de cosmogonie: on y trouve l’exposé 
lé plus complet qui eût encore paru en France des divers sys¬ 
tèmes imaginés par les philosophes, et le recueil le plus mé¬ 
thodique des faits dont se composait alors la géologie. Ce furent 
là les objets constans de ses études et de ses publications jusqu’à, 
sa mort, arrivée le I er juillet 1817. La Méthérie futun homme 
de bien dans toute l’étendue de ce mot, mais il vécut plus sous 
l’empire de l’imagination que dans le monde des réalités, et se 
trompa souvent sur les hommes et sur les choses. Ses opinions 
philosophiques méritent d’être rapportées. Suivant lui la créa¬ 
tion et l’annihilation sont impossibles; chaque partie de la ma¬ 
tière a une force propre qu’elle ne perd jamais ; dans les corps 
solides cette force est in tusu, mais dans les fluides elle donne 
à chaque molécule un mouvement continuel de rotation, d’on¬ 
dulation et de vibration autour de son axe, différente dans 
chaque corps. Glest ce mouvement qui produit tous les phéno¬ 
mènes de la nature. La Métherie croyait qu’on peut supposer 
tous les corps dans un état électrique ou magnétique , et les 
progrès récens de la physique rendent cette hypothèse fort pro¬ 
bable. Il rapportait la vie à l’action galvanique, autre supposi¬ 
tion qui gagne chaque jour de nouveaux partisans. Il admettait 
que les corps organisés peuvent bien n’avoir pas commencé à la 
même époque, que par conséquent il peut y en avoir de perdus, 
et que tous sont susceptibles de perfectibilité' ou de dégénéres¬ 
cence,, suivant les circonstances dans lesquelles ils ae trouvent. 
II croyait à l’existence, dans les végétaux, d’une véritable cir- 




METH a65 

culation, idée que des observations modernes ont justifiée. Il 
croyait que nous ne sommes qu’une certaine combinaison mo¬ 
mentanée de molécules de matière affectée d’une forme déter¬ 
minée par les lois générales de la nature, et que c’est seulement 
dans la vertu que l’homme peut trouver le bonheur. En un mot, 
considéré comme philosophe, La Métherie fut épicurien dans 
la plus noble acception de ce mot. Il combattit l’emploi exclu¬ 
sif de la cristallographie comme moyen principal de classifica¬ 
tion des minéraux, et contribua a faire connaître un assez grand 
nombre d’espèces minérales. Ses travaux furent peu utiles, 
parce qu’il ne sut pas les faire valoir, et qu’il ignora l’art si 
utile de l’intrigue, qui répugnait h son ame grande et géné¬ 
reuse ; aussi vécut-il presqu’inconnu, dans un état voisin de la 
gêne, où son bon cœur l’avait réduit, et dont nulle main se- 
courable n’eut la générosité de l’aider à sortir. Le savant mo¬ 
deste qui préfère la science aux hommes, et qui n’encense pas 
l’idole du jour, n’a d’autre espoir que dans l’estime de la pos¬ 
térité, quand encore la haine et la jalon-Je n’ont pas été assez 
puissantes pour anéantir, par des dépréciations calculées, jus¬ 
qu’aux traces de ses travaux. Les ouvrages de La Métherie sont 
devenus fort rares, parce qu’ayant trouvé peu de débit, ils 
furent en grande partie consacrés à d’ignobles usages. ' 

Essai sur les principes de la philosophie naturelle. Amsterdam, 1777, 
in-12. - Paris, 1788, 2 vol. in-8°. -Ibid. i8o5, in-8®. 

Vues physiologiques sur l’organisation animale' et végétale. Paris , 


Essai sur Pair / 
- Ibid. 1788, 2 v< 
Théorie de la U 


it les différentes espèces d'air. Paris, 1785 , in-8°. 
Paris, 1791, 3 vol. in-8°. - Ibid. 1797 , 5 vol. 


Considérations sur les êtres organisés. Paris, 1804 , 3 vol. in-8°. 

La Métherie croyait l’excitabilité produite par l’action galvanique pro¬ 
venant de la superposition des fibres nerveus.es et musculaires. Suivant 






266 METT 

METTRIE ( Julien-Offeay de la), devenu célèbre moins 
par ses idées philosophiques elles-mêmes , que par la hardiesse 
avec laquelle il les publia hautement, naquit à Saint-Malo, 
en 1709, le 20 décembre. Son père, enrichi par le négoce, ne 
négligea rien pour lui donner une bonne éducation. Après avoir 
terminé ses humanités à Paris, il alla faire sa rhétorique à 
Caen sous les Jésuites, et revint au bout d’une année dans la 
capitale pour y suivre les cours de l’abbé Cordier, qui l’en¬ 
rôla sous les bannières du jansénisme, en faveur duquel le jeune 
La Mettrie'se prononça avec une vivacité extraordinaire, même 
à son âge. Ses études terminées, il retourna dans le sein de sa 
famille, et, pdr les conseils d’un ami, embrassa la profession 
de médecin, contre le vœu de son père, qui le destinait à l’état 
ecclésiastique. Ayant étudié l’anatomie pendant deux ans, il 
alla prendre le bonnet doctoral à Reims. En 1733 , il se rendit 
à Leyde auprès de Boerhaave, dont il traduisit plusieurs ou¬ 
vrages, et qui l’honora de son estime. .De retour une seconde 
fois à Saint-Malo, il s’y occupa de diverses traductions, d’une 
édition de Sydenham, et de quelques ouvrages qu’il ne mit en 
lumière que plusieurs années après. Morand l’appela, en 1742, 
à Paris, et lui fit obtenir la place de médecin des gardes fran¬ 
çaises. La Mettrie suivit ce corps à l’armée, et assista à la ba¬ 
taille de Dettingen et à la célèbre journée de Fontenoy. Etant 
tombé malade pendant le siège de Fribourg, il s’aperçut que, 
pendant la durée de sa maladie, l’affaiblissement du moral 
avait suivi chez lui celui du physique, et il en tira la consé¬ 
quence que la faculté de penser est le résultat de l’organisation, 
de sorte que le moindre dérangement dans les ressorts de notre 
machine doit exercer une grande influence sur l’ame. L’ouvrage 
qu’il fit paraître à cette occasion, et une satire de quelques 
compétiteurs à la place de premier médecin, qu’il publia dans 
la vue de seconder les projets ambitieux d’un ami, lui attirè¬ 
rent la haine des prêtres et des médecins. Privé d’abord de sa 
place aux gardes, par la mort de son protecteur, le duc de 
Grammont, il perdit aussi celle qu’il avait obtenue dans les 
hôpitaux de l’armée, et fut même obligé, pour éviter la Bastille, 
de se réfugier à Leyde en 1746. Là il écrivit une nouvelle sa¬ 
tire des plus virulentes contre les médecins, et une sorte de 
codé du matérialisme absolu, qui lui suscita autant d’ennemis 
parmi les réformés que sa malignité et son hétérodoxie lui en 
avaient attirés parmi les catholiques. Se voyant sur le point 
d’être persécuté de nouveau, il accepta l’asyîé que le grand 
Frédéric lui fit offrir, par Maupertuis, à Berlin, où le prince 
l’accueillit de la manière la plus honorable, comme une vic¬ 
time de l’intolérance religieuse et politique, lui accorda une 
pension, avec le titre de son lecteur, et le nomma membre de 



METT 267 

l’Académie. Il mourut d’indigeslion le 11 novembre 1751 , et 
le roi de Prusse, dont il avait été le favori, se chargea lui-même 
de son éloge, qu’il fit lire à l’Académie par Darget. Les cir¬ 
constances, plus qu’un mérite réel, furent la source de sa célé¬ 
brité. Dans un siècle où la raison n’eût pas eu à disputer sur 
tous les points l’empire aux préjugés et aux institutions go¬ 
thiques, La Mettrie n’aurait été remarqué ni parmi les savans, 
ni même dans les cercles frivoles de la haute société; homme 
d’esprit, mais sans goût, sans instruction solide, et frondeur par 
caractère, il fut matérialiste parce que son siècle jouait la dévo¬ 
tion; sous Julien, les fanatiques l’auraient compté dans leurs 
rangs. Diderot, dont malheureusement l’opinion n’a aucun poids, 
parce qu’elle n’a rien de fixe, l’a cependant très-bien jugé, en 
disant que c’était un homme sans jugement et d’un esprit frivole, 
dont les idées étaient dérangées à tel point que, dans la même 
page, une assertion sensée est heurtée par une assertion folle, et 
une assertion folle par une assertion sensée. Au jourd’hui l’Europe 
entière sifflerait un prétendu philosophe'tel que La Mettrie; 
mais peut-être au moins ne le persécuterait-elle pas. Les ou¬ 
vrages de ce médecin, tous remplis de feu et d’imagination, 
mais vides d’idées et dépourvus de précision et de justesse, sont : 


Traité du vertige , avec la description d’une catalepsie hystérique. 
Paris, 1737, in-12. - Ibid. tq38, in-12.-Ibid. iq3i , in-12. 

Lettre sur l’art de conserver la santé et de prolonger la vie. Paris, 
1738, in-12. 

Traité de la petite-vérole , avec le traitement des plus habiles méde¬ 
cins. Paris, 1740, in-12. 

Observations de médecine pratique. Paris, 1743 , in-12. 

Ces divers traités ont été réunis avec deux autres sur la dysenterie et 
sur l’asthme ( Berlin iq5i, in-4°-)- 

Histoire naturelle de l’ame. La Haye, 1745, in-8°. 

La politique du médecin de Machiavel, ou le chemin de la fortune 
ouvert aux médecins. Amsterdam (Lyon), 1746, in-12. 

Ouvrage condamné au feu par arrêt du parlement. 

La Faculté vengée. Paris ( Leyde ) , 1747, in-8°. - Ibid. 1772 , in-8°. 

Comédie en trois actes et en prose. 

Ouvrage de Pénélope , on Machiavel en médecine. Berlin, 1748,2 vol. 
in-12. - Ibid. 1760, 3 vol. in-12. 

Publié sous le nom d’AIetheius Demetrius. 

L’homme machine. Leyde, 174S, in-12. 

Brûlé par arrêt des magistrats de Leyde. 

Traité de la vie heureuse de Sénèque, avec l’anti Sénèque , ou Dis¬ 
cours sur le même sujet. Potsdam, 1748 , in-12. 

L'homme plante. Potsdam , 1748, in-12. 

Réflexions sur l’origine des animaux. Berlin, 1750, in-4 0 . 

L'art de jouir. Berlin, 1751, in-12. 

Venus métaphysique , ou Essai sur l’origine de famé humaine. Berlin, 
I75t, in-12. 

Les œuvres philosophiques de La Mettrie ont été réimprimées plusieurs 
fois ensemble (Londres (Berlin), in5i, in-4 0 . “ Berlin, 1771, 2 vol. 
in-8°. - Amsterdam, 1774 j 3 vol. in-12 ). ( a.-j.-l. j.) 




268 METZ 

METZGER ( Jean-Daniel ), né à Strasbourg le 7 février 
1739, obtint le titre de docteur en médecine, dans celte ville, 
le i er septembre 1767. Il j faisait des cours particuliers, lors¬ 
que le comte de Beutheim-Steinfurt le fit venir à sa cour comme 
médecin, et lui accorda le titre de conseiller, avec la place de 
physicien ou d’inspecteur de la police médicale, dans sa rési¬ 
dence. Appelé, en 1777, à Kœnigsberg pour y remplir la chaire 
d’anatomie, Metzger cultiva avec le plus grand, succès cette 
branche de l’art de guérir , ainsi que la physiologie , la patho¬ 
logie, la chirurgie et surtout la police médicale. Il prit part à 
toutes les discussions qui s’agitèrent de son temps, telles que. 
celles sur l’irritabilité et la sensibilité, sur la nature du tissu de¬ 
là matrice, sur l’origine et la décussation des nerfs optiques, 
sur le magnétisme animal, sur la cranioscopie, sur la classifi¬ 
cation des races humaines, sur la docimasie pulmonaire, la lé- 
thalité des pla'ies, le danger des inhumations précipitées j etc. 
En un mot, son activité littéraire ne négligea aucun des points 
historiques, théoriques ou pratiques de la science à laquelle il 
s’était consacré -, mais ce qui le distingua principalement, ce 
furent ses recherches continuelles sur la médecine légale, dans- 
laquelle son nom est cité maintenant comme une autorité, la 
plupart du temps imposante. 11 est mort à Kœnigsberg en i8o5, 
laissant les ouvrages suivans : 


Dissertatio de primo pare nervorum. Strasbourg, 1766 , in-4 0 . 
Curalionum chirurgicarum, quæ ad fistulam lacrymalem hucusque- 
Jiiere adhibitœ. Munster , 1772 , in-12. 

Adversaria medica. Francfort, 1774-17781 2-vol. in-8°. 

Grundriss der Physiologie. Kœnigsberg, 1777, in-8 °.~Ibid. 1783, 

Programma de translocatione viscerum. Kœnigsberg, 1777 , in-4°. 
Dissertatio de secretione generatim. Kœnigsberg, 1777, ip-4°. 

Dubia physiologica. Kœnigsberg, 1777 , in-4°. 

Gerichtlieh-medicinische Beobachtungen. Kœnigsberg, ^1778-1780, 

Programma de sectione anatomicâ cadaveris fœminœ maniaco-epilep- 
ticœ. Kœnigsberg, 1781, in-4°. 

Programma de ruhcdine sanguinis. Kœnigsberg, 1781, in-4 0 . 
Vermischte medicinische Scfcrifien. Kœnigsberg, tome I, 1781:11, 
1782; III, 1784, in-8 o.-Ibid. «784, 3 vol. in-8°. 

Beytrag zur Gescliichte der Fruehlingsepidemie im Jahre 1782. Kœ- 


De controversé fabricâ musculosâ uteri, 
1783 , in-4 Diatribe posterior, 1790, in-: 
Programma de pulmone dexlro ante sinis 
- 1783, in-4°. 

Entwurfeiner Medicina ruralis. Kœnig 
Medicinisch-gerichtliche Bibliothek. Ko 
Publié avec t.-F. Elsner. 

Programma de uencficio caulè dijudicat 
Grundsaetzc der aUgsnieinen Semiotik 


diatribe prior. Kœnigsberg, 
rum respirante. Kœnigsberg, 


t Semiotik und Thérapie. 




METZ 269 

ione humarum. Kœnigsberg, 1786, ia-4°. 
i-pathologicœ cum epicrisi. Kœnigsberg, 1787» 

irhi. Kœnigsberg , 1787, in-4°. 

inpartûs negotiopericulis. Kœnigsberg, 1787, 

ilitum. Kœnigsberg, i787,in-4°. 


Weissenfels, 


Ueher die Indepen 
r Irritabilitae 









MICH 


MEYSSONIER (Lazabe), ne à Maçon en 1602, e'tudia la 
médecine à Montpellier, et vint la pratiquer à Lyon, où il 
acquit une réputation fort étendue, qui fut moins la récom¬ 
pense de son talent, que le fruit de l’habileté avec laquelle il 
sut exploiter le goût de ses contemporains pour les chimères et 
les illusions de l’astrologie judiciaire. Pendant long - temps il 
publia, sous le titre de Bon hermite, un almanach rempli d’ho¬ 
roscopes et de prédictions, dont ses confrères eurent beaucoup 
de peine à obtenir la suppression. A l’âge de quarante-six ans 
il abandonna la religion de ses pères, qui professaient le pro¬ 
testantisme, et se fît catholique. ïl mourut vers l’an 1672. On 
lui doit une traduction de la magie naturelle de Porta, une 
autre, très - médiocre, des Aphorismes d’Hippocrate (Lyon, 
1668, in-12), et les ouvrages suivans : 


OEnologie , ou les merveilleux effets du vin, ou la manière de cuérir 
avec le vin seul. Lyon , i636, in-8°. 

Avs nova reminiscentiœ. Lyon, i 63 g, in-4 0 . 

Se abdilis épidémies cousis parenœtica velitatio. Lyon, 1641, in-4°. 

Histoire du College de médecine de Lyon, de son origine et de ses 
progrès. Lyon, 1644, > n "4°- 

Introduction à la philosophie des anges. Lyon, i 648 , in-8°. 

Idea medicinœ veræ. Lyon, i654, in-12. 

Almanach chrétien, catholique, moral , physique , historique et astro¬ 
nomique. Lyon, x65y, in-4°. 

Pharmacopée accomplie. Lyon, i 65 ", in-8°. 

Cours de médecine théorique et pratique. Lyon, i6G4> in-4°. -Ibid. 
1678, in-8°. 

Breviarium medicüm. Lyon, 1664, in-8°. 

La belle magie ou science de l'esprit. Lyon, 1669, in-12. (o.) 

MICHAELIS ( Chrétien-Frédéric) , fils d’un des plus célè¬ 
bres orientalistes de l’Allemagne, naquit à Gœttingue le 1 3 mai 
1754. Après avoir fait.ses études dans sa ville natale, ainsi qu’à 
Groningue, il prit le grade de docteur en médecine à Stras¬ 
bourg, visita la France et l’Angleterre, et obtint une-place de 
médecin à l’état-major de l’armée,hessoise. Au bout de quelques 
années, il fut chargé d’enseigner la médecine et l’anatomie au 
College dp Cassel, et en 1786, il fut investi, à l’Université de 
Marbourg, d’une chaire qu’il conserva jusqu’à' l’époque de sa 
mort, arrivée le 17 février. On a de lui : 


Sissertatio de cousis commutatce quarundam regionum ferlilitatis. Co¬ 
bourg, 1771, in-4 0 . 

Dissertatio de anginâ polyposâ sive membranaceâ. Gœttingne, 1778, 

Vcber die Régénération der Nerven. Cassel, 1780 , in-8°. 
Medicinisch-praklische Bibliothek. Gœttingue, 1785, in-8°. 
Medicinische Beytraege. Gœttingue, 1785, in-8°. 

Programma de instrumentis quibusdam chirurgicis , sive novis sive 
mutatis. Marbourg, i8oi,in-4°. 



2 , 2 Mica 

Michaeiis [Chrétien-Frédéric), né à Zittau le 18 mai 1727, embrassa 
d’abord la profession de relieur , qui était celle de son père; mais, en¬ 
traîné par un penchant irrésistible, il étudia la medecme et prit ses 
grades à Léipzick. Il mourut dans cette ville le 29 août 1804. L’Allema¬ 
gne Ini doit une soixantaine de traductions du français et de l’anglais ; 
mais il n’a publié qu’un seul ouvrage de sa composition, sa thèse, qui 
est intitulée : 

De orificii uteri cura clinicà atque forensi. Léipzick, Ij56, in-4°. 

Michaelis [Jean), né à Soest, dans la Westphalie en 1606 , enseigna 
la philosophie et la médecine à l’Université de Léipzick, où il mourut 
en 1667, le 29 novembre. Grand partisan de la spagyrie, il s’attacha- 
moins à l’étude des maladies qu’à la préparation des remèdes chimiques, 
dont plusieurs portèrent pendant long-temps son nom. On a de lui divers 
opuscules réunis sous le titre de : 

Opéra medica omnia, medico-chemica cunjuncta. Nuremberg, 1688, 
in-4°. - Ibid. ï6g8, in-4 0 . 

Michaelis ( Jean-Frédéric ) , médecin à Huberlsbourg, né à Wurzen 
le 3o septembre 1743, est auteur d’un ouvrage anonyme qui a pour titre: 

Wohlgemeinte Warmmgén eines Arztes an den Landmann. Wittem- 
berg, 1773 , in-8°. (1.) 

MICHELI (Pierre-Antoine), botaniste distingué, vint au 
inonde à Florence en 1679. Ses parens le destinaient à la pro¬ 
fession de libraire; mais un goût décidé l’entraînait vers l’étude 
des plantes, que la lecture de Mattioli et les leçons de Boc- 
cone rendirent eneore plus attrayante pour lui. Sa persévérance 
triompha de tous les obstacles, dont les rigueurs de la fortune 
n’étaient pas le moindre. Le grand-duc, instruit des progrès 
qu’il faisait, lui fit donner tous les secours nécessaires, et ne 
tarda pas à l’honorer du titre de son botaniste. Il parcourut 
diverses contrées de l’Italie et de l’Allemagne, recueillant par- 
toutdes observations sur l’histoire naturelle. Son dernier voyage 
au Mont-Baldo lui devint funeste; saisi d’une pleurésie à son 
retour, il succomba le 2 janvier 1737. L’histoire des mousses 
et celle des champignons sont les parties aux progrès desquelles 
il a le plus contribué, et les botanistes lui doivent la connais¬ 
sance d’un très-grand nombre de plantes. Ses ouvrages sont : 

Relazione delîerba delta da botanici orobanche. Florence, 1722, m-8®. 
-Ibid. 1743,10-8». _ . 

Nova plantarum généra fuxtà meihodum Tourneforlii disposita. Flo¬ 
rence, 1729, in-fol. 

Cet ouvrage est orné de 108 planches, représentant 55o plantes. On y 
trouve la description de 1900 végétaux, dont 1400 étaient nouveaux ou 
n’avaient pas été bien décrits jusqu’alors. Ce beau travail ajouta prodi¬ 
gieusement à celui de Dillenius. 

Catalogue plantarum hord Cœsàrei Florentini. Florence , 1748, in-fol. 

Catalogue rédigé par ordre alphabétique et d’après la classification de 
Tournefort. Micheli y a joint l’histoire du jardin depuis sa création. 


MICHELOTTI (Pierre-Antoine), né à Trente , et mort, 
le i er janvier 1740, à Venise, où il pratiqua la médecine avec 



MIEG 3 7 : 

beaucoup de distinction, était membre du célèbre Institut d 
Bologne. Il adopta les principes de l’école ialro-mathématique 
dont il fut l’un des partisans les plus remarquables. Cependant 
tout en admettant que les mathématiques peuvent procure 
de grands avantages à la médecine, quand on les applique bien 
il avait la sagesse d’avouer qu’elles peuvent souvent induire e 


erreur. Ses ouvrages principaux sont : 

Confiture sopra la naîura , cagione e rimedii delle infirmità regnanli 




?74 MILL 

Mieg {Léonard), chirurgien de Bile, a publié: 

Gemeinnuetzlicker und fasslicher Vnterricht fuer Bruchpalienten ley- 
derley GescKlechts. Bâle, i8o3, in-8°> - Ibid. 1809, in8°. (z.J 

MILICH (Jacques), né à Fribourg le 24 janvier i5oi, fit 
ses premières études dans sa patrie, et alla les terminer à Vienne 
et à Wittemberg. Il fut, avec Volmarius, le premier qui en¬ 
seigna les mathématiques dans cette dernière Université, Aussi¬ 
tôt après sa réception, qui eut lieu en i536 , il obtint la chaire 
de mathématiques et celle de médecine, qu’il remplit toutes 
deux avec beaucoup de distinction. Erasme, Mé'lanchthon, 
Cam-érarius.et Eobanus Hessus Plionoraient de leur amitié. 11 
mourut le 10 novembre i55g. Parmi ses ouvrages, un seul fut 
publié à part, sous ce titre: 

Commentarium in lib. Il historiée naturalis Plinii. Francfort, *553, 
in-4°. 

Les autres consistent en des discours snr Hippocrate, snr Galien, sur 
Avicenne, et sur quelques autres sujets, qu’on trouve parmi les Décla¬ 
mations de Mélanchthon. La plupart portent l’empreinte de son goût et 
de son attachement pour la doctrine d’Hippocrate. ( 1.) 

MILLER (Philippe), célèbre jardinier, naquit à Middlesex 
en i6gi, et mourut, le 18 décembre 1771, à Chelsea , où, de¬ 
puis la mort de son père, arrivée en 1722, il occupait la place 
de surintendant du jardin de la compagnie des apothicaires. 
Cet établissement devint, par ses soins, ruii des plus considé¬ 
rables que l’on connût en Europe, et lui-même mérita, par 
son érudition et ses connaissances profondes, de prendre place 
parmi les premiers botanistes du sièclè. Il contribua puissam¬ 
ment à faire connaître la Flore de l’Angleterre, et à y accli¬ 
mater un grand nombre de plantes exotiques. Son herbier a 
passé dans la riche collection de Banks. Martyn lui a dédié 
un genre de plantes ( Milleria ) de la famille des corymbifères, 
et peu d’hommages littéraires de ce genre ont éLé mieux mérités. 
Miller^a inséré, dans les Transactions philosophiques, quelques 
mémoires qui présentent bien peu d’intérêt aujourd’hui, mais 
on a aussi de lui des ouvrages importans, dont voici les titres: 

The gardeners andflorists dictionary, or a complété System of horti¬ 
culture. Londres, 1724, 2 vol. m-8°. 

Cet ouvrage, qui a eu huit éditions, est le plus beau titre de gloire de 
Miller. Linné disait qu’il serait le dictionaire des botanistes, plutôt que 
celui des jardiniers. L’auteur ne suivit d’abord que Ray et Tournefort 
pour la classification et la nomenclature, mais il finit, dans la huitième , 
par adopter le système et les noms linnéens, dont il avait déjà commencé 
à faire usage dans la précédente. Les autres éditions ont paru : Londres, 
io3i , in-fol., avec un Appendice, publié en ir 35 .-Ibid. 1035, 2 vol. 


■Ibid. 1737-1739, 
in-fol. - Ibid. 17B9. 





MILLOT ( Jacques-àndre) . ne aDijon, en 1738, étudia la 
chirurgie à Paris , où il ne tarda pas à acquérir une brillante 
re'putation comme accoucheur, et sut se concilier la confiance 
des plus hauls personnages. De fausses spéculations l’ayant 
forcé à sortir de l’obscurité dans laquelle il s’était enseveli au 
commencement de la révolution, il parut pour la première fois 
sur l’horizon littéraire, et y débuta par un livre auquel sa bi¬ 
zarrerie procura un succès momentané dans le public. Millot 
mit ensuite au jour d’autres ouvrages qui se ressentaient de la 
promptitude de leur composition, et qui, en nuisant à la répu¬ 
tation de l’auteur, portèrent atteinte à la fortune du libraire 
trop confiant qui s’en était chargé. Millot mourut en août 1811 ; 
il aurait dû se contenter du titre de praticien, auquel peu d’ac¬ 
coucheurs ont eu autant de droits réels que lui, et laisser à 
d’autres plus habiles le soin de publier des préceptes qu’il ne 
savait que mettre à exécution. Ses ouvrages sont : 


Observation d’opération césarienne. Paris, 1798, in-8°. 

L'art d’améliorer les générations humaines. Paris , 1804, 2 vol. in-8“. 
Supplément à tous les traités , tant étrangers que nationaux, sur les 
accouckemens. Paris, 1804, in-8°. 

Gérocomie, ou l'art de parvenir à une longue vie sans infirmités r. Paris. 



37» MINB 

L’art de procréer les sexes à volonté. Paris, 1807, in-8°. 

Nestor français , ou Guide moral et physiologique pour conduire l 
jeunesse au bonheur. Paris, 1807,3 vol. in-8°. 

Médecine perfective, ou Code des bonnes mères. Paris, 1809, in-8°. 

(»•) 

MINADOUS (Jean-Thomas ), médecin de Rovigo, qui vi 
vait à la fin du seizième siècle et au commencement du dix 
septième, passa sept années entières dans l’Orient, tant ei 
Syrie qu’à Constantinople, et fut nommé à son retour médecii 
du duc de Mantoue. En i5g6, l’Université de Padoue lu 
confia une chaire de médecine qu’il occupa jusqu’à sa mot 
arrivée en i 6 i 5. On a de lui plusieurs ouvrages, dont voici le 
principaux : 




M1Z A a 77 

d’une grande réputation parmi ses contemporains. Il était mé¬ 
decin de l’empereur et de l’électeur de Bavière, et pendant 
quelque temps il avait servi en qualité de médecin militaire. 
Il se fit remarquer par sa prédilection pour les remèdes chimii. 
ques et pour les médicamens indigènes. C’est en son honneur- 
que l’acétate d’ammoniaque est connu sous le nom d 'esprit de 
Mindecerus. On a de lui : 

De peslilentiâ liber umts. Vienne, 1608, in-8".- Ibid. 1619, in-8°. 

Aloedarium maracostinum. Vienne, 1616 , in-8 a .-Ibid. 162-2, in-12, 
- Ibid. 1626, in-12. 

De chalcanto, seuvitriolodisquisitio iatro-chymica. Vienne, 1617, in-4°; 

Threnodia medica, seu planelus medicinœ lugentis. Vienne, 1619, in-8°. 

Medicina militaris , sire, liber caslrensis , euporisla et facile parabilia 
médicamenta continens. Vienne, 1620, in-8°. - Nuremberg, 1668, in-8°. 
-Ibid. 1679, in-12. -Trad. en anglais, Londres , 1674, in-8°. ( j.) 

MIZAULD (Antoine), astrologue et médecin, naquit vers 
«520, dans la petite ville de Montiuçon. Ucommença ses éludes 
a Bourges, et les acheva à Paris, où il s’appliqua fen même 
temps à la médecine et aux mathématiques. Finé, son maître 
dans cette dernière science, lui inspira le goût que lui-même 
avait pour l’astrologie judiciaire. Mizauld ne tarda pas à le 
surpasser en crédulité, et poussa jusqu’au ridicule sa confiance 
dans la prétendue efficacité de cet-art chimérique. Aussitôt il: 
chercha les causes des maladies et les moyens d.’ÿ porter re¬ 
mède , non pas par l’observation de la nature , mais dans la 
position des astres, soit entre eux, soit relativement a la terre.. 
Ces idées, qui correspondaient parfaitement au goût dominant 
du siècle, lui procurèrent une grande vogue, et lui valurent 
même le titre d’Esculape de la France, que de bas flatteurs 
lui donnèrent, sans doute pour aduler les grands qui le rece¬ 
vaient dans leur intimité. Mizauld, vanté et célébré de toutes, 
parts, finit par se persuader qu’il y avait en lui quelque chose 
de divin; il abandonna la médecine, comme indigne de lui, 
et se livra entièrement à l’astrologie, jusqu’à sa mort arrivée- 
en 1078 à Paris. Ses ouvrages eurent un succès qu’on a de la 
peine à s’expliquer, quand on réfléchit qu’ils n’offrent qu’un 
fatras dégoûtant d’inepties, de mensonges et de contes puériles. 
Naudé les a parfaitement jugés. Comme la plupart sont étran¬ 
gers à Ja médecine, nous ’n’ën citerons ici que quelques-uns, 
renvoyant pour les autres aux Mémoires de Niceron. 

Æsculapis et IJraniæ medicum simul et astronomicum- ex colloquio 
canjugium. Lyon , i55o,.in-4°. 

Planetographia , ex qrtâ cœlestium corporum cum humanis et aslro- 
nomice cum medicinâ sociétés et harmonia aperitur. Lyon , 155i , in-4°. 

Ilarmonia cœlestium corporum et liumanorum. Paris, i555, in-8°. - 
Francfort, 1589., in-12. - Ibid. i59a,in-i2. - Ibid. I.6i3, in-12. 



2:8 MODE 

Memorabilia aliquot naturce arcanorum Sylvula , rerum sympathies et 
antipathiàs complectens. Lyon, i558, in-8°. - Francfort, 1S92 , in-16. 
-Ibicl. i6i3 , in-16. - Nuremberg, 1681, in-12. 

Horlorum sécréta, cultus et auxilia. Paris, 1S60, in-8 °,-Ibid. l5^5, 
in-8 0 .-Cologne, 1S77, in-8°. - Paris, 1607,00-8°. 

De horlensium arborum insitione. Paris, i56o, in-8°. -Xrad. en fran¬ 
çais, Paris, 1578, in-8°. 

Secrets et secours contre la peste. Paris, 1662, in-8 0 . - Ibid. 1623, in-12. 

Arlificiosa methodus comparandorum liortensium fmcluum , olerum , 
radicum, uvarum , vinorum , carnium , jusculorum , quce corpus buma- 
num cleinenler purgant, et varîis morbis, absque ullâ noxâ et nauseâ , 
blandè succurrunt. Paris, i564, in-8 - Ibid. 1075, in-8°.- Cologne, 
1677, in-8°.-Trad. en allemand, Bâle, 1616, in-12. 

Alexikepus, seu, auxiliaris et medicus horlus. Paris, 166S, in-8°. - 
Ibid. 1874, in-8°. - Cologne, 1576 , in-8°. 

Opusculum de senâ , planta inter omîtes hominibus saluberrimâ. Paris, 
2872, in-8°. - Ibid. 1674 5 in-8°. 

DendranatomC , seu exploratio et dissectio corporis arborei'in sua si- 
gillalim membra et partes. Paris, 1878, in-8°. (o.) 

MODEL (JEAN-GEOBGEs),membrederAcadéniie des sciences 
de Pc'tersbourg, naquit le 8 février 1711a Rolhenbourg sur la 
Tauber. Après avoir e'ié employé successivement dans diverses 
pharmacies à Windsheim, Nuremberg et Manheim, il fut ap¬ 
pelé eh Russie pour y remplir la place d’apothicaire de l’ami¬ 
rauté. Le gouvernement russe récompensa son zèle et ses lalens 
par des titres honorifiques et des places lucratives. Il s’attacha 
surtout à former de bons pharmaciens dans un pays où celte 
profession était à peu près inconnue. Sa mort eut lieu le 22 
mars 1775. C’était un chimiste habile et laborieux. Il a exa¬ 
miné le borax, fait connaître la manière de le purifier en le 
dissolvant dans l’eau, analysé la rhubarbe et le seigle ergoté, 
tracé des règles fort sages relativement à l’analyse des subs¬ 
tances vége'tales, indiqué un moyen nouveau pour préparer 
l’huile animale de Dippel et pour purifier le camphre, etc. Ses 
ouvrages sont : 


Dissertatio de borace nativâ , a. Persis Borech dicta. Londres , 1747, 
in-4°. - Halte, 1749,10-4°.-Trad. en allemand par J.-G. Gmelin, Slntt- 

^ Abkandlung von den Bestandtheilen des Borax. Tnbingue, 1781, in-8°. 

Versuche und Gedanken ueber eine nqtuerlich.es und gew'achsenes Sal - 
miak , nébst Eroerlerung einiger Einwuerfe ueber dus Persische Sala. 
Léipzick, 1768, ih-8°. 

Dhemische Nebcnstunden. Pétersbonrg, 1762-1768, in-8°. 

Von der Besluchew-oder Larnouischen Tinctur. Pétersbourg, 1778, 
in-8°. 

JJntersuchung des Mutterkorns. Witlemberg, 1771, in 8°. 

Pleine Schriften besteliend in œkonomisch-physich-chemischen Ab- 
handlungen. Pétersbourg, 1773, in-8°.-Trad. en français par Parmentier, 
Paris , 1773 , 2 vol. in-12. 

Enldeckung des Selenils in der Shabarben. Pétersbourg, 1774, in-8°. 



MO EH 27g 

MOEBIUS (Godefroy), fils d’un théologien célèbre, était 
de Laucha, dans laThuringe, où il naquit le 17 octobre 161i. 
Il fit son cours de médecine à Iéna, y prit le grade de docteur 
en 1640, et fut nommé professeur dans la même année. L’élec¬ 
teur de Brandebourg et le duc de Saxe, l’avaient pris tous deux 
pour premier médecin. Il mourut à Halle le i 5 avril 1664V 
laissant les ouvrages suivans, indépendamment d’un assez grand 
nombre d’opuscules académiques que nous passons sous silence r 

Analomia camphorœ , quâ originem, qualitates , prœparationes çhy- 
micas ac vires exhibet. Iéna , 1660, in-4“. 

Fundnmenta mcdicinœ physiologica. Iéna, 1657 , in-4°. - Ibid. 1C61, 
in-4°. - Francfort, 1678, în-4°. 

Synopsis epitomes instiUilioimm medicarum in tahulis. Iéna, 1662, in-fol. 

Ëpitome institutionum medicarum. Iéna, i663, in-4 0 .- Ibid. 1690 , 

Moebius avait écrit, en outre, une Synopsis epitomes medicince prac-r 
ticæ, que son fils , Godefroy Moebius, médecin comme lut,, publia ( Pa- 
doue, 1667, in-fol.). (z.) 

MOEGLING (Chrétien-Louis) , savant médecin, né à Tu- 
bingue, le 10 juillet i 7 i 5, fit ses études à l’Université de cette 
ville, où il prit le grade de licencié en i 7 35. A la suite d’un 
voyage qu’il entreprit en Hollande, en France et en Italie, il 
obtint les honneurs du doctorat, et peu de temps après une 
chaire de médecine, qu’il conserva jusqu’à sa mort arrivée le 
23 janvier 1762. Une santé délicate l’empêcha de se livrer aux 
travaux du cabinet avec autant d’assiduité qu’il l’aurait désiré* 
Cependant on a de lui un assez grand nombre d’ouvrages 

Eissertatio de peste. Tuhingue, i 7 35, in-4°- 

Eissertatio de saluberrimo aëris moderatè calidi et siàci in microcos— 
mum influxu. Tubingue, 1746, in-4°. 

Oratio exkibens diiucidationes principiorum chymicorum. Tubingue , 
1746, in-4°. 

Tentamina semioticœ. Tubingue, tome I, 1747 ; II, 1748; III, 17494 
IV, 1754', in-4°. 

Eissertatio de tutissimâ metkodo curàndi morbos plurimos eosque gra- 
vissimos. Tnbingue ; 17^2, in-4®. 

Tractatus pathologico-practicus. Tubingue, 1758, in-4°. 

Ce rraité ne roule que sur les fièvres continues et intermittentes. 

Eissertatio : dioinum Hippocratis in. morbis epidemicis malignis. Tu.- 

bingue, 1758, in-4 0 . (j.) 

MOEHB.ING- (Paul-Henri Gérard), médecin et botaniste 
allemand, né kléna le 21 juillet 1710, y mourut le 28 octobre 
1792. Il fit ses études à Dantzict sous Kulrnus et le célèbre na¬ 
turaliste Klein, vint ensuite prendre le bonnet doctoral à Wit- 
lemberg, et retourna aussitôt après dans sa ville natale, qui 
lui accorda le titre de physicien, et qu’il ne quitta plus. Tous 
les momens dont la pratique lui permettait de disposer étaient 



aSo MOËH 

consacrés à l’étude des plantes et des oiseaux. Quoiqu’il n’ait 
pas contribué d’une manière bien notable aux progrès de ces 
deux branches de Bhisloite naturelle, on lui a cependant con¬ 
sacré un genre de plantes ( Moehringia ) de la famille des' ca- 
ryophyllées. Un grand nombre dé mémoires détachés de sa 
façon sont insérés dans le Commercium lilterarium de Nurem¬ 
berg et dans les Actes des Curieux de la nature. En outre, il 
est auteur des ouvrages suivans : 

Scliectiasma de quibusdam prcefudicüs medicis. Danlziet, j 7 3 , in-tf. 

Hissertatio de inflammathnis sanguineœ theoriâ medicâ. Wittemberg, 
*733,in-4°. 

Primœ lineœ horti pria ali, in proprium et amicorum usum per trieri- 
nium exstmeti. Oldenbourg , iy36, in-8®. 

Historiée médicinales, junctis Jèrè ubique corollariis, praxin medicam 
illustrantibus. Amsterdam., 1739, in-8 °.-Ibid. 1761, in-8°. 

Mytulorum venenum et ab eo notas papulas cuticulares illustrât. Brême, 
17^2, in-4°. 

Kurzer Enlwurj der jetzt in den Niederlanden befindliçhen pestilen- 
zialischen Viehseuchen. Aurieh , 1745, in-4°- 

Avium généra. Brême, 1782, in-8 0 . (/.) 

MOEHSEN (Jean-Chasles-Guillaume), né à Berlin Je 9. 
mai 1722, fut déterminé par l’exemple de son grand-père à 
embrasser la carrière de la médecine. De l’Université d’iéna, 
où ses parens l’envoyèrent de bonne heure, il passa à celle de 
Halle, qui lui conféra le titre de docteur. Son grand-père lui 
céda alors la place de médecin au gymnase de Joàchim, dans 
laquelle il ne se fit pas moins remarquer par les soins assidus 
qu’il donnait aux enfans, que par sa douceur et son enjouement. 
Admis dans le sein du Collège de médecine en 17.47., il s’y 
distingua jusqu’à la .fin de ses jours par une grande perspicacité 
et par des connaissances profondes en médecine légale. Sa ré¬ 
putation toujours croissante lui valut successivement plusieurs 
places honorifiques et lucratives, et le portèrent enfin à celle 
de premier médecin de Frédéric n, qu’il accompagna dans la 
guerre de la succession. Il mourut universellement regretté le 
22 septembre 1795. Quoiqu’ayant une pratique immense, il 
croyait qu’on .contribue plus à la guérison des malades en leur 
inspirant du courage et de la patience, pour laisser à la nature 
le temps de les güérir, qu’en employant des remèdes héroïques, 
dont il était l’ennemi juré. Il ne se distingua pas seulement 
comme médecin, mais encore comme érudit, et dirigea sur¬ 
tout ses études vers l’histoire de l’art de guérir, notamment dans 
sa patrie. On ne peut disconvenir qu’il n’ait été l’un des mé¬ 
decins les plus instruits'de son siècle, et c’est avec raison qu’on 
l’a comparé à Charles Patin, qui paraît lui avoir servi de mo¬ 
dèle , mais qu’il surpassait par une rare modestie et par un es¬ 
prit plus philosophique. Ses recherches historiques se font re- 




MOEL 281 

marquer, par une exactitude scrupuleuse et une critique impar¬ 
tiale. On a de lui : 

Sissértatio de passionis ilîacee caussis et curatione. Halle, 174r, in-4°. 
-Berlin, iy4 2 > i n “4°- ' 

Se mamtscriptis medicis , quæ inter codices bibliothecœ regiœ Bero- 
linensis servantur, epistolœ cluœ. Berlin, 1746-1747, in;4°- 

Versuch eîner historischen Nachricht von der kuenstÙchen Gold-und 
Silberarbeit in der aellesten Zeiten. Berlin, 1757, in-4°. 

Se medicis equeslridignitale ornatiscommentatio. Berlin, 1768, in-4°. 

A la fia de ce traité, l’auteur parle du passage des arts et des sciences 
de l’Italie dans le Nord, et de quelques statues d’Escnlape, d’Hygie et 
d’Hippocrate qui se trouvaient en Prusse. 

Werzeichniss ciner Sammlung von Bildnissen, groesstentheils beruehmler 
Aerzte. Berlin, 1771, in-4°. 

Beschreibung einer Berlinischen MédaiUen-Sammlung , die vorzue- 
glich aus Gedaechtniss-Muenzen beruehmter Aerzte besteht. Berlin ,177a 
-1773, 3 vol. in-4°. 

Une foule de digressions hors de propos, mais curieuses , rendent cet 
ouvrage d’un haut intérêt pour l’histoire de la médecine. 

Geschichte der Wissenschaften in der Mark Brandenburg , besonders 
der Arzneywissenschàft. Berlin, 1781. in-4 <1 . 

Cette histoire remonte au seizième siècle. 

Sammlung merkwuerdiger Erfahruneen , die den Werlli und grossen 
Nulzen der Pockeninokulationnaeher bestimmen koennen. Berlin, 1775, 
in-8<\ 

Bejrlraege zur Geschichte der Wissenschaften in der Mark Branden¬ 
burg. Berlin, 1783, in-4 °. ( a.-i.-i.. 1.) 

MOELLENBROCK (Valentin-André ), né à Erfurt, reçut 
le bonnet de docteur à Iéna en i65o. Etant retourné ensuite 
dans sa ville natale, il y obtint une chaire de médecine qu’il 
abandonna, au bout de quelques années, pour aller remplir la 
place de physicien à Halle, où il mourut le 8 août 1673. L’A¬ 
cadémie des Curieux de la nature l’avait admis au nombre de 
ses membres sous le nom de Pégase. Il a enrichi les mémoires 
de cetté compagnie d’un grand nombre d’observations, et' pu¬ 
blié les ouvrages suivans : 

Sissértatio de peste. Erford, i654, in-4 0 . 

Sisseriatio de ventriculo. Erfurt, i655, in-4°. 

Medulla totius praxeos aphorislica. Erfurt, i656 , in-4°. 

Se varis, seu arthritide vagâ scorbulicâ. Halle, 1662, in-8°.-Léip- 
zick, i663, in-8°. - Ibid. 1672, iu-8 °.-Ibid. 1746, in-8°. 

Cochlearia curiosa, cum figuris et indice Locupletissimo. Léipzick , 
1674, in-8°. - Ibid. 1746, in-8°. -Trad. en anglais par Sherley, Londres, 
1677, in-8°. (o.) 

MOELLER (Frédéric) , de Custrin, dans la nouvelle Mar¬ 
che de Brandebourg, parcourut les Universités les plus remar¬ 
quables de la Hollande, du Danemark et de la Pologne , et 
finit par prendre le bonnet de docteur en médecine à celle de 
Kœnigsberg. Employé ensuite pendant quelque temps dans les 
écoles de celte ville, il y demeura jusqu’en i658, époque où 




282 MO IN 

il retourna dans sa patrie et devint médecin de l’électeur. Il 
publié.: . 

Dissertatio decholericâ passions. Kœnigsberg , 1Ô/J4, in-4°. 
Dissertatio de phthisi. Kœnigsberg, i645, in-4°. 


de la nature sous le nom de Solin. On a de lui : 

Meditatio de inseclis quibusdam hungaricis. Francfort, 1673, in-12. 

Moelles. ( Jacques-Valentin ), né à Sulz, dans le Mechlimbourg, en 
1698, mort, le 10 octobre 1757, à Wismar , où il exerçait la médecine, 

lDissertatio de medendi ratione per præsidia dietclica. Rostock, 1726, 

W'ohlverdientges Ehrengedaechtniss. Wismar, 1751, in- 4 °- 

11 fut directeur et l’un des principaux rédacteurs des Mecklenbergischen 
gelehrten Zeilungen (Wismar, i75i,in-8°.). 

Moelles ( Jean ), médecin de Mersebourg, est auteur d’un 

Tractatus de peste. Eisleben, i 585 , in- 4 °- 

Moelles ( Pierre ), né à Presbourg en 1628 , reçu docteur à Padoue, 
devint, en 1668, professeur de chimie et de chirurgie à JÂœnigsberg , où 
il mourut le 11 mai 1680, laissant : 

Dissertatio de ventositate spinœ. Kœnigsberg, 1673, in- 4 a . 

Moelles (Sébastien), mort en 1609, le 20 avril, à Francfort-sur- 
l’Oder, où il était devenu professeur, après avoir pris ses grades à Ferrare 
et exercé la médecine pendant quelque temps à Golbérg et à Stargard, 

Dissertatio de suffusione. Francfort-sur-l'Oder, 1601, in- 4 °. (o.) 


MOIBANUS (Jean), fils d’un théologien luthérien assez 
célèbre, naquit à Breslau, capitale de la Silésie, le 27 février 
1527. U étudia d’abord les langues et les arts d’agrément, puis 
se consacra tout entier à la médecine. Après avoir fréquenté 
pendant plusieurs années les cours de la Faculté de Wittem- 
berg, il se rendit en Italie, et passa près de quatre ans tant à 
Padoue qu’à Bologne. Etant revenu en Allemagne, il pratiqua 
d’abord d''art de guérir à Arnberg, et finit par obtenir la place de 
médecin pensionné de la ville d^Augsbourg qu’il conserva jus¬ 
qu’à sa mort, arrivée le 9 mai 1662. Savant et laborieux, il avait 
restitué assezheureusement le texte de plusieurs passages d’Hip¬ 
pocrate et de Galien, quand il se mit à traduire Dioscoride. 
Cette traduction porte pour titre : 


Pedacii Dioscoridis ad Andromachum de curalionilus morborum per 
médicamenta paratu Jacilia libri duo, primum grœcè editi partim à 
J. Maibano , partim , post ejus mortem , à Conrado Gesnero in linguam 
latinam cowersi, adjectis ab utroque interprète symphoniis Galeni et 
aliorum. Strasbourg, 1565, in-8°. 

On a joint à cet ouvrage un recueil de remèdes contre les maladies des 
femmes , tiré de Dioscoride, de Galien-et de Pline. (o.) 


MOINICHEN (Henbi de), médecin et anatomiste danois, 
né à Copenhague, fit ses études dans cette ville, sous Thomas 



MOLI 2 83 

Bartholin, à Padoue, sous Molinetti, et à Venise, sous Rota. 

Il prit le bonnet de docteur à son retour dans sa ville natale. 

Ou lui offrit une chaire d’anatomie qu’il refusa, mais il ac¬ 
cepta la charge de médecin des rois Frédéric ni et Chrétien v. 

On ne connaît ni l’année de sa mort, ni celle de sa naissance. 

Ses ouvrages sont : -r- 

Observationes medico - cfiù’urgicœ XXIV. Copenhague, l665 , în-8°. 

- Ibid. 1678 , in-8°. - Francfort, 1679, in-8°. - Dresde, 1691, in-12. 

C’est un recueil d.es cas rares que l’auteur avait observés en Italie, ou 
rassemblés dans le cours de sa pratique. Ces observations sont en général 
curieuses et bien dirigées. Moinichen adopte la méthode de Tagliacozzi, 
et blâme l’emploi des caustiques dans les retrécissemens de l’urètre. Ii 
parle d’un calcul trouvé dans la veine rénale d’une femme à laquelle il 
fallut faire une ouverture aux parties externes de la génération, pour 
donner issue à l’enfant qu’elle portait dans son sein, et d’une autre qui 
rendit un fœtus par l’ouverture d’un abcès survenu à la partie antérieure 
et inférieure du bas-ventre. Moinichen a inséré plusieurs observations 
dans les Actes de l’Académie de Copenhague. On trouve aussi plusieurs 
lettres de lui dans la correspondance de Bàrtholin. (j.) 

MOLINETTI (Antoine), Vénitien de naissance, embrassa * 
de bonne heure la carrière de la médecine, et prit le grade de [ift* 
docteur à.Padoue. De retour dans sa patrie, il ne s’j distingua 
pas moins par de grands succès dans le traitement des maladies 
internes, que par son adresse dans l’art des dissections et son 
savoir en anatomie. L’Université de Padoue lui confia, en 1649, 
la chaire d’anatomie et de chirurgie , dans laquelle il remplaça 
Vesling. En'1661, il fut investi aussi de celle de médecine 
théorique, vacante depuis quatre ans par la mort de Liceti. Il 
remplit ces deux places avec une égale distinction, sans qu’elles 
l’empêchassent cependant de se livrer à la pratique, et d’éten¬ 
dre'ainsi sa réputation hors du monde savant, dans lequel il a 
laissé un nom honorable. Sa mort arriva en i6n5. On lui a re¬ 
proché d’avoir trop aimé la critique, et montré trop d’opini⬠
treté dans ses opinions, mais oii ne peut disconvenir qu’il n’ait 
été l’un des plus grands physiciens et des plus habiles anato¬ 
mistes de son siècle. Les ouvrages sortis de sa plume sont : 

Dissertationes anatomicœ et patkologicce de sensibus et eorum organis. 

Padoue, 1669, in-4°. 

L’auteur rapporte toutes les sensations externes au tact., hypothèse qui 
â séduit beaucoup de physiologistes, quelqu’erronée qu’elle soit ; suivant 
lui elles ne diffèrent que parce que les nerfs qui se distribuent dans leurs 
organes sont plus ou moins nombreux, diversement rangés , et plus ou 
moins couverts. Il nie qu’il y ait des nerfs propres au mouvement, et d’au¬ 
tres à la sensation. MM. Magendie et C. Bell ont démontré le contraire. 

4 Dissertationes anatomico-pathologicæ , quibus humani corporis parles 
accuratissimè descrïbuntur , morbique singulas divexantes explicantur. 

Venise, 1675, in-4°. 

C’est une seconde édition de l’ouvrage précédent, devenu presque une 
physiologie complète par les nombreuses observations dont il a été enrichi. 



Les trois livres, dont se compose cet ouvrage posthume, sont dus aux 
soins de l’Ecluse. 

On pense que Monardes est l’auteur d’un ouvrage intitulé : 

Tratado del effecto de varias iervas. Séville, i5;i, in-8°. 

(LEFÈVRE) 

MONAVIUS (Pierbe), né à Breslau en i55i , fit de très- 
bonnes études médicales, tant en Allemagne qu’en Italie, et 
prit le bonnet doctoral à Bâle en 1578. La réputation qu’il ob¬ 
tint ensuitedans sa ville natale, comme praticien, détermina 




l’empereur Rodolphe n à lui accorder le titre de-me'decin de 
la cour. Monavius ne jouit pas long-temps de cette place avan¬ 
tageuse, car il mourut le 12 mai i 588 , à Prague. Laurent 
Scholtz a inséré plusieurs lettres et consultations de lui dans 
son intéressante et précieuse collection. 



MONNET ( Antoine - Grimoald ), chimiste habile, naquit 
en 1734, à Champeix, d’une famille pauvre. Son goût naturel 
le portant vers les sciences -physiques, il s’y appliqua avec 
beaucoup ' d’ardeur, et ouvrit une officine à Rouen. Au bout 
d’un certain laps de temps, il vint à Paris,'et obtint, en 1774» 
la place d’inspecteur général des mines, par la protection de 








Malesherbes. La même année, il remporta an prix à l’Académie 
de Berlin, par un mémoire sur l’arsenic, et, l’année suivante, 
un autre de ses mémoires fut couronné par celle de Mannheim. 
Guettard, qui l’avait associé à ses travaux, lui confia la pu¬ 
blication de l’Atlas minéralogique de la France. Avec quelques 
talens incontestables, il avait reçu de la nature un entêtement 
tel qu’il refusa de reconnaître la supériorité de la chimie pneu¬ 
matique, et sc donna même le tort de combattre les résultats 
les plus évidensde l’observation, conduite qui nuisit beaucoup 
à sa réputation. La révolution l’ayant privé de sa place , et ses 
opinions brouillé avec presque tous les savans, il passa sa vieil¬ 
lesse dans une retraite profonde, et mourut à Paris, le 23 mai 
1817, laissant :. 


Dissertation sur l'arsenic. Berlin, 1774, in-8°. • 

Traité des eaux minérales , avec plusieurs mémoires de chimie relatifs 
à cet objet. Paris, 1768, in-12. 

Traité de la vitriolisation et de Valunation. Paris, 1769, in-12. 
Nouvelle hydrologie , ou exposition de la nature et de la qualité des 

Catalogue raisonné minéralogique, ou introduction à la minéralogie. 
Paris, 1772, in-12. 

Traité de la dissolution des métaux. Paris, 1775, in-12. 

Nouveau système de minéralogie. Bouillon, 1779, in-12. 

Dissertation et expériences relatives aux principes de la chimie pneu¬ 
matique. Turin, 1789, in-4°. 

Mémoire historique et politique sur les mines de France. Paris, 1790, 
in-8°. 

Démonstration de la fausseté des principes des nouveaux chimistes. 
Paris, 1798, in-8°. (1.) 


MONNOT (Antoine), né à Besançon en 1765, fut admis 
à l’âge de vingt-trois ans parmi les membres du College de chi¬ 
rurgie de cette ville, et nommé bientôt après démonstrateur 
d’anatomie. La suppression de l’Université l’ayant laissé sans 
emploi, il se fit attacher au service des hôpitaux militaires, et 
en 1794, ü fut rappelé à Besançon pour y remplir la place 
de professeur d’accouchemens. Devenu, en 1807, professeur de 
chirurgie à l’école secondaire, il remplit cette place avec beau¬ 
coup de distinction jusqu’à sa mort, arrivée le 4 juillet 1820.. 
On a de lui, outre' plusieurs observations communiquées à 
l’Académie de chirurgie, les opuscules suivans : 


Description d’une nouvelle machine pour obtenir F extension continuée 
dans les fractures des extrémités inférieures. Besançon, 1791, in-8°. 
Introduction à l'étude de Vanatomie. Besançon, 1791 , i n -8°. 

Précis d’anatomie, à Vusage des élèves de l'école de dessin. Besançon , 

^^Observations sur l’hydrophobie. Besançon , 1799, in-8». 

Observations sur une perle de sang et l'emploi du galvanisme, comme 
dernier moyen curatif dans ces• sortes d'accidens. Besançon , I 8x8, in-8°. 

(°0 



MONR 587 

MONRO ( Alexandre ), célèbre anatomiste anglais , né à 
Londres en 1697 , fut l’un des disciples de Cheselden, et à la 
suite d’un voyage qu’il fit en France et en Hollande, principa¬ 
lement dans la vue d’entendre Boerliaave, il s’établit à Edim¬ 
bourg, où il obtint, en 1719, une place de démonstrateur aux 
écoles de chirurgie, dont ses cours contribuèrent, avec ceux 
d’Àlston, à fonder la réputation. Nommé secrétaire de la So¬ 
ciété royale, il publia six volumes du recueil-de cette société, 
dont le premier parut en 1732. En 1789, il céda sa chaire a 
son fils Alexandre, Cl se contenta de donner des leçons de cli¬ 
nique. Sa mort eut lieu le 10 juillet 1767. Il fut l’un des pre¬ 
miers anatomistes et des meilleurs chirurgiens de son temps. 
Le premier, il essaya la méthode de guérir l’hydrocèle par les 
injections de vin, mais on peut lui reprocher de s’être montré 
un des plus grands antagonistes de l’opération du cancer au 
sein. Ses ouvrages sont : 

Analomy of liuman bones andnerves. Edimbourg, 1726, in-8°. - Ibid. 
1732,111-8 '‘.-Ibid. in-8 '‘.-Ibid. 1760 , in-8 °.-Ibid. 1758, in-8°. 

-Ibid. 1763 , in-8°. -Tract en allemand par L.-C. Krause, JLéipzick, 
1761, in-8 0 .-en français, Paris, 1759, 2 vol. in-fol. 
t • 1 • •• * ---- 3 — ' 1 ie, avec 3i planches. 










MONT 289 

Montagnana (Marc- Antoine) , petit-fils du précédent, mort vers 
i 5?2 , enseigna la chirurgie à Padoue depuis i545 jusqu'en 15yo. Il a écrit : 

De herpete , phagœdænâ , gangrœnd , sphacelo et cancro. Venise, 

158g, in-^. 

Montagnana [ Pierre ) , frère du précédent, mourut peu de temps 
après lui, et lui succéda dans la chaire de chirurgie à l’Université de 
Padoue. Il se fit beaucoup d’honneur par des tables anatomiques enlu¬ 
minées, tfui représentaient les organes intérieurs du corps de l’homme. 

De urinœ judiciis. Padoue, 1487, in-4°. (o.) 

MONTALBANI (Ovide), médecin érudit et l’un des écri¬ 
vains les plus féconds de son siècle, naquit à Bologne. Après 
avoir terminé son cours d’humanités, il se tourna du côté de la 
médecin^, et prit le bonnet de docteur en cette Faculté, ainsi 
qu’en celles de philosophie et de droit. L’Université de sa ville 
natale lui conféra, en 1634 rime chaire de logique, d’où il 
passa successivement à celles de physique, de mathématiques 
et de morale, qu’il remplit toutes avec assez de réputation pour 
attirer un grand concours d’étrangers à ses leçons. Nommé, en 
1637, à la place de conservateur du cabinet d’histoire naturelle 
qù’Aldrovandi avait légué à sa patrie, il fut honoré, la même 
année, du litre d’astronome du sénat de Bologne, et peu après 
désigné pour la chaire de médecine théorique à l’Université. 
L’Académie des Vespertini le compte parmi ses fondateurs. Il 
mourut en 1672, le 20 septembre, âgé d’environ soixante et 
dix ans. Ses écrits sont fort nombreux, mais la critique et 
l’exactitude n’en font pas le principal mérite. 

Index omnium planlarum exsiccarum, et cartis oglutinatarum quce 
inproprio Musœo conspiciuntur. Bologne, 1624., in-4°. 

Spéculum Euclidianum. Bologne, 1628, in-4°. 

Sphœrographia. Bologne, i633, in-fol. 

Discorsi astrologici. Bologne, 1633-1671,3o vol. in-4°. 

De illuminabili Lapide Bononiensi epislola. Bologne, 1634, in-4°. 

Epistolœ variœ ad erudilos viro.';. Bologne, i634, in-4 0 . 

Minervalia Bonon. civium anademate , seu bibliotheca Bononiensis. Bo¬ 
logne, 1641, itt-16. 

Publié sous le nom de G. Bnmaldi. 

Formulario economico , cibario e médicinale. Bologne, i654, in-4°. 

Sous le même nom. 

Bibliotheca botnnica. Bologne, i654 , in-24. 

Sous le même nom, Seguier l’a réimprimée à la suite de sa Bibliothèque. 
Les botanistes y sont rangés par ordre chronologique. On y trouve le 
premier essai d’une synonymie des graminées. 

Nova anteprœludialis dendranatomes , arborées scilicet resolutionis 
adumbratio. Bologne, 1660, in-4°. 

llorlus botanographicus. Bologne , 1660, in-8°. , 

Ouvrage insignifiant, à la suite duquel on trouve un traité sur les 
monstruosités végétales. 

Monlalbani fut l’éditeur de la Dendrologie d’AIdrovandi. Thunberg 
lui a consacré un genre de plantes ( Bumaldia ), qui aurait du être ap¬ 
pelé Montalbana, pour répondre aux intentions du fondateur. (1.) 

VI. .19 



29° MONT 

MONTÈGRE (Antoise-Frauçois-Jenih de), né aEellei, le 
6 mai 1779, porta pendant quatre ou cinq ans les armes, au 
sortir du collège, et vint ensuite étudier la médecine à Paris, 
où il prit ses grades avec'distinction. Sa jeunesse né lui per¬ 
mettant pas encore de se former une clientèle, il accepta une 
place d’ingénieur du cadastre, qu’il exerça pendant quelque 
temps, après quoi il revint à Paris, où il pratiqua bientôt son 
art avec succès, et se fit connaître en même temps par des 
écrits et de recherches annonçant à la fois un médecin instruit, 
un excellent physiologiste et un philosophe éclairé. Nous ci¬ 
terons dans le nombre ses observations sur la digestion et sur 
le vomissement , qui ont rectifié les anciennes idées au sujet du 
suc gastrique, sur les habitudes du ver de terre, sur le méca¬ 
nisme de l’engastrymisme et sur le magnétisme animal. En 
1814, il conçut le dessein d’aller répandre les lumières de 
l’Europe parmi les Haïtiens, et l’exécuta quatre ans après. 
Arrivé au port de Jacquemel, le président de la république 
l’accueillit avec distinction, et le pria de se rendre au Port-au- 
Prince , où lui-même devait bientôt retourner, Montègre s’étant 
jeté à l’eau dans la route, pour sauver la vie à une femme qui 
allait périr, entraînée par le courant d’une rivière, contracta 
peu de temps après la fièvre jaune, qui l’enleva le 4 septem¬ 
bre 1818. On a de lui : 

Du magnétisme animal et de ses partisans, ou Recueil de pièces im¬ 
portantes sur cet objet , précédé des observations récemment publiées, 
Paris, 1812, in-8°. 

Expériences sur la digestion dans Vhomme. Paris, 1814, in-8°. 

' Traité analytique de toutes les affections hémorrhoïdales. Paris, 1819, 

Montègre a fourni des articles au Dictiopaife des sciences médicales. 
Depuis 1810 jusqu’en 1818, il a rédigé la Gazette de santé, qu’il a tirée 
de l’avilissement dans lequel elle était tombée depuis plusieurs années. 

(o.) 

HONTEUX (JliRÔME de), ou Moniuus , né en Savoie, sui¬ 
vant les uns, et en Languedoc, selon les autres, prit le bonnet 
de docteur à Montpellier, et pratiqua la médecine et la chirur¬ 
gie a Lyon. Il obtint le titre de conseiller-médecin de Henri n, 
et Du Gange paraît s’être trompé, en le mettant au nombre des 
premiers médecins de nos rois. On a de lui : 

Opuscula juvenilia. Lyon, ï556, in-4 0 . 

Compendiolum curatricis scientiœ longéutilissimum. Lyon, i55G, in-8°. 

De activa medicinœ scientiâ commentarii duo. Lyon , 155^, in-8°. 

Chirurgica cuixilia ad aliquot affectas quùrepentiaam exigent curatio- 
nem ; morbi item venerei, ac eorum qui huic vicini surit , curationes. Lyon, 
i558,in-4°. ' 

Halosis febrium , quœ omnium marborùm gravissimes surit, libri IX. 
Lyon, i558, in-4». 



' MONT 3Q1 

Anasceve morborum. Lyon, i 56 i, in-8 0 . 

Praclica medica in sex partes divisa. Venise ,'1626, in=4°. 

Montzox ( Séhpstien ds ) , né à Rieux, dans le Languedoc , a publié: 

Annotatiunculœ in errata recentiorum medicorum per Leonhardum 
Fuchsium collecta. Lyon, i534, iu-8°, - Ibid. i548, in-8°. 

De medicis sermones sex. Lyon, i534, in-8 0 . 

Dialexeon medicinalium lilri duo. Lyon , iSZ'j , in-4°. (z.) 

MONTI (Jean-Baptiste) , généralement désigné sous le nom 
de Montants, fui l’un des médecins les plus célèbres de son 
siècle. 11 vint au monde à Vérone en 1498, et embrassa la car¬ 
rière de la médecine contre le vœu de ses parens, qui le des¬ 
tinaient au barreau, et dont la sévérité'excessive, portée jus¬ 
qu’au point de lui refuser tout secours , ne put le détourner 
d’une étude vers laquelle un goût décidé l’entraînait.irrésisti¬ 
blement. L’Université de Padoue lui ayant conféré le doctorat, 
il crut que l’éclat de sa réception désarmerait son père 5 mais 
l’ayant trouvé inflexible, il s’établit à Brescia, et y pratiqua 
l’art de guérir avec beaucoup de succès. Lassé du séjour dç 
cette ville, il se rendit à Naples, d’où il passa ensuite à Rome 
et-k Venise. Enfin, il prit le parti de vivre tranquille à Padoue, 
mais l’Université lui offrit une chaire qu’il ne crut pas devoir 
refuser, et qu’il remplit jusqu’à sa mort, arrivée le 6 mai i 55 i. 
Son habileté dans les langues anciennes lui avait procuré l’ami¬ 
tié des littérateurs les plus distingués du temps, tels que Pon- 
tanus et Sannazar. Il a laissé un grand nombre d’ouvrages qui 
eurent une vogue extraordinaire, mais qui sont tombés peu à 
peu dans l’oubli, et qui ne méritent guère d’en être tirés, car 
on serait mal récompensé de la peine qu’il faudrait prendre 

E our y chercher un petit nombre de faits noyés au milieu du 
itras théorique le plus inintelligible. Ils ont pour titres : 

De alimentorwn differentiis. Venise , i553 , in-8°. 

Libellas de gradibus et Jacultatibus medicamentorum. Wittémberg, 

Fxplanalio eorum quce pertinent ad terliam partent de componendis 
medicamentis. Venise, 1553, in 8°. . - 

Quœstio examinons, quomodo medicamentum dicatur cequale aut inœ- 
quale. Padoue, i554, in-8°. 

Opuscula. De cliaracterismis fébrium. Quœstio de febve sanguinis. De 
uterinis affectibus. Venise, i554, in-8°. - Paris , i55y , in-16. 

De cxcrementis. fœcibus, urinis, libri duo. Padoue, i554, in-8°. - 
Paris, i555, in-16. 

On trouvé à la suiLe un traité sur la vérole, dans lequel l’auteur assure 
que la maladie est nouvelle, et qu’elle tire son origine d’Amérique. Il 





292 MO RA 

In tertiam primi epidemioriim Hippocratis sectionem explanaliones, 
Venise, ,554, in-8". ' 

In hbros Galeni de arte curandi ad Glauconem explanaliones. Venise, 
,554, in-8». - Lyon, 1396, in-16. 

In artem parvam Galeni explanaliones. Venise, 1554 , in-8°. 

In primamfen libri primi Canonis Avicennœ explanatio. Venise, i554, 

In nomim librum Rhazis ad Almansorem reeem exposilio. Venise, 
«554, in-8».-Bâle, i56a, in-8». 

Explicatio eorum quœ pertinent, tum ad qualitates simplicium medi- 
camentorum, tum ad eorum compositionem. Venise, i555, in-8». 

E.xpeclatissimœ in primam et secundam partem Aphorismorum Hip¬ 
pocratis lectiones. Venise, i555, in-8». 

In quartam fen primi Canonis Avicennœ lectiones. Venise, i556, in-8». 

In secundam J en primi Canonis Avicennœ lectiones. Venise , i55j , 

De causis et accidenübus , pulsibus et tirinis. Venise, 1657, in-8». 

Opuscula varia et prœclara, in quibus tota ferè medicina methodicè 
explanatur. Bâle, ,558 , in-8». - Ibid. i565, in-8». 

Commentaria in Galeni libres de elementis, de naturâ hominis, de 
atrabile ac de temperamentis. Venise, i56o, in-8».-Hanau, 159;?, in-8». 

Medicina universa ex lectionibus Monlani, cœlerisque opusculis col¬ 
lecta. Francfort, 1587, in-fol. 

Idea doctrinœ Hippocraticœ de generalione pituitœ, dé humore me- 
lanckolico , de coctione et prœparatione humorum, de victus ratione. 
Francfort, 1621, in-8». (j.) 

MORAND (Sauveur), l’un de ceux qui oui le plus contri¬ 
bué à accélérer les progrès de la chirurgie en France, naquit 
à Paris en 1697, et y reçut les premiers élémens de son art, 
qu’il enseigna lui-même ensuite avec éclat. Nommé, en 1780, 
chirurgien en chef de la Charité, il mourut au mois de juin 
1773. Presque toutes les académies de l’Europe l’avaient admis 
dans leur sein. Il a laissé : 


Traité de la taille au haut appareil. Paris, 172S, in-12. -Trad. en 
< anglais par Douglas, Londres, 1729, in-8”. 

Après avoir publié cet ouvrage, Morand se rendit à Londres pour y 
voir opérer Chéselden, dont il adopta ensuite la méthode, qu’il sim¬ 
plifia depuis, en supprimant les injections d’eau tiède dans la vessie. 

Eloge historique de Mareschal. Paris, 1737 , in-4». 

Réfutation d'un passage du Traité des opérations de Sharp. Paris, 
1739, in-12.. 

Discours dans lequel on prouve qu'il est nécessaire au chirurgien d’être 
lettré. Paris, 1743, in-4°• 

Une pareille thèse n'aurait plus besoin d’être soutenue aujourd’hui , 
mais le temps n’est cependant pas encore venu où l’on verra enfin mis 
partout en pratique des préceptes dont personne ne conteste l’excellence. 

Recueil cf expenences et d observations sur la pierre. Paris, 1743, 
2 vol. in-12. ; . . ; ’ 

Catalogue des pièces d’anatomie, instrument, machines , etc., qui com¬ 
posent larsenalde chirurgie forme a Pans pour la chancelle ’ r ? e de mé _ 
decine de Petersbourg. Pans, 1729, m-12. 

Opuscules de chirurgie . Paris, 1768-1772, 2 vol in-/, 0 TrJ ,!!„ 
mand par Ernest Platner, Léipzick, 1776, in-8o # * 4 •" Arad. en allé- 





Morand ( Jean-François-Clàment), fils de Sauveur, né à Paris le 28 
avril 1726, devint professeur d’anatomie dans les écoles de celte ville , 
et moürut en 1784. On a de lui: 

Histoire de la maladie singulière et de Vexamen d'une femme devenue 
en peu de temps contrefaite par un ramollissement général des os. Paris, 

C’est l’histoire de la femme Suppiot. 

Nouvelle description des grottes d'Arcy. Lyon, 1752, in-12. . 

Lettre à M. Leroi au sujet de l'histoire de La femme Suppiot. Paris, 
175^, in-12. 

Eclaircissement abrégé sur la maladie d'une fille de Saint - Geosme. 
Paris, I7 54, in-4». _ 

Recueil pour servir d’éclaircissement détaillé sur la maladie de la 
fille de Saint-Geosme , près de Langres. Paris, 1754, in-12. 

Lettres sur Cinslrument de Roonlmysen. Paris, 1755, in-12. 

Lettre sur les médecins-chirurgiens du Val-d’Ajol. Paris, 1755, in-12. 

Du charbon de terre et de ses mines. Paris, 1769 - 1779, in-fol. 

Mémoire sur la nature , les effets , propriétés et avantages du charbon 
de terre , apprêté pour être employé commodément , économiquement 
et sans inconvénient au chauffage et à tous les usages domestiques. Paris, 
J 770, in-12. 

De perilissimi et clarissimi purentis morte mœrentis epistola. Paris, 
1773, in-8°.-Trad. en français, Paris, 1773, in-8°. (o.) 


MOREAU (Rêne), né en 1587, à Montreuii-Beilay. dans 
l’Anjou, mourut à Paris le 17 octobre i656.' Il remplit long¬ 
temps avec distinction la chaire de médecine et de chirurgie 
au collège royal. Versé à la fois dans l’histoire de l’art, et dans 
la connaissance des langues étrangères, il s’attacha d’une ma¬ 
nière spéciale à cultiver i’bygiène, dont peu de personnes s’oc¬ 
cupaient alors. Sous ce rapport, ses travaux méritent d’être 
signalés, quoiqu’ils n’aient en eux-mêmes rien de remarquable. 


De missione sanguinis in pleuritide. Paris, 1622, in-8'’. - Ibid. i63o, 
in-8°. - Halle, 1742 , in-8 0 . 

Avec la vie de Pierre Brissot. 

Schola Salernitana , hoc est de valetudine tuendâ. Paris, 1625, in-8°. 
-Ibid. i652, in 8°. 

Moreau a complété et revu ce traité, d’après d’anciens manuscrits. Il 
y a joint de nombreuses remarques, et d’utiles prolégomènes indiquant 
l’origine de l’ouvrage, la fondation de l’Ecole de Salèrne, l’auteur des 
vers techniques du traité , l’objet du rhythme employé et le nombre des 
vers publiés jusqu’alors, et qu’il assure être plus que double dans les 

Epistola hxegetica de affecto loco in pleuritide. Paris, i643 , in-8 0 . 
- Rome, 1643 , in-8°. 

Cette lettre est adressée à Baldi. 

Epistola de laryngolomiâ. Paris, 1646, in-8°, ■> 


2 q 4 MORGr 

Tabulée methodi universalis curandorum morborum. Paris, 1647 i in-fol. 

Moreav (Jacques) , né à Châlons-sur-Saône le i5 mai i64/, mort le 
ji juin 1729 , a laissé : 

Traité chimique de la véritable connaissance .des fièvres continues , 
pourprées et pestilentielles. Dijon, i683, in-12. 

Consultation sur le rhumatisme avec une réfutation d'une réponse qu’on 
y a faite. Châlons, 1688, in-12. 

Lettre qui contient un véritable éclaircissement sur la cause des fièvres 
continues arrivées en grand nombre depuis juillet 1709 jusqu’en novem¬ 
bre 1709 , avec la manière de les traiter, où l’on suit partout la nature. 
Nancy, 1709, in-12. 

Réfutation de la réponse que fait M. Martine à la lettre de M. Mo¬ 
reau sur les fièvres. Nancy, 1712, in-12. 

Dissertation physique sur Thydropisie. Châlons, 1712, in-12. (o.) 

MORGAGNI ( Jean-Baptiste), né à Forli dans laRomagne, 
le 35 février 1682, est de tous les médecins modernes celui 
qui a laissé l’ouvrage le plus remarquable sous le rapport de 
l’anatomie pathologique, et celui qui, avec Haller et Bordeu, 
a exerce' la plus grande influence sur la direction des recher¬ 
ches médicales dans le dernier siècle. Il est fort remarquable 
que la grande impulsion k laquelle on doitfies progrès de la 
médecine depuis trente ans, ait été l’ouvrage d’un Français, 
d’un Suisse et d’un Italien. A l’âge de seize ans, Morgagni vint 
à Bologne étudier la médecine sous Albertini et Yalsalva, dont 
i! 11e larda pas à devenir l’ami le plus chéri. En 1701 y après 
trois années d’études, il obtint le titre de docteur en philoso¬ 
phie et en médecine. Aide infatigable de Valsa! va, dans les tra¬ 
vaux de l’amphithéâtre comme dans-ceux du cabinet, Mor¬ 
gagni prépara presque toutes les pièces anatomiques d’après 
lesquelles son illustre maître décrivit l’oreille dans son immor¬ 
tel traité sur cet organe, et le remplaça pendant son absence 
dans ses fonctions de professeur d’anatomie. Président k vingt- 
deux ans d’une académie dont le souvenir est effacé, Morgagni 
essaya de lui communiquer _son ardeur pour la recherche des 
faits ; si ses efforts furent infructueux, comme ils devaient l’être, 
car jamais on ne régénère une société qui a laissé éteindre dans 
son sein le feu sacré de la science, ils ne demeurèrent pas 
stériles pour lui 5 on s’accoutuma dès-lors à le regarder comme 
un esprit sévère , vaste et profond. La physique,1a chimie, 
l’histoire naturelle et la pharmacie lui étaient sans doute peu 
familières jusqu’alors, car il n’hésita point à se rendre à Venise, 
puis à Padoue, pour y suivre les leçons de professeurs distingués 
dans l’enseignement de ces sciences, dont la connaissance ap¬ 
profondie est indispensable au médecin, s’il ne veut marcher 
avec de continuelles hésitations dans la pratique de son art. 
Gulielmini était mort en 1710, Vallisneri lui succéda, en 1711, 
dans la chaire qu’il occupait à Padoue -, Morgagni fut désigné 



MO RG ag.5 

pour remplacer Yallisneri, et, en 1715, il obtint la première 
chaire d’anatomie en remplacement de Moliuetti. Placé sur un 
théâtre digne de lui, Morgagni vit sa réputation se propor¬ 
tionner à son mérite éminent. L’Académie des Curieux de la 
nature, la Société royale de Londres, l’Académie royale des 
sciences de Paris, l’Académie impériale de St.-Pélersbourg , 
l’Académie royale de Berlin se Panachèrent par des titres 
dont la postérité ne se souvient guère, et qui ne sont pas tou¬ 
jours la récompense du vrai mérite. Un roi de Sardaigne, trois 
papes, et, ce qui vaut mieux, Joseph n, le comblèrent d’atten¬ 
tions auxquelles il dut être sensible, car il ne les dut pas à des 
bassesses. Ses concitoyens placèrent son buste dans une maison 
■ commune de Forli, avec une inscription : Adliuc viventis. Il 
aima, servit et illustra son pays, et sa patrie n’attendit pas 
qu’il fût mort pour faire éclater sa reconnaissance. Doué d’un 
caractère doqx, d’un esprit élevé, Morgagni vécut en paix 
avec ses contemporains; Manget eut avec lui quelques-uns da 
ces démêlés que.la postérité oublie, ou dont elle île se ressou¬ 
vient que pour blâmer celui qui, en pareil cas , a descendu 
jusqu’à l’injure :.Morgagni se montra aussi réservé que savant, 
et terrassa aisément son faible adversaire. Il mourut, en 1771,. 
âgé de quatre-vingt-neuf ans, neuf mois et dix. jours, père de 
huit enfans, reste de quinze qu’il avait eus. 

Dans le cours d’une longue et heureuse carrière, Morgagni 
rectifia les travaux de tous les anatomistes ses'devanciers et scs 
contemporains, et rassembla une foule immense de faits d’ana¬ 
tomie pathologique; ses ouvrages dispensent , avec celui de 
Bouet, de remonter au-delà pour connaître les observations 
faités avant lui. Mieux que personne, il connut la nécessité de 
rallier les symptômes aux altérations organiques que la mort 
révèle. De tous les anatomistes, Morgagni est celui qui a fait 
le plus pour les progrès de la médecine; si la physiologie eût- 
existé à l’époque où il étudiait, plus lard il aurait provoqué la 
révolution qui s’est opéré depuis la publication de l’Anatomie 
générale. 

Les écrits de Morgagni sont remarquables, non - seulement. 
par la grande quantité de faits qu’ils contiennent, mais encore 
par la vaste érudition et l’excellente critique de l’auteur, qui 
malheureusement ne porta pas assez sa perspicacité dans l’exa¬ 
men des théories mensongères du temps où il vivait. 11 est f⬠
cheux que le style soit diffus et entortillé, car il n’est aucun 
médecin qui puisse se dispenser de méditer ces écrits, et il en 
est peu qui les aient lus, parmi ceux qui les citent le plus fré¬ 
quemment. 

L’érudition de Morgagni notait point limitée aux sciençes 
médicales ; il charmait le peu de loisirs que lui laissaient ses iiu- 



396 M O R G 

menses travaux, par des recherches de philologie et d’archéo¬ 
logie. C’est ainsi qu’il a laissé les opuscules suivans : 

De genere mortis Cleopalrœ epistulœ duœ ; 

Dans l’appendice de Lancisi ou Metallotheca Vaticana de Mercati 
(Rome, 1719, in-fol.). ' 

De ordinario Frontini consulatu epistolœ duce. Padoue, 1722, in-4 0 . 
De quâdam librorum M. Varronis particule, ne legitur in veteri co- 
dice epistola ; 

Dans le Raccolta d’opuscoli scientifici e filologici (Venise, 1730, in-12). 
In Vitruvii locum, ad tempus quô is sçripsit , attinentem et in alterum 
veleris auctoris compendii architecture, epistola ; 

Dans la collection des œuvres de Morgagni. 

Mais les véritables et solides fondement de la réputation de Morgagni 
sont les ouvrages suivans: 

Adversaria anatomica prima. Bologne, 1706, in*4°. ; Leyde, 1714» 
in- 8 °. ; Padoue, 1719, in- 4 0 . -Leyde, 1723, in-4°. ; Ibid. 1741, in-4° 
Adversaria anatomica altéra et tertia. Padoue, 1717, in-4°. - Leyde, 
1723, in-4 °.-Ibid. iq^t, in-4°. 

Adversaria anatomica quarla, quinta et sexta. Padoue, 1719, m-4°. 

-Leyde, 1723, \n-lf.-Ibid. 1741, in-4 0 . 

Adversaria omnia. Padoue, 1741, in- 4 0 . 

Mine à laquelle les anatomistes qui ont succédé à Morgagni ont puisé 




M O RI 297 

Iaires, le canal thoracique, la capsule de Glisson, la cloison du scrotum 
el les muscles Iransverses du périnée. 

De calculis felleis epistola ; 

Dans les Ephémérides des Curieux de la nature pour 1730, deuxième 

De iis quœ à Valsalva in Bononiensis Academiœ Insliluli scienliarum 
recitata juerunt epistola. Bologne, iqSi , in-4°- 

Responsum médico-légale circà obstelricium fudicium de mulieris vir- 
ginitate. Rome, 1739, in-4 0 . 

Responsum medico-legale super seminis emiltendi impotentiâ ; 

Dans la collection des œuvres de Morgagni. 

Responsum medico-legale : an post septem à conceptione menses , in¬ 
fans nasci possit vitalis et perfectus ? 

Dans la même. 

Dé philologo Ravennate et de Angelo Bolognino epistola ; 

Dans la deuxième édition, de l’ouvrage d’Astruc De morbis venereis 
(Paris, ij 4°, in-4°.)- 

De vilâ et scriptis Anlonii-Marice Valsalvœ commentariolum ; 

Dans la collection des œuvres de Valsalva (Venise, 1740-1741, in-4°.)- 

Epislolœ anatomicce vigenti quœ ad scripta pertinent celeberrimi viri 
A.-M. Valsalvœ ; 

Dans la même. 

Ces lettres sont en quelque sorte la suite des Adversççria anatomica 
de l’auteur ; elles n’offrent pas moins d’intérêt. 

De via atque ordine in tradendâ publicè medicina et anatome epistola ; 

Prcemia quœdam anatomicarum prœlectionum ; 

De vesicœ calculis à fratre J. Beaulieu Patavii exsectis et de casu 
Corneliœ Bàndiœ epistolaj , 

Expérimenta circà aquam calcis vivœ ; 

De Prospéra Alpino epistolœ duœ; 

Laudationes habitœ olim à Morgagno quum gymnasiarchas aliosve doc- 
toris insignibus ornaret ; 

Dans la collection des œuvres de Morgagni. 

Le plus important des écrits de Morgagni et le plus important de tous 
les ouvrages d’anatomie pathologique que nous possédions est sans con¬ 
tredit le suivant : 

De sedibus et causis morborum per anatomen indagatis libri quinque. 
Bassano, 1761, m-\°. - Naples, 1762, in-4°. - Paris, 1820-1822,8 vol. 
in-8°.-Tract. en français par Désormeaux et Destouet, 6 premiers vo¬ 
lumes , Paris, 1820-1823, in-8°. ( r.-c. bossseau j 

MORIN (Louis), né au Mans, le 11 juillet i635, montra 
de bonne heure un goût de'cidé pour les sciences naturelles. 
Après avoir achevé ses humanités, il vint à Paris faire son 
cours de philosophie et étudiei* la médecine. Pendant tout le 
temps qu’il s’appliqua à cette science, il vécut en anachorète, 
réduit au pain et à l’eau, afin d’avoir l’esprit plus libre, et sans 
doute aussi pour se plier aux rigueurs delà fortune, qui n’avait 
pas favorisé sa famille. Reçu docteur en 1667, ^ acquit l’estime 
deFagon, et obtint une place de médecin pensionnaire à l’Hôtel- 
Dieu. Dodart le fit entrer à l’Académie des sciences, comme 
associé botaniste, en 1699, et huit ans après il succéda à son 
ami. Lors du voyage de Tournefort dans le Levant, il se char¬ 
gea de faire son cours de botanique, et s’acquitta de celte tâche 



298 MORI 

avec succès. La mort mit fin, le 1 er mars fji 5 , à sa carrière,' 
qu’une tempérance presqu’égale à celle de Cornaro contribua 
sans doute beaucoup, à rendre aussi longue. On ne connaît de 
lui que quelques mémoires imprimés dans, la collection de 
l’Académie. 

Morin ( Jean-Baptiste ), de Villefranche, dans le Beaujolais, naquit 
le 2B février i583, et mourut à Paris le 6 novembre i656. Plus occupe de 
l’astrologie que de la médecine, il sut profiter avec adresse de la crédu¬ 
lité de ses contemporains, que sans doute il partageait lui-même, pour 
s’assurer un crédit extraordinaire parmi le peuple et même parmi les 
grands de la cour. La faveur de Richelieu et celle de Mazarin furent 
le fruit de son'habileté-à spéculer sur les faiblesses humaines, et le dé¬ 
dommagèrent, sous le rapport financier, des désagrémens que lui causè¬ 
rent ses disputes littéraires avec Gassendi, Bernier et autres savans, dans 
lesquelles le bon droit et la raison n’étaient pas de son côté. On a de lui : 

Nova mundi sublunaris anatomia. Paris, 1619, ip-8°. -Trad. en fran¬ 
çais, Lyon, 1707, in-S 0 . 

Epistola pro reslituendâ astrologiâ. Paris, 1628, in-8°. 

. Loneitudmum terrestrium et cœlestium nova et optata scientià. Paris,' 
i634,in-4°. 

Tichobrahensin Philolaum pro tellàris quiete. Paris, 1642, in-4°. 

Alae telluris fraciœ adversus Gassendi librum de molli impresso à 
motore translata. Paris, 1643 , in-4 0 . 

Refutatio libri de prœadamitis. Paris, l656 , in-12. (z.) 

MORISON (Robert), botaniste célèbre et médecin habile , 
naquit à Aberdeen en 1620, et fut élevé dans l’Université de 
cètle ville. Ses parens désiraient qu’il embrassât l’état ecclé¬ 
siastique, mais un goût décidé pour les sciênces exactes ne lui 
permit pas de se rendre à leurs vœux. Les dissensions civiles 
vinrent cependant l’arracher à ses travaux paisibles, et son at¬ 
tachement à la cause des royalistes l’ayant conduit à l’armée^ 
il reçut une blessure grave à l’affaire de-Brigg. Après sa gué¬ 
rison, il se rendit à Paris, asile de ses compatriotes, et fut 
pendant quelque temps instituteur d’un jeune homme de fa¬ 
mille riche. Cette place ne l’empêcha pas de cultiver l’anato¬ 
mie, la botanique et la zoologie, et en 1648 il prit le grade de 
docteur à Angers. Depuis cette époque, il s’occupa plus spé¬ 
cialement de la science des végétaux. Robin, qui l’aimait beau¬ 
coup, obtint pour lui la direction du jardin du duc d’Orléans- 
à Blois, qu’il conserva pendant dix ans. Pendant ce laps de 
temps, il parcourut plusieurs provinces de France, dans les¬ 
quelles il recueillit beaucoup de plantes nouvelles. A la mort 
du duc, Morison fut rappelé en Angleterre par Charles n, qui 
le nomma son médecin, professeur de botanique et surintendant 
des jardins royaux. En 166g, l’Université d’Oxfort lui conféra 
une chaire de botanique avec, le diplôme-de docteur en méde¬ 
cine. Il mourut le 10 novembre i 683 .,Son principal mérite, 
par rapport à la phylologie, est d’avoir signalé l'importance 



M O R 1 399 

des affinités naturelles des parties autres que le fruit, auquel 
seul on s’était attaché jusqu’alors, et d’avoir insisté d’une ma¬ 
nière spéciale sur la nécessité de fixer des caractères génériques. 
11 a donc contribué réellement à avancer la science, dont Plu¬ 
mier n’a fait qu’acquitter la dette, en donnant son nom ( Mort- 
sonia ) à un genre de plantes de la famille des capparidées, Ses 
ouvrages sont : 


Jacques Bobàrt. La méthode de 
les feuilles, les habitudes des pi 
sont plus naturelles que celles 1 
seul Cesalpino, mais elles sont ] 


son a publie les heur 
le, à Malte , en Fran 
in-4 0 . ) avec 52 plane 


MORTON ( Richabd )-, médecin anglais du dix- 
siècle, vint au monde dans le comté de Suffolk. Af 
terminé ses humanités k Oxford, il embrassa l’état 
tique, et fut nommé chapelain d’une famille noble 
Worccster: mais comme il était non conformiste. 





3oo MO SE 

constance lui imposa l’obligation de re'signer sa place. N’ayant 
encore que vingt-quatre ans, il résolut de quitter la carrière 
de l’église, et de se lancer dans celle de la médecine, où bien¬ 
tôt il se distingua. Nommé médecin du prince d’Orange, il prit 
le titre de docteur à Oxford, et s’établit ensuite à Londres, où 
il devint l’émule et le rival de Sydenham, ayant acquis la ré¬ 
putation d’un praticien très-habile, surtout dans le traitement 
des maladies chroniques de la poitrine. Il fut un des premiers 
qui prônèrent le quinquina en Angleterre; mais après avoir dé¬ 
buté par n’administrer ce médicament qu’avec beaucoup de ré¬ 
serve et de timidité dans les fièvres intermittentes, il finit par 
en faire le plus grand abus, ainsi que de l’eau de chaux dans 
l’hémoptysie, la variole et la dysenterie.Ennemi de la méthode 
antiphlogistique, il aurait voulu inspirer à tout le monde sa 
prédilection pour les médicamcns incendiaires dans les mala¬ 
dies aiguës, parce qu’il croyait ces remèdes seuls propres à dé¬ 
truire les virus, à la présence desquels il attribuait toutes ces 
affections. Au reste, il paraîtrait que Morton adopta principa¬ 
lement cette conduite pour ne pas se rencontrer avec Sydenham, 
qui suivait une marche contraire. Car c’est surtout dans la pe¬ 
tite vérole qu’il la recommande, taudis qu’il reconnaît futilité 
des antiphlogistiques dans la phthisie pulmonaire, du moins à 
son début. On a de lui : 



MOSELEY (Benjamin ), ne dans le comté d Essex, en Àt: 
gleterre, n’eut pas plutôt terminé ses études, tant à Londre 
qu’à Paris, qu’il partit pour la Jamaïque, où il s’établit 
Kingston, comme chirurgien et comme apothicaire, et ne tard 
pas à acquérir une brillante clientèle. La guerre de l’inde'pen 
dance lui offrit une occasion d’observer les maladies cruelle 
qui faisaient d’affreux ravager, parmi les troupes, et un trait 
de la dysenterie, qui fut le fruit de ses recherches, commeuç 
sa réputation littéraire. Après la paix, il visita l’Amérique sep 




MOUF 3oi 

tentrionale, repassa en Angleterre, alla prendre le litre de 
docteur à Leyde, et, en 1795, se fixa définitivement à Lon¬ 
dres, puis obtint la place de médecin de l’hôpital militaire de 
Chelsea. On lui reprochera toujours de s’être élevé avec achar¬ 
nement et avec une sorte de rage contre le bienfait de la vac¬ 
cine, à l’occasion de laquelle il entra en lutte presque seul 
contre la Faculté, et qu’il peignit comme une innovation des 
plus dangereuses, comme un véritable empoisonnement. Il 
mourut le i5 juin 1819, laissant : 

Observations on ihe dyseiiLery ofthe West-Indies. Londres, 1787, 

Treatise concerning ihe properties and effects ofeoffee. Londres, ir85, 
in-S». - Ibid. 1792, in-8°. -Trad. en allemand, Lubeck, 1786, in-8». 

Treatise on tropical diseases , on military operations , and on tlic cli- 
mate ofthe JVesl-Indies. Londres, 1787, in-8°. - Ibid. 1793, in-8 ".-Ibid. 
i8o3, 111-8 0 . - Ibid. 1806 , in-8°. -Trad. en allemand, Nuremberg, 1790, 

Treatise on sugar, with miscellaneous medical observations. Londres, 
1799, in-8°. - Trad. en allemand par C.-A. Noeldechen, Berlin, 1800, 

Medical tracts. Londres, i8o3, in-8°. 

Treatise on the lues bovilla or cow-pox. Londres, 1806, in-8°. - Trad. 
en français, Paris, 1807, in-8°. 

Commentaries on the lues boviïla. Londres, 1804, in-8°. - Ibid. i8o5, 

Treatise on ihe hydrophobia. Londres, 1808, in-8 0 . (s.) 

MOUFET (Thomas), médecin du seizième siècle, né a Lon¬ 
dres, suivit pendant quelque temps les cours de l’Université de 
Cambridge, et fit ensuite en Europe de longs voyages, dans le 
cours desquels il prit le grade de docteur, on ignore en quelle 
Université. A sonreloür,il habita quelque temps Ipswich • sur la 
fin de ses jours, il vivait à Bulbridge, près de Willon. L’année 
de sa mort n’est pas connue. Ses ouvrages sur la médecine n''au¬ 
raient pas arraché son nom à l’oubli, car ils ne sont remplis que 
des idées de la secte chémiâtrique à laquelle l’auteur apparte¬ 
nait, et des éloges de Paracelse qu’il admiraitj mais les natu¬ 
ralistes ne peuvent oublier qu’il a terminé le théâtre des in¬ 
sectes commencé par Edouard Wolton, Conrad Gesner et 
Thomas Penn, et qu’ainsi il a rendu un grand service h la 
science, quoique, d’un autre côté, on ne doive pas dissimuler 
qu’il 11’a toujours su se mettre en garde contre les erreurs popu¬ 
laires. On a de lui : 

De jure et prœstantiâ chymicorum medicamentorum dialogus apolo- 
gelicus. Accesserunt epislolœ quœdam médicinales ad medicos aliquot 
conscriptœ. Francfort, i584 > in-8 0 . 

Nosômanlica hippocratica , seu, Hippocralis prognostica cuncta. Franc¬ 
fort, i588, in-8°. 



ïa- 8 0 .- Ibid. 1^46, ia-8°. _ (b.) 

MULLER (Otton-Frédébic), savant naturaliste danois, né 
à Copenhague, le n mars 1^30, tient une place honorable 
parmi les observateurs les plus exacts et les plus laborieux du 
siècle dernier. Né d’une famille pauvre, il étudia d’abord la 
théologie , vivant du produit de quelques leçons de musique. 
Son instruction et ses mœurs régulières lui ayant procuré une 
place de précepteur dans une famille riche, il profita de ses 
momens de loisir pour observer les êtres naturels , et s’exercer 
à les peindre, ce qu’il fit bientôt avec beaucoup de vérité é'c de 
finesse. Les voyages qu’il entreprit avec son élève, lui fourni¬ 
rent l’occasion d’étendre ses propres connaissances, de sorte 
qu’à son retour en Danemark, en i■767,il fut en état de prendre 
rang parmi les naturalistes les plus estimés. D’abord il remplit 
successivement diverses places, mais un mariage avantageux 
ayant assuré son indépendance, il renonça aux emplois pour se 
livrer entièrement aux occupations scientifiques. Rien ne lui 
coûtait, ni peine, ni argent, pour apprendre à connaître les. 
êtres naturels, parmi lesquels il s’attacha surtout à étudier les 
infusoires, dont il de'couvrit un grand nombre, et que , le pre¬ 
mier, il eut le courage de distribuer en genres et en espèces. La 
mort l’empêchâ de mettre fin aux travaux qu’il avait entrepris , 
et entr’autres à la Zoologie danoise, dont il s’occupait depuis 
1 779 5 e ^ e eut ^ cu décembre 1784. Outre plusieurs mé¬ 
moires imprimés parmi ceux de diverses sociétés savantes, on 
a de lui : 

Efterretning og Erfaringom Swampe , i saer Roerswampens oelsma- 









3 o 4 MULL 

Vnpartheyische Critik der Zeibnitzischen Monadologie. Iéna, > 

Omtio.de longcevitate acquirendâ. Giessen, 1^51, in-4°. 

Zntwurf eines neuen Lehrgebaeudes der nataerlichen Philosophie 
und der ArzneykunsU Francfort, I’ÿ52 , in-8°. 

Nothduerjiige Ablehnung einiger ihm gemàchlen empfindlichen Vor- 


it Rolf; eine Adeptenmetamorphose. AI- 
?d Wandelcines Physiognomislen. Halle, 
à Westlieim, mort le 22 octobre 1793, 


















•lerkung ueber die Kur des halbseiu 
Toiieltenlectuere faer gebildete Frc 

rice-Guillaume ), médecin à Léip2 
nmatoriâ quœstiones. Léipzick, 18 
scholâ Lipsiensium clinicâ. Léipz: 
'ippe ) , de Fribourg, et professeur 
su musculorum, qui a paru avec 
ité d’alchimie avant pour litre : 




MUNT 3o 7 

Chirurgia adpraxinhodierham adornata. Utrecht, 1689, in-4°.-Franc- 
fort/1691, in-8 0 . - Genève, i7i5,in-4°. -Trad. en hollandais, Utrecht, 
1693, in-4 Q .-en allemand, Francfort, inoo , in-8°. 

Oratio de discorde hominum concordiâ. Utrecht, 1693, in-4 0 . 

Ve re anatomicâ liber. Utrecht, 1697, in-4°.-Trad. en hollandais, 
Amsterdam, 1740, in-8°. 

Oratio de morte. Utrecht, 1710, in-i°. 

Il a travaillé à la 4° et à la 5 e parties de l 'Hortus Malabaricus. 

Munniks { Vinold) , né à Joure, dans la Frise, le 4 décembre 1744? 
fut l’un des élèves particuliers de Camper et de Van Doeveren. Reçu 
docteur à Leyde, en 1769, il fut, deux ans après , nommé lecteur d’ana¬ 
tomie, et enfin revêtu de la chaire'cpie Camper venait de résigner plei¬ 
nement. En 1784, il remporta le prix proposé par l’Académie d’Amiens 
sur les causes des hernies et les moyens de les prévenir. Il mourut en 
1806, le 8 septembre. Sa thèse a pour titre : 

Vissertatio de lue venereâ ejusque prœcipuis auxiliis, inter quce Cl, 
Swieterni et Cl, Plenkii remédia potissimum examinantur. Leyde, 1769, 
in-4°. (j.) 

MUENSTER (Jean), né en i 5 7 i , h Heilbronn , fit ses étu¬ 
des à Tubingue et à Liiitz. Au retour d’un voyage en Italie et 
dans le midi de l’Allemagne, il prit le bonnet, de docteur en 
médecine à Bâle en 1099. Sept ans après , l’Université de 
Giessen l’appela pour lui confier une chaire de médecine, qu’il 
n’occupa pas long-temps, car une mort prématurée l’enleva le 
20 septembre 1606. On a de lui : 

Viscussio eorum quce ab Abrahamo Scliopjfio in generalis suce omnium 
prœsidiorum medicorum universalium et topicorum disquisilionis libri III , 
sectione IV, tum de aliis quïbusdam ad purgandi negotium spectantibus 
lheoremcàis , tam verà maxime de purgatione principio morborum insti- 
tuendd , contra magnum illud magni Hippocralis I Aphor. 22. oraculum 
scripta sunt. Francfort, i6o3, in-8°. 

Visputationum de poedo-phlebotomiâ libri V. Tubingue, 1604, in-4°. 
-Francfort, 1617 , in-4°- (o.) 

MUNTING (Abraham), né à Groningue le 19 juin 1626, 
fut élevé par son père, et acquit de bonne heure des connais¬ 
sances fort étendues, tant en botanique que dans la culture des 
plantes. Après avoir suivi les cours des Universités de sa ville 
natale, de Franeker, d’Utrecht et de Leyde, il passa en France, 
et y resta deux ans. Ayant pris alors le bonnet doctoral à Anr 
gers, il revint dans le sein de sa famille, obtint la chaire que 
la mort de son père laissa vacante en i658, et la remplit avec 
beaucoup de zèle jusqu’à sa mort, qui eut lieu le 3i janvier i683. 
Comme la Hollande était alors le pays le plus renommé pour 
la culture des plantes, dont elle recevait beaucoup de ses co¬ 
lonies nombreuses, Munting eut de grandes facilités pour se 
perfectionner dans l’étude de la botanique. Cependant i! n’a 
point fait faire de progrès à la science, et ses ouvrages ne 
contiennent presqu’aucune observation nouvelle; quoique Linné 



M URA 

1 genre <le plantes ( Muntingia) de 1 


Waare Oeffeiiingder Planten. Amsterdam , 1672, in 


in-fol..-Trad. en latin, I.eyde, 1703 , in-fol, - Ibid. 17.13 , in-fok 

Arec 343 dessins, accompagnés, pour la plupart, d’assez jolis paysages. 
Ce livre est curieux, mais plein d’inutilités. Quelques plantes paraissent 
être purement imaginaires. 

Münting ( Henri ), père du précédent, fut professeur de chimie et de 
botanique à Groningue, où il mourut, en i658, et où il établit à ses frais 
un jardin de botanique qui ne tarda pas à devenir célèbre. On a de lui 


C’est un pur catalogue de jardinier. sac 


MUR ALTO (Jean de), médecin de Zurich, issu d’une fa¬ 
mille italienne d’origine , qui avait été obligée de se réfugier en 
Suisse, après avoir embrassé la réi'otmation, fit ses études en 
Allemagne, en France et en Angleterre. 11 fut reçu docteur à 
Bâle en'1671, et devint ensuite médecin de sa ville natale, 
avec le titre de professeur en physique et en mathématiques. 
L'anatomie et la chirurgie furent les parties à la culture des¬ 
quelles il s’attacha d’une manière spéciale. Il mourut, en 1733, 
à l’âge de quatre-vingt-huit ans. Outre plusieurs articles insé¬ 
rés dans les Ephéniérides des Curieux de la nature, dont il 
était membre sous le nom d’Arélée, on a de lui : 

Disserlatio de anginâ. Bâle , 1667 , in-j”. 

Dissertatio de injlammatione et ulcéré vesicœ. Leyde, 1668, in-4 0 , 

Disserlatio de mol lis paHurientium et accidentibus , quœ partum inse- 
(juunlur. Baie, 1671, io-4°. 

Disserlatio de bile et con.crement.is biliosis. Zurich , 1673., m-4 0 . 

Dissertatio de sanguine et excrementis humanis. Zurich, 1675, in-4°. 

Vademecum analomicum, sire, Claris medicinœ. Zurich, 1677; in-12. 
-Amsterdam, 1688, in-12. 

Anatomiches collegùim, in welcken aile Theile des D.ihcs zusaml den 
Kranhheiten, welclien sig unlerviorfeq.., beschriében werdgn,. Nuremberg, 
1687, in-8°. 

Curationes medicce obserrationibus et experimcntis anatomicis mixtœ. 

Amsterdam , 1688, in-4°. 

Kindbuechlein, oder UnterrichtfuerWelimuetter. Zurich, 1689, in-8°. 





MURR - 3o 9 

Kurzer Bericht wie die rothe Ruhr verhuetet und gèheilt werden 
hcenne. Zurich, 1690, in-8 ".-Ibid. 1709, in-8°. 

Schrifften in der fPundarzney. Bâle, 1691, in-8 °.-lbid. 1711, in-8°. 

Hippocrates Helveticus , oder Eydgenoessischer Stadl-Land-und Iiaus- 
arzt. Bâle, 1692 , in- 4 °. - Ilid. 1716, in-8°. 

Physices specialis quatuor parles, sire, Helvetiœ Paradisus. Zurich, 

Kriegs-und Soldalendiaet Zurich, 1712, in-8 3 . 

Neu- eroefneter Gesunclheitsschaz wider den anstechende Seuche an- 
Menschen und Pieh. Zurich, J 7 i 4 > in-8°. 

Préservatif oder Perwahrungsmiltel wider die dismaligen JPiehpes- 
tcn. Zurich, 1714, in-fol. 

Kurze Beschreibung der ansteckenden Seuche der Best. Zurich, 1721 , 
in-8». (.0.) 


MURRAY (Jean-Adolphe), né à Stockholm Je 27 janvier 
17^0, fit toutes ses e'tudes à Gœtiingue , où il devint, en 1769^ 
professeur de me'deeine et directeur du jardin de botanique. . 
La mort l’enleva le 22 mai 179*. Sa longue carrière, loute- 
àcadémique,fut signale'e par de nombreux et importans travaux, 
litte'raircs, parmi lesquels il en est un , sa Matière nie'dicale , 
qui sera long- temps classique. Les Allemands lui doivent di¬ 
verses traductions, inde'peudaminènt desquelles il a publié les. 
ouvrages suiyans : 




Enumcratio vocabulornmquorumdam, quitus antiqui h 
auctores in re herbariâ usi sunt. Stockholm , 1706, in-4°. 

Dissertatio de Jatis variolqrum insitionis in Sueciâ. Gættirtgue , 1763, 
in-8°. - Ibid. 1767, in-8°. 

Dissertatio de hydrophobiâ , dbsque morsu prccvio. Bâle, 1765, in-8 0 '. 

Commentalio de arbuto uvâursi. Gcsttingue, 1765, in- 4 °’. 

Dissertatio de parts, absqueprœgressâ inflammations , origine. Gcet- 
tingue, 1766, in 4°. 


Diss 


Inflammatione, origine. < 

!io de cugnalione inter arlhritidem et calbuhim. Gættingue, 


De■uermijjus in leprâ obviés, junclâ leprosi-histond ,.et de-lumbricorum 
selis. Gœttiogoe, 1769, in-8°. 

Prodromus designalionis sdrpium Gotlingensium. Gœtlingtre, 1770-,. 

Dissertatio de conciliandis medicis quoad variolas internas dissen -■ 
tientibus. Geeltingue, 1771, 

Prima lineœ pharmacies* G es {.lingue, 1771, in-8*. 

Tai om de pu Djur anstaeldte Roens oclt floersoeks Opaliléligkei vid' 
tillaempningen pu Maenniskans JCropp. Stockholm-, 1772, io-8°- 

Enumeratio Librorum prœcipuorum medici argumenti. Léipzick, 1773, 
sn-8°. - Aufich, 1792 , in-8 3 ., par F.-G. de Halem, 

Caroli à Linné sysleina vegetabüium , edilio décima tertia..GœVimguè,. 
* 774 , in-8®» - Editio décima quarm,, Ibid. 1784*,m-8°. ; Pavië, 1779,, 
in-8°. -Trad. en anglais-, Londres , 178?, in-8°. 

Medicinisch-praktische Bibliothek. Gœtliogue, 1.774-1781-, 3 vol. in-8 0 .. 

Apparilus medicamimmi tant simplicium quam prœparatorusn. et com- 
posilorum in praxeos adfumentum considérants. Gœttingue, 1776-1792 , 
6 vol. in-8°. 

Les volumes portent les dates suivantes : I er , 1776 ; II e , 1779 ; 111 °, 
*784; IV e , 1787; V e , 17905 VI e , 1792. Le premier a eu. une seconda- 




tiones I-III. Gœttingue, 1779, in-4°- 

Dissertaiio de ascaride lumbricoïde. Gœttingue, 1779, in-4°. 

Dissertatio de catecku. Gœttingue, 1779, in-4 0 . 

Disserlatio dulcium naturam et vires expendens. Gœttingue, 1779, 

i n - 4 °- 

Oratio de limitandâ laude librorum medicorum practicorum usui po- 
pularium destinatorum. Gœttingue, 1779, in-4°. 

CommenLatiode hepalitide maximâ Indice orientalis. Gœttingue, 1780, 

Spinœ bifîdœ rnald ossium conformatione initia. Gœttingue, 1780, in-4 0 . 

Prœstet uno medico, anpluribus junctim uti? Gœttingue, 1781, in-4 0 . 

Vindicice nominum trivialium stirpïbus à Linneo imperlitorum sectio- 
nes Iet II. Gœttingue, 1782 , in-4°. 

Difficultutes in curatione morborum infantilium obvenienles. Gœtlin- 
gue, 1782, in-4°. 

Dissertatio de tempore exbibendi emelica in Jèbribus intermiltentibus 
maxime opportuno. Gœttingue, 1782, in-4 0 . 

De medendi tineæ capitis ratione paralipomena. Gœttingue, 1782, in-4°. 

Programma de materiâ arthriticâ ad verenda aberrante. Gœttingue, 

1785, in-4°- 

Opuscula. Gœttingue, 1785-1786, 2 vol.in-8°. 

Recueil des dissertations précédentes. 

Oratio de laude magnetismi sic dicti animalis ambiguâ. Gœttingue, 

tj Memorial fuer den Herrn D. Paulus Usteri. Gœttingue, i7go,in-8°. 

Murray (Adolphe), frère du précédent, né à Stockholm en 1760, 
mourut le 5 mai i8o3, à Upsal, où il professait l’anatomie. Nous con¬ 
naissons de lui : 

Fundamenta testaceologiæ. Upsal, 1771, in-8°. 

Dissertatio defasciâ latâ. Upsal, 1777 , in-4 0 . 

Dissertatio de nonnullis circà methodum luis venereœ curandce medi- 
camentis. Upsal, 1777 , in-4 0 . 

Dissertatio de paracentesi cystidis urinarice. Upsal, 1777, in-4 0 . 

Observationes anatomicce circà infundibulum cerebri, ossium capitis 
in fœtu structura aliéna, parteque nervi intercostalis cervicali. Upsal, 
ï772,in-4 °. (j.) 

MURS1NNA (Chbétien-Lotjis), né à Stolpe, dans la Po¬ 
méranie, le 17 décembre 1744» mort le 18 septembre 1823, 
servit d’abord comme simple chirurgien dans un régiment de 
l’armée prussienne, dont il devint chirurgien en chef en 1787. 
La même année, il fut nommé professeur de la Charité de 
Berlin. Ses écrits, peu nombreux, ont pour litres : 

Betrachlungen ueber die Ruhr, nébst einem Anhangc von den Faul- 
fiebern. Berlin, 1780, in-8 °.-Ibid. 1787 , in-8°. 




MU SI 3i i 

Medicinisch-chirurgische Beobachtunsen. Berlin , 17S2 - 1JS3 , in-S". 

- Ibid. 1796, in-8°. 

Abhandlunà von den Krankheiten der Schwangern, Gebuehréndsn 
und Saeugenden. Berlin, tome I, 1784; II, 17S6, in-8 0 . - Ibid. 1792, 

Schilderung eines Wundarztes , in einer Rede. Berlin, 1787^ in-8°. 

Berichtigung der Sendschreibens des Hofrath Hagen in Berlin an Hm. 
Hofrath Slark in Iena, ueberzwey schwere Geburtsfaelle. Berlin, 1791, 

Neue medicinisch-chirurgische Beobachiungen. Berlin, 1796, in-8°. 

Journal fuer die Chirurgie , Arzneykunde und Geburtshuelje. Berlin, 
1800-1811, in-8°. 

Continué sous le titre de Neues Journal. (o.) 

MOSGRAVE (Guillaume) , né à Carlton-Musgrave, dans' 
le comté de Sommerset, en 1657, s,est f a * 1 un noul a f°i s 
comme médecin et comme antiquaire. S’étant distingué d’abord 
par des connaissances fort étendues dans la physique et l’art 
de guérir, il fut reçu membre du Collège des médecins de 
Londres, et de la Société royale, dont il devint secrétaire en 
i684- Après avoir rempli cette place honorable pendant sept 
années, il vint se fixer à Exèter, où il exerça pendant long¬ 
temps sa profession avec éclat. Lorsque sa réputation, comme 
praticien, fut bien établie, il s’occupa spécialement de l’étude 
des antiquités, où il s’acquit une égale considération. Sa mort 
eut lieu le 23 décembre 1721. On a de lui quelques observa¬ 
tions médicales, dans les Transactions philosophiques, qu’il a 
publiées depuis le n°. 167 jusqu’au n°. 178. inclusivement, et 
les ouvrages de médecine dont nous allons donner les litres : 

Disserlalio de arihritide symptomaticâ. Oxford , 1703 , ia-8°. 

Dissertatio de arihritide anomalâ. Oxford, 1707, in-8°. 

Disserlalio de deâ Salute. Oxford, 1716, in-S°. 

Musgrave (Samuel), petit fils du précédent, mort le 3 juillet 1782-, 
à Exeter, sa ville natale, où il exerçait la médecine, a laissé plusieurs 
opuscules de littérature, et un seul petit écrit sur l’art de guérir, intitulé : 

Apologia prô medicinâ empiricâ. Oxford, 1763, in-4°. (o.) 

MUSITANO (Chaules), ou Musùanus, était de Castro- 
villari, dans la Calabre, où il naquit le 5 janvier i635. Destiné . 
h l’état ecclésiastique, il fit ses éludes avec heaucoup de rapi¬ 
dité, et fut ordonné prêtre en i65g. Bientôt après il se rendit 
à Naples, et suivit avec ardeur les cours de la Faculté de mé¬ 
decine. Un bref du pape Clément ix lui accorda dans la suite 
la faculté d’exercer l’art de guérir. Sa mort eut lieu en 1714. 
Ennemi déclaré du galénisme , il adopta tous les principes de 
la secte chénûatrique, proscrivit les sangsues, la saignée, les 
lavemens, et proclama hautement la supériorité des remèdes 
chimiques, des substances échauffantes et des prétendus spé¬ 
cifiques. Ces idées théoriques et pratiques régnent dans tous 




3ii MYNS 

ses ouvrages, dont il est facile, d’après cela, d’appre'cier le 
mérite,. 

Trulina medica anliquarum et receniiorum disquisitionum grauioribus 
de morbis habitarum. Venise, 1688, in-4°. - Genève , 1701 , in-4°. 

De lue venereâ libri quatuor. Naples, 1689, - Trad. en italien 

par Joseph Mnsitano, Naples, 1697, in-8°. - en français par Devaux , 
Toulouse, 1711, in-ia. - en allemand, Hambourg, 1701 , in-S°.; Léip- 
zick, i 7 i 5, in-8°. _ 

L’auteur s’attache à prouver que le mal vénérien est ancien, et que sur 
plus de deux mille malades qu’il a vus, aucun accident ne s’est offert à 
lui qu’on ne trouve déjà décrit dans Celse, Galien et Avicenne. Il cherche 
aussi à prouver que ce n’est pas une maladie. Il vanie la térébenthine 
dans la gonorrhée, préfère les frictions au mercure à l’intérieur, et re-. 
jette la salivation. 

Mamissa ad tliesaurum et armamentarium medico-chymicum Adriani 
Mynsicht. Naples, 1697, in-8°. 

Ckirurgia lheoretico-practica , seu trulina chirurgico-physica. Cologne, 

1698, in- 4 °. - Genève, 1718, in-4 0 . 

Opéra medica chymico-practica, seu trutina medico-chymica. Colo¬ 
gne, 1700, in-4°. - 

De morbis mulierum traclatus. Cologne, 1709, in-4 0 . -Trad. en alle¬ 
mand, Léipzick, 1743, in-8°. 

Le recueil des œuvres de Musitano porte le titre de: 

Opéra omnia, seu trutina medica, chirurgica, pkarmaceutico-cltiniica. 

Genève, 1716, 2 vol. in-fol. (o.) 


MUYS (Wyer-Guii.i,axjme) , né à Steenwyk, dans l’Over- 
Yssel, le 5 janvier 1682, termina ses humanités au Collège de 
Kempen,£t fit son cours de philosophie à Lèjde. Il étudia en¬ 
suite la médecine, dans la même école, sous Bidloo et Dekkers, 
et alla prendre le bonnet de docteur à Utrecht. Il pratiquait 
depuis quelque temps avec succès lorsque l’Université de Fra¬ 
neker lui confia une chaire de mathématiques, d’où il passa 
bientôt à celle de médecine, puis à celle de chimie, et enfin à 
celle de botanique. La mort mit fin à ses jours le 19 avril 174-4- 
11 nous reste de lui plusieurs ouvrages, dont le seul qu’on con¬ 
sulte encore est celui dans lequel il a réuni tout ce qui avait 
été dit jusqu’alors sur la texture de la fibre musculaire. Ces 
ouvrages sont intitulés : 


Oratio de usu matheseos in perficiendo ingenio et judicio. Franeker, 
1711, in-fol. 

Elementa physices melhodo mathematicâ démon strata. Amsterdam, 
1711, h}-4°. 

Oratio de theorice uj 


in-fol. 


alque recta, illam excolendi rations. Franeker, 
Dissertatio et observationes de salis ammoniaci prœclaro ad fibres in- 
ignis, coloris et lacis nalurâ. 
iponentibus exstat. 


Dissertationes duœ de maleriâ luminis 
Franeker, 1721, in-j 0 . 

Investigalio fabricœ quce in partibus musculos componei 

Leyde, 1738, in-4 0 . - Ibid. 1741 , in-4 0 . - Ibid. 1751, in-4 0 




NA LD 3i3 

Dissertation sur la perfection du monde corporel et intelligent. Leyde, 
vb.-io.. - Ibid, 1780, in-12. 

Opuscula posthuma. Lonowarde, 1749, in- 4 0 . 

Muys (Jean) , père du précédent, donna dans les chimères de la doc¬ 
trine. chémiatrique. On a de lui : 

Praxis medico-chirurgica ralionalis.hüpzicV, 1684 - 1690 , in-12.- 
Amsterdam, 1695, in-8°.-Trad. en allemand, Berlin, 1699, in-4 0 . 

Fôdalirius reaivivus. Leyde, i683, in-S°. 

Réimprimé avec le précédent (Naples, 1727 , in-4 0 .). (z ) 

MYNSICHT ( Adrien de), médecin et chimiste allemand 
du dix-septième siècle, était attaché à la cour du duc deMeck- 
lembourg, et revêtu de la dignité de comte palatin. C’est à lui 
qu’on doit la connaissance du sulfaté de potasse et de l’éméti¬ 
que. 11 a laissé.un traité de pharmacie, que les médecins ont 
long-temps estimé, et qui contient de fort bonnes choses; mal¬ 
heureusement on est obligé à de pénibles recherches pour les 
trouver au milieu du fatras que l’auteur a ent u sé dans ce livre, 
pour suivre le goût de son siècle. 

Thésaurus et armamentarium medico-chymicum selectissimum , phar- 
macorum conficiendorum ratio propria , laborum experientiâ confirmata. 
Hambourg, i63i , in-4°. - Lubeck , 1606 , in-4 0 . - Ibid. i638 , in-4 0 . 
-Lyon, 1645, in-4°.-Lubeck, 1646, in-4 0 . - Rouen, i65i , in-8°.-Ro- 
terdam, i65r , in-8°. - Lubeck, 1662, in-4 0 . - Rolerdam, 1664, in-8°. 
-Ibid. 1670 , in-8°. - Francfort, 1675, in-8°. - Genève, 1726, in-8°.- 
Hanau, 1726, in-8°. - Trad. en allemand, Stutlgardt, 16S6, in-8°. ; Of- 
fenbach, 1698, in-8°. ; Tubingue , 1702, in-8°. ; Stutlgardt, 1725, in-8°.: 
Ibid. i:38,in-8°. (j.y'l 


N 


N4.LDI (Mathieu ), me'decin du dix-septième siècle, natif 
de Sienne, sé rendit célèbre par ses connaissances daus les lan¬ 
gues orientales, enseigna pendant quelque temps à Pise avec 
beaucoup d’éclat, et devint médecin du pape Alexandre vii. 
Cette haute dignité ne l’empêcha pas de faire des cours à Rome, 
dont il contribua beaucoup à faire fleurir l’Université. 11 mou¬ 
rut en 1682, dans un âge fort avancé. Ses ouvrages sont : 

Sapientis vitale filum , quod philosophicce àc medicce Jacultatis am¬ 
bages publicè ingressurus , herdiçis numcris sibi conglomeravit. Sienne, 
1623, in-4°. . 

Pamphiïia , seu mundi universi amicilia , cui dissidentis philosopho- 
rum opiniones consdiantur et parantur ex re medicâ amiciliœ. Sienne, 

1647, in-4°. 

Regola per la cura del contagio. Rome, i65G, in-4°. 

Annotationes in Aphorismes Hippocralis. Rome, 1667, in-4°- 

Rei medicince prodromi, preecipuorum physiologue problcmalum trac- 
latus. Rome, 1682, in-fol. (z.) 



34 NANN 

NANNONI (Ange) naquit à Jussa, bourg situé à trois milles 
de Florence sur la roule d’Arezzo, en J.'jiS, et mourut en 1790^ 
Dès l’âge de seize ans, il se livra à l’étude de l’anatomie et de 
la chirurgie, et eut pour guide Antoine Benevoli, chirurgien 
en chef, ou, comme on disait alors, premier maître du grand 
hôpital de Sainle-Marie-Neuve de Florence. Nannoni fit des 
progrès très-rapides, et fut envoyé en France pour se perfec¬ 
tionner. Il suivit très~assiduement la pratique des grands hôpi¬ 
taux de Paris, et se rendit à Rouen pour y connaître Le Cat. 
Nannoni étant revenu a Florence, devint chirurgien en chef 
de l’établissement dans lequel il avait reçu sa première instruc¬ 
tion, et il occupa cette place jusqu’à la fin de sa longue car¬ 
rière. Il fut le chirurgien, de son temps, le plus célèbre et le 
plus habile de la Toscane. L’auteur de cet article trouva un 
jour Scarpa (1786) qui semblait chercher quelque chose près 
de l’habitation &a Nannoni. Que cherchez-vous, lui dit-il, ne 
sont-ce pas les Nannoni? Non, répondit le professeur de Pavie, 
je cherche seulement le père. Dans l’opinion de Scarpa, Ange 
Nannoni, et Le Vacher, de Parme, étaient les deux premiers 
chirurgiens de l’Italie. Le public le plaçait déjà, au moins, sur 
la même ligne, et on peut croire qu’il ne l’ignorait pas. Scarpa 
et Nannoni (Laurent) se sont depuis rapprochés et se sont 
donné des gages mutuels d’estime et d’attachement. Nannoni 
acquit une grande fortune , et encore bien qu’il passât pour 
fort intéressé, on vanta sa libéralité envers les indigens. C’était 
un homme d’une sévérité de mœurs qui approchait souvent de 
la rudesse. Son caractère était empreint sur sa physionomie, 
dans son langage, ses mouvemens et jusque dans son costume. 
Dans le monde, où il s’observait davantage, il n’était que 
grave. Au milieu de sa famille, il était aussi craint que respecté. 
Au reste, il ne donna aux siens que de bons préceptes et de 
bons exemples. Ses deux fils, de-l’éducation desquels il s’occupa 
avec beaucoup de sollicitude, embrassèrent la même carrière 
que lui. Ses cinq filles, élevées par une mère vertueuse, de¬ 
vinrent toutes religieuses, et voulurent le rester quand les mo¬ 
nastères furent ouverts. Nannoni ne voulut point attendre la 
mort dans son lit, et quand il la sentit approcher, il reçut, 
habillé et étendu sur un canapé, le savant et vénérable arche¬ 
vêque Antoine Martini qui vint en personne lui administrer 
l’extrême-onction, pour lui témoigner la gratitude des pauvres. 
L’indication des ouvrages d’Ange Nannoni fera connaître le 
genre de mérite qui le caractérisa, et ce que la chirurgie a pu 
lui devoir en Italie au dix-huitième siècle. 

Trattato sopra i mali delle mamelle. Florence, 17^6, in-4 a . 

L’auteur se prononce d’une manière décisive pour la prompte extir¬ 
pation des squirres. 



N AN-N 

’è délia Jistula laet 












N AUD ^ 317 

Cet ouvrage a eu une seconde édition qui parut avec beaucoup d'aug¬ 
mentation en 1793 , même ville et même format. Nannoni en préparait 
une troisième, qu’il eût enrichie d’un grand nomhre d’observations, 
quand la mort le surprit. 

Nannoni a publié encore d’autres écrits peu volumineux et refondus 
dans ses grands ouvrages ; on remarqua dans le temps une brochure de 
quelques pages sur la régénération, dé plusieurs parties et en particulier 
des nerfs , qui a été publiée en latin. ( b. desgenettes ) : 

N AUDE (Gabkiel), l’un des savans les plus recommanda¬ 
bles de son temps, plus connu comme bibliographe que comme 
me'decin, naquit à Paris, le 22 lévrier 1600, se hâta, dès qu’il 
eut terminé ses humanités, d’eœbrasser la carrière de l’art de 
guérir, et alla se faire recevoir docteur à Padoue, en 1626. 
Son 'goût pour les livres s’était manifesté dès Fenfance, et ne 
le quitta qu’à la fin de ses jours, mais l’impériense nécessité 
l’obligea plus d’une fois à y renoncer. Revenu à Paris, l’année 
même de sa réception, il fut chargé par la Faculté du discours 
de clôture des examens pour la réception des bacheliers, et 
bientôt après emmené par le cardinal de Bagni à Rome, où il 
se fit connaître par quelques dissertations sur divers objets 
d’antiquités. Richelieu le rappela, en 164?., pour lui confier 
le soin de sa bibliothèque. Mais ce ministre étant mort peu de 
temps après, Naudé passa au service de Mazarin, pour qui il 
forma cette belle collection de livres devenue si fameuse par 
le choix des ouvrages dont elle se composait. À la mort de 
Mazarin, qui n’avait presque rien fait pour lui, il se trouva 
heureux d’accepter les offres de Christine, reine de Suède ; 
mais le climat de Stockholm ne convenant pas à sa santé, il 
repassa en France, où il mourut k Abbeville te 29 juillet rGS3. 
C’était un homme, très-laborieux, dont l’esprit, supérieur k 
son siècle, embrassait des connaissances aussi étendues que va¬ 
riées. On a beaucoup, vanté sa franchise ; mais on aime a douter 
pour son honneur que cette qualité fût réellement au nombre 
de celles qu’il possédait; car, dans ses écrits politiques, il ex¬ 
cuse toutes les actions du pouvoir, qui ne peut jamais avoir 
tort, suivant lui, puisqu’il n’agit que pour sa conservation, 
maxime horrible qui le conduit à louer le massacre de la Saint- 
Barthélemy,, dont, par la plus pitoyable image, il compare les 
résultats k ceux d’une saignée jusqu’à défaillance qu’un chi¬ 
rurgien, habile pratique pour nettoyer un corps cacochyme de 
ses mauvaises humeurs. Nous ne citerons, parmi ses nombreux 
ouvrages, que ceux qui ont quelque rapport avec l’objet prin¬ 
cipal de cette Biographie. 

Instruction à ta France sur la vérité de thistoire dés frèràs de la 
Rose-Croix. Paris, 1628, in-S°; et in-4°. 

Opuscule curieux et rare. 



318 


9 NEBE 

Apologie pour les grands hommes faussement soupçonnés de masie 
Paris; 1625, in-8°. ° ' 


Cet ouvrage prouve jusqu’à quel point Naudé était ennemi des préiueés 
De antiquitate et dignitate scholœ medicae Parisiensis. Paris, 16*8 " 


Hieronymi Cardani vita. Paris, i643 , in-8°. 

Syntagma de studio liherali. Ürbino, i63a ', in-4°. - Rimini, i6B3, 
in-8°. - Amsterdam, i645,in-i2. 

Defato et fatali vitœ lermino. Genève , 1647 , in-8 0 . (o.) 


NAVIER (Pierre-Toussaint), né à Saint -Dizier, le I er no¬ 
vembre 1712, fut reçu docteur à Reims en 1741, et alla en¬ 
suite exercer la médecine à Châlons-sur-Marne, où il mourut 
le 16 juillet 1779, regretté de tous ses concitoyens. Il s’était 
appliqué principalement à l’anatomie et à la chimie. C’est à 
lui qu’on doit la découverte de l’éther nitrique. Il soutint que 
quand le péritoine est parvenu sur le corps des vertèbres, les 
deux côtés qui s’y rencontrent après s’être joints, forment un 
prolongement transversal, qui vient gagner le mésentère, que 
là ils se séparent de nouveau, et, se prolongeant, l’un d’un 
côté, l’autre de l’autre, ils vont se réunir sur la partie convexe 
des intestins. Cette description, quoique fort exacte, l’engagea 
dans une dispute assez vive. Ses ouvrages sont : 

hetlres sur quelques observations d’anatomie. Châlons, 1751 , in- 4 °- 

heure à M. Hubert, dans laquelle on examine si le péritoine enve¬ 
loppe immédiatement les intestins. Châlons, i75i, in-4°. 

Réplique à la critique de M. Aubert. Châlons , 1753, in-8°. 

Dissertation sur plusieurs maladies populaires. Paris, 1753 , in-12. 

Observations théorétiques et pratiques sur le ramollissement des os en 
Ijénéral, et en particulier sur celui qui a été observé sur la dame Supiot. 

Observations sur le cacao et le chocolat. Paris, 1772, in-12. • 

De thermie Borboniensibus. Paris, 1774, in-4 0 . 

Réflexions sur les dangers des inhumations précipitées, et sur les 
abus de l'inhumation dans les églises. Paris, 1775, in-12. 

Question sur P emploi du vin de Champagne mousseux contre les ma¬ 
ladies putrides. Châlons, 1778, in-8°. 

Précis des moyens de secourir les personnes empoisonnées par les poi¬ 
sons corrosifs. Paris, 1778 , in-8°. 

Contrepoisons de P arsenic, du sublimé corrosif, du vert-de-gris et du 
plomb, avec trois dissertations sur le mercure et l'éther nitreux. Paris, 
1778, 2 vol. in-i2. -Trad. en allemand par C.-E. Weigel,- Gripswald, 
1782 , in-8°. (o.) 


NEBEL (Christophe-Louis), né le 3o août 1738 k Giessen, 
où son père remplissait la charge de physicien, embrassa aussi 
la carrière de la médecine, et après avoir suivi les cours de 
l’Université de sa ville natale, alla terminer ses études à Stras¬ 
bourg, pour se perfectionner surtout dans l’anatomie et les 
accouchemens. Au bout d’une année il entra au service, en 
qualité de chirurgien, dans lés troupès hanovriennes , ce qui 




NEBE , 3i; 

lui fournit l’occasion d’acquérir quelqu’habileté dans la pra 
tique. Revenu à Giessen en 1761, il se fit recevoir docteur 
devint propriétaire d’une pharmacie, et fut, au bout de di: 
ans, nommé professeur à T Université, où il enseigna particu 
lièrement la chirurgie et les accouchemens. Mort le 2 juin 1782 
il a fourni divers articles à l’Encyclopédie allemande publiée : 
Francfort, et laissé les ouvrages suivans : 



Dissertatio de pericardio c.um corde concreto. Giessen, 1778, in- 4 °. 

Dissertatio de osse ileo fracto. Giessen , 1778 , in- 4 °. 

Programma de ossium inflammationibus. Giessen, 1778, in- 4 °. 

Programmata dua de a'èris ejfectihus in morhis chirurgicis. Giessen, 

Programma de synchondrotomiâ. Giessen, 1780, in- 4 °. 

Dissertatio de nuper propositâ sectione synchondroseos ossium pubis in 
partu diffîcili. Giessen, 1780, in- 4 °. 

Neeel (Daniel-Guillaume), né à Heidelberg le I er janvier 1735, 
mort le 3 juillet i 8 o 5 , dans cette ville, où il était devenu professeur de 
chimie et de pharmacie à l’Université, est auteur des ouvrages suivans : 

Dissertatio de potentiis oblique agentibus. Utrecht, 1755 , in- 4 °. 

Dissertatio de magnele artificiali. Utrecht, 1706, in-4 0 . 

Dissertatio de electricitalis usu medico. Heidelberg, 1758, in- 4 °. 

Dissertatio de kœmorroidibus. Heidelberg, 1775, in-4 0 . 

Programma de hcemorrhagiâ pénis enormi ex glandis ulceratione ve- 
nereâ ortâ,féliciter sanatâ. Heidelberg., 1778, in.4 0 . 

Programma de paralysi membrorum , tum superiorum, tum inferiorum , 
■electricitalis ope sanatâ. Heidelberg, 1778, in- 4 °. 

Dissertatio de plumbo. Heidelberg, 1778, in- 4 °- 

Aquœ marlialis muriaticœ Studernkeimenses. Heidelberg, 1779, in- 4 °. 

Dissertatio deferro. Heidelberg, 1780, in- 4 0 . 

Sectio infantis exulceratione enormi in abdomine demortui. Heidel¬ 
berg, 1782, in-4°. 

Programma de ulcéré propè umbilicum sinuosâ in ventriculum péné¬ 
trante , ex quo alimenta effluebant. Heidelberg, 1782, in- 4 ° 

Dissertatio decognitione febrium nervosarum. Heidelberg, 1785, in- 4 °. 

Programmata tria de apoplexiâ ex abcessu cerebri lethali. Heidelberg, 

l ^ntin uatio de abscessibus cerebri à caussd externâ ortis. Heidelberg, 

Programma de lauro ceraso. Heidelberg, 1798, iu- 4 °. 

Nebel ( Ernest-Louis-Guillaume ) , fils de Christophe-Louis, né le 16 
février 1772 à Giessen, nommé, en 1798, professeur à cette Université, 

^Theses medicœ dissertationi inaugurali , morborum cutaneorum anti- 
quitates perluslraturce, prœmissœ. Giessen, 1793, in-8°. 

Dissertatio de morbis veterum obscuris. Giessen, 1794, in-8°. 

Anliquitates morborum cutaneorum. Giessen, 1795, in- 4 °. 

Medicinische Vademecum fuer lus lige Aerzte und lustige Kranken. 
Francfort, 1795-1797 ,3 vol. in-S®. 


3^o NEED 


Memoria L.-J. Iîœpfneri. Giessen, 1797, in-8°. 

Programma de nosôlogid brùtorum cum hominum moriis comparatâ. 
Giessen, 1798, in-8°. 

Programma prof, philos, acad. Giss. conspectum sistens. Giessen, 
1804 , in-8°. 

éaroffr^Utenj". Giessen, i8péfin-4 0 / “ ** s.) ”* 

NECKER (Noël-Joseph), botaniste habile, né dans la 
Flandre en 1729, se livra de très-bonne heure à la science qui 
fit l'occupation et le charme de sa vie entière. Reçu docteur, en 
médecine à Douai, il devint successivement bolanisLe de l’élec¬ 
teur palatin, historiographe du Palatinat, des duchés de Berg 
et de Juliers , et agrégé honoraire au Collège de Nancy. 11 
mourut à Mannheim le 10 décembre 1793. A beaucoup de sa¬ 
voir et de sagacité, il joignait un caractère sombre et mélan¬ 
colique, qui lui faisait supporter impatiemment la critique. 
Hedwig lui a consacré un genre dé plantés ( Neckera) de la fa¬ 
mille des mousses. Outre plusieurs mémoires disséminés dans 
les Actes de l’Académie électorale palatine de Mannheim, il a 
publié : 


gallo-belg.cœ sylvestres , sire tractatus generalis plantarum 
^ carum. Strasbourg, >768, 2 vol. in-12. 

Methodus muscorum. Mannheim , 1771, in-8°. 

Physiologia museorum. Mannheim, 1774, in-8°.-Trad. en français. 
Bouillon, 1775, in.8°. 

Eclaircissemens sur la propagation des filicées en général. Mannheim, 

Traité sur la mycetologie , ou discours historique sur les champignons. 
Mannheim , 1788, in-8“. 

Elementa botanica. Neuwied et Strasbourg, 1791, 3 vol. in-8°.” 

NEEDHAM ( Jean-Ttiberville) , si célèbre par ses observa¬ 
tions microscopiques, naquit à Londres en 1713. Destiné à l’état 
ecclésiastique, il fut.envoyé au Collège anglais de Douai, d’où, 
après avoir terminé ses études, il entra au Collège de Cambrai. 
Ce fut là qu’il reçut' les ordres sacrés. D’abord il enseigna la 
rhétorique dans le Collège où il avait été élève, et ne tarda 
pas à s’y distinguer par sa finesse et sa pénétration. Ayant été 
appelé, en 1740, en Angleterre, par les chefs de la mission 
catholique, il dirigea l-’école de Twyford, et quatre ans après 
alla remplir une chaire de philosophie au CoHége anglais de 
Lisbonne. Mais , comme le climat du Portugal ne convenait pas 
à sa santé, il revint à Londres, où il se fil connaître au public, 
en 1745, par la publication de ses premières découvertes mi¬ 
croscopiques , annonçant un bon observateur. Quelque temps 
après, il vint à Paris, où Buffon, alors accapé à sa Théorie de 
la génération, l’accueillit avec empressement, et lui confia le 




NEED 3 sî 

soin de répéter ses expériences. Needham devint membre de ]a 
Société royale en 17^7? et f |lt le premier-prêtre de la commu¬ 
nion romaine qui obtint celle distinction. La médiocrité de sa 
fortuneTayant obligé de se charger de l’éducation de quelques 
gentilshommes, il eut l’occasion de visiter la France, l’Italie et 
l’Allemagne. Ce fut pendant ces voyages, qu’étant à Genève, 
et voulant répondre aux objections que Voltaire avait présen¬ 
tées contre les miracles, il s’attira la colère du malin philoso¬ 
phe, qui réussit à le couvrir de ridicule, tout en transportant 
la scène sur un autre théâtre, et montrant ce défaut de savoir 
et de critique dont il a fait preuve dans toutes Jes qûeslioris 
relatives à la physique. En 1767, Needham se retira au sémi¬ 
naire anglais de Paris ; mais deux ans après Marie Thérèse l’ap¬ 
pela à Bruxelles pour concourir à Inorganisation de l’Académie 
qu’elle venait d’y fonder. Ce fut là qu’il mourut le.3o décem¬ 
bre 1781. On a de lui : 



Microscopical discoveries. Londres, 1745 , in-8°.- Trad. en français, 
Leyde, 1747, in-12; Paris, 1750, in-12. 

Needham établit que la nature est douée d’une force productive, et 
que tout corps organisé , depuis le plus simple jusqu’au plus composé, 
se forme par végétation. Il entreprend de prouver que les animaux nais¬ 
sent de la pourriture, qu’ils sont formés par une force expansive et ré¬ 
sistante, et qu’ils dégénèrent en végétaux. En général, ses idées sont 


recueil de la Société royale de Londr 
este de lui un ouvrage intitulé t 
de formata fa: tu. Londres, 1667, in-8 







32î NIC 4 . 

NEES D’ESENBECK. ( Chrétien - Godefroy ), docteur e» 
médecine, président de l’Académie impériale des Curieux de 
la nature, et professeur d’histoire naturelle à Bonn, depuis 
1819 , remplissait auparavant la chaire de botanique et la place 
de directeur du Jardin des plantes à Erlangue. Ce médecin, 
qui a surtout rendu de grands services à la botanique, est au¬ 
teur des ouvrages dont les titres suivent : 


Die jilgen des suessen Wassers nach ihreit Entwickelungsstufen dar- 
gestelk. Bamberg, 1814, in-4 0 . 

Das System der Pilzeund Schwaemme. Wurzbourg, 1817, in-4®. 
Avec 46 planches coloriées. 

Synopsis specierum generis asterum herbacearvm. Erlangue, 1818, in-4®. 
Die Éntwickelung der Pflanxensubslanz, jihysiologisch , chemisch und 


Handbuch der Botanik. Nuremberg, 1820, in-8®. 
Entwickelungsgeschichte des magnelischen Schlafs und Traums. Bonn, 
2820, in-8°. 

Horœ physicœ BeroUnenses, collectœ ex symbolis virorum doctorum. 
Bonn, 1820, in-fol. (r.) 


NEUMANN (Gaspabd), de Zullichau, vint au monde le 11 
juillet i683, s’appliqua à la profession de son père, qui était 
pharmacien, et après avoir tenu quelque temps une officine à 
Unruhstadt, en Pologne, vint à Berlin, où il entra dans la 
pharmacie de voyage du roi de Prusse. Après qu’il eut occupé 
cette place pendant sept années, le roi voulut qu’il allât étu¬ 
dier à Halle, et le fit ensuite voyager à ses frais, pour lui 
donner occasion d’approfondir la chimie. Neumann visita l’Al¬ 
lemagne, la Hollande et l’Angleterre. A son retour en Prusse, 
il se lia d’amitié avec Stahl, qui lui fit obtenir la charge de 
pharmacien de la cour, et plus tard une chaire de chimie pra¬ 
tique dans le collège médico-chirurgical fondé à Berlin en 1723. 
La Faculté de médecine de Halle lui accorda le bonnet de 
docteur en 1727. Il mourut le 20 octobre 1737, laissant plu¬ 
sieurs Mémoires dans les recueils de l’Académie des Curieux 
de la nature, de celle des Sciences de Berlin, et de la Société 
royale de Londres, dont il était membre. On a encore de lui : 


Zectiones chymicœ de salibus alcalino-fixis et de camphorâ. Berlin, 
>e succino , opio , caryophyllis aromaticis et castoreo. Berlin, 1730, 
i 7 36, in-4®. (o.) 


NICANDRE, de Colophon, poète, grammairien et méde¬ 
cin, appartenait, en cette dernière qualité, à la secte des em¬ 
piriques, et vivait au temps d’Attale, dernier roi de Pergame. 
Quelques auteurs assurent qu’il était prêtre d’Apollon k Ciaros, 




N ICO 32-3 

Ce médecin s’occupa beaucoup dé matière médicale et de phar¬ 
macie. 11 avait écrit plusieurs ouvrages en vers , dont la plus 
grande partie nous manque. Deux seulement nous restent. Dans 
l’un, Nieandre décrit les animaux venimeux, l’effet de leurs 
morsures et les remèdes qu’on peut employer pour en prévenir 
les conséquences. Dans l’autre, il indique les substances qui cau¬ 
sent la mort, prises à l’intérieur, les symptômes qu’elies produi- 
sent, et les remèdes auxquels on doit récourir contre ces acciderts. 
Comme il était impossible, dans des ouvrages de celle.nature, 
de ne pas nommer beaucoup d’objets d’histoire naturelle, Ni- 
candre parle d’une douzaine de serpens différens - la plupart 
des noms sous lesquels il les désigne sont encore employés au¬ 
jourd’hui, mais Linné les a appliqués d’une manière vague et 
arbitraire, parce que la description dont Nïcandre les a accom¬ 
pagnés ne suffit pas pour les faire reconnaître. On trouve , dans 
cet auteur, une division des scorpions par les couleurs, ce qui 
prouve qu’il en connaissait plusieurs espèces. On y rencontre 
aussi le nom de phalène appliqué pour la première fois à des 
papillons de nuit. Il décrit plusieurs araignées, et autres in¬ 
sectes dont la piqûre peut être nuisible. Il parle de la cantha¬ 
ride comme étant propre à faire lever' des ampoules sur la 
peau. Il nomme le phalangium', la salamandre, la musarai¬ 
gne, etc. Ses ouvrages ne sont cependant pas des traités de vé¬ 
ritable physique. Il n’est pas soigneux dans le choix des re¬ 
mèdes qu’il indique, ni dans la description qu’il donne des 
maladies. Plusieurs des animaux qu’il cite n’ont pas de venin, 
et plusieurs plantes qu’il dit faire beaucoup de mal lorsqu’on 
les mange, sont fort innocentes. Ses livres sont curieux seule¬ 
ment en ce qu’ils nous font connaître le grand nombre de subs¬ 
tances différentes que les anciens avaient recueillies et nom¬ 
mées. Ils peuvent servir aussi pour faire reconnaître un passage 
obscur de quelqu’autre auteur. Mais, du reste, ils sont écrits 
sans critique, et remplis de fables populaires, fort accréditées 
de son temps, où l’histoire naturelle était encore au berceau. 
Ils ont pour titres : Theriaca et Alexipharmaca. On en con¬ 
naît un très-grand nombre d’éditions que nous ne rapporterons 
pas toutes ici. La plus ancienne, en grec (Venise, 1^99? in-fôl. ),. 
fait suite au Dioscoride Lonieer (Cologne, i53i, in-4°.). Jean 
de Gorris (Paris, 154g, in- 8 °.) et Steve (Valence, i 5 o 2 ’ 
in- 8 °.) les ont traduits en latin, Cordas en vers latins (Erford, 
1572 , in-4°.j, et Jacques Grevin en français (Anvers, 1567 / 
in- 4 0 .). Schneider en a donné une très-bonne édition grecque, 
avec le commentaire d’Euteichnius (Pâlie, 1792, in- 8 °.). 

( a.-j.-l. jourdan) 

NICOLÂi (Ernest-Antoine), né à Sondershausen, le 7 sep¬ 
tembre 1722, commença-ses études dans cette ville, et alla les 



3a4 N ICO 

terminer à Halle, qui tenait alors Je premier rang parmi le* 
universités de l’Allemagne. Le célèbre Wolf fut celui des pro¬ 
fesseurs auquel il s’attacha le plus particulièrement, et dont il 
adopta le Système mathématique, qu’il essaya de faire servir à 
l’explication des phénomènes de la vie. Tjne thèse, dans la¬ 
quelle il cherchait à rendre raison des sensations produites par 
les sons, d’après les lois de la mécanique, et qui fut suivie de 
divers autres opuscules non moins remarquables, fixa sur lui 
l’attention du public, dp sorte que le roi de Prusse le nomma 
professeur extraordinaire. En 17^8 » il quitta Halle pour passer 
à Iéna, où il fut long-temps le doyen de l’Académie. Depuis 
lors il sembla renoncer à la passion presqu’exclusive que les ap¬ 
plications des mathématiques à la médecine lui avaient d’abord 
inspirée, et devint éclectique. Mort le 23 août 1802, il a laissé 
Beaucoup d’ouvrages, dont voici les titres : 

Gedanken von den Wirkungen der Einbildungskraft im menschli- 
chen Koerper. Halle, 1^44 , in-8°. - Ibid. 1760, 

Die Verbindûng der Musik mit der Arzneygeldhrheit. Halle, 1745, 


Gedankenvon der Erzeugungdcs Kindes in Mutterleile. Halle, 1746, 
in-8“. 

Abhandlung pon der Schoenheit des menschlichen Koerpers. Halle, 

1746,10-8°. 

Metliodus concinnandi formulas medicamentorum. Halle, 1747, in-8°. 
Gedanken von Tkraenen und IVeincn. Halle, 1748, in-8°. 
Bemiiekungen in clem theoretischen und praktischen Thfiile der Arz- 
-neywissenschafl. Halle, 1748, u*£°. 

Gedanken von der Erzeueuns der Steine im menschlichen Kcerper . 
Halle, .749, in-8°. 

Gedanken von der Erzeugung der Missgeburten und Mondskaelber. 
Halle, 1749, in-8° 

Dissertatio de spissitudine. Halle, 1749, in-4°- 

Sys’.ema materiæ tnedicœ ad praxim applicatœ. Halle, 1750-1752, 

2 vol. îd-4 °. 

Fersuch einer Lehrgebaeudes von den Fiebern uelerhaupt. Halle, 1751, 
in-r8 a . 

Fenheidigungseines Lehrgebaeudes von den Fiebern.EeWc, 1754,10-8°. 
Abhandlung von Féhlern des Gesichts. Berlin, 1755 , in-8°. 
Dissertatio sistens hydropis patholosiam. Iéna, 1734, in-4°. 
Theoretisch-und praklische Abhandlung von kallen Fiebern. Copen¬ 
hague , ie58,in-8°. 

Gedanken von der Perwirming des Fers tardes, dem Rasen und Fhan- 
tasiren. Copenhague, 1788, in 8°. , 

Programma dé sensatione ac sensibilitate. Iéna, 1758, io;4 0 - 
Dissertatio de dolore. Iéna, 1768 , in-4°. 

Ratio structurée quarundam auris partium. Iéna, 1760, in-4°. 
Programmât? tK.d&getwinâ arthritidis notione. Iéna, 1760, in-4®. 
Dissertatio (le irritalione. Iéna, 1760, in-4°. 

Dissertatio de stidore , ut signa. Iéna, 1760, in-4®. 




NICO 


3a5 


Dissertatio de cabris fehrilis ejfectibus. Iéna, 1766, in- 4 ®. 

Dissertatio sistens genuinam cachexiœ indolent . Iéna, 1760, ih- 4 *. 
Dissertatio de açrimoniœ in corpore humano existentis actione , causi» 
et ejfectibus. Iéna , 1760 , ih- 4 °. 

Dissertatio de obstructione mesenterii, ut causa mutiorum morborum 
variorum. Iéna, 1760, in-4°. 

Dissertatio de tono. Iéna, 1761, in- 4 °> 

Dissertatio de pulsibus. Iéna, 1761, in- 4 ”. 

Dissertatio de congestionibus. Iéna , 1761 , in- 4 ®* 

Dissertatio de secretione corporis humani in genere. Iéna , 1762, in- 4 *. 
Dissertatio de gcnesi ebrietatis. Iénâ, 1763 , in- 4 "* 

Dissertatio de habita faciei , ut signo. Iéna , 1763, in- 4 °. 

Dissertatio de orlu effecluum , imprimis febrium ex irritàtione. Iéna, 
1763 , in-4°. 

Dissertatio de catarrho suffocativo. Iéna, 1763, in- 4 ®. 

Dissertatio de derivatione ac revulsione. Iéna , 1763, in-4°. 

Dissertatio de diversis doloris capilis speciebus. Iéna, 1763 , in- 4 ®. 
Dissertatio de quibusdam excretionis urinœ-viliis . Iéna, 17G4 , in- 4 ®- 
Disserlatio de mixtione corporis humani. Iéna, 1762, in If. 
Dissertatio de lethalitate vulnerum in genere. Iéna, 1765, in- 4 °. 
Dissertatio de venœsectione exanthematum eruptionem promovenle ae 
impediente. Iéna, 1765, in- 4 °. 

Dissertatio de curatione febrium per vomitum. Iéna , 1762 , in- 4 ®. 
Dissertatio de methodo fibres intermittentes curandi. Iéna , 1766, iri- 4 ®. 
Dissertatio de redilu hœmoptyseos prœcavèndo. Iéna, 1766, in- 4 °. 
Dissertatio de prœstantiâ methodi antip/ilogisticœfebtes continuas cü- 
randi. Iéna , 1767, in-4 0 . 

Dissertatio de purpura. Iéna , 1767 , in-4 0 . 

Dissertatio de spasmi ejfectibus. Iéna , 1767 , in- 4 °* 

Dissertatio de oleorum expressorum virtute ac usu. Iéna , 1768 , in- 4 "* 
Dissertatio de putredine. Iéna, 1769, in- 4 °. 

Pathologie, oder JVissenschajt von Krankheiten. Halle , 1769-1784, 
g vol. in-8°. 

Dissertatio de diabete. Iéna , 1770, in- 4 °. 

Dissertatio de quibusdam ad apoplexiam speclantibus, Iéna, 1771 , 




ttio de cucurbitularum ejfectibus et usu. Iéna, 1771, in-4 0 . 
Dissertatio de naturâ phrenitidis ac paraphrenitidis. Iéna, 1772, in- 4 *- 
Dissertatio de Jebribus malignis. Iéna, 17.72 , in-4 0 . 

Dissertatio de carie ostium. Iéna, 1772, in-4 0 . 

Dissertatio de vitiis fluidorum corporis humani in genere. Iéna, 1772, 

Dissertatio de curatione nimiœ in puerperis hcemorrhagice ex uterc. 
Iéna, 1773, in- 4 °. 

Programma de diabete ex spasmo. Iéna, 1773, in- 4 °. 

Dissertatio de famé naturali et prœter naturam auctd. Iéna, 1774, in-j u - 
Dissertatio de nyctalopiâ et hemerabpiâ, visu simplici ac dnplici. 

Iéna , 1774 , in- 4 °* 

Dissertatio de anthelminticis. Iéna, 1775 , in- 4 °. 

Dissertatio de viribus ac usu mercurmlw.nl. Iéna , 1775 , in* 4 °. 
Dissertatio de ulilitate et necessitaleparacenteseos thoracisiléoe, 1772, 

Dissertatio de generatione cltyti. Iéna, 1776, in- 4 °. 

Programma dé causa, car ferrum per cuprum prœcipitelur. Iéna, 17764 

in- 4 °. , 

Dissertatio de causis cataractœ exlernis. Iéna, 1776, in- 4 ”. 






o de fibribus gas 
Christophe ), né 


•dicinœ. Altdorf, i 64 i, in-/j c 

as. Altdorf, 1644 > in- 4 ° ; 


nstarum hoplor.hrismalo. Altd< 
tdia la médecine à Strasbourg . 


Disserlatio de directinne vasorum ad modificandum sanguinis circulum 

Strasbourg , 1725, in- 4 ô j; ( a.-j.-l. 1 . ) 

MGRISOLI (François-Marie), né a Ferrarc, en i 6 t[B : 
étudia la médecine sous la direction de son père, et acquitdci 
connaissances si étendues, qu’il mérita, peti de temps après ss 
promotion au doctorat, d’être nommé médecin de la petite 
ville de Comacchio. A peine exerçait-il cet emploi depuis troii 
ans, que l’Université de Ferrare le rappela pour.remplir h 





jVÜCK 3 s j 

«haire d’anatomie, d’où il passa successivement à celles de 
théorie, de pratique et de philosophie. Mort le 10 décembre- 
1727, il a laissé un grand nombre d’ouvrages : 


Deir anatomia chirurgien délie glandole. Ferrare, i68r-t6Ss, in-S®. 
Sous le nom de François-Marie Giiio. 

Observaliones ad anchoram saucialorum. Ferrare, 1687, in-8*. 

Sous le nom de Jean-Conrad Weber. 

Febris china chinœ expugnuta, seu illas trium aliquol virorum opuscule,, 
quee veram tradunt rnethodum febres chind ckince curandi. Ferrare,. 
J 787, iss-^ 0 . - Ibid. 1700, in- 4 ®. 

Anonymi iraclalus varii de mnrbis , ad recentiorum mentent cen - 



NUCK (Antoine), anatomiste assez célèbre du dix-septième 
siècle, était des Pays-Bas. Il exerça d’abord la médecine à La 
Haye, et passa ensuite à Leyde, où il remplit la chaire d’ana¬ 
tomie et de chirurgie, et parvint à la présidence du College des 
chirurgiens. Il mourut vers i>6g2, laissant les ouvrages suivant : 









3 a 8 NUNN 

Operationes et expérimenta chirurgien. Leyde, 1692, in-8". - Ibid. 
ï6i)Ü, in-8°.-IéDa, 1698, in-8°.-Leyde, \lll\ ,in-8°. - Ibid. 1733,10-8°. 
-Trad. en allemand, Lubeck, 1709, in-8°. 

Ce traité de chirurgie renferme de bonnes choses. 11 se termine par une 
«lisserunion sur la transfusion, dont l’auteur était partisan, et par quatre 
planches représentant des instrnmens de son invention. (o.) 

N UER.iYBER.GEK (Chrétien-Frédéric), professeur d’ana¬ 
tomie et de botanique à Wittenberg, naquit à Zwickau, en 
ï 7 44 . Après de bonnes e'ludes, il résolut d’embrasser la car¬ 
rière de la médecine, et se rendit à Wittenberg, où là généro¬ 
sité de Boehmer répara les toi ts de la fortune envers lui. Ce 
maître habile, qui l’avait pris en amitié, contribua beaucoup à 
le faire connaître dans le public et à lui procurer une clientèle 
lucrative. JYuernberger, devenir professeur, remplit sa chaire 
avec assiduité, mais sans beaucoup,d’éclat, et se fit plutôt re¬ 
marquer par son excellent caractère que par l’étendue ou la 
variété de son savoir. Il mourut le 26 février 179Ô, laissant : 

Dissertatio de damais ex laclatione nimium prolraclâ. Wittemberg, 
1773, in-ij". • . _ . 

Observ/.tiones anatomico - physiologiste super glandulis conglobatis. 

WilLemberg, 1780, in- 4 °. 

Programma de sympathie œcônomiœ animalis. Wittemberg, 1782, 

De incremenlis j 4 cademiœ Wittebergensis ex liberalitate medicorum. 

Wittemberg, 1783, in- 4 °. 

'Programma de organorum et actionum sexüs in œconomiâ animait et 
vegetali analogiâ. Wittemberg, 1784 , in- 4 °. 

Programma de chirurgiâ recentiorum absolutam vulnerum lelhalita- 
lem capitis prœcipuè non injringente. Wittemberg, 1784, in- 4 °. 

Programma de licjuore gaslrico et enterico , eorumque organo seere- 
torio singulari. Wittemberg, 1785, in- 4 °. 

Dissertatio de justâ Jœminarum lactatione magno sanitatis præsidia. 
Wittemberg, 1786-1787, in-4 0 . 

Programrnaia II de unguium et pilorum sorte postfata . Wittemberg, 
*787 , in- 4 °. 

Programma de vitâ fœtuum excludendorum per manum obstetricantem 
ex ossium fractura non périclitante. Wittemberg, 178S, in- 4 °. 

Programmata IV causarum morbificarum criteria. Wittemberg, 
1790, in4°. . . 

Tnga observationum anatomtcarum, necessariam et perutilem incar- 
oerationum.dislinclionem confirmanüum. Wittemberg, 1792, in* 4 °. 

Epicrisis remediorum in herniarum incarcerationibus commendatorum-. 
Wittemberg, 1793-1794, in- 4 °. 

Racemalio epicriseos venœsectionum în herniarnm incarcerationibus 
commeitdatarum, Wittemberg, 1794, in- 4 °- -= 

Programmata II de nœvis quibusdam politiæ medicœ academiis ple- 
rurnque adhœrentibus. Wittemberg, 1794, in- 4 °. (z.) 

jVUNNEZ (Ambroise), docteur en médecine, chevalier de 
l’ordre du Christ, naquit à Lisbonne. 11 abandonna la chaire 
de pathologie interne de l’Université de Salamanque, dont il 
avait été revêtu quelque temps auparavant, et se rendit suc- 







33© OBER 

dier à Paris en i 7Ç)4- Il obtint au concours, en 1798, la place 
d’aide d’anatomie. En 1803, il fut adjoint à la commission mé¬ 
dicale envoyée en Espagne pour observer la fièvre jaune. En 
1804, il fut chargé d’aller dans le midi de la France rechercher 
les causes d’une épizootie qui sévissait, sur les vers à soie. Halle 
se l’adjoignit ensuite dans la rédaction de ses articles d’hygiène 
et de physique médicale du Dictionaire des sciences médicales, 
et le fit plus tard nommer médecin de l’hôpital des Eufans. 
Nysten mourut d’apoplexie le 3 mars 1818, regretté des ami* 
que lui fit la douceur de son caractère, et laissant les ouvrage* 


1810, a e édition ( avec M. Capuron, seul autei , . , 

1806, in-8°. ). - Paris, 1814, in-8°. (avec le nom de Nysten seulement), 
-Paris, 1824, in- 8 ®., augmenté par M. Brieheteau. 

Traité de matière médicale par Schmlgué. Paris, 1809, 2 vol. in-8®. 

Les additions seules sont de Nysten. 

Recherches de physiologie et de chimie pathologique pour foiré suite 
à celles deBichat sur la vie et la mort. Paris, i8ti, in-8°. 

Quelques-unes de ces recherches offrent un véritable intérêt. 

Manuel médical de Schwilgué. Paris, i8i4> in-12 .-Ibid. 1816, in-8®. 

Les additions seules sont de Nysten, quoique la dernière édition ne 
porte que son nom. (r.-s-. boisseau): 


OBERE. AMP (François-Joseph) , né à Amorbach en 1710, 
fit ses éludes à Würzbourg, et prit le litre de docteur en mé¬ 
decine à l’Université de cette ville. Ayant fait ensuite un voyage 
en France et dans les Pays-Bas, il obtint a son retour la charge 
de médecin de l’évêque de Spire, qu’il conserva jusqu’en 1742, 
cpoque où il fut nommé professeur de médecine à Wurzbourg, 
et médecin d’un hôpital. Six ans après, il eut une chaire de mé¬ 
decine pratique et de botanique à f Université de Heidelberg, où 
il termina sa carrière en 1768, laissant les opuscules suivans : 

Systema tkeorelico-practicum physiologiam, pathologiam et therapiam 
jaugeas. Nuremberg, 1737 , in-8®. 

Dissertatio de mutatione esculentorum 7 poculentorum. Würzbourg, 

1743, in-4®. 






OBER 

Dissertatîo de variolarum, prœprimis malignarum. 
one. Warzbourg, 174® > >n- 4 °. 

Mechanisnms, sive,fabricu intestinorum lenuium, 
icus usus. Würzbourg, 1747 1 ij?- 4 °- 
Dlsscrtatio de febribus malignis. Wurzbourg, 1748 ! 
Nephritidis injlammatoriœ idea , caussœ, symptôme 





OBERNDQERFEER (Jean), célèbre médecin allemand 
du dix-septième siècle, fit dt: grands voyages, et passa plusieurs 
années en Italie. Après avoir pratiqué pendant quelque temps 
son art à Graetz, en Styrie, il vint remplir la place de physi¬ 
cien à Ratisbonne. Plusieurs princes d’Allemagne l’avaient at¬ 
taché à leur cour. Il était revêtu aussi du titre de comte palatin. 
Quoique partisan de la secte chémiatrique et des médicamens 
chimiques, il traita Ruland et ses arcanes avec peu de ménage¬ 
ment. Qn a de lui : 



OBICIUS (Hippolyte) , médecin des seizième et dix-sep¬ 
tième siècles, enseigna d’abord dans l’Université de Ferrare, 
sa ville natale, et alla ensuite remplir une chaire à Bellune. 
Fier de sa profession, il écrivit .pour démontrer qu’elle doit 
avoir le pas sur celle d’avocat. Du reste, il partageait, en mé¬ 
decine, les principes de l’école iatro-rnalhémalique, et prescri¬ 
vait indistinctement du vin à tous les malades atteints delà 
fièvre. Outre un petit opuscule dans lequel il cherche à prouver 
l’inutilité des recherches pénibles deSauctorius, et qu’on trouve 
à la suite de la Médecine statique de ce dernier, il a publié, en 
faveur des dogmes de sa secte, un ouvrage intitulé : 

latrostonomicon. Venise, 1618 , in-4 0 . 

Son discours sûr la noblesse de la médecine a pour titre : 

DiaLogus de uohililate medici. Venise, iGo 5 , in /j 0 - (o.) 

OCCON (Adolphe), né à Brixen dans le Tyrol, en i4g4, fit 
ses études dans les Universités d’Italie, et prit le grade de doc¬ 
teur en médecine à Bologne en i5tç). Etant ensuite venu s’éta¬ 
blira Augsbourg, il ne tarda pas à être nommé physicien et 
médecin de l’hôpital de celte ville, dans laquelle il exerça l’art 
de guérir avec beaucoup d’éclat pendant plus de cinquante ans. 






OCEL 33S 

îl mourut en à l’âge de soixante-dix-sept ans. Nous n’a¬ 

vons de lui qu’un petit traité, dont beaucoup de bibliographes 
font mal à propos honneur à son fils, et qui a pour titre : 

Wah die Pestilentz an sich sclbst sey, mit îhren Ursachen und Arz- 
neyen. Augsboorg, i 535 , in- 4 °. 

Occon ( Adolphe ), parent du précédent, né à Oslerhusen, dans l’Ost- 
Frise, en i 447 » mort à Augsbourg en i 5 o 3 , fut médecin de Sigismond, 
archiduc d’Autriche. 

Occon (Adolphe), fils du premier Occon, vint au monde à Augs¬ 
bourg le 17 octobre i 524 - Reçu docteur à Ferrare en i 54 g, il revint dans 
sa ville natale, dont il fut nommé médecin pensionné en i 564 - Quoique 
d’une faible constitution, il fournit une longue carrière, puisqu’il ne 
mourut qu’en 1606. Il avait une prédilection particulière pour la rhu¬ 
barbe, et la vantait comme un préservatif contre toutes les maladies. 
Il brilla surtout par la connaissance de la langue grecque, dont il rendit 
l’usage plus commun en Allemagne. En même temps que la médecine, 
il cultivait les antiquités et la numismatique. Ses ouvrages sont : 

Pharmacopœa , seu medicamentorum pro republied Ammstanâ. Vienne, 
xSjl» in-fol. - Ibid. i 58 o , in-12. - Ibid. i5q 7, in- 4 °. -Ibid. i 6 i 3 ,in-fol. 

- Ibid. 1622, in-fol. - Ibid. 1640, in-fol. - Gonda, i 653 , in-8°. -Vienne , 
1673, in-8°. - Ibid. 1684 5 in-fol. - Ibid. i 6 q 4 , in-fol. - Ibid. 1710, in-fol. 

- Ibid. 1734, in-fol. 

Imperatorum romanorum numismata à Pompeio M. ad Heraclium. 
Vienne, 1601, in- 4 °. - Milan, i 683 , in-fol. 

Epistala grœca de oxymeHheliebarato, aliisque ad rem medicam spec- 
tantibus ; 

Dans le second livre des Lettres de Gesner. 

On trouve aussi quelques lettres de lui dans la collection de Scholtz. 

(*•>■ 

OCELLES DE LUCANIE, florissait dans la grande Grèce,- 
cinq siècles avant l’ère vulgaire. Parmi les divers ouvrages 
qu’on lui attribue, il en est un qui traite de la nature de l’uni¬ 
vers ( wepi r tif tov oretvTof çutrear ). L’authenticité de ce livre est 
douteuse, et l’analogie de la doctrine qu’il renferme avec celle 
d’Aristote, jointe au dialecte dans lequel il est écrit, le font 
généralement attribuer aujourd’hui à un auteur plus moderne- 
Quoi qu’il en soit, ce traité est fort curieux, parce qu’on né peut 
guère douter qu’il ne renferme quelques vestiges du système 
original des pythagoriciens. Son but est de prouver que l’uni¬ 
vers n’a pas commencé et ne peut finir, qu’il est immuable, et 
que ses parties seules changent de rapports, ou subissent des 
combinaisons nouvelles. Ce traite', dans lequel on croit quel¬ 
quefois découvrir le germe du système de Spinosa, a été publié 
pour la première fois à Paris en i53g, in-4°, Il en a paru une 
autre édition (Paris, i555, in-8°.) Nous en devons une traduc¬ 
tion latine à Nogarpla (Venise, 155g, in-8°.). L’édition la plus 
récente el la plus estimée du texte est due à M. Rudolph 
(Lcipzick, 180 i, in-8°.). Le marquis d’Argenset l’abbé Batteux 
ont traduit tous deux l’ouvrage en français. (j.) 





ODDI (Odd odegli), ou Oddo de Oddis, médecin italien, 
issu d’une famille originaire de Pérouse, naquit à Padoue en 
1478. Dès I’an;r5i8, il donna des leçons publiques de philo¬ 
sophie dans les écoles de sa patrie , mais il abandonna cette 
chaire pour se rendre à Venise, où il exerça la médecine avec 
tant de réputation, que les magistrats le chargèrent bientôt 
d’aller l’enseigner a Padoue, en lui accordant une des premières 
chaires de cette Université célèbre. Son attachement servile 
aux idées du médecin de Pergame lui fit donner le surnom 
d’âme de Galien, 11 mourut en x558, le 5 février, laissant les 
ouvrages suivans : . 


de componendis medii 


Padoue, 


ODIER (Lotus) naquit à Genève le 17 mars 1748. A l’exemple 
de plusieurs de ses compatriotes, qui n’ont pas toujours sù se 
défendre d’un peu d 'anglomanie relativement aux sciences, il 
fit ses études dans l’Université d’Edimbourg, académie où les 
habitudes de son esprit s’établirent avec assez de force pour le 
rendre étranger dans la suite aux progrès dont la médecine fut 
redevable en France aux nouvelles Ecoles de Paris, Montpel- 





OEDE 335 

lier et Strasbourg. Odier fut reçu docteur eu 1770; sa carrière 
médicale àGenève commença en 1773 , et ne fut véritablement 
interrompue qu’à la mort, qui vint le frapper dans un âge où 
il pouvait encore rendre de grands services. Ses premiers 
écrits furent consignés dans un journal hebdomadaire qui se 
publia à Genève dans la deuxième moitié du dix-huitième siècle. 
Des travaux plus considérables, et plus analogues à sa profes¬ 
sion, vinrent enrichir la Bibliothèque britannique , dont il de¬ 
vint un des principaux collaborateurs. Le professeur Odier, 
qui doit être compté parmi les philantropes les plus zélés du 
dîx-huitième siècle et du dix-neuvième, eut une part très-active 
à la propagation de la vaccine sur les divers points du conti¬ 
nent. L’ouvrage périodique que nous venons de citer, lui offrit 
pour cet objet de grands avantages, dont il sut profiter avec 
autant de zèle que de talent. Un peu plus tard, il publia dans 
la même collection, et sous le litre de Manuel de médecine 
pratique, les leçons qu’il avait faites, en remplissantune chaire 
jadis occupée parTronchin, et qui avait principalement pour 
objet de donner plus d’étendue et de solidité à l’instruction mé¬ 
dicale des officiers de santé répandus dans les campagnes./Il a 
composé encore quelques autres écrits, et donné des preuves 
d’une vie laborieuse, sans avoir toutefois contribué d’une ma¬ 
nière directe aux progrès des connaissances médicales. Après 
avoir exercé la médecine pendant près d’un demi-siècle dans sa 
patrie, il succomba presque subitement, le i3 avril 1817, à 
une attaque d’angine de poitrine. ( mobeau de la sarthe) 

OEDER (Geor.ges-Louis), médecin et botaniste, né à Àns- 
pach, le 3 février 1728, fit ses éludes à Gcettingue, et pratiqua 
d’abord l’art de guérir à Sleswig. La recommandation de Haller, 
qui avait distingué son mérite, le fit appeler à Copenhague,.en 
1752, pour remplir la chaire de botanique. Le désir de bien 
connaître les plantes du Danemarck et de la Norwège lui fit 
entreprendre plusieurs voyages dans les deux royaumes; mais 
il ne s’occupa pas seulement des végétaux, dans ces excursions; 
il fixa aussi son attention sur l’économie politique et les finan¬ 
ces, qui finirent par l’enlever à la botanique en 1770. Chargé 
d’abord de plusieurs missions importantes, il obtint la con¬ 
fiance entière de Slruensee, qui le fit nommer conseiller des 
finances et président du conseil des revenus de la Norwège. A 
la mort du ministre, il occupa la place de bailli à Oldenbourg. 
Son activité lui fit entreprendre le cadastre général du duché ; 
mais la mort qui le surprit en 1791, le 28 octobre, ne lui per¬ 
mit pas de terminer cette opération. On a de lui : 

Disserlatio de dérivations ac revulsione per venœseclionem. Gcettingue, 




turelles. Son non 
de la famille des 


genre de plantes 


OELHAF (Joachim), né à Dantzick le 26 février i6o3, 
étudia la médecine dans diverses Universités de l'Allemagne , 
et prit le grade de docteur à Montpellier en 1600. Il remplit 
ensuite la charge de physicien dans sa ville natale, où il en¬ 
seigna de plus l’anatomie, et mourut le 20 avril i63o. Nous 
avons de lui : 


Dissertatio dejœtu kumano. Dantzick, 1607, in- 4 °. 

De usu ventriculorum eerebri. Dantzick, 1616, in-4°. 

De seminario pestilenli irttrà corpus mvum latitante. Dantzick, 1626, 
in-4 0 . - Francfort, i638, in-4°. 

An ventriculi actio primaria sit chylosis ? Dantzick, i63o, in-4°. 

Oeuhap {Nicolas), antre médecin de Dantzick, a laissé l’ouvragé 

Elenchus plantarum circà Dantiscum suâ sponle nascenlium , earum- 
que synonyme lalina et germanica, loca natalitia, jlorum tempora et 
vires exhibens. Dantzick, 1643, in-lf.-Ibid. i656, in-4°. (z.) 

OETINGER (Ferdinand-Christophe), savant médecin al¬ 
lemand, né à Goeppingen en 1719, étudia la philosophie à 
Tubingue, puis la médecine à Léipzick et à Halle. Après avoir 
obtenu les honneurs du doctorat, il pratiqua pendant quelque 
temps à Statigard eta Urach. Nommé ensuite physicien à Na- 
gold, puis à Urach et à Munsingen, % il fut, en 1759, investi 
d’une chaire de médecine à Tubingue. La mort l’enleva le 10 
avril 1772. Le principal objet de ses recherches fut l’applica¬ 
tion de l’histoire naturelle et de la chimie à l’économie rurale, 
et il fit k cet égard divers essais dispendieux, dont le succès 
couronna plusieurs. Il se montra également infatigable dans la 
pratique et dans l’enseignement. Nous avons de lui : 

Dissertado de belladonnâ , tamquam specifico incancro. Hélie, 1789, 

Dissertatio de cinnabari exsuie, reduce in pharmacopoliam. Tubin¬ 
gue, 1760, m-4°. 

Dissertatio de problemate practico , an ackorum insîtio, imitando va- 





oliy 337 

riolarum insitionem, pro curandis pueritiœ morbis rebellibus tutô lentari 
possit? Tuhingue, 1762, in- 4 °. 

Dissertatio de prœjudiciis et erroribus quibusdam circà usum acidula- 
rum consuelis, inveteratis. Tubingue, 1770, in-40. 

On ne confondra pas ce médecin avec 

Oettinger ( Jean-Charles ), professeur à l’Université d’Erfurt, né le 
2 juillet 1737 , dont on a : 

Dissertatio de febribus acutis intestinalïbus, incolis oppidi Mega-Soem- 
merdœ endemiis. Eriurt, 1767, in-4°- 

Programma de febribus ab iniliojèrè mensis decembris 1771 per annum 
1772 jK rfordiœ inque êjus confiniis epidemicè grassantibus. Érfurt, 1772, 
in-4°. ( J 0 

O’HALLORAN (Sylvestre ), chirurgien anglais, mort à 
Limerick, en 1807, âgé de soixante et dix-neuf ans, avait fait 
ses études à Paris et à Londres. On a de lui un ouvrage intitulé: 

Critical and anatomical examinalion of Oie parts immediately inleres- 
tedin lhe operation ofthe cataract. Londres, 1790, in.8°. (z.) 

OLIVIER (Guillaume-Antoine), moins connu comme mé¬ 
decin que comme naturaliste et comme voyageur, naquit près 
de Toulon le 19 janvier 1756. Dès l’âge de dix-sept ans , il fut 
reçu médecin en la Faculté de Montpellier. Cette existence mé¬ 
dicale , dans un âge aussi peu avancé, était plutôt un titre qu’une 
profession. Notre jeune médecin ne cessa point de se regarder 
eomme le disciple de ses maîtres, et principalement de Gouan 
et d’Auguste Broussonet, qui lui donnèrent les premières le¬ 
çons. Un peu plus tard, en 1783, et par le crédit de Brous¬ 
sonet, il fut appelé à Paris pour s’occuper d’une énumération 
des principales productions des environs de cette capitale, des¬ 
tinée a faire partie d’une description statique très-étendue; 
à peu près dans le même temps , il fut porté à s’occuper d’une 
manière spéciale de l’entomologie par un amateur qui le 
choisit, sur la recommandation de Daùbentôn, pour écrire une 
histoire générale des insectes; enfin, à la même époque, il 
fut chargé, pour l’Encyclopédie méthodique, del 'entomologie, 
qu’il avait conduite jusqu’à la lettre E, àl’époque oùson voyage 
pour l’Orient futentrepris. Au début de la révolution, il avait été 
électeur, et s’était fortement opposé à la nomination de Robes¬ 
pierre. Cette circonstance lui fit désirer de quitter Paris, lorsque 
le farouche tribun, érigé en dictateur, faisait tomber tant de 
têtes élevées, et menaçait toutes les existences. Le ministre 
Roland, qui jouissait encore d’une grande influence, lui fournit 
les moyens d’une évasion honorable en le faisant nommer lui 
et Bruguières pour un voyage dans les parties les moins connues 
et les plus reculées de l’empire ottoman. Les difficultés de ce 
voyage furent sans nombre; et, au milieu de tous les ohsta- 
cles,Olivier ne put arriver à Constantinople qu’à la fin de mai 
1793. Il y demeura assez long-temps sans aucun caractère, sans 
vi. 22 



338 OPSO 

aucun secours, et cherchant cependant b se rendre utile et à servir 
les sciences par différentes excursions sur les côtes de l’Asie- 
Mineure, dans quelques îles de l’Archipel et en Egypte. A 
Santorin, Olivier et Bruguières découvrirent une carrière d’ex¬ 
cellente pouzzolane, ce qui devenait d’un grand intérêt poul¬ 
ie gouvernement turc, occupé alors de constructions considé¬ 
rables dans ses ports.Pour servir ce gouvernement dans l’intérêt 
de sa patrie, Olivier donna, sans résultat, une preuve très-ho¬ 
norable de désintéressement en refusant l’argent que lui offrirent 
les habitans de Santorin et des marchands arméniens, les uns 
pour cacher le secret qu’il avait découvert, lès autres pour en 
obtenir la connaissance. A Candie, Olivier et son compagnon 
de voyage ne purent obtenir du pacha la permission de visiter 
l’intérieur du pays, n’ayant pu donner cinq cents piastres pour 
cette permission. Dans ses excursions, Olivier rassembla un 
assez grand nombre d’animaux et de plantes, et au moment où 
il publia son voyage, tout ce qu’il raconta de l’Egypte inspira 
le plus grand intérêt.' 

Arrivés à Constantinople, lesdeux voyageurs y reçurentune 
mission poiir aller parcourir la Perse, à l’abri et avec les avan¬ 
tages d’un caractère respectable. La guerre existait alors entre 
celle belle partie de l’Orient et la Russie; elle avait com¬ 
mencé par l’invasion de la Géorgie et la prise de Teflis, capi¬ 
tale où tous les Russes qui s’y trouvèrent furent massacrés. La 
situation de l’Europe, à cette époque, fit attacher de l’impor¬ 
tance à cet événement, et devint le motif qui porta le gouver¬ 
nement à envoyer Bruguières et Olivier auprès du roi de Perse. 
La Porte se montra aussi favorable qu’elle le pouvait à celte 
mission.- Olivier se rendit à sa nouvelle destination, et, se di¬ 
rigeant par la Syrie, visita les ports de Sidon et de Tyr, et se 
joignit dans Alep' à une caravane qui se rendait à Bagdad. 
Arrivé dans cette ville, il partit pour Constantinople, et revint 
en France, où il mourut le n août 1814. 

Son voyage, en trois volumes in- 4 °., publiés de 1802 à 1807, a joui 
d’un grand succès. C’est le seul qui fasse bien connaître, à l’époque où 
il a paru, l’état de la Perse. (moreau de la sarthe) 

OPSOPAÉUS (Jean) , de Bretlen , dans le Palatinat, vint 
au monde le 25 juin 1556. Après avoir fait ses premières étu¬ 
des avec beaucoup de distinction au collège de Ncuhauscn, il 
alla les continuer à Heidelberg, d’où un ordre de l’électeur le 
fit exclure, ainsi que la plupart des autres élèves, parce qu’il 
n’était pas encore luthérien. Retiré a Francfort, il resta pen¬ 
dant deux années, comme correcteur, dans l’imprimerie de 
Wechel, qu’il suivit en France, quand les troubles de l’Alle¬ 
magne déterminèrent ce célèbre imprimeur à transporter ses 
ateliers et son industrie dans un pays étranger. Opsopaeus ar- 



OB.FI 3% 

riva à Paris, et s’appliqua aussitôt à l’e'tude de la médecine, dans 
laquelle ses progrès furent rapides. Mis deux fois en prison, 
à cause de la chaleur avec laquelle il prenait la défense des ré¬ 
formés, il ne dut sa liberté qu’à l’intérêt que ses talens avaient 
inspiré à des hommes puissans. Après six années de séjour en 
France, il visita l’Angleterre et les Pays-Bas, et revint à Hei¬ 
delberg, où il fut nommé, en 1.582, professeur de physiologie 
et de botanique. Sa mort eut lieu le 4 juin i5g6. Nous ne ci¬ 
terons pas les éditions d’ouvrages étrangers à l’art de guérir 
qu’il a publiés. On lui en doit une de quelques traités d’Hippo¬ 
crate ayant pour titre : 



Hippocratis Co 


Ve partibus corporis humani. Heidelberg, i5g5, in-4". (o.) 

ORFILA ( Mathieu-Joseph-Bonaventuke) , médecin par 
quartier de S. M., correspondant de l’Institut, et membre de 
l’Académie royale de médecine, est né à Mahon, dans l’île de 
Minorque, le 24 avril 1787. Il s’était déjà livré pendant trois 
années à l’étude de la médecine, tant à Barcelone qu’à Valence, 
lorsqu’il fut envoyé à Paris en 1807 par le roi d’Espagne , 
Charles iv, pour s’y perfectionner dans les sciences physiques. 
En 1811, il commença des cours particuliers sur la chimie , la 
physique, la botanique et la médecine légale, qu’il continua 
jusqu’en 1819, époque où il obtint à l’Ecole de Paris une chaire 
de médecine légale, qui lui fut conservée au renouvellement 
de la Faculté. Naturalisé français en 1818, il.a publié des ou¬ 
vrages qui l’ont fait honorablement connaître, soit en France, 
soit à l’étranger, et qui sont entre les mains de tous les élèves, 
de tous les praticiens jaloux de se tenir au courant des progrès 
journaliers de la science médicale. 

Traité des poisons, tirés des règnes minéral, végétal et animal , ou 
Toxicologie générale, considérée sous les rapports de la physiologie, de 
la pathologie et de la médecine légale. Paris, i 8 i 3 , in-8 “.-Ibid. 1818, 
2 vol. in-8°.-Trad. en allemand par S.-F. Hermbstaedt, Berlin, 1818, in-b 0 . 

Elémens de chimie médicale. Paris, 1817, 2 vol. in-8°. -Trad. en alle¬ 
mand par J.-B. Trommsdorff, Erfnrt, 1819, in-8°. 

Secours à donner aux personnes empoisonnées ou asphyxiées, suivis 


distinguer la mort réelle de la 
en allemand par Rochet, Bâle 


34<> OR IB 

maux ( 1818), et.un -autre sur l’utilité t’a chlore pour décolorer les li¬ 
gueurs tenant des substances vénéneuses en dissolution (1819 ). Il n’a 
jamais écrit sur la musique , ainsi qu’on l’a dit et qu’on le répète tous les 
ans dans certains almanachs. Dans sa thèse, soutenue en 1811, il a établi 
la présence de la bile dans.l’urine des ictériques. i.) 

ORIBASE vivait au neuvième siècle. Les uns le font naître 
à Sardes, d’autres à Pergame. Euhâpius l’a rangé parmi les phi¬ 
losophes dont il a tracé l’histoire. La réputation et le créditque 
l’exercice de la médecine lui firent obtenir de bonne heure, furent 
assez grands pour lui donner le moyen de servir Julien, et pour 
l’aider à parvenir à l’empire , service dont l’amitié du nouvel 
empereur fut la récompense. Le médecin et le prince avaient de 
grandes conformités dans l’esprit et le caractère où dominaient 
un désir ardent de savoir et une, imagination plus vive qu’éclai¬ 
rée. On assure même qu’Oribase augmenta, dans Julien, ce 
penchant déjà très-développé pour le merveilleux, et qu’il fut 
consulter en son nom l’oracle de Delphes.Plus tard,il fut élevé 
à la dignité de questeur dans Constantinople. Attaché inviola- 
blement à son royal ami, il le suivit dans les Gaules, l’accom¬ 
pagna ensuite dans l’expédition contre les Perses, et recueillit 
son dernier soupir, n’ayant pu arrêter les suites de la blessure 
qu’il avait reçue. Ce revers fut pour lui l’origine de plusieurs 
autres infortunes. On le priva de toutes ses dignités, de ses 
biens, et il fut forcé de chercher une retraite dans une terre 
étrangère. 

Mais plus courageux qu’Ovide , il trouva , dans la force de 
son caractère et l’utilité de ses connaissances, tout ce qu’il 
fallait pour adoucir son exil et se faire admirer parmi les bar¬ 
bares, dont il obtint l’estime et la reconnaissance. Dans la suite , 
il fut rappelé dans sa patrie, et retrouva , sous le règne d’Ar- 
cadius, tout ce que la mort de Julien Jui avait fait perdre. 

Ce fut Julien qui l’engagea à s’occuper de l’immense compi¬ 
lation dont nous ne possédons que quelques parties. Ce recueil, 
qui est devenu indispensable pour l’histoire de la médecine, 
était composé de soixante-dix livres. Oribase en composa plus 
tard un abrégé que nous possédons en entier. Le livre des 
Euporistes qu’.on lui a attribué ne paraît pas lai appartenir, sui¬ 
vant les philologues les plus éclairés, qui en font Honneur à. 
Eunapius. 

Oribase, qui se borna au rôle de compilateur, aurait pu, en 
suivant une autre route, se rendre plus utile par l’originalité 
de ses vues, l’indépendance de son esprit, et tout ce qui était 
nécessaire pour écrire d’après son expérience et ses méditations. 

Tous ses écrits ne sont point parvenus jusqu’à nous. Ses quinze premiers 
livres, le vingt-quatrième et le vingt-cinquième, ont d’abord été décou- - 
verts et publiés dans les premières éditions, Huit de ces livres seulement 




ainsi eue les Commentaires des Aphorismes d Hippocrate, dont Gaultier 
d’Andernach a donné une édition. Les quarante-quatre livrés des Com¬ 
mentaires sur Galien, dont Julien avait entendu la lecture et .agréé la 
dédicace, sont perdus. 

La première édition.grecque des œuvres d’Oribase fut publiée à Paris 
en 1 556 . La traduction latine la plus estimée est celle de Jean-Baptiste 
Bazarius, qui fut d’abord publiée à Venise, à Paris, et plus tard à Bâle 
et 1557. Henri Etienne s’en est servi dans ses collections des Princes de 
la médecine. Il existe une édition grecque et latine publiée à Bruxelles 
en ij 35 . , - 

Les livres retrouvés par Cocchi parurent à Florence en 170.1, in-fol., 
avec le fragment sur les signes des fractures attribué à Soranus. 

( MOREAU DE LÀ SARTHE ) 

ORLOVIUS (André-Jean), né à Wilua, en 1^35, étudia 
la médecine à Kœnigsberg, s’y fit recevoir docteur en 1761 , et 
fut, cinq ans après, investi d’une chaire, qu’il conserva jusqu’à 
sa mort, arrivée le 28 février 1788. On a de lui : 

Hissertatio de quœstione paihologicâ : suntne hœmorrhdides morhusd- 
Kœnigsberg, 1761, in- 4 °- 

Hissertatio de plica polonicâ. Kœnigsberg, 17G6, in~ 4 “. 

Hissertatio de tincluris alcalinis. Kœnigsberg, 1766, in- 4 °- 

Programma de utilitale seclionum anatomicarum. Kœnigsberg, 1781 

Hissertatio de hœmorrhagiâ oris. Kœnigsberg, 1781, in- 4 °. 

Hissertatio de halneis frigidis , ad mercurii efficaciam adjuvandam, in- 
curandâ lue venereâ aahibendis. Kœqigsberg, 1782, in- 4 °. 

Hissertatio de plelhorâ. Kœnigsberg, 1783 , in- 4 °. 

Programma de cortice peruviano ruoro. Kœnigsberg, 1788, in- 4 °. 

Programma de rubeolarum et morbillorum discrimine. Kœnigsberg, 

i ?85 , in-4". - 

Programma de hœmorrhagiâ spontaneu ex apice pollicis manus sinis¬ 
trée. Kœnigsberg, 178S, in- 4 °- 

Observatiode insigni calculojclleo per alvum excreto. Kœnigsberg, 


ORTLOB (Jean-Frédéric) ,-né le 2 août 1661, à Oels 
dans la Silésie, fit ses humanités.à Breslau, puis alla étudier la 
médecine à Francfort-sur-l’Oder et à Léipzick. Reçu docteur 
dans celte dernière Université en 1684, il parcourut la Hol¬ 
lande , l’Angleterre et la France, et fut, à sou retour, investi 
de la chaire d’anatomie et de physiologie à Léipzick, où il 
termina sa carrière le 12'décetnbre 1700. U’Académie des Cu¬ 
rieux de Ja nature l’avait adopté, sous le nota de Democède. 
Ses ouvrages sont : 













On y trouve l’histoire de l’art jusqu’au commencement du dix-neu¬ 
vième siècle. 

Annalcn der Entbindungs-Lefiranstalt auf der Universitaet zu Gœt- 
tingen. Gœltingue, i3oo-1804, in-8°. 

Ausfuehrliche Abhandlung ueber die K uhpocl.cn. Gœttiugue, 1:8oi, 

Verlaufder mittelst BlasenpjlasLer geimpften Kuhpocken. GceUingue, 
1802, in-fol. 

Grundriss der Enthindu.ngsku.nst. Gœttingue, 1802, in-8°. 

Epigrammata in complures res musei sui anatomici quœversuum amore 
Jecit. Gœttingue, 1807, in-8°. - Ibid. 1814, in-8°. 

IVie loennen JPallaeste, Schloesser und Schauspielhaeuser am beslen 
gegen Feuersgefalir geschuetzt werden ? Hanovre, 1812, in-8°. 

Ueber den Setbstmord. Hanovre, i 8 i 3 ,in- 8 °. 

Ueber die Entwickelungskrankheiten in den Bluethenjahren des weîh- 
lichen Geschlechls. Gœttingue, 1817-1818, in-8°. 

Handbuch der Entbindungskunst. Tubingue, 1818-1820,2 vol. in-8°. 

Abbildungen und Darstellungen in Kupferstichen. Tubingue, 1818 , 
in-8°. 

Dus lieblichste Bild der Unschuld. Gœltingue, 1819, in-8°. 

OsiAndeb. ( Jean-Frédéric ) , fiis du précédent, a écrit : 

Commentant) analomico - pliysiologica quâ edisseretur uterum nervos 
hàbere. Gœttingue, 1808 , in- 4 °. 

Dissertatio de fiuxu menstruo atque uteriproldpsu. Gœltingue, 1808 , 
in-8°. (o.) 

OSTENFELD (Chrétien )., savant médecin danois. né h 
Wibourg, dans le Nord-Jutland, le 14 septembre 1619, avait 
à peine terminé ses cours de philosophie dans les écoles de 
l’Université de Copenhague, que, tourmenté du désir de voya¬ 
ger, il se mit en route pour la ETollande, l’Angleterre et la 
France, qu’il parcourut. En 1642, il revint a Wibourg, dont 
on lui confia la direction des écoles, ce qui ne l’empêcha pas , 
l’année suivante, d’aller prendre le grade de maître ès-arls à 
Copenhague. Quatre ans après, il entreprit de nouveaux voya¬ 
ges, en qualité de précepteur de quelques jeunes gens riches, 
revint dans sa patrie, après avoir visité toute l’Europe, et ne 
tarda pas à repartir pour l’Italie, où il avait formé le dessein 
d’étudier la médecine. Reçu docteur à Padoue en i655, il ob¬ 
tint l’année suivante une chaire de médecine à Copenhague, 
où M mourut le 3i août 1670, laissant les opuscules suivans : 

Oratio in obitum V. Thomœ Finckii. Copenhague , i656, in-4°. 

Prodromus exercitationum de medicinœ fundamentis. Copenhague , 
r 656 , in- 4 °. 

Dissertatio de fœtus huntani generatione. Copenhague, 1667, in-4°. 

OVIEDO Y VÀLDEZ (Gonsalve-Ferdinand d’) , historien 
espagnol, naquit en 1478, dans les Asturies. Son père l’en¬ 
voya, en 1490, à la cour de Castille, où il fut d’abord placé 


344 O VIE 

comme page chez le prince de Villa-Fermosa, et entra ensuite 
au service de don Juan, infant d’Espagne, en qualité de page. 11 
se trouvait à Barcelone en t4q3, lorsque Christophe Colomb re¬ 
vint de son premier voyage aux Indes occidentales, età Burgos, 
en 1496, quand l’amiral arriva pour la seconde foisd’Améri- 
que. Après la mort de don Juan, survenue en J-497» *1 passa 
au service du roi de Naples, et bientôt après à celui de la 
reine. Il se rendit en i5i3, dans l’Amérique, avec le titre 
d’intendant des mines d’or de la Darie, revint en i5l5, et re¬ 
tourna quelque temps après à Saint-Domingue, qu’il aban¬ 
donna encore en iSt .5 pour revenir en Espagne, où il écrivit 
son Abrégé de l’histoire des Indes. Dix ans après, il publia son 
Histoire générale d’Amérique, en cinquante livres, dont nous 
ne possédons que les dix-neuf premiers. La même année, il fut 
nommé intendant de Saiut-Domingue, d’où la cour le rappela 
en i545, et, en i 548, il obtint la charge d’historiographe 
du roi. 

Toutes les circonstances de la vie d’Oviedo intéressent le 
médecin jaloux de bien saisir le vrai point de vue sous lequel 
doit être envisagée la question aujourd’hui tant débattue de la 
spécificité du mal et plus encore de l’existence du virus vénérien. 
On sait que l’opinion vulgaire fait provenir la vérole de l’Amé¬ 
rique-, et que tous les écrivains modernes, en prose, comme en 
vers, n’admettent pas même le moindre doute sur cette origine. 
Or, il serait difficile de trouver un témoin qui ait mieux vu 
qu’Oviedô tous les événemens relatifs a la découverte dé l’Amé¬ 
rique, puisqu’il se trouvait à la cour d’Espagne lorsque Chris¬ 
tophe Colomb vint y rendre compte de son expédition, que 
lui-même alla plusieurs fois dans les Indes occidentales, et 
qu’il y occupa tou jours des places éminentes. Il ne balance pas 
à mettre la maladie sur le compte des Américains, et à dire 
que, les Espagnols la contractèrent en ayant commerce avec les 
femmes de ce peuple. Il ajoute même qu’elle doit nécessaire¬ 
ment être endémique dans le pays où croît le gaïac, qu’on re¬ 
gardait alors comme un spécifique contre elle, parce que là 
Providence, qui a envoyé les maladies aux hommes en puni¬ 
tion de leurs crimes, a toujours placé le remède à côté du-mal. 
C’est lui qui a le premier avancé, que la syphilis avait été por¬ 
tée en Italie parles troupes de Gonzalve de Gordoue. Il ne 
peut, dit-il, s’empêcher de rire lorsqu’il l’entend appeler mal 
français ou mal napolitain , car elle aérait bien mieux nommée 
mal américain. En un mot, c’est à lui que nous devons toute 
l’histoire de la propagation de la syphilis, répétée ensuite avec 
un imperturbable sang-froid par Astruc et Girtanner, et qui a 
été réputée depuis pour un fait incontestable. 



O VIE 345 

Mais faisons d’abord observer qu’Oviedo n’a pas pu fréquen¬ 
ter beaucoup Christophe Colomb. Non-seulement-aucun pas¬ 
sage de ses e'erits ne nous autorise à le penser, mais encore il 
n’est pas croyable qu’un homme de l’âge et du rang de l’amiral 
ait eu de grandes et intimes relations avec un page de quinze 
ans. D’ailleurs Oviedo ne parle que du premier retour de Co¬ 
lomb dans son Abrège'. Or, lui-même avoue avoir écrit cet ou¬ 
vrage de mémoire seulement, parce qu’il avait laissé tous ses 
papiers à Saint-Domingue. Dans sa grande histoire, composée 
d’après les notes qu’il avait recueillies en Amérique, il ne fait 
plus mention que du second voyage de Colomb. Naturellement 
nous devons nous en rapporter plutôt â sa grande histoire qu’à 
un aperçu tracé d’après de simples souvenirs, qui pouvaient se 
retracer d’une manière fort imparfaite à sa mémoire affaiblie 
déjà par l’âge. Ajoutons encore qu’Oviedo ne rapporte aucune 
autorité à l’appui de ce fait extraordinaire, quoiqu’à chaque 
instant il en cite une foule pouç des événemens d’une bien 
plus faible importance. 

D’un autre côté, quand même cet historien ferait .venir la 
syphilis en Espagne à l’époque du premier retour de Colomb 
(c’est-à-dire en i4g3), condition sans laquelle on ne saurait 
admettre l’origine américaine de la maladie que nous trou¬ 
vons déjà en *493 à Rome, et même.en i 49 2 » dans la haute 
Italie; quand bien même, dis-je, il ne serait pas constant qu’O¬ 
viedo parle toujours du second j-etour de'Colomb (en 
et qu’ainsi il arrive trop tard pour coïncider avec les récits des 
historiens italiens, nous serions encore en droit de récuser son 
témoignage,. car il est trop rempli d’inexactitudes, d’infidélités 
eL de contradictions, pour que nous puissions nous en rapporter 
à lui. Les faits qu’il allègue sont toujours incertains, et les 
dates qu’il donne souvent fausses. Ses contemporains n’avaient 
pas une haute opinion de lui. Ferdinand Colomb, fils de l’ami¬ 
ral, dont les paroles sont ici d’un grand poids, l’accuse de re¬ 
garder comme des vérités les chimères enfantées par son cer¬ 
veau, et de forger des autorités à l’appui de ce qu’il avancé. 
Antoine de Herrera, historien qui mérite la plus haute consi¬ 
dération, à cause de son impartialité, de son style noble et de 
l’attachement qu’il montra en toute occasion pour la vérité, 
lui reproche les basses flagorneries, les mensonges grossiers, 
qui remplissent ses écrits, et dont un seul exemple suffira pour 
donner une idée. Oviedo prétendait que les Antilles étaient les 
Hespérides des anciens, qu’Hesperus , roi d’Espagne, leur avait 
donné ce nom quinze cents ans avant Père vulgaire, et que par 
conséquent elles appartenaient de droit humain et de droit di¬ 
vin à la couronne d’Espagne. Enfin, Barthélemi de la Casa, 



346 O VIE 

auteur non moins respectable qu’Herrera, qui vivait en Amé¬ 
rique dans le même temps qu T Oviedo, et qui le connaissait fort 
bien, traite son histoire de fausse et d’exe'crable. Oviedo abusa 
toujours de son autorité' pour opprimer les Indiens. Craignant 
ensuite d’ètre puni de ses exactions, il essaya de se justifier 
aux yeux de Charles-Quint, en peignant ces infortunés comme 
un peuple méchant et dissolu, livré aux vices les plus horri-. 
blés, à la luxure, au culte du diable et à l’athéisme, et que la 
Providence avait résolu, dans sa colère, de faire exterminer 
entièrement par les Espagnols, à cause de son incorrigibilité. 
Le conte qu’il fabriqua sur la syphilis servit infiniment à ses 
vues. 

Tel est l’homme que les défenseurs de l’origine américaine 
de la vérole citent complaisamment et avec une confiance aveu¬ 
gle , et dont ils regardent l’autorité comme étant du plus grand 
poids. Que conclure des récits d’un écrivain méprisé, flétri par 
les plus honorables et les plus vertueux d’entre ses contempo¬ 
rains, quand même il aurait répété dans sa grande histoire, 
comme il l’avait dit dans son Abrégé, que la maladie éclata en 
Espagne lors du premier retour de Colomb? Mais, nous le 
répétons, dans cette grande histoire, qui seule peut faire foi.:, 
il ne la fait venir qu’à l’époque du second. Ainsi il l’amène 
trop tard en Ibérie, car nous la trouvons déjà en Italie au mois 
de juin i4g3. La faire arriver avec, les premiers compagnons 
de Colomb, serait déjà fournir assez d’alimens à la critique, 
puisque l’amiral débarqua le 4 mars à Val de Parayso, près de 
Lisbonne, et qu’il arriva le i5 à Séville, d’où il se rendit par 
terre à Barcelone, où il parvint vers le milieu du mois d’avril. 
Ainsi, en admettant l’origine américaine, il faut supposer que 
la maladie aurait franchi en moins de deux mois la distance 
des colonnes d’Hercule aux plaines de la Lombardie ! Mais en¬ 
core une fois, nous n’avons même pas à combattre cette diffi¬ 
culté, qui ne serait pas digne d’arrêter un homme habitué à ne 
pas croire aveuglément tout ce qu’il lit dans les livres, et les 
anachronismes a’Oviedo suffisent pour renverser de fond en 
comble tout l’échafaudage ridicule de l’origine américaine, à 
laquelle on ne voit plus croire aujourd’hui que ces savons et 
habiles docteurs qui ont tout au plus étudié les maladies véné¬ 
riennes dans Swediauer, et qui ne se doutent même pas qu’une 
tradition puisse être fausse et absurde, quoique répétée de siè¬ 
cle en siècle par mille et mille bouches. 

Les ouvrages d’Oviedo sont : 

Summario de la historia general y natural de las Indias occidentales. 
Tolède, i 525, in-fol. 

J La historia general y natural de las Indias occidentales. Madrid , 
i535, in-fol. ‘ ( a.-j.-l. jourdak ) 



PAC G 


347 


P 


PAAW (Pierre), appelé en latin Pavius, naquit à Amster¬ 
dam en 1564- Il fit ses humanités à Amersfort, les termina 
dans sa ville natale, et alla ensuite étudier la médecine à Leyde, 
où il passa quatre ans, au bout desquels il vint suivre les 
cours de la Faculté de Paris. L’état d’agitation dans lequel 
était alors la France ne lui ayant pas permis d’y rester long¬ 
temps, il passa en Danemarck, s’appliqua beaucoup à l’ana¬ 
tomie dans l’Université de Rostock, où il reçut le bonnet de 
docteur, et se rendit ensuite à Padoue, qu’illustrait le grand 
Fabrizio d’Aquapendente. De retour à Leyde, il y obtint, en 
i58g, une chaire qu’il conserva jusqu’à sa mort, arrivée le 1 er 
août 16x7. Il fut surintendant de l’amphithéâtre anatomique 
et directeur du jardin de botanique de cette ville, dans laquelle 
il cultiva l’un des premiers la science des végétaux et celle de 
la structure du corps humain. Ses connaissances anatomiques 
étaient fort étendues, surtout en ostéologie , et l’ouvrage qu’il 
a laissé sur cette matière renferme plusieurs faits intéressans. 
Ses écrits sont : 

Hortus publiais academiœ Zugduno-Batavœ, efus ichnographia , des- 
criptio, usus ; addito quas habet stirpium numéro et nommilus. Leyde, 
1601, in-12 .-Ibid. i6o3, in-8°. -Ibid. 1629, in-8°. 

Primitiœ anatomicæ de humani corporis ossibus. Leyde, x6i5, in-4“- 
-Amsterdam, i633, in-4°. 

Les planches sont pour la plupart empruntées à Vésale ou à Eauhin. 
Il y en a peu d’originales. 

Succenturiatus anatomicus . seu commentaria in Hippocratem de vul- 
neribus capilis. Leyde, 1616, te-4°- 

Andrece Vesalii epitome anatomica. Leyde, 1616, in-4®. - Amster¬ 
dam , i633, in-4°. 

De valvidâ intestini epislolœ duce. Oppenheim, 1619, in-4°. 

Avec la première centurie des lettres de Fabrice de ïlilden. L’auteur 
nie l’existence de la valvule iléo-coligue. 

De peste tractalus , cum Henrici Florentii ad singula ejusdem trac- 
tatus capita additamentis. Leyde, i636, in-12. 

Observationes anatomicæ ; 

Dans les centuries III et IV des histoires anatomiques de T. Barth'olin. 

(»•) 

PACCHIONI (Antoine), célèbre anatomiste italien, était de 
Reggio, dans la Lombardie, où il naquit le i3 juin i665.11 
réunit de bonne heuré l’élude de la philosophie et des mathé¬ 
matiques, et se distingua également dans ces trois sciences. 
S’étant rendu à Rome, en 1689, il s’y attacha particulièrement 




348 PACI 

à Malpigh'j qui le produisit dans la pratique, et ne larda pas 
à être nommé l’un des médecins de l’iiôpitaî de la Consolation. 
Dans Je même temps, il s’appliqua d’une manière spéciale à 
l’anatomie, avec laquelle il fit marcher de front les mathéma¬ 
tiques, la botanique et l’histoire naturelle. Devenu, en 1692, 
.médecin de Tivoli, il exerça l’art de guérir avec tant de succès 
dans cette ville, qu’au bout de dix ans la réputation qu’il y 
avait acquise le ramena à Rome, où il ne réussit pas moins. 
Lançisi, qui brillait,alors dans celle capitale, devint son ami, 
et l’associa à ses travaux. Bientôt après Pacchioni fil des recher¬ 
ches pour son propre compte , et parvint à se placer au rang 
des premiers anatomistes du siècle. La physiologie eut part 
aussi à ses recherches. Quant à la médecine, il adopta les prin¬ 
cipes des iatro-mathématiciens. Il mourut le 5 novembre 1726. 
Tout le monde sait aujourd’hui qu’il s’est trompé grossièrement 
et dans la.description qu’il a donnée de la dure-mère, et dans 
les usages qu’il attribuait à cette membrane, laquelle constituait, 
suivant lui, un muscle composé de divers plans de fibres qu’il a 
fait représenter dans plusieurs planches où l’art brille plus que 
la nature. De même, il prétendait que la dure-mère est très-sen¬ 
sible et très-irritable, ce que personne n’a pu constater depuis. 
Les granulations blanchâtres qu’elle offre aux environs du sinus 
longitudinal supérieur, portent encore le nom de glandes de 
Pacchioni, parce qu’il les avait rangées parmi les glandes ou 
plutôt parmi les ganglions lymphatiques. Ses ouvrages sont : 

De duras matris fàbricâ et usu disquisilio analomica, quant clarissimo 
Dancisio sacrum esse voluit. Rome, 1801, io-8°. 

Dissertatio epistolaris de glandulis conglobatis durœ meningis Tiumanœ, 
iltdèque ortis lymphaticis ad piam meningen produclis. Rome, îqotf, in-8°. 

Dissertationes binœ.adspectatissimum virum Joannem Fantonum datee, 
cum ejusdem responsione, iLluslrandis durœ meningis et ejus glandala- 

Dissertationes physico-anatomicœ de dura méningé humanâ, novis ex- 
perimentis et lucubralionïbus auctœ et iUuslratœ. Rome, 1721, in-8°. 

Les ouvrages de Pacchioni ont été réunis sous le titre de 

Opéra omnia. Rome, 1741, in- 4 °. - £»i) 

PACIO (Fabio) , ou Pacius , naquit à Vicence en i 54 " , se 
mit de bonne heure à l’étude des belles-lettres, et y fit de 
grands progrès malgré sa jeunesse,- il donna même au public 
une comédie italienne, qui fut généralement goûtée.Etant passé 
ensuite aux écoles de médecine, il acquit une grande habileté 
dans cçt art, qu’il pratiqua plusieurs années de suite au milieu 
de ses compatriotes, avant d’avoir obtenu le bonnet de doc¬ 
teur, qui ne lui fut conféré qu’eu 1 5 y 5 à Padoue. Les leçons 
particulières qu’il donnait à Vicence, répandirent son nom 
dans toute l’Italie, et lui firent offrir plusieurs chaires -dont il 



PALF 349 

ft’acccpta aucune. Il refusa de même la place de premier mé¬ 
decin du roi de Pologne , et à peine put-on lé déterminer à se 
rendre à Venise, où il resta peu de temps. Empressé de revenir 
dans sa patrie, il y coula desq’ours heureux, au sein de sa fa¬ 
mille, qui le perdit le 11 octobre 1614. La presse a reproduit 
quelques ouvrages de sa façon : 

■ Commenlarius in six prions Galeni libros melltodi medendi. Vicence , 
1598, in-fol. 

Commenlarius in seplimum Galeni librum methôdi medendi , (juœstio- 
nibus physicis et medicis refertus. Accçdil de morbo gallico per melho- 
dum curando. Vicence, 1608, in-fol. - Ibid. 1610, iii-fol. (o.) 

PAITONI (Jean-Mabie ), médecin du siècle dernier, vint 
au monde à Venise, où il fil ses premières études, qu’il termina 
ensuite à Padoue. Dès qu’il eut achevé son cours de rhétorique, 
il revint à Venise, et s’y appliqua successivement aux mathé¬ 
matiques, à la botanique,.à l’anatomie et aux diverses parties 
de la médecine. Le litre de docteur lui fut accordé à l’âge de 
dix-sept ans.Comme il était trop jeune pour marcher sans guide 
dans la route épineuse de la pratique, il se mit sous la direc¬ 
tion d’un habile médecin, qui lui apprit l’art de voir, d’inter¬ 
roger et de traiter les malades. Cependant il cultivait toujours 
l’histoire naturelle, pour laquelle il avait une véritable passion. 
Partisan du système des ovistes, il le soutint tél que Malpighi 
l’avait exposé, se fondant sur la reproduction d’une foule d’ani¬ 
maux par les œufs et des végétaux par les semences, d’où il 
conclut que la nature, uniforme dans ses opérations, employé 
des moyens semblables pour la génération des animaux ovi¬ 
pares, Cette doctrine fut exposée dans quatre opuscules inti¬ 
tulés : 

Délia generazione delCuomo, discorsi I e II. Venise, 1722, in-4 0 . 
-III eir, 1726, in-4°. 

Pierre Bianchi, disciple de Vallisnieri, l’ayant attaqué, il répondit par 
l’écrit suivant: 

Vindiciœ contra epislolas JPetri Bianchi. Favenûœ , 1724, in- 4 °- 

On a encore de lui : 

De vitâ et mentis Fabricii Bartholeti commenlarius. Venise, 1740, 
in-S°. (z.j 

PALFIN (Jeak), né à Courtray en 1649, ense ig na publi¬ 
quement la chirurgie à Gand, où il mourut en i^3o. Adonné 
de très-bonne heure à l’anatomie, qu’on cultivait alors fort peu 
en Belgique, et non satisfait des ressources que sa patrie lui 
offrait pour l’étude, il entreprit de nombreux voyages tant à 
Leyde et à Londres qu’à Paris, afin d’y entendre les profes¬ 
seurs célèbres, d’après les leçons desquels, en les combinant 
avec ses propres observations, il composa plusieurs ouvrages 



qui ont joui d’une grande vogue, quoique peu recommanda¬ 
bles. Ses traisés d’anatomie ne renferment presque rien de neuf, 
et sont copiés presque littéralement de Yésale, Eau , Winslow, 
Gagliardi, Verheyen et Havers. L’idée d’unir l’anatomie et la 
chirurgie dans le même ouvrage ne lui appartient pas, car Co¬ 
lombo, Ingrassia, Cabrol, Severin l’avaient eue déjà, et Riolan 
l’avait mise à exécution. Presque partout il rapporte l’opinion 
de divers auteurs sur les questions qu’il traite, mais ordinaire¬ 
ment aussi il adqpte en aveugle les opinions les plus absurdes, 
ou leur donne une approbation tacite par son silence. Tout ce 
qu’il dit de bon, au moins en anatomie, appartient à quelqu’un 
des écrivains qu’il a copiés. La chirurgie lui doit un peu plus. 
Ainsi il réforma le premier le mode vicieux de suture dont on 
s’e'tait servi jusqu’alors dans les plaies des intestins, constata 
que la cataracte est réellement due à l’opacité du cristallin, et 
inventa un forceps dont on se sert encore aujourd’hui dans 
quelques accouchemens monstrueux, sous le nom de tire-tête 
de Paifin. Ses ouvrages ont pour litres : 





PALI 35i 

i^Sî, fit ses études à Paris, fut reçu, en 1772, avocat au par¬ 
lement de cette ville, et ob'tint peu de temps après la charge 
de receveur général des domaines, supprimée en 1777. Dès 
qu’il se vit libre d’obéir à ses goûts, il se livra tout entier à la 
botanique, sous la direction de Lestiboudois, et s’attacha d’une 
manière spéciale à l’étude des cryptogames. Nommé correspon¬ 
dant de l’Académie des sciences en 1781, il présenta à ce corps 
savant plusieurs mémoires sur les moyens d’améliorer les bois, 
sur les trachées et les plantes sarmenteuses. Le départ du nègre 
qui, sous le nom de prince Boudakan, négociait à Paris un 
traité de commerce entre la France et le roi d’Oware, lui 
fournit l’occasion de voyager qu’il désirait vivement. Il s’em¬ 
barqua en 1786 sur le vaisseau qui ramenait le prétendu prince 
en Afrique , et obtint du roi nègre la permission de visiter les 
états d’Oware, qu’aucun naturaliste n’avait encore parcourus. 
Il explora aussi le royaume de Bénin. Contrarié dans ses projets, 
et maltraité par les maladies, il quitta l’Afrique, et débarqua, 
en 1788, à Saint-Domingue, où ses connaissances variées le 
firent admettre à des emplois importans. Lors de la révolution 
des noirs, il alla solliciter l’appui des Etats-Unis contre eux; 
fait prisonnier au retour, il allait périr sans les sollicitations 
d’une mulâtresse qu’il avait affranchie, et qui obtint son renvoi 
aux Etats-Unis. Dépouille' de tout, il reparut à Philadelphie 
dans un état de dénuement absolu, et y apprit qu’en France 
il était proscrit comme émigré. La musique et les langues, qu’il 
avait beaucoup cultivées, le mirent à l’abri de la misère, sans 
lui imposer même l’obligation de renoncer entièrement à l’his¬ 
toire naturelle. Le chargé d’affaires de France lui fournit même 
les moyens d’entreprendre un voyage qu’il méditait depuis 
long-temps dans l’intérieur de l’Amérique septentrionale. Pie- 
venu à Philadelphie, avec de riches collections, il fit part de 
ses recherches à la Société philosophique. Dès qu’il apprit sa 
radiation de la liste des émigrés, il s’empressa de repasser en 
France, où la science le consola des disgrâces de l’hymen. A 
la mort d’Adanson, l’Institut lui ouvrit ses portes. Sa vie, de¬ 
puis cette époque, fut consacrée exclusivement aux sciences 
et à la publication des immenses richesses qu’il avait rapportées 
de ses voyages. Une fluxion de poitrine le mit au tombeau le 
21 janvier 1820. Minutieux et méthodique, il eut le défaut 
d’attacher trop d’importance aux classifications; mais la bota¬ 
nique ne lui en doit pas moins une foule de faits précieux qui 
ont contribué beaucoup à en avancer quelques parties. M, Mir- 
bel lui a dédié un genre de plantes (.j Belvisià) de la famille des 
fougères. Ses ouvrages ont pour litres : 

Flore d'Oware et de Bénin. Paris, 1804-1821,2 vol. in-fol. 

Avec cent planches. Cet ouvrage n’cst pas terminé. 



352 PALL 

Insectes recueillis en Afrique el en Amérique. Paris, i8o5-l82i, in-foL 

Avec quatre-vingt-dix planches coloriées. Recueil demeuré également 
incomplet. .. . 

Prodrome daethéogamie. Paris, i 8 o 5 , in-8°. 

Eloge de Fourcroy. Paris, 1811, in.4 0 . 

Essai d'une nouvelle agrostographie, eu Nouveaux genres des grami¬ 
nées. Paris , 1812, in- 4 °. et in-8°. 

Avec dou2e planches. 

Réfutation d’un écrit intitulé : Résumé des témoignages touchant la 
traite des Nègres. Paris, 1814, in-8°. 

Palisot a inséré beaucoup d’articles dans l’Encyclopédie méthodique , 
le Journal de physique^, la Décade philosophique, l’Histoire naturelle des 
reptiles par SonDini et Latreille, le Journal de botanique, les Mémoires 
de d’institut, les. Annales du Muséum d’histoire naturelle, les Ephémé- 
ridesdes sciences naturelles et médicales, le Nouveau dictionaire d’his¬ 
toire naturelle, le Dictionaire des sciences naturelles et la Revue ency¬ 
clopédique. • - ' (o.) 

PALLADIUS (Rtjtilitis-Taures-Aemiliakus), l’un des 
pliis anciens agronomes dont les ouvrages aient échappé à la 
faux du temps, a beaucoup exercé la sagacité des critiques, ce 
qui n’empèche pas que sa patrie ne soit encore incertaine. La 
plupart des biographes le disent italien, tandis que plusieurs 
prétendent qu’il naquit à Poitiers. Quoi qu’il en soit, nous sa¬ 
vons par lui qu’il possédait des terres aux environs de Naples, 
ainsi qu’en Sardaigne, et qu’il en dirigeait lui-mênae l’exploi¬ 
tation. D’ailleurs son style et plusieurs passages de ses écrits 
attestent qu’il vécut après Apulée. Ayant acquis beaucoup d’ex¬ 
périence par une longue pratique^ il rassembla ses observations 
dans un traité, qui est divisé en quatorze livres. Le premier 
ne contient que des préceptes généraux, les douze suivans Sont 
relatifs aux travaux particuliers à chaque mois de l’année, et 
le quatorzième traite de la greffe. Ce dernier est écrit en vers 
élégiaques. Ce traité a été imprimé pour la première fois à la 
suite des Rei rusticœ scriplores (Venise , xijts, in-fol.), recueil 
précieux, dont Merula fut l’éditeur, et dans toutes les éditions 
duquel on le trouve. On peut voir la liste des diverses éditions 
qui en ont paru, dans celle qu’a donnée J.-M. Gesner ( Léip- 
zick, iq35, 2 vol. in-4°.).-H n’a été imprimé séparément qu’une 
seule fois (Paris, i536, in-4°. ). Jean Darcci (Paris, i553, 
in-8°.) et Saboureux de la Bonneterie (Paris,,1771-1775, 6 vol. 
in-8°. ) l’ont traduit en français ; la traduction du second est la 
' seule qn’on estime. 

Ou ne confondra pas cet agronome avec Palladius, surnommé 
Ylatrosophe, médecin de l’école d’Alexandrie, qui enseignait 
son art a Antioche, et qu’on présume avoir vécu dans le sep¬ 
tième siècle. O11 a de lui trois ouvrages intitulés : 

Brèves inlerpretalîones sexli libri de morbis popularibus Hippocratis . 

Cette traduction latine, faite par] Janus Paulus Crassus, a paru dans 
les Medici antiqui grceci latine donati, du même ( Bâle, r 58 x , in-4 0 .). 



PALL 353 

Commentarius in librum Hippocratis dejracturis; 

Dans les œuvres d’Hippocrate, édition de Foës, page 917 (Genève, 
1657 ), édition de Chartier, tome XII, page 270. La traduction est de 
Jacques Santaibinus. 

De J'ebribus concisa synopsis. Paris, 1646, in-4 0 ., en grec et en latin, 
version de Chartier. - Ütrecht, 1746 ) in-8 0 ., en grec et en latin, avec 
des notes de J.-E. Bernard, des glossœ Chemical , et des excerpla ex 
poetis chemicis. 

La. théorie de Palladius est à peu près semblable à celle de Galien, 
quoiqu’il s’écarte en quelques endroits des principes du médecin de Per- 
game. Suivant lui, la fièvre a pour cause des irritations, un exercice trop 
violent, des passions vives, dés congestions, une transpiration suppri¬ 
mée, ou la putrescence des humeurs. (j.) 

PALLâS ( Pierre-Simon), célèbre voyageur et grand natu¬ 
raliste, naquit à Berlin, le 22 septembre 1741. Elevé avec soin 
par un père qui lui inspira de bonne heure le goût des langues 
et de l’histoire naturelle, il suivit assidûment les cours de plu¬ 
sieurs Universités allemandes, et alla terminer ses études à 
Leyde. Un voyage en Angleterre ne fit qu’accroître l’ardeur 
pour les sciences naturelles qu’avec ses dispositions il avait dû 
naturellement prendre en Hollande, où le commerce 'les quatre 
parties du monde avait accumulé les plus rares productions de 
la nature pendant deux siècles. Décidé k faire désormais, de 
l’histoire naturelle, l’occupation de toute sa vie, il s’établit à 
Leyde, et y publia deux ouvrages qui commencèrent sa répu¬ 
tation, en jetant une lumière nouvelle sur les animaux si dis¬ 
parates qu’on confondait dans la classe des vers. Plusieurs gou- 
vernemens cherchèrent alors à l’attirer. 11 se décida pour la 
Russie, et accepta la place que Catherine 11 lui offrait à l’Aca¬ 
démie de Pétersbourg. Adjoint aux astronomes qui furent en¬ 
voyés dans la Sibérie pour y observer le passage de Ténus sur 
le Soleil, Pallas s’occupa en toute diligence des préparatifs 
d’un voyage qui comblait ses vœux les plus ardens, et publia 
quelques écrits, au nombre desquels on dislingue.ie mémoire 
dans lequel il montra quedes ossemens de grands quadrupèdes 
si répandus en Sibérie, appartiennent à des éléphans, des rhi¬ 
nocéros, des buffles, et autres animaux des contrées méridio¬ 
nales, L’expédition partit en juin 1768. Pallas, après avoir 
parcouru les plaines de la Russie d’Europe, et passé l’hiver 
sur le Tolga, à Simbirsk, s’arrêta à Brembourg, descendit en¬ 
suite le Jaïk, fit quelque séjour à Gourief, sur la mer Cas¬ 
pienne, et observa avec soin la nature de ce grand lac. En 1770, 
il visita les deux versans des monts Oural, etleurs nombreuses 
mines de fer, et vint passer l’hiver à Tchiliabinsk, au centre des 
plus importantes. Au printemps, il alla voir les mines de Ko- 
livan , sur le versant septentrional des monts Altaï, et termina 
sa course a Krasnoïarsk, sur le Jeniseï. L’année suivante, s’a¬ 
vançant toujours dans l’Est, il traversa le lac Baïkal, parcourut 
VI. 23 



354 „ PA LL 

les montagnes de la Daourie, et poussa jusqu’aux frontières de 
la Chine. Revenant sur ses pas, après avoir passé une seconde 
fois l’hiver h Krasnoïarsk, il retourna, en 1773, sur le Jaïk 
et la mer Caspienne, visita Astracan , se rapprocha du Cau¬ 
case, passa un dernier hiver dans là contrée qui sépare le 
Volga du Tànaïs, et arriva enfin à Pétersbourg le 3o juillet 
1774-Un voyage aussilong et aussi pénible avait ruiné sa santé. 
-Cependant, il fut obligé de redoubler d’activité pour publier 
lés observations de ses compagnons, dont la plupart succombè¬ 
rent avant d’avoir mis leurs notes en ordre. Ce nouveau travail 
lui fournit l’occasion de montrer pleinement la force de son 
génie. « Rarement, dit M. Cuvier, des hommes aussi laborieux 
ont-ils assez de calme pour concevoir de ces idées mères propres 
h faire révolution dans les sciences; mais Pallas fit exception 
à cette règle. Il avait tenu à peu qu’il ne changeât la face de la 
zoologie; il a vraiment changé celle de la théorie de la terre. 
Une considération attentive des deux grandes chaînes de mon¬ 
tagnes de là Sibérie, lui fit apercevoir cette règle générale, 
-qui s’est ensuite vérifiée partout, de la succession des trois or¬ 
dres primitifs dé montagnes, les granitiques au milieu, les 
schisteuses à leurs côtés, et les calcaires en dehors. On peut 
même dire que ce grand fait a donné naissance à toute la nou¬ 
velle géologie. » Pallas, honoré de la faveur de l’impératrice, 
dont il était si digne , reçut plusieurs preuves de la confiance 
de cette souveraine, qui le décora de titres, lui accorda des 
emplois lucratifs, et le chargea d’enseigner l’histoire naturelle 
-et la physique au grand-duc Alexandre, aujourd’hui empereur, 
et à son frère Constantin. Mais ni les honneurs, ni la considé¬ 
ration dont il jouissait ne purent le fixer à Pétersbourg. Profi¬ 
tant de l’envahissement de la Crimée, il employa les années 
1793 et 1794 à parcourir les provinces méridionales de la 
Russie, et partageant sans doute les illusions dont le despotisme 
et l’or de Potemkin avaient fasciné lès yeux de Catherine, il 
traça un tableau enchanteur de la Tauride, sans qu’on puisse 
soupçonner sa bonne foi, puisqu’il souhaita d’obtenir une re¬ 
traite dans cette contrée. L’impératrice, instruite dé ce désir , 
lui donna deux villages situés dans le plus riche canton de la 
presqu’île, avec une grande maison à Sympheropol, et une 
somme considérable pour son établissement. Pallas retourna 
donc dans la Crimée en I7g5; mais l’inconstance du climat 
qu’il avait mal jugé autrefois, dans un trajet passager, les 
procès interminables que lui suscitèrent les dons de la cour, et 
la barbarie des habitans, le dégoûtèrent de ce séjour, dans le¬ 
quel il eut cependant le courage de passer quinze années pres- 
qu’entiètes, qui furent employées à continuer ses grands ou¬ 
vrages. Las enfin de là triste vie qu’il y menait, il vendit ses 




terres à vil prix, quitta pour toujours la Russie , et revint. 
après quarante-deux ans d’absence, dans sa ville natale, où il 
termina ses jours le 7 septembre ï8t 1. Willdenôw lui à consa 
cré un genre de plantes {P alla sia) de l'a famille des corym- 
bifèrês. Ses ouvragés sont : 

Bissertatio de insectis viventibus intrà viveniia. Leydé, 1760, in-4 0 . 

JElenchüs zoophj'toruni, gétierum ddumbraiiones , specierum descrip 
tiones, cum sélectis syrionymis. La Haye, ^766 , -Trad. en alfe 
mand , Nüremberg, 1787 , in- 4 °. 

Cet ouvrage est : 


des descripti 




âge chez les peuples Kalmouks elles Ta 
ichrichten ueher die Môngotischen Vot 





Pemidof, 


par La Boulage et Tonnelier. 
bus instructœ. Léipzick, 1800- 


aedt et de Steller, 


iseigné la médeci 








en 1694 à Berlin , où il mourut le 24 juillet 1770, remplissant la place de 
premier chirurgien à l’hôpital de la Charité, et la chaire de chirurgie au 
Collège médico-chirurgical. On a de lui : 

Anleitune zur praktischen Chirurgie. Berlin, 1763, in-8 °..-Ihid: 1770V 
in-8°. 

Ueber die chirurgiscken Operationen. Berlin, 1763, in-8 0 .-Appendice,. 
Jbid. 1770, in-8°. 

Anleitung, dieKnochenkrankheiten zuheilen. Berlin, 1770, in-8°. 

( a.-i.-l. JOURDAN ) 

PALLUCCI ( Noël-Joseph ) , né en 1719», mort le 28 juil¬ 
let 1797, élait bachelier en médecine de 1 université de-Paris. 

Il exerça la chirurgie d’abord à Florence, pu,is à “Vienne. Par¬ 
tisan de l’ancienne méthode du petit appareil, il recommanda, 
aussi celle de Foubert, et modifia légèrement le haut appareil». 
Il inventa, pour diriger plus facilement le lithotome dans la 
-vessie, un conducteur dont l’extrémité est arquée, et qu’il, 
plaçait dans la bifurcation de la sonde creuse. Ce conducteur 
lui-même portait une cannelure, le long de laquelle on condui¬ 
sait le lithotome dans la vessie, et se terminait par deux bras* 
qui maintenaient convenablement la lame de l’instrument. Le 
procédé de Pallucci pour l’opération de la fistule lacrymale con¬ 
sistait à introduire, par un des points lacrymaux, une canule 
d’or très-déliée, qui lui servait à guider un fil également d’or 
dans'les voies lacrymales. Au bout de quelque temps , il atta¬ 
chait à ce fil une mèche, qu’il enduisait de digestif, quand il le 
jugeait nécessaire. Lorsque la fistule élait ancienne, il incisait 
le sac lacrymal, sondait le canal nasal, et y introduisait ensuite 
une canule d’or très-mince, qui lui servait à passer un fil d’or,, 
auquel il finissait par attacher, comme précédemment, des. 
mèches trempées dans un digestif. Ses ouvrages sont : 

Description d’un nouvel instrument pour abattre la cataracte-, avec 
tout te succès possible • Paris, 1750 , in-12,-Trad. en allemand , Léipzick,. 
i752 l ,'in-8°. 

Histoire de Vopération de la cataracte faite à six soldats invalides . 
Paris, i 7 5o, in-12. _ 

Nouvelles remarques sur la lithotomie, suivies de plusieurs observations- 
sur la séparation du pénis, et sur Vamputation des mamelles. Paris, . 
in-12. -Trad. en allemand, I.éipzick , 1753 , in-8°. 

Lettre sur les opérations de la cataracte faites par M. Pallucci. Rouen , 
(sans date), in-8°. 

Lithotomie nouvellement perfectionnée, avec quelques essais sur la 
pierre, et sur les moyens d'en empêcher la formation. Vienne, 1757,. 

Methodus curandæ fistulœ lacrymalis. Vienne, 1762, in-8 <r . 

Descriptio novi instrumente pro cura cataractes. Vienne, 1763, in-8'’. 

RatioJacilis atque luta nurium curandipolypos. Vienne, 1763, in-8°» 

Lettre sur la cure de la pierre. Vienne, 1764 > in-4 °. 


358 P A N T 

Saggio di nuove osservazioni e scoperfe. Florence, 1768 , in-8°. 

Sendschrsiben ueber einige an ihm gemachte Einwendmgen. Vienne, 
1786, in-8°. (J.) 

PANAROLI ( Dominique), médecin de Rome, étudia dans 
cette ville sous Pierre Castelli, et mérita la place de professeur 
de botanique à laquelle le pape Innocent x le nomma. De cette 
chaire, il passa à celle d’anatomie, qu’il remplit jusqu’à sa 
mort, arrivée en i 65 n. On a de lui un ouvrage intitulé : 

Iatrologlsmorum , seu medicinalium dbservationum pentécostœ quinque, 
ulilibus prœceptis, singularibus medelis, reconduis speculalionïbus, par- 
tentosis casibus refertœ. Rome, i 652 , in-4 0 . - Hanau , ifi54, in-4 0 . 

On trouve à la suite de cet ouvrage plusieurs opuscules sur le camé¬ 
léon, l’air, la mer, la botanique, etc., qui avaient déjà paru séparément. 

M, 

PANCK.OW (Thomas), né le 27 janvier 1622, dans un 
village de la moyenné Marche de Brandebourg, situé à peu de 
distance de Rupin, étudia la médecine à Rostock et à Leyde, 
et prit le grade de docteur dans cette dernière Université, en 
1649. -A- 50,1 r et° ur en Allemagne, il s’établit à Berlin, et y fut 
nommé médecin de la cour en t 654 , par Frédéric-Guillaume. 
La mort termina sa carrière le 9 décembre i 665 . On a de lui 
uni ouvrage intitulé : 

Rerbarium , oder Kraeuter-und Gewaechsbuch. Dim , i654 , in-4°. - 
Berlin, i656, in-4 0 . - Léipzick, *656, in-4°. - Cologne, 1673, in-4°. - 
Iéna, 1673, in-4°. - Ibid. 1676, in-4°. - Léipzick, 1670, in-4°- -Trad. en 
allemand, Léipzick, i 7 56, in-4». . 

Les figures sont petites, mais ne sont pas mauvaises, quoique gravées 
sur bois. Zoru, qui a donné l’édition de Cologne, en a ajouté plus de 
cent soixante et dix, de sorte que, dans cette édition , leur nombre total 
s’élève à quinze cent trente.six. Toutes ne sont point originales. (o.) ■" 

PANTHOT (Jean-Baptiste), fils d’un chirurgien distingué 
de Lyon, était né vers 1640. Après s’être fait recevoir à Mont¬ 
pellier, il revint exercer dans sa ville natale , où. il mourut en 
1707. A l’âge de soixante et trois ans, il se fit opérer de la 
pierre, trois fois dans l’espace de six mois, par un de ses frères, 
qui employa le grand appareil. Nous avons de lui des lettres 
ou observations sur divers sujets de physique, d’histoire na¬ 
turelle et de médecine, dans le Journal des savans, ainsi que 
plusieurs ouvrages, intitulés : 

Traité des dragons el des escarboucles. Lyon, 1691, in-13. 

Traité de la baguette , ou la recherche des véritables usages auxquels 
elle convient. Lyon, i6g3, in-4° etin-12. 

Réflexions sur l'état présent des maladies qui régnent dans la ville 
de Lyon, dans le royaume et en diverses parties de CEurope, depuis la 
fin de 1693 jusqu'à présent. Lyon, 1695,10-12. 

Dissertation sur l'usage des bains chauds, principalement sur ceux 



PAPA 35 9 

d'Aix en Savoie, et sur teffet du mercure dans la guérison de la vérole.. 
Lyon , 1700, in-4°. 

Dissertation instructive et très-curieuse sur la pratique de trois opéra¬ 
tions de la pierre, faites en six mois de temps,. Lyon, 1902, in~4°. 


PA1VZER (Geop.ges-Wolfgawg-François) , médecin à Nu¬ 
remberg:, né en 1^55, à Etzelwang, dans le Haut-Palalinat, a 
rendu de grands services à l’entomologie, et publié, sur cette 
belle partie de l’histoire naturelle, un ouvrage surtout que 
l’exactitude des figures place au nombre des plus utiles- 


Dissertatio de dolore. Altd'orf, 1-994, ’ n ‘4 n * 

Observationum bolanicarum specimen. Nuremberg, 1981, in-8". 

Beytrag zur Gesehickte des Ostindischen Brodlbaums. Nuremberg ,- 

Beytrag zur Geschichte der Insehten. Nuremberg, 1988, in-4°* 

Novœ insectorum species. Nuremberg , 1790, iu-4 0 . 

Faunœ insectorum Germar.iæinitia. Nuremberg, 1992 et suivans, 109 
fascicules in-12, trans. 

Le texte est en allemand. Chaque fascicule comprend vingt-quatre plan¬ 
ches enluminées. 

Faunce insectorum Arnericçe borealis prodromus. F.rlangue, ijgj}* î“‘4 0i 

Entomologie germanïca. Nuremberg:, X99&, ra-8°. 

Symbolœ enlomologicœ. Erlangue, 1998, in-4°. 

D.-J.-C. Schaeÿeri iconum insectorum circà Ratisbonam indigenorum 
enumeratio systematica. Erlangue , 1804, in-4°. 

Krilische Prévision der Inseklenfaune Teutschlands. Nuremberg., 
i8o5-i8o6, in-S». 

Entomologischer Fersuch ueber die Juerinischen Galtungen der Lin- 
neiscken Hymenvptern, Nuremberg, 1806, in-12. 

Index entomologicus; pats prima, eleulheratka. Nuremberg, i8i3 , 


PAPA (Joseph del)., né en i 64 p ® Empoli en Toscane ^ 
étudia la médecine sous François Iledi, dans l’UnivcEsité de 
Pise, fondée dès 1389, Il professa ensuite, dans la même école r 
la dialectique, puis les institutions théoriques de médecine, et 
enfin la médecine pratique, et ne quitta la carrière de l’ensei¬ 
gnement que pour remplir les fonctions de premier médecin du 
grand-duc Jean Gaston de Médicis, son souverain. Del Papa, 
mourut en 1737. On a de lui : 

Lettera intorno alla natura det caldo e del freddài Florence, 1674 , 

in-8 0 . 

Lettera nella quale si discorse se il fuoco e la liice sieno unacosa me - 
Aesima. Florence, 1670, in-8°.- 

Ces deux écrits sont empreints- du cachet qui caractérise les travaux 
de l’Académie delCimento. 

Éxercitatio de principuis kumoribus qui in humcmo corpore re’periuntur; 
deque eorum historié, qualitalibus et qfficiis. Florence, 1933, in- 4 °. 
-Venise, 1935, in-8°. - Leyde, 1738, in-8°., avec le traité de Jérôme 
Barba to, De sanguine e jusque sero. 

Les doctrines chimiques dominent plus que l'observation, dans cette 
double production. 




36o j PAPI 

Consulti medici. Rome, 1733, in-4°.-Venise, 1734, in-4°- 

Les bons critiques en médecine estiment en général assez peu ces con¬ 
sultations ; ils ne leur font pas pins de grâce qu'à celles de son maître 
Redi, restées plus célèbres, moins pour leur mérite médical, que comme 
un modèle de prose toscane. 

Tratiati variifalli in diverse circostanze. Florence, 1734, in-4 0 , 

(K.. DESGENETTES ) 

PAPIN (Denys), né à Blois, vers le milieu du dix-septième 
siècle, s’appliqua d’abord à la médecine, prit le grade de doc¬ 
teur à la Faculté de Paris, et pratiqua ensuite l’art de guérir 
dans celte capitale. Ses momens de loisir étaient consacrés à la 
physique, dans laquelle les conseils d’Huygens lui firent faire 
de rapides progrès. Déjà il s’était fait connaître d’un manière 
avantageuse dans.le monde savant, lorsqu’il passa en Angle¬ 
terre, où Boy le, qui l’accueillit avec distinction, l’associa à 
ses belles expériences sur la nature de l’air, et le fit admettre, 
en i68x, au nombre des membres de la Société royale de 
Londres. Les mémoires sur divers sujets que Papin inséra dans 
les Transactions philosophiques, étendirent rapidement sa ré¬ 
putation. En 1687, l’Université de' Marbourg lui offrit une 
chaire de mathématiques qu’il remplit avec beaucoup de succès. 
Nommé, en 169g, correspondant de l’Académie des sciences 
de Paris, il termina sa carrière en 1710. Le Journal des savans, 
les Transactions philosophiques, les Nouvelles de la.Républi- 
que des lettres et les Actes des érudits de Léipzick renferment 
un grand nombre de lettres et de mémoires de sa façon. 11 a 
publié, en outre, les ouvrages suivans : 

La manière d'amollir les os et de faire cuire toutes sortes de viandes, 
en fort peu de temps et à peu de frais, avec une description de la mar¬ 
mite dont il faut se servir pour cet effet , ses propriétés et ses usages, 
confirmés par plusieurs expériences. Paris, 1682, in-12. - Amsterdam , 
1688, in-4°.-Trad. en anglais, Londres , 1681, in-4”., avec une conti¬ 
nuation , Ibid. 1682, in-4°. 

Gette machine, appelée digesteur, est le principal titre de Papin à la 
gloire. On en trouve la description partout. Elle est inusitée depuis qu’on 
a découvert, dans l’acide hydrochlorique, un moyen bien plus commode 
pour isoler la gélatine des os. 

Fasciculus dissertalionum de novis quibusdam machinis atque aliis ar- 
gumentis philosopkicis. Marbourg, 1695, in-S°. 

Papin a réuni dans ce recueil la plupart des pi'ces qu’il'avait dissémi¬ 
nées dans les 'journaux, en y ajoutant des corrections et d’importantes 
additions. 

Ars nova ad aquam ignis adminiculo efficacissimè elevandam. Léip¬ 
zick, 1707, in 8°.-Trad. en français, Casse!, 1707, fn-8°. 

Papin avait fait, dès i685, des expériences sur les machines à vapeur, 
parmi les premiers inventeurs desquelles on doit le placer. 

Papin (Nicolas ), père du précédent, et oncle d’Isaac Papin, théo¬ 
logien calviniste connu par ses opinions auxquelles on donna dans le temps 
le nom de pajonisme, a laissé plusieurs ouvrages : 

Se pulvere sympatkelico. Paris, 1644, inS°.-Ibid. i65o, in-8°.-Pa- 


PARA. 361 

doue , i654, in-8°. -Nuremberg, 1660, in-i2.-Trad. en français, Paris, 
i65i , in-8°. 

jR aisonnemens philosophiques touchant la salure , flux et reflux de la 
mer , et Vorigine des sources. Blois, 1647, in-8°. 

Prolusio de aurium ceruminis usu invento. Saumnr, 1648, in-12. 

La poudre de sympathie défendue contre les objections de Caltier. 
Paris, i65i , in-8°. 

Considérations sur le Traité des passions de Descartes. Paris, 1602, 
in-8°. 

Cordis diastole advenus Harveianam innovationem defensa. Alençon, 
i653,in-4°. (o.) 

PARACELSE (Philippe-Aübéole-Théophkaste ), dont le 
véritable nom était Bombast de Hohenheim , naquit en i4g3 à 
Einsiedeln, petite ville voisine de Zurich. Son père, qui exer¬ 
çait Part de guérir, et qui possédait une belle bibliothèque, 
l’initia de bonne heure dans les mystères de l’alchimie, de l’as¬ 
trologie et de la médecine. Quelques ecclésiastiques, entr’autres 
l’abbé Tritheim, prirent aussi parta son éducation. II fréquenta 
ensuite les Universités d’Allemagne, d’Italie et de France, mais 
donna peu d’attention à l’étude, car ses ouvrages nous le montrent 
ignorant jusqu’aux premiers élémens des connaissances les plus 
vulgaires; lui-même convient qu’il n’aimait pas les livres, et 
qu’il avait les langues en horreur. Mais il travailla long-temps 
chez le riche Fugger, pour apprendre dé lui le secret du grand 
oeuvre. Au sortir des écoles'publiques, il entreprit une longue 
suite de voyages en Allemagne, en Portugal, en Espagne, en 
Angleterre, en Hollande, en France, en Italie, en Danemarck, 
dans l’Orient, en Lithuanie, en Hongrie, en Valachie, en 
Transylvanie et en Croatie, observant partout lès merveilles dé 
la nature, et ne négligeant aucune occasion de s’instruire, mais 
mettant peu de discernement dans le choix de ses sources, 
puisqu’il n’accueillait pas moins les notions va'gues fournies par 
les magiciens, les bourreaux, les vieilles femmes et les bohé¬ 
miens, que les lumières qu’il puisait dans ses rapports avec les 
médecins. Il fit aussi plusieurs campagnes en qualité de chirur¬ 
gien militaire, car il dit avoir guéri beaucoup de malades dans 
les Pays-Bas, les Etats de Rome, et le royaume de Naples, 
ainsi que pendant les guerres contre les Vénitiens, les Danois 
et les Hollandais. On ignore à quelle époque il revint en Alle- 
r magne, et l’on sait seulement qu’en i52Ô , il obtint une chaire 
à l’Université de Bâle. La méthode nouvelle qu’il suivit dans 
l’exposition de la théorie et de la pratique de l’art, ses ma¬ 
nières singulières et emphatiques, et plus encore l’usage qu’il 
introduisit de faire des cours en langue vulgaire, attirèrent une 
foule de disciples à ses leçons. L’auto-da-fé public qu’il fit des 
livres d’Avicenne et de Galien, et la haine qu’il avait inspirée à 
tous les médecins, contribuèrent peut-être plus encore que son 




36a PARA 

ivrognerie et sa vie ordurière, à le rabaisser dans l’esprit pœ~ 
bliç. Un procès scandaleux qu’il perdit contre un de ses ma¬ 
lades, et à l’occasion duquel il s’oublia jusqu’à tenir les propos 
les plus injurieux contre les magistrats, vint encore aggraver 
sa position, et le mettre dans la nécessité de quitter Bâle en 
toute diligence. Il se rendit d’abord à Colmar, où il recom¬ 
mença la vie de the'osophe ambulant, qu’il avait mene'e dans sa 
jeunesse. Après avoir parcouru une partie de l’Allemagne, la 
Moravie, là Hongrie et la CarinLhie, il s’arrêta, enfin, à Salz- 
bourg, où il mourut le 2:j septembre i 54 i , et où l’on voit 
encore aujourd’hui une inscription sur la maison qu’il habitait» 
Ainsi pe'rit, à quarante-huit ans, celui qui prétendait avoir le 
secret de prolonger la vie pendant plusieurs siècles. 

Paracelse a été jugé très-diversement. Les uns, comme 
Eraste, Zimmermann et Girtanner, l’ont traité avec Je plus 
grand mépris, tandis que d’autres, commeHensler et de Murr, 
lui ont prodigué de grands éloges. On doit se défier et de ceux 
qui l’ont poursuivi avec l’acharnement de la passion, et de 
ceux qui n’ont pas craint de dénaturer les faits pour présenter 
son savoir et son caractère sous un jour favorable. Pour prendre 
une idée juste de cet homme extraordinaire, il faut se rappeler 
que la crédulité était le caractère de son siècle, que l’astrologie 
et l’alchimie régnaient alors, et qu’une foule d’illuminés et de 
fanatiques s’étaient emparés des esprits, eu Allemagne surtout» 
Ce fut en caressant les faiblesses de ses contemporains que Pa¬ 
racelse parvint à opérer One révolution qui fait époque dans 
l’histoire de la médecine. Il était impossible de ne pas réussir,, 
en parlanl le langage du peuple, dépréciant les études qui ef¬ 
frayent tant les esprits paresseux, et employant une foule de 
termes mystiques qui font d’autant plus d’impression sur la 
multitude, qu’ils sont moins intelligibles. 

Nous n’exposerons pas le système philosophique de Para¬ 
celse, dont M. Rixner a tracé un excellent tableau, auquel nous 
renvoyons le lecteur, et nous nous contenterons de caractériser 
à grands traits sa doctrine médicale, si l’on peut donner ce 
nom à des principes décousus. Dominé par le mysticisme , et 
partant de l’idée que le Bible conduit à toutes les vérités, il 
établit que c’est dans ce livre qu’on doit chercher la clef de la 
théorie des maladies, et que celui qui obéit aveuglément à la 
volonté de Dieu, peut guérir tous les maux et prolonger sa vie 
à l’infini. Sa physiologie repose sur l’application des lois de la 
cabale à la démonstration des fonctions du corps de l’homme, 
ce qui suffit pour faire prévoir qu’elle se compose d’un amas 
confus des idées les plus incohérentes. Sa pathologie p’est pas 
moins absurde, et repose également sur la magie. Attribuant 
les maladies à cinq causes qui se rattachent au système astre- 



PARA 363 

logique, il enseignait qu’au lieu d’observer les symptômes, ou 
doit consulter les planètes pour découvrir la nature de la cause 
efficiente. De même en thérapeutique, sa théorie est toute ca¬ 
balistique, et il recommande, avant d’user d’un médicament, 
d’observer l’influence des constellations, pour s’assurer si elle 
est favorable ou non. Comptant sur l’efficacité de ses arcanes 
et de ses paroles magiques, il va même jusqu’à rejeter tput à 
fait l’usage des instrumens tranchans, des caustiques et de la 
suture en chirurgie. Le seul service réel qu’il ait rendu à la g 
science, consiste à avoir renversé le galénisme et l’arabisme. j| 
Quoique les remèdes chimiques, dont il introduisit l’emploi , 
aient causé de grands maux entre des mains inhabiles, et qu’ou 
ait à lui reprocher d’avoir enraciné le système absurde aujour¬ 
d’hui répandu sur les maux vénériens et leur traitement par 
le mercure, on ne peut disconvenir que ce ne fût être utile à 
la science que la debarrasser de la polypharmacie dégoûtante 
et des théories humorales, qui en avaient arrêté pendant si long¬ 
temps les progrès, Paracelse a composé un grand nombre d’ou¬ 
vrages. Dans tous le style est grossier, et déparé, tant par des 
fautes de langue, que par le plus étrange néologisme. On soup¬ 
çonne que plusieurs de ceux qui portent son nom ne sont, pas 
de lui, mais de ses élèves. L’édition latine la plus complète a 
pour titre : 

Opéra omnia medico-chymico-chirurgica. i^ïenève, i658,3 vol. in-fol. 

Il y en a une autre (Francfort, i6o3, 10 vol. in-4°- )- On possède 
aussi deux éditions allemandes, dues aux soins de Huser (Bâle, 1589-1890, 

10 vol. in-4 0 . - Strasbourg, i6o3-i6i8,4 vol. in-fol. ). fie dernier volume 
de la seconde ne renferme que des écrits apocryphes. La grande (Chirurgie 
de Paracelse a été traduite en français par Cl. Dariot ( Lyon,^5g3, in-4". 
-Ibid. i6o3, in-4°.-Montbéliard,’ 1608, in-8". ) T -s—' 


PARAVIC1 NO (Fabbice), né dans la Valteline , au pays 
des Grisons, étudia la médecine à Milan, et l’exerça pendant 
quarante années à Trezzo, où il mourut au mois de mai i6g5, 
âgé de soixante et quatre ans. On a de lui plusieurs ouvrages : 

Sqglievo delP età cadente. Milan, 1690 , imS". 

La regola del vivere. Milan, 1690, in-8°. 

Abuso de' medipi, nel medicare gli absenti infermi. Milan, 1694 , 
in-8". 

Accjue mineralidi Masino descritte. Milan, 1694, in-8". 

Paravicino ( Pierre-Paul) , médecin deCôme, sa patrie, an seizième 
siècle, fut fait citoyen de Milan en 1547. Il a laissé : 

De Massiniensium et Burmensium thermarum situ, naturâ, miraculis- 
<juc . Milan, i545, in-4 ".-Ibid. i658, in-12'. 

La seconde édition , en italien, est due à Jean-Pierre Paravicino, mé¬ 
decin de Milan, qui l’a augmentée d’additions, les unes par lui, les au¬ 
tres par Jean-André Malagrida, médecin de Sondrio. (p.f 

,*.*4» Cl <•"$«>**** £**-.* •• 





364 PARÉ 

PARE (Ambroise) naquit à Laval, dans le Maine, vers le 
commencement du seizième siècle. Ses parens, qui étaient peu 
fortunés , négligèrent sa première éducation , et un chapelain, 
chez lequel il fut placé, l’employa plutôt au service de sa 
maison qu’à l’étude de la langue latine qu’il devait lui ensei¬ 
gner. Quoi qu’il en soit, le jeune Paré, rendu par hasard témoin 
de l’opération de la taille, se sentit une vocation décidée pour 
la chirurgie, et, quittant son précepteur, il se rendit à Paris, 
- où il cultiva l’anatomie avec autant d’ardeur que de succès. 
Choisi par Réné de Montijean, colonel-général des gens de 
pied, pour être son chirurgien, Paré fit avec cet officier plu¬ 
sieurs campagnes en Italie. A son rétour, il fut reçu chirurgien 
gradué au Collège de Saint-Edme, et ensuite nommé prévôt 
de cette corporation, dont tous les membres étaient lettrés et 
n’avaient aucune affinité avec les barbiers. Paré avait réparé 
alors l’imperfection de ses études classiques , et l’érudition 
dont il a donné tant de preuves dans ses ouvrages, témoigne 
assez qu’il s’était rendu familière la langue des auteurs anciens. 
En i 552, Henri n le choisit pour son chirurgien; il exerça en¬ 
suite les mêmes fonctions près de François n, de Charles ix et 
de Henri m. Il mourut en i5gO, honoré des bontés du roi, 
estimé de la cour, et considéré partout comme l’oracle de la 
chirurgie de son siècle. L’accueil que lui fit la garnison de 
Metz, et le soin que priL Charles ix de le préserver des fureurs 
de la Saint-Barthélemy, sont des anecdotes trop connues pour 
qu’il soit nécessaire de les reproduire ici. Les ouvrages de ce 
grand chirurgien, dont plusieurs, tels que le Traité des plaies, 
celui de l’Administration anatomique et celui de la Peste, 
avaient paru séparément, sont réunis sous ce titre : 




PARISANO (Emile), médecin italien , natif de Rome, étu¬ 
dia son art à Padoue, sous l’illustre Fabrizio d’Aquapendente, 
et alla ensuite le pratiquer à Venise, où il se distingua bientô 
par des cures heureuses. îi’ayant jamais disséqué, il voulul 
écrire sur l’anatomie, et mit dans ses ouvrages autant d’igno¬ 
rance que d’orgueil. Riolan, dont il était l’ennemi juré , , fui 
surtout en butte aux invectives qu’il répandit contre les ana¬ 
tomistes de son temps. L’une des erreurs qu ? il soutint avec le 
plus d’opiniâtreté, fut l’aplatissement du diaphragme dans Tins 
piratîon et sa voussure dans l’expiration. Il mourut à Venise 
en i643, âgé de soixante-seize ans. On a de lui: 

Ndbilium exercitationûm libri duodecim de subtilîtate microcosmicâ 




PARKINSON (Jean), né à Londres en 1567, exerça la 
pharmacie dans cette Ville, et abandonna ensuite le commerce 
pour se livrer entièrement à la botanique, qu’il aimait avec 
passion. On ignore l’époque de sa mort. Ses ouvrages, quoi- 
qu’infcrieurs de beaucoup à Ceux de L’Eclüse et de Lobel, mé¬ 
ritent d’être signalés, en cé qu’ils sont les plus complets que 
l’Angleterre ait possédés jusqu’à Morison et à Ray. Plumier lui 
a consacré un genre de plantes (Parkinsonia ) de la famille des 
légumineuses. 


The villagers friend and physicien. Londres , 1800, in-12. 

The Chemical pocket-booh. Londres, 1799, in-8 °.-Ibid. 1801, in*8°. 

The hospital pupil. Londres, 1800, in-8 0 . 

Hints for the improvement of truss. Londres, 1802, in-8°. 

The way to hédlûi . Londres, 1802, in 8°. (o.) 

PARMENTIER (Antoine-Auguste), né eu 1737, à Mondi- 
dier, fut privé de bonne heure de la tendresse et de l’appui de 
son père, et demeura confié aux soins d’une mère qui joignait 
un esprit cultivé à une grande élévation dans l’ame. La médio¬ 
crité de sa fortune lui interdit les études de collège, qui heu¬ 
reusement ne sont pas seules en possession de former des esprits 








FARM 367 

supérieurs. Elle le força en outre -d'embrasser de bonne heure 
une profession utile, et la pharmacie fut celle pour laquelle il 
se décida. Après l’avoir étudiée quelque temps dans sa ville na¬ 
tale, il vint à Paris, où il resta jusqu'au moment de son dé¬ 
part, comme pharmacien militaire, pour l’armée de Hanovre 
en 1757. Bayen et Ghamousset s’intéressèrent à son avancement, 
et le célèbre Meyer lui dévoila tous les mystères de la chimie. 
De retour à Paris en 1763, il reprit ses études, et trois ans 
après, il obtint au concours-la place de pharmacien-adjoint de 
l’hôtel des Invalides, qu’il exerça pendant six aimées, au bout 
desquelles quelques-unes de ces intrigues si ordinaires sous les 
gouvêrnemens absolus, le privèrent d’exercer le grade supérieur 
auquel il venait d’être promu, et ne lui en laissèrent que lé trai¬ 
tement. Bientôt ses vues se portèrent spécialement sur les moyens 
d’augmenter les commodités de la vie dans sés besoins les plus 
immédiats. La pomme de terre attira surtout Son attention, et 
il eut la gloire de dissiper les préventions aveuglés qui s’op¬ 
posaient chez nous à l’emploi général de cette plante utile, que 
l’ignorance abandonnait entièrement aux animaux. Favorisé 
par Louis xvi, qui employa les plus nobles moyens pour se¬ 
conder sa généreuse entreprise, il vit bientôt l’enthousiasme 
succéder au dédain, et sa plante chérie prendre enfin le rang 
qu’elle méritait d’occupér parmi nos richesses agricoles. Le blé 
de Turquie et la châtaigne ne furent point non plus négligés 
par lui, et il épuisa tout ce qu’on pouvait dire au sujet de cés 
deux sémences, si précieuses pour quelques-unes de nos pro¬ 
vinces. Non content d’augmenter les ressources alimentaires, 
il travailla aussi à perfectionner la boulangerie , et proposa la 
•mouture économique, dont l’emploi augmente lé produit dé la 
farine d’un sixième. La faveur éclatante dont lés auteurs de là 
révolution honorèrent la pommé de terre, né s’étendit point 
d’abord'k Parmentier, rendu Suspect par ses rapports avec 
l'ancien gouvernement et par l’accueil particulier qu’il avait 
reçu du roi ; mais le besoin qu’on eût de savans pour seconder 
un immense développement militaire, le fit bientôt rappeler à 
un service actif. Chargé de surveiller les salaisons destinées à 
là marine, il s'occupa en même temps de la préparation du 
biscuit de mer. En 1796, il fut porté sur la liste de l’Institut. 
Depuis lors il remplit avec un zèle infatigable lés fonctions 
d’inspecteur général du service de santé et d’administrateur des 
hôpitaux. Il améliora le pain des troupes, et rédigea un code 
pharmaceutique, qui fut généralement adopté pour lés hospices 
civils, les secours à domicile et lés infirmeries dés maisons 
d’arrêt. 11 ne demeura pas non plus étranger à la propagation 
de la vaccine, et indiqua le moyen de rendre les soupes écono¬ 
miques aussi saines qu’agréables au goût. Pendant le blocus 




568 PAB.M 

continental, il reconnut et proclama les avantages du sirop de 
raisin, qui soutint bientôt la concurrence avec le sucre fourni 
par la betterave. En un mot, toutes les découvertes utiles au 
genre humain trouvèrent en lui un zélé propagateur. Son ar¬ 
dente philanthropie ne le quitta pas un seul instant jusqu’au 
tombeau, où il fut conduit le 17 décembre i 8 i 3 par une affec¬ 
tion chronique de poitrine. Ses nombreux ouvrages sont rem¬ 
plis de détails intéressans, mais ils se ressentent de l’insuffi¬ 
sance de ses premières études; ils manquent de méthode, et 
sont écrits d’un style lâche et diffus. 

Examen chimique de la pomme de terre. Paris, 1773, in-12. 







PASO . 36g 

Code pharmaceutique à P us âge des hospices civils, des secours à do¬ 
micile, etdes prisons. Paris, an x , in-8 °.-Ibid. i8o3, ia-S°.-Ibid. 1807, 
m-S\-Ibid. 1S11, in-8°. 

Rapports au ministre de T intérieur sur les soupes de légumes, dites à 
la Rumforl, et sur la substitution de l'orge mondé au riz, avec des ob¬ 
servations sur les soupes aux légumes. Paris, i8c>4, in-8°. 

L’art de faire les eaux-de-vie et vinaigres. Paris, l8o5, in-8 t.-Ibid. 
1819, in-8°. fig. 

Instruction sur les sirops et conserves de raisin destinés à remplacer 
le sucre. Vêtis, 1808, in-8°. - Ibid. 1809, in-8°. - Ibid. 1811, in-8®. 

Aperçu des résultats obtenus de la fabrication des sirops et des con¬ 
serves de raisin dans le cours des années 1810 et 1811 , pour servir de 
suite au traité public sur celte matière, avec une notice historique et 
chronologique du corps sucrant. Paris, 1812 , in-8°. 

Instruction pratique sur la composition, la préparation et l’emploi des 
soupes aux légumes, dites à la Rumfort. Paris, 1812 , in-8°. 

Formulaire pharmaceutique à Fusage des hôpitaux militaires. Paris, 
1812. 

La première édition de cet ouvrage est de l’an 11 ; il a été traduit en 
allemand et en italien. 

Nouvel aperçu des résultats obtenus de la fabrication des sirops et con¬ 
serves de raisin.’ Paris , i8i5, in-8 9 . - ( a.-j.-l. j.) 

PARSONS (Jacques), antiquaire et médecin anglais, na¬ 
quit k Barnslable, en 1703, reçut sa première éducationk Du¬ 
blin, et vint ensuite étudier la médecine k Paris, Ayant pris le 
grade de docteur k Reims, en 17864 il retourna dans sa patrie, 
où Douglas l’employa dans ses travaux anatomiques, et où il 
exerça en même temps l’art des accouchemens avec beaucoup 
de succès. La Socie'té royale lui ouvrit ses portes. Nous passons 
sous silence ses recherches sur les antiquités des langues euro¬ 
péennes , qui annoncent un homme très-savant, mais trop peu 
e'elairé pour la critique. On lui doit une nouvelle the'orie de la 
génération, qui n’a rien de remarquable. Son hypothèse sur la 
cause du mouvement des fibres musculaires n’offre plus aucun 
intérêt depuis les beaux travaux de MM. Dumas et Prévost. On 
a de lui divers mémoires insérés dans les Transactions philoso¬ 
phiques , et quelques ouvrages qui ont pour titres : 

Mechanical and crilical enquiry into the nature of hermaphrodites .. 
Londres, 1741,10-8°. 

Ce n’est qu’une compilation. 

Description qf the urinary human bladder and the parts belonging to it. 
Londres, 1742, in-8°.-Trad. en allemand, Nuremberg, in-8°.- 

en français, Paris, 17^8, in-8°. 

Le but de l’auteur est surtout de décréditer le remède de mistriss 
Stephens. 

The croonian lectures on muscular motion. Londres, 1745, in-4°. 

Human physiognomy explained. Londres, 171)6, in-4°. 

PkUùsophical observations on the anulogy between the propagation of 
animais and thaï of vegetables. Londres , I-5'ï, in-8°. -Trad. en hollan¬ 
dais , La Haye, 1753, in-S°. (z.) 





3 7 o PASI 

PÀSCHALIS (Michel- Jean) , ne à Valence, en Espagne, 
florissait au seizième siècle. Il avait étudié dans sa ville natale 
sous Cpllado, et à Montpellier sous Jacques Faucon. On lui 
doit une traduction espagnole dn traité de Jean de Vigo sur la 
chirurgie (Valence, i548, in-fol.—Sarragosse, i 58 i, in-fol.), 
et un petit traité sur la maladie vénérienne, qu’on trouve dans 
le second volume de la collection de Venise sur cette, affection. 
Paschalis ne dit rien qui mérite d’être remarqué, au sujet de 
la syphilis. Il la' regarde comme nouvelle, conseille contr’elle 
les décoctions végétales, alors généralement employées, et veut 
qu’on n’ait recours aux mercuriaux que quand ces moyens 
échouent. On a encore de lui un ouvrage intitulé : 

Praxis medica sivc methodus curandi.X alence, i555, in-8°.Lyon, 
l585, in-8°. - Ibid. 1602, in-8°. - Ibid. 16G4 , in-8 0 . 

Oq ne le confondra pas avec 

Paschalis ( Jearc ), médecin napolitain, de Snessa près de Capoue, 
qui vivait au commencement du seizième siècle, dont on a également un 
traité sur la vérole , qui ne renferme rien de remarquable , si ce n’est une 
nouvelle préparation mercurielle, de l’invention de l'auteur, qui consiste 
en dn merenre trituré avec de la salive. Cet ouvrage a pour titre: 

■ Liber de morbo qüodam composilo, qui vulgo apud nos gallicus appel-: 
latur. Naples , i534, in-4°. 

Inséré aussi dans le premier volume de la collection de Venise, (j.) 

PASCOLI (Alexandre), de Pérouse, naquit le 10 janvier 
*669, enseigna la médecine dans les écoles de sa ville natale, 
et y mourut le 5 février i 7 5 7 . Suivant l’usage alors adopté , 
et qui, par conséquent, ri’est rien moins que de création mo¬ 
derne, après avoir décrit les organes, il expose leurs usages et 
fonctions, puis indique les remarques que la pratique lui a 
douné occasion de faire sur les maladies. Presque tout ce qu’on 
trouve dans ses écrits, anatomiques surtout, est tiré de Borelli, 
Malpighi, Bellini, Redi, Bartholiu et Vieussens. En voici les 
titres : 


Il corpo umano , o brève storia doue con nuovo melodo si descrivono 
tutti gli organisuoi. Pérouse, 1700, - Venise , 1712, in~4°. - Ibid. 

1727, 3 vol. in-S“. -Trad. en latin, Rome, 1 -'>8, 3 voi. in-8°.; Ibid. 1738, 
in-40.; Venise, , 7 35, in-4». 

Delli febri teorica e prallica seconda il nuovo sislema. Venise, 1701 , 
in-4». 

Del moto. Rome, 1723, in-4°. 

Riposte ad alcuni consulli. Rome, 1736-1738, in-4°. (o.) 


PASINI (Louis), né à Padoue, y mourut le 22 août i 55 7 . 
Il remplit une chaire de philosophie et de médecine à l’Uni¬ 
versité de cette ville, et occupa pendant quelque temps la place 
de médecin du duc d’Urbino , qui commandait l’armée de la 
république vénitienne. On a de lui : 


De pestilaniiâ Palavinâ anni i555. Padoue, i556, in-8 0 . 



PATI 3?i 

Liber in quô de tkermis palavinis ac quïbusdam balneis Italiæ tractatur; 

Dans la collection De boLneis. 

Pasiki ( Antoine ) , médecin â Vérone, vers la fin du seizième siècle, 

Annotazioni ed emendazioni nella tradozione d'Andrea Matlioli dd 
cinque libri délia malaria médicinale di ÏHosconde. Bergame, 1591, 
in-4 n - - Ibid: 1608, in-4°. (o.) 

PASSAVANT ( Claude] , médecin suisse, né à Bâle le 17 
décembre 1709, fit ses études en c-ette ville, ainsi qu’a Neuf- 
chatel, devint conseiller et médecin du margrave de Bade- 
Durlach, et termina sa carrière te 21 août 1778. On a quelques 
ouvrages de sa façon : 

Dissertatio de insensibili perspirations Sanclorianâ et structura cutis. 
Bâle, i,33, in-4». 

Thèses anatomico-botanicœ. Bâle, i,33, in-4°. 

Theses historiées de observantiâ relinionis Romanorum atque Grœco- 
rnm. Bâle, i,3,, in-4», 

Specimen rhetoricum. Bâle, x,4i , >n-4°. (Z.) 

PATERN O (Bernardin), médecin célèbre du seizième siè¬ 
cle, était né à Solo, en Italie. Elevé avec soin par son père, 
qui était médecin, il conçut de bonne heure un goût décidé 
pour l’art de guérir, qu’il enseigna ensuite à Pise, â Mont-Réal, 
à Pavie et à Padoue. C’est dans cette dernière ville qu’il passa 
la plus grande partie dé ses jours. Il y mourut le 22 juillet 
1592. Ses ouvrages, dont nous allons rapporter les titres, ne 
justifient eu aucune manière là célébrité qu’ils lui firent acqué¬ 
rir parmi ses contemporains : 

De humorum purgatione circà morborum initia tentandâ. Rome, i54, > 
in-S°. - Spire, i58i , in-8°. 

Consilium de balneis Aquensibus , apud aquas Slàtiellorum ; 

Dans la collection De balneis. 

Explanationcs inprimam fen primi Canonis Avicennœ. Venise, 1596, 

Consilia medica l 

Dans le recueil dé Laurent Scholz. (z.) 

PATIN (Charles), le second et le plus chéri des fils du 
suivant, naquit à Paris le 23 février *633, A l’âge'de quatorze 
ans, il soutint des thèses en grec et en latin sur tout ce que l’on 
savait alors de philosophie. Des promesses d’un oncle qui ne 
furent point réalisées, l’engagèrenl à étudier le droit à Poitiers, 
et il fut reçu avocat, comme un préliminaire indispensable pour 
occuper une charge de magistrature. Déçu’de ses espérances, 
Charles Patin, cédant entièrement à ses goûts pour les sciences 
naturelles, suivit les écoles de Paris et fut reçu docteur en 
médecine. Bientôt il parut avec éclat dans la carrière de ren¬ 
seignement, et attira une foule inaccoutumée à ses leçons d’ana¬ 
tomie et de pathologie. Il se faisait en même temps connaître 

24. . 




372 PATI 

parmi les érudits par une introduction à la science des médailles. 
Ce fut le commencement de ses chagrins. Dans une dispute 
fort vive qu’il eut à l’occasion de ce livre avec le président de 
Sallo,'qui l’accusait de plagiat, Colbert, juge assez incompé- . 
tent, prit parti pour ce dernier. Peu de temps après, Charles 
fut accusé d’une indiscrétion criminelle et de diffamations en 
publiant les aventures galantes d’ùne grande princesse. Tant 
est-il qu’il fut obligé de fuir précipitamment de Paris, où son 
procès fut instruit, et où il fut condamné aux galères par con¬ 
tumace. Pendant que Charles était dans sa patrie l’objet de ces 
rigueurs, il était accueilli avec empressement et distinction 
dans les cours de Wurtemberg et de Bade, ainsi qu’a Stras¬ 
bourg. Continuant avec ardeur ses études et ses publications 
numismaliques, il venait de se fixer à Bâle, avec sa famille, 
lorsque la guerre le détermina à chercher un asile en Italie. Il 
fut nommé en 1677 professeur en médecine dans l’Université 
de Padoue, et chargé, en 1681, avec un traitement considéra¬ 
ble, de l’enseignement spécial de la chirurgie. On a dit qu’il 
eût pu facilement rentrer en France à cette époque, mais il 
resta fidèlement attaché à la patrie adoptive qui l’avait ac¬ 
cueilli et honoré dans le malheur. Le reste de la vie de Charles 
fut partagé entre les devoirs de sa chaire et l’étude de l’anti¬ 
quité. Il mourut le 10 octobre i 6 g 3 , et fut enterré avec solen¬ 
nité dans la principale église de Padoue. Les siens firent graver 
sur son tombeau une inscription qui rappelle ses mérites et 
les honneurs que lui avait conférés la république de Venise, 
qui, comme pour faire oublier une injuste flétrissure, l’avait 
créé chevalier de l’ordre de Saint-Marc. On trouve annexée au 
testament de Charles une lettre au roi, son ancien souverain, 
dans laquelle il protestait de son innocence, et priait S. M, 
d’accepter, comme un témoignage de ses coustans respects et 
de sa fidélité , cinq marbres précieux apportés de Smyrne, et 
une collection nombreuse et unique de dessins de médailles 
des empereurs romains. 

Voici la liste des travaux de Charles Patin : 

Indépendamment de plusieurs thèses de médecine qu’il composa, il fut 

Des voyages de Louis-Henri de Lomenie, comte de Brierme, écrits 
en latin. Paris, 2 e édition, 1662, iu-8“. 

Des lettres de Pierre Martyr d’Anghiera. Amsterdam , 1670, in-fol. 

De Suétone avec les médailles. 1675 et 1707, iri-tj". 

V Eloge de la folie d? Erasme avec les figures d'Holbein. Bâle, 1676, 
in-12, et quelques opuscules dont le titre est indiqué dans les mémoires 
de Niceron. 

Les ouvrages qui appartiennent en propre à Charles Patin, ou dont il 
a été le commentateur, sont: 

In stirpem regiam epigrammata, avec la traduction française sous ce 











3?6 PATE. 

reçu docteur de la Faculté de médecine de Paria en i 65 o, obtint la sur¬ 
vivance de la chaire de professeur royal qu'avait eue son père et dont il 
prit possession le 16 août 1667. 11 mourut à Cormeilles en I’arisis en 1670. 
Ce médecin, qui eut )a réputation d’uo érudit, n'eut pas celle d’un fils 
t rès-reconnaiss3nt. Il adopta et prononça l’écrit de Naudé intitulé : Pa- 
ranymphus medicus anni 1648: De anliquitate etdignitcue scliolœ medicce 
JParisiensis. ( a. desgekettes.) 

PATRIN (Eugène-Lotjis-Melchioe ), célèbre minéralogiste, 
vint au monde à Lyon, en 1742 j et se livra aux sciences natu¬ 
relles contre le vœu de ses parens, qui le destinaient au bar¬ 
reau. Après avoir terminé ses cours de physique et de chimie 
avec un succès étonnant, il résolut de faire un voyagé dans le 
nord de l’Europe, pour vérifier quelques hypothèses que les 
savans admettaient alors sans examen, et pour y recueillir des 
faits capables de répandre quelque lumière sur l’histoire si in¬ 
téressante et si peu connue du globe terrestre. Après avoir par¬ 
couru l’Allemagne et la Hongrie, il se rendit a Pétersbourg, 
où Pallas l’accueillit avec amitié. Ayant reçu l’autorisation de 
parcourir la Sibérie, il partit en 17&0, et employa huit ans 
à visiter les immenses chaînes du nord de l’Asie, depuis les 
monts Ourals jusqu’au delà du méridien fie Pékin. De retour 
en France, après une absence de dix ans, ilvirit se fixer à Paris. 
Sa ville natale le nomma député à la Convention, où il se. fit 
peu remarquer, et vota le bannissement de Louis xvi. Quelques 
mois après, il fut proscrit sous de légers prétextes, et réduit à 
se cacher tant que dura la tourmente révolutionnaire. Le comité 
de salut public le nomma ensuite surveillant de la Manufacture 
de Saint-Etienne. A la création de l’école des mines, il en fut 
nommé bibliothécaire, lui remit sa riche collection de miné¬ 
raux, et prit une grande part à la rédaction dn journal publié 
par les professeurs de cet établissement. Sur la fin de ses jours, 
il se relira h Saint-Vallier, près de Lyon, où il mourut le i 5 
août i 8 i 5 . Doué d’un imagination vive, il créa, pour expli¬ 
quer l’origine des volcans et des matières qu’ils rejettent, des 
filons et des couches métalliques, de la houille et en général 
fies substances minérales, des hypothèses liées à un système 
ingénieux qu’il avait forgé sur l’organisation du globe. La plu¬ 
part de. ces théories n’ont point été adoptées, mais il en est 
quelques-unes, sans doute, sur lesquelles on reviendra un jour, 
ainsi que semble déjà le faire pressentir l’exelraple donné par 
M. Breislak. Indépendamment d’un grand nombre de Mémoires, 
disséminés dans le Journal de physique,fies Annales dès mines, 
la Bibliothèque britannique et le Nouveau dictionnaire d’his¬ 
toire naturelle, il a publié : ' 

Relation d'an voyage aux monts Allai en Sibérie. Pétersbourg, 1783, 
m-8°. ' 



PAUL 377 

Histoire naturelle des minéraux. Paris, 1801, 5 vol. in-8°. 

Pour faite suite à l’édition de Buffon par Castel. 

Notes sur les Lettres à Sophie par M. Aimé Martin. Paris, 1810 2 vol. 
■in-8°. . (x.) 

PAUL D’EGlîïE, ainsi nommé, parce qu'il naquit dans 
l’îie d’Egine, vécut dans le cours du septième siècle, et non du 
quatrième, comme l’ont avancé à tort Réné Mot eau et Daniel 
Leclerc. ïl nous est resté fort peu de reriseignemens sur la vie 
de ce médecin grec. Tout ce qu’ôn en sait, c’est qu’il fit ses 
études à Alexandrie, quelque temps avant la prise de cette ville 
par Amrou, et qu’il voyagea, non-seulement dans toute la 
Grèce, mais encore dans d’autres régions, notamment dans 
celles qui étaient soumises aux Sarrazins. Comme il' s’était 
rendu fort habile en chirurgie et surtout dans l’art des accou- 
chemens, les Arabes le surnommèrent l 'accoucheur, et les sages- 
femmes venaient fréquemment réclamer ses conseils. Paul 
d’Egine ferme la liste des médecins grées classiques. Après lui, 
en effet, la science médicale tomba, ainsi que toutes les autres 
sciences, dans la barbarie,' pour ne se relever péniblement que 
vers le douzième siècle. Quoiqu’il ait beaucoup mis a contri¬ 
bution ses prédécesseurs, tels que Galien, Aetius, Alexandre 
de Tralles, et que, suivant son propre aveu, il ait fait un 
abrégé d’Oribasé, on ne doit pourtant pas le considérer comme 
un compilateur.servile j car il expose souvent des principes qui 
lui sont propres, et il réfute parfois les opinions de Galien et 
même d’Hippocrate. C’est principalement en chirurgie que Paul 
d’Egine s’est montré supérieur a tous les médecins grecs, non- 
seulement par une expérience consommée, mais encore par 
plusieurs méthodes curatives qui lui appartiennent. Sous ce 
rapport, quélques auteurs le mettent à côté de Celse, et le lui 
préfèrent même à certains égards. Paul d’Egine a encore le mé¬ 
rite de nous avoir transmis plusieurs fragmens de médecins 
anciens, et particulièrement la lettre de Dioclès de Caryste au 
roi Antigone, sur la conservation de la santé’. Les,œuvres de 
ce médecin sont divisées en sept livres. Le premier traite des dif¬ 
férentes parties de l’hygiène; le second , des fièvres ; le troi¬ 
sième est consacré aux affections des diverses parties du corps, 
en commençant par la tête; le quatrième comprend les mala¬ 
dies cutanées et vermineuses; dans le cinquième, il est question 
des poisons animaux, végétaux*et minéraux, et des moyens.de 
remédier à leurs effets; le sixième est tout entier chirurgical, 
on y remarque surtout un chapitre très-curieux , sur les traits 
et les flèches dont se servaient les anciens, sur la Composition, 
la forme de ces instrumeas meurtriers y et sur la manière de les 
extraire; enfin, le septième livre renferme la nomenclature des 
médicametts simples ranges suivant l’ordre de l’alphabet grec, 



3 ;S , PAUL 

puis la série des médicamens composés elles propriétés des uns 
et des autres; ce dernier livre est termiué par l’indication des 
poids et des mesures des anciens, et par là représentation des 
signes d’abréviation dont ils usaient pour formuler. Les ou¬ 
vrages de Paul d’Egine ont eu un grand, nombre d’éditions, 
dont voici les principales : 


Editions grecques. Venise, 15"ïS, in-fol. - Bâle, i538, in-fol. 

Cette dernière, due aux soins de J. Gemusaeus, est fort supérieure à 

Editions latines sous Je titré : Pauli Æginetœ opéra. Bâle, 1532,1546, 
in-fol.-Cologne , .534, i,548, in-fol.- Pans, .53a, in-fol. -Venise, i553,. 
i554, in-8°. - Lyon, i562 , . 56^, in-8°. 

Cette dernière édition , qui a près de mille pages, est la meilleure, 
parce qu’elle contient les notes et Ips commentaires de Gonthier d’An- 
derdach, de Cornarius, de J. Goupil et de Dalechamp, 

Edition arabe donnée par Honaiu , célèbre médecin syrien. 

Pierre Tolet, médecin de Lyon, a traduit en français la Chirurgie de 
Paul d'Egine. Lyon , i53 9 , in-12. 

le titre de Prœcepta salubria (Paris, i5io, in-4°.-Strasbourg, i5n , 
in-4°.-Nuremberg, i525, in-8°. etc. (renauldin) 


PAULET ( Jean-Jacques) , né en 174°* à Andèse, dans le dé¬ 
partement du Gard , fit ses premières études au Collège d’Alais 
et à Montpellier', où il reçut le bonnet de docteur en médecine 
en 1764. L’année suivante, ii publia l’histoire de la petite-vérole 
en deux volumes, y compris la traduction du traité de Rhazès. 
Son but était.de prouver que la maladie, prise à sa source, 
qui est l’Egypte, a été portée pour la première fois en Europe 
par les Sarrasins; qu’elle ne se communique point par la voie 
de l’air; qu’elle ne diffère point des autres maladies pestilen¬ 
tielles, puisqu’elle en a tous les caractères; qu’elle est conta¬ 
gieuse, aiguë et susceptible de devenir épidémique ou générale 
dans tous les climats; qu’elle a fait plus de mal à l’humanité 
et plus de tort à la raison humaine que toutes les autres pestes , 
et qu’il n’y a qu’un parti h prendre pour s’en débarrasser, qu’à 
imiter enfin les Etats-Unis d’Amérique, libres de préjugés, qui 
savent s’en défendre par une loi contre la contagion. Celte ve'- 
rité ne valut à l’auteur, de la part du ministère, que la menace 
de la Bastille s’il continuait à dire que la variole était conta¬ 
gieuse, et huit ou dix critiques pleines de fiel et de virulence, 
tant ii est dangereux de combattre des préjugés fortement 
enracinés, et d’établir une vérité utile. L’auteur fut plus heu¬ 
reux en 1776, quand il publia ses Recherches historiques et phy¬ 
siques sur les maladies e'pizootiques , 2 vol. in- 8 °., ouvrage 
épuisé, qui eut un succès complet dans le temps, et dont les 
principes ont été plus utiles aux bestiaux que ceux qu’on vou¬ 
lait établir sur la.pelile-yërolc l’ont été aux hotpnies, toujours 




PAUL 3 79 

pestiférés de cette maladie. La même année M. Paulet entreprit 
la rédaction de la Gazette de santé, qu’il continua plusieurs 
années, et qui fut ensuite reprise par Marie de Sainl-Ursin. 11 
tacha de ramener partout aux grands principes d’Hippocrate. 
C’est le seul endroit où l’on trouve la figure de la vraie coral- 
line de Corse. Ami des observations exactes et dé la vérité, 
M. Paulet banni t de cette feuille lès systèmes, la jactance fleurie, 
le style ampoulé, les phrases inutiles, qui fout tant de tort à 
la médecine moderne. On y trouve une guerre continuelle à la 
manie de l’introduction des poisons cil médecine. Dans le même 
temps, membre de la Société royale de médecine, il donna à 
Cette Société un mémoire sur la famille des champignons bülbeux, 
avec leur figure et leur description, marqué au coin de l’exac¬ 
titude et de l’utilité. 11 est encore l’auteur d’un ouvrage contre 
Mesmer, où l’on a admiré la vignette représentant les adeptes, 
Mesmer élevé sur un globe soufflé par Court de Gébelin, le ser¬ 
pent de la charité, Mesmer démasqué et couronné par la folie, 
qui lui donne un coup de sa marotte, Mesmer magnétisant la 
lune, et dont le magnétisme est réfléchi sur la petite Marguerite, 
stylée au jeu de la convulsion éraux attitudes les plus capa¬ 
bles d’attirer la curiosité des adeptes, dont l’attention se porte 
tantôt sur la boussole, tantôt sur le petit chien et le baquet, et dont 
les oreilles sont exercées par le jeu deTharmonica ; enfin on y 
voit les attributs de l’harmo'nica. Il èst aussi l’auteur d’un opus¬ 
cule intitulé : Mesmer justifié , qui lui valut quelques applau- 
dissemens, ainsi que d’un autre opuscule en Réponse à M. de 
Servan , avocat-général du parlement de Grenoble, qui préten¬ 
dait avoir donné un coup de canon à la médecine dans un temps 
où il n’était question que d’élever le magnétisme sur les ruines 
de cet art. Son Traité complet sur lés champignons , en i vol. 
in-4°-, date de fJ’jS; il fut le résultat d’une infinité d’expériences 
sur les animaux, dans la vue de constater les qualités bonnes 1 
et mauvaises de tous les champignons un peu remarquables, 
surtout de France, et à la faveur duquel on trouve et le nom, 
et la description et l’usage qu’on peut faire de quelque espèce 
qu’on rencontre, dont il y a déjà vingt-sept livraisons de figures 
toutes enluminées avec un soin particulier, qui offrent deux 
cent soixante-quinze espèces comprises sous trente familles, 
toutes éprouvées, et le seul ouvrage de ce genre sur lequel on 
puisse compter pour reconnaître le.s qualités de ces plantes, même 
au premier coup-d’œil, un signe de convention, à côté, annon¬ 
çant leurs qualités et leurs effets sur l’homme ou sur les ani¬ 
maux. On a encore deitM. Paulet : 

Un petit Traite de la moKsurè de la vipère, aspic de Fontainebleau ; 
dans lequel on indique le vrai traitement. Ayant eu occasion .d’en traiter, 



PAULI (Simon), naturaliste et médecin allemand, vint au 
monde, le 6 avril i6o3, à Rostock, où son père, Henri, était 
professeur. Il n’avait que sept ans quand la mort lui enleva 
ses parens, qui ne lui laissèrent pas de fortune; mais l’ardeur 
qu’il montra bientôt pour l’étude lui attira la protection de la 
reine douairière de Danemark, qui fournit aux frais de son 
éducation. Après avoir fréquenté les plus célèbres universités 
de l’Allemagne, de la Hollande et de l’Angleterre, il vint à 
Paris suivre les cours de Riolan, et se rendit ensuite à Wittem- 
berg, où le bonnet de docteur lui fut conféré en i(33o. Deux 
ans après l’Université de Rostock le nomma professeur de mé¬ 
decine , emploi qu’il conserva pendant sept années, au bout 
desquelles il alla fixer son séjour à Copenhague, et remplit les 
chaires de médecine, chirurgie et botanique, qu’on avait créées 
pour lui en cette ville. Ayant été appelé à la cour en 1600, il 
devint bientôt premier médecin du monarque, et obtint la pré- 



PAUL 381 

laturc d’Aarhitsen, qui est restée long-temps dans sa famille. 
Il mourut le 23 avril 1680. Ses travaux ont peu contribué aux 
progrès de l’histoire naturelle, quoiqu’il se soit beaucoup oc¬ 
cupé de cette science, et particulièrement de la botanique; ils 
n’ont pas non plus exercé une grande influence sur la médecine, 
et Pauli est du nombre de ces médecins qui ont joui, pendant 
leur vie, d’une réputation que la postérité ne confirme pas. Scs 
nombreux écrits sont intitulés : 

Disserlatio de hœmorrhagiâ. Copenhague, iGàgyjin-^. 

Dissertatio de anhrilide. Wittemberg, i63o, in-4°. 

De anatorniœ origine, prœstantiâ et utilitate synlagma, -Copenhague , 

Dissertatio de catarrho. Rostock, i63j , in-/j°. : 

Disserlatio de dolore dentium. Copenhague, i63g,.in-4°. 

Quadripaititum de simplicium medicamentorumjhcultatibus. Rostock , 
1639, in-4“.- Ibid. 1640, in-4°. - Strasbourg, 1667, in-4 °--Ibid. 1674» 
in-4°. - Copenhague, 1668, in-4°. -Francfort, 1708, in-4°. 

C’est un traité sur les propriétés dés plantes médicinales , dans lequel 
ou trouve entassées sans choix et sans goût toutes, les assertions de l’em¬ 
pirisme le plus grossier.. 

Oratio introductoria , cum Galenumjîeossib'us'ad sceleton publiée in 
collegio Firikiano esse interpretàturus. Copenhague , '1641,-m-4“. ", ' 

Oralio cur, sicat inter plasias Phydias, inter pictores Ap elles, ità 
inter medicos Hippocrates celebretur, nemove hâc œtate similis ei existât? 
Copenhague, 1644 , in-8°. 1 ....... 

Programma quo thealrum anatomicum auspicatus est. Copenhague, 

x644, in-4°- . 

Flora danica, det er : dansk urtéhog. Copenhague , 1648, in-4°; 

Le3^plantes sont disposées par ordre alphabétique et d’après les sai- 

Viridaria regia varia et academica. Copenhague, i653, in-12, 

Relatio de periculosissimo dijjicitlimo analomico-ckirurgico casu. Franc¬ 
fort, 1660, in-8°. ' 

Commentarius de abusü labaci americanorum veteri, et herbœ' ihee ‘ 
Asiaticoram in Furopâ novo- Strasbourg, 1661, in-4 0 . -Trad. en anglais 
par James, Londres, 1746 , 

Meihodus dealbandi ossa pro sceletopoeiâ, Copenhague, 1668, in-fol. 

- Ibid. 1673, in-4°. 

Digressio de wrâ, unicâ et proximâ causa, j'ebrium , neenon de aecu- 
ratafebres curandimetliodo. Francfort, 1680, in-4?. -Strasbourg ,16784 

Pauli ( Jean-Guillaume ), né à Léipzick, le 19 février i658, enseigna 
successivement la physiologie, l’anatomie, la chirurgie et la pathologie, 
dans cette ville, où.il mourut le i3 juin 1723, Il a donné une édition des 
opuscules d’anatomie et de chirurgie de Jean Van Hoorne (Léipzick, 

1707, in-8°. ). On a de lui beaucoup d’articles dans les Actes des Curieux 
de la nature, et un petit ouvrage intitulé : 

Specul aiones et observationes ariàtomicœ. Léipzick , 1722, in-4°. 

Pauli ( Jacques-Henri ), fils"de Simou, naquit t\ Copenhague, où il 
étudia la médecine avec beaucoup de succès, sous la direction de son 
père. En i658, il se mit à voyager, et lorsqu’il revint dans sa patrie, riche 
.des connaissances variées qu’ii avait puisées chez l’étranger, le roi de 
Danemark le .nomma professeur d’anatomie.! Mais, à cette époque, il fît 
marcher de front l’exercice de la médecine et l’étude du droit , et en 



382 PAUL 

i663 , iî obtint une chaîné d'histoire, qui ne tarda pas à être suivie du 
titre d’historiographe dé ia couronne. Revêtu depuis de plusieurs em¬ 
plois diplomatiques, entr’aulres' de l’ambassade d’Angleterre, il fut. 
anobli par Chrétien v, et prit alors le nom de Rosenscbild. On ignore ce 
qu’il devint sur la fin de ses jours, et l’on présume seulement qu’il alla 
les passer à Lubeck. On lui doit une bonne édition des observations de 
Bellini sur la structure des reins, et an petit traité ayant pour titre: 

Anatomiœ Bilsianœ anatome, occupata imprimis circà vasa mesaraïca 
et laryrinthum in ductu rorifero. Copenhague, i663, in-4°- - Nüremberg, 
1664, in-4°* -Strasbourg, t665, in-8°. (J.) 

PAULL1NI (CnsïxiEN-FRAKÇois) , célèbre polygraphe alle¬ 
mand, était d’Ëisëùach, ville de la Thuringe, où il vint au 
monde le 25 février 1643, de parens considérés,mais peu riches, 
dont la mort prématurée le laissa de bonne heure sans soutien. 
La duchesse douairière, qui l’avait tenu sur les fonts de bap¬ 
tême, se chargea de pourvoir aux frais de son éducation, et lui 
légua en mourant une somme suffisante pour lui permettre de 
continuer ses études. Un attrait invincible l’entraînait vers la 
médecine et les sciences naturelles, quoiqu’un vœu de sa mère, 
dont il était instruit, lui imposât la loi d’embrasser l’état ecclé¬ 
siastique. Un de.sës maîtres qü’il consulta le tira de l’embarras 
où le mettait le conflit de ses goûts et de sa conscience, en lui 
conseillant d’étudier à la-fois la médecine et la théologie. Paul- 
lini promit de suivre cet avis, et devint plus tranquille. Après 
avoir fréquenté diverses Universités d’Allemagne, il passa en 
Danemarck, pour suivre les cours de l’illustre Bartholin, qui 
lui fit un accueil distingué. Il obtint meme la permission de 
donner, à Copenhague, des leçons particulières de théologie 
dont le produit lui fut d’ün grand secours. En quittant le Da¬ 
nemarck, il vint s’établir à Hambourg, et continua dans cette 
ville à donner: des leçons. L’Université de Wiltemberg lui en¬ 
voya un diplôme dèmaître-ès-arts, en le dispensant de venir 
soutenir sa thèse. Quelque temps après, il obtint le titre de 
poète lauréat ét celui de notaire impérial. Jaloux d’augmenter 
encore la masse de. ses connaissances, il visita successivement 
la Hollande et l’Angleterre, dont les savarïs s’empressèrent de 
lui fournir les moyens d’une existence honorable, en lui faisant 
confier l’éducation de quelques jeunes gentilshommes. A son 
retour par la Hollande, il prit lé titre de docteur en médecine 
àLeyde, et alla ensuite parcourir la Norwège, l’Islande, la 
Suède et la Laponie. Arrivé à Hambourg en i6y3, il y reçut 
une lettre du grand-duc de Toscane, par laquelle ce prince lui 
apprenait qu’il venait de l'investir d’une chaire à l’Ûni.versilc 
de Pise. Paullini n’accepta pas cette place honorable, et se:fixa - 
définitivement à Hambourg, où il pratiqua" l’art de guérir avec 
un rare succès. L’empereur le créa comte palatin en i6n5. 
Quelque temps après l’évêque de Munster le nomma sou pre- 



PAUL 383 

micr médecin et son historiographe, double emploi qu’il rem¬ 
plit avec zèle jusqu’à la mort du prélat. Appelé alors par le 
duc de Wolfenbuttel, il passa dis ans à la cour de ce prince, 
occupé sans relâche de mettre en ordre les immenses maté¬ 
riaux qu’il avait recueillis sur l’hisîoire de l’Allemagne. Revenu 
enfin à Eisenach, en 1689, '' obtint la place de physicien de 
là ville, et partagea depuis lors tout son temps entre la pratL 
que de l’art de guérir et le travail du cabinet. La mort l’enleva 
le 10 juin 1-JÏ2.. L’Académie des Curieux de la nature, i’avait 
adopté sous le nom d 'Avion. Il s’est rendu célèbre par son im¬ 
mense érudition, mais il manquait de goût èt de critique. Un 
style maniéré et décousu rend fatigante la lecture de ses ou¬ 
vrages, dont le nombre est immense, et parmi lesquels nous 
ne citerons que ceux qui ont rapport à là médecine ou aux 
sciences natureiles : 

Cynograpliia curiosa, seu, canis descriptio. Accedit Jôanriis Çaii li¬ 
bellas île canibus britannicis. Nuremberg, i683', in-4 0 . 

Bulo breviter descriplus. Nuremberg, 1686, in-4 0 . 

Sacra herbu, seu, nobilis salyia descripta. Vienne, 1688, in-/} 0 . 

Tractatus de anguilla. Léipzick,1689 ; in-ta.-- 

Talpa descripta. Francfort et Léipzick, 1689, in-jç2> - 

Lagographia curiosa, seu, leporis descriptio. Vienne, 1691, in-8°. 

Lycographia, seu, dénatura ctusu lupi libellas. Francfort , 1694, in-8°. 

Observadones physico-medicce. Nuremberg, 1696, in-4°. -Léipzick, 

Onographia, seu, de usina. Francfort, i6g5, in-8°. 

Heilsame Dreck-Apolhecke. Francfort, 1698,,in-8‘. 

Flagellum saluLis , oder curioese Erzaehlung , wit mit Scjdaegen aller- 
liand sc/twere, langwierige und fast unheilbare A mnkheiien curiret wer- 
den. Francfort, i6g8,in-8°. 

De jalappâ liber singularis. Francfort , 1500, in-8°. 

De theriaed cœlesii reformata. Francfort ,1-01, in-8°. 

Delumbrico terreslri schediasma. F râncforl-, 1703, in-8°. 

Dcsquisitio curiosa, an mors rialuralis plerumque sitsubslantiavçrmi- 
nosa? Francfort, iy63 , in-8°. 

Nucis moschatæ curiosa descriptio. Francfort, 1704, in-8°. 

Observationum medico-physicarum cenluriœ IV. Francfort, 1706, 
in-8°. fr.) 

PAULMIER (Julien de), ou Palmarius, né à Coutances 
en ïfew., fit ses études à Paris, où il prit le grade de docteur, 
après avoir suivi les leçons de Fernel durant dix ans. Pendant 
les guerres civiles qui désolèrent la France, il se retira aux en¬ 
virons de Rouen, où il rédigea les observations médicales qu’il 
avait recueillies jusqu’alors. Charles ix le;consulta pour se dé¬ 
livrer des insomnies continuelles qui le tourmentaient. Paul- 
mier parvint à guérir le monarque. Attaché ensuite au duc 
d’Anjou , il suivit ce prince dans les Pays-Bas. Après l’expul¬ 
sion des Français,.il revint en Normandie, où l’usage du cidre 
le guérit des palpitations de coeur et de, l’hypocondrie dont 



384 PE CQ 

l’exécrable nuit de la Saint-Barthélemy l’avait laissé affecté. Il 
mourut h Caen, eu i588, laissant : - 

Traité de la nature et curation des plaies de pistolet, karquebuse et 
autres basions à feu. Paris, i568 , in-8°. - Caen , 1669, in-4 0 . 

L’auteur ne partageait pas l’erreur générale qui faisait regarder le trajet 
des plaies d’armes à feu comme brûlé. 

j De morlis contasiosis libriVII. Paris, i5~S , in-4°. - Francfort, 1601, 
in-8».-La Haye, 1664 ,in-8». 

De vino et pomaceo libri II. Paris, i588 , in-8°. - Trad. en français, 
Caen , i5Sg, in-8°. 

Apologie du cidre écrite avec beaucoup d’exagération. 

Paulmiee. (Pierre ) , de Ceutances, qui prit une paft si active à la 
célèbre dispute sur l’antimoine, a publié: 

Lapis philosophicus dogmaticorum, quô scholœ medicœ judicinm de 
chymicis déclaratur, censura in fraudes pàrachymicorum defendilur, as¬ 
sena verœ alchemice honore. Paris, 1609 , in-S°. 

Consultatio objectionum , quas Censorii, eménlito scholœ medicina Pa- 
risiensis no mine , Palmaria proposuerunt. Paris, 1609, in-8°. 

Laurus palmaria frangeas fulmen subventaneum cyclopum , falso 
scholœ Parisiensisi nomine euulgatum. Paris, 1609, in-8°. (o.) 

PECQUET (Jeau), né à Dieppe, et docteur de la Faculté de 
médecine de Montpellier-, observa, en 1647, dans l’homme et 
dans quelques animaux , et décrivit bien Je premier le canal 
thorachique 'et surtout.le réservoir du chyle auquel la'recon¬ 
naissance des anatomistes a donné son nom. Cette découverte ne 
fut point l’effet du hasard, comme l’ont prétendu de jaloux 
adversaires. Pecquet partit de l’observation et imagina d’ingé¬ 
nieuses expériences pour arriver à une démonstration plus com¬ 
plète. Il s’établit d’abord dans sa ville natale, ensuite il vint 
habiter Paris, où il pratiqua la médecine, devint membre de 
l’Académie des sciences en 1666, et mourut en i6y4- 

On ne trouve point l’éloge de Pecquet dans la collection de 
Fontenelle, qui n’a donné que ceux des académiciens morts 
depuis 1699. Condorcet a publié, pour suppléer à ces éloges, 
une liste alphabétique des membres de l’ancienne Académie ; 
on trouve au nom de Pecquet la note suivante : « Il fit dans 
sa jeunesse la découverte du canal thorachique et du réservoir 
du chyle. Ce fut dans des chiens qu’il découvrit ces deux or¬ 
ganes, et comme ils servent dans l’économie animale à des 
fonctions communes aux chiens et aux hommes, il supposa 
qu’elles existaient toutes deux dans l’homme.... Pecquet fit en¬ 
core plusieurs observations nouvelles sur la structure des parties 
qui servent à la préparation et. à la sécrétion de nos différens 
fluides. (Il fallait ajouter, et des recherches sur l’organe de la 
vision, enlr’autres les fonctious.de la rétine). Pecquet, continue 
le sécrelaire de l’Académie, contribua beaucoup par ses raison- 
nemens et surtout par ses découvertes à prouver la circulation 
du sans 1 ' oui avait encore quelques adversaires. Un usage ex- 



PELE 385 

cessif de l’eau-de-vie avança ses jours. Il la regardait comme 
une espèce de remède universel, et ce remède, comme bien 
d’autres poisons lents, était devenu par l’habitude une boisson 
nécessaire à son bien-être. » Nous n’en apprenons pas moins que 
Pecquet, malgré ses prescriptions d’assez mauvaise compagnie, 
était répandu dans le grand monde, et qu’il était fort assidu et 
bien accueilli chez le surintendant Fouq'uet, auquel, à l’exem¬ 
ple, de Pelisson et de Lafontaine, il resta attaché dans ses dis¬ 
grâces. Pecquet a donné les ouvrages suivans : 

Expérimenta nova anatomica, quibus incognitum hactenus chyli re~ 
ceptaculum, et ab eo per thoracem in ramos usque subclavios vasa laclea 
detegunlur. Paris, i65i, in-12. 

De circulatione sanguinis et chyli molu dissertatio. 

De thoracis lacteis. 

Ces différons écrits ont été réunis en un vqjume in-4°. Paris, i654, 
et ils ont été réimprimés dans la Bibliothèque anatomique de Manget, 
ainsi que dans quelques éditions de. l’Anatomie réformée de Bartholin. 

fit. DESG-ENETTES ) 

PELLETAN ( Philippe- Joseph) se livra de bonne heure à 
l’étude des sciences physiques. LesappHcations multipliées qu’il 
est possible d’en faire à l’économie vivante, devinrent la base 
des cours d’anatomie physiologique par lesquels il débuta dans 
la carrière de l’enseignement. Il professa successivement plu¬ 
sieurs des branches principales de la médecine. Successeur de 
Desault à l’Hôtel-Dieu, il fut nommé professeur de clinique 
chirurgicale à la Faculté de médecine de Paiis. En i 8 i 5, il de¬ 
vint professeur de médecine opératoire, et passa de cette chaire 
à celle des accouchemens en 1818. A la nouvelle organisalion'de 
la Faculté , il ne conserva que le titre de professeur honoraire. 

M. Pelletan a • été'secrétaire, pour la correspondance, aux 
Collège et Académie royale de chirurgie. Il fut un des disci¬ 
ples les plus distingués de Sabatier; Louis et Tenon guidèrent 
ses premiers pas dans la carrière du professorat, et il fut un 
des professeurs suppléans de l’école pratique. M. Pelletan est 
membre de l’Institut et de la plupart des sociétés savanLes de 
l’Europe. Il sut toujours entraîner ses auditeurs, soit à sa cli¬ 
nique, soit dans ses cours , par là pureté et le charme de son 
élocution, par l’esprit dont étincelaient ses discours, et même 
par les opinions paradoxales qu’il soutenait fréquemment avec 
une éloquence qui séduisait les esprits les plus sévères. Il a 
publié : 

Clinique chirurgicale , ou Mémoires et observations de chirurgie cli¬ 
nique et sur d'autres objets relatifs à L'art de guérir. Paris, 1810, 3 vol. 
in-8°. avec fig. 

Lorsque cet ouvrage parut, plusieurs dés préceptes qu’il contient 
étaient déjà depuis long-temps adoptés ; sur quelques points , il consa- 
VI. 25 



386 PELL 

crait encore des erreurs que des recherches plus modernes avaient dé¬ 
truites ; il ne fut, par cette raison, que médiocrement utile à la science, 
bien que les travaux de l’auteur eussent puissamment contribué à ses 
progrès. C’est le sort qui attend tous les livres dont les matériaux sont 
demeurés pendant trop d'années sans emploi. ( l.-j. bégik ) 

PELLETIER (Bertrand), né a Bayonne en 1761, vint étu¬ 
dier la pharmacie et là chimie à Paris, sous Bayen et Darcet, 
qui, de ses maîtres, ne tardèrent pas à devenir ses amis. Deux 
mémoires ayant pour objet, l’un, divers procédés nouveaux 
et ingénieux pour obtenir l’acide arsénique, l’autre, certains 
phénomènes qui se passent dans l’extinction de la chaux vive 
et dans la préparation de l’acide phosphorique, rendirent bien¬ 
tôt son nom célèbre. D’autres, non moins imporlans, et qui 
succédèrent avec rapidité à ceux-là, vinrent à l’appui de la 
doctrine pneumatique, alors nouvelle et contestée. Sur ces en¬ 
trefaites, Pelletier fut chargé par Darcet de diriger la phar¬ 
macie de Rouelle, et le Collège de pharmacie lui conféra ex¬ 
ceptionnellement le titre de pharmacien, à l’âge de vingt-deux 
ans. L’exercice de la pharmacie ne le détourna pas des travaux 
chimiques. Parmi les mémoires qu’il publia à cette époque, on 
en remarque un sur la cristallisation des sels déliquescens, et 
un autre sur le chlore. Ses belles recherches sur le phosphore 
et les phosphures métalliques contribuèrent puissamment aux 
progrès de la science. On lui doit encore des observations sur 
le muriate de baryte, le carbonate de potasse, le strontiane, le 
molybdène , le plombagine, l’éther acétique, la préparation 
du savon, l’or mussif et l’affinage du métal des cloches. L’A¬ 
cadémie des sciences lui ouvrit ses portes en 1791. Après la 
révolution, il devint tour à tour membre du bureau de consul¬ 
tation des arts, inspecteur des hôpitaux, commissaire des 
poudres et salpêtres, et membre du conseil de santé des armées. 
A la formation de l’Institut, il fit partie de ce corps savant, 
et pendant les deux dernières années de sa vie , il professa la 
chimie à l’école polytechnique. Une mort prématurée l’enleva 
le 11 juillet 1797. La plupart de ses Mémoires ont été insérés 
dans le Journai de physique et dans les Annales de chimie. 
Son fils, qui suit honorablement la même carrière , a, dé con¬ 
cert avec M. Sédillot jeune, rassemblé les principaux, sous le 
titre de : 

Mémoires et observations de chimie. Paris, 1798, 2 vol. in-8°. 

Pelletier ( Gaspard ), médecin de Middelbourg, reçu à Montpel¬ 
lier, mourut en i658. On a de lui un ouvrage, aujourd’hui fort rare, qui 
porte pour titre : 

Plantarxm , tum patriarum , tum exoticarum , in JValachriâ , Zelan- 
diœ insulâ, nascentium , synonyma. Middelbourg, 1610, in-8°. 

Pelletier (Jacques), né au Mans le a5 juillet i 5 ij, moürutà Paris 
en 1582, laissant : 



PENN 38,7 

De peste compendium. Bâle, i 557, in-8°. 

De conçiliatione locorum Galeni sectiones duce. Paris. i56o, rn-4°. 

. (o-) 

. PEMBERTON (Henbi), savant médecin anglais, né à Lon¬ 
dres en 1694, étudia son art à Leyde, sous le grand Koer- 
haave, et cultiva dans le même temps les mathématiques, qui 
avaient pour lui un aurait particulier'. Etant venu h Paris, il 
s’y livra avec ardeur à l’anatomie. De retour en Angleterre, il 
se proposait d’exercer l’art de guérir dans la capitale, mais sa 
santé délicate le détourna bientôt de la pratique , et lui fit pré¬ 
férer les travaux paisibles du cabinet. Ayant été nommé pro¬ 
fesseur à Oxford, il y donna des leçons 3e chimie, qu’il con¬ 
tinua jusqu’il sa mort, arrivée le 9 mars 1771, et que son ami 
Wilson fit imprimer à cette époque. Ses ouvrages sont tous 
écrits d’un style diffus; deux seulement ont rapport à la mé¬ 
decine. 

De facultate oculi quâ ad diversas rerum conspectarum distantias se 
accomodat. Gœllingue, i, 5 i, in-4°. 

Parmi ses autres productions nous ne citerons que son tableau des dé¬ 
couvertes philosophiques de Hrousn, -dont nous avons une traduction 
française par Roland-le-Virloys ( Amsterdam, fjSo , in-8°. - Paris, 1771, 
2 vol. in-4°-) 1 et une petite brochure relative au célèbre théorème de 
Cotes , et tendant à établir que les découvertes de Newton se trouvent 
dans Barrow et Fermât, et celles de ces derniers dans Archimède. 

Course «fphysiclogy. Londres, 1773, in-8". 

C’est l’œuvre posthume d’un iatromathémalicien. (z.) 

PENÀ (Piebre), botaniste du seizième siècle, était de Nar¬ 
bonne ou des environs d’Aix. L’année de sa naissance, celle de 
sa mort et tous les détails de sa vie sont ignorés. Tout ce 
qu’on sait à ce dernier égard , c’est qu’il était lié d’une étroite 
amitié avec Lobel, qui l’avait rencontré dans le midi de la 
France, et qui fit usage , dans ses observations, d’un nombre 
considérable de-plantes qu’il avait recueillies dans ses nombreux 
voyages. Lobel se montra peu reconnaissant envers Pena , dont 
le nom ne se trouve qu’à la tête dé son ouvrage. Plumier a payé” 
la dette de la science en consacrant à la mémoire de cet habile 
et modeste botaniste un genre de plantes ( Penæa ), qui paraît 
voisin des épacride'es.j (o.) 

PENNANT (Thomas) , célèbre naturaliste anglais, naquit 
à Downing, dans le comté de Flint, le i/j juin 1726. Dès son 
enfance, il eut un goût décidé pour l’histoire naturelle, et à, 
peine sorti du collège d’Oxford, il se mit à parcourir les can¬ 
tons qui lui semblaient devoir offrir le plus d’intérêt sous ce 
rapport. Une lettre sur un tremblement de terre ressenti à 
Downing fut sa première production, littéraire qui vit le jour, 
à son insu il est vrai; el le parut dans les Transactions philo¬ 
sophiques en 1750. Un mémoire sur quelques fossiles du comté 

25. 



388 PENN 

de Shrop, publie' six ans après, le fit connaître de Linné, qui 
entretint dès-lors une correspondance fort active avec lui. 
Ce fut en 1561 qu’il commença à mettre au jour sa Zoologie 
britannique, exécutée avec beaucoup de luxe. Un voyage 
qu’il fit, en 1765, sur Je continent, le mit en relation avec 
Buffon et Pallas. A cette époque il conçut l’idée de son sy¬ 
nopsis des quadrupèdes ; mais au lieu de se borner, comme il 
en avait d’abord le projet, à un tableau des espèces décrites 
par Buffon, il y inséra l’histoire de plusieurs animaux dont ce 
grand naturaliste n’avait pas parlé, et les disposa d’après la 
méthode de Ray, dans laquelle il intercala seulement les 
genres créés par Linné. Son intention paraît avoir été d’entre¬ 
prendre un travail semblable sur les oiseaux, mais celui de 
Latham l’en détourna sans doute. Ses voyages en diverses par¬ 
ties de l’Angleterre n’ont pas moins contribué que scs recher¬ 
ches d’histoire naturelle à le rendre célèbre. Les relations qu’il 
en fit paraître eurent un succès prodigieux, et firent connaître 
aux Anglais quelques parties de leur territoire, telles que l’E¬ 
cosse, sur lesquelles ils n’avaient eujusqii’alors que des notions 
vagues ou erronées. Ge n’est pas par le style que ces relations 
brillent, car la diction en est sèche et peu attrayante 5 mais 
elles sont remplies de faits importans, d’anecdotes curieuses et 
d’observations littéraires, qui leur donnent un grand avantage 
sur la plupart des écrits du même genre, et les rendent indis¬ 
pensables a celui qui veut connaître les contrées dont elles 
donnent la description. Cependant ces recherches historiques 
n’empêchaient pas Pennant de cultiver l’histoire naturelle avec 
ardeur. En 1781, il donna, dans les Transactions philosophi¬ 
ques, un mémoire tendant à prouver que le dindon est origi¬ 
naire de l’Amérique. Sa Zoologie arctique fit connaître une 
foule d’espèces ignorées jusqu’alors, et offrit quelques bonnes 
figures d’animaux qui n’avaient pas encore été bien représentés. 
Sa Zoologie des Indes, entreprise avec Forster, n’a pas été 
terminée. Ce laborieux écrivain mourut le 16 décembre 1798. 
Nous ne citerons ici que ceux de ses ouvrages qui ont irait à 
l’histoire naturelle. 


Synopsis of quadrupeds. Chester, 1771, i#-8°. - Ibid. 1781, 2 vol. 
îo- 4 °. - Ibid. 1793,2 vol. io- 4 °. - Trad. en allemand .par J.-M. Bechs- 
tein , Léipzick, 1799-1800, in- 4 ". 

C’était le premier ouvrage un peu détaillé qui eût paru sur les qua¬ 
drupèdes , où l’histoire de ces animaux fût distribuée avec méthode. On 
y trouve un assez grand nombre de figures originales. Sans être élé¬ 
gantes , ces figures sont passablement exactes. Tant que l’ouvrage de 
Schreber ne sera pas terminé, les naturalistes ne pourront se passer de 
celui-là. La dernière édition porte le titre d'History of quadrupeds. 

Généra aviiirn. Chester, 1778, in-8°. 

Arctic zoology. Chester, 1784-1787 ,3 vol. in- 4 °. -Ibid. 1792, in- 4 '- 

Après avoir décrit les côtes et plages principales du nord, l’aul/ur 



P EllC 38 g 

donne l'histoire naturelle des quadrupèdes et des oiseaux qui habitent 
les deux conlinens depuis le 6ô e degré jusqu’au pôle. A la suite on trouve 
un chapitre fort court et assez incomplet sur les poissons. Le tout est 
terminé par un simple catalogue de quelques insectes de l’Amérique sep¬ 
tentrionale dû à Forster le père. Get ouvrage a été plutôt extrait que 
traduit en français, sous le titre d e: Le nord du globe ( Paris, 1789, 
2 vol. in-8®. ). . - ' 

Indian zoologie. Chesler, 1769, in-4®. - Ibid. 1792 , in-4 0 . 

La seconde édition est augmentée dn discours de Forster sur le climat 
de l’Inde et sur les oiseaux de Paradis. On y trouve aussi un catalogue 
fort incomplet des animaux de l’Inde. (o.) 

PER CIVAL (Thomas ), né le 29 septembre 1740, à War- 
rington, dans le comté de Lancasire, perdit ses païens en très- 
bas âge, et fut élevé par une sœur aînée, gui ne négligea rien 
pour lui donner une éducation brillante. Après avoir terminé 
ses humanités avec éclat, il étudia la médecine à Edimbourg, 
puis à Londres, et alla prendre le bonnet doctoral à Leyde en 
1765. Deux ans après il s’établit, pour y exercer sa profession, 
à Manchester, où il passa le reste de ses jours, et mourut le 
3o août 1804. Une pratique étendue ne le détourna pas en¬ 
tièrement des travaux du cabine» 7 par lesquels il charmait ses 
loisirs, et qui produisirent plusieurs mémoires, publiés dans les 
Transactions philosophiques et dans le recueil de la Société de 
Manchester. Un des plus remarquables a pour objet le quin¬ 
quina. L’auteur y démontre, contre l’opinion reçue, que la 
force agissante de ce médicament n’est pas due à un principe 
particulier -, mais il se trompa en assiguant sâ propriété médici¬ 
nale au mélange intime des parties gommeuses et résineuses. 
On distingue aussi ses recherchés sur la racine de Colombo et 
sur celle de sénéka. Le premier, il employa le gaz acide carbo¬ 
nique comme moyen propre à diminuer les accidens de la 
phthisie pulmonaire. La philosophie et surtout la morale lu¬ 
rent aussi l’objet de ses constantes méditations. On a de lui : 

Essays medical and experimental on the èmpiric and dogmatic , on the 
adslringents and bitters , on the operation of blesters, and On the res¬ 
semblance between chyle and milh. Londres, 1767, in-8®. 

On lhe ejjficacy of external applications in the angina maligna. Man¬ 
chester, 1770, m 8°. 

Essays medical and experimental. Londres, 1772, in-8®. 

A falher's instruction tohis children. Manchester, 1775-1800, 3 vol. 

Medical jurisprudence, or, a code of etliics and institues adapted t<3 
the professions of pliysic and surgery. Manchester, 1800, in-8®. - Ibid. 

Tous les écrits de Percival qui se rattachent à la médecine, ont été 

réunis ensemble (Manchester, 1807, 4 vol, in-8°.). (o.) 

PERCY ( PiERHE-F rançois ) est né le 28 octobre 1704, 
à;Moniagny en Franche-Comté. Son père, qui-avait-c.té *chi- 



3g° PEB.C 

rurgien militaire, était peu satisfait du résultat de ses ser¬ 
vices, et se proposait d’écarter sou fils de cette carrière, qu’il 
devait cependant parcourir d’une manière si brillante. M. Percy 
fit ses éludes classiques au Collège de Besançon, où il rem¬ 
porta constamment les premiers prix. Destiné au génie mili¬ 
taire, les mathématiques devinrent l’objet spécial de ses tra¬ 
vaux, et il y fit des progrès rapides. Un goût irrésistible l’en¬ 
traînait, toutefois, vers la chirurgie,-et il finit par en embrasser 
l’élude avec une telle ardeur qu'en peu de temps il devint 
prévôt de salle et enseigna l’anatomie. 11 fut gradué à Besançon 
en 1775, et entra presque immédiatement après en qualité 
d’aide chirurgietl-major dans la gendarmerie. Lafosse, hippia- 
tre en chef de ce corps, se plut à lui communiquer les notions 
les plus importantes de l’art vétérinaire. En 178a, M. Percy 
fut nommé chirurgien-major du régiment de Berry cavalerie. 
Durant la guerre, il devint chirurgien en chef d’armée, et en¬ 
suite un des inspecteurs généraux du service de santé. En i8i4> 
il fut chargé, à Paris, du service des soldats russes, prussiens 
et autres, blessés le 3i mars; il les rassembla dans les abattoirs, 
et tous les secours de l’an leur Turent prodigués avec un zcle 
qui honore et le chirurgien en chef et la France entière. 
3VI. Percy exerça les plus importantes fonctions de la chirurgie 
militaire jusqu’en r8t5, époque à laquelle il fut replacé dans 
la vie civile. L’école de médeciné le comptait parmi lés plus 
célèbres'de ses professeurs, lorsqu’en 1820 il donna de cet 
emploi une démission fondée sur son âge avancé et sur de graves 
infirmités. Il est un des commandans de la Légion-d’Honneur, 
chevalier de plusieurs autres ordres, membre de l’Institut et 
de la plupart des Académies et Sociétés savantes nationales et 
étrangères. 

M. Percy a réuni au plus haut degré, dans ses ouvrages, au 
talent d’écrire avec grâce et originalité ; une érudition facile et 
profonde et une grande justesse de pensée. Couronné quatre 
fois à l’Académie royale de chirurgie, il reçut le titre d’asso¬ 
cié régnicole de cette compagnie célèbre, et fut prié de ne 
plus se présenter aiix concours, afin de laisser le champ libre 
à des concurrens que ses succès avaient presque découragés. Il 
obtint seize autres palmes académiques dans les Sociétés sa¬ 
vantes les plus distinguées de l’Europe. A l’armée, il était le 
protecteur et en quelque sorte le père de tous les chirurgiens 
rassemblés sous ses ordres. Il se fit remarquer autant par son 
habileté chirurgicale que par ses talens administratifs. Il orga¬ 
nisa , à l’armée du Rhin, sous Moreau, un corps mobile de 
chirurgiens militaires, et inventa, pour les transporter, des voi¬ 
tures qui furent ensuite abandonnées. 11 forma en Espagne, et 
presqu’à ses frais, un bataillon-de soldats d’ambulance où se 



PER. K 

trouvait une compagnie de brancardiers, armés de pi 
ceplibles de former, en se réunissant, des brancards 
transport des blessés. Tous les sujets que M. Percy a 
soit dans les journaux de médecine, soit dans ses rs 
l’Institut, soit dans les nombreux articles dont il a e 
Dictionaire des sciences médicales, où il a souvent 
collaborateur M. Laurent, son neveu, ont été traité 
d’une manière en même temps instructive et piquantt 
peut lui reprocher que d’avoir quelquefois jugé avec t 
dulgence les travaux qu’il était chargé d’examiner, e 
avoir un peu exagéré l’importance ou l’utilité. 

On a de M. Percy les ouvrages suivans : 

Mémoire sur les ciseaux à incision. Paris, ij85; in—4 0 . 

Manuel du chirurgien d'armée. Paris, 1792, in-12. 

Pyrotechnie chirurgicale pratique , ou l’Art d’appliquer le fou 
rurale. Paris, noi. in-8 °.-IbicL i8io,in-8°. 


Margarilœ et apologia Pereirœ. Médina del Campo, 

On a encore de Pereira : 

Novœ veterisque medicince experimentis et evidenlibus ralionibus com- 
probaiœ pars prima . Médina del Campo, i558, in-fol. 

Ce livre concerne les fièvres, leur nature et leurs causes. Pereira prouva 
que Galien a commis de nombreuses erreurs : c’était beaucoup au seizième 
siècle. (o.) 


PERKINS ( Elie) , médecin à Plainfield, dans les Etats- 
Unis , florissait durant la seconde moitié du siècle dernier. 11 
a joui pendant quelque temps d’une grande célébrité, due à 
l’invention d’un moyen thérapeutique auquel il attribuait une 
grande efficacité, et qui fut appelé, de son nom, perkinisme. 



3g2 PERO 

Ce moyen consistait à faire usage d’un tracteur métallique^ 

■ assemblage de deux aiguilles coniques, longues de deux pouces 
et demi, réunies par la base, formées de deux métaux diffé- 
rens, et l’une pointue, l’autre arrondie à son extrémité. Perkins 
promenait la pointe de cet instrument sur la partie malade, 
ou dans les environs , jusqu’à ce que son contact eût déterminé 
une légère inflammation à la peau. Il n’employait que contre 
la goutte, le rhumatisme et autres maladies analogues, ce 
moyen, qui rentre évidemment dans les pratiques du magné¬ 
tisme animal. Quelques-unes de ces cures qu’on obtient tom- 
jours quand on agit vivement sur l’imagination des malades, 
excitèrent l’enthousiasme, et bientôt le perkinisme devint à la 
mode en Angleterre et en Danemarck, où les femmes particu¬ 
lièrement s’en emparèrent. Quelques médecins ne le dédaignè¬ 
rent pas non pins, cherchèrent à en donner une théorie physi¬ 
que, et rapportèrent à une influence électrique l’action qu’ils 
lui avaient vu ou cm voir produire sur quelques malades. 
Mais peu à peu l’enthousiasme se réfroidit, et les prétendus 
miracles du perkinisme tombèrent dans la même proportion. 
On en vint enfin à soupçonner-la vérité, c’est-à-dire qu’il y 
avait beaucoup plus de charlatanisme que de réalité dans cette 
méthode, à laquelle la mort de Perkins acheva de porter le 
dernier coup. Cet empirique, qui fut, à ce qu’il paraît, de 
bonne foi, périt victime de ia confiance que ses tracteurs lui 
avaient inspirée comme moyen préservatif de la fièvre jauue. 
Son fils, Benjamin-Douglas, n’en a pas moins continué de vanter 
les avantages du perkinisme, mais sans parvenir à le réintégrer 
dans l'opinion publique, qui l’a depuis long-temps placé parmi 
les rêveries médicales et les jongleries. Perkins père n’a laissé 
aucun écrit, mais on en a plusieurs du fils : ' 

The influence of metallic tractors on the human hody in removing 
iiarious painful inflammatory diseuses, such as rheumatism, pleurisy , 
sont gouty affections , etc. Londres, 1798, in-8°. 

Expérimente with the metallic tractors in rheumatic and gouty affec¬ 
tions , inflammations and lopical diseases. Londres, 1799, in-8°. 

Cases of succcssful practice with Perkins’s patent metallic tractors. 
T ondres, 1801 , in-8 D . 

The ejflcacy of Perkins''s patent metallic tractors in topical diseases 
on the human hody and animais. Londres, 1801, in-12. ( i.) 

PEliON